Empruntant des sentiers muletiers centenaires, cette Grande Traversée de l’Atlas Marocain relie la vallée des Aït Bouguemez à l’est au « Chamonix marocain », à savoir le village d’Imlil à l’ouest. Côté montagne, c’est la traversée du Haut-Atlas entre les deux sommets emblématiques du pays : le M’Goun (4068m) et le Toubkal (4167m). C’est une randonnée d’une vingtaine de jours qui s’effectue de préférence avec un accompagnateur de montagne marocain. Vous serez accompagné de mules et muletiers qui se chargent des bagages et de toute l’intendance. Le meilleur compromis est de réaliser ce trek en autonomie partielle (principalement sous tente, quelques arrêts en gîte d’étape GTAM et ravitaillement dans les villages), sur une période qui s’étend de fin mai à octobre (attention à l’impossibilité de passer des cols si l’enneigement a été tardif).
En complément des paysages somptueux que vous allez découvrir, c’est une véritable petite équipe que vous composerez et dont la solidarité du groupe vous permettra d’accéder au but que vous vous êtes fixés. Que ce soient l’accompagnateur ou les muletiers, ils vous permettront de franchir la barrière de la langue afin d’échanger avec la foultitude des gens que vous allez croiser sur les chemins (nomades, bergers, agriculteurs, colporteurs, villageois,…) et qui viendront partager un moment de votre vie à l’occasion d’une halte, d’un repas ou d’une nuit sous tente.
La carte interactive est disponible sur Google Maps et n'oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec le topo et la carte téléchargeables en PDF) et bien d'autres choses encore.
LE TREK JOUR PAR JOUR
De bon matin nous quittons Marrakech pour la vallée des Aït Bouguemez (1800m). Compter environ 6 heures de route. Sur le chemin, passage obligé aux splendides cascades d’Ouzoud, site enchanteur sur lequel vous pourrez faire connaissance avec la nourriture locale : le fameux tagine. Diaporama Circuit pédestre sur place permettant en une grosse 1/2 h de découvrir les cascades sous ses deux aspects : d'abord d'en haut puis d'en bas. Reprise du trajet en voiture. Encore un peu de plaine avant de s'engouffrer au milieu de la chaîne montagneuse et pénétrer dans la vallée des Ait Bouguemez. Arrivée au village d'Agouti, premier village de la vallée. Rencontre avec les muletiers. Nuit dans l'un des gîtes d'étape du village d'Agouti (1700 m).
3h30 / +750m / -0m.
Diaporama Du village d’Agouti situé dans la basse vallée des Aït Bouguemez, ce long ruban vert qui serpente entre les montagnes ocres, nous traversons les champs d'orge et de blé qui emplissent les espaces pour nous retrouver sur la piste d'Arous, ce joli village aux maisons en pisé. Une visite en A/R pour s'imprégner de l'ambiance avant de poursuivre plein sud au milieu des cultures au printemps envahies de fleurs de coquelicots. Nous nous élevons jusqu'à une petite bergerie située sur la droite un peu au-dessus du lit de l’asif n’Arous. Les sommets alentours sont arides et déchiquetés. Nous contournons en courbe de niveau la montagne qui se trouve à notre droite et poursuivons jusqu’aux azibs n’Ikiss à 2350m. Après-midi de farniente en prélude à la rude montée de demain matin vers le fond de la vallée. Nuit sous tente à proximité d'un petit torrent qui se faufile dans l'herbe grasse dont les banquettes sont parfois envahies de chardons bien urticants.
4h / +1100m / -530m.
Diaporama Remonter le vallon jusqu'à un premier col à 3100m puis obliquer sur la gauche afin de rejoindre le tizi n’Aghrai 300m plus haut d'où on peut admirer la longue chaîne montagneuse du M’Goun (2h30). A sa base, la couleur vert pomme de l'immense plateau de Tarkedit tranche avec l'ocre de la terre et la noirceur du schiste des montagnes. Après une descente spectaculaire par la beauté du paysage et toujours le M'Goun pour horizon, nous posons le pied sur l'épais gazon du plateau de Tarkedit (2900m). C'est le lieu de convergence des bergers de toutes les vallées. A la bonne saison, c'est-à-dire une fois que les cols sont libres de la neige de l'hiver, on pourra même y croiser de nombreux dromadaires… Il faut dire que les nomades du désert dont vous pourrez demain apprécier l'étendue de leur domaine depuis le sommet du M'Goun, franchissent chaque année le tizi n'Iquantula à 3640m, point de faiblesse dans la chaîne du M'Goun, une fois au milieu du printemps pour venir faire paître leurs troupeaux et une seconde pour repartir, hommes, femmes, enfants et bêtes juste avant les premières neiges à l'automne. Il passeront ainsi tout l'été dans la relative fraîcheur du site, fraîcheur accentuée par l'humidité régnante dont vous pourrez d'ailleurs attester cette nuit, bien au chaud dans votre duvet... Nuit sous tente. Noter la présence d'un petit refuge de montagne s'il s'avérait que l'humidité du site ne vous convient pas.
8h / +1270m / -1270m.
Diaporama Départ bien avant le lever du soleil afin de pouvoir arriver sur la crête avant que ses rayons n'aient pas encore transformé l'étendue de neige qui ferme souvent, parfois jusqu'au milieu de l'été, le haut du vallon d'ascension. C'est un superbe chemin très bien tracé car très emprunté. On atteint ainsi la crête aux alentours de 4000m en quelques 3h d'une montée progressive. Attention au vent très violent : les rafales sont latérales et de ce fait extrêment puissantes et déstabilisantes car venant du sud, c'est le premier obstacle digne de ce nom que le vent rencontre depuis quelques milliers de kilomètres.... En un mot c'est un sommet très dangereux si les conditions atmosphériques ne sont pas optimales. Prenez garde et écoutez bien votre accompagnateur s'il vous conseille de ne pas aller plus avant. Au cours des années précédentes, de trop nombreux accidents se sont produits, souvent dûs à l'imprudence de touristes bien plus qu'à la soi-disant incompétence des accompagnateurs locaux, les touristes étant captivés par la perspective d'accrocher un 4000 à leur palmarès, parfois l'unique de toute leur vie de randonneur occasionnel. "Prudence est mère de sûreté", dit-on... Ces avertissements écrits, passons maintenant aux paysages : au sud, c'est le désert, immense, infini, brumeux... Au nord, c'est le plateau de Tarkedit où vous vous trouviez ce matin. Prendre la direction E en suivant le fil de la large arête et atteindre le sommet du M’Goun, point culminant de l’Atlas Central (4068m) après avoir joué à saute-moutons pendant près de 2h. De part et d'autre du sentier et principalement en face N, les parois délitées présentent leur aspect austère et fascinant. On peut se rendre compte que des itinéraires de descente rapide ont été essayés par quelques randonneurs périlleux... Le panorama au sommet récompense de l'effort accompli : 360° de bonheur intégral. Descente par le même chemin sur Tarkedit en 3h. Nuit sous tente.
4h30 / +280m / -880m.
Diaporama De Tarkedit (2900 m), nous nous dirigeons vers le tizi n’Asdrem Tessaout à 3100m. A l'extrémité W du plateau de Tarkedit, là où l'asif Tessaout prend sa source avant de pénétrer dans de belles gorges sauvages (la descente des gorges de Wandras présente des passages délicats voire vertigineux, au moins trois d'entre eux nécessitent l'emploi d'une corde et du matériel de rappel, et sort du périmètre conventionnel de la randonnée), nous bifurquons à droite pour emprunter quelques lacets d'un chemin évident qui serpente entre les azibs pour nous conduire en 1h30 au col. Superbe panorama sur la vallée verdoyante de la Tessaout, très agraire, qui contraste avec les montagnes rouges au milieu de laquelle elle a creusé son lit. La descente du col est quelque peu pentue avant de longer en encorbellement le ruisseau souvent à sec. Un petit passage resserré sous une roche en surplomb et quelques lacets plus loin, nous voici donc arrivés à Idroumamène (traduction : la source aux genévriers). On peut y faire halte pour le repas de midi, mais pourquoi donc ne pas continuer la descente vers l'asif Tessaout et terminer cette matinée au bord de l'eau ? Sitôt dit, sitôt fait, quittant le chemin principal qui descend vers le village de Tasgaïwalt et ses cultures en terrasse, nous inclinons sur la gauche sur un sentier confidentiel qui désescalade le coteau jusqu'à la rivière (45mn). Prendre à gauche et se poser sous les frondaisons à quelques pas du torrent. Après-midi de détente, de baignade revigorante, de lavage, de séchage, bref le lot de corvées habituelles du randonneur à l'étape. On peut aussi aller explorer en 1h A/R la sortie des gorges de Wandras (de toute manière, on ne peut pas aller très loin). Nuit sous tente au bord de l’asif Tessaout à 2400m.
7h / +140m / -580m.
Diaporama Remonter le vallon en direction des gorges de Wandras jusqu'au petit pont qui enjambe le torrent, traverser l'asif Tessaout et atteindre en 30mn le petit col qui se présente sur la droite. Il donne accès à un vaste plateau au milieu duquel est posé le village de Tessaout n’Ouffela. Nulle possibilité de se tromper : nous pouvons constater l'étonnement des enfants et des villageois adultes de voir notre groupe traverser les ruelles de leur village pourtant bien caché de l'itinéraire conventionnel. La couleur flashy de l'orge dans les champs contraste avec le rouge grenat presque vineux de la roche alentour. Un peu de piste en sortie du village avant de rejoindre le fond de la vallée de la Tessaout en suivant les chemins d'exploitation tracés entre les terrasses. Une fois la piste principale retrouvée en sortie de Tasgaiwalt, nous poursuivons notre descente sur un large chemin. Nous passons au coeur du village d’Amezri (boutique pour ravitaillement, gîte d'étape), puis au pied d’Ichbbakene perché bien au-dessus de la rivière protégé des crues subites de la Tessaout consécutives aux orages qui sont parfois très violents et arrosés... Continuer la descente de la vallée et traverser la rivière à plusieurs reprises (chaussures adéquates préconisées). L'étape parait interminable tant le village espéré tarde à se présenter. Enfin, on retrouve une piste et quelques engins automobiles qui attendent le soir pour ramener au village tout ce beau monde qui travaille dans les champs, et il n'y en a pas qu'un peu ! Ait Ali n'Itno nous apparait. Nous passons la nuit dans le confortable gîte d’étape qui domine la rivière.
7h / +1300m / -850m.
Diaporama Descente du gîte d'étape, traversée de la Tessaout pour emprunter 1h durant la piste qui conduit à flanc de falaise au célèbre village de Megdaz à 1961m, village classé au patrimoine de l’UNESCO. Vous pourrez noter la prolifération des paraboles satellites qui « habillent » chaque maison de pisé (un peu de sérieux quand même ! Il faudrait juste un peu de bon sens "paysan" pour mettre en route une action d'habillage des paraboles afin de les recouvrir de peinture marron, réduisant de facto la pollution visuelle sans altérer le fonctionnement. De toutes les manières le temps se chargera bien de les recouvrir d'une couche de rouille et exaucera notre voeu...).
8h30 / +760m / -1240m.
Diaporama En 30mn, nous rejoignons le col de Fadghate (2150m) et, suivant un moment la route en descente vers la gauche, nous trouvons une piste qui se dirige vers un ensemble de montagnes (noter avant d'aborder la première montée la présence d'un tuyau dans le lit de l'oued à sec, celui-ci alimente quelques azibs en contrebas ; défaites le joint pour compléter si nécessaire votre réserve d'eau mais bien entendu n'oubliez pas de le réajuster ! Merci pour les nomades).
Le sentier atteint un premier col à 2600m auquel succède un chemin à flanc de vallon qui rejoint dans une ambiance plus austère et rocailleuse un deuxième col à 2800m. Le passage de ce dernier donne accès par une rapide désescalade à un oued à sec. Descendre vers la gauche pour gagner le lac Tamda n’Ounghmar (2600m, 2h30). Dès le mois de mai, de nombreux bergers viennent faire paître leurs troupeaux alentours. Ceux-ci remontent depuis le village de Tighouza la haute vallée de l'Ounila que nous aurons l'occasion de parcourir plus avant en deuxième partie de journée.
C'est à cet endroit que vous établirez le camp si d'aventure vous avez décidé de monter sur la cime de l'Anghomar qui s'élève sur la droite du lac (sens de notre marche). Haut de 3600m, c'est un très beau belvédère certes mais un extraordinaire tas de cailloux que l'on escalade et désescalade à 100% sur du pierrier ! Compter 5h A/R et de ce fait une journée supplémentaire à votre temps de parcours de votre GTAM.
Poursuite de la randonnée en descente tranquille : d'abord on passe à proximité des azibs Anfergal avant de traverser un ensemble de cultures au pied d'une roche de forme et couleur caractéristiques (1h). On tourne sur la gauche pour entrer dans les gorges de l’Ounila habillées de grès rose et envahies de lauriers. Splendide parcours sur un sentier en encorbellement qui contentera le plus exigeant des photographes ! Arrivée au village de Tighouza. Traverser le premier groupe de maisons et se diriger vers la deuxième partie du village où se trouve la grosse bâtisse dans laquelle est établi le gîte d’étape. Superbe couscous, douches chaudes appréciables et matelas bien épais, de quoi passer une bonne nuit réparatrice.
Diaporama Court transfert à Telouet en véhicule. Visite de la casbah El Glaoui à Telouet. Repos bien mérité avant d’enchaîner la suite du programme. Bivouac sur le plateau à 1800m (pour situer l'emplacement, quand vous revenez de Telouet, visez la maison solitaire au bord de la route de Tighouza et descendez sur la droite dans le thalweg, la source aménagée se trouve de l'autre côté du vallon).
Visite dans l'après-midi de la casbah de Telouet, château prestigieux aux ornements intérieurs rafinés mais tombant actuellement en décrépitude. Quel dommage ! Le gardien qui vous conduit pendant la visite semble bien désabusé plus les jours passent alors qu'il constate le délitement de l'édifice. Il n'en faudrait pas beaucoup pour qu'il disparaisse à tout jamais...
Vous pouvez aussi faire les 4h de chemin entre Tighouza et Telouet mais cela ne présente pas un grand intérêt car l'itinéraire passe au-dessus du plateau et néglige la traversée de l'oued qui s'insinue entre des parois aux couleurs de roche absolument incroyables. La route, elle, y passe...
8h / +1180m / -730m.
Diaporama Du camp, remonter à la petite maison isolée et traverser la route en direction du lointain tizi n'Telouet dans lequel on distingue les pylônes d'une ligne à haute tension. On passe un canyon en préalable à un parcours au milieu de nombreuses cultures jusqu'à la montée vers un village à flanc de colline. Sortir du village par le haut et trouver la piste qui sera notre fil conducteur pour atteindre la base du col dans un paysage de délire de couleurs fluorescentes rouge et verte. On se dirige vers la droite tout en coupant de nombreuses fois la piste avant de déboucher au col (2500m, 3h). Le panorama sur la vallée qui se présente maintenant devant nos yeux est assurément grandiose. On identifie tout au loin là-bas le village de Titula dans lequel nous avons prévu de passer.
Descente en direction du village en coupant une nouvelle fois de nombreux virages de la piste sur des monticules de petit schiste friable. Au bord du torrent, un agréable endroit invite à nous poser pour le repas de midi (45mn). Prenons des forces car l'après-midi prévoit d'être encore longue... Reprise de la marche par la traversée du torrent en préalable à la rencontre de nombreux villageois travaillant dans les champs. Nous arrivons au village (1h) et descendons traverser une fois de plus le torrent (traversée parfois délicate après les orages...) pour suivre un canal d'irrigation RG qui nous mène bientôt à une école. Continuant tout droit et délaissant l'itinéraire de descente vers la plaine que l'on devine au loin sur la droite, nous voici bientôt repartis dans une étroite gorge serpentant au milieu de gros blocs de grès. Nous traversons la rivière et empruntons le sentier qui s'élève en lacets bien tracés jusqu'à un alpage bien vert (2200m, 2h30) où paissent quelques vaches et brebis. Nuit en tente à quelques encablures du col qui nous domine.
4h30 / +280m / -600m.
Passage du col au pied de l'adrar n'Izikhs et descente par la piste jusqu'au village de Taddert sur la fameuse route du Tizi n’Tichka (1800m, 3h). Ce lieu de passage est bien connu des nombreux tour-opérateurs dont c’est une halte incontournable sur le chemin du sud marocain. Déjeuner dans une des nombreuses gargottes de bord de route (brochettes, kefta,…). Et pourquoi ne pas s'autoriser le "petit" plaisir d'un jus d'oranges pressées ? On est au milieu de notre périple, ça se fête ! Un peu de marche sur la route dans le sens de la descente en début d’après-midi pour rejoindre le plateau d’Afra par la piste qui démarre sur la gauche de la route à quelques centaines de mètres de Taddert. Nous passons désormais dans le massif du Haut Atlas Occidental et la région du Toubkal. On franchit un premier col avant de continuer sur une piste étale pour rejoindre Afra. Au-delà du village, nous posons le camp au milieu d’un plateau verdoyant où paissent de nombreux troupeaux dont la quiétude est parfois interrompue par la tenue d’une partie de foot improvisée… Nuit sous tente un peu humide.
7h / +940m / -570m.
Une belle "bambée" encore aujourd'hui ! La journée se présente en deux parties : une grande descente jusqu'à la vallée du Zat suivie d'une grosse remontée afin de prendre pied sur le plateau du Yagour, cet endroit magique sous la protection la haute cime de l'adrar Meltsène. Départ matinal en direction du village d’Assats. Descente tranquille au cours de laquelle vous pourrez ramasser une variété endémique à cette micro-région de menthe très odorante (les berbères l'appellent la menta) et qui embaume le thé comme nulle autre. Passé ce village, nous entrons maintenant dans des gorges serrées dans lesquelles il faut parfois un peu se mouiller les pieds, le sentier ayant à quelques endroits disparu corps et biens lors de quelques crues mémorables. Nous quittons le canyon peu avant qu'il ne dégringole vers la vallée du Zat pour arriver en courbe de niveau à un belvédère spectaculaire duquel on peut apprécier le "travail" que l'on aura à accomplir cet après-midi... Descente sur un sentier en lacets serrés jusqu'à la passerelle qui permet de franchir au sec la rivière. On peut bien entendu faire la pause de midi dans le village d'Azgour mais on peut aussi souhaiter ne pas s'arrêter tout de suite et continuer de longer en RG pendant 1500m la rivière avant d'obliquer à G sur la piste de Ouarzazt, porte d'entrée à l'est du plateau du Yagour. Nous quittons la vallée du Zat, rocailleuse et fleurie. On commence à présent notre lente ascension. Quelques lacets plus loin à l'occasion de la découverte d'une source en bord de piste, pause déjeuner bien méritée (1700m, 4h) puis reprise de la montée en direction du village d’Ouarzazt. Il n'est pas nécessaire de suivre strictement la piste car l'ancien sentier est encore bien emprunté et entretenu et raccourcit le kilométrage. C'est aussi une alternative plus élégante que de "bouffer" de la poussière... Traversée du village (2300m, 2h) et poursuite sur un chemin qui se faufile entre les cultures pour arriver au lieu-dit des azibs n'Ikkis (2400m, 1h) dans une plaine bien fournie en herbages divers : les mules seront à leur aise ce soir, ce n'est pas toujours fête ! Bivouac sur le plateau de Yagour dans cet endroit réellement enchanteur, célèbre pour ses nombreuses gravures rupestres. Il y en a d'ailleurs tout autour de nous sur les pierres inclinées (c'est la "Vallée des Merveilles" du coin, référence à cette région du Mercantour). D'ailleurs, nous sommes au pied de l’Adrar Meltsene qui culmine à 3595m, l'analogie avec la "Vallée des Merveilles" est frappante puisqu'identiquement dominée par le Mont Bégo, tout aussi mythique. Promenade alentours à la découverte des gravures (sur l'ouvrage Montagnes du Maroc d'Hervé Galley, elles ont même été annotées, super non ?) avant le repas du soir et une nuit sous tente de légende. Plus silencieux, tu meurs...
3h / +200m / -270m.
La traversée du plateau offre un tableau captivant du Haut Atlas : l’Adrar Meltsène est omniprésent et nous rencontrons de nombreux villageois qui travaillent aux champs. Le plateau est recouvert de petites parcelles méticuleusement cultivées, moissonnées ou labourées. Ce sont des carrés, parfois verts, jaunes ou ocre, des terrasses soutenues de murets… Fin mai, c’est un délire multicolore. On passe plusieurs ensembles d’azibs jusqu’à passer le col central du plateau du Yagour marquant la séparation des bassins orographiques E et W. Sur notre gauche, l’adrar Meltsène présente son impressionnante moraine fluviale. L’ascension de ce géant est juste une épreuve d’endurance mais la récompense est au sommet avec un autre 360° de légende sur toute cette région méconnue de l’Atlas occidental. A droite, la trace de descente du lac d’Iferd vient rejoindre notre itinéraire au niveau du col. C’est une autre voie d’accès au plateau du Yagour mais cette fois-ci en venant du N (voir le topo Les cols secrets du Toubkal pour la description des itinéraires). Encore 1/2h de marche et nous nous posons dans le creux d’une gorge dans laquelle coule un ruisseau. Au même endroit, une petite cascade d’eau fraîche tombe abondamment pour qu’on puisse envisager une douche revigorante. Après-midi de repos. Nuit sous tente.
3h30 / +60m / -960m.
Aujourd’hui nous quittons le plateau du Yagour pour rejoindre la vallée de l’Ourika aux abords de Setti Fadma. 30mn après s'être mis en marche, nous traversons les azibs Amddouz où s’opère le choix de descendre tout droit vers Anammer ou aller sur la gauche vers Ouigrene. Nous empruntons le sentier qui se dirige vers Ouigrène et qui s’initialise juste après les multiples murets qui obstruent le cours de la rivière. C'est un parcours en courbe de niveau qui longe la base du Foudrar avant d’atteindre un col d’où on dispose sur notre droite d’une magnifique vue sur le village d’Anammer et ses cultures en terrasses à flanc de montagne (1h). On continue sur le fil de l’arête sur 300m avant de trouver sur la gauche le départ du sentier de descente vers Ouigrène. Ne pas pénétrer dans le village mais suivre la canalisation d’eau qui contourne les habitations par le haut. Ce chemin aboutit précisément sur le sentier principal de retour dans la vallée (un autre sentier plus direct existe depuis le centre du village mais il est si pentu et peu commode qu’il est préférable de ne point l’utiliser…).
A la suite du sentier alors que l'on rejoint la rivière, on emprunte une piste qui dessine un grand virage pour se retrouver de l’autre côté du vallon. Au niveau des premières maisons d’Imi n’Taddert, suivre la ruelle de gauche : celle-ci nous conduit à la passerelle et nous permet de traverser au sec l’oued Ourika. Remontée sur la route goudronnée par une série d’escaliers et prendre à gauche pendant 30mn pour arriver à Azgaour, le village qui précède Setti Fadma. On y trouve sur la gauche un gîte d’étape tout à fait convenable avec les commodités auxquelles un randonneur ne peut pas résister. Epiceries, boutiques, restaurants,… c’est le luxe, quoi !
7h / +1720m / -600m.
Diaporama Après avoir folâtré les deux précédentes journées et récupéré des forces à l’étape, notre périple de ce jour ne sera pas du tout de la même consistance. D’Azgaour, par la route, nous arrivons rapidement à Setti Fadma, village au bord de l’Ourika et fin de la route. Il y a de nombreux touristes chaque fin de semaine ; il est vrai que Marrakech est à 1h30 de route et que l’air de la montagne est bien plus frais que dans la vallée. Poursuite dans la vallée de l’Ourika sur une piste jusqu’à Agadir n’Ait Boulmane (épicerie au creux du virage de la piste, hébergement sommaire sur le toit). Deux possibilités pour l’heure qui suit : soit entrer dans les gorges de l’Ourika (se renseigner à l’épicerie sur la praticabilité du passage, des chaussures adéquates sont de toute façon nécessaires) sinon c’est la remontée de la piste avec mules et muletiers jusqu’à un collet suivie de la descente vers la rivière. La traversée de l’Ourika s’effectue sur un pont en dur (2h depuis Azgaour). Par un sentier en zig-zag qui escalade le coteau en RD, nous nous dirigeons vers Tamatert, très beau village avec des cultures en terrasse splendides et bien étagées dans une vallée très étroite. Contournant le vallon, nous nous élevons sans effort jusqu’au tizi n’Tamatert à 2290m en préalable à la descente dans les gorges d’Assaka où nous pique-niquons à l’ombre des noyers (2h30). Après le repas, montée au tizi n’Amenzal à 2486m. Nous entrons dans une des vallées les plus reculées du Haut-Atlas occidental. Nous traversons le village d’Amenzal et continuons notre progression en suivant des traces de chemin dans les galets chariés par l’asif n’Oufra. Installation du camp bien en amont du village sous le tizi n’Oumchichka aux azibs Boukchoud (2700m, 2h30). Nuit sous tente.
5h30 / +700m / -620m.
On atteint en 1h30 le passage du tizi n’Oumchichka en suivant un sentier très bien tracé qui se redresse à l'approche du col. Nous sommes à 3100m et le panorama qui se présente nous permet d'apprécier l'enfilade de la vallée de l'asif n'Tifni bordée sur sa droite des deux géants rocheux que sont respectivement l'Anrhemer (3892m) et le Bou Iguenouane (3882m). Au fond le massif du Toubkal nous attend. Encore faut-il redescendre dans la vallée et suivre, en contournant la totalité des vallons émissaires, la direction annoncée. Le paysage est aride avec une végétation très rase. Qu'il est long ce parcours en montagnes russes ! Arrivés à une bifurcation (2h30), nous délaissons le sentier de gauche qui s'éloigne du lit de la rivière pour longer une cascade (c'est l'itinéraire direct du tizi n'Ourai via le tizi n'Tougroudadène, voir le topo Les cols secrets du Toubkal) et poursuivons notre périple en pénétrant dans un canyon dans lequel la rivière s'étale largement jusqu'à toucher de part et d'autre les parois, nous obligeant à pratiquer quelques acrobaties pour ne pas trop se mouiller les pieds. Un conseil, enfilez vos chaussures aquatiques pour finir l'étape et tracez direct dans le courant ! Il serait dommageable, maintenant que l'on a accompli les 3/4 du voyage, de glisser sur une pierre moussue... On arrive enfin aux bergeries des azibs Likemt (2600m, 1h30). Le campement s'effectue sur les banquettes (de moins en moins) herbeuses en RD au milieu de blocs rocheux impressionnants. Noter que l'endroit n'est pas d'une grande propreté, est-ce dû à la grande affluence que connait le site, point de convergence tout azimut des différentes boucles autour du Toubkal ? Nuit sous tente.
Noter que si l'on souhaite un peu plus de tranquillité, on peut s'avancer sur le chemin de demain et trouver à l'entrée de la gorge de l'asif Tinzar un emplacement de camp bien plus agréable (30mn des azibs Likemt).
5h30 / +500m / -1370m.
Remontée des gorges de l’asif Tinzar pour déboucher dans une large plaine fluviale au pied du tizi n’Ourai. Suivre le chemin qui monte en écharpe sur la droite pour atteindre le col (3109m, 3h). Tout droit, on se dirigerait vers le sommet de l'Iferouane. Le massif du Toubkal est devant nous et attend notre visite. Il ne reste plus qu'à descendre en direction de la vallée verdoyante d’Amsouzart que l'on devine tout au loin, d'abord par un sentier en direction S (20mn) puis obliquant SW. Sentier sablonneux qui permet de s'économiser physiquement dans la descente. On retrouve une piste à Timzakine (on peut même couper quelques lacets) que l'on suit jusqu'au-dessus d'Amsouzart pour prendre à droite une ruelle poubelle qui longe le ruisseau près du réservoir (1740m). Nuit dans le gîte d’étape qui se trouve à proximité de la rivière juste avant de traverser (épicerie, tagine aux oeufs divin, chambres bien confortables, terrasse et sanitaires corrects).
3h30 / +700m / -130m.
Du gîte nous traversons la rivière et remontons au-dessus du village afin de trouver l’embranchement de la piste qui mène au lac d’Ifni. D’Amsouzart, nous traversons une multitude de beaux villages qui s’accrochent au flanc des montagnes. Quittant son cheminement au milieu des cultures, la piste franchit un monticule assez impressionnant composé de blocs de rochers qui sont tombés il y a bien longtemps des parois rocheuses alentours. Mais toujours pas de lac ! Il faut encore s’avancer pour atteindre un col qui nous permet enfin de contempler au milieu de son paysage lunaire (je vous parle d’un temps où il y avait de l’eau sur la lune, bien entendu…) le lac d’Ifni tant souhaité (2300m, 2h30). Il est vrai que cette cuvette remplie d’une eau à la couleur émeraude est du plus bel effet. Il s’agit à présent de se diriger de l’autre côté. Bien qu’une trace existe en partant sur la gauche à mi-hauteur (elle est utilisée principalement par nos amis marocains), il est préférable de s’engager à droite en légère descente et profiter une heure durant du magnifique paysage qui nous est proposé. Explorant tous les fonds de combes, le sentier nous conduit jusqu’à la moraine fluviale auprès de laquelle ont été construits quelques azibs. Après-midi libre au bord du lac, baignade possible. Nuit sous tente ou dans les azibs.
5h / +1400m / -500m.
Le chemin est évident : il s’agit de remonter le couloir de droite lorsque l’on arrive au sommet de la moraine fluviale (20mn). Il s’ensuit une grosse montée très bien tracée du vallon d’Ifni pour rejoindre Tizi n’Ouanoums (3700m, 3h30), seul passage franchissable par les mules dans la barrière rocheuse du Toubkal. L’arrivée au col est très austère mais dès que l’on a franchi la dernière butte, le paysage qui s’offre à nous est tout simplement fantastique : la vision d’une kyrielle de sommets à plus de 4000m nous récompense de la rude montée que nous venons de connaître. Reste à dévaler la pente jusqu’à l’Ait Mizane puis se diriger à D vers les refuges du Toubkal (3200m). Nuit en refuge ou sous tente.
Noter, si l’on est pas trop fatigué, la possibilité de faire l’ascension de l’un ou des deux sommets du Ouanoukrim qui culminent à plus de 4000m. Pour ce faire, au milieu de la descente du tizi n’Ouanoums, se diriger à G sur une vague trace vers l’évident tizi n’Ouagane puis, au col, remonter à droite vers les sommets du Ouanoukrim en suivant le fil de l’arête (compter 3 à 4h de plus). Le panorama sur la cime du Ouanoukrim permet de contempler des sommets complémentaires à ceux que vous verrez demain du haut du Djbel Toubkal et qui appartiennent à la vallée voisine. On peut aussi rajouter une journée au périple et faire cette randonnée en A/R depuis les refuges du Toubkal.
Attention toutefois aux conditions d’enneigement du tizi n'Ouanoums si le printemps a été froid et pluvieux : dans ce couloir resserré, c’est de la neige qui est tombée tardivement ou au mieux celle qui était présente avant n’a pas pu fondre à cause du froid. Trop tôt en saison, vous passerez peut-être en individuel parfois dans de la « soupe » mais les muletiers refuseront d’y monter pour protéger leurs bêtes qui d’ailleurs pour ce coup-là s’entendent comme larrons en foire avec leurs maîtres. Walou ! La rando est finie… Il ne reste plus qu’à resdescendre la vallée d’Amsouzart et rentrer à Marrakech par la route en autocar ou en grand taxi. Autre possibilité de contournement depuis Amsouzart par le village de Tissaldai jusqu’aux azibs Irhil n’Tarbaloute puis le col du tizi n’Tagharart. Beaucoup moins encaissés et mieux exposés, les deux cols à franchir sont souvent libres de névés alors que le tizi n’Ouanoums est encore pris (voir topo Les cols secrets du Toubkal). Descente sur Sidi Chamarouch et remontée aux refuges du Toubkal pour grimper sur le Djbel Toubkal (compter de ce fait une journée de plus au périple).
9h / +960m / -2600m.
Ascension du Djbel Toubkal, point culminant d’Afrique du Nord (4167m) en A/R par la voie normale dite de l’Ikhibi sud. Cette course ne présente pas de difficulté technique et permet de jouir d’une vue extraordinaire sur le massif ainsi que sur la plaine du Haouz. Retour à notre camp de base ou mieux encore : plutôt que de redescendre par le même itinéraire, du sommet partir vers le N sur la crête (il y a une trace) et basculer à G dans la deuxième voie de descente de l’Ikhibi nord. Arrivée dans le vallon de l’Ait Mizane à 30mn en aval du site où sont construits les refuges. Vous retrouvez votre équipe de muletiers pour enchaîner la descente vers Imlil, terme de la randonnée. On passe par le marabout Sidi Chamarouch. On poursuit vers Aremd et pour cette dernière soirée, nuit en gîte d’étape dans le village d'Ait Souka.
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Relevés de terrain mai 2006
Commentaires (3)
1. Bosc Sylvie 08/02/2010
Bonjour
Merci pour votre très beau site. Je prépare une escapade au Maroc, le trek n°1 semble merveilleux mais cette formule sur 20 jours, n'est elle pas une proposition en direction des personnes très entrainées ?
Bonne suite
SYLVIE
2. marie-hélène Siran 10/05/2010
Bonjour
Merci et bravo pour votre site, très agréable, pratique, avec ses cartes, ces itinéraires détaillés et surtout ses diaporamas, qui donnent une bonne idée des paysages traversés...
Hélas mon mari et moi ne disposons que d'une semaine de vacances !
Nous arrivons à Marrakech vendredi 28 mai.
Nous voulons fuir les sentiers de montagne trop courus et ne sommes pas des randonneurs assez entrainés pour marcher 7 jours d'affilée.
Nous souhaiterions faire une trek dans cette belle nature 4 ou 5 jours durant (mais pas au pas de course, nous ne cherchons pas la performance mais le dépaysement). Pourriez-vous nous conseiller un itinéraire "raccourci" inspiré de celui-ci ? GTAM n°1 (Agouti - Imlil)
Merci beaucoup.
3. Arsenal fc shirts 18/05/2012
England new jersey white tone, complemented by red color, including the chest of the Three Lions logo and red trim on the collar line. Contains two colors of red and white England St George Cross flag.