[Maroc] GTAM n°1 (Agouti - Imlil)

INTRODUCTION GTAMGTAM

 

Empruntant des sentiers muletiers centenaires, cette portion de la Grande Traversée de l’Atlas Marocain relie la vallée des Aït Bouguemez à l’est au « Chamonix marocain », à savoir le village d’Imlil à l’ouest. Côté montagne, c’est la traversée du haut-Atlas entre les deux sommets emblématiques du pays : le M’Goun (4068m) et le Toubkal (4167m). La randonnée d’une vingtaine de jours s’effectue de préférence avec un accompagnateur de montagne marocain. Vous aurez comme compagnons de route mules et muletiers, ces derniers se chargeant des bagages et de toute l’intendance. Le meilleur compromis est de réaliser ce trek en autonomie partielle (principalement sous tente, quelques arrêts en gîte d’étape GTAM et ravitaillement dans les villages), sur une période qui s’étend de fin mai à octobre (attention à l’impossibilité de passer des cols si l’enneigement a été tardif).

En complément des paysages somptueux que vous allez découvrir, c’est une véritable petite équipe que vous composerez et la solidarité du groupe vous permettra d’accéder au but que vous vous êtes fixés. Que ce soient l’accompagnateur ou les muletiers, ces derniers vous permettront de franchir la barrière de la langue afin d’échanger avec la foultitude des gens que vous allez croiser sur les chemins (nomades, bergers, agriculteurs, colporteurs, villageois, etc.) et qui viendront partager un moment de votre vie à l’occasion d’une halte, d’un repas ou d’une nuit sous tente.

Depuis, la liste des GTAM s'est étoffée de 4 nouveaux opus GTAM2 (Imilchil - Hadida en 2007), GTAM3 (Midelt - Bou Taghar en 2010), GTAM4 (Imlil - Atlantique en 2012) et GTAM5 (Talmakant - Imlil).

La carte interactive est disponible sur Google Maps et n'oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec la carte téléchargeable en PDF) et bien d'autres choses encore.

 

Téléchargez les cartes du circuit au format PDF : Carte générale GTAM1 Carte générale GTAM1   Carte générale GTAM1 Carte détaillée GTAM1

 

Coquelicots

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : Marrakech - Cascades d'Ouzoud - Ait Bouguemez

6h de voiture.
De bon matin on quitte Marrakech pour la vallée des Aït Bouguemez (1800m). Sur le chemin, passage obligé aux splendides cascades d’Ouzoud, site enchanteur sur lequel on pourra faire connaissance avec la nourriture locale : le fameux tagine. Diaporama Circuit pédestre sur place permettant en une grosse demi-heure de découvrir les cascades sous deux aspects : d'abord d'en haut puis d'en bas. Reprise du trajet en voiture. Encore un peu de plaine avant de s'engouffrer au milieu de la chaîne montagneuse et pénétrer dans la vallée des Aït Bouguemez. Arrivée au village d'Agouti, premier village de la vallée. Rencontre avec les muletiers. Nuit dans l'un des gîtes d'étape du village d'Agouti (1700 m, T, C, E).

Les cascades d'Ozoud

Jour 2 : Agouti - Azibs n'Ikiss

3h30 / +750m / -0m.
Diaporama Du village d’Agouti situé dans la basse vallée des Aït Bouguemez, ce long ruban vert qui serpente entre les montagnes ocres, on traverse les champs d'orge et de blé qui emplissent les espaces pour se retrouver sur la piste d‘Arous, un joli village aux maisons en pisé. Une visite en A/R pour s'imprégner de l'ambiance avant de poursuivre plein sud au milieu des cultures au printemps envahies de fleurs de coquelicots. On s'élève jusqu'à une petite bergerie située sur la droite un peu au-dessus du lit de l’assif n’Arous. Les sommets alentours sont arides et déchiquetés. On contourne la montagne qui se trouve sur la droite tout en restant en courbe de niveau jusqu’aux azibs n’Ikiss à 2350m. Après-midi de farniente en prélude à la rude montée de demain matin vers le fond de la vallée. Nuit sous tente à proximité d'un petit torrent qui se faufile dans l'herbe grasse et dont les banquettes sont parfois envahies de chardons bien urticants.

Jour 3 : Azibs n’Ikiss - Tizi n’Aghrai - Plateau de Tarkedit

4h / +1100m / -530m.
Diaporama Remonter le vallon jusqu'à un premier col à 3100m puis obliquer sur la gauche afin de rejoindre 300 mètres plus haut le tizi n’Aghrai et duquel on peut admirer la longue chaîne montagneuse du M’Goun (2h30, 3400m). A sa base, la couleur vert pomme de l'immense plateau de Tarkedit tranche avec l'ocre de la terre et la noirceur du schiste des montagnes. Après une descente spectaculaire par la beauté du paysage et toujours le M'Goun à horizon, on pose le pied sur l'épais gazon du plateau de Tarkedit (1h30, 2900m). C'est le lieu de convergence des bergers de toutes les vallées. A la bonne saison, c'est-à-dire une fois que les cols sont libres de la neige de l'hiver, on pourra même y croiser des dromadaires… Il faut dire que les nomades du désert, ceux de la tribu des Aït Atta, dont vous pourrez demain apprécier l'étendue de leur domaine depuis le sommet du M'Goun, franchissent chaque année le tizi n‘Iquantula à 3640m, point de faiblesse dans la chaîne montagneuse. Ils le passent une première fois au milieu du printemps pour venir faire paître leurs troupeaux et une seconde pour repartir, hommes, femmes, enfants et bêtes juste avant les premières neiges à l'automne. Ils resteront ainsi tout l'été dans la relative fraîcheur du site, fraîcheur accentuée par l'humidité régnante dont on pourra d'ailleurs attester cette nuit, bien au chaud dans le duvet... Nuit sous tente. Noter la présence d'un petit refuge de montagne s'il s'avérait que l'humidité du site ne convenait pas.

 

Jour 4 : Plateau de Tarkedit - A/R M’Goun

8h / +1270m / -1270m.
Diaporama On prévoit un départ bien avant le lever du soleil afin de pouvoir arriver sur la crête avant que ses rayons n'aient pas encore transformé l'étendue de neige qui ferme souvent, parfois jusqu'au milieu de l'été, le haut du vallon d'ascension. C'est un superbe chemin très bien tracé car emprunté par de nombreux groupes de trekkeurs. On atteint ainsi la crête aux alentours de 4000m en quelques 3h d'une montée progressive. Attention au vent très violent : les rafales sont latérales et de ce fait extrêmement puissantes et déstabilisantes car, venant du S, c'est le premier obstacle digne de ce nom qu'il rencontre depuis quelques milliers de kilomètres.... En un mot c'est un sommet très dangereux si les conditions atmosphériques ne sont pas optimales. Prenez garde et écoutez bien votre accompagnateur s'il vous conseille de ne pas aller plus avant. Au cours des années précédentes, de trop nombreux accidents se sont produits, souvent dus à l'imprudence de touristes bien plus qu'à la soi-disant incompétence des accompagnateurs locaux, les touristes étant captivés par la perspective d'accrocher un 4000 à leur palmarès, parfois l'unique de toute leur vie de randonneur occasionnel. « Prudence est mère de sûreté », dit-on... Ces avertissements écrits, passons maintenant aux paysages : au S, c'est le désert, immense, infini, brumeux... Au N, on domine le plateau de Tarkedit sur lequel on se trouvait ce matin. On prend la direction E en suivant le fil de la large arête pour atteindre l'Oumsod, le point culminant du M'Goun et du Haut-Atlas central (4068m), après avoir joué à saute-moutons pendant près de 2h. De part et d'autre du sentier et principalement en face N, les parois délitées présentent un aspect austère et fascinant. On peut se rendre compte que des itinéraires de descente rapide ont été essayés par quelques randonneurs un peu casse-cou... Le panorama au sommet récompense de l'effort accompli : 360° de bonheur intégral. Descente par le même chemin sur Tarkedit en 3h. Nuit sous tente.

Jour 5 : Plateau de Tarkedit - Camp au bord de l'assif Tessaout

4h30 / +280m / -880m.
Diaporama De Tarkedit (2900m), on se dirige vers le tizi n’Asdrem Tessaout à 3100m. A l'extrémité W du plateau de Tarkedit,  là où l'assif Tessaout prend sa source avant de pénétrer dans de belles gorges sauvages (la descente des gorges de Wandras présente des passages délicats voire vertigineux, au moins trois d'entre eux nécessitent l'emploi d'une corde et du matériel de rappel, et sort du périmètre conventionnel de la randonnée), on bifurque à droite pour emprunter en montée quelques lacets d'un chemin évident qui serpente entre les azibs pour conduire en 1h30 au col. Superbe panorama sur la vallée verdoyante de la Tessaout, très agraire, qui contraste avec les montagnes rouges au milieu de laquelle la rivière a creusé son lit. La descente du col est quelque peu pentue avant de longer en encorbellement le ruisseau souvent à sec. Un petit passage resserré sous une roche en surplomb et quelques lacets plus loin, voici que l'on arrive à Idroumamène (traduction : la source aux genévriers). On peut y faire halte pour le repas de midi, mais pourquoi donc ne pas continuer la descente vers l'assif Tessaout et terminer cette matinée au bord de l'eau ? Sitôt dit, sitôt fait : quittant le chemin principal qui descend vers le village de Tasgaïwalt et ses cultures en terrasse, on incline à G sur un sentier confidentiel qui désescalade le coteau jusqu'à la rivière (45mn, 2400m). On part ensuite sur la gauche pour se poser sous les frondaisons à quelques pas du torrent. Après-midi de détente, de baignade revigorante, mais on peut aussi aller explorer en 1h A/R la sortie des gorges de Wandras (de toute manière, on ne peut pas aller très loin...). Nuit sous tente au bord de l’assif Tessaout.

 

Jour 6 : Assif Tessaout - Aït Ali n’Itno

7h / +140m / -580m.
Diaporama On remonte le vallon en direction des gorges de Wandras jusqu'au petit pont qui enjambe le torrent avant de traverser l'assif Tessaout pour atteindre en 30mn le petit col qui se présente sur la droite. Il donne accès à un vaste plateau au milieu duquel est posé le village de Tessaout n’Ouffela. Nulle possibilité de se tromper : on peut constater l'étonnement des enfants et des villageois adultes à voir notre groupe traverser les ruelles de leur village pourtant bien caché de l'itinéraire conventionnel. La couleur flashy de l'orge dans les champs contraste avec le rouge grenat presque vineux de la roche alentour. Un peu de piste en sortie du village avant de rejoindre le fond de la vallée de la Tessaout en suivant les chemins d'exploitation tracés entre les terrasses. Une fois la piste principale retrouvée en sortie de Tasgaïwalt, on poursuit la descente sur un large chemin. On passe au cœur du village d’Amezri (boutique pour ravitaillement, gîte d'étape), puis au pied d’Ichbbakene perché bien au-dessus de la rivière, protégé des crues subites de la Tessaout consécutives aux orages qui sont parfois très violents et arrosés... On continue la descente de la vallée et on traverse la rivière à plusieurs reprises (chaussures adéquates préconisées). L'étape parait interminable tant le village espéré tarde à se présenter. Enfin, on retrouve une piste et quelques engins automobiles qui attendent le soir pour ramener au village tout ce beau monde qui travaille dans les champs, et il n'y en a pas qu'un peu ! Aït Ali n‘Itno (T, C, E) nous apparait. Nuit dans le confortable gîte d’étape qui domine la rivière.

 

Jour 7 : Aït Ali n’Itno - Megdaz - Taouadja

7h / +1300m / -850m.
Diaporama Descente du gîte d'étape, traversée de la Tessaout pour emprunter une heure durant la piste qui conduit à flanc de falaise au célèbre village de Megdaz à 1961m, village classé au patrimoine de l’UNESCO. Vous pourrez noter la prolifération des paraboles satellites qui « habillent » chaque maison de pisé (un peu de sérieux quand même ! Il faudrait juste un peu de bon sens « paysan » pour mettre en route une action d'habillage des paraboles afin de les recouvrir de peinture marron, réduisant de facto la pollution visuelle sans altérer le fonctionnement ; de  toutes les manières le temps se chargera bien de les recouvrir d'une couche de rouille et exaucera notre vœu...).

 

Le village parabolique de Megdaz

La visite rapide du village accomplie, on redescend jusqu'à la rivière pour monter vers l'W en face de Megdaz jusqu'à la crête (belle vue d'ensemble) et rejoindre le tizi n'Megdaz à 2454m par un chemin confidentiel en courbe de niveau sur le fil de la crête  précédant un cheminement sur la droite à flanc de vallon. Puis c'est une descente directe jusqu'aux champs de seigle en contrebas avant de passer à proximité de l'école du village de Tagourkht à 2018m. On s'engage dans la remontée du coteau d'en face toujours en direction de l'W pour rejoindre Tifardzine d'abord au travers d'une forêt clairsemée RG d'un vallon puis en traversant un espace lunaire de toute beauté au passage d'un col. Ensuite, il faut continuer à suivre le chemin pour venir buter sur une crête que l'on franchit par un point de faiblesse. Le sentier est bien tracé et paraît emprunté par de nombreux troupeaux. De l'autre côté de l'arête, on arrive au lieu-dit Taouadja, terme du périple de la journée où l'on campe. Attention, demander aux nomades installés sur le site l'emplacement de l'unique source d'eau potable, le goût de l'eau issue des autres étant fortement salé. Nuit sous tente.
 

Jour 8 : Taoudja - Lac Tamda - Tighouza

8h30 / +760m / -1240m.

Diaporama Du camp, on rejoint le tizi n‘Fadghate (30mn, 2150m). On suit un moment la route en descente vers la G pour trouver sur la D le départ d'une piste qui se dirige vers un ensemble de montagnes. On avance un peu avant de traverser le lit d'une rivière à sec (noter juste avant la première montée le tuyau qui court sur les galets pour alimenter quelques azibs en contrebas ; on peut défaire le joint pour compléter si nécessaire la réserve d'eau mais bien entendu on n'oublie pas de le réajuster ! Merci pour les nomades).

 

Le lac Tamda

Le sentier atteint un premier col à 2600m auquel succède un chemin à flanc de vallon qui rejoint dans une ambiance plus austère et rocailleuse un deuxième col à 2800m. Le passage de ce dernier donne accès par une rapide désescalade jusqu'à un oued à sec. On descend vers la G pour gagner le lac Tamda n’Ounghmar (2h30, 2600m). Dès le mois de mai, de nombreux bergers viennent faire paître leurs troupeaux alentours. Ceux-ci remontent depuis le village de Tighouza situé dans la haute vallée de l'Ounila, vallée que l'on aura l'occasion de parcourir plus avant en deuxième partie de journée.

 

C'est à proximité des azibs que l'on établira le camp si d'aventure il est dans les plans de monter sur la cime du Jbel Anghomar qui s'élève sur la droite du lac (sens de la marche). D'une altitude de 3600m, c'est un très beau belvédère certes mais un extraordinaire tas de cailloux que l'on escalade et désescalade à 100% sur du pierrier ! Compter 5h A/R et de ce fait une journée supplémentaire au temps de parcours prévu pour la GTAM.

 

On poursuit le périple par une descente tranquille : on passe d'abord à proximité des azibs Anfergal avant de traverser un ensemble de cultures au pied d'une roche de forme et couleur caractéristiques (55mn). On tourne sur la gauche pour entrer dans les gorges de l’Ounila habillées de grès rose et envahies de lauriers. Splendide parcours sur un sentier en encorbellement qui contentera le plus exigeant des photographes ! Arrivée au village de Tighouza (T, C, E). On traverse le premier groupe de maisons avant de se diriger vers la deuxième partie du village où se trouve la grosse bâtisse du gîte d’étape. Superbe couscous, douches chaudes appréciables et matelas bien épais, de quoi passer une bonne nuit réparatrice.

 

Jour 9 : Tighouza - Telouet

1h de voiture ou 4h / +400m / -400m.
Diaporama Court transfert à Telouet en véhicule. Visite de la casbah El Glaoui qui surplombe le village. Château prestigieux aux ornements intérieurs raffinés mais tombant actuellement en décrépitude. Quel dommage ! Le gardien qui vous conduit pendant la visite semble bien désabusé plus les jours passent alors qu'il constate le délitement de l'édifice. Il n'en faudrait pas beaucoup pour qu'il disparaisse à tout jamais... Repos bien mérité avant d’enchaîner la suite du programme. Bivouac sur le plateau à 1800m (pour situer l'emplacement, quand on revient à pieds de Telouet, viser la maison solitaire au bord de la route de Tighouza et descendre sur la D dans le thalweg, la source aménagée se trouve de l'autre côté du vallon, C, E & T chez l'habitant).

On peut aussi faire les 4h de chemin entre Tighouza et Telouet mais cela ne présente pas un grand intérêt car l'itinéraire passe au-dessus du plateau et néglige la traversée de l'oued qui s'insinue entre des parois aux couleurs de roche absolument incroyables. La route, elle, y passe...

 

Jour 10 : Telouet - Tizi n'Telouet - Col au-dessus de Titula

8h / +1180m / -730m.
Diaporama Du camp, on remonte à la petite maison isolée et on traverse la route en direction du lointain tizi n'Telouet aisément identifiable aux pylônes d'une ligne à haute tension qui y sont érigés. On passe un canyon en préalable à un parcours au milieu de nombreuses cultures jusqu'à la montée vers un village à flanc de colline. On sort du village par le haut et trouver la piste qui sera le fil conducteur pour rejoindre la base du col dans un paysage de délire peint de couleurs fluorescentes rouge et verte. On se dirige vers la D en coupant de nombreuses fois la piste avant de déboucher au col (3h, 2500m). Le panorama sur la vallée qui se présente maintenant est assurément grandiose. Au creux d'un vallon très minéral, on identifie tout au loin là-bas le village de Titula.

 

Sous le tizi n'Telouet

 

Descente en direction du village en coupant une nouvelle fois de nombreux virages de la piste sur des monticules de petit schiste friable. Au bord du torrent, un agréable endroit invite à se poser pour le repas de midi (45mn, 2250m). Il est fortement conseillé de reprendre des forces car l'après-midi prévoit d'être encore longue... Reprise de la marche par la traversée du torrent en préalable à la rencontre de nombreux villageois travaillant dans les champs. On traverse le village de Titula (1h) puis c'est une nouvelle descente vers la G pour aller traverser le torrent (traversée parfois délicate après les orages...) et suivre un canal d'irrigation qui court à mi-hauteur en RG. Celui-ci conduit bientôt jusqu'à l'école. Continuant tout droit et délaissant l'itinéraire de descente vers la plaine que l'on devine au loin sur la droite, nous voici bientôt repartis dans une étroite gorge serpentant au milieu de gros blocs de grès. On traverse le torrent pour emprunter le sentier qui s'élève en lacets bien tracés jusqu'à un alpage verdoyant (2h30, 2200m) sur lequel quelques vaches et brebis sont à l'estive. Nuit en tente à quelques encablures d'un col.

Jour 11 : Col au-dessus de Titula - Taddert - Afra

4h30 / +280m / -600m.
Passage du col au pied de l'adrar n‘Izikhs et descente par la piste jusqu'au village de Taddert (3h, 1800m, T, C, E) situé sur la fameuse route du tizi n’Tichka Ce lieu de passage est bien connu des nombreux tour-opérateurs dont c’est la halte incontournable sur le chemin du sud marocain. Déjeuner dans une des nombreuses gargotes de bord de route (brochettes, kefta, etc.). Et pourquoi ne pas s'autoriser le « petit » plaisir d'un jus d'oranges pressées ? On est au milieu du périple, ça se fête ! De retour à la dure réalité, c'est un peu de marche sur la route dans le sens de la descente qui initialise l’après-midi pour rejoindre le plateau d’Afra par la piste. Celle-ci démarre sur la gauche de la route, quelques centaines de mètres en aval de Taddert. On passe désormais dans le massif du haut-Atlas occidental en entrant dans le massif du Toubkal. On franchit un premier col avant de continuer sur une piste étale et rejoindre le village d‘Afra. Un peu au-delà des dernières maisons, on pose le camp au milieu d’un plateau verdoyant où paissent de nombreux troupeaux dont la quiétude est parfois interrompue par la tenue d’une partie de foot improvisée… Nuit sous tente un peu humide.

Le village d'Assats

Jour 12 : Afra - Azibs n'Ikkis (Plateau du Yagour)

7h / +940m / -570m.
Encore une belle « bambée » aujourd'hui ! La journée se présente en deux parties : une grande descente jusqu'à la vallée de l'oued Zat suivie d'une grosse remontée afin de prendre pied sur le plateau du Yagour, cet endroit magique placé sous la protection la haute cime de l‘adrar Meltsene. Départ matinal en direction du village d’Assats. Descente tranquille au cours de laquelle on pourra ramasser une variété endémique à cette micro-région de menthe très odorante (les berbères l'appellent la menta). Elle embaume le thé comme nulle autre. Passé ce village, on entre maintenant dans des gorges serrées dans lesquelles il faut parfois un peu se mouiller les pieds, le sentier ayant en maints endroits disparu corps et biens lors de quelques crues mémorables. On quitte le canyon peu avant qu'il ne dégringole vers la vallée du Zat pour arriver en courbe de niveau à un belvédère spectaculaire duquel on peut apprécier la tâche que l'on aura à accomplir cet après-midi... Descente sur un sentier en lacets serrés jusqu'à la passerelle permettant de franchir au sec la rivière (3h30, 1600m). On part sur la D pour passer au pied du village d‘Azgour et longer la rivière sur sa RG pendant 1500m avant d'obliquer à gauche sur la piste de Ouarzast, porte d'entrée E du plateau du Yagour. On quitte donc la vallée du Zat, rocailleuse et fleurie, pour commencer à présent la lente ascension vers le ciel... Quelques lacets plus loin, à l'occasion de la découverte d'une source en bord de piste, pause déjeuner bien méritée au niveau d'un belvédère rocheux qui surplombe la rivière (30mn, 1700m).  Puis c'est la reprise de l'ascension en direction du village de Ouarzast. Il n'est pas nécessaire de suivre strictement la piste car l'ancien sentier est encore viable et bien emprunté. Très correctement entretenu, il raccourcit le kilométrage et permet une alternative plus élégante que de « bouffer » de la poussière... Traversée du village de Ouarzast (2h, 2300m) et poursuite sur un chemin qui se faufile entre les cultures pour arriver aux azibs n‘Ikkis (1h, 2400m) dans une plaine bien fournie en herbages divers : les mules seront à leur aise ce soir, ce n'est pas toujours fête ! Bivouac sur le plateau de Yagour dans cet endroit réellement enchanteur, célèbre pour ses nombreuses gravures rupestres. Il y en a d'ailleurs tout autour, sur les pierres inclinées (c'est la « Vallée des Merveilles » du coin, référence à cette région du Mercantour). D'ailleurs, au pied de l’adrar Meltsène qui culmine à 3595m, l'analogie avec la « Vallée des Merveilles » est frappante puisque identiquement dominée par le Mont Bégo, tout aussi mythique. Promenade alentours à la découverte des gravures (sur l'ouvrage Montagnes du Maroc d'Hervé Galley, elles ont même été annotées, super non ?) avant le repas du soir et une nuit sous tente de légende. Plus silencieux, tu meurs…

Jour 13 : Plateau du Yagour : Azibs n’Ikkis - Azibs Amdouz

3h / +200m / -270m.

La traversée du plateau offre un tableau captivant du haut-Atlas : l’adrar Meltsène est omniprésent et on croise de nombreux villageois qui travaillent aux champs. Le plateau est recouvert de petites parcelles méticuleusement cultivées, moissonnées ou labourées. Ce sont des carrés, parfois verts, jaunes ou ocre, des terrasses soutenues de murets… Fin mai, c’est un délire multicolore. On passe plusieurs ensembles d’azibs jusqu’à franchir le col central du plateau du Yagour marquant la séparation des bassins orographiques E et W. Sur la gauche, l’adrar Meltsène présente son impressionnante moraine fluviale. L’ascension de ce géant est juste une épreuve d’endurance mais la récompense est au sommet avec un autre 360° de légende sur toute cette région méconnue du haut-Atlas occidental. A droite, la trace de descente du lac d’Iferd vient rejoindre l'itinéraire décrit au niveau du col. C’est une autre voie d’accès au plateau du Yagour mais cette fois-ci en venant du N, du village d‘Arba Tighedouine situé dans la basse vallée du Zat (voir le topo Les cols secrets du Toubkal). Encore 30mn de marche et on se pose dans le creux d’une gorge dans laquelle coule un ruisseau. Au même endroit, une petite cascade d’eau fraîche tombe abondamment pour qu’on puisse envisager une douche revigorante. Après-midi de farniente ou alors, envisager de partir à la recherche de quelques gravures rupestres alentours. Nuit sous tente.

 

Variante ascension de l’adrar Meltsène (compter 6h à ajouter au temps de la journée +1300m / -1300m) : juste avant de passer le large col 1h20 après s’être mis en route, se diriger sur la G vers l’immense cône de déjection issu de la face N de l’adrar Meltsène. Traverser la rivière et remonter jusqu’aux premiers azibs à 2300m. Poursuivre sur la moraine fluviale jusqu’aux azibs n’Ouagouns supérieurs 200m plus haut au pied des parois N de l’adrar Meltsène. En saison, il y a deux sources à proximité. S’enfoncer dans le thalweg qui part sur la D plein W et, hors sentier, remonter de manière évidente le vallon jusqu’au col à 3107m (2h depuis les azibs). Vous aurez pu noter que, dans la deuxième partie de l’ascension, la pente devenait plus soutenue mais sans excès... Au col, monter pleine pente sur la G sur le fil de la crête NW jusqu’à un sommet pointu (30mn). A l’approche de l’antécime W, la pente se redresse à nouveau. Poursuivre toujours sur la crête et atteindre le dernier ressaut qui donne accès, par un « faux-plat montant », au sommet proprement dit (1h). On redescend par le même chemin de crête jusqu’au premier col à 3107m (1h). Au-delà, ne pas redescendre dans la combe que vous avez parcourue ce matin mais se diriger vers un large collet en RG du vallon. Suivre un moment une trace qui chemine côté gauche de la crête et atteindre un sommet herbeux. Descendre au mieux par des pentes d’herbe et de buissons épineux (attention où l’on pose les mains lors d’une glissade !) dans le vallon de gauche au milieu duquel coule un ruisseau. Une fois en bas, suivre le cours d’eau pendant 10mn jusqu’à son confluent avec celui qui provient du vallon voisin. Traverser la rivière et remonter une trentaine de mètres pour rejoindre un vague sentier qui conduit en courbe de niveau jusqu’à la piste qui desservait une mine aujourd’hui désaffectée (2h30). Suivre la piste en descente, négocier un lacet puis la quitter pour rejoindre au travers d’un maquis clairsemé de cistes le col que l’on voit sur la gauche et dans lequel on rejoint le sentier principal qui traverse le plateau du Yagour. Au col, à gauche toute !  Il ne reste plus que 30 petites minutes de marche…

Jour 14 : Plateau du Yagour : Azibs Amdouz - Azgaour

3h30 / +60m / -960m.

Aujourd’hui on quitte le plateau du Yagour pour rejoindre la vallée de l’Ourika aux abords de Setti Fadma. 30mn après s'être mis en marche, voici que l'on traverse les azibs Amdouz où s’opère le choix de descendre tout droit vers Anammer ou aller sur la gauche vers Ouigrène. Cap à G pour emprunter le sentier qui court à flanc, le départ se trouvant juste après les multiples murets qui obstruent le cours de la rivière. C'est un parcours en courbe de niveau qui longe la base du Foudrar avant d’atteindre un col d’où on dispose sur la droite d’une magnifique vue plongeante sur le village d’Anammer et ses cultures en terrasses à flanc de montagne (1h). On continue sur le fil de l’arête pendant 300m avant de trouver sur la G le départ du sentier de descente vers Ouigrène. Plus bas, on ne pénètre pas dans le village mais on suit la canalisation d’eau qui contourne les habitations par le haut. Ce chemin aboutit précisément sur le sentier principal de retour dans la vallée (un autre sentier plus direct existe depuis le centre du village mais il est si pentu et bien peu commode qu’il est préférable de ne point l’utiliser…).

 

Le plateau du Yagour

A la suite du sentier, alors que l'on rejoint la rivière, on emprunte une piste qui dessine un grand virage pour se retrouver de l’autre côté du vallon. Au niveau des premières maisons d’Imi n’Taddert, on suit la ruelle de G : celle-ci conduit à la passerelle qui permet de traverser l’oued Ourika les pieds au sec. Remontée sur la route par une série d’escaliers puis à G pendant 30mn sur le goudron pour arriver à Azgaour (boutiques, T, C, E), le village qui précède Setti Fadma. On y trouve sur la gauche un gîte d’étape tout à fait convenable avec les commodités auxquelles un randonneur ne peut pas résister (bon repas, douches chaudes et boissons gazeuses...). Juste en face, on trouve épiceries, boutiques, restaurants,… c’est le luxe, quoi !

Jour 15 : Azgaour - Tamatert - Amenzal - Azibs Boukchoud.

7h / +1720m / -600m.
Diaporama Après avoir folâtré les deux précédentes journées et récupéré des forces à l’étape, le périple de ce jour ne sera pas du tout de la même consistance. D’Azgaour, en continuant par la route, on arrive rapidement à Setti Fadma (boutiques, restaurants, T, C, E), village au bord de l’oued Ourika et fin du goudron. Il y a de nombreux touristes chaque fin de semaine ; il est vrai que Marrakech n'est qu'à 1h30 de route et que l’air de la montagne est bien plus frais que celui de la plaine du Haouz... On poursuit le périple le long de l’oued Ourika sur une piste jusqu’à Agadir n’Ait Boulmane (épicerie au creux du virage de la piste, hébergement sommaire sur le toit). Deux possibilités pour l’heure qui suit : soit entrer dans les gorges de l’Ourika (se renseigner à l’épicerie sur la praticabilité du passage, des chaussures adéquates sont de toute façon nécessaires) sinon c’est la remontée de la piste avec mules et muletiers jusqu’à un collet, suivie de la descente vers la rivière. La traversée de l’oued Ourika s’effectue sur un pont en dur (2h depuis Azgaour). Par un sentier en zigzag qui escalade le coteau en RD, on se dirige vers Tamatert, un très beau village avec de splendides cultures en terrasses bien étagées dans une vallée très étroite. Contournant le vallon, on s'élève sans effort jusqu’au tizi n’Tamatert à 2290m en préalable à la descente dans les gorges d’Assaka où le pique-nique est de rigueur à l’ombre des noyers (2h30). Après le repas, montée au tizi n’Amenzal à 2486m. On entre dans une des vallées les plus reculées du haut-Atlas occidental. On traverse le village d’Amenzal avant de continuer la progression en suivant des traces de chemin dans les galets charriés par l’assif n’Oufra. Installation du camp bien en amont du village sous le tizi n’Oumchichka au niveau des azibs Boukchoud (2h30, 2700m). Nuit sous tente.

 

Jour 16 : Azibs Boukchoud - Tizi n’Oumchichka - Azibs Likemt.

5h30 / +700m / -620m.
On atteint en 1h30 le passage du tizi n’Oumchichka en suivant un sentier très bien tracé qui se redresse à l'approche du col. On se trouve à 3100m et le panorama qui se présente permet d'apprécier l'enfilade de la vallée de l'assif n'Tifni bordée sur sa droite des deux géants rocheux que sont respectivement l'Annrhemer (3892m) et le Bou Iguenouane (3882m). Au fond, le massif du Toubkal attend notre venue. Encore faut-il redescendre dans la vallée et suivre, en contournant la totalité des vallons émissaires, la direction annoncée. Le paysage est aride avec une végétation très rase. Qu'il est long ce parcours en montagnes russes ! Arrivés à une bifurcation (2h30), on délaisse le sentier de gauche qui s'éloigne du lit de la rivière pour longer une cascade (c'est l'itinéraire direct pour Amsouzart passant par le tizi n‘Ourai et le tizi n‘Tougroudadène) et on poursuit le périple en pénétrant dans un canyon dans lequel la rivière s'étale largement jusqu'à toucher de part et d'autre les parois, obligeant à pratiquer quelques acrobaties pour ne pas trop se mouiller les pieds. Un conseil, il est préférable d'enfiler ses chaussures aquatiques pour finir l'étape et tracer direct dans le courant ! Il serait dommageable, maintenant que l'on a accompli la quasi totalité du voyage, de glisser sur une pierre moussue...  On arrive enfin aux bergeries des azibs Likemt (1h30, 2600m). Le campement s'effectue sur les banquettes (de moins en moins) herbeuses en RD au milieu de blocs rocheux impressionnants. Noter que l'endroit n'est pas d'une grande propreté, est-ce dû à la grande affluence que connait le site, étant le point de convergence tout azimut des différentes boucles autour du Toubkal ? Nuit sous tente.

Noter que si l'on souhaite un peu plus de tranquillité (et de propreté…), on peut s'avancer sur le chemin de demain et trouver à l'entrée de la gorge de l'assif Tinzar un emplacement de camp bien plus agréable (compter 30mn de plus depuis les azibs Likemt).

Le long de l'asif Tinzar

Jour 17 : Azibs Likemt - Tizi n’Ourai - Amsouzart.

5h30 / +500m / -1370m.

Remontée des gorges de l’assif Tinzar pour déboucher dans une large plaine fluviale au pied du tizi n’Ourai. On avance dans une gorge encaissée avant d'en sortir et suivre le chemin qui monte en écharpe sur la droite pour atteindre le col (3h, 3109m). Tout droit, on se dirigerait vers le sommet de l'adrar Iferouane. Du col, le Toubkal devient proéminent. Il ne reste plus qu'à s'en rapprocher en descendant en direction de la verte vallée d’Amsouzart que l'on devine tout au loin, d'abord par un sentier en direction S (20mn) puis en obliquant au SW. Le sentier sablonneux que l'on suit permet de s'économiser physiquement avant de retrouver une piste à Timzakine (on peut même couper quelques lacets) que l'on emprunte jusqu'à passer au-dessus d'Amsouzart. On descend sur la D dans une ruelle poubelle qui dévale le long du ruisseau près du réservoir (1740m). Nuit dans le gîte d’étape qui se trouve à proximité de la rivière juste avant de traverser (épicerie, tagine aux œufs divin, chambres bien confortables, terrasse et sanitaires corrects, T, C, E).

 

Jour 18 : Amsouzart - Lac d’Ifni

3h30 / +700m / -130m.
Du gîte, on franchit la rivière pour remonter au-dessus du village afin de trouver l’embranchement de la piste qui mène au lac d’Ifni. Dans cette ex-vallée glaciaire, on traverse une multitude de beaux villages qui s’accrochent au flanc des montagnes. Quittant son cheminement au milieu des cultures, la piste franchit un monticule assez impressionnant composé de blocs de rochers qui sont tombés il y a bien longtemps des parois rocheuses alentours. Du haut de ce barrage naturel, on domine la cuvette du lac d'Ifni. Il est vrai qu'elle contient une eau à la couleur émeraude du plus bel effet. Il s’agit à présent de se diriger de l’autre côté. Bien qu’une trace existe en partant sur la gauche à mi-hauteur (elle est utilisée principalement par nos amis marocains), il est préférable de s’engager à D en légère descente et profiter une heure durant du magnifique paysage qui est proposé. Explorant tous les fonds de combes, le sentier nous conduit jusqu’à la moraine fluviale auprès de laquelle ont été construites quelques bergeries. Après-midi libre au bord du lac, baignade possible. Nuit dans les azibs ou sous tente (attention ! pas trop près du lit du torrent à sec, les orages sont dévastateurs ici).

Derniers efforts avant d'arriver au tizi n'Ouanoums

Jour 19 : Lac d’Ifni - Tizi n’Ouanoums - Refuges du Toubkal

5h / +1400m / -500m.
Le chemin est évident : il s’agit de remonter le couloir de D lorsque l’on arrive au sommet de la moraine fluviale (20mn). Il s’ensuit une grosse montée très bien tracée du vallon d’Ifni pour rejoindre le tizi n’Ouanoums (3h30, 3700m), seul passage franchissable par les mules dans la barrière rocheuse du Toubkal. L’arrivée au col est très austère mais dès que l’on a franchi la dernière butte, le paysage se révèle tout simplement fantastique : la vision d’une kyrielle de sommets à plus de 4000m récompense de la rude montée précédente. Reste à dévaler la pente jusqu’à l’Ait Mizane puis se diriger à D vers la plateforme sur laquelle les refuges du Toubkal ont été érigés (1h, 3200m, C, E). Nuit en refuge ou sous tente.

Noter qu'il est possible « au passage » (parce que ce n’est pas à côté…) de faire l’ascension des deux sommets du Jbel Ouanoukrim qui dépassent les 4000m. Pour ce faire, au milieu de la descente du tizi n’Ouanoums, se diriger vers la G sur une vague trace vers l’évident tizi n’Ouagane en contournant les blocs puis, au col, remonter à D vers le premier sommet en suivant le fil de l’arête (compter 4 à 5h de plus au temps de la journée). Le panorama depuis les cimes du Ouanoukrim est complémentaire à celui dont vous disposerez demain du haut du Jbel Toubkal. On peut aussi ajouter une journée au périple, se reposer une nuit et faire cette randonnée en A/R depuis les refuges du Toubkal.

Attention toutefois aux conditions d’enneigement du tizi n'Ouanoums si le printemps a été froid et pluvieux : dans ce couloir resserré, c’est de la neige qui est tombée tardivement ou au mieux celle qui était présente avant n’a pas pu fondre à cause du froid. Trop tôt en saison, vous passerez peut-être en individuel parfois dans de la « soupe » mais les muletiers refuseront d’y monter pour protéger leurs bêtes qui d’ailleurs pour ce coup-là s’entendent comme larrons en foire avec leurs maîtres. Walou ! La rando est finie… Il ne reste plus qu’à redescendre en suivant la vallée d’Amsouzart pour rentrer à Marrakech par la route, en autocar ou en grand taxi. Autre possibilité de contournement : depuis Amsouzart, on peut rejoindre le village de Tissaldai et remonter les gorges jusqu’aux azibs Irhil n’Tarbaloute. Au-dessus de ce vallon situé au pied des faces E du Toubkal, on s'en va franchir le tizi n’Tagharart. Beaucoup moins encaissés et mieux exposés, les trois cols à franchir sont souvent libres de névés alors que le tizi n’Ouanoums  est encore pris (voir topo Les cols secrets du Toubkal). Descente sur Sidi Chamarouch, puis descente directe à droite sur Imlil sans Toubkal ou alors remontée aux refuges du Toubkal pour faire le sommet (compter de ce fait une ou deux journées de plus au périple).

 

Jour 20 : Refuges du Toubkal - A/R Djbel Toubkal - Imlil

9h / +960m / -2600m.

Ascension du Jbel Toubkal, point culminant d’Afrique du Nord (2h30, 4167m) en A/R par la voie normale dite de l’Ikhibi Sud (1h30 de descente). Cette course ne présente pas de difficulté technique et permet de jouir d’une vue extraordinaire sur le massif ainsi que sur la plaine du Haouz. Retour au camp de base par le même itinéraire ou mieux encore : plutôt que de redescendre par le couloir de l‘Ikhibi Sud, du sommet, partir vers le N sur la crête (il y a une trace) et basculer à G dans la deuxième voie de descente tracée dans l’Ikhibi Nord (compter 2h de descente). Arrivée dans le vallon de l’Ait Mizane à 30mn en aval du site où sont construits les refuges. On retrouve l'équipe de muletiers pour enchaîner la descente vers Imlil, terme de la randonnée. On passe par le marabout Sidi Chamarouch (C). On poursuit vers Aremd et pour cette dernière soirée, nuit en gîte d’étape dans le village d'Ait Souka (T, C, E).

 

Jour 21 : Imlil - Marrakech.

1h30 de voiture.
Descente vers la grande ville par la route (grands taxis pour 20Dh la place). Une fois arrivés à la station des grands taxis, emprunter un petit taxi pour se rendre du côté de la place Jemaa el Fna où se trouvent quelques hôtels bon marché, camp de base idéal pour partir à la découverte de la cité historique et des souqs...

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20 jours / 104h / +14400m / -14400m.

Relevés de terrain mai 2006

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Commentaires (7)

1. Bosc Sylvie 08/02/2010

Bonjour
Merci pour votre très beau site. Je prépare une escapade au Maroc, le trek n°1 semble merveilleux mais cette formule sur 20 jours, n'est elle pas une proposition en direction des personnes très entrainées ?
Bonne suite
SYLVIE

2. marie-hélène Siran 10/05/2010

Bonjour
Merci et bravo pour votre site, très agréable, pratique, avec ses cartes, ces itinéraires détaillés et surtout ses diaporamas, qui donnent une bonne idée des paysages traversés...
Hélas mon mari et moi ne disposons que d'une semaine de vacances !
Nous arrivons à Marrakech vendredi 28 mai.
Nous voulons fuir les sentiers de montagne trop courus et ne sommes pas des randonneurs assez entrainés pour marcher 7 jours d'affilée.
Nous souhaiterions faire une trek dans cette belle nature 4 ou 5 jours durant (mais pas au pas de course, nous ne cherchons pas la performance mais le dépaysement). Pourriez-vous nous conseiller un itinéraire "raccourci" inspiré de celui-ci ? GTAM n°1 (Agouti - Imlil)
Merci beaucoup.

3. Théo Héritier 04/10/2012

Bonjour,
Est-il possible de raccourcir un peu cet itinéraire là, d'un côté ou d'un autre, et de rejoindre une ville de moyenne importance? Je suis relativement bon marcheur, mais vu les dénivelés et la durée, je ne suis pas certain de tenir bon. Surtout, je ne serai au Maroc que du 3 au 17 février 2013.
Un itinéraire de 7 jours dans ce genre de décors est-il faisable?

Merci de votre réponse, et de cet excellent site!

4. Cathy Pilaud 05/11/2012

Nous envisageons un trek sur une quinzaine de jours cet été...après le ramadan ! Ce site va nous permettre d'adapter notre parcours. merci pour cette belle qualité !

5. Sybil 13/02/2013

Bonjour,

Merci beaucoup pour ce magnifique compte-rendu qui m'a permis de faire ce trek en autonomie complète avec un ami durant le mois d'octobre !
Aidé du livre que vous conseilliez (Montagnes du Maroc) et de votre topo, nous avons pu nous débrouiller sans guide ni porteur (question de moyens) et ce sans problème.
Ce fut magnifique, un rêve d'enfant qui se réalise. Et tout cela grâce à vous, alors même qu'il s'agissait d'une première pour nous. Encore merci !

6. Rechad Aventure 04/11/2014

tres tres pratique rien a dire merci beaucoup a vous et merci pour le partage , ce beau site est bien détaillé merci

7. abdellah 31/12/2014

تحية لكل عشاق الرحلات الجبلية اود فعلها ولاكن لا اجد الرفيق المناسب شكرا

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