La « Grande Traversée de l’Atlas marocain », il n’y en a qu’une : elle part de Midelt aux portes du Moyen-Atlas et se termine sur le rivage de l’Atlantique entre Essaouira et Agadir. Seul inconvénient et de taille, elle se déroule sur une centaine de jours et ne s’adresse qu’à des personnes férues d’exploit sportif. Certains l’ont faite d’un seul tenant, seuls et coupés du monde ne serait-ce que par la barrière de la langue. Où est donc la place du partage avec le valeureux peuple berbère qui habite ces montagnes, et celle de la contemplation, et celle de l’assimilation de tous les types de paysages traversés ? Je suis désolé mais ce n’est pas ma tasse de thé (à la menthe bien sûr…).
Il en existe une autre, « officielle », qui relie les deux plus hautes montagnes de l’arc montagneux, le M’Goun et le Toubkal, et qui peut s’accomplir en une vingtaine de jours. C’est celle que j’ai réalisée en premier (voir GTAM1). Elle permet de se tester sur une longue période de marche, dans des conditions climatiques parfois changeantes et, sûrement les facteurs les plus importants, d’adopter le mode de vie de vos accompagnateurs berbères, rythmé sur la course du soleil, sur la présence de sources pour le bivouac et sur les possibilités de ravitaillement dans les quelques villages traversés. Vous constaterez que l’itinéraire que vous aviez peut-être construit devra être modifié sur le terrain du fait de sentiers éboulés où les mules ne pourront pas s’engager. La Nature reprend ses droits et vous asservit… Une fois la première GTAM effectuée et la réelle fierté d’avoir accompli ce long et endurant périple, vous pourrez passer à l’étape suivante. Ce sera à votre tour d’inventer vos propres GTAM parce que tel ou tel coin vous a bien plu, parce que vous souhaitez approfondir vos connaissances sur une région particulière, ou que vous avez décidé de couper la Grande Traversée mythique (et sportive…) en plusieurs bouts assimilables par votre organisme ou vos possibilités de vacances, sans rechercher l’exploit sportif…
C’est dans ce but que la GTAM2 avait été créée. Elle avait pour cadre le Haut-Atlas central en partant d’Imilchil pour atteindre la vallée du Dadès au sud. Elle se recouvrait avec la GTAM1 au niveau du Plateau de Tarkedit au pied du M’Goun. J’avais expérimenté la recomposition de l’itinéraire en devant me passer des gorges de l’asif Melloul et du M’Goun à cause d’une trop grande hauteur d’eau ainsi que du franchissement du tizi n’Iqantula, un col à 3640m, utilisé par les nomades Aït Atta pour faire transiter les troupeaux à l’estive. Même si le circuit présenté (voir GTAM2) est passionnant du fait de la qualité des paysages de sustitution traversés, il n’est restait pas moins une frustration de n’être pas passé par les endroits prévus. Il fallait donc construire une GTAM3. C’est l’objet de cet itinéraire. 3 parce que troisième dans l’ordre de création, elle reprend les « rendez-vous manqués » de la n°2 tout en partant plus à l’E de Midelt, une grosse bourgade aux confins du Moyen-Atlas, permettant d’accrocher à son « tableau de chasse » le Djbel Ayyachi, un sommet qui frôle les 4000m, assez détaché de la chaîne du Haut-Atlas. Un point que je peux vous garantir, c’est que mis à part les 3 derniers jours (et encore…), ne vous attendez pas à rencontrer des touristes… Le parcours est totalement original et n’est référencé dans aucun catalogue d’agence, même partiellement. Alors, laissez-vous conduire de sommet en vallée puis en gorges sur les sentiers du Haut-Atlas oriental, car « hors des sentiers battus » ne signifie pas systématiquement hors sentier ; à quelques rares exceptions près, le circuit se déroule sur d’excellents sentiers courus (et il en a pléthore…) par les berbères des montagnes, ces bergers et nomades qui peuplent les vallons arides de la montagne marocaine.
Et n'oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec le topo et la carte téléchargeables en PDF) et bien d'autres choses encore.
LE TREK JOUR PAR JOUR
4h de route, 1h de piste puis 1h / +100m / -200m
Diaporama De Fès à Midelt, route intéressante qui au-delà d’Ifrane, la fameuse station de ski du Moyen-Atlas, présente des paysages de hauts plateaux arides où l’on sent que l’hiver doit être rude. A Midelt, deux manières de se rendre au départ du trek : soit par la piste défoncée après les pluies du printemps passant par la MF de Bou Adimane (suivre dans Midelt la direction du restaurant de Jaffar, remonter jusqu’à un espace vallonné colonisé par les nomades) ou, en reprenant la RN13 vers le N et en bifurquant à G après une dizaine de kilomètres pour rejoindre la sortie du village d’Ayyachi, puis sur la G une dizaine de kilomètres sur une piste qui suit peu ou prou la rivière de Jaffar.
Nous sommes à Tagouilelt à 2060m sous la barrière de l’Ayyachi. La randonnée peut commencer. Descendre la piste sur 500m et trouver sur la G une autre piste qui prend la direction de l’entrée des gorges de Jaffar (W). Après une forte descente en lacets au milieu de belles concrétions de brèche, prendre pied dans le torrent (1870m, 30mn). Entrer dans les gorges qui se resserrent peu à peu. On retrouve un filet d’eau à mi-parcours avant de déboucher au confluent de deux vallées (1965m, 30mn) : le lieu se nomme « cirque » de Jaffar. Sur la gauche au loin, la barrière du Toufli n’Ouadou qui frôle les 3000m. Nuit sous tente.
3h45 / +200m / -270m
Diaporama Du camp, partir vers l’W le long du torrent. 5mn après, incliner légèrement sur la D (2020m) puis, 10mn plus avant, emprunter la piste sur la G en direction de la barrière de montagnes (2065m). Encore un peu à G pour entrer dans la forêt de sapins et rejoindre la piste principale (2115m, 15mn). On la suit sur la D. Elle propose un cheminement agréable en courbe de niveau légèrement descendante en suivant les contreforts du Djbel Ayyachi. On rencontre des azibs (2020m, 1h45) juste avant de passer en-dessous de la maison forestière d’Imitkane. On poursuit sur la piste jusqu’à rejoindre la route goudronnée de Tounfite (1935m, 1h). Pause repas bienvenue sous les sapins (eau dans le torrent en remontant le lit à sec sur 100 à 200m).
Dans l’après-midi, remonter sur le goudron jusqu’à un large col (1980m, 15mn) et trouver sur la G un petit sentier qui descend en direction de la vallée agraire qui s’étale devant nous. On commence à distinguer tout à gauche le sommet principal de l’Ayyachi, celui que nous gravirons demain… Se rendre par une large piste jusqu’au pied de l’éminence rocheuse posée au milieu des champs de blé et emprunter sur la G une piste en RD de l’oued pendant 5mn. Se poser auprès du torrent sur une étendue gazonnée à proximité d’une source d’eau fraîche directement issue de la montagne et qui coule sous la moraine (1945m, 30mn). Nuit sous tente.
Attention : Ne pas chercher à se rapprocher du fond de la vallée pour réduire le temps de parcours du lendemain car il n’y a pas de source ou de torrent disponible plus avant. D’ailleurs vous constaterez que les habitants qui peuplent ce vallon viennent se ravitailler tout au long de la journée à ce point d’eau.
9h45 / +1850m / -1850m
Journée optionnelle mais conseillée du fait du panorama étendu depuis le sommet. La descente dans l’après-midi est loin d’être désagréable car se déroulant au milieu de falaises rougeâtres dont on n’aura pas profité du spectacle lors de la montée à l’aube.
Diaporama Départ du camp à la fraîche en direction du fond de la vallée. On emprunte la piste jusqu’au moment où elle fait des lacets au niveau de gros rochers. A G pour contourner par la droite de grandes étendues cultivées. On arrive auprès d’un azib isolé (2160m, 45mn). Continuer à suivre le bon sentier muletier en remontant le thalweg encombré de quelques cèdres ruiniformes. Dépasser, à l’entrée de la gorge, un emplacement de camp nomade (2300m, 30mn). Par une pente modérément soutenue, remonter la gorge jusqu’à de grosses pierres tombées (2630m, 45mn). Poursuivre en montée, dépasser l’emplacement d’une source (2750m, 20mn, aucun emplacement de bivouac) et, un peu au-dessus, incliner sur la G pour se diriger dans la large combe. La pente se redresse franchement mais le sentier très bien tracé en zig-zags gomme l’impression de difficulté. Peu après avoir louvoyé entre des monticules d’éboulis, on débouche dans un large col (3200m, 1h15), le tizi n’Tirecht.
Il n’est pas rare à partir du moins de juin d’y rencontrer quelques dromadaires qui paissent ici, loin de leurs terres arides de prédilection (pour info le sentier qui descend de l’autre côté du col aboutit à la MF d’Imitkane que nous avons croisée la veille). Monter sur le ressaut morainique de droite donnant accès à la vision du sommet convoité. Suivre sur la G le fil de la crête. De ressaut en ressaut, la crête de petits éboulis nous conduit par une pente de plus en plus relevée sur la crête sommitale E de l’Ayyachi (3630m, 2h).
Suivre cette crête vers la D en évitant deci delà les rognons rocheux qui encombrent l’arête jusqu’à un col rocheux bien marqué. L’accès au sommet ne peut pas s’effectuer directement. Il convient de partir sur la D en écharpe à travers des pentes de petit éboulis friable et des résidus de névés (à pratiquer avec grande attention !). On prend pied sur la crête NW. Il ne reste plus qu’à remonter une cinquantaine de mètres sur la G pour rejoindre le sommet (3747m, 45mn). Superbe panorama à 360° sur tout l’E du Haut-Atlas. Descente en 3h30 par le même itinéraire (30mn pour le bout de la crête, 1h pour le tizi n’Tirecht, 35mn pour la source, 1h jusqu’à l’azib isolé et 25mn jusqu’au camp, ouf !).
6h30 / +500m / -450m
Diaporama Du camp revenir sur le sentier d’entrée dans le vallon et descendre vers le village d’Aït Ouchem. A la boutique, prendre à D la piste et suivre la ligne électrique. Après quelques maisons (1860m, 35mn), emprunter la piste à D pour suivre toujours en direction de l’W et passer bien à D du village. Quitter la piste (1805m, 15mn) sur la G pour longer un canal d’irrigation sur 200m et, la rivière franchie, poursuivre tout droit pour passer bien à gauche du village d’Imchimen. Passer au milieu des jardins et incliner au SW vers les contreforts S de la vallée. Trouver un bon sentier muletier qui escalade le coteau et atteint un large col (1945m, 50mn). Descendre une dizaine de minutes avant de bifurquer sur la D. Rejoindre un oued dont on suit le lit sur 400m vers l’aval jusqu’à trouver en RG le départ d’un sentier (1880m, 30mn). Cinq minutes après, sortir du thalweg pour aller chercher sur la D un sentier (pas évident…) qui conduit jusqu’à un collet à 1945m dans lequel s’inscrit la « butte » du Djbel Masker. Descendre auprès d’un azib (1925m, 15mn, source 100m en amont sur la G). Passé l’azib, emprunter la piste en légère montée avant de basculer dans la vallée de l’asif Bou Isly. Au bout de la vallée, arrivée au village d’Aït Bouarri (Aït Cherad sur la carte topographique), prendre à G pour rejoindre le bord de la rivière, traverser et trouver un peu d’ombre pour le repas de midi sous un arbre (1845m, 1h). Le programme de l’après-midi consiste en la remontée des gorges direction S sur un sentier qui suit les méandres de la rivière. Chaque emplacement libre est cultivé. On arrive à Aït Abd el Fadit (dernier point d’eau avant l’étape). On poursuit sur une piste qui part vers la D (attention ! Depuis l'été 2010 de nombreux travaux routiers ont eu lieu et ont modifié la topologie des lieux...). Quelques traces de l’ancien sentier demeurent ce qui permet d’agrémenter la fastidieuse remontée du vallon sous le chaud soleil. On arrive enfin au tizi n’Khoula (2085m, 1h30). Belle vue sur le Djbel Masker devant et l’Ayyachi derrière. Il s’ensuit une suberbe descente agrémentée de curiosités géologiques de premier ordre. Croisement avec la route goudronnée de Tounfite à Imilchil (1960m, 20mn), route que l’on suit sur la G pendant 40mn jusqu’à l’entrée du village de Tagoudit (2000m, C IAM). Le camp est établi en contrebas de la route à G à proximité de la rivière. Source d’eau fraîche de l’autre côté de la rivière à 2m du courant juste à côté de la passerelle.
3h30 / +400m / -0m
Diaporama Journée de liaison en suivant le goudron sur 15kms pour rejoindre le village d’Anemzi situé dans un col disposant d’un panorama étendu sur la suite de notre périple. On traverse en premier lieu le village de Tagoudit (2 gîtes d’étape : Khaboud Haddou tel +212 678207350 et Ait Balla tel +212 668219305). Au panneau indicateur de la fin du village, descendre traverser la rivière sur la G et prendre tout de suite à D pour traverser les cultures. On débouche sur la route goudronnée bien au-delà d’Agoudim (2030m, 30mn) au niveau de l’auberge Ouabass (tel +212 613032825). La route chemine au milieu des belles gorges de l’oued Timanyne jusqu’à passer à l’auberge Oudadn (2110m, 50mn, tel +212 641062049). La route poursuit sa montée vers le village de Bou Tserfine (2185m, 40mn) puis, au-delà, jusqu’au col d’Anemzi (2380m, 1h20).
Paysage de prairies alpines d’altitude colorées et contrastées avec, en panorama, le tizi n’Tirrhist qui donnera accès dans les prochains jours au plateau des lacs d’Imilchil. Nuit sous tente au niveau du panneau d’entrée du village sur la D. Source d’eau fraîche une cinquantaine de mètres en direction de la montagne (boutiques au village en contrebas, C IAM).
5h30 / +550m / -800m
Diaporama Du plateau d’Anemzi à 2340m, descendre vers le village, le traverser en totalité pour trouver juste à la sortie un chemin qui permet de rejoindre sur la D la ligne électrique. La suivre jusqu’à retrouver la route goudronnée un peu plus en aval (2270m, 25mn). Emprunter la route sur 3 kms. Elle suit les méandres d’une rivière qui s’inscrit au coeur de gorges très minérales. Elle remonte quelque peu pour atteindre un col (2270m, 35mn) dans lequel on peut admirer l’intégralité de la crête du Djbel Masker. On descend à présent sur 800m pour trouver dans un large virage sur la D le départ vers la G d’un sentier qui suit la ligne électrique. Il permet de s’affranchir d’un grand détour. Après cette petite désescalade, on retrouve le goudron (2180m, 20mn, attention cette nouvelle route n’est pas indiquée sur la carte topographique) jusqu’à l’embranchement de la piste qui mène au village de Tamalout, juste avant de traverser la rivière. Nota : c’est ici que nous nous séparons momentanément des muletiers ; ils vont suivre la route pour rejoindre Anefgou. On évite le village par sa droite pour plonger vers la rivière qui se présente devant nous (noter une source en contrebas de la piste en bordure d’un champ).
Descendre dans le lit de la rivière où des traces de chemin sont encore visibles et remonter jusqu’à un point de confluence de deux vallons (2080m, 45mn). Prendre la vallée fluviale de G en direction d’une forêt de cèdres (cairn à G). Un autre confluent se présente à nous (2120m, 15mn) et là, une fois n’est pas coutume, ni D, ni G, il s’agit de trouver le départ du sentier en plein milieu des deux vallons. Celui-ci s’élève en lacets serrés sur une pente plutôt redressée. Dans le cas d’un doute sur la direction à prendre (nombreuses traces de bétail), toujours privilégier l’inclinaison à G. On débouche dans un col (2315m, 45mn) duquel la vue étendue est vraiment spectaculaire de part et d’autre. Suivre le fil de la crête sur 200m direction SE pour trouver sur la D le départ d’un sentier de descente. Il désescalade le coteau jusqu’à un plat (2250m, 15mn, source sur la D en remontant le filet d’eau) avant de rejoindre bien vite le cours d’un torrent. La pente est de plus en plus prononcée jusqu’à tomber sur une « piscine ». Choisir le chemin de D et arriver au goudron (2100m, 20mn). De là, comme hier, pas d’autre alternative que de suivre cette ligne directrice, cette fois-ci durant 7 kms jusqu’à l’entrée d’Anefgou (1935m, 1h10, boutiques dans le gros village). Une fois encore, les paysages traversés sont superbes et atténuent quelque peu l’impression de longueur.
Et ce n’est pas encore fini pour aujourd’hui : une fois la rivière franchie, prendre à G la piste d’Imilchil et remonter le vallon de Tirrhist au fond duquel s’inscrit le col éponyme. Ce sera notre porte de sortie demain matin puisque le passage donne accès au plateau des lacs Isli et Tislit. On remonte le long de l’asif Tardagal, on passe près d’un gîte d’étape (auberge Fazaz tel +212 673198303) avant d’atteindre la maison forestière de Tirrhist devant laquelle, en demandant aimablement à l’occupant des lieux, il est possible d’établir le camp sous les cyprès bien à l’ombre (2085m, 1h10, source sur le domaine).
4h15 / +600m / -320m
Diaporama Reprendre la piste d’Imilchil en direction de la montée. Lorsque l’on atteint le croisement avec la piste qui mène au village de Tirrhist (2145m, 30mn), tourner franchement sur la D pour remonter une rivière et trouver le départ de l’excellent sentier muletier qui, à la vue des aménagements dont il est doté, est encore aujourd’hui une voie de passage importante pour relier la vallée dans laquelle on se trouve à Imilchil. La forte pente du coteau est atténuée par la présence de nombreux lacets. On s’élève rapidement. Noter la présence en nombre de fossiles en tout genre, du simple coquillage isolé à la tablette disposant de centaines d’empreintes. Géologues amateurs, il n’y a qu’à se baisser ! Il faut bien que ce arrive à un moment : on finit par atteindre le tizi n’Tirrhist (2600m, 1h10).
On croise quelques habitations de bergers avant de basculer sur l’autre côté. Continuer en ligne droite en laissant partir une gorge sur la gauche, puis 15mn plus loin, une autre sur la droite. On traverse un plateau désertique sablonneux. C’est un véritable « no man’s land » ! Et pourtant, en y regardant bien, il y a du monde : nombre de vallons sont colonisés par des campements de nomades qui viennent faire paître leurs troupeaux à la bonne saison. Attention ! Une séparation de chemins à ne pas louper (2500m, 10mn) s’annonce : partir sur la G. La trace chemine en bordure d’une gorge, suit quelque temps un rein, puis descend franchement jusqu’au fond de cette gorge (2400m, 15mn).
Après un parcours dans le lit de la rivière à sec, le chemin s’échappe sur la D pour amorcer une remontée d’une vingtaine de mètres. On suit à présent la RD d’une nouvelle gorge, profonde, dont on rejoint peu à peu le fond (2335m, 15mn) puis le lit de la rivière à sec jusqu’à ce qu’il s’étale en largeur à l’arrivée sur un vaste plateau désertique dont on pourrait penser qu’il appartient à l’Islande ou à la Mongolie (2260m, 30mn). Quelques fumées ça et là indiquent l’emplacement de campements de nomades (principalement au printemps). Poursuivre dans le lit de la rivière jusqu’à ce qu’il prenne une forte orientation vers la droite. On en sort pour continuer tout droit avec comme point visé un azib qui s’affiche comme notre vigie salvatrice…
On traverse le plateau par son milieu. On croise deux cours d’eau. Quelques 500m avant l’azib, incliner légèrement à D pour se rapprocher vers une série d'azibs sur la droite au pied de la montagne et se diriger à présent vers un collet. Au-delà de ce collet, revenir légèrement sur la G. On continue d’avancer dans ce paysage désertique jusqu’à l’apparition irréelle au loin d’une étendue bleue de belle grandeur. Nous avons bien atteint le lac d’Isli. Il ne reste plus qu’à le contourner par sa droite pour rejoindre l’emplacement du camp qui se trouve sur la rive opposée sur la banquette SW (2260m, 1h15, source au niveau du deuxième village d’azibs à 800m plus avant à proximité du verger, C IAM).
4h30 / +50m / -200m
Diaporama Du lac d’Isli à 2260m, revenir 10mn sur les pas d’hier afin de retrouver la piste. L’emprunter vers la G pour passer au pied d’une balise rouge et blanche (2320m, 20mn). Un nouveau plateau désertique se présente à nous. Quelques azibs sur notre gauche indiquent la présence pendant les mois d’été de nombreuses familles de nomades : elles appartiennent toutes à la tribu des Aït Hadiddou pour laquelle les terres du Plateau des Lacs d’Imilchil leur sont réservées. Quitter la piste principale qui part rejoindre de lac de Tislit et incliner légèrement à G pour passer au pied d’un monticule sur lequel un azib solitaire est perché. Notre point visé devient maintenant le couple d’antennes télécom qui nous indique la direction d’Imilchil. On traverse un cours d’eau (2235m, 40mn) avant de le suivre par sa RG pour rejoindre un ensemble d’azibs au milieu de peupliers (2235m, 15mn). Le sentier se poursuit à distance respectable du lit de la rivière, celle-ci étant maintenant bordée de peupliers. On contourne une butte par la droite. On rencontre quelques paysans en train de cultiver leur lopin de terre (blé, orge, pommes de terre). Le chemin se transforme en piste (2225m, 10mn). La rivière poursuit son cours vers une gorge alors que nous restons à hauteur. Après un virage prononcé sur la D, prendre le chemin historique qui coupe le grand lacet sur sa G. On retrouve la piste un peu plus bas et on la suit jusqu’au goudron (2180m, 30mn). Nous sommes à 2 kms du bourg d’Imilchil. A mi-chemin, on passe à proximité du village de Motzli. Encore deux ou trois virages et voici l’entrée d’Imilchil. Compter 10mn supplémentaires pour rejoindre le « centre ville » et sa kyrielle d’hôtels et de boutiques. En prévision des 3 à 4 jours qui suivent et qui auront pour cadre les gorges de l’asif Melloul, il convient de procéder au ravitaillement. Dans l’après-midi, on descend vers la rivière pour trouver sur la D le départ de la piste qui mène vers les gorges et son village d’entrée Oulghazi. Nous n’irons pas jusque là mais nous arrêterons au bout d’1h30 à Oudeddi (2125m). A l’entrée du village prendre la rue de G pour descendre traverser la rivière. Bivouac 5mn après, sur une butte face au village (2135m, eau disponible au robinet public du village, C IAM).
4h / +50m / -200m
Diaporama Suivre la piste qui parcourt les larges gorges de l’asif Melloul. La plaine alluviale fait l’objet de toutes les attentions car le moindre emplacement libre a été utilisé pour la culture (orge, blé, pomme de terre). De nombreux paysans s’affairent dans les champs. On atteint le village d’Oulghazi (2070m, 2h).
C’est la véritable porte d’entrée des gorges, et quelles gorges ! Pour ma part, je les classe dans le top 10 des réussites de Mère Nature… Mis à part les 20 premières minutes sur la RG, il va falloir chausser les galoches adéquates pour profiter au mieux du spectacle (nu-pieds solides permettant de marcher dans l’eau sur les galets et supportant l’abrasion des roches sur les rives). On laisse partir sur la G la gorge qui conduit vers Taiddert et au-delà Zerchane (2020m, 40mn, voir itinéraire de substitution si les gorges ne sont pas praticables sur topo GTAM2 avec convergence des deux itinéraires sur le plateau du Koucer) pour suivre le lit de la rivière avec la plupart du temps les pieds dans l’eau. De méandre en méandre, nous découvrons multiples aspects de ce « couloir » de roche rouge. C’est réellement spectaculaire !
Par ci, un couloir de déjection abrupt, par là, une falaise impressionnante de verticalité, et toujours, comme à l’habitude dans la nature marocaine, ces bergers intemporels qui gardent leurs troupeaux. On ne croirait pas non plus rencontrer du monde. Eh bien ! Le défilé n’arrête pas… Ce ne sont que Salam aleikoum échangés à tout moment qui égayent les voyageurs. On rencontre maintenant une zone un peu plus perturbée (2010m, 1h) et celle-ci nous contraint à cheminer hors du lit de la rivière RG un peu en hauteur. Une descente nous permet d’arriver en 20mn dans un endroit de rêve : le lieu-dit est nommé Taghbalout Moapti et fait face au village de Sefseddi que l’on discerne dans l’enfilade de la gorge. Décidons d’y passer le reste de la journée (cabane très propre, chambre pour y dormir, source d’eau pure qui sourd directement dans la rivière sous un gros rocher à 30m en aval, piscines pour se délasser et un calme olympien…). Profitons-en !
7h30 / +200m / -550m
Diaporama De la cabane à 1970m, on commence la descente des gorges par un gros mouillage des pieds. Ce sera d’ailleurs le lot commun de la journée. Nul besoin de se charger des lourdes chaussures de rando dans le sac. Au bas mot, vous allez devoir traverser plus d’une centaine de fois (peut-être deux cents ?) l’asif Melloul. Entre deux mouillages, la (courte) marche sur les berges s’effectuera hors sentier mais sans aucune difficulté acrobatique. Autant dire que si la journée d’hier vous a paru fastidieuse et fatigante (elle était très soft…), il est encore temps de suivre les muletiers qui, à la sortie du défilé, s’échapperont vers la D pour rejoindre le lieu de bivouac « par le haut ». Ils franchissent l’Aguerd n’Oulla puis, par une traversée en montagnes russes, atteignent le village de Tiourzatine avant de descendre dans le lit de la rivière (ils rejoignent pour les deux dernières heures la fin de l’itinéraire des gorges) pour arriver à Batli (6h / +700m / -900m). Si vous avez choisi le chemin des gorges, nul échappatoire à espérer, il faudra aller jusqu’au bout et déguster votre lot de galets… L’étape est exigeante à souhait. Côté pratique enfin, il y a des sources partout : elles descendent de chaque anfractuosité des parois et sourdent sur les banquettes de la rivière, voire même directement dans l’eau. Soyez perspicaces et analysez les remous sur les bras morts. Cette introduction faite, rentrons dans le vif du sujet : les gorges. Je vous ai annoncé sur le descriptif de la veille l’estime dans laquelle je tenais cette merveille de la Nature : à vous de juger ! C’est parti. Après l’élargissement momentané des gorges qui suit l’étroitesse du défilé entre les parois au niveau de Sefseddi (1935m, 15mn), on rentre de nouveau dans un défilé relativement étroit jusqu’à en sortir au niveau d’une aiguille rocheuse caractéristique (1915m, 1h, échappatoire sur la G qui emmène vers Zerchane, très loin de notre but de la journée, Batli…). Il s’ensuit un parcours de galets sous une impressionnante falaise verticale.
On emprunte un semblant de sentier en RD pour rejoindre, ne le loupez pas, le grenier à blé perché dans la falaise à 50m de hauteur (1885m, 1h10) et accessible par une série de vires audacieuses (mais, désolé, pas de votre côté…). Le lieu s’appelle Igherm n’Ouchtim et contenait jusqu’à il y a peu les récoltes des 350 familles des villages du coin. Il pouvait être défendu des razzias par un seul homme muni d’un fusil… Encore 20mn de bon sentier pour atteindre une grosse source en RG face à une cascade à sec en été. On poursuit jusqu’à une deuxième source en RG (1835m, 10mn). Mouillage des pieds pour retourner RD et trouver une large place ombragée sous les chênes-verts (1820m, 25mn). Quel calme ! Un chaos de gros blocs rocheux nous attend avant d’atteindre une partie plus « roulante » (1790m, 45mn). Pause repas.
Les gorges se font moins étroites et les rives de l’asif Melloul sont de plus en plus colonisées par la végétation de buis et de chênes-verts. Le passage n’est pas toujours aisé. Une large place sablonneuse sur la D souvent utilisée par les nomades indique la jonction avec le sentier de descente de Tiourzatine (le passage « par le haut », 1725m, 1h20). La dernière partie de l’itinéraire, même si les falaises sont toujours aussi belles, est un tantinet fastidieuse voire ch… On parcourt de larges banquettes de galets qui n’en finissent plus. On trouve parfois en RD quelques résidus de sentier mais le bonheur ne dure qu’un temps. Enfin, au loin, on commence à distinguer quelques maisons accrochées à la paroi. C’est Batli qui s’annonce, enfin ! Une légère montée en RD nous permet de rejoindre une aire de battage à proximité d’une maison. C’est l’emplacement du camp pour cette nuit (1630m, 1h45, source au robinet près de la maison 30m plus haut, chiens la nuit…).
2h15 / +350m / -500m + 3h A/R pour le ravitaillement à Anergui (boutiques, souk le jeudi, gîte d'étape Chrifi)
Diaporama Après la bambée d’hier, étape de liaison pour dérouiller les muscles endoloris (par la traversée des gorges mais aussi par la mauvaise nuit passée à cause des chiens hurlants). De l’aire de battage, monter par un sentier en lacets qui croise les traces d’une ancienne piste éboulée le long du vallon direction W. On s’écarte peu à peu du couloir pour viser un col au-dessus un peu sur la G. Les vues sur la suite des gorges de l’asif Melloul sont réellement panoramiques. Les gorges, elles, sont impraticables pour le randonneur (canyoning). En moins d’1h on est au tizi n’Dari (1945m) avec sa vue plongeante sur Aït Boulmane et Anergui. Descente sur le sentier et à mi-pente (1740m, 15mn) incliner sur la G au niveau d’un bosquet d’arbustes pour rejoindre directement un hameau (gîte d'étape très accueillant à mi-pente) puis la rivière à l'opposé du village d’Aït Boulmane (1535m, 25mn). La rivière, suite aux orages conséquents de ces dernières années, a décidé de retrouver son lit d’antan. De ce fait, le pont en dur qui avait été construit pour se rendre dans le village ne sert plus à rien. Il va falloir de mouiller les pieds un fois de plus… Une fois atteintes les premières maisons, prendre le sentier qui part au S en direction des gorges et établir le camp sur des terrasses à 15mn du village (1550m, source dans un torrent à 50m plus loin, C IAM).
Retour d’expérience : il conviendrait plutôt d’ordonnancer les étapes des J10 et J11 comme suit : J10 de Taghbalout Moapti au croisement de la route de Tiourzatine (5h30, source) et le J11 de Tiourzatine jusqu’à Aït Boulmane via Batli en 4h. On éviterait ainsi la nuit perturbée par les chiens et la longueur de l’étape du J10, tout en gardant la possibilité de ravitaillement sur Anergui dans l’après-midi.
5h30 / +1100m / -150m
Diaporama Du bivouac, remonter en RG l’asif Melloul jusqu’à passer près d’une grosse source (1550m, 15mn, emplacement de bivouac 200m plus loin sur du vrai gazon…). Encore 10mn à suivre la rivière pour rencontrer le sentier de montée sur le plateau du Koucer. Très utilisé par les nomades Aït Abdi du Koucer pour venir à Anergui chaque jeudi faire le ravitaillement, il présente de beaux lacets bien tracés qui nous permettent d’escalader le coteau sans difficulté. On arrive à une selle (2090m, 1h20) de laquelle on dispose d’une vue plongeante sur un étroit canyon en contrebas. En poursuivant sur le chemin, on rejoint en courbe de niveau un deuxième passage, véritable porte d’entrée du plateau du Koucer.
Laisser le sentier qui part sur la G et poursuivre tout droit en légère montée à flanc de falaise puis sur des terrasses aux maigres cultures. En arrière-plan, belle vue sur l’enfilade des gorges de l’asif Melloul que nous avons parcourues ces derniers jours. Ce sentier, à l’instar de ce qui se fait dans le Vercors, est construit sur une sorte de sangle du plateau karstique. Ici, le genévrier est roi ! Nul ne peut compter en dehors des mois du début de l’année sur des pluies pour assurer sa croissance. Pas d’eau, pas de source, rien dans les petits torrents… Et pourtant on longe pas mal de cultures de blé ou d’orge, un peu chétives certes, mais qui ont le mérite d’exister. On rejoint le lit d’une rivière à sec (2160m, 45mn). Le sentier joue à saute « rivière » quelques moments avant de se décider de grimper un coteau en RD en direction d’un col que l’on atteint sous le soleil qui commence sérieusement à se faire sentir (2320m, 25mn). On distingue maintenant nettement des montagnes enneigées, celles-ci bordent le cirque de Taghia (que nous allons découvrir d’ici deux jours) au S. Elles vont devenir notre fil conducteur pour la paire d’heures qui viennent. Le sentier poursuit maintenant en descente au cœur d’un plateau quasi désertique. On peut y croiser de nombreux azibs, habités par les nomades Aït Abdi lors des mois d’été. On traverse une plaine avant de longer un ruisseau à sec en faux-plat montant. Arrivant de la G, jonction avec le chemin de Taguertoucht (2350m, 45mn). On distingue une maison sur la droite ; celle-ci en cache bien d’autres, un véritable village d’été… Le lieu-dit s’appelle Taourirt. Incliner légèrement sur la G pour rejoindre une large cuvette gazonnée dans laquelle paissent de nombreux troupeaux. Poursuivre tout droit et atteindre une deuxième étendue similaire. On peut s’arrêter pour le repas de midi un tout petit peu plus haut à l’ombre d’un grand genévrier solitaire (2365m, 30mn). Après un frustre repas puisque sans eau disponible, on reprend la route vers le haut en direction d’un col.
On passe au milieu de cultures un peu indigentes vu le peu d’arrosage dont elles font l’objet. Le col est reconnaissable à l’unique genévrier bien malmené et qui permet de connaître assurément le sens du vent dominant par ici (2510m, 40mn). Devant nous s’étend un large plateau formé de pics karstiques érodés. On traverse deux ou trois cuvettes à l’herbe rase avant d’arriver à croiser un piste (2515m, 25mn). Construite par les nomades ces deux dernières années, elle a subi plus bas les dommages des orages violents qui se sont produits ces derniers temps sur l’Atlas marocain et est devenue inopérante. Cent fois sur le métier, il faut remettre l’ouvrage…
Continuer tout droit en descente pour rejoindre la grande cuvette d’Almou n’Ouhanad au milieu de laquelle un puits permet de recueillir l’eau durant les mois d’été (ce sont en grande partie les infiltrations d’eau de la fonte de la neige qui recouvre le plateau pendant les quatre mois d’hiver). Vous aurez l’occasion d’assister toute la soirée au ballet extrêmement bien organisé de la conduite des troupeaux à la fontaine. Nuit en tente au sud de la cuvette à 2495m.
Attention : Faire très attention à la qualité de l’eau du puits ! C’est de l’eau de fonte et, qui plus est, très chargée en « éléments » ovins et caprins. Il convient donc IMPERATIVEMENT de faire bouillir l’eau puisée pour le repas du soir et peut-être attendre le passage à la source après le village d’Imerdr le lendemain (moins de 2h de route) pour refaire le plein d’eau des gourdes. Une alternative au campement à Almou n'Ouhanad est de se diriger à G au niveau du col qui précède la descente dans la cuvette et aller se poser au village caché d'Ait Tous.
4h / +400m / -600m
Diaporama Partir en direction du lever du soleil. Dans le col on retrouve la piste que l’on emprunte sur la D (2535m, 15mn) pendant 400m avant de trouver, un peu avant le lacet qui descend, le chemin historique qui rejoint un village d’azibs caché derrière un repli du terrain. On franchit un collet duquel on dispose d’une superbe vue sur la partie E du Djbel Timghazine et plus particulièrement les deux pics rocheux qui gardent l’accès de la vallée de Tafraout. On dévale pleine pente hors sentier jusqu’au fond du vallon avant de retrouver une belle trace en zig-zag dans le thalweg qui nous fait face. On prend pied sur un plateau karstique duquel on domine la partie E du plateau du Koucer (2510m, 35mn). Maintenant, on chemine à plat jusqu’à un collet (2505m, 10mn). On traverse une cuvette engazonnée tout en gardant la direction des deux pitons rocheux. Un petit effort pour franchir un vrai col au-dessus du village d’Imerdr (2565m, 35mn), puis une belle descente sur un bon sentier en lacets. Laisser partir sur la G le sentier d’accès au village (2475m, 20mn) et poursuivre vers la D en direction du fond du vallon bien irrigué (nombreuses cultures du fait du réseau de canaux). On rejoint le ruisseau bordé d’herbe rase et on remonte à présent le vallon pour atteindre un vaste espace au pied d’un village d’habitations troglodytes (2465m, 50mn, emplacement possible de bivouac, source d’eau fraîche en montant un peu sur la D). Face aux pitons rocheux, monter sur la G des habitations et trouver un bon sentier qui contourne le piton de gauche.
On atteint un col (2585m, 30mn) qui permet de disposer d’une vue plongeante sur la vallée de l’asif Tafraout. Quelques plissements dans la roche qui nous fait face incitent à penser que ce coin de l’Atlas mériterait bien d’être lui aussi exploré… Descendre sur le bon sentier, laisser partir à G le sentier en cul-de-sac qui mène au village accroché à la paroi et atteindre un collet après avoir délaissé le sentier plat qui contournait le mamelon. Derrière, on domine la combe dans laquelle sont dispersées les petites maisons de Tafraout. On poursuit à flanc jusqu’à une maison isolée sur un tertre (2245m, 15mn) puis on passe au-dessus du village principal. Suivre pendant 300m le canal d’irrigation avant de basculer sur la G en direction de la rivière. Camp sur les banquettes herbeuses, eau dans la rivière et quelques petits scorpions endormis sous les pierres…
2h30 + 1h30 / +450m / -350m
Diaporama Journée en deux parties : d’abord, il s’agit de rejoindre une combe herbeuse sous le Djbel Timghazine, puis, en fin d’après-midi, d’aller « explorer » la partie haute du canyon de Taghia. Du camp à 2270m, remonter par un bon sentier le long de l’asif Tafraout en direction du SW. On passe auprès d’une source (2325m, 30mn) située en RG et sortant d’un emplacement gazonné. Au-delà, la marche devient plus pénible car elle s’effectue directement dans le lit rocailleux de la rivière. Le passage devenant plus étroit, on est obligé de grimper sur une trace de sentier en RD à flanc (2410m, 50mn, attention à la glissade sur du petit éboulis). De méandre en méandre, on s’élève doucement jusqu’à un large col (2525m, 30mn) duquel la vue est étendue devant comme derrière. On entre dans un domaine colonisé par de nombreuses familles nomades Aït Lfersi. Plutôt que de descendre directement dans la combe sur la D, continuer à flanc sur un bon sentier en courbe de niveau pour profiter du panorama de montagnes aux plissements originaux. C’est réellement fantastique ! On atteint un campement nomade (2490m, 15mn) duquel il convient de piquer sur la D pleine pente en direction du triangle gazonné que l’on distingue tout en bas. Le ruisseau atteint, on le suit vers l’aval jusqu’à un emplacement de bivouac idyllique dans un cadre des plus harmonieux. Nous sommes à 5mn de l’entrée haute du canyon de Taghia. Source à proximité : elle sourd du dessous d’un empilage de roches plates à quelques centimètres au-dessus du lit du ruisseau 100m en amont du camp.
Dans l’après-midi, excursion d’1h30 sans risque ni escalade en direction d’Imi n’Taghia (la porte d’entrée du canyon de Taghia), d’abord en passant par le haut des falaises puis en revenant au camp par le fond de la première partie du canyon (la plus facile…). On part en RG rejoindre un azib avant de descendre jusqu’à un confluent de rivières. On s’avance un peu sur la D, vers l’aval, pour profiter de la vue panoramique sur le début des réjouissances pour les adeptes du canyoning. On revient sagement jusqu’au confluent et, plutôt que de reprendre le même itinéraire qu’à l’aller, on suit sur la G le ruisseau qui sort de la gorge qui nous conduit jusqu’au camp. Un seul passage acrobatique, et uniquement si l’on a décidé de ne pas se mouiller les pieds. Sinon, que de clichés à rapporter pour les amateurs de photographie. Ça vaut vraiment le coup ! Et en toute sécurité…
Noter, si le besoin s’en faisait sentir, la présence d’un sentier qui part sur la D et franchit un col d’altitude dans la muraille du Djbel Timghazine pour rejoindre en 4h / +500m / -800m le village de Taghia via l’Aguerd n’Isfoula, à l’autre extrémité du canyon, et pour 2h de plus, le gros bourg de Zaouiat Ahançal (commerces, route, téléphone, etc.).
6h30 / +1000m / -550m
Diaporama La journée va être longue, il convient donc de ne pas partir trop tard. Du camp au bord de la rivière à 2395m, partir au S en remontant les banquettes rocheuses bien à l’écart de l’entrée de la gorge pour retrouver une trace de sentier. Descendre au SW. On dispose déjà de très belles vues plongeantes sur le canyon de Taghia, c’est une bonne entame par rapport à ce que l’on va découvrir d’ici à 2 heures de temps…
Traverser un ruisseau qui vient du S et remonter jusqu’à l’évident large col à G des « portes » du canyon de Taghia (2600m, 1h). Nous sommes précisément à l’opposé du village de Taghia et nous disposons d’un large panorama sur la complexité du réseau de gorges qui veinent le plateau jusqu’au tizi n’Tighboula, qui au loin, ferme l’horizon. On descend quelque peu pour bien vite remonter sur le col d’en face situé un peu sur la D (2630m, 30mn). Large vue sur une plaine désertique. Alors que les muletiers descendent sur la G rejoindre un triangle gazonné au fond de la vallée, seul passage aisé pour les mules, nous nous dirigeons carrément à D vers la crête. On l’atteint sans grande difficulté bien que hors sentier (2745m, 25mn). Quelle vue d’avion, mazette ! On domine à présent le célèbre village de plus de 1000m et les aiguilles d’Oudja et Taoudjat. Leurs fières pointes se dressent à nos pieds, créant un réseau de profondes entailles qui convergent toutes en direction du village dont on voit quelques maisons. Au loin, on distingue les premières maisons de Zaouïat Ahançal et un peu à droite le profond canyon que les locaux nomment la Cathédrale. Plus loin vers le N, on imagine les plaines brûlées de soleil sous la brume de chaleur qui commence à occulter l’horizon.
Il faut bien s’arracher à ce spectacle : on suit la crête un moment vers l’W pour découvrir d’autres gorges (2715m, 30mn). Du dernier « sommet », descendre pleine pente au S en visant le genévrier le plus à gauche. Continuer au SE pour franchir le petit canyon issu du dernier col passé ce matin. Après la ligne de genévriers, on doit se mesurer à une descente de « chèvre » à la régulière dans une zone de lapiaz mal commode à appréhender. On franchit le lit de la rivière à sec (2490m, 30mn). On suit la RG direction SW pour passer au milieu de 3 ou 4 enclos à moutons et au-dessus d’une « cascade ». Peu à peu on se rapproche du bord du canyon de Tetralet, formé d’un savant empilage de blocs carrés en strates (2405m, 15mn). Curieux ! Maintenant, il s’agit de passer de l’autre côté… Les muletiers sont allés rechercher ce matin le passage près du triangle de verdure qui clot le vallon. Comme il n’a pas été installé de passerelle, nous suivons le canyon sur sa RD vers l’amont. Trouver, avec un peu de perspicacité, le départ, 500m après avoir rejoint le bord du canyon, d’un itinéraire de descente confidentiel mais sans difficulté notable, d’abord en rejoignant un sentier de ronde, puis en désescaladant quelques blocs pour se retrouver au bord de l’eau (2360m, 20mn).
On trouve alors sur l’autre rive une trace de berger qui remonte sur le plateau. On retrouve quelques mètres au-dessus du canyon la présence d’un sentier aménagé direction N qui conduit à une source (2430m, 30mn). En se retournant, on peut apprécier l’ensemble de la route empruntée ce matin du dernier col jusqu’à en arriver ici, le passage par les crêtes, la descente du lapiaz et le franchissement du dernier canyon. Du vrai wilderness ! La source dans le dos, on repart sur la D avant d’incliner encore légèrement à D pour retrouver juste avant un large col (2515m, 15mn) le sentier muletier emprunté par nos amis ce matin alors que nous batifolions sur les crêtes… Descente vers la large rivière qui vient tout droit du tizi n’Tighboula au travers des plateaux désertiques. Mais d’abord pause repas au pied d’une cascade à sec mais dotée d’une source d’eau fraîche bienvenue qui sourd d’un rocher (2390m, 20mn, présence jusqu'à mi-juillet). Départ vers la G (cascade à sec dans le dos) pour franchir un petit collet avant de redescendre dans le large lit de la rivière à sec. Un peu longuet, le cheminement en faux-plat sur un lit de galets… Partir sur la D (2465m, 30mn) pour remonter une gorge plus étroite. Les muletiers qui avaient fait le grand tour nous rejoignent un petit plus haut (2540m, 25mn) après que nous soyons passés par quelques verrous rocheux impraticables pour leurs bêtes. On retrouve à présent un excellent sentier qui s’éloigne peu à peu du lit de la rivière en prenant de l’altitude. On chemine à présent en courbe de niveau tout en dominant la gorge que l’on a quittée il y a peu de temps. De nombreuses sources ruissèlent (fonte des névés) et leur écoulement d’eau scintille sous les rayons du soleil encore bien virulent en cette fin d’après-midi. On finit par presque buter au fond de la combe dans laquelle paissent de nombreux troupeaux (2740m, 1h).
On tourne franchement à D pour escalader par une série de lacets serrés le coteau jusqu’à un faux-plat (2835m, 20mn). Avant d’atteindre le collet qui se présente devant nous, tourner de 90° à G hors sentier pour trouver en 2mn le sentier qui vient du plateau. On suit à présent ce sentier vers la G. Il s’élève à flanc pour passer 2 petits ressauts rocheux et finit en courbe de niveau juste sous le col. Emplacements de bivouac (2950m, 50mn). La source se trouve au niveau du gazon mais peut présenter un faible débit dès la mi-juin. Si elle était à sec, il serait nécessaire de poursuivre jusqu’au col et descendre pleine pente pour se poser à Mindt Jdid que l’on voit en contrebas depuis le passage du col (2820m, 30mn, emplacements de bivouac, nomades). Le lendemain, il faudrait bien entendu remonter au col pour reprendre l’itinéraire proposé…
6h30 / +800m / -1750m
Diaporama Monter vers le col à 3032m, c’est une formalité… Il suffit de suivre le chemin. Dans le tizi n’Tighboula, continuer tout droit direction S sur un bon chemin qui s’élève vers la crête. Il s’ensuit une marche en courbe de niveau qui contourne les pâturages de Mindt Jdid et juste en-dessous de la crête rocheuse. On arrive à un point où l’on se présente dans l’enfilade de la partie terminale de l’Aqqa n’Tazzart (3235m, 40mn), belle échancrure réalisée par Mère Nature dans le plateau. Le col dans lequel on arrive est le point de départ d’un long vallon, celui de l’asif Imejgag qui descend sur la G par de grands lacets jusqu’à Tarzout, village situé au milieu de la partie haute des gorges de l’asif Melloul.
Nous poursuivons notre randonnée sur la crête. Derrière nous l’horizon s’élargit et nous pouvons reconnaître quelques points de passage particuliers de notre périple de la dernière semaine. On débouche dans un col (3350m, 25mn, C IAM), dans lequel on peut trouver de nombreux fossiles. Quelques chameaux appartenant à des familles nomades en contrebas sont à l’estive. Devant nous, un des points culminants de la longue chaîne du Ouaougoulzat, cette montagne qui fait face à celle du M’Goun, et sur la droite la descente vers la vallée des Aït Bougmez par le canyon de l’asif Izourar. Au fond, l’Azourki, cette « butte » qui clot la « vallée heureuse » à l’E, se montre à son avantage. On descend vers la G rejoindre la large dépression du tizi n’Igourane (3160m, 20mn) avant de partir, une fois dans le col, en inclinant légèrement sur la D en direction du sommet E du Ouaougoulzat au travers d’un plateau désertique. Le chemin s’en va contourner une combe qui reste encombrée par un névé souvent tard dans la saison et c’est à ce moment (3235m, 25mn) que nous quittons l’itinéraire du sommet du Ouaougoulzat et descendons dans cette combe en suivant en écharpe le bord E. On la suit en direction d’un sentier en zig-zag que l’on discerne au loin. On passe auprès de quelques campements de nomades (prendre garde aux chiens...) avant d’entamer notre véritable dernière montée du périple : 250m sans concession pour passer l’épaule E du Ouaougoulzat à 3400m. De l’autre côté, le chemin nous emmène jusqu’à un collet (3320m, 1h) duquel, après être descendu de 2 ou 3 lacets, nous partons en courbe de niveau sur la D pour rejoindre un point de vue remarquable sur l’enfilade de la haute vallée de l’asif M’Goun (3260m, 25mn). La vue est superbe : entre les massifs du M’Goun et du Ouaougoulzat, l’asif M’Goun présente une vallée verdoyante. On identifie les villages de Ouaouchki et, plus loin, Tighreft et El Mrabtine. Sur la gauche, on apprécie notre périple du lendemain en imaginant notre parcours entre les plissements rocheux que l’on voit de haut. Les trois jours de gorges qui suivent promettent d’être beaux.
Descente sur un replat herbeux à proximité d’une source intermittente (3155m, 15mn). En début d’après-midi, descente ardue en deux parties : dans un premier temps jusqu’à un col, puis, de manière plus soutenue, dans large goulet dans lequel a été tracé un sentier qui ne compte pas moins de 100 virages. Le supplice se termine avec la traversée d’un ruisseau à sec au milieu de roches aux couleurs chamarées entre blanc, ocre, rouge et grenat. Il s’ensuit une marche à flanc jusqu’au tizi n’Ounbat (2480m, 1h15, C IAM) reconnaissable à la présence d’un azib isolé. Le sommet du M’Goun réapparaît. On poursuit notre descente RG d’un ruisseau à sec sous l’impressionnante muraille du Ouaougoulzat sur notre droite. Le village de Tichki se présente devant nous et annonce la proche fin de notre souffrance… Grosse brève descente pour atteindre la rivière avant de remonter sur le village après avoir traversé la rivière (2215m, 1h). Trois moulins à orge attendent leur livraison pour se mettre à fonctionner, un splendide grenier à blé trône au-dessus du village. On passe au pied de l’école et on suit un sentier mis à mal par les récents orages du printemps. Cheminer au mieux de part et d’autre de la rivière pour trouver le meilleur passage (parfois ce n’est pas évident…) et finalement atteindre en RG une petite gorge rouge grenat. Traverser le large lit de la rivière pour rejoindre une maison isolée en RD. Le chemin retrouvé traverse plusieurs hameaux de quelques belles maisons villageoises dans lesquels d’authentiques greniers à blé subsistent. Le camp est établi en RG juste avant le village d’Igherm Izdarn avec un panorama étendu sur la muraille du Ouaougoulzat, de droite à gauche, Tintoria, Tagount et Tagafayt, ce dernier massif portant le plus haut sommet à 3763m.
4h / +100m / -300m
Diaporama Du bivouac à 2030m, descendre en direction du la vallée de l’asif M’Goun. Passer les premières maisons d’Ighrem Izdarn, contourner le mamelon rocheux et suivre le chemin qui part vers la G. On traverse plusieurs quartiers d’habitations avant de suivre le chemin qui longe un plissement du terrain une vingtaine de mètres au-dessus de la rivière. Peu à peu le sentier se rapproche de la rivière jusqu’à la tutoyer au niveau d’Imi Nirkt (1950m, 50mn, bivouac aménagé). Le village dépassé, on franchit un ressaut pentu le long d’une falaise, suivi d’une descente un peu scabreuse. En bas, ça y est : il va falloir à présent se mouiller les pieds, c’est dit ! Le courant est assez fort. Quelques passages sont assez étroits et les hautes falaises qui nous entourent agrémentent bien notre route. On arrive bientôt à un bras mort de la rivière sur lequel on trouve ombre sous les arbres et une belle source si besoin (1895m, 1h25). On poursuit notre chemin pour voir arriver de la gauche l’asif Imejgag que nous avions laissé hier matin du côté du tizi n’Igourane (il faut 2 jours de descente, hommes et mules pour en arriver ici). Le lieu présente des paysages harmonieux. On s’y sent bien… Un peu plus loin, on passe sous un « village » berbère accroché à la paroi en RG. Impressionnant ! Sûrement le même usage que dans l’asif Melloul. Un dernier méandre et voici que se présente Tarzout et sa place ensoleillée à longueur de journée (1875m, 40mn, bivouac au pied du village). Il s’ensuit un assez long moment à marcher dans le lit de la rivière à cet endroit bien large avant de se présenter devant le clou de la journée : Achabou. Juste avant d’y pénétrer, notez sur la RG (1855m, 40mn), le départ d’un sentier muletier plus qu’audacieux car construit à même la falaise : il est utilisé par les villageois qui remontent les gorges pour se rendre à Tarzout lorsque les pluies d’orage ont rendu dangereuse la remontée de l’asif M’Goun en amont.
Achabou, nous y voila ! Toutes les brochures touristiques du coin en parlent. C’est vrai que l’endroit est particulier : c’est une gorge resserrée dans laquelle la rivière s’engouffre. De l’eau jusqu’au niveau des hanches, certes cela ne dure pas très longtemps, mais un sentiment d’inquiétude peut nous envahir. Il n’y a pas d’échappatoire. On doit passer par cet étroit goulet, large de 3m au maximum. Ensuite, le passage s’élargit. On passe près d’une source en RD qui sort d’un trou dans la paroi (1845m, 40mn). Puis on croise, venant de la droite, l’entrée de la gorge parcourue par l’Aqqa Mimount (la rivière remonte jusqu’au tizi n’Issouka par lequel nous étions passés lors de notre GTAM2 parce que les gorges du M’Goun n’étaient pas praticables) juste avant d’arriver à Aïn Ifasfass (1840m, 10mn). Un coin de paradis au milieu des gorges : 2 ou 3 baraques (l'une d'entre elles a été transformée en gîte d'étape de "luxe" depuis notre passage au printemps 2009) dans lesquelles on peut dormir si on a la flemme de déplier la tente, des sodas au frais, une pergola bordée de lauriers roses abritant deux salons de jardin où il fera bon prendre l’apéro du soir, une source fraîche pour la douche et le figuier sous lequel la sieste ne pourra être que bienfaitrice et réparatrice… Vous rêviez d’un tel endroit après ces 17 jours de marche ? Eh bien, n’attendez pas les riads de Marrakech ou de Ouarzazate, ce lieu existe bien, au milieu des gorges du M’Goun, venez vous en rendre compte par vous-même…
5h30 / +50m / -200m
Diaporama On quitte notre lieu de bivouac pas trop tard car nous nous éloignons de la montagne et nous rapprochons de la Vallée des Roses, plutôt sujette à être grillée par le soleil et assommée par la chaleur pendant les mois d’été. Quels plaisirs vont-elles nous réserver ? Le mieux s’est d’y aller… C’est reparti, les pieds dans l’eau bien évidemment… On chemine dans le sens de la descente jusqu’à dépasser quelques azibs construits dans un large méandre où le lit de la rivière prend ses aises (1815m, 35mn). Nouvelle donne maintenant : les buissons de lauriers roses commencent à envahir les berges. Une source en RD (1805m, 15mn), la dernière de la journée facilement accessible.
Le gîte d’étape de Khouya en RG annonce notre passage sur le domaine de Tiranimine, village extrêmement étendu le long de la rivière. Noter une source juste en face du gîte en RD 1790m, 15mn). Quelques centaines de mètres plus loin, on croise le bivouac d’Ahmed, perché en hauteur sur la RD avec une source juste derrière (1770m, 35mn). A peine les dernières maisons de Tiranimine dépassées que nous entrons dans un nouveau défilé rocheux assez étroit précédé de quelques cultures en terrasse sur la RG (1745m, 35mn). Ne serait-ce qu’un moment, apprécions la fraîcheur de l’ombre des noyers… Les gorges sont envahies de lauriers roses. La texture et la couleur de la roche ont changé depuis hier présentant de magnifiques plissements anticlinaux et synclinaux.
On aborde une partie plane et cultivée qui précède notre entrée à Aguerzaka (1700m, 50mn, bivouac en RG, gîte d’étape de Mouha et boutique en RD, malheureusement eau du puits…). Du village, on descend traverser la rivière pour suivre des plissements inclinés en RG. On rentre de nouveau dans des gorges resserrées aux buissons de lauriers roses bien fournis. De bien belles falaises encore… Halte repas dans un petit havre de paix en RG sous les figuiers (1685m, 30mn, malheureusement pas d’eau). Après la grosse sieste pour laisser partir la chaleur, départ en milieu d’après-midi pour rejoindre un groupe de maisons en RD avant de quitter pour un moment le lit de la rivière et marcher à mi-hauteur sous la falaise en RG (1675m, 25mn). On continue de descendre la vallée. On aperçoit bientôt au loin le gros village d’Aït M’Raou. Encore quelques pas dans l’eau pour éviter un bout de falaise qui encombre la rive avant de tourner sur la G et entrer dans Igouram. Aux premières maisons, 150m après avoir quitté la rivière, trouver sur la D la piste qui va traverser les villages bien au-dessus des champs cultivés. Trouver un passage dans le mur de béton qui protège les habitations au moment de la traversée d’un large lit d’une rivière qui vient de la gauche et continuer tout droit vers Aït M’Raou (1690m, 20mn). Au niveau d’un groupe de maisons perchées sur un tertre au milieu de la vallée, incliner sa marche vers la D pour rejoindre le lit de la rivière d’abord à travers les maisons puis les jardins. Traverser l’asif M’Goun et remonter en face sur le coteau où est perchée l’auberge Jbal M’Goun de Mohamed Boussag à Issoumar (tel +33 660788221, C MEDITEL). Vue imprenable sur la vallée, impossible de le nier…
2h30 / +50m / -150m
Diaporama C’est la dernière… On aurait pu ordonnancer la descente des gorges pour qu’elle tienne sur 2 jours. Mais cela nous aurait contraint à ne pas profiter d’Aïn Ifasfass, de son havre de paix et de sa source d’eau pure en se posant à Aguerzaka. Un autre facteur de poids eût été la chaleur que nous aurions dû endurer pendant l’après-midi sans compter que les couleurs des roches le matin sont tout à fait somptueuses… Donc, descente en 3 jours, c’est dit ! De l’auberge à 1670m, descendre jusqu’à la rivière et traverser (déjà…) pour rejoindre la RG. Trouver le chemin hors d’eau qui franchit un petit mamelon rocheux avant de traverser quelques jardins. Suivre le canal d’irrigation jusqu’à la passerelle qui permet de repasser RD. On traverse des oseraies. On revient RG pour grimper sur un petit tertre (Amerdouan Aït Ouanarda, 1640m, 45mn) sur lequel il y a une possibilité de bivouac. Attention le puits est en RD à proximité des maisons. Noter que l’embranchement de la route d’Aït Youl, village à l’entrée des gorges du Dadès, part sur la G. Au matin, nous pouvons contempler de superbes ensembles colorés entre l’ocre de la roche et le vert de la végétation qui jouxte la rivière. On trouve encore quelques eucalyptus mais principalement à présent des tamaris. On passe le village de Tamgallouma avant d’arriver devant les « portes » d’un défilé aux formes caractéristiques, semblable à la baume de Sisteron dans les Alpes de Haute-Provence en France (1620m, 30mn).
On chemine RG entre jardins, buissons de lauriers roses et d’osier, avant de repasser RD au niveau d’une banquette sableuse remplie de tamaris. Ensuite, on monte rejoindre le canal d’irrigation bordé de fleurs jaunes (1600m, 40mn). Pas mal de blocs de rochers éboulés, de la brèche, ont mis à mal quelques endroits du chemin mais on finit par rejoindre après 20m de montée un collet qui donne accès à un plateau au bout duquel on voit le gros village de Tamalout. Encore un petit effort pour rejoindre en courbe de niveau le village de Bou Taghar qui se cache derrière la falaise rouge qui nous domine sur la droite. Nuit au Ryad berbère au centre du village (C MEDITEL) ou descente directe sur El-Kelaa M’Gouna en grand taxi pour 10Dh.
Voilà : 19 jours / 86h / +8800m / -8400m. Le périple entre Midelt et Bou Taghar est accompli. Il a permis d’explorer les limites extrêmes du Haut-Atlas vers l’E et descendre vers le S rejoindre les confins du désert en parcourant quelques canyons débonnaires. Du ciel à la terre…
8h de 4x4 jusqu'à Ouarzazate (mais seulement 70kms de piste)
Diaporama Pour clore en beauté la randonnée, vous pouvez en profiter pour vous payer le "luxe" d'aller explorer les gorges du Dadès et de Todghra depuis Bou Taghar en 4x4. L'excursion dure la journée entière. Elle commence par une liaison minérale jusqu'à Aït Youl plein E sur une piste avant de retrouver la route goudronnée jusqu'à Msemrir. Celle-ci remonte le lit du Dadès jusqu'à sa source et parcourt dans un premier temps les gorges inférieures (peu de matière "à se mettre sous la dent" en réalité à l'exception du passage hyper-touristique) avant d'aborder la partie supérieure en tout point splendide eu égard aux panoramas aériens proposés.
Puis à la sortie de Msemrir, on laisse partir tout droit la piste stabilisée en direction d'Imilchil pour descendre sur la D emprunter au niveau d'une immense étendue plane (les sources du Dadès) une infâme piste qui, de canyon en canyon, va nous conduire jusqu'à passer un col à plus de 2600m, le tizi n'Ouguerd Zegzaoune pour nous faire passer dans le second bassin fluvial, celui de l'asif Todghra. Peu après le passage du col, on retrouve une piste stabilisée (travaux de goudronnage en cours avec le but affiché de créer un itinéraire touristique pour voitures lambda) avant de descendre jusqu'à Tamtatouchte. Pause repas dans un "palace" 3kms après la sortie du village avant de nous engager dans les gorges de Todghra, splendides de verticalité, mais très fréquentées la fin de semaine par les locaux. Pour bien profiter du site, il est conseillé de parcourir le défilé à pieds (en gros moins de 1000m...), ça permet d'avoir les yeux levés au ciel en permanence. Puis c'est la descente vers Tinerhir et Boumalne du Dadès avant de rejoindre Ouarzazate pour une halte nocturne (Hôtel La Palmeraie par exemple, logement en bungalows, repas excellent, piscine à discretion,...) et le retour du lendemain en 4h pour Marrakech (grands taxis, bus CTM ou voiture privée).
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Relevés de terrain mai 2010
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