[Maroc] - GTAM n°4 (Toubkal - Atlantique)


INTRODUCTION GTAM
GTAM

Mais comment peut-on avoir délaissé pendant tant d’années ce bijou de traversée au long cours du Haut-Atlas occidental entre la plus haute cime de l’Atlas et les rivages de l’Atlantique ? La GTAM ou Grande Traversée de l’Atlas Marocain se réduit bien souvent à une liaison entre M’Goun et Toubkal (quand elle est proposée). Exceptionnellement certaines agences proposent de démarrer d’Imilchil, très rarement de Midelt aux confins du Moyen-Atlas. Ça c’est le côté E. Que dire de l’W ? Rien, rien, rien… Je conçois l’amertume de Michael Peyron, créateur de la GTAM dans les années 1970, et qui voit ce bel itinéraire de découverte d’année en année réduit à sa plus simple expression. Et lui qui s’est donné corps et âme à ce pays connait la qualité des paysages traversés et la gentillesse de l’accueil des peuplades berbères. Juste un exemple : à ma connaissance, un seul tour-opérateur français propose de temps en temps à une douzaine de volontaires de dépasser Imlil en annonçant fièrement qu’il encadre une Grande Traversée intégrale de l’Atlas marocain. A y regarder de plus près, appeler ce circuit de 43 jours « Jusqu’au bout de l’Atlas » relève d’un grossier mensonge. Il ne fait que traverser de Midelt à Imlil (soit la GTAM réduite à son périmètre habituel) et y ajoutant un débordement dans le Haut-Atlas occidental d’une durée de 3 jours ! Oui, vous avez bien lu : 3 jours, juste un rapide passage sur l’Igdet, le plateau du Tichka et Walou… Affligeant ! Même par temps clair, il ne faut pas espérer voir les rivages de l’Atlantique, ni même les derniers contreforts de l’Atlas. Est-ce bien respecter le peuple berbère qui vit dans cet espace préservé incroyablement beau aux montagnes enlevées séparées par de profondes vallées verdoyantes ? Car il est accueillant le berbère du coin. Il faut dire qu’il ne voit pas souvent d’occidentaux à la peau blanche. Toute occasion de rencontre est bonne pour partager le pain trempé dans l’huile, le thé à la menthe et même la pastèque ou le melon. Des quatre circuits de GTAM que j’ai pu réaliser (voir les topos des précédentes GTAM1, GTAM2 et GTAM3 mais également celui de la GTAM5 que j'ai réalisé l'année suivante dans le même périmètre, éventuellement un peu plus alpin), c’est sûrement celui qui présente la plus grande variété de paysages, d’habitats, de sommets intéressants à gravir et que dire des panoramas ? Somptueux…

Le plateau du Tichka et l'Amendach

Ça c’est le programme des deux premières semaines. Mais après l’ascension du Ras Moulay Ali, il y a la « cerise sur le gâteau » : je vous propose de poursuivre jusqu’au bord de l’Océan par une traversée du piémont occidental de l’Atlas. L’itinéraire est quasiment vierge : on rejoint la verdoyante dépression d’Argana en évoluant dans la caldeira d’un volcan éteint, puis on s’en va explorer des dizaines de plateaux boisés entrecoupés de profonds canyons et pour finir on s’en va traverser de grandes vallées agraires qui semblent arides mais disposent de nappes phréatiques qui affleurent le sol. Il y fait (très) chaud, certes, mais vous n’aurez jamais de problème pour trouver de l’eau. Qui dit vierge sous-entend qu’il n’y a pas de guide ou de topo auquel on puisse se référer, cela est une réalité. Il serait alors impossible de se frayer un passage de montagnard s’il n’existait pas ce que j’ai affectueusement baptisé les « panneaux indicateurs parlants », à savoir tous ces gens qui vivent dans la montagne et vous renseignent sur le bon chemin et sa praticabilité (la mule peut être expérimentée mais elle a quand même des limites…). Ceci dit, pour communiquer, il est préférable soit de parler le tamazight ou alors de se faire accompagner d’un local qui saura percer la première barrière linguistique et peut-être aussi celle de l’inconnu… Pour en terminer avec cette invitation au voyage, une Grande Traversée ne peut s’effectuer sans l’aide de mules et muletiers rompus à cet exercice de haut vol et de longue haleine sur des chemins de tout acabit. N’oubliez pas de leur témoigner une grande reconnaissance en les remerciant pour leur travail et leur abnégation de tous les jours. De cette épreuve, on en ressort tous usés, ébahis, heureux d’avoir « fait un truc » exceptionnel et des tonnes de souvenirs plein la tête. Quelqu’un disait « tu peux rêver ta vie mais surtout, encore mieux, tu peux faire de ta vie un rêve ». Une GTAM quelle qu’elle soit c’est ça ! « Engagez-vous, rengagez-vous » qu’ils disaient… Eh bien, il y en a déjà deux nouvelles dans le tuyau qui ne demandent qu’à être explorées une de ces prochaines années…

Le verte vallée d'Imlil

Et n’oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec les cartes téléchargeables en PDF) et bien d’autres choses encore.

Téléchargez les cartes du circuit au format PDF : Carte générale GTAM4 Carte générale   Carte détaillée GTAM4 Carte détaillée

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : Marrakech - Imlil - Tizi Mzic - Tizi Oussem

1h30 de voiture + 2h30 / +700m / -600m.
Diaporama Du centre du village d’Imlil à 1800m (tous commerces, nombreux gîtes, transports routiers vers Asni et Marrakech), on prend la ruelle qui part à l’W en face du bar El Kantra. On suit la piste jusqu’à la cote 1880 pour trouver à D juste avant une maison isolée le départ d’un petit sentier. La pente du sentier, bien tracé à flanc de thalweg, ne faiblit pas jusqu’au tizi Mzic (1h50, 2479m). Belle vue sur le plateau du Tazaghart et l’on distingue à sa droite le passage du tizi n’Tougdalt, l’épreuve du lendemain. La descente se déroule sur un sentier balcon qui part vers la G. Dans la « forêt » de genévriers (25mn, 2345m, cairn au croisement), laisser partir tout droit le sentier qui conduit aux azibs Tamsoult pour tourner sur la D et descendre vers le village de Tizi Oussem. Après 400m, incliner une fois de plus à D (cairn). Belle vue plongeante sur la verte vallée des Azzaden avec sur la droite le village d’Id Aïssa que surplombe le tizi n’Tacht. Descente en zigzag jusqu’à un azib. Le laisser sur la droite pour rejoindre le lit du torrent (attention à bien prendre le virage à D juste avant les maisons hautes du village). On suit le canal d’irrigation pendant 200m avant de descendre vers le centre du village (15mn, 1950m, boutique, gîte d’étape). Prendre la ruelle sur la G pour passer en dessous des maisons et atteindre un deuxième canal d’irrigation. Le traverser pour rejoindre le lieu de bivouac du village sous les noyers (5mn, 1880m, boutique, gîte d’étape, T, C, E). Nuit sous tente.

Descente du tizi Mzic vers Tizi Oussem

Jour 2 : Tizi Oussem - Tizi n’Tougdalt - Tisgui.

4h30 / +800m / -850m.
Diaporama Du lieu de bivouac, remonter pour suivre vers la D le canal d’irrigation jusqu’à un torrent qui descend de la montagne. On poursuit de l’autre côté en courbe de niveau en laissant partir tout droit le sentier du refuge de Tazaghart qui passe par les cascades d’Ighoulidène. On descend traverser la rivière avant de remonter RG au niveau des azibs pour emprunter un sentier viabilisé qui part sur la G et longe la base de la falaise. Puis on sort du couvert végétal pour s’engager sur un chemin à flanc en RG du thalweg. On remonte le long de l’assif Tougdalt jusqu’à partir sur la G effectuer un large lacet. On reprend la direction du col, maintenant bien visible. On passe une source (2h, 2520m) avant de terminer en ligne droite au milieu des buissons de genêts. Au tizi n’Tougdalt (20mn, 2670m), beau panorama sur la suite du programme avec à l’horizon les Jbels Erdouz et Igdet.

Le tizi n'Tougdalt

Légèrement sur la gauche de ces massifs on devine le passage verdoyant du tizi n’Test, point culminant de la route qui relie Marrakech à Taroudant et Agadir. Descente sur un sentier en zigzag de petit éboulis avant de rejoindre le fond d’un vallon dominé par un ensemble d’azibs. Quelques centaines de mètres après, on peut se poser pour le repas de midi auprès d’un petit torrent bucolique (35mn, 2260m). Pour rejoindre le village étape, il faut continuer vers d’autres azibs puis descendre dans le vallon de droite pour rejoindre un évident sentier. On chemine à présent en balcon au-dessus d’une vallée verdoyante qui nous amène jusqu’à un hameau posé sur une épaule. Juste derrière, descente en zigzag pour retrouver un sentier beaucoup plus large qui suit l’assif Imigdal à mi-hauteur dans une gorge. Celui-ci est très bien tracé car très emprunté par les villageois qui se rendent aux champs. Dans un coude de la gorge voici qu’apparaissent les premières maisons de Tisgui. On descend traverser la rivière pour suivre quelques temps sur l’autre rive un sentier ombragé avant de longer la rivière sous les maisons de la partie basse du village (1h15, 1830m, gîte d’étape, T, C, E). Nuit sous tente, le terrain de bivouac se situe à mi-chemin entre la rivière et les maisons à proximité de la mosquée.

Jour 3 : Tisgui - Ameslane - Tizi n’Ameslane - Imidel.

4h30 / +650m / -1350m.
Du fait de l’abandon par les villageois de certains passages de cols entre vallées (maintenant il y a des pistes qui suivent le fond des vallées…), les itinéraires ancestraux ne sont plus aussi bien entretenus et sont parfois devenus impraticables aux mules et leur chargement. De ce fait, les parcours (principal et variante) proposés sur cette journée nécessitent que les muletiers et leurs mules rejoignent directement le campement du soir en passant par la piste qui relie Tisgui à Imigdal puis empruntent le goudron de la route du tizi n’Test pendant 2kms vers le S (compter 3h maximum).

Maison du village d'Ameslane

Diaporama On sort de Tisgui en suivant la piste routière vers l’W sur 1km avant de bifurquer vers la gauche au niveau d’un gué cimenté. C’est à cet endroit que les muletiers quittent le groupe pour poursuivre sur la piste. On rejoint l’assif Imigdal que l’on traverse pour s’engager vers la droite le long d’un canal d’irrigation. 300m plus avant, on laisse le canal pour monter sous les jeunes noyers au niveau d’une maison isolée (20mn, 1730m). On passe au-dessus du village de Targa n’Takant pour suivre un bon sentier jusqu’au tizi n’Takant (25mn, 2050m). Belle vue sur Ameslane et la prochaine épreuve, le tizi n’Ameslane juste au-dessus. Descente vers le centre du village d’Ameslane (25mn, 1870m, gîte d’étape). Au  niveau de la bâtisse du gîte, on s’engage sur la piste pour 500m jusqu’à trouver sur la gauche le départ d’un petit chemin qui descend rejoindre la rivière. On la traverse pour s’engager dans une allée qui donne accès au lit d’un torrent. Après 200m, tourner sur la droite pour monter sous le couvert végétal le long des terrasses jusqu’au village d’Ait Ougmad. On en sort par le haut au niveau du réservoir (20mn, 1880m, eau de source). Il s’ensuit une montée tranquille jusqu’au tizi n’Ameslane (35mn, 2095m). Descente tout droit jusqu’à un espace herbeux plan, lieu d’estive de nombreux troupeaux (10mn, 2030m, azibs, source), lieu quasiment idéal pour le pique-nique, il ne manque que l’ombre… On part vers le S en direction d’un large col (30mn, 2100m) duquel on dispose d’un large panorama sur la profonde vallée de l’assif Iguidi et ses villages de maisons en pisé qui se succèdent au gré de la pente. A gauche, la muraille de l’adrar Iwzag-Ner ferme le haut de la vallée. Plus à droite, la vallée creusée par l’oued Nfis présente un large sillon verdoyant entre autres au niveau d’Ijoukak.

Descente vers la vallée de l'assif Iguidi

Descente délicate sur un sentier en dévers en RG du thalweg puis, après avoir longé un champ clairsemé d’orge (20mn, 1935m), on laisse partir sur la droite un premier sentier avant d’incliner la marche sur le deuxième qui se présente quelques mètres plus loin (tout droit on rejoindrait le haut de la vallée de l’assif Iguidi nécessitant un long parcours sur la piste routière jusqu’au goudron de la route du tizi n’Test). On s’engage donc dans la pente caillouteuse sur un sentier en zigzag pour incliner une fois de plus à droite à la cote 1790, en gardant en point de mire la vallée de l’oued Nfis. On rejoint ainsi le haut du village de Amna n’Zrnia (50mn, 1450m) où l’on retrouve la piste que l’on suit vers la D jusqu’à déboucher sur la route du tizi n’Test (35mn, 1180m, 2 boutiques 200m sur la gauche). Pour les 10kms de goudron, il y a de nombreuses possibilités. La proposition est d’utiliser un moyen automobile pour rejoindre le campement d’Imidel en bordure de l’oued Nfis au niveau de piscines naturelles bien agréables en période de grosse chaleur : le stop, une place dans un taxi collectif (Dh20/pers) ou une voiture qui embarque le groupe entier pour Dh200. Nuit sous tente en bordure de l’oued Nfis (C).

Les boutiques du bord de route au nord d'Ijoukak

Noter que depuis l’emplacement du pique-nique, une variante moins panoramique peut être suivie. On longe le lit de la rivière qui descend au pied des azibs avant de retrouver quelques centaines de mètres plus loin le sentier qui descend directement du tizi n’Ameslane. Au-delà, le sentier un peu abîmé par la succession des orages (impossibilité d’y engager des mules) reste au fond du thalweg et se termine au niveau d’une maison forestière. Ensuite, il suffit de suivre la piste sur 500m pour rejoindre la route du tizi n’Test à moins d’1km du campement (avantage : pas de transport automobile, inconvénient : c’est beaucoup moins spectaculaire…). Temps de parcours identique depuis Tisgui.

Jour 4 : Imidel - Tizi n’Ourmer - Kettou.

5h45 / +1100m / -500m.
Diaporama Du lieu de campement au bord de l’oued Nfis, on suit la rivière vers l’aval jusqu’au pied du village d’Imidel. Juste en face, on s’engage à G dans la large vallée fluviale de l’assif Hsayn dominée sur la droite par les maisons du village de Tiniskt. On suit le large lit de galets jusqu’à passer au pied du village d’Ourigh. On continue à suivre la rivière mais maintenant dans une gorge où les deux parois se sont resserrées. Il faut parfois se mouiller (un peu) les pieds… Le lit de la rivière s’élargit à nouveau. On passe au niveau d’une source dont l’orifice se situe en plein milieu de la vallée (1h10, 1175m) au pied du village de Makhfamane.

Maison dans la vallée de l'assif Hsayn

Puis on laisse partir sur la droite un sentier qui s’en va remonter la haute vallée de l’assif Hsayn en direction d’Aguerda pour continuer au SW sur une portion de piste. Dans le lacet qui suit, on poursuit tout droit en direction du village de tizi Mlil. Au pied du village on s’engage dans la vallée fluviale de droite. Un peu plus loin, la vallée devient encaissée et après quelques virages au milieu des buissons de lauriers roses, voici qu’apparaissent les premières maisons de Taghzout perchées en RG (1h15, 1405m). On poursuit dans le lit de la rivière, véritable éden de verdure quasi inimaginable en ces lieux, on dépasse un premier sentier de remontée vers le village de Semghort (30mn, 1500m, itinéraire obligatoire pour les mules) juste avant que la gorge ne se réduise à un passage qui ne mesure pas deux mètres de large. On doit même se déchausser lors du franchissement d’une retenue d’eau peu de temps avant de trouver un deuxième sentier de sortie du lit de la rivière conduisant au centre du village de Semghort. On poursuit une fois de plus dans la rivière sur 200m pour emprunter le sentier de sortie, cette fois-ci en RG au niveau d’une maison isolée (25mn, 1550m). Les quelques zigzags permettent de prendre pied sur un sentier balcon qui surplombe d’une dizaine de mètres la gorge, à présent colonisée par la végétation luxuriante. Un peu plus loin, on retrouve le lit de la rivière. On marche au milieu de nombreux jardins cultivés situés sur des banquettes de part et d’autre du cours d’eau. Plantées de nombreux noyers, les terrasses ombragées sont un emplacement de choix pour la pause déjeuner… Puis les banquettes laissent place à une gorge plus austère que l’on remonte jusqu’à s’échapper sur la gauche au niveau d’un nouvel ensemble de jardins et de vergers. On chemine alors sur un sentier en lacets qui escalade les pentes jusqu’au passage du tizi n’Ourmer (1h, 1875m).

Tizi n'Ourmer

Belle vue sur la montagne râpée du Jbel Gourza qui culmine à 3280m. Après être descendu momentanément à une altitude de mille mètres dans le Nfis, nous voici de retour au cœur de la « vraie » montagne ! Descente sur le village d’Ourmer en passant par une série d’azibs à mi-pente au milieu d’un mini délire géologique aux couleurs chamarrées. On longe les premières maisons d’Ourmer en suivant la ligne de poteaux électriques avant de tomber sur le début de la piste (25mn, 1730m) qui conduit à la deuxième partie du village en contrebas. On poursuit sur la piste vers l’aval jusqu’au village d’Imi n’Ourmer. Au niveau du réservoir, on tourne sur la G pour descendre franchir l’assif Anougal sur un pont en béton (40mn, 1535m). On prend pied sur la piste principale qui vient d’Amizmiz, gros bourg commerçant situé aux confins du plateau du Haouz, la plaine de Marrakech. On s’engage sur la G pour passer Oussoul puis Tizi Oussoul et finir la journée de marche à Kettou (25mn, 1660m, T, C, E). Nuit sous tente à l’entrée du village sur les terrasses plantées de noyers en face du réservoir du village.

Jour 5 : Kettou - Tizga - Talat n’Rhâ - Tizi n’Hussein - Azibs n’Tislit.

5h30 / +1300m / -650m.
Diaporama On remonte la piste au milieu d’un paysage bucolique de vallon agraire. On est protégé du soleil sous les frondaisons des noyers. Trois lacets de la piste conduisent au village perché de Tizga (1h, 1960m). On poursuit dans les ruelles pour atteindre les maisons hautes et trouver sur la gauche au niveau de la fontaine le départ du sentier de Talat n’Rhâ. Le sentier pénètre dans un vallon assez étroit et disparaît par moment au milieu des jardins. On suit le canal d’irrigation avant de retrouver le sentier en RG de la vallée. On passe une source (25mn, 2065m) juste avant de longer une maison isolée (délicieuses cerises en juin…). Le vallon se rétrécit obligeant à marcher dans le lit du petit torrent mais sur un sentier toujours présent. Le vallon se transforme peu à peu en une gorge étroite qui s’ouvre peu après dans une large combe (30mn, 2275m, source en RG). On poursuit toujours vers le haut jusqu’à un large vallon dans lequel ont été construites des terrasses où sont plantés courgettes, oignons et pommes de terre (10mn, 2370m). Le fond de ce vallon est clos par l’imposante muraille du Jbel Imlit dont le point culminant mesure tout de même 3245m.

Dans le vallon de Talat n'Rhâ au pied du djbel Imlit

On part sur la D en direction des azibs pour aller franchir un passage étroit au milieu des schistes dressés (15mn, 2500m). On découvre de l’autre côté la large et profonde vallée de l’assif Tnirt ceinte de montagnes érodées. On part à G sur un sentier à flanc bien marqué. On croise de nombreuses sources issues des vallons dont la montagne est striée. A 2430m, on s’en vient croiser le sentier qui arrive de la vallée (Tnirt et Azegour) avant de gagner par une dernière montée dans un thalweg au pied d’une aiguille rocheuse un vallon d’altitude occupé par des pozzines (40mn, 2580m, source) entouré de pentes au-dessus desquelles on distingue des excroissances d’une blancheur étonnante en cet endroit (calcaire ? non, non, ce sont des schistes, voir le parcours des crêtes de la GTAM5). On laisse l’itinéraire du tizi Melloult et on part sur la D de la source passer le large collet à l’aplomb de l’aiguille rocheuse (cairn). Derrière, on trouve le départ d’un sentier qui parcourt le fond de la combe jusqu’à une arête (passage de gauche, 25mn, 2630m). Le sentier semble disparaître totalement au-delà mais il ne faut pas se méprendre car il existe réellement, certes un peu délicat pour des mules non expérimentées (sinon il y a deux possibilités d'itinéraire : 1) par le bas, l’itinéraire de substitution démarre du col à 2500m, descend tout droit dans le vallon de l’assif Tnirt et remonte vers le sentier d’accès aux azibs situés en RG de la vallée, 2) par le haut, en poursuivant sur le sentier en direction du tizi Melloult et en suivant la crête assez débonnaire jusqu'au tizi n'Hussein).

Haute vallée de l'assif Tnirt : mules expérimentées seulement...

On contourne donc le vallon par la gauche jusqu’à un couloir peu pentu qui permet de remonter sur la G en direction de l’évident passage rocheux dont l’échancrure est bien visible. On atteint le tizi n’Hussein (40mn, 2820m, baptisé ce jour par nos soins en l’honneur de notre émérite muletier en chef). Derrière ce passage, on descend rapidement en biseau rejoindre le sentier qui descend du tizi n’Tislit qui se trouve 20mn plus haut à 2905m. Puis c’est la descente sur ce bon sentier très fréquenté par les locaux, on passe une source (10mn, 2715m, petit emplacement de bivouac en amont de la source) et on atteint les azibs n'Tislit entourés de champs d’orge (50mn, 2375m). Bivouac 300m plus avant en contrebas dans le creux du vallon sur des terrasses abandonnées (5mn, 2360m, eau à la résurgence du torrent). Nuit sous tente.

Arrivée aux azibs n'Tislit

Jour 6 : Azibs n’Tislit - A/R Djbel Erdouz

6h / +1500m / -1500m.
Diaporama Du camp, on part vers le bas de la vallée en suivant la rivière sur un sentier à moitié caché par les herbes. A 2310m, on pénètre dans le vallon de droite, vallon que l’on remonte jusqu’aux azibs Timguichte (35mn, 2450m) et au-delà jusqu’au carreau de la mine de plomb et de zinc (25mn, 2610m). On poursuit sur la piste d’exploitation désaffectée jusqu’à trouver sur la D un sentier coupe-lacet qui démarre au pied d’une aiguille rocheuse (15mn, 2730m, lieu de jonction avec la variante décrite en fin de paragraphe). La montée jusqu’à la piste dans de l’éboulis parfois friable est rude. On peut poursuivre sur la D pour aller voir l’entrée d’un des puits d’extraction (10mn A/R depuis l’arrivée du sentier coupe-lacet).

Djbel Erdouz face S avec les azibs Timcuichte au pied

Suivre la piste sur la G en légère descente pour trouver sur la D le départ absolument pas indiqué du sentier de montée au tizi n’Lwez (20mn, 2830m). Celui-ci commence son ascension sur une moraine au milieu des buissons d’épineux avant de s’engager dans un thalweg pentu. Lorsque ce dernier se sépare en deux parties, prendre celui de D dans lequel on commence à retrouver des marques du sentier historique. Lorsque la pente se redresse davantage à l’approche de la crête, incliner vers la D pour rejoindre la selle herbeuse plus agréable à fouler et dans laquelle on peut opérer de large zigzags entre les buissons d’épineux (55mn, 3110m).

A l'oeuvre dans le couloir S pour rejoindre le tizi n'Lwez

Il suffit de poursuivre en montée, éviter la crête rocheuse par la G pour prendre pied dans le large passage du tizi n’Lwez (25mn, 3300m) duquel la vue s’étend au N à la plaine du Haouz, à l’E aux massifs du Gourza et de l’Imlit qui se dressent à proximité et beaucoup plus loin celui du Toubkal, et au S à l’Igdet et au plateau tabulaire du Jbel Siroua. Quant au panorama vers l’W il est totalement occulté par l’aiguille rocheuse du sommet E du djbel Erdouz. C’est dans cette direction qu’il faut monter en écharpe pour aller longer les falaises S de cette arête assez impressionnante (empilages de schiste et de basalte) et atteindre la RG d’un vallon pentu par de nombreux up/down sans difficulté notoire (mais avec un peu d’attention lors de quelques passages où il est nécessaire deux ou trois fois de poser les mains sur les rochers parce que l’on a pas voulu redescendre plus que de raison…). On débouche dans la partie supérieure de ce vallon dans laquelle on effectue une traversée ascendante avec comme point visé un point de faiblesse dans une arête rocheuse ruiniforme (le deuxième collet en partant de la gauche). De manière assez inattendue, on débouche à 30m sous le sommet E de l'Erdouz (55mn, 3535m)...

Contournement du pilier E du djbel Erdouz par la face S

On poursuit par une descente dans la large selle qui relie les sommets E et central pour s’attaquer à la dernière montée significative de la journée. On évolue sur de gros blocs de basalte d’un noir de jais en effectuant depuis le col un départ vers la gauche avant de revenir un peu plus haut dans la pente sur la droite pour s’engager dans un couloir herbeux qui se termine sur l’arête à 200m de distance du sommet convoité. Il ne reste plus qu’à se hisser sur le large plateau sommital (25mn, 3570m) pour déguster un panorama à 360° du Meltsene à l’E au Ras Moulay Ali à l’W. Descente pleine pente directement dans le vallon qui démarre sous le sommet central. Incliner au départ la marche vers la RD pour aller franchir un petit ressaut au niveau d’une source tarie depuis peu, identifiable aux nombreux buissons d’herbe jaune qui la recouvrent puis se diriger en biais vers la RG avec comme point visé un énorme rocher rectangulaire pouvant de loin être confondu avec un azib (1h, 3000m). On poursuit à flanc en RG sans rejoindre le lit de la rivière pour s’en aller franchir un collet qui donne accès au large col du tizi n’Timguichte après avoir traversé une zone d’activité volcanique très ancienne attestée par la présence de splendides vestiges de lave cordée et de tunnels gazeux (20mn, 2780m). Pas de sentier identifié pour descendre de ce col et rentrer au camp (éventuellement en descendant directement rejoindre le fond du thalweg, c'est l'itinéraire que l'on suivra demain en sens inverse, mais en bas il faudra remonter jusqu'aux azibs Timguichte). Sinon, on part sur la gauche du vallon et, en restant bien à hauteur en RG, on explore le fond des vallons de la face S du djbel Erdouz tout en descendant progressivement. On retrouve le carreau de la mine puis le sentier de liaison vers les azibs Timguichte (55mn, 2450m). Retour en 30mn aux azibs n’Tislit par le sentier qui court à mi-pente du sommet E de l’Erdouz (pas besoin de descendre suivre la rivière). Nuit sous tente.

Plateau sommital du djbel Erdouz

En introduction de la journée, possibilité d’une variante panoramique sur la face S du djbel Erdouz  : au niveau de l’entrée dans le vallon des azibs Timguichte à 2310m, il faut s’élever en RD (donc au S…) sur une amorce de sentier se poursuivant par de vagues traces avant d’infléchir vers la droite pour atteindre une épaule qui fait face aux azibs Timguichte et la spectaculaire face S de l’Erdouz (50mn, 2600m). On trouve le départ d’un « sentier » qui parcourt les flancs de la montagne et rejoint la rivière bien en amont des azibs vers 2650m. Ne reste plus qu’à remonter sur la selle herbeuse côté Erdouz et rejoindre directement la piste d’exploitation de la mine bien au-dessus du bâtiment en ruines au niveau d’un lacet. Le sentier coupe-lacet démarre quelques centaines de mètres plus loin en suivant la piste vers le haut.

Jour 7 : Azibs n’Tislit - Tizi n’Tighfist - Azerzou.

5h10 / +900m / -1500m.
Attention ! Les deux jours qui suivent sont réservés à des randonneurs expérimentés accompagnés d’une équipe de mules et muletiers rompue à l’évolution sur des terrains de nature variée (pentes sableuses en dévers, pierriers, passages rocheux, etc.) et empruntant par moment de vagues traces de sentiers historiques lors du franchissement de certains cols. En effet les sentiers inter-vallées ne sont pratiquement plus utilisés de nos jours par les villageois et de ce fait ils sont laissés à l’abandon, d’où leur état actuel…

Les azibs Anrd sous le tizi n'Tighfist

Diaporama Des azibs n’Tislit on rejoint les azibs Timguichte en suivant le même itinéraire que celui de la veille (35mn, 2450m). Une fois au pied des habitations, on part sur la G suivre un chemin qui longe les terrasses pour retrouver le lit du torrent en amont du village. On suit une trace dans le lit du torrent à sec avant de s’échapper sur la D en grimpant sur une moraine sableuse couverte de buissons épineux. On débouche au tizi n’Timguichte (50mn, 2780m). Belle vue à droite sur le sommet central du Jbel Erdouz et le maintenant connu impressionnant vallon de descente… Poursuite de l’autre côté du col par une descente modérée sur un sentier très peu marqué au départ mais qui le devient beaucoup plus au confluent d’un vallon venant de la droite (15mn, 2635m, source). On continue à suivre le torrent pour arriver aux azibs Tighfist (20mn, 2490m). On traverse les jardins pour aller chercher en face le chemin du tizi n’Tighfist et remonter le vallon vers la D. Il commence son parcours à proximité de la rivière puis s’en échappe quelque temps après en s’élevant dans de grandes pentes de buissons jusqu’à franchir une succession de barres de schistes dressés. Il s’ensuit une portion quasiment plane pour rejoindre le lit de la rivière suivie, une fois le torrent traversé, d’une sévère montée terminale en RD du thalweg jusqu’au passage du tizi n’Tighfist (55mn, 2995m). A l’avant, belle vue sur les montagnes du haut-Atlas occidental et, à l’arrière, le pic W du Jbel Erdouz se présente de façon avantageuse (ça donne d’ailleurs des idées de traversée intégrale de la crête du Jbel Erdouz depuis de tizi n’Tislit à l’E vers l’W… pour cette variante par les crêtes, voir le topo Haute Route n°4). Descente pleine pente dans du petit éboulis schisteux suivie d’un parcours chaotique dans le lit de la rivière. Passage aux azibs Anrd de belle importance et entourés de centaines de champs étagés en terrasses et plantés de jeunes arbres, noyers et fruitiers (35mn, 2280m). On sort du vallon par un bon sentier en RG du thalweg. On s’en va traverser la rivière pour suivre l’itinéraire de descente très emprunté par les villageois pour le commerce de fruits et de céréales. La rivière disparaît de temps à autres. Noter une source qui sourd directement en bordure du lit de la rivière (45mn, 1920m). Ensuite c’est le passage sous les maisons du village de Taddert, toujours en suivant le sentier tracé dans le lit de la rivière (20mn, 1830m, source). Au-delà, on croise une piste au moment d’entrer dans le village d’Azerzou (10mn, 1765m, boutiques, route vers Amizmiz). Nuit sous tente sur les terrasses au bord de la piste au pied du village (eau de source 5mn plus haut).

Porte ouvragée d'une maison d'Amsloh

Jour 8 : Azerzou - Tizi n’Oumslma - Arg

5h / +1250m / -800m.
Diaporama Du bivouac près de la rivière, On prend la piste qui monte au village d’Azerzou puis après 500m on incline sur la gauche en poursuivant sur la piste du haut jusqu’à sa terminaison (30mn, 1840m). Il s’ensuit un agréable sentier de montagne taillé à flanc de falaise qui conduit au village d’Amsloh. Se révèle alors un superbe panorama sur la vallée boisée avec, dans le lointain déjà, l’alignement des maisons d’Azerzou. A la boutique (20mn, 1920m), on tourne à G sous un beau noyer puis 200m plus loin à droite pour emprunter un sentier en forte pente jusqu’à une maison isolée. Derrière, on trouve un sentier qui suit le canal d’irrigation et nous emmène au cœur d’un vallon verdoyant dans lequel chante un torrent. On évolue au milieu d’un espace réduit bien rafraîchissant où les cascades se succèdent les unes aux autres. On sort du vallon encaissé pour s’engager dans une traversée en RD d’une zone d’éboulis (1h10, 2215m, noter sur la gauche un azib perché dans la montagne à flanc de falaise). Un peu plus haut, on passe un nouvel azib entouré de terrasses (15mn, 2315m) avant de poursuivre dans le vallon de G avec une pente qui s’adoucit au moment où commence à apparaître le col droit devant (15mn, 2450m). On atteint un replat sur lequel on traverse un nouveau groupe d’azibs (les azibs Aoun) entouré de terrasses plantées de légumes et de jeunes arbres fruitiers. On le contourne par la D pour remonter le lit d’un cours d’eau à sec puis on vire à G pour atteindre le sommet d’un monticule. Il suffit de descendre légèrement vers la G pour trouver la source d’eau pure qui sourd d’un rocher au pied du thalweg issu du tizi n’Oumslma (15mn, 2645m).

Le tizi n'Oumslma (vue du côté de la descente sur Arg)

Face à la source, on part sur la D pleine pente rejoindre le « sentier » d’accès au col. On monte ensuite en zigzag vers la G en suivant de vagues traces du chemin historique aujourd’hui en piteux état. La fin de la montée est relevée et on atteint le passage du tizi n’Oumslma (50mn, 3000m, ou tizi n’Iwansekton) bordé à sa gauche du Jbel Idoudan (3315m) et à sa droite de l’altier Jbel Igdet (3616m), plus haut sommet du haut-Atlas occidental. Descente hors sentier en RG du vallon où commence l’assif Ougdemt. On passe sous de belles aiguilles de granit rouge avant de venir buter sur une paroi qui borde un étroit thalweg descendant de ces mêmes aiguilles (55mn, 2500m, source). Il ne reste plus qu’à filer vers l’aval pour trouver à proximité d’un azib le départ de l’excellent chemin (5mn, 2455m) qui conduit à flanc de montagne, parfois taillé dans la falaise, vers le bas de la vallée. Au détour d’un virage, on découvre sur le versant opposé du vallon le village d’Arg que l’on rejoint en dévalant quelques lacets (35mn, 2200m). Nuit sous tente à la sortie du village sur des terrasses ombragées ou possibilité d’hébergement chez l’habitant : Omar Ait Bark ben Abd Salam et son fils Abdallah peuvent accueillir jusqu’à 15 personnes et préparer les repas, réservation tél : +212 645171809 et +212 614384087.

Arg

Depuis le col, possibilité de faire l’ascension du Jbel Igdet (3616m) en suivant vers la droite la crête facile en éboulis jusqu’à la base du sommet qui est un empilage de blocs de basalte. Compter 3h30 A/R. Afin que la randonnée d’Azerzou à Arg reste un plaisir (c’est-à-dire avec une amplitude horaire de la journée qui n’atteigne pas deux chiffres…), il est quand même conseillé de bivouaquer aux azibs Aoun, où les bergers présents sauront indiquer une voie d’accès directe vers le sommet pour vous tout seul.

Jour 9 : Arg - Tizi n’Tiddi - Tizi n’Aghbar - Ikiss.

4h / +700m / -900m.
Diaporama Sortir du village par l’aval en suivant la piste jusqu’au garage automobile à la porte jaune. 100m après l’avoir dépassé, suivre le petit sentier qui démarre sur la D. Il traverse des jardins en terrasse avant de franchement plonger vers l’assif Ougdemt (le chemin est impraticable aux mules, il leur est nécessaire de faire le tour par la piste pour rejoindre le bas du village d’Aoudid et emprunter le sentier principal de crête jusqu’au tizi n’Tiddi). Tout au long de la descente, belle vue sur l’Igdet au fond de la haute vallée de l’Ougdemt. On traverse la rivière (15mn, 2020m) pour trouver en RD le départ d’un sentier qui chemine sous les noyers et suit à distance le lit de la rivière. On remonte au village d’Aoudid (10mn, 2050m) que l’on contourne par la gauche en suivant un sentier en légère descente.

Détail d'une maison d'Aoudid

On entre dans un vallon dominé par la crête de l’adrar Tadafelt dans laquelle se trouve le tizi n’Tiddi, notre point de passage de la journée. On sort du village en RG du vallon pour passer auprès d’une source (20mn, 2045m) et incliner la marche vers la G au niveau du deuxième sentier que l’on rencontre. Il s’en va longer les jardins qui jouxtent la rivière à sec. Il est agréable de cheminer quelques minutes à l’ombre des frondaisons alors que la chaleur ambiante commence à grimper... On rejoint le lit de la rivière au niveau d’un arbre isolé (15mn, 2060m). On monte pleine pente dans un thalweg en RD à l’opposé d’un azib puis on incline la marche vers la droite pour retrouver un bon sentier qui s’élève progressivement à mi-hauteur. La vue sur la vallée de l’assif Ougdemt s’élargit avec une vue imprenable sur le Jbel Idoudan et la chaîne montagneuse formée par les trois sommets du Jbel Erdouz. Plus haut, on croise un autre sentier venant de la vallée (15mn, 2205m). On poursuit jusque dans le creux d’un thalweg où l’on quitte le chemin pour s’élever en écharpe sur la G et trouver une trace à flanc (15mn, 2270m). Celle-ci traverse une zone d’éboulis assez instable sur laquelle il faut avancer avec précaution. On arrive au collecteur d’eau potable de la vallée. Au-delà, on suit le cheminement du tuyau d’alimentation qui emprunte une vire à flanc de falaise (un peu d'attention...) jusqu’à l’emplacement de la captation d’eau (15mn, 2290m, source).

Le berger l'a bien dit : il faut suivre le tuyau d'eau...

Maintenant c’est pleine pente dans le lit du torrent à sec. On évolue de pierre plate en pierre plate sans difficulté si ce n’est la raideur du couloir. On passe auprès d’une autre source (5mn, 2360m, la dernière avant l’étape). On poursuit la montée en suivant quelques vagues traces de sentier. Bien avant la fin du vallon, on sort sur la gauche (20mn, 2550m) pour rejoindre, par la traversée d’une zone d’éboulis, le plateau incliné que l’on aborde en effectuant un large lacet au fond d’un petit thalweg. Le point de sortie est marqué par une série de schistes dressés et, juste derrière, on rejoint le sentier principal d’ascension venant d’Aoudid et que la caravane de mules a emprunté (15mn, 2635m). Exceptionnelle vue panoramique en se retournant : en partant de la gauche vers la droite, on explore du regard l’Igdet, le tizi n’Oumslma, l’Idoudan, l’Erdouz, le Tameksawt, le tizi n’Tislit, l’Imlit, le Gourza, et, dans le lointain, l’Angour, l’Annrhemer, l’Aksoual, le massif du Toubkal et pour finir en beauté les deux bosses des Ouanoukrim. Quelle leçon de géographie marocaine ! Au pied de ces montagnes, on reconnaît Arg et Aoudid bien sûr mais on découvre pour la première fois le village d’Aghella qui était resté jusqu’à présent caché derrière la colline qui domine Arg. On finit tranquillement la montée jusqu’au tizi n’Tiddi (15mn, 2745m) avec en récompense une vue plongeante sur la forêt de cyprès qui agrémente de si belle façon la vallée de l’oued Nfis et la route du tizi n’Test. On emprunte sur la D un sentier à flanc de montagne sous les contreforts SE de l’Igdet jusqu’au tizi n’Aghbar (20mn, 2640m). Descente en direction de la vallée de l’Aghbar très progressive au début sur un sentier que l’on imagine encore bien utilisé par les locaux avec à l’horizon une foultitude de nouveaux sommets à découvrir. La descente devient plus sévère à l’approche d’un vallon verdoyant enserré entre deux impressionnants pierriers désertiques (premier point d’eau rencontré depuis le village d’Aoudid). On sort du chemin pour descendre dans le vallon et suivre la rivière vers l’aval pour trouver le bon emplacement de bivouac là où ont été façonnées des terrasses sous les noyers. Après-midi de repos bienvenue. Nuit sous tente à quelques minutes des premières maisons d’Ikiss (1h15, 2000m, boutique, T, C, E).

Arrivée à Ikiss

Jour 10 : Ikiss - Souq Sebt Aghbar - Agadir Nfis

4h15 / +300m / -450m.
Diaporama On descend dans le lit de la rivière jusqu’aux premières maisons du village. Après, c’est à gauche dans le lit de la rivière de galets qui descend du tizi n’Aghbar puis la piste qui longe le « terrain de foot » du village. Elle reste à hauteur en RG jusqu’à Tanammert (35mn, 1840m). Sur la droite, on a une vue imprenable sur le village d’Analghi que domine le seigneur des lieux, l’Igdet. Belle vue également sur le vallon sauvage que surplombe l’adrar n’Oumzra. On continue la descente vers la vallée en direction de Souk Sebt Aghbar (45mn, 1640m, boutiques, café) d’abord sur la piste puis un sentier coupe-lacet et pour finir une directissime très empruntée par les locaux le samedi, jour de souq. Ravitaillement fortement conseillé pour les quatre jours qui suivent car il n’y a pas de possibilité de disposer de produits frais avant Tinarghart à l’autre extrémité du plateau du Tichka.

L'adrar n'Oumzra vu depuis le village de Tanammert

On part en RD de ce cloaque nauséabond qu’est devenu l’oued Nfis à cet endroit avant de franchir un pont et filer sur la G sur une piste très peu empruntée. On marche à mi-hauteur dans une superbe vallée bordée de part et d’autre d’une forêt clairsemée de cyprès. Le lit du torrent est colonisé par les nombreux buissons de lauriers roses tandis que les terrasses cultivées au pied des villages que l’on traverse sont plantées de noyers et d’amandiers. On passe Ouizemmarn (40mn, 1705m) puis Imlil (30mn, 1780m). La piste RG se termine ici mais un sentier balcon prend la suite. Son départ se trouve à l’W du village. On le rejoint en s’engageant à droite de la mosquée sous une maison porche puis en louvoyant entre les maisons anciennes par de petites ruelles. Juste avant la source du village, les mules descendent traverser l’oued Nfis sur un pont pour emprunter la piste en RD, le sentier historique de la RG se trouvant par moment bien érodé...

Dans la vallée de l'oued Nfis

Les marcheurs filent donc tout droit sur un beau sentier de montagne bien viabilisé au départ mais qui peu à peu se délite jusqu’à se confondre par moment avec le canal d’irrigation. Après quelques moments où il faut parfois jouer à l’équilibriste sur le rebord herbeux du canal, on retrouve l’excellent sentier d’origine une vingtaine de mètres au-dessus alors que l’on doit longer la base d’une falaise assez pentue (heureusement…!). On franchit un coude de la vallée pour découvrir au loin l’imposant village de Taourirt avec sa mosquée rose bonbon qui tranche sur l’austère couleur du pisé. Un designer a dû passer par là… On passe en bordure du village d’Ighrem (55mn, 1830m) juste avant de pénétrer dans le gros bourg de Taourirt (10mn, 1845m). Au-delà, on poursuit sur le sentier balcon que l’on a retrouvé à mi-hauteur du village. On traverse trois hameaux avant d’atteindre la première maison d’Agadir (30mn, 1870m) où il faut désescalader vers la G dans une trace mi-chemin mi-torrent jusqu’au terrain de jeux du village pour rejoindre le lit de l’oued Nfis. On passe en RD avant de longer la rivière vers la D sous les noyers pour atteindre après 300m le terrain de bivouac ombragé au pied de la piste (10mn, 1850m, source en RG de l’oued Nfis sur la droite du mur en béton qui soutient le canal d’irrigation).

Haute vallée de l'oued Nfis

Jour 11 : Agadir Nfis - Source de l’oued Nfis

5h / +1000m / -400m.
Diaporama On monte sur la piste et on la suit vers l’amont de la vallée. On passe devant le vallon de Tiouyaline fermé par l’adrar n’Oumzra. Un peu plus loin on traverse l’oued Nfis sur un pont en béton (belles vasques…). On continue sur la piste en enchaînant deux lacets avant de bifurquer au fond de la combe à gauche sur un bon sentier (25mn, 1915m, noyer isolé). On s’élève progressivement jusqu’à un premier collet qui nous livre la vision d’un massif montagneux de belle ampleur avec le tizi Amguernis qui relie les deux pics du Takoucht sur la droite et du Flillis sur la gauche, deux 3000 de la région assez convoités par les connaisseurs. Le sentier se poursuit en pente modérée à bonne hauteur du fond des gorges dans lesquelles l’oued Nfis se faufile. On passe auprès d’une source (10mn, 1945m) avant d’atteindre un collet (20mn, 2060m) duquel on peut constater avec envie que la suite de l’itinéraire va nous proposer des paysages de qualité.

Haute vallée de l'oued Nfis

A cet endroit le cours du Nfis est recouvert de noyers alors que les pentes rocheuses du vallon sont ponctuées ça et là de cyprès. On descend quelques lacets vers la D pour trouver un sentier sableux (et un peu poussiéreux…) toujours bien marqué. On entend en provenance du fond de la rivière rires et chants des femmes berbères qui travaillent dans les jardins en terrasse cachés sous les frondaisons. A l’embranchement de sentiers (25mn, 2035m) on prend à G et on poursuit le parcours à mi-hauteur de la rivière dans laquelle on voit avec délectation un enchaînement de piscines naturelles. Mais ce n’est pas pour cette fois… Au niveau d’un azib on grimpe quelques lacets au milieu de blocs de granit faisant penser au chaos rocheux de Tafraoute dans l’anti-Atlas. On franchit un collet précédant une descente rapide vers le lit de la rivière à deux pas d’un autre azib (25mn, 2055m). Au-delà, il faut entrer sous les noyers pour trouver le chemin de montée en forte pente qui passe sur la droite des bâtiments de pierre. On s’élève en zigzag jusqu’à un collet (20mn, 2235m) suivi d’une marche à flanc qui s’éloigne des gorges du Nfis.

Haute vallée de l'oued Nfis

Finis les cyprès, on évolue à présent au milieu de chênes-verts de belle taille. Au croisement, on suit le chemin cairné vers la G qui conduit vers le sommet d’une bosse donnant accès juste derrière à une descente présentant un paysage de large vallon boisé. On s’en va traverser un ruisseau (20mn, 2175m) issu du cirque montagneux formé du Timouchi et de l’Asfalou pour remonter en face et passer un nouveau collet précédant une nouvelle descente dans un vallon encore plus idyllique que celui d’avant (5mn, 2190m). Et pour cause : un bassin d’eau fraîche issu d’une cascade y attend les baigneurs… On remonte sur la gauche du bassin en évoluant sur des banquettes de granit pour s’élever à flanc et toujours de belles vues plongeantes sur les gorges du Nfis et ses piscines naturelles. Puis c’est un nouveau collet auquel il faut se mesurer (40mn, 2265m) avant de suivre un chemin en courbe de niveau qui peu à peu rejoint le bord de la rivière et une large place ombragée (10mn, 2230m, bassins, cascade et toboggan en remontant de 100m vers l’amont juste derrière le coude que fait la rivière, en user et abuser sans restriction en attendant que le repas de midi se prépare…).

Haute vallée de l'oued Nfis

Après la pause du midi, changement de programme et de décor, finies les belles vasques, finie l’ombre des chênes-verts, au niveau du collet (15mn, 2320m) que l’on atteint après une montée sur un sentier sableux qui se perd rapidement dès que l’on a quitté le lit de la rivière, voici le quasi désert d’altitude : landes rases, buissons d’épineux, arbustes souffreteux, il y a de quoi être interloqué… On poursuit en légère descente pour revenir à proximité de la rivière avant de repartir vers le haut. On abandonne un moment la vallée du Nfis pour s’engager à droite dans un thalweg fermé par l’imposant sommet de l’Amendach. Une fois le ruisseau traversé, on monte d’abord en direction d’un gendarme rocheux caractéristique en RD avant d’incliner sur une trace en zigzag vers la droite passer un col donnant accès au plateau du Tichka (1h, 2480m).

Haute vallée de l'oued Nfis

On découvre un vaste espace plus proche de celui du Koucer que du Yagour avec des buissons d’épineux et assez peu d’herbe verte. Par contre, de plateau il n’est que de nom car le plat ne doit pas avoir la même signification qu’ailleurs tant les bosses bien relevées se succèdent les unes aux autres… Enfin ! Le passage du tizi Asdim présente sa large ouverture au NW entre l’Awrir n’Tida à gauche et l’Azrou Asdim à droite. Sous le col on discerne les azibs Imi Ouzma vers lesquels on va se diriger. On traverse le « plateau » en faisant quelques détours pour ne pas trop perdre d’altitude, on passe au milieu du groupe d’azibs pour aller se poser quelques centaines de mètres plus haut sur l’accueillant triangle de verdure que proposent les sources de l’oued Nfis à quelques encablures du col (30mn, 2540m, source d’eau fraîche et pure en entrant dans le vallon de gauche). Nuit sous tente.

Sur le plateau du Tichka aux sources du Nfis

Jour 12 : Source de l’oued Nfis - Tizi Asdim - Assif Lahlou.

3h / +150m / -1050m.
Diaporama Du bivouac établi sur la tourbière de la source du Nfis on monte directement vers le large col. On croise le sentier qui va d’Aguersafène à Souq Tnine Titouga passant par le plateau du Tichka. En poursuivant tout droit sur une centaine de mètres, force est de constater, au milieu des blocs de grès qui marquent la bordure NW du col, la profondeur de la dépression de la vallée de l’assif Gourioun (10mn, 2610m). Les faces S de l’Azrou Asdim ferment de manière dramatique le côté N cet étroit vallon et ne proposent pas vraiment d’échappatoire à qui voudrait s’y engager… Ceci dit ce n’est pas vraiment mieux côté S avec les falaises abruptes du Wajir Oudadène qui à plus de 3000m soutiennent la bordure septentrionale du plateau du Tichka. Donc, descente sur la D en empruntant un excellent sentier muletier caillouteux en lacets qui permet d’avaler rapidement les premiers 500m de dénivelée jusqu’à croiser la rivière et les premiers noyers (40mn, 2165m). On évolue ensuite le long de la rivière où la présence d’eau permet la culture sur des champs en terrasse. On entre dans Targa n’Oufella (30mn, 1935m). C’est à partir de ce village que l’on suit la piste terreuse pour descendre vers Ighelmaln (35mn, 1840m, boutique). Au détour d’un virage, somptueuse apparition du sommet convoité pour la journée de demain, le fameux Ras Moulay Ali qui culmine à 3349m et ses faux airs d’Olan au sommet rocheux bifide… Puis on traverse un nouveau village (15mn, 1730m, boutique) avant de traverser l’assif Gourioun et s’échapper 1000m plus loin sur un sentier qui part en légère montée sur la G (15mn, 1735m). On passe un collet avant de croiser de l’autre côté de l’épaule sableuse une première piste. On emprunte la seconde sur la gauche en direction d’une maison cubique rose et on va se poser sur des terrasses ombragées au pied du village perché d’Assif Lahlou (25mn, 1740m, eau à la source sur la gauche 100m avant le bivouac, T, C, E). Nuit sous tente.

Dans la vallee de l'assif Gourioun

Jour 13 : Assif Lahlou - A/R Djbel Ras Moulay Ali

8h30 / +1650m / -1650m.
Diaporama Du campement sur les terrasses, on monte par la piste en lacets jusqu’au bas du village avant de partir sur la G en longeant les premières maisons au-dessus du canal d’irrigation. On rejoint le lit de la rivière que l’on suit vers l’amont pour atteindre le « terrain de foot » duquel il faut tourner sur la D pour s’engager dans le vallon. Le sentier commence à suivre le lit de la rivière à sec avant de s’élever progressivement à flanc en RD. A la fourche de chemins (35mn, 1910m), on laisse le sentier de droite qui conduit à des azibs pour continuer vers la G à mi-hauteur au-dessus de la rivière jusqu’au pied d’un mur vertical (30mn, 2130m, à la belle saison il doit y tomber une belle cascade…). Il faut  maintenant s’échapper du vallon que l’on suivait pour s’engager à présent à G sur un sentier encore bien marqué. On passe auprès d’une source (10mn, 2195m, les derniers noyers…). On s’élève en larges lacets dans un vallon circulaire ponctué ça et là de buissons de genêts. Des azibs cachés jusqu’à présent apparaissent en RG du précédent vallon.

L'arête rocheuse qui donne accès au vallon du Ras Moulay Ali

Le sentier se perd un peu et il faut incliner la marche vers la G pour aller louvoyer entre les blocs rocheux de l’épaule (plutôt du côté N) avant d’opérer une traversée de l’arête avec comme point visé maintenant le bien visible sommet du Ras Moulay Ali (35mn, 2460m). Au-delà on s’en va rejoindre une deuxième arête rocheuse que l’on franchit au niveau d’un collet marqué d’un genêt. Derrière, on remonte en direction d’un petit col herbeux dont on s’échappe vers la G juste avant de l’atteindre. Une marche à flanc conduit à l’entrée d’un profond vallon (25mn, 2615m, source en RG en amont du dernier azib). Un sentier bien marqué parcourt le fond du thalweg avant de s’échapper à mi-hauteur en RG après avoir franchi un petit verrou rocheux.

Dans le vallon du Ras Moulay Ali

On arrive sous les deux cols (55mn, 2960m) avant de partir pleine pente sur la gauche dans le vallon de l’arête W du Ras Moulay Ali. Par des pentes raides alternant touffes d’herbe et passages rocheux faciles, on atteint un col au pied du pic sommital (35mn, 3280m). On contourne les difficultés rocheuses en partant en écharpe vers la D puis en revenant par une pente peu redressée vers le sommet (15mn, 3349m). Depuis le sommet, vue exceptionnelle sur les barrières de montagnes alentours permettant de préparer pour les années suivantes de nouvelles randonnées dans le coin. Descente « sage » en 3h30 par le même chemin jusqu’à Assif Lahlou. Nuit sous tente.

Au sommet du Ras Moulay Ali (3349m)

Deux variantes de descente plutôt sportives : la n°1 proposée par Michael Peyron dans son livre G.T.A.M. (sportive) et la n°2 que j’ai expérimentée lors de cette exploration (sportive ++), indiquée brièvement par Mohamed, le berger rencontré à la montée aux azibs et qui nous avait rejoints au sommet.

N°1 - Je vous la livre texto : « Descendre d’abord plein S jusqu’à un petit col. Puis, poursuivre vers le haut du ravin d’Assif Lahlou en tirant au départ vers le Tizi n’Oumzra. Il s’agit d’un parcours en tout-terrain, de vire en vire, d’un ravin d’éboulis à un autre. Résister, en tout cas, à la tentation de couper tout droit ; on se heurterait alors à des barres rocheuses difficilement franchissables. On admirera au passage de magnifiques « flammes de pierre » en schiste-quartzite. En fin de compte, on parvient au fond du ravin juste en aval au niveau d’une barre rocheuse par-dessus laquelle se déverse une cascade, et dominée par une petite bergerie. Rejoindre Assif Lahlou en suivant le ravin, d’abord rive gauche, ensuite rive droite (parcours acrobatique par endroits) et continuer jusqu’à Sidi Lahssen (6h du sommet) ».

N°2 – Descente au S en direction du col. Ne pas aller jusqu’au col mais tourner sur la G dès les barres rocheuses franchies afin de suivre le bas de l’arête et rester en RG à hauteur du fond du thalweg qui plonge rejoindre le haut de l’assif Lahlou. Avant que l’épaule ne plonge elle aussi vers le fond du vallon, passer une échancrure entre deux schistes dressés pour entrer dans un deuxième vallon. Perdre un peu d’altitude en visant une nouvelle échancrure dans une deuxième arête rocheuse donnant accès celle-là à… une falaise dans laquelle il faut pratiquer avec quelque attention des pas de II (une cinquantaine de mètres en traversée avec un peu de gaz, peut se contourner par la base mais cela fait faire un détour pas si innocent que ça…). Après cet unique passage délicat, descente abrupte entre touffes d’épineux et petit éboulis en diagonale jusqu’aux azibs Imi Igoulène à 2255m, sur le chemin d’Assif Lahlou au tizi n’Oumzra. Descente tranquille vers Assif Lahlou sur un bon sentier bien utilisé par les locaux. Compter 4h depuis le sommet et du repos le lendemain pour calmer quelques douleurs possibles au niveau des genoux…

La fameuse falaise à traverser lors de la descente directissime

Jour 14 : Assif Lahlou - Afensou - Ankoutouf.

5h15 / +650m / -460m.
Diaporama Après la bambée de la veille, voici une journée plutôt tranquille sur sentier avec des dénivelées inférieures à 4 chiffres… D’Assif Lahlou à 1740m, on descend par la piste qui arrive du village jusqu’à rencontrer la piste principale qui parcourt la vallée de l’assif Gourioun. On tourne à gauche rejoindre Zaouit (25mn, 1685m, boutique) puis un peu plus loin Tinarghart (10mn, 1665m, nombreuses boutiques, mini-souq de produits frais). Au détour d’un virage, la pyramide prisée des parapentistes de la région, le Tindri, se découvre, véritable « pain de sucre » fermant un vallon d’altitude. On traverse un hameau de quelques maisons pour continuer sur une piste et emprunter le chemin en RD du vallon (les mules traversent l’assif Gourioun et suivent par la piste en RG). On atteint Aguersafène où les itinéraires convergent au niveau de la rivière (35mn, 1610m). On retrouve une piste sur 200m avant de partir à D sur un sentier vers Ait Zemlal (15mn, 1665m) et retrouver de nouveau la piste. On traverse Ait Bahammou (30mn, 1745m, boutique). Descente sur Al Khemis (15mn, 1750m) puis après un gauche-droite on s’en va passer auprès de la maison rose saumon. On passe sur la G pour s'engager dans une descente en écharpe à travers les terrasses avant de trouver une trace en bordure de terrasse et la suivre jusqu’à Afensou (20mn, 1760m, fontaine).

Afensou

Les piétons s’engagent dans le lit de la rivière alors que les mules suivent la large piste en montée sur la droite. Dans la rivière, l’eau puisée en amont à la source est disponible dans les tuyaux en RG au niveau des raccords. On atteint un confluent de ruisseaux où il faut s’engager sur la droite avant de trouver un petit passage dans la haie de roseaux sur la gauche donnant accès au départ d’un sentier qui remonte de terrasse en terrasse jusqu’au pied du village d’Imitli perché tout là-haut (40mn, 1920m). On s’en va rejoindre pleine pente la large piste qui passe au-dessus du village (lieu de convergence avec l’itinéraire suivi par les mules) avant de se diriger vers le village de Moudloz (25mn, 2050m, piste d’accès dans un virage de la piste principale). A l’opposé du village, on emprunte le sentier à flanc qui court au-dessus des terrasses et des noyers jusqu’à traverser un bras de ruisseau qui descend de la droite. Un peu plus loin, on traverse le bras de l’assif Sembal (10mn, 2045m, pré d’herbe rase) pour s’engager dans une remontée sur un sentier en zigzag sur des nervures sableuses, admirablement tracé car encore bien emprunté, qui nous amène jusqu’au tizi n’Timirout (30mn, 2280m) où l’on y retrouve une fois de plus la piste venant d’Afensou. On la suit vers la G jusqu’au lacet suivant pour trouver à G le départ du sentier historique de descente vers Tizza. On atteint les premières maisons du village (30mn, 2080m). De hameau en hameau on chemine à mi-hauteur le long de la vallée de l’assif Wargiwn jusqu’à la dernière maison du village (boutique). On descend sur la G de la maison suivre la piste d’accès au village pour se diriger vers le village étape d’Ankoutouf (30mn, 2015m). Nuit sous tente sur l’aire de battage au-dessus des maisons.

Jour 15 : Ankoutouf - Aguerd Oughdel - Amchoud.

4h15 / +300m / -950m.
Diaporama Le village d’Ankoutouf est entouré par deux pistes : celle du haut, la nouvelle, et celle du bas, l’ancienne. On part suivre celle du bas, beaucoup plus agréable que la nouvelle qui s’apparente à une « autoroute » tant elle évite tous les villages alors que l’ancienne se faufile entre les terrasses et reste en fond de vallée augurant de nombreuses opportunités de rencontres avec les locaux. On traverse l’assif Wargiwn pour remonter en RG jusqu’aux premières maisons d’El Koutouf. On emprunte la branche de D jusqu’à dominer la vallée de l’assif Wargiwn avant de descendre vers les terrasses en longeant les bâtiments de l’école. Au-delà on suit un chemin en bordure gauche de la large vallée fluviale jusqu’à retrouver la piste après une petite remontée (1h, 1865m). On retourne dans le lit de la rivière pour passer près du « terrain de foot » (présence de 2 puits d’eau de source au milieu de la vallée).

La station-service de Tanout

On remonte par la piste en RD jusqu’aux premières maisons de Tanout. Mules et muletiers continuent par cette piste qui rejoint l’« autoroute » un peu plus haut et retrouveront les piétons au niveau du col d’Aguerd Oughdel. Les piétons s’en vont récupérer le sentier qui court à mi-hauteur en RD des gorges de l’assif Wargiwn jusqu’aux azibs à l’aplomb du col, col que l’on atteint en empruntant sur la D quelques lacets bien larges (1h15, 2060m). Face au N, la caravane emprunte un sentier de descente sur la G en bordure de la vallée de l’assif Tournit. D’abord cheminant à flanc, le sentier traverse en écharpe plusieurs pierriers à la pente plus que redressée avant de poursuivre en courbe de niveau et arriver en vue (plongeante…) du village d’Ismir. La descente en lacets est à la hauteur de ce que l’on peut en attendre, impitoyable ! Enfin, on arrive dans le lit de la rivière (1h15, 1410m, terrasses pour le repas de midi 5mn vers l’amont et 5mn supplémentaires pour trouver en RG la source qui coule d’une fissure à flanc de falaise). Retour au pied du village d’Ismir pour descendre dans le lit de la rivière poubelle jusqu’au village de Talanate (10mn, 1400m, boutique en RG) avant de sortir en RD (les mules suivent la piste tracée à hauteur en RG) et suivre 10m plus haut l’excellent sentier taillé dans la falaise jusqu’au village d’Amchoud (30mn, 1330m, puits dans le lit de la rivière). Nuit sous tente sur les terrasses au pied des maisons à mi-chemin de la rivière.

Jour 16 : Amchoud - Timezgadiouine.

4h / +150m / -600m.
Diaporama Descente vers l’aval de la rivière puis, après quelques centaines de mètres, on trouve le départ d’un sentier étroit en RD qui s’élargit un peu plus loin pour courir à mi-hauteur de la vallée de l’assif Tournit. On rencontre les premiers arganiers. On passe Asguine et Iguidar avant de pénétrer dans Oukhribène (1h10, 1205m). De l’autre côté du village, on descend en lacets serrés pour rejoindre le lit de l’assif Tournit. On le traverse, enfoui qu’il est sous les buissons de lauriers roses, avant de partir sur la D sous un olivier de belle taille. On s’éloigne momentanément du fond de la vallée. A l’embranchement de sentier, on choisit la voie de G pour aller franchir un collet au milieu de concrétions mauves, roses et ocre. Puis c’est la descente sur le village de Tabya (45mn, 1110m). On est de nouveau en train de suivre le lit de galets de la rivière, RG d’abord puis RD. On s’en éloigne encore une fois pour aller passer un collet juste avant de descendre sur le marabout de Sidi Abdelmalek (15mn, 1085m, eau dans le puits 100m vers l’aval). On entre à présent dans une ancienne zone volcanique de premier ordre : le sentier prend alors un peu de hauteur au moment où quelques coulées de lave cordée composant l’essentiel du paysage sont un barrage à l’avancée.

En suivant l'assif Tournit

Les contourner implique irrémédiablement la découverte de nombreux tunnels de lave dans lesquels le gaz magmatique était prisonnier. Les franchir par le haut permet de constater l’étendue de la caldeira résiduelle circonscrite entre les lointaines montagnes tabulaires qui bordent la cuvette d’Argana et l’importance de la chambre du volcan qui sévissait dans la région. On retrouve le lit de la rivière avec les lauriers roses qui se disputent l’espace avec les odorants buddleias de couleur violette. Un petit col à passer puis un retour à la rivière avant de s’attaquer au dernier col de la journée dans lequel on retrouve une piste qui vient de la droite (1h, 1050m). A G en direction de la vallée pour entrer dans un hameau de type far-West américain (20mn, 1025m). Puis c’est 1km de piste sur la D et, 300m après avoir franchi un superbe tunnel de lave, on tourne sur la D passer un collet pour descendre jusqu’à une large étendue colonisée par les roseaux : on a atteint le large lit de l’assif n’Ait Moussa (25mn, 985m) que l’on traverse jusqu’à trouver un espace dégagé de jardins au niveau d’un puits. Nous sommes à quelques minutes de Timezgadiouine, important bourg commerçant (5mn, 985m, souk le jeudi, T, C, E). Nuit sous tente sur une terrasse aux abords du puits.

Bagdad café à Timezgadiouine

Jour 17 : Timezgadiouine - Iggui n’Tama - Aghbalou.

5h30 / +700m / -300m.
Diaporama Depuis l’espace de jardins, rentrer dans le bourg et partir sur la G avec comme fil conducteur le goudron. Après 3,5km de parcours quasi-rectiligne, peu passionnant il est vrai, on arrive au croisement avec la RN8, l’axe routier Agadir - Chichaoua - Marrakech (50mn, 1045m, bar restaurant et gendarmerie royale sur la droite, arrêt sur demande pour les autocars vers Agadir ou Marrakech). Ne pas traverser la RN8 mais prendre sur la G le long du garage automobile et suivre à distance dans le reg l’axe goudronné vers le S. Le paysage est autrement plus intéressant que de longer la route. Au bout de 25mn de marche, il faut se rapprocher de la RN8 au moment où celle-ci passe sous l’autoroute. On emprunte le tunnel routier bien large (35mn, 1035m) pour franchir simultanément ces deux axes du modernisme. Juste après le tunnel, on part sur la D en suivant une ligne de cairns qui marque un improbable cheminement entre la RN8 à gauche et la falaise à droite. A la vue des premières maisons d’un village, on retrouve un véritable sentier bien marqué qui conduit à Ait Ktab n’Oufella (25mn, 1055m). On poursuit vers le SW en restant toujours à bonne distance de la base des falaises. On passe auprès du puits du village avant de trouver juste derrière le départ d’un bon sentier. Négliger la piste en terre et poursuivre tout droit en face jusqu’au hameau d’Amsoul faisant partie du village d’Ait Ktab n’Isdar (45mn, 1055m). Descendre vers la G sur la piste à la boutique du village, boutique que l’on atteint en quittant la piste vers la D au niveau d’une maison blanche que l’on longe par la G. On est maintenant dans le hameau de Tanamert. Bon ! Il va bien falloir s’y mettre, à grimper quoi… Sus au rempart ! On file plein W en direction de la falaise ornée de plissements anticlinaux et synclinaux sur un début de piste qui part vers le haut du vallon. Vingt mètres avant d’arriver au pied d’une maison de pisé peinte de traits blanc écru, on tourne franchement à G pour s’engager sur un petit sentier en zigzag qui s’élargit plus on monte jusqu’à longer un sangle sous le rebord sommital de la falaise et atteindre un passage surplombant la vallée (45mn, 1370m, eau de citerne, attendre !).

Arrivée au col dans la crête de l'Iggui n'Tama

On poursuit jusqu’au col taillé dans la crête de l’Iggui n’Tama (5mn, 1380m). On entre à présent dans un vallon très boisé à dominante de cyprès et de chênes-verts, les arganiers ont disparu et quelques amandiers sauvages font leur apparition. On descend sur la G en suivant un bon chemin jusqu’au lieu-dit Talaint (15mn, 1380m, source au bord du chemin). Au-delà, on contourne sur sa D le bâtiment de la mosquée berbère de Timgirste (5mn, 1380m, puits chez l’habitant) avant de tourner sur la G et s’engager dans le vallon boisé qui se présente à droite d’un large col. On suit la piste jusqu’à Iguer Zouggarhane (1h, 1445m). On traverse le village et, 700m après en être sorti, au niveau du deuxième puits, on laisse la piste partir sur la gauche pour poursuivre tout droit sur un sentier à travers champs. Il s’ensuit une « longue » traversée d’une « taïga » de cyprès avant de retrouver piste et alignement de poteaux électriques (40mn, 1460m). Encore quelques minutes de marche pour croiser les premières maisons d’Aghbalou et traverser le village pour aller se poser sur l’aire de battage une centaine de mètres en amont d’un puits d’eau fraîche (20mn, 1480m). Nuit sous tente.

Jour 18 : Aghbalou - Sinit - Tasguint.

3h50 / +200m / -800m.
Diaporama Retour vers le village pour partir à D avant la première maison (puits). Descendre jusqu’au bâtiment tout neuf et après 200m laisser la piste partir sur la gauche alors que l’on poursuit tout droit. A l’embranchement de sentiers (30mn, 1515m), continuer vers la G (200m sur la droite il y a une source, chemin en impasse) et suivre le fond du vallon sur un bon sentier bien marqué et, lorsque l’on rejoint la piste, en sortir assez rapidement dans un virage serré toujours en suivant une direction S (45mn, 1530m). Le chemin traverse à présent un maquis ras où les cistes grillés par les rayons du soleil font leur apparition. Le minéral composé en grande partie de dalles de calcaire ne laisse que peu de place au végétal.

Un peu de monde sur le plongeoir de la piscine municipale d'Aghbalou...

On commence à descendre doucement le long d’une coulée rocheuse jusqu’à entrevoir au loin le fond de la vallée de l’assif n'Ait Moussa : une palmeraie et le grand lac de barrage d’Abdelmoumen qui alimente les villes et villages de la région d’Agadir en eau potable. On incline la marche sur la D au niveau d’une nouvelle coulée rocheuse qui descend de la falaise de l’Isk el Baz (25mn, 1435m). On évolue maintenant en bordure de somptueuses falaises ocre qui dominent un vallon boisé. Un peu sur la droite, une source sourd d’un vallon (10mn, 1375m, 1mn en montant à droite). On passe un petit tertre rouge à la forme caractéristique (10mn, 1405m) et l’on poursuit sur les larges dalles de calcaire qui composent le plateau en haut des falaises. Le sentier incline vers la G pour s’en aller passer le col d’Amguerd Ouram (10mn, 1230m). Belle vue en descendant sur le village agraire d’Aguersouane entouré de nombreux vergers. Au col, prendre à D pour descendre jusqu’au village de Sinit (10mn, 1160m) composé de multiples hameaux dont un, perché sur un monticule, semble fortifié. Continuation par la piste et 300m après avoir dépassé la dernière maison, trouver le départ sur la G d’un sentier à travers champs, sentier qui traverse les terrasses maintenant abandonnées et permet d’atteindre la route goudronnée (20mn, 1005m). A G pour 500m de goudron jusqu’à l’auberge Zolado perchée au-dessus du village de Tazarine Idaoutanane (10mn, 955m). Puis, continuation de la descente sur le goudron pour encore 500m avant de partir tout droit dans un lacet de la route au travers des plantations d’arganiers. On retrouve une piste (15mn, 850m) que l’on suit sur la D. A la boutique, on part légèrement à D pour s’en aller passer auprès d’une maison rouge. On suit le ruban rouge poussiéreux qui conduit vers le fond de la vallée. A la maison au figuier de barbarie, on poursuit tout droit (35mn, 860m, puits). On entre peu après dans le village de Tasguint que l’on traverse jusqu’à la mosquée. Nuit sous tente à quelques mètres au N de la mosquée.

Au bord des falaises entre Aghbalou et Tasguint

Jour 19 : Tasguint - Tamgalt

4h40 / +800m / -400m.
Diaporama Au-delà des dernières maisons de Tasguint on continue sur la piste et après avoir contourné un thalweg on part sur la G au niveau d’un arganier solitaire. La piste commence à s’élever alors que l’on entre dans un cirque de falaises. On passe un rucher (45mn, 1100m) et la piste s’arrête là. On suit un chemin qui s’engage peu à peu dans le lit d’une rivière. Au moment où le chemin passe en RD (10mn, 1160m), prendre à G en direction de la falaise présentant un beau plissement synclinal. On franchit un petit collet avant de redescendre traverser une rivière à sec et trouver en RD un large sentier de montée sous la falaise (10mn, 1110m). Le sentier se termine au niveau d’un virage sur la droite présentant un filon rocheux blanchâtre qui le traverse (30mn, 1275m) alors qu'à l’arrière le minaret de la mosquée de Tasguint apparaît au-dessus d’une crête. Prendre à G une petite sente qui amène rapidement à une source (10mn, 1420m) localisée sous un imposant caroubier. Le sentier continue quelque peu au-dessus de la source jusqu’à retrouver une piste désaffectée qui se retransforme bien vite en chemin étroit à l’approche du tizi n’Tikrit (15mn, 1470m). On descend par une autre piste abandonnée en direction d’un plateau planté d’amandiers (15mn, 1425m). On incline sur la G pour descendre dans un thalweg et 100m après un lacet serré vers la gauche on s’engage sur un chemin à D qui escalade le coteau (25mn, 1460m). Sur le plateau, le sentier qui traverse en ascendance les terrasses à angle droit conduit à Tamlalt (20mn, 1470m, boutique). On rejoint les bâtiments de l’école (puits 150m plus au S au-delà de l’école) avant de tourner à droite et suivre un bon sentier balisé aux normes des GR français (renseignement pris ultérieurement : un français habitant Marrakech serait à l’origine de cette création entre Imouzzer et la grotte de Timdouine). On descend très progressivement à travers champs le long d’une « coulée » de calcaire jusqu’au bord d’un canyon.

Le canyon avant Tamgalt

On prend sur la D pour trouver le passage le plus aisé possible et rejoindre l’autre rive. Descente vers la G dans le lit de la rivière à sec avant de s’échapper en RD une centaine de mètres vers l’aval après (50mn, 1230m). Superbes vues plongeantes sur les roches blanches et roses qui ornent le fond du canyon. On chemine sur une piste en RD de ce somptueux canyon, piste qui s’élève doucement jusqu’à passer un col (35mn, 1335m). Attention ! 100m après le passage du col, il faut obliquer à gauche (marque du GR oblige…) pour emprunter un petit sentier de descente à travers les champs jusqu’à la cascade de Tamgalt (15mn, 1280m, source à 100m en remontant le petit cours d’eau, boutique). Nuit sous tente sur les terrasses qui bordent le ru.

Tamgalt

Jour 20 : Tamgalt - Imouzzer Idaoutanane

4h15 / +500m / -600m.
Diaporama On remonte le long de la cascade pour rejoindre les maisons du village de Tamgalt posées en bord de falaise (5mn, 1290m) et atteindre la mosquée. Au-delà, on suit les plaques de calcaire en bord de falaise. On trouve un peu plus haut un sentier qui ondule entre les buissons et les cyprès chétifs et qui monte progressivement vers le S à distance du rebord de la falaise (10mn, 1355m). On s’en va passer un collet (45mn, 1440m) d’où la vue s’élargit jusqu’à dominer une immense vallée. On poursuit la montée à flanc jusqu’à 1505m, là où on prend pied sur un sentier en courbe de niveau jusqu’à un belvédère (35mn, 1505m). Peu après ce belvédère, il faut être attentif à ne pas rater le sentier qui permet de s’échapper du sangle que l’on suit depuis le début de la matinée et descendre en écharpe vers la G en direction des terrasses roses que l’on distingue au loin 200m plus bas. On se retrouve à franchir la partie basse d’un thalweg (55mn, 1280m) en préalable à la traversée des terrasses. On laisse une première habitation à gauche avant d’arriver à une deuxième peinte en blanc. C’est derrière cette maison que l’on trouvera le départ du sentier qui s’en va vers le col bien visible droit devant. On monte progressivement en RG du vallon (ne pas se laisser entraîner sur le bon sentier en zigzag de la RD qui s’en va rejoindre la route goudronnée sur la crête de la falaise qui domine le thalweg). On arrive dans un anté-col aux azibs Ouanamane (où Lahçen et sa petite famille vous accueilleront avec de grands sourires pour partager le thé à la menthe accompagné de pain trempé dans l’huile…). On poursuit en pente douce jusqu’au tizi n’Tegouremt (45mn, 1450m). Derrière, c’est une courte descente jusqu’à la route et 2kms de goudron jusqu’à l’entrée du village de Tougrou (40mn, 1255m) où l’on incline à D pour reprendre la piste historique qui s’en va traverser le village. La piste en pente douce sort du village avec comme point visé le monticule avec les antennes télécoms. Juste après les dernières maisons de Tougrou, un sentier part le long d’un mur de pierres sèches sur la D (30mn, 1285m). Il s’en va passer un collet et donne accès au vallon supérieur d’Imouzzer. On descend jusqu’à la piste (15mn, 1245m) puis à G pour contourner le thalweg et à D pour descendre en épingle dans une rafraîchissante forêt de pins. On retrouve le goudron que l’on suit sur la D jusqu’à l’entrée de la bourgade d’Imouzzer (15mn, 1160m, souq le jeudi, boutiques, cafés, restaurant, poste, grands taxis). Nuit sous tente sur une large terrasse en face de la coopérative d’argan.

Imouzzer Idaoutanane

Jour 21 : Imouzzer Idaoutanane - Souq el Had Imskern

6h / +450m / -1150m.
Diaporama Du bivouac on repart vers la G en suivant la route goudronnée d’Agadir. Au croisement (40mn, 1170m, boutique), on tourne à D pour longer à belle hauteur le profond thalweg qui s’ouvre vers l’W. Puis c’est le col au-dessus du village d’Aquesir (40mn, 1080m) dans lequel on laisse la route d’Agadir pour s’engager en contrebas à D de la citerne sur une petite route cimentée en lacets qui descend vers le village de Tizi ou Chatar (25mn, 950m). On laisse partir vers la droite la piste de Timakti pour continuer tout droit et s’engager à travers les terrasses plantées d’oliviers dans un nouveau vallon. La piste en terre propose un large virage au fond de la combe avant qu’un sentier coupe lacet partant sur la G ne propose une alternative à la descente. On évolue à présent dans un vallon verdoyant d’oliviers, de cyprès et de chênes-verts. Sur la gauche, on laisse partir la piste qui conduit au village d’Aghori Oufella pour continuer en RD du vallon en direction d’Aghori Isdar (25mn, 740m).

Dans les gorges du côté d'Aghori Oufella

Un peu plus bas, on tourne à G pour rejoindre le village après avoir traversé le lit de la rivière Ighzar Aghori colonisé par les lauriers roses et les palmiers dattiers (30mn, 570m). Du village, on poursuit maintenant en RG du vallon vers le N en s’élevant sur une piste en terre qui au détour d’une épaule rocheuse part dans une gorge de couleurs ocre et rouge jusqu’à déboucher dans un col où se trouve le marabout de Sidi Baba Ahmed (50mn, 710m). Juste derrière en partant un peu sur la G se trouve le village d’Aourir n’Ait Nassaf (5mn, 715m, boutique, emplacement erroné sur la carte topographique). Après la citerne, on s’en va descendre vers la D sur une piste en lacets jusqu’à un croisement dans lequel il faut poursuivre tout droit en direction de la montagne présentant une forme de dôme tronqué.

Sur la piste entre Aghori et Souk el Had

On monte jusqu’à un autre embranchement de pistes (50mn, 705m). Puis c’est à D jusqu’au proéminent minaret de Grahi (10mn, 710m, T, C, E). Par des ruelles étroites on traverse le village pour retrouver la piste de l’autre côté, piste que l’on suit vers la G sur 500m. Juste après être passé à proximité d’un puits, on s’engage dans la pente vers la D sur un sentier coupe lacet jusqu’au réservoir d’eau qui domine la vallée sableuse. Face à l’édifice, on tourne sur la D en suivant la piste jusqu’au fond de la vallée de l’Ighzar Tamitch où l’on croise une piste (45mn, 510m). On monte en face jusqu’à passer un collet pour juste derrière descendre au milieu des concrétions multicolores dans le lit de la rivière (15mn, 435m). On suit la vallée fluviale en RD sur 400m puis on la traverse en prenant la direction de la base de la falaise jaune au-dessus de laquelle on distingue deux ou trois habitations. Le sentier s’enfonce au creux d’une petite gorge colonisée par les lauriers roses et, après le puits, escalade le coteau sur la droite en zigzags serrés jusqu’à terminer sur un long sangle dominant la vallée de l’Ighzar Ayn Imidr. A la sortie du chemin, une fois que l'on suit vers la G le bord de la falaise, on s’en va vers la D à travers champs retrouver une piste poussiéreuse que l’on suit sur la D.  Au croisement encore à D sur une centaine de mètres puis à G dans un sentier coupe lacet duquel on découvre (enfin…) les bâtiments du souq. Reprendre la piste vers la G et arriver au milieu de nulle part à Souq el Had Imskern (45mn, 455m, souk le dimanche, boutiques, ravitaillement succinct, T, C, E). Nuit sous tente au milieu d’un champ (puits à 100m vers l’W).

Un petit Rungis au milieu de nulle part : bienvenue à Souk el Had !

Jour 22 : Souq el Had Imskern - Taghazout - Tamraght - Agadir.

6h / +450m / -900m.
Diaporama Pfouh ! C’est le dernier jour… On suit la piste d’abord vers le N puis tout de suite vers l’W pour monter progressivement jusqu’à un col (35mn, 555m). On descend à peine de l’autre côté que l’on s’attaque au deuxième col sur lequel est construit village de Tizi, le bien nommé (30mn, 625m, maison rose). On poursuit sur le sentier coupe lacet à G puis on revient sur la piste qui infléchit sa course vers la G à l’assaut du dernier « véritable » rempart de cette traversée au long cours. On s’élève en lacets en direction du S jusqu’à rejoindre la piste des crêtes (25mn, 675m). A D pour quelques 300m jusqu’à trouver le départ d’un large chemin sur la G qui aboutit à une citerne désaffectée. Tiens, au fait : c’est bien l’océan Atlantique qui nous présente son horizon rectiligne ! Il était temps quand même… De cette crête de l’Isk Amalou Oughdal, on s’en va trouver dans les fourrés sur la D de la citerne lorsque l’on regarde vers le S le départ d’un chemin bien marqué qui évolue d’abord en courbe de niveau au milieu d’une garrigue rachitique qui tente de survivre dans les interstices des plaques de calcaire avant de plonger en RD d’un thalweg qui se creuse davantage plus on avance vers le fond de la vallée. Le sentier étant au bord de la falaise et ne présentant par moment que quelques dizaines de centimètres de largeur, il convient de n’y engager que des mules expérimentées (mais on commence à en avoir l’habitude…). Sur la droite, on peut apprécier avec un peu de hauteur le sillon creusé par l’Ighzar Oughroud, fleuve côtier à sec dont l’embouchure correspond au mouillage de Tigart.

Descente sur la vallée d'Adder

A la bifurcation de chemins vers 450m d’altitude, on prend sur la D le chemin qui descend au milieu des buissons d’euphorbes avec comme direction la passe donnant accès à la vallée de l’Ighzar Wadder et où est construit de village d’Adder. On arrive auprès d’un puits creusé à même le lit de la rivière (55mn, 210m) pour juste après retrouver une piste dont le tracé passe bien à droite du village d’Adder pour directement filer vers Tamlacht (25mn, 115m, boutique d’Aria, sympathique jeune femme berbère, pleine de vie et au sourire communicatif, qui peut vous faire préparer un repas sur demande). Derrière la boutique, partir à travers champs vers le SW rejoindre la base d’une colline aride pour ensuite monter en écharpe vers la D et rattraper la trace de sentier qui franchit la crête (30mn, 300m). Descente à flanc au milieu de la garrigue vers le SE en louvoyant dans la pente avec le but d’atteindre le creux du virage de la piste que l'on voit en contrebas (20mn, 140m). On suit sur la G ce ruban poussiéreux qui sert de lieu d’excursion pour les touristes à dos de chameau et dont on peut voir pas mal d’empreintes au sol. On contourne par sa D le dernier bastion qui nous sépare de la « Grande Bleue » et sur lequel on peut constater que les maisons d’architecte y ont fleuri : il faut dire que la vue n’est pas des plus moches et que l’air frais en provenance de l’océan permet aux habitants de disposer d’une climatisation gratuite même en période de grande chaleur… On passe le « garage à chameaux » quelques mètres avant l’entrée d’un camping (30mn, 120m) et on rejoint la RN8 un peu avant la Madrague et sa petite crique sableuse dans laquelle déferlent quelques vagues gentillettes. Mais il faut poursuivre le long de la route goudronnée (marcher avec précaution sur le bas-côté car la circulation y est dense).

La plage de Taghazout

On entre dans Taghazout (35mn, 40m, bus 32 et 33 vers Agadir toutes les 45mn, tous commerces, T, C, E) que la caravane de mules traverse sous l’œil interloqué des commerçants de ballons, masques et tubas en plastique… Juste à la sortie, on oblique sur la D pour descendre vers la plage et terminer la GTAM, quatrième du nom, en marchant sur le sable au milieu des baigneurs ébahis (eux aussi…) jusqu’à la station balnéaire de Tamraght (45mn, restaurants de plage, T, C, E). Et si on allait se jeter tout habillé dans l’eau salée. C’est bien ce que l’on visait au départ d’Imlil, non ? Alors… Remontée vers la cité balnéaire en bordure de la RN8 (15mn, 20m, bus 32 pour Agadir, tous commerces, possibilité de location d’appartement à prix d’ami auprès de Habib tél : +212 677702876, T, C, E). La Grande Traversée de l’Atlas marocain se finit ici, à une dizaine de kilomètres d'Agadir...

Farniente sur la plage de Tamraght

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22 jours / 108h / +16300m / -14500m.

Relevés de terrain juin 2012

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