[Maroc] GTAM n°3 (Midelt - Bou Taghar)

INTRODUCTION GTAMGTAM

La « Grande Traversée de l’Atlas marocain » (ou GTAM), il n’y en a qu’une : elle part de Midelt aux portes du Moyen-Atlas et se termine sur le rivage de l’Atlantique entre Essaouira et Agadir. Seul inconvénient et de taille, elle se déroule sur une centaine de jours et ne s’adresse qu’à des personnes férues d’exploit sportif. Certains l’ont faite d’un seul tenant, seuls et coupés du monde ne serait-ce que par la barrière de la langue. Où est donc la place du partage avec le valeureux peuple berbère qui habite ces montagnes, et celle de la contemplation, et celle de l’assimilation de tous les types de paysages traversés ? Je suis désolé mais ce n’est pas ma tasse de thé (à la menthe bien sûr…).

Il en existe une autre, « officielle », qui relie les deux plus hauts pics de l’arc montagneux, le M’Goun et le Toubkal, et qui peut s’accomplir en une vingtaine de jours. C’est celle que j’ai réalisée en premier (voir GTAM1). Elle permet de se tester sur une longue période de marche, dans des conditions climatiques parfois changeantes et, sûrement le facteur le plus important, d’adopter le mode de vie de vos accompagnateurs berbères, rythmé sur la course du soleil, sur la présence de sources pour le bivouac et sur les possibilités de ravitaillement dans les quelques villages traversés. Vous constaterez que l’itinéraire que vous aviez peut-être construit devra être modifié sur le terrain du fait de sentiers éboulés où les mules ne pourront pas s’engager. La Nature reprend ses droits et vous asservit… Une fois la première GTAM effectuée et la réelle fierté d’avoir accompli ce long et endurant périple, vous pourrez passer à l’étape suivante. Ce sera à votre tour d’inventer vos propres GTAM parce que tel ou tel coin vous a bien plu, parce que vous souhaitez approfondir vos connaissances sur une région particulière, ou que vous avez décidé de couper la Grande Traversée mythique (et sportive…) en plusieurs bouts assimilables par votre organisme ou vos possibilités de vacances, sans rechercher l’exploit sportif…

Tagouilelt (entrée du cirque de Jaffar)

C’est dans ce but que la GTAM n°2 avait été créée. Elle avait pour cadre le Haut-Atlas central en partant d’Imilchil pour atteindre la vallée du Dadès au sud. Elle recouvrait le tracé de la GTAM n°1 au niveau du Plateau de Tarkedit au pied du M’Goun. A l'époque,  j'avais dû expérimenter la recomposition d'un itinéraire en devant contourner les gorges de l’asif Melloul et de l'asif M’Goun à cause d’une trop grande hauteur d’eau (la fonte des neiges n'est pas si transparente que cela...). Il n'avait pas été possible non plus de franchir le tizi n’Iqantula, ce col de 3640m qui traverse du sud au nord le chaînon du M'Goun utilisé par les nomades Aït Atta pour faire transiter les troupeaux à l’estive, sauf que cette fois-là, la hauteur de neige était un peu trop importante... Même si le tracé de cette GTAM n°2 est passionnant du fait de la qualité des paysages traversés, il n'en restait pas moins la frustration de ne pas être passé par les endroits prévus. Je me devais de construire une nouvelle GTAM ! La n°3 reprendrait les « rendez-vous manqués » de la deuxième tout en partant plus à l’est, de Midelt, une grosse bourgade aux confins du Moyen-Atlas, permettant d’accrocher au « tableau de chasse » le Jbel Ayyachi, un sommet qui frôle les 4000m, assez détaché de la chaîne du Haut-Atlas. Là, sur cet itinéraire, mis à part les trois derniers jours (et encore…), ne vous attendez pas à croiser une foule de touristes… Le parcours est totalement original et n’est référencé dans aucun catalogue d’agence. Alors, laissez-vous conduire de sommet en vallée puis en suivant le lit de rivières encaissées au creux de profondes gorges. Et tout cela en marchant sur les sentiers du Haut-Atlas oriental, « hors des sentiers battus » ne signifiant pas systématiquement hors sentier. A quelques rares exceptions près, le circuit se déroule sur d’excellents sentiers courus (et il en a pléthore…) par les berbères des montagnes, ces bergers et nomades qui peuplent les vallons arides de la montagne marocaine.

Aux GTAM 1, 2 et maintenant 3, s'est ajoutée une GTAM 4, qui partant d'Imlil au pied du Toubkal a atteint l'Atlantique du côté d'Agadir (juin 2012) puis une GTAM5 de Talmakant à Imlil (mai 2013).

Et n'oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec la carte téléchargeable en PDF) et bien d'autres choses encore.

Téléchargez le cartee du circuit au format PDF :  Carte générale Carte générale    Carte générale GTAM1 Carte détaillée

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : Fès – Midelt puis 4x4 jusqu’à Tagouilelt - Cirque de Jaffar

4h de route, 1h de piste puis 1h / +100m / -200m
Diaporama De Fès à Midelt, route intéressante qui au-delà d’Ifrane, la fameuse station de ski du Moyen-Atlas, présente des paysages de hauts plateaux arides où l’on sent que l’hiver doit être rude. A Midelt, deux manières de se rendre au départ du trek :
- Par la piste défoncée après les pluies du printemps passant par la maison forestière de Bou Adimane (suivre dans Midelt la direction du restaurant de Jaffar) avant de remonter jusqu’à Tagouilelt, un espace vallonné colonisé par les nomades.
- En suivant la RN13 vers le N puis en bifurquant à gauche après une dizaine de kilomètres pour rejoindre le village d’Ayyachi. A la sortie du village, encore à gauche sur une petite piste dès que l’on découvre à l'avant une large oasis qui s’étale vers l’W. On avance ainsi pendant une dizaine de kilomètres. On suit peu ou prou le lit de la rivière de Jaffar.
Tagouilelt (2060m), au milieu de nulle part est dominé par la barrière de l’Ayyachi. A pieds, on descend par la piste sur 500m pour trouver sur la gauche une autre piste qui prend la direction de l’entrée des gorges de Jaffar (W). Après une forte descente en lacets au milieu de belles concrétions de brèche, on prend pied dans le torrent (30mn, 1870m). On entre dans les gorges qui se resserrent peu à peu. On retrouve un filet d’eau à mi-parcours avant de déboucher au confluent de deux vallées (30mn, 1965m) : le lieu se nomme « cirque » de Jaffar. Au fond du vallon, plus loin sur la gauche, on distingue la barrière rocheuse du Toufli n’Ouadou qui frôle les 3000m. Nuit sous tente.

Le cirque de Jaffar

Jour 2 : Cirque de Jaffar - CB Ayyachi (Aït Ouchem)

3h45 / +200m / -270m
Diaporama Du camp, on part vers l’W le long du torrent. 5mn après, on incline légèrement sur la D (2020m) pour emprunter 10mn plus avant une piste qui part sur la G en direction de la barrière montagneuse (2065m). Encore un peu à G pour entrer dans la forêt de sapins et rejoindre la piste principale (15mn, 2115m). On part à D. Elle propose un cheminement agréable en courbe de niveau légèrement descendante et suit les contreforts du Jbel Ayyachi. On rencontre des azibs (1h45, 2020m) juste avant de passer en-dessous de la maison forestière d’Imitkane. On poursuit sur la piste jusqu’à rejoindre la route goudronnée de Tounfite (1h, 1935m). Pause repas bienvenue sous les sapins (eau dans le petit torrent en remontant le lit qui semble à sec sur 100 à 200m).

Forêt de cèdres entre Jaffar et Ait Ouchem

Dans l’après-midi, on suit le goudron jusqu’à un large col (15mn, 1980m) pour trouver sur la G un petit sentier qui descend en direction de la vallée agraire. On commence à distinguer tout à gauche le sommet principal de l’Ayyachi, c'est celui que nous gravirons demain… On se rend par une large piste au pied de l’éminence rocheuse posée au milieu des champs de blé. Puis c'est à G pendant 5mn sur une piste en RD de l’oued. On se pose auprès du torrent sur une étendue gazonnée à proximité d’une source. Directement issue de la montagne, elle coule sous la moraine et propose une eau pure et fraîche (30mn, 1945m). Nuit sous tente.

Un conseil : Ne pas chercher à se rapprocher du fond de la vallée pour réduire le temps de parcours du lendemain car il n’y a pas de source permanente disponible plus avant. D’ailleurs vous constaterez que les habitants de ce vallon viennent à longueur de journée se ravitailler à ce point d’eau, lieu de vie et de rencontres.

Jour 3 : CB Ayyachi (Aït Ouchem) - A/R sommet Djbel Ayyachi.

9h45 / +1850m / -1850m
Journée optionnelle mais conseillée du fait du panorama étendu dont on dispose depuis le sommet. La descente dans l’après-midi est loin d’être désagréable car se déroulant au milieu de falaises rougeâtres, spectacle dont on n’aura pas profité lors de la montée à l’aube.

Diaporama Départ du camp à la « fraîche » en direction du fond de la vallée. On emprunte la piste jusqu’au moment où elle part en lacets au niveau de gros rochers. A G maintenant pour contourner par la droite de grandes étendues cultivées. On arrive auprès d’un azib isolé (45mn, 2160m). On continue à suivre le bon sentier muletier en remontant le thalweg encombré de quelques cèdres ruiniformes. A l'entrée de la gorge, on dépasse un emplacement de camp nomade (30mn, 2300m). Par une pente modérément soutenue, on remonte la gorge jusqu’à de grosses pierres tombées (45mn, 2630m). On poursuit en montée jusqu'à dépasser l’emplacement d’une source intermittente (20mn, 2750m, aucun emplacement de bivouac) avant d'incliner un peu au-dessus sur la G dans la large combe. La pente se redresse franchement mais le sentier très bien tracé en zigzags gomme l’impression de difficulté. Peu après avoir louvoyé entre des monticules d’éboulis, on débouche dans un large col (1h15, 3200m), le tizi n’Tirecht.

Au tizi n'Tirecht sous le Djbel Ayyachi

Il n’est pas rare, à partir du moins de juin, d’y rencontrer quelques dromadaires. Ils broutent ici, loin de leurs terres arides de prédilection. On escalade le ressaut morainique de droite donnant accès à la vision du sommet convoité. Puis on suit le fil de la crête sur la G. De ressaut en ressaut, on marche sur un tapis de petits éboulis qui conduit par une pente de plus en plus relevée sur la crête sommitale E de l’Ayyachi (2h, 3630m).

Montée au Djbel Ayyachi

Une fois sur le fil de l'arête, il faut suivre cette crête vers la D en évitant de ci de là les rognons ruiniformes qui l'encombrent jusqu’à un col rocheux bien marqué. L’accès au sommet ne peut pas s’effectuer directement. Il convient de partir sur la D en écharpe à travers des pentes de petit éboulis friable et des résidus de névés (à parcourir avec grande attention !). On prend pied sur la crête au NW du sommet. Il ne reste plus qu’à remonter une cinquantaine de mètres sur la G pour rejoindre le sommet (45mn, 3747m). Superbe panorama à 360° sur tout l’E du haut-Atlas. Descente en 3h30 par le même itinéraire (30mn pour le bout de la crête, 1h pour retrouver le tizi n’Tirecht, 35mn pour la source, 1h jusqu’à l’azib isolé et 25mn jusqu’au camp, ouf !).

Ait Ouchem

Jour 4 : CB Ayyachi (Aït Ouchem) - Tizi n’Khoula - Tagoudit.

6h30 / +500m / -450m
Diaporama Du camp, revenir sur le sentier d’entrée dans le vallon et descendre vers le village d’Aït Ouchem. A la boutique, prendre à D la piste et suivre la ligne électrique. Après avoir dépassé quelques maisons (35mn, 1860m), emprunter la piste de D pour suivre toujours la direction W et passer bien à l’écart sur la droite du village. Quitter la piste (15mn, 1805m) sur la G pour longer un canal d’irrigation sur 200m et, la rivière franchie, poursuivre tout droit pour passer à gauche du village d’Imchimen. On traverse les jardins avant d'incliner au SW vers les contreforts sud de la vallée. C'est alors que l'on va s'engager sur un bon sentier muletier qui escalade le coteau jusqu'à un large col (50mn, 1945m). On descend pendant une dizaine de minutes avant de bifurquer sur la D. On suit le lit d'un oued sur 400m vers l’aval avant de trouver en RG le départ d’un sentier (30mn, 1880m). Cinq minutes après, on sort du thalweg pour aller chercher à D un sentier (pas évident…) qui mène à un collet à 1945m dans lequel s’inscrit la « butte » du Jbel Masker. On descend auprès d’un azib (15mn, 1925m, source 100m en amont). Passé l’azib, on se retrouve sur une piste en légère montée qui bascule dans la vallée de l’assif Bou Isly. Au bout de la vallée, on arrive au village d’Aït Bouarri (Aït Cherad sur la carte topographique), on prend à gauche pour rejoindre le bord de la rivière (1h, 1845m), rivière que l'on traverse pour trouver un peu d’ombre, n'est-ce pas d’ailleurs l'heure du repas ? Le programme de l’après-midi consiste en la descente des gorges direction S sur un sentier qui suit les méandres de la rivière. Chaque emplacement libre est cultivé. On passe le village d'Aït Abd el Fadit (dernier point d’eau avant l’étape) et on poursuit sur une piste qui part vers la D. Heureusement qu’il subsiste quelques traces de l’ancien sentier, cela permet d’agrémenter la fastidieuse remontée du vallon sous le chaud soleil. Enfin, on arrive au tizi n’Khoula (1h30, 2085m). Belle vue sur le Jbel Masker à l'avant et le Jbel Ayyachi à l'arrière. Il s’ensuit une superbe descente pas ennuyeuse du tout car elle s'effectue au milieu de curiosités géologiques de premier ordre. Au croisement avec la route goudronnée qui relie Tounfite à Imilchil (20mn, 1960m), on prend à G jusqu’à l’entrée de Tagoudit (40mn, 2000m, boutique). Le camp est établi en contrebas de la route à gauche et à proximité de la rivière. Source d’eau fraîche sur l'autre rive à deux mètres du courant, juste à côté de la passerelle.

Entre Imchimen et Ait Bouarri

Jour 5 : Tagoudit - Anemzi

3h30 / +400m / -0m
Diaporama Journée de liaison en suivant le goudron sur 15kms pour rejoindre le village d’Anemzi situé dans un col disposant d’un panorama étendu sur la suite du périple. On traverse en premier lieu le village de Tagoudit (2 gîtes d’étape). Au panneau indicateur de la fin du village, on descend traverser la rivière sur la G et on s'engage tout de suite à D sur un chemin qui traverse les cultures. On débouche sur la route goudronnée bien au-delà d’Agoudim (30mn, 2030m) au niveau de l’auberge Ouabass. On suit la route qui chemine au milieu des belles gorges de l’oued Timanyne jusqu’à passer devant l’auberge Oudadn (50mn, 2110m). La route poursuit sa montée vers le village de Bou Tserfine (40mn, 2185m) puis, au-delà, jusqu’au col d’Anemzi (1h20, 2380m, C).

Le plateau d'Anemzi

Paysage de prairies alpines d’altitude colorées et contrastées avec, en panorama, le tizi n’Tirrhist qui donnera accès dans les prochains jours au Plateau des Lacs d’Imilchil. Nuit sous tente au niveau du panneau d’entrée du village sur la droite. Source d’eau fraîche une cinquantaine de mètres en direction de la montagne (boutiques au village en contrebas, C IAM).

Jour 6 : Anemzi - Tamalout - Anefgou - MF Tirrhist

5h30 / +550m / -800m
Diaporama Du plateau d’Anemzi à 2340m, descendre vers le village, le traverser en totalité pour trouver juste à la sortie un chemin qui permet de rejoindre sur la droite la ligne électrique. La suivre jusqu’à retrouver la route goudronnée un peu plus en aval (25mn, 2270m). Emprunter la route sur 3kms. Elle suit les méandres d’une rivière qui s’inscrit au cœur de gorges très minérales. Elle remonte quelque peu pour atteindre un col (35mn, 2270m) dans lequel on peut admirer l’intégralité de la crête du Jbel Masker. On descend à présent sur 800m pour trouver dans un large virage sur la droite le départ à gauche d’un sentier qui suit là aussi la ligne électrique. Il permet de s’affranchir d’un grand détour. Après cette petite désescalade, on retrouve le goudron (20mn, 2180m, attention cette nouvelle route n’est pas indiquée sur la carte topographique) jusqu’à l’embranchement de la piste qui mène au village de Tamalout, juste avant de traverser la rivière. Nota : c’est ici que l'on se sépare momentanément des muletiers ; la caravane va suivre la route pour rejoindre Anefgou. Les marcheurs évitent le village par sa droite pour plonger vers la rivière qui se présente devant (noter une source en contrebas de la piste en bordure d’un champ).

Entre Tamalout et Anefgou

On suit le lit de la rivière où des traces de chemin sont encore visibles avant de remonter jusqu’à un point de confluence de deux vallons (45mn, 2080m). On s'engage dans la vallée fluviale de G en direction d’une forêt de cèdres (cairn). 15mn plus loin, un autre confluent se présente et là, une fois n’est pas coutume, ni droite, ni gauche, il s’agit de trouver le départ du sentier en plein milieu des deux vallons. Celui-ci s’élève en lacets serrés sur une pente plutôt redressée. Dans le cas d’un doute sur la direction à prendre (nombreuses traces de bétail), toujours privilégier l’inclinaison à gauche. On débouche dans un col (45mn, 2315m) duquel la vue étendue est vraiment spectaculaire de part et d’autre. On domine la forêt de cèdres mise à mal par les manques d'eau puis on suit le fil de la crête sur 200m direction SE pour trouver sur la droite le départ d’un sentier de descente. Il désescalade le coteau jusqu’à un plat (15mn, 2250m, source sur la droite en remontant le filet d’eau) avant de rejoindre bien vite le cours d’un torrent. La pente est de plus en plus prononcée jusqu’à tomber sur une « piscine ». Choisir le chemin de D et arriver au goudron (20mn, 2100m). De là, comme hier, pas d’autre alternative que de suivre cette ligne directrice, le goudron, cette fois-ci durant 7kms jusqu’à l’entrée d’Anefgou (1h10, 1935m, boutiques au cœur du village). Une fois encore, les paysages traversés sont superbes et atténuent quelque peu l’impression de longueur.

A l'approche d'Anefgou

Et ce n’est pas encore fini pour aujourd’hui : la rivière franchie, on emprunte sur la gauche la route d’Imilchil pour remonter le vallon de Tirrhist au fond duquel s’inscrit le col éponyme. Ce sera la porte de sortie demain matin puisque le passage donne accès au Plateau des Lacs. On remonte le long de l’assif Tardagal, on passe près de l'auberge Fazaz avant d’atteindre la maison forestière de Tirrhist devant laquelle, en demandant aimablement à l’occupant des lieux, il est possible d’établir le camp sous les cyprès bien à l’ombre (1h10, 2085m, source sur le domaine).

Jour 7 : MF Tirrhist - Tizi n’Tirrhist - Lac Isli.

4h15 / +600m / -320m
Diaporama On reprend la route d’Imilchil en montée puis lorsque l’on atteint le croisement avec la piste qui mène au village de Tirrhist (30mn, 2145m), on tourne franchement sur la D pour remonter le long d'une rivière. On accède au départ de l’excellent sentier muletier qui, à la vue des aménagements dont il est doté, est encore aujourd’hui une voie de passage importante pour relier Anefgou à Imilchil. La forte pente du coteau est atténuée par la présence de nombreux lacets. On s’élève rapidement. On peut noter la présence de nombreux fossiles en tout genre, du simple coquillage isolé à la tablette disposant de centaines d’empreintes. Géologues amateurs, il n’y a qu’à se baisser ! Il faut bien que cela arrive à un moment : on finit par atteindre le tizi n’Tirrhist (1h10, 2600m).

Du côté du tizi n'Tirrhist

On croise quelques habitations de bergers avant de basculer de l’autre côté. On continue tout droit en laissant partir une gorge sur la gauche, puis 15mn plus loin, une autre sur la droite. On traverse un plateau désertique sablonneux. C’est un véritable no man’s land ! Et pourtant, en y regardant bien, il y a du monde : nombre de vallons sont colonisés par des campements de nomades qui viennent faire paître leurs troupeaux à la bonne saison. Attention ! Une séparation de chemins à ne pas rater (10mn, 2500m) s’annonce : partir sur la G. La trace chemine en bordure d’une gorge, suit quelque temps un rein, puis descend franchement jusqu’au fond de cette gorge (15mn, 2400m).

Entre le tizi n'Tirrhist et le lac Isli

Après un parcours dans le lit de la rivière à sec, le chemin s’échappe sur la D pour amorcer une remontée d’une vingtaine de mètres. On suit à présent à mi-hauteur la RD d’une nouvelle gorge, profonde, dont on rejoint peu à peu le fond (15mn, 2335m) puis le lit de  la rivière à sec jusqu’à ce qu’il s’étale en largeur à l’arrivée sur un vaste plateau désertique. Tout donne à penser qu’il pourrait appartenir à l’Islande ou à la Mongolie (30mn, 2260m). Quelques fumées ça et là indiquent l’emplacement de campements de nomades. On poursuit dans le lit de la rivière jusqu’à ce qu’il prenne une forte orientation vers la D. On en sort pour continuer tout droit avec comme point visé un azib qui s’affiche comme notre vigie salvatrice…

Sur la rive du lac Isli

On traverse un immense plateau par son milieu. On y croise deux cours d’eau. Quelques 500m avant l’azib, on incline légèrement à D pour maintenant se diriger vers un collet. Au-delà de ce passage, on revient légèrement sur la G. On continue d’avancer dans ce paysage désertique jusqu’à l’apparition irréelle au loin d’une étendue bleue de belle grandeur. C'est bien du lac Isli dont il s'agit. Il ne reste plus qu’à le contourner par sa droite pour rejoindre l’emplacement du camp qui se trouve rive opposée sur une banquette au SW (1h15, 2260m, source au niveau du deuxième groupe d’azibs à 800m plus avant à proximité du verger, C IAM).

Lever de soleil sur le lac Isli

Jour 8 : Lac Isli - Imilchil - Ouddedi

4h30 / +50m / -200m
Diaporama Du lac Isli à 2260m, revenir 10mn sur les pas de la veille afin de retrouver la piste. L’emprunter vers la G pour passer au pied d’une balise rouge et blanche (20mn, 2320m). Un nouveau plateau désertique se présente. Quelques azibs sur la gauche indiquent la présence pendant les mois d’été de nombreuses familles de nomades : elles appartiennent toutes à la tribu des Aït Hadiddou pour laquelle les terres du Plateau des Lacs d’Imilchil sont réservées. On quitte la piste principale qui part rejoindre de lac Tislit avant d'incliner légèrement à G pour passer au pied d’un monticule sur lequel est perché un azib solitaire. Le point visé devient maintenant le couple d’antennes télécom qui indique la direction d’Imilchil (concession au progrès...). On traverse un cours d’eau (40mn, 2235m) avant de le suivre par sa RG pour rejoindre un groupe d’azibs entouré de peupliers (15mn, 2235m). On poursuit sur le sentier à distance respectable du lit de la rivière, celle-ci étant maintenant bordée de peupliers. On contourne une butte par la droite. On rencontre quelques paysans en train de cultiver leur lopin de terre (blé, orge, pommes de terre). Plus loin, le chemin se transforme en piste (10mn, 2225m). La rivière poursuit son cours vers une gorge alors que l'on reste à hauteur. Après un virage prononcé sur la droite, on s'engage à G sur le chemin historique qui coupe le grand lacet. On retrouve la piste un peu plus bas et on la suit jusqu’au goudron (30mn, 2180m). Il ne reste que 2kms pour atteindre le bourg d’Imilchil. A mi-chemin, on passe à proximité du village de Motzli. Encore deux ou trois virages et voici l’entrée d’Imilchil. Compter 10mn supplémentaires pour rejoindre le « centre ville » et sa kyrielle d’hôtels, de boutiques et de restaurants. En prévision des 3 à 4 jours qui suivent et qui auront pour cadre les gorges de l’assif Melloul, il convient de procéder au ravitaillement. Dans l’après-midi, on descend vers la rivière pour trouver sur la D le départ de la piste qui mène vers les gorges et son village d’entrée Oulghazi. On s'arrête bien avant l'entrée des gorges juste après avoir traversé Ouddedi (1h30, 2125m). L'aire de bivouac se situe à 5mn du centre sur une butte qui lui fait face (2135m, eau disponible au robinet public du village, C IAM).

Troupeaux à Oudeddi

Jour 9 : Gorges de l’assif Melloul : Ouddedi - Oulghazi - Taghbalout Moapti.

4h / +50m / -200m
Diaporama Suivre la piste qui parcourt les larges gorges de l’assif Melloul. La plaine alluviale fait l’objet de toutes les attentions car le moindre emplacement libre a été utilisé pour la culture (orge, blé, pomme de terre). De nombreux paysans s’affairent dans les champs. On atteint le village d’Oulghazi (2h, 2070m).

Les gorges de l'assif Melloul à l'approche d'Oulghazi

C’est la véritable porte d’entrée des gorges, et quelles gorges ! Pour ma part, je les classe dans le top 10 mondial des réussites de Mère Nature… Mises à part les 20 premières minutes sur la RG où l'on reste au sec, il va falloir chausser les galoches adéquates pour profiter au mieux du spectacle (nu-pieds solides permettant de marcher dans l’eau sur les galets et supportant l’abrasion des roches sur les rives). On laisse partir sur la gauche le défilé qui conduit vers Taiddert et au-delà Zerchane (40mn, 2020m, voir itinéraire de substitution si les gorges ne sont pas praticables sur topo GTAM2 ; les deux itinéraires convergent à Zerchane ou mieux encore au milieu du plateau du Koucer) pour suivre le lit de la rivière avec la plupart du temps les pieds dans l’eau. De méandre en méandre, on découvre multiples aspects de ce « couloir » de roche rouge. C’est réellement spectaculaire !

Les gorges de l'assif Melloul

Par ici, un couloir de déjection abrupt, par là, une falaise impressionnante de verticalité, et toujours, comme à l’habitude au milieu de nulle part, l'apparition de ces bergers intemporels qui gardent les troupeaux. On ne croirait pas non plus rencontrer tant de monde. Eh bien ! Le défilé n’arrête pas… Ce ne sont que salam aleikoum échangés à tout moment qui égaient les voyageurs. Après un départ plutôt cool, on rencontre maintenant une zone un peu plus perturbée (1h, 2010m) et celle-ci contraint à cheminer hors du lit de la rivière, sur la RG et un peu en hauteur. Une descente permet d’arriver en 20mn dans un endroit de rêve : le lieu-dit est nommé Taghbalout Moapti et fait face au village de (Tou)Sefseddi que l’on discerne dans l’enfilade de la gorge. Comme il n'y a pas grand chose après, décidons d’y passer le reste de la journée (cabane très propre, chambre pour y dormir, source d’eau pure qui sourd directement dans la rivière sous un gros rocher à 30m en aval, piscines pour se délasser et un calme olympien…). Profitons-en !

Assif Melloul : Taghbalout Moapti

Jour 10 : Gorges de l’assif Melloul : Taghbalout Moapti - Batli.

7h30 / +200m / -550m
Diaporama De la cabane à 1970m, on commence la descente des gorges par un gros mouillage de pieds. Ce sera d’ailleurs le lot commun de la journée. Nul besoin de se charger des lourdes chaussures de rando dans le sac. Au bas mot, vous allez devoir traverser plus d’une centaine de fois (peut-être deux cents ?) l’assif Melloul. Entre deux mouillages, la (courte) marche sur les berges s’effectuera hors sentier mais sans aucune difficulté acrobatique. Autant dire que si la journée d’hier vous a paru fastidieuse et fatigante (elle était très soft…), il est encore temps de suivre les muletiers qui, à la sortie du défilé, s’échapperont vers la droite pour rejoindre le lieu de bivouac « par le haut ». Ils franchiront l’Aguerd n’Oulla puis, par une traversée en montagnes russes, atteindront le village de Tiourzatine avant de descendre dans le lit de la rivière (ils suivront pour les deux dernières heures la fin de l’itinéraire pédestre qui passe par les gorges) pour arriver à Batli (6h / +700m / -900m). Mais on a choisi le chemin des gorges, nul échappatoire à espérer, il faudra aller jusqu’au bout et déguster le lot de galets jusqu'à satiété et voire plus… L’étape est exigeante à souhait. Côté pratique enfin, il y a des sources partout : elles descendent de chaque anfractuosité des parois et sourdent sur les banquettes de la rivière, voire même directement dans l’eau. Les débusquer ? Juste un soupçon de perspicacité et d'analyse pour sonder du regard les remous sur les bras morts…

Cette introduction faite, rentrons dans le vif du sujet : les gorges.  J’ai annoncé dans le descriptif de la veille l’estime dans laquelle je tenais cette merveille de la Nature : à vous de juger ! C’est parti. Après l’élargissement momentané des gorges qui suit l’étroitesse du défilé entre les parois au niveau de Sefseddi (15mn, 1935m), on rentre de nouveau dans un défilé relativement étroit pour en sortir au niveau d’une aiguille rocheuse caractéristique (1h, 1915m, échappatoire sur la gauche vers Zerchane, mais très loin du but de la journée, Batli…). Il s’ensuit un parcours de galets sous une impressionnante falaise verticale.

Assif Melloul : Grenier à blé creusé dans la falaise

On emprunte un semblant de sentier en RD pour rejoindre (il faut lever les yeux...) le grenier à blé perché dans la falaise à 50m de hauteur (1h10, 1885m et accessible par une série de vires audacieuses mais, désolé, pas du côté rivière…). Le lieu s’appelle Igherm n’Ouchtim et contenait jusqu’à il y a peu les récoltes des 350 familles des villages du coin. Il pouvait être défendu des razzias par un seul homme muni d’un fusil… Encore 20mn de bon sentier pour atteindre une grosse source en RG face à une cascade à sec en été. On poursuit jusqu’à une deuxième source en RG (10mn, 1835m). Mouillage des pieds pour retourner RD et trouver une large place ombragée sous les chênes-verts (25mn, 1820m). Quel calme ! La traversée d'un chaos de gros blocs rocheux précède une partie plus « roulante » (45mn, 1790m).

Dans les gorges de l'assif Melloul

Les gorges se font moins étroites et les rives de l’assif Melloul sont de plus en plus colonisées par la végétation de buis et de chênes-verts. Le passage n’est pas toujours aisé. Une large place sablonneuse sur la droite souvent utilisée par les nomades indique la jonction avec le sentier de descente de Tiourzatine (le passage « par le haut », 1h20, 1725m). La dernière partie de l’itinéraire, même si les falaises sont toujours aussi belles, est un tantinet fastidieuse. On parcourt de larges banquettes de galets qui n’en finissent plus. On trouve parfois en RD quelques résidus de sentier mais le bonheur ne dure qu’un temps. Enfin, au loin, on commence à distinguer quelques maisons accrochées à la paroi. C’est Batli qui s’annonce, enfin ! Une légère montée en RD permet de rejoindre une aire de battage à proximité d’une maison. C’est l’emplacement du camp pour cette nuit (1h45, 1630m, source au robinet près de la maison 30m plus haut, mais chiens la nuit…).

Au tizi n'Dari

Jour 11 : Batli - Tizi n’Dari - Aït Boulmane.

2h15 / +350m / -500m + 3h A/R pour le ravitaillement à Anergui (boutiques, souk le jeudi, gîte d'étape Chrifi)
Diaporama Après la bambée d’hier, étape de liaison pour dérouiller les muscles endoloris (par la traversée des gorges et aussi par la mauvaise nuit passée à cause des chiens hurlants). De l’aire de battage, monter par un sentier en lacets qui croise les traces d’une ancienne piste éboulée le long du vallon direction W. On s’écarte peu à peu du couloir pour viser un col au-dessus un peu sur la G. Les vues sur la suite des gorges de l’assif Melloul sont réellement panoramiques. Les gorges, elles, sont impraticables pour le randonneur (canyoning). En moins d’une heure on est au tizi n’Dari (1945m) avec sa vue plongeante sur Aït Boulmane et Anergui. Descente sur le sentier et à mi-pente (15mn, 1740m), on incline sur la G au niveau d’un bosquet d’arbustes pour rejoindre directement le lit de la rivière en face du village d’Aït Boulmane (25mn, 1535m). La rivière, suite aux orages conséquents de ces dernières années, a décidé de retrouver son lit d’antan. De ce fait, le pont en dur qui avait été construit pour se rendre dans le village ne sert plus à rien. Il va falloir de mouiller les pieds une fois de plus… Une fois les premières maisons atteintes (gîte d'étape La maison berbère tel : +212 661311747), on emprunte le sentier qui part au S en direction des gorges et on dispose le camp sur des terrasses (15mn, 1550m, source dans un torrent à 50m plus loin, C IAM).

Ait Boulmane

Retour d’expérience : il conviendrait plutôt d’ordonnancer les étapes des jours 10 et 11 comme suit : le jour 10 de Taghbalout Moapti au croisement de la route de Tiourzatine (5h30, source) et le jour 11 passant par Batli jusqu’à Aït Boulmane en 4h. On éviterait ainsi la nuit perturbée par les chiens et la longueur de l’étape du jour 10, tout en gardant la possibilité de ravitaillement sur Anergui dans l’après-midi.

Jour 12 : Aït Boulmane - Almou n’Ouhanad (Plateau du Koucer).

5h30 / +1100m / -150m
Diaporama Du bivouac, remonter en RG de l’assif Melloul jusqu’à passer près d’une grosse source (15mn, 1550m, emplacement de bivouac 200m plus loin sur du vrai gazon…). Encore 10mn à suivre la rivière pour rencontrer le départ du sentier de montée vers le plateau du Koucer. Très utilisé par les nomades Aït Abdi du Koucer pour venir à Anergui chaque jeudi procéder au ravitaillement, il présente de beaux lacets bien tracés qui permettent d’escalader le coteau sans difficulté. On arrive à une selle (1h20, 2090m) de laquelle on dispose d’une vue plongeante sur un étroit canyon en contrebas. En poursuivant sur le chemin, on rejoint en courbe de niveau un deuxième passage, véritable porte d’entrée du plateau.

Montée sur le plateau du Koucer

On laisse un sentier partir sur la gauche pour continuer tout droit en légère montée à flanc de falaise puis longer des terrasses aux maigres cultures. En arrière-plan, belle vue sur l’enfilade des gorges de l’assif Melloul parcourues ces derniers jours. Ce sentier, à l’instar de ce qui se fait dans le Vercors, est construit sur une sorte de sangle du plateau karstique. Ici, le genévrier est roi ! Nul ne peut compter en dehors des mois du début de l’année sur des pluies pour assurer sa croissance. Pas d’eau, pas de source, rien dans les petits torrents… Et pourtant on longe pas mal de cultures de blé ou d’orge, un peu chétives certes, mais qui ont le mérite d’exister. On rejoint le lit d’une rivière à sec (2160m, 45mn). Le sentier joue quelques moments à « saute-rivière » avant de se décider de grimper un coteau en RD en direction d’un col que l’on atteint sous le soleil qui commence sérieusement à se faire sentir (25mn, 2320m). On distingue maintenant nettement des montagnes enneigées, celles-ci bordent le cirque de Taghia au S (leur découverte est planifiée sous deux jours). Elles vont devenir le fil conducteur pour la paire d’heures qui s'annoncent. Le sentier se poursuit maintenant en descente au cœur d’un plateau quasi désertique. On peut y croiser de nombreux azibs habités par les nomades Aït Abdi lors des mois d’été. On traverse une plaine avant de longer un ruisseau à sec sur une trace en faux-plat montant. Arrivant de la gauche, voici donc la jonction avec le chemin de Tagertoucht, celui de la variante aux gorges (45mn, 2350m, voir le jour 5 de la GTAM n°2). On ne distingue qu'une maison sur la droite ; mais celle-ci en cache bien d’autres, un véritable village d’été… Il se nomme Taourirt. On incline légèrement sur la G pour rejoindre une large cuvette gazonnée dans laquelle paissent de nombreux troupeaux. Puis c'est tout droit pour atteindre une deuxième étendue similaire. On peut s’arrêter pour le repas de midi un tout petit peu plus haut à l’ombre d’un grand genévrier solitaire (30mn, 2365m). Après un frustre repas puisque sans eau disponible, on reprend la route vers le haut en direction d’un col.

Sur le plateau du Koucer

On passe au milieu de cultures un peu indigentes au vu du peu d’arrosage dont elles font l’objet. Le col est reconnaissable à l’unique genévrier bien malmené et qui permet de connaître assurément le sens du vent dominant par ici (40mn, 2510m). A l'avant s’étend un large plateau formé de pics karstiques érodés. On traverse deux ou trois cuvettes à l’herbe rase avant d’arriver à croiser une piste (25mn, 2515m). Construite par les nomades ces dernières années, elle a subi ces derniers temps des dommages consécutifs à des orages violents qui se sont produits sur l’Atlas marocain et est devenue inopérante. Cent fois sur le métier, il faut remettre l’ouvrage…

Sur le plateau du Koucer : Almou n'Ouhanad

Continuer tout droit en descente pour rejoindre la grande cuvette d’Almou n’Ouhanad au milieu de laquelle un puits permet de dispenser de l’eau durant les mois d’été (c'est une nappe phréatique alimentée par les infiltrations d’eau de fonte, la neige recouvrant le plateau pendant les quatre mois d’hiver). En campant sur le site, l’occasion est rêvée pour assister toute la soirée au ballet extrêmement bien organisé de la conduite des troupeaux à la fontaine. Nuit sous tente au S de la cuvette à 2495m.
Attention : Faire très attention à la qualité de l’eau du puits ! C’est de l’eau de fonte et, qui plus est, très chargée en « éléments » ovins et caprins. Il convient donc IMPERATIVEMENT de faire bouillir l’eau puisée pour le repas du soir et il est sûrement plus sage d'attendre le lendemain le passage à la source après le village d’Imerdr (moins de 2h de route) pour refaire le plein d’eau des gourdes.

Jour 13 : Almou n’Ouhanad - Tafraout

4h / +400m / -600m
Diaporama Partir en direction du lever du soleil pour remonter au col où l'on retrouve la piste que l’on emprunte sur la D (15mn, 2535m) pendant 400m avant de trouver, un peu avant le lacet qui descend, le chemin historique qui rejoint un village d’azibs caché derrière un repli du terrain. On franchit un collet duquel on dispose d’une superbe vue sur la partie E du Jbel Timghazine et plus particulièrement les deux pics rocheux qui gardent l’accès de la vallée de Tafraout. On dévale pleine pente hors sentier jusqu’au fond du vallon avant de retrouver une belle trace qui zigzague dans le thalweg en face. On prend pied sur un plateau karstique duquel on domine la partie E du plateau du Koucer (35mn, 2510m). Maintenant, on chemine à plat jusqu’à un collet (10mn, 2505m) pour aller traverser une cuvette engazonnée tout en essayant de garder la direction des deux pitons rocheux. Un petit effort pour franchir un vrai col au-dessus du village d’Imerdr (35mn, 2565m), puis on s'engage dans une belle descente sur un sentier en lacets. On laisse partir sur la gauche le sentier d’accès au village (20mn, 2475m) et on poursuit vers la D en direction du fond d'un vallon bien irrigué (nombreuses cultures du fait du réseau de canaux). On rejoint le ruisseau bordé d’herbe rase et on remonte à présent le fond du vallon pour atteindre un vaste espace au pied d’un village d’habitations troglodytes (50mn, 2465m, emplacement possible de bivouac, source d’eau fraîche en montant un peu sur la droite). Face aux pitons rocheux, on monte sur la gauche des habitations pour trouver un bon sentier qui contourne le piton de gauche.

Entre Imerdr et Tafraout

On atteint un col (30mn, 2585m) qui permet de disposer d’une vue plongeante sur la vallée de l’assif Tafraout. Quelques plissements dans la roche en face incitent à penser que ce coin-là de l’Atlas mériterait bien d’être lui aussi exploré… On descend sur un bon sentier puis on laisse partir à gauche le sentier en cul-de-sac qui mène au village accroché à la paroi pour atteindre un collet après avoir délaissé le sentier plat qui contournait le mamelon. Derrière, on domine la combe dans laquelle sont dispersées les petites maisons de Tafraout. On poursuit à flanc jusqu’à une maison isolée sur un tertre (15mn, 2245m) au-dessus du village principal. On suit pendant 300m le canal d’irrigation avant de basculer sur la G en direction de la rivière. On établit le camp sur les banquettes herbeuses, eau dans la rivière et quelques petits scorpions endormis sous les pierres...

Entre Imerdr et Tafraout

Jour 14 : Tafraout - Bou Ighlaln - Gorges de Taghia.

2h30 + 1h30 / +450m / -350m
Diaporama Journée en deux parties : d’abord, il s’agit de rejoindre une combe herbeuse sous le Jbel Timghazine, puis, en fin d’après-midi, d’aller « explorer » la partie haute du canyon de Taghia. Du camp à 2270m, on remonte par un bon sentier le long de l’assif Tafraout en direction du SW. On passe auprès d’une source (30mn, 2325m) située en RG et sortant d’un emplacement gazonné.  Au-delà, la marche devient plus pénible car elle s’effectue directement dans le lit rocailleux de la rivière. Le passage devenant plus étroit, on est obligé de grimper sur une trace de sentier en RD à flanc (50mn, 2410m, attention à la glissade sur du petit éboulis). De méandre en méandre, on s’élève doucement jusqu’à un large col (30mn, 2525m) duquel la vue est étendue devant comme derrière. On entre dans un domaine colonisé par de nombreuses familles nomades de la tribu des Aït Lfersi. Plutôt que de descendre directement dans la combe sur la droite, on continue à flanc sur un bon sentier en courbe de niveau pour profiter du panorama de montagnes aux plissements originaux. C’est réellement fantastique ! On atteint un campement nomade (15mn, 2490m) duquel il convient de piquer sur la droite pleine pente en direction du triangle gazonné que l’on distingue tout en bas. Le ruisseau atteint, on le suit vers l’aval jusqu’à un emplacement de bivouac idyllique dans un cadre des plus harmonieux. Il est posé à quelques centaines de mètres de l’entrée haute du canyon de Taghia. Une source se trouve à proximité : elle sourd d’un empilage de roches plates quelques centimètres au-dessus du lit du ruisseau cent mètres en amont du camp.

A Bou Ighlaln

Dans l’après-midi, excursion d’1h30 sans risque ni escalade en direction d’Imi n’Taghia (la porte d’entrée du canyon de Taghia), d’abord en passant par le haut des falaises puis en revenant au camp par le fond de la première partie du canyon (la plus facile…). On part en RG rejoindre un azib avant de descendre jusqu’à un confluent de rivières. On s’avance un peu sur la droite, vers l’aval, pour profiter de la vue panoramique sur le début des réjouissances pour les adeptes du canyoning. On revient sagement jusqu’au confluent et, plutôt que de reprendre le même itinéraire qu’à l’aller, on suit sur la G le ruisseau qui sort de la gorge et celui-ci ramène au camp. Un seul passage acrobatique, et uniquement si l’on a décidé de ne pas se mouiller les pieds. Sinon, que de clichés à rapporter pour les amateurs de photographie. Ça vaut vraiment le coup ! Et en toute sécurité…
Au niveau du camp, noter, si le besoin s’en faisait sentir, la présence d’un sentier qui part sur la D et franchit un col d’altitude dans la muraille du Jbel Timghazine pour rejoindre en 4h / +500m / -800m le village de Taghia via l’Aguerd n’Isfoula. En 2h de plus, on rejoint le gros bourg de Zaouiat Ahaneçal (commerces, route, téléphone, etc.).

Dans les gorges de Taghia

Jour 15 : Bou Ighlaln - Tizi n’Tighboula

6h30 / +1000m / -550m
Diaporama La journée va être longue, il convient donc de ne pas partir trop tard. Du camp au bord de la rivière à 2395m, partir au S en remontant les banquettes rocheuses bien à l’écart de l’entrée de la gorge pour retrouver une trace de sentier. Descendre au SW. On dispose déjà de très belles vues plongeantes sur le canyon de Taghia, c’est une bonne entame par rapport à ce que l’on va découvrir d’ici à 2 heures de temps…

Entre Bou Ighlaln et le tizi n'Tighboula

On traverse un ruisseau qui vient du S et on s'engage dans la remontée d'un large col situé à gauche des « portes » du canyon de Taghia (1h, 2600m). On descend quelque peu pour bien vite remonter sur le col d’en face situé un peu sur la droite (30mn, 2630m). Large vue sur une plaine désertique. Alors que mules et muletiers descendent sur la gauche rejoindre un triangle gazonné au fond de la vallée, seul passage aisé pour les animaux, on se dirige carrément à D vers la crête. On l’atteint sans grande difficulté bien que l'itinéraire soit dénué de tout sentier (25mn, 2745m). Quelle vue d’avion, mazette ! On domine à présent le célèbre village de Taghia de plus de 1000m et on apprécie l'autre « visage » des aiguilles Oudja et Taoudjat (le mouflon et la mouflonne). Leurs fières pointes se dressent à nos pieds, créant un réseau de profondes entailles qui toutes convergent en direction du village dont on voit quelques maisons. Au loin, on distingue les premières maisons de Zaouiat Ahaneçal et un peu à droite le profond canyon que les locaux nomment la Cathédrale. Plus loin vers le N, on imagine les plaines brûlées de soleil sous la brume de chaleur qui commence à occulter l’horizon.

Les aiguilles de Taghia vues de derrière

Il faut bien s’arracher à ce spectacle, on n'est pas d'ici pourrait-on dire... : on suit la crête un moment vers l’W pour découvrir d’autres gorges (30mn, 2715m). Du dernier « sommet », on descend pleine pente au S en visant le genévrier le plus à gauche. On continue au SE pour franchir le petit canyon issu du dernier col passé ce matin. Après la ligne de genévriers, on doit se mesurer à une descente de « chèvre » à la régulière dans une zone de lapiaz malcommode à appréhender. On franchit le lit de la rivière à sec (30mn, 2490m). On suit la RG direction SW pour passer au milieu de trois ou quatre enclos à moutons et contourner une « cascade ». Peu à peu on se rapproche du bord du canyon de Tetralet, formé d’un savant empilage de blocs carrés disposés en strates géométriques (15mn, 2405m). Curieux ! Maintenant, il s’agit de passer de l’autre côté… Les muletiers sont allés rechercher ce matin le passage près du triangle de verdure qui clôt le vallon. Comme il n’a pas été installé de passerelle..., on suit le canyon RD vers l’amont pour y trouver un passage. Avec un peu de perspicacité, on identifie le départ d’un itinéraire de descente confidentiel 500m après avoir rejoint le bord du canyon. Sans difficulté notable, on rejoint d'abord un sentier de ronde, puis en désescaladant quelques blocs, on se retrouve au bord de l’eau (20mn, 2360m).

Entre Bou Ighlaln et le tizi n'Tighboula

Et comme par miracle, sur l’autre rive une trace de berger remonte sur le plateau. On retrouve quelques mètres au-dessus du canyon la présence d’un sentier aménagé direction N qui conduit à une source (30mn, 2430m). En se retournant, on peut apprécier l’ensemble de la route empruntée ce matin du dernier col jusqu’ici, le passage par les crêtes, la descente du lapiaz et le franchissement du dernier canyon. Du vrai wilderness ! De la source, on repart sur la gauche avant d’incliner légèrement à droite pour retrouver en-dessous d'un large col (15mn, 2515m) le sentier muletier emprunté par nos amis ce matin alors que l'on batifolait sur les crêtes… Descente vers la large rivière qui vient tout droit du tizi n’Tighboula au travers des plateaux désertiques. Mais d’abord pause repas au pied d’une cascade à sec mais dotée d’une source d’eau fraîche bienvenue qui sourd d’un rocher (20mn, 2390m). Départ vers la G (cascade à sec dans le dos) pour franchir un petit collet avant de redescendre dans le large lit de la rivière à sec. Un peu longuet, le cheminement en faux-plat sur un lit de galets… On part sur la D (30mn, 2465m) pour remonter une gorge plus étroite. Les muletiers qui avaient à nouveau effectué un détour carrossable rejoignent les marcheurs un petit plus haut (25mn, 2540m) après que ceux-ci soient passés par quelques verrous rocheux impraticables pour les bêtes. On retrouve à présent un excellent sentier qui s’éloigne du lit de la rivière en prenant de l’altitude. On chemine à présent en courbe de niveau tout en dominant la gorge que l’on a quittée il y a peu de temps. De nombreuses sources ruissèlent et leur écoulement d’eau scintille sous les rayons du soleil encore bien virulent en cette fin d’après-midi. On finit par presque buter sur le fond de la combe dans laquelle broutent des troupeaux ovins et caprins (1h, 2740m).

Dans la montée au tizi n'Tighboula

On tourne franchement à D pour escalader par une série de lacets serrés le coteau jusqu’à un faux-plat (20mn, 2835m). Avant d’atteindre le collet qui se présente devant, il convient de tourner de 90° à G hors sentier pour trouver en 2mn le sentier qui vient du plateau. On le suit à présent vers la G. Il s’élève à flanc pour passer deux petits ressauts rocheux et finit en courbe de niveau juste sous le col. On n'y croyait plus mais les emplacements de bivouac existent bel et bien (50mn, 2950m). Et la source promise qui se trouve au niveau du gazon présente un débit convenable.

Attention ! Après la mi-juin la source peut se trouver à sec. Alors, il conviendra de poursuivre jusqu’au col, de descendre pleine pente et se poser à Mdint Jdid que l’on voit en contrebas du col (30mn, 2820m, source permanente, emplacements de bivouac). Le lendemain, il faudra bien entendu remonter au col pour poursuivre sur l’itinéraire proposé...

Bivouac au tizi n'Tighboula

Jour 16 : Tizi n’ Tighboula - Tizi n’Igourane - Ouaougoulzat E - Tizi n’Ounbat - Ighrem Izdarn.

6h30 / +800m / -1750m
Diaporama Encore une belle journée ! On monte vers le col à 3032m, c’est une formalité… Il suffit de suivre le chemin. Dans le tizi n’Tighboula, on continue tout droit direction S sur un bon chemin qui s’élève vers la crête. Il s’ensuit une marche en courbe de niveau qui contourne les pâturages de Mdint Jdid situés au pied de la crête rocheuse. Puis c'est un belvédère dans l’enfilade de la partie terminale de l’aqqa n’Tazzart (3235m, 40mn), belle échancrure réalisée par Mère Nature dans le plateau. Le col dans lequel on arrive est le point de départ d’un long vallon, celui de l’assif Imejgag qui descend sur la gauche par de grands lacets jusqu’à Tarzout, village situé au milieu de la partie haute des gorges de l’assif Melloul.

Sentier balcon entre le tizi n'Tighboula et le tizi n'Igourane

On poursuit cette randonnée de crête. Derrière, l’horizon s’élargit et on peut reconnaître quelques points de passage particuliers du périple de la dernière semaine. On débouche dans un col (25mn, 3350m), dans lequel on peut trouver de nombreux fossiles. Quelques chameaux appartenant à des familles nomades en contrebas sont à l’estive. On fait face maintenant à l'un des points culminants de la longue chaîne du Ouaougoulzat, cette montagne voisine du M’Goun, et sur la droite la descente vers la vallée des Aït Bouguemez par le canyon de l’assif Izourar. Ce dernier est bordé sur sa droite par l’Azourki. Cette « butte » qui clôt la « vallée heureuse » à l’E, se montre à son avantage. On descend vers la gauche rejoindre le tizi n’Igourane (20mn, 3160m) avant de partir en direction du sommet E du Jbel Ouaougoulzat en traversant un plateau désertique. Le chemin s’en va contourner une combe qui reste encombrée souvent tard dans la saison par un névé et c’est à ce moment (25mn, 3235m) que l'on quitte l’itinéraire d'ascension du sommet principal du Jbel Ouaougoulzat pour descendre dans cette combe en suivant en écharpe le bord E. On se dirige vers la base d'un sentier en zigzag que l’on discerne au loin. On passe auprès de quelques campements de nomades avant d’entamer la dernière véritable montée du périple : 250m sans concession pour franchir l’épaule E du Jbel Ouaougoulzat à 3400m. De l’autre côté, le chemin nous emmène jusqu’à un collet (1h, 3320m) duquel, après être descendu de 2 ou 3 lacets, on part en courbe de niveau sur la D rejoindre un belvédère rocheux, remarquable point de vue sur l’enfilade de la haute vallée de l’assif M’Goun (25mn, 3260m). Le panorama est en tout point superbe : entre les massifs montagneux du M’Goun et du Ouaougoulzat, l’assif M’Goun a créé une vallée verdoyante. On identifie les villages de Ouaouchki et, plus loin, Tigreft et El Mrabtine. Sur la gauche, on apprécie déjà le périple du lendemain en imaginant le parcours entre les plissements rocheux que l’on voit d'en haut. Les trois jours de gorges qui vont suivre promettent d’être beaux.

Sur l'épaule E du Ouaougoulzat

Descente jusqu'à un replat herbeux à proximité d’une source intermittente (15mn, 3155m). En début d’après-midi, descente ardue en deux parties : dans un premier temps jusqu’à un col, puis, de manière plus soutenue, dans large goulet en plein milieu duquel a été tracé un sentier qui ne compte pas moins de 100 virages. Le supplice se termine avec la traversée d’un ruisseau à sec au milieu de roches aux couleurs  chamarrées entre blanc, ocre, rouge et grenat. Il s’ensuit une marche à flanc jusqu’au tizi n’Ounbat (1h15, 2480m) reconnaissable à la présence d’un azib isolé. Le sommet du Jbel M’Goun réapparaît. On poursuit la descente en RG d’un ruisseau à sec sous l’impressionnante muraille du Jbel Ouaougoulzat. Le village de Tichki se présente et annonce la proche fin de la souffrance… Grosse brève descente pour atteindre la rivière avant de remonter sur le village après avoir traversé le cours d'eau (1h, 2215m). Trois moulins à orge attendent leur livraison pour se mettre à fonctionner, un splendide grenier à blé trône au-dessus du village. On passe au pied de l’école et on suit un sentier mis à mal par les orages printaniers. Il faut cheminer au mieux de part et d’autre de la rivière pour trouver le meilleur passage (parfois ce n’est pas évident…) et finalement atteindre en RG une petite gorge rouge grenat. Traverser le large lit de la rivière pour rejoindre une maison isolée en RD. Le chemin retrouvé, il traverse plusieurs hameaux où sont érigées quelques belles maisons villageoises et où d’authentiques greniers à blé subsistent encore de nos jours. Le camp est établi en RG juste avant le village d’Igherm Izdarn avec un panorama étendu sur la muraille du Jbel Ouaougoulzat, de droite à gauche, Tintoria, Tagount et Tagafayt, ce dernier massif portant le plus haut sommet à 3763m.

Igherm Izdarn

Jour 17 : Gorges du M’Goun : Ighrem Izdarn - Aïn Ifasfass.

4h / +100m / -300m
Diaporama Du bivouac à 2030m, descendre en direction du la vallée de l’assif M’Goun. Passer les premières maisons d’Ighrem Izdarn, contourner le mamelon rocheux et suivre le chemin qui part vers la G. On traverse plusieurs quartiers d’habitations avant de suivre le chemin qui longe un plissement de terrain une vingtaine de mètres au-dessus de la rivière. Peu à peu le sentier se rapproche de la rivière jusqu’à la tutoyer au niveau d’Imi Nirkt (50mn, 1950m, bivouac aménagé). Le village dépassé, on franchit un ressaut pentu le long d’une falaise, suivi d’une descente un peu scabreuse. En bas, ça y est : il va falloir à présent se mouiller les pieds, c’est dit ! Le courant est assez fort. Quelques passages sont assez étroits et les hautes falaises alentours agrémentent bien la route. On arrive bientôt à un bras mort de la rivière sur lequel on trouve ombre sous les arbres et une belle source si besoin (1h25, 1895m). On poursuit le chemin pour voir arriver de la gauche le vallon encaissé de l’assif Imejgag que l'on avait laissé hier matin du côté du tizi n’Igourane (il faut 2 jours de descente, hommes et mules, pour en arriver ici). Le lieu présente des paysages harmonieux. On s’y sent bien… Un peu plus loin, on passe sous un « village » berbère accroché à la paroi en RG. Impressionnant ! Sûrement le même usage que dans l’assif Melloul, protéger les récoltes des voleurs... Un dernier méandre et voici que se présente Tarzout et sa place ensoleillée à longueur de journée (40mn, 1875m, aire de bivouac au pied du village). Il s’ensuit un assez long moment à marcher dans le lit de la rivière, à cet endroit bien large, avant de se présenter devant le clou de la journée : Achabou. Juste avant d’y pénétrer, on peut noter sur la RG (40mn, 1855m), le départ d’un sentier muletier plus qu’audacieux car construit à même la falaise : il est encore utilisé de nos jours par les villageois qui remontent les gorges pour se rendre à Tarzout alors que les pluies d’orage ont rendu la remontée de l’assif M’Goun dangereuse en amont.

Assif M'Goun : entre Tarzout et Ain Isfasfass

Achabou, nous y voila ! Toutes les brochures touristiques du coin en parlent. Il est vrai que l’endroit est particulier : c’est une gorge resserrée dans laquelle la rivière s’engouffre. De l’eau jusqu’aux hanches, certes cela ne dure pas très longtemps, mais un sentiment d’inquiétude peut envahir l'esprit du marcheur. Il n’y a pas d’échappatoire. On doit passer par cet étroit goulet, large au maximum de trois mètres. Ensuite, le passage s’élargit. On passe près d’une source en RD qui sort d’un trou dans la paroi (40mn, 1845m). Puis on croise, venant de la droite, l’entrée de la gorge parcourue par l’aqqa Mimount (la rivière remonte jusqu’au tizi n’Issouka au pied duquel on fait étape lors de la GTAM n°2 sur la route du tizi n'Ait Ahmed) juste avant d’arriver à Aïn Ifasfass (10mn, 1840m). Un coin de paradis au milieu des gorges : deux ou trois baraques dans lesquelles on peut dormir si on a la flemme de déplier la tente, des sodas au frais, une pergola bordée de lauriers roses abritant deux salons de jardin où il fera bon prendre l’apéro du soir, une source fraîche pour la douche et le figuier sous lequel la sieste ne pourra n'être que bienfaitrice et réparatrice… On rêvait d’un tel endroit après ces 17 jours de marche ? Eh bien, on n'attendra pas les riads de Marrakech ou de Ouarzazate, ce lieu existe bien, au milieu des gorges du M’Goun…

Ain Isfasfass

Jour 18 : Gorges du M’Goun : Aïn Ifasfass - Issoumar.

5h30 / +50m / -200m
Diaporama On quitte le lieu de bivouac pas trop tard car on s'éloigne de la montagne pour se rapprocher de la Vallée des Roses, plutôt sujette à être grillée par le soleil et assommée par la chaleur pendant les mois d’été. Quels plaisirs va-t-elle réserver ? Le mieux, c’est d’y aller… C’est reparti, les pieds dans l’eau bien évidemment… On chemine dans le sens de la descente jusqu’à dépasser quelques azibs construits dans un large méandre où le lit de la rivière prend ses aises (35mn, 1815m). Nouvelle donne maintenant : les buissons de lauriers roses commencent à envahir les berges. Une source en RD (15mn, 1805m), c'est la dernière de la journée à l’accès aisé sans avoir à sortir de la rivière.

Assif M'Goun : entre Tiranimine et Aguerzaka

Le gîte d’étape de Khouya en RG annonce le passage sur le domaine de Tiranimine, village extrêmement étendu le long de la rivière. Noter une source juste en face du gîte en RD (15mn, 1790m). Quelques centaines de mètres plus loin, on croise le bivouac d’Ahmed, perché en hauteur sur la RD avec une source juste derrière (35mn, 1770m). A peine les dernières maisons de Tiranimine dépassées que l'on entre dans un nouveau défilé rocheux assez étroit précédé de quelques cultures en terrasse sur la RG (35mn, 1745m). Ne serait-ce qu’un moment, apprécions la fraîcheur de l’ombre des noyers… Les gorges sont envahies de lauriers roses. La texture et la couleur de la roche ont changé depuis hier présentant de magnifiques plissements anticlinaux et synclinaux.

Assif M'Goun : entre Tiranimine et Aguerzaka

On aborde une partie plane et cultivée qui précède l'entrée dans Aguerzaka (50mn, 1700m, bivouac en RG, gîte d’étape de Mouha et boutique en RD, malheureusement eau du puits…). Du village, on descend traverser la rivière pour suivre des plissements inclinés en RG. On rentre de nouveau dans des gorges resserrées colonisées par les buissons de lauriers roses fournis. De bien belles falaises encore… Halte repas dans un petit havre de paix en RG sous les figuiers (30mn, 1685m, malheureusement pas d’eau). Après la grosse sieste pour laisser partir la chaleur, départ en milieu d’après-midi pour rejoindre un groupe de maisons en RD avant de quitter pour un moment le lit de la rivière et marcher à mi-hauteur sous la falaise en RG (25mn, 1675m). On continue à descendre la vallée. On aperçoit bientôt au loin le gros village d’Aït M’Raou. Encore quelques pas dans l’eau pour éviter un bout de falaise qui encombre la rive avant de tourner sur la gauche et entrer dans Igouram. Aux premières maisons, 150m après avoir quitté la rivière, on trouve sur la droite la piste qui va traverser les villages bien au-dessus des champs cultivés. Puis on trouve un passage dans le mur de béton qui protège les habitations au moment de la traversée d’un large lit d’une rivière qui vient de la gauche et on continue tout droit vers Aït M’Raou (20mn, 1690m). Au niveau d’un groupe de maisons perchées sur un tertre au milieu de la vallée, il ne reste plus qu'à incliner sa marche vers la droite pour rejoindre le lit de la rivière d’abord à travers les maisons puis les jardins. On traverse à gué l’assif M’Goun et on remonte en face sur le coteau là où est perchée l’auberge Jbal M’Goun de Mohamed Boussag à Issoumar. Vue imprenable sur la vallée, impossible de le nier…

Assif M'Goun : entre Aguerzaka et Issoumar

Jour 19 : Gorges du M’Goun : Issoumar - Bou Taghar.

2h30 / +50m / -150m
Diaporama C’est la dernière… On aurait pu ordonnancer la descente des gorges pour qu’elle tienne sur deux jours. Mais cela aurait contraint à ne pas profiter d’Aïn Ifasfass, de son havre de paix et de sa source d’eau pure en se posant à Aguerzaka. Un autre facteur de poids eût été la chaleur que l'on aurait dû endurer pendant l’après-midi sans compter que les couleurs des roches le matin sont tout à fait somptueuses (c'est le photographe qui parle…). Donc, descente en trois jours, c’est dit ! De l’auberge à 1670m, descendre jusqu’à la rivière et traverser (déjà…) pour rejoindre la RG. Trouver le chemin hors d’eau qui franchit un petit mamelon rocheux avant de traverser quelques jardins. On suit le bord du canal d’irrigation jusqu’à la passerelle qui permet de repasser RD. On traverse des oseraies. Retour sur la RG pour grimper au sommet d'un petit tertre (Amerdouan Aït Ouanarda, 45mn, 1640m) sur lequel il y a une possibilité de bivouac. Attention le puits est en RD à proximité des maisons. Noter que l’embranchement de la piste qui conduit à Aït Youl, village à l’entrée des gorges du Dadès, part sur la gauche. Au matin, il est possible de contempler de superbes ensembles colorés entre l’ocre de la roche et le vert de la végétation qui jouxte la rivière. On trouve encore quelques eucalyptus mais principalement à présent des tamaris. On passe le village de Tamgallouma avant d’arriver devant les « portes » d’un défilé aux formes caractéristiques, semblable à la baume de Sisteron dans les Alpes de Haute-Provence en France (30mn, 1620m).

Assif M'Goun : Tamgallouna

On chemine RG entre jardins, buissons de lauriers roses et d’osier, avant de repasser RD au niveau d’une banquette sableuse couverte de tamaris. Ensuite, on monte rejoindre le canal d’irrigation bordé de buissons de fleurs jaunes (40mn, 1600m). Pas mal de blocs de rochers éboulés, de la brèche, ont mis à mal quelques endroits du chemin mais on finit par rejoindre après 20m de montée un collet qui donne accès à un plateau au bout duquel on voit le gros village de Tamalout. Encore un petit effort pour rejoindre en courbe de niveau Bou Taghar (T, C, E) qui se cache derrière la falaise rouge qui domine sur la droite. Nuit au Ryad berbère au centre du village ou descente directe sur El-Kelaa M’Gouna en grand taxi pour 10Dh.

Bibi la cigogne nous accueille à Bou Taghar

Voilà ! Le périple entre Midelt et Bou Taghar est accompli. Il a permis d’explorer les limites extrêmes du Haut-Atlas vers l’E et descendre vers le S rejoindre les confins du désert en parcourant quelques canyons débonnaires. Du ciel à la terre…

Jour 20 : Bou Taghar - Dadès et Todghra - Ouarzazate.

8h de 4x4 jusqu'à Ouarzazate (mais seulement 70kms de piste)
Diaporama Pour clore en beauté la randonnée, vous pouvez en profiter pour vous payer le "luxe" d'aller explorer les gorges du Dadès et de Todghra depuis Bou Taghar en 4x4. L'excursion dure la journée entière. Elle commence par une liaison minérale jusqu'à Aït Youl plein E sur une piste avant de retrouver la route goudronnée jusqu'à Msemrir. Celle-ci remonte le lit du Dadès jusqu'à sa source et parcourt dans un premier temps les gorges inférieures (peu de matière "à se mettre sous la dent" en réalité à l'exception du passage hyper-touristique) avant d'aborder la partie supérieure en tout point splendide eu égard aux panoramas aériens proposés.

Dans les basses gorges du Dadès

Puis à la sortie de Msemrir, on laisse partir tout droit la piste stabilisée en direction d'Imilchil pour descendre sur la D emprunter au niveau d'une immense étendue plane (les sources du Dadès) une infâme piste qui, de canyon en canyon, va nous conduire jusqu'à passer un col à plus de 2600m, le tizi n'Ouguerd Zegzaoune pour nous faire passer dans le second bassin fluvial, celui de l'assif Todghra. Peu après le passage du col, on retrouve une piste stabilisée (travaux de goudronnage en cours en 2012 avec le but affiché de créer un itinéraire touristique pour voitures lambda) avant de descendre jusqu'à Tamtatouchte. Pause repas dans un "palace" 3kms après la sortie du village avant de nous engager dans les gorges de Todghra, splendides de verticalité, mais très fréquentées la fin de semaine par les locaux. Pour bien profiter du site, il est conseillé de parcourir le défilé à pieds (en gros moins de 1000m...), ça permet d'avoir les yeux levés au ciel en permanence. Puis c'est la descente vers Tinerhir et Boumalne-du-Dadès avant de rejoindre Ouarzazate pour une halte nocturne (Hôtel La Palmeraie par exemple, logement en bungalows, repas excellent, piscine à discretion,...) et le retour du lendemain en 4h pour Marrakech (grands taxis, bus CTM ou voiture privée).

L'oasis de Tinerhir à la sortie des gorges de Todghra

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19 jours / 86h / +8800m / -8400m

Relevés de terrain mai 2010

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