[Inde] Jammu & Kashmir - Tour du Rupshu

Construit sur la base de topos rédigés au retour de treks effectués respectivement en 2018 et en 2012, à savoir De l'Indus à la Chandra et De Rumtse au Spiti, ce présent topo reprend le descriptif du tracé de 2018 entre Skyidmang et Kyangdam et y aboute celui de 2012 entre le Tsokar et Kyangdam. Mais ce dernier étant décrit en sens inverse dans le topo de 2012, j'ai tenu à le réécrire dans le bon sens pour une meilleure compréhension. Illustré de photos complémentaires, ce topo de composition vous permettra de constater que cet itinéraire très engagé (8 cols de plus de 5000m à franchir quand même...!) se déroule en grande partie dans un espace peu fréquenté par les touristes (évidemment à l'exception de la liaison du Tsomo Riri au Tsokar, et encore que...) en seulement 13 jours de marche tout en respectant les recommandations médicales en terme d'acclimatation à l'altitude (pas plus de 500m de dénivelée positive entre deux nuits consécutives après une période d'assimilation du "choc" des 3500m à Leh). Il conviendra aux personnes "pressées" ou qui ne disposent pas de vacances extensibles tout en ne revêtant pas de caractère ultra sportif (dénivelées journalières et temps de marche maîtrisés). Vous aurez accès à un panel de paysages exceptionnels de beauté : cuvettes lacustres, cols panoramiques où l'on peut se "laisser aller" à contempler les chaînes de montagnes, vallées et plateaux d'altitude colonisés en été par les nomades et leurs troupeaux augurant à l'étape de belles rencontres, etc. En fin de compte, peut-être le circuit le plus condensé qui puisse être proposé dans le coin...

Fond plan inde himalayenne tour du Rupshu

N’oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec la carte téléchargeable en PDF) et bien d’autres choses encore.

Téléchargez la carte du circuit au format PDF : Carte Rumtse-Spiti Carte Tour du Rupshu

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : Europe - Delhi

8 à 10h d'avion selon la compagnie.
Arrivée en toute fin de journée au T3 de l'IGIA de Delhi ou bien en pleine nuit. Après avoir récupéré ses bagages, on se dirige vers le hall "Départs domestiques" de l'un des terminaux T3 (c'est dans le même bâtiment), T2 (juste à côté du T3) ou T1, le plus ancien, joignable en taxi ou en métro jusqu'à Aerocity puis navette bus, pour opérer la correspondance vers Leh (Vistara, GoAir, SpiceJet, Air India ou Jet airways).

La ville de Leh vue depuis la terrasse du Royal Palace

Jour 2 : Delhi - Leh

1h30mn d'avion.
Départ entre 5h30 et 9h du matin avant qu'il ne fasse trop chaud sur la vallée de l'Indus et que les avions aient du mal à atterrir ou décoller par manque de portance. Une fois à Leh, remontée vers la capitale du Ladakh en taxi pour se poser à l'hôtel ou à la guest-house puis repos ! On est à 3500m, il ne faut pas rigoler avec les phases d'acclimatation... En fin d'après-midi, on peut quand même sortir pour une petite découverte de la ville mais sans excès. Entre autres, on est pas obligé de monter immédiatement au Royal palace ni au vieux fort qui jouxte Tsemo gonpa. Mal de tête quasiment assuré et souffle court... Mais on peut se faire déposer en taxi à Tsemo gonpa pour descendre tranquillement jusqu'à la vieille ville de Leh au milieu de laquelle il est VRAIMENT conseillé de visiter l'Asian museum consacré à l'histoire du Ladakh. Noter au passage que la visite du Royal palace à Rs300 est totalement évitable ! Nuit en guest-house.

Leh (Tsemo gompa)

Jour 3 : Leh - Visite de monastères situés dans la vallée de l'Indus côté ouest

3 à 4h de voiture.
Au choix : Phyang, Spituk, les plus proches, Alchi, Man Gyu, les plus éloignés voire Lamayuru. Ne pas rater les grottes ornées de Saspol et la descente du fort de Basgo (faire défiler les Diaporamas). Retour à Leh. Nuit en guest-house.

Le monastère de Stakna

Jour 4 : Leh - Visite de monastères situés dans la vallée de l'Indus côté est

3 à 4h de voiture.
Au choix : Matho, Shey, Spituk, Stakna, Tikse (faire défiler les Diaporamas). Retour à Leh. Derniers achats avant le départ pour le trek. Nuit en guest-house.

Jour 5 : Leh - Hemis - Chemre - Skyidmang

5h de voiture pour 150kms.
Ca y est, on est parti ! Au passage, on fait le détour par deux monastères emblématiques de la région avant de remonter la vallée de l'Indus jusqu'au village de Skyidmang. Mais pour en arriver là, on aura parcouru d'impressionnantes gorges étroites creusées par l'Indus après s'être arrêté à une ou deux gompas comme Hemis ou Chemre (pour disposer des illustrations, faire défiler les Diaporamas).

Le monastère de Chemre

Diaporama La route (ou plutôt la piste car le goudron a disparu alors que le BRO est en train de doubler la largeur de la route (2018)) évolue la plupart du temps au niveau des eaux de l'Indus, très bouillonnantes après un orage. Dans la première partie entre Likche et Hemya, les falaises de part et d'autre de la rivière sont roses. Puis après Kiari la vallée s'élargit mais reste toutefois très sauvage. Les roches et les éboulis sableux revêtent des teintes irisées voire multicolores par moment.

La vallée de l'Iindus entre Kiari  et Skyidmang

La route s'éloigne de la rivière en prenant de la hauteur et en parcourant le faite des moraines fluviales de la RD. On atteint le pont métallique qui permet de rejoindre le village de Skyidmang et par une petite route en lacets serrés on s'élève en direction de l'entrée d'un vallon au fond duquel se détache le sommet du Gursan, encapuchonné de glace, la vision de notre premier 6000 et des grosses poussières du périple. Après toutes ces émotions routières, on établit le camp près d'une enceinte religieuse que jouxte un ensemble de trois chörtens Rigzum gönpo. On se trouve à 4140m au milieu de pelouses à l'herbe rase en bordure du canal d'alimentation en eau du village. Alentours, la verdure n'est pas de mise : les chaînes de montagnes détritiques sont colorées des couleurs de l'arc-en-ciel, une impression encore plus forte alors que le soleil va disparaître et que les ombres portées sur les pentes seront fortement marquées. Demain on commencera la remontée de cet étroit vallon en direction du Zildal La qui se trouve caché tout en haut du vallon de gauche dont on entrevoit l'entrée (33°22'40"N 78°16'04"E). Nuit sous tente.

Coucher de soleil sur les montagnes qui entourent Skyidmang

Jour 6 : Skyidmang - Camp à 4640m.

2h / +540m / -40m.
Journée courte du fait des nécessités de l'acclimatation.
Diaporama On remonte le thalweg minéral en RG de la rivière pour suivre un moment le canal d'irrigation puis lorsque l'on atteint la confluence de la rivière et du canal, on remonte à main droite dans les moraines sableuses pour retrouver la piste qui court plus haut (si vous ne voulez pas vous casser la tête, vous pouvez la suivre depuis le départ du camp...). Dans un virage en épingle à cheveux (25mn, 4255m), on poursuit tout droit sur le large chemin historique toujours en direction de la gorge resserrée qui se présente à l'avant. On évolue sur un sentier superbement tracé en balcon au-dessus de la rivière, on contourne par sa base une épaule rocheuse rutilante pour déboucher sur une confluence de trois rivières.

Dans la gorge au départ de Shyidmang

On franchit la rivière qui arrive de droite sur un pont de bois (1h, 4400m) puis, un peu plus loin, on traverse à gué la rivière centrale pour retrouver un excellent chemin qui s'élève en RG de la troisième rivière. On s'élève progressivement jusqu'à dépasser une doksa construite en RD (40mn, 4545m, possibilité de camp, eau). Puis la pente se redresse alors que l'on s'éloigne du lit de la rivière pour prendre pied sur un petit plateau herbeux où l'on établit le camp (15mn, 4640m, eau de source). Cela semble être la dernière possibilité de disposer d'herbe pour les mules tant la partie supérieure semble s'afficher très minérale... A l'arrière, le paysage est vraiment superbe avec l'apparition du sommet triangulaire se situant au N de la vallée de l'Indus et positionné pile poil dans l'échancrure de la gorge que l'on vient de remonter (a priori le Kesar qui mesure sous la toise un peu plus de 6000m quand même... 33°20'41"N 78°16'00"E). Nuit sous tente.

Remontée du vallon de gauche

Jour 7 : Camp à 4640m - Col à 5150m - Shingdat doksa

2h20 / +510m / -120m.
Journée courte du fait des nécessités de l'acclimatation.
Diaporama On poursuit au-delà du camp en RG de la rivière jusqu'à la traverser 200m plus loin. On se dirige à présent vers le SE sur un sentier beaucoup moins bien marqué qu'auparavant avec comme point visé le petit cône rocailleux qui émerge de l'arête. On atteint un gros cairn (25mn, 4780m) et on incline légèrement à D pour rejoindre par une pente assez soutenue le large col qui s'inscrit à la D du cône rocailleux. Contrairement aux indications données par la carte Olizane S, nul n'est besoin de partir à gauche et revenir plus tard vers la droite, on monte "dré dans l'pentu". On franchit le col (1h25, 5150m) pour une belle vue plongeante sur un espace verdoyant au milieu duquel sont posées les bergeries de Shingdat. On poursuit tout droit sur une trace à flanc assez peu viabilisée jusqu'à atteindre une source (20mn, 5050m). Sur la gauche, on peut admirer l'enfilade de la gorge multicolore creusée par la rivière qui sort de ce vallon pour aller se jeter dans l'Indus à Chumathang. De la source, on descend dans la pente pour rejoindre une cinquantaine de mètres plus bas les abords de la bergerie de Shingdat pour y établir le camp (33°18'52”N 78°17'37”E). Nuit sous tente.

A l'approche de Shingat doksa

Depuis la source, aux conditions que vous soyez acclimaté et que vous ne craigniez pas une journée de 6h de marche, rien ne vous empêche de viser en face le large passage du Zildal La qui s'inscrit au pied du Gursak pour ensuite descendre sur Puga sumdo yogma. Le topo du restant de la journée se trouve décrit dans le jour 8.

Jour 8 : Shingdat doksa - Zildal La - Puga sumdo yogma

3h40 / +200m / -830m.
Diaporama On remonte jusqu'à la source à 5050m puis on emprunte vers la G le sentier qui court à flanc au-dessus des bergeries de Shingdat. On descend légèrement avant de traverser plusieurs zones humides alimentées par des torrents qui coulent depuis les glaciers du Gursak. Puis c'est la remontée, au début presque imperceptible, vers le large passage du Zildal La qui reste caché... Tout au long du parcours sur le côté gauche au-delà de la faille creusée par l'Indus, on dispose de belles vues sur les montagnes du S du Changthang au milieu desquelles se situe le col qui permet de passer vers le gonpa de Chushul (l'accès au touristes vient d'être opéré en ce début d'année 2019...). On traverse d'innombrables descentes d'éboulis avant de croiser une source (1h15, 5100m). Mais qu'il est long le chemin !

Entre Shingat doksa et le Zildal La

On finit par atteindre le Zildal La (30mn, 5230m) d'où l'on découvre côté S la proéminente chaîne de montagnes du Chalung occultant en partie le Chamser Kangri et le Lungser Kangri qui bordent le lac du Tsomo Riri côté E. Tout à droite, la chaîne des Mentok apparaît dans le lointain et on devine que dans l'espace qu'il y a entre Chamser Kangri et les Mentok se trouve le lac du Tsomo Riri. On commence la descente vers le S sur des pentes sablonneuses bien agréables à fouler et à la dénivelée descendante vraiment maîtrisée. On incline la marche légèrement vers la D pour rejoindre le centre du vallon. Noter qu'à hauteur en RD se trouvent plusieurs campements de nomades et que les habitants pourront vous fournir de l'eau de source (c'est la seule possibilité d'avoir de l'eau jusqu'à l'étape !) et vous vendre du dahi de chèvre, délicieux il va sans dire... Vers 5000m, on croise un parc à bestiaux et un peu plus bas, vers 4800m, on traverse la Zildal togpo à sec pour retrouver en RG un bon sentier. On dépasse une prairie à l'herbe bien verte (1h10, 4700m), un bel endroit pour poser un camp mais... sans eau. Quel dommage ! Les mules auraient été heureuses... Au-delà, c'est une descente principalement en RG d'une gorge rutilante et une rivière toujours à sec.

A l'entrée de la gorge qui conduit à Puga sumdo yogma

Dès le début de la descente, on distingue le village de Puga sumdo yogma dont les champs s'étalent dans la vallée de la Puga togpo, rivière dans laquelle il y a de l'eau... De gradin en gradin, on désescalade dans la gorge jusqu'à pénétrer dans le village par le haut puis croiser la route goudronnée qui mène au Tso Kar (40mn, 4400m). Pas de camping dans le village, mais quelques homestays peu remplis où toute l'équipe pourra trouver à se loger (par exemple celui de Karma Gyaltsen qui dispose de 7 lits et d'une petite épicerie, E, 33°14'00"N 78°22'00"E).

Puga sumdo yogma

Puga sumdo yogma est un village de réfugiés tibétains qui s'est créé au moment de l'invasion du Tibet par la Chine en 1949. On y croise pas mal de personnes âgées qui ont gardé leur "nationalité" tibétaine, espérant un retour hypothétique au pays... Leurs enfants et petits enfants sont nés ici et de facto sont indiens. A l'école ils apprennent l'hindi mais aussi l'anglais. Pour ne pas se couper de leurs racines, ils disposent également d'une école "tibétaine" où ils acquièrent les bases de leur langue maternelle. On est au croisement des routes qui conduisent d'une part au lac de Tso Kar et d'autre part au lac du Tsomo Riri. Nous allons aussi nous rendre au Tsomo Riri mais par un moyen détourné en allant franchir le Sumdo La (ou Ribil La). La "route" que nous allons suivre nous donnera accès aux plateaux situés à l'E du Rupshu, une région proche de la frontière chinoise située au-delà des emblématiques Chamser Kangri et Lungser Kangri que l'on contemple usuellement depuis Korzok se reflétant dans les eaux du lac du Tsomo Riri. Cette fois-ci, on effectuera une sorte de kora autour de ces pics glaciaires puisque depuis le Ribil La on passera derrière ces deux sommets glaciaires et on rejoindra le S du lac, le fameux site de Kyangdam, en une semaine de marche, en traversant plateaux et cols méconnus auxquels bien peu de "touristes" se sont mesuré.

Traversée de la Pholokongka Togpo à Puga sumdo yogma

Jour 9 : Puga sumdo yogma - Puga sumdo gongma - Camp dans la Ribil chu à 4970m

3h20 / +600m / -30m.
Diaporama Du village de Puga sumdo yogma, on va rejoindre la route qui arrive de Mahe pour la suivre sur la D pendant 3kms jusqu'au "village" de Puga sumdo gongma (50mn, 4460m, camping, homestay, restaurant, épicerie, E, T téléphone satellite fixe). On poursuit la route goudronnée sur 250m et dans le virage à droite on monte à main G rejoindre les quelques habitations perchées sur la moraine sablonneuse. On incline la marche sur la G pour s'engager sur la piste en lacets tracée en RG de la Ribil chu. On la suit jusqu'à son extrémité où elle donne accès à un canal d'irrigation (25mn, 4665m).

Au départ de Puga sumdo gongma

On suit le canal à G sur 400m (noter que le sentier historique indiqué sur la carte Olizane S court bien à mi hauteur en face RD de la vallée mais que son accès depuis le bas a été fermé par une clôture...). Ceci dit, la construction des canaux d'irrigation (on verra qu'il y en a plusieurs car le village manque cruellement d'eau...) permet au marcheur d'évoluer sereinement sur des infrastructures consolidées. A la fin du premier canal, on poursuit sur un chemin tracé à flanc d'une pente détritique qui donne accès, quelques centaines de mètres plus loin, à un nouveau canal d'irrigation que l'on suit jusqu'à son raccordement à la rivière à l'entrée d'une plaine alluviale mi galets mi gazon où il fait bon s'arrêter un moment (15mn, 4695m). A l'arrière, on revoit la portion terminale de l'étape d'hier avec la descente du Zildal La au pied du pic du Gursak, sec de ce côté-là, et dominé sur sa gauche par le Gursan. On traverse la plaine alluviale pour rejoindre en face une bergerie en ruines (5mn, 4720m, source) et rattraper par une petite grimpette le sentier historique qui court en bordure de moraine fluviale une vingtaine de mètres au-dessus de la rivière.

Au coeur de la vallée de la Ribil chu

La vue arrière s'élargit davantage et plus on pénètre dans les gorges de la Ribil chu plus l'horizon s'agrandit. La montée est soutenue pour aller franchir une épaule (50mn, 4950m). Juste après, on descend légèrement pour aller traverser une doksa et poursuivre au-delà sur le rebord de la moraine fluviale RD. On remonte le lit de la Ribil chu jusqu'au moment où la vallée semble se resserrer et on établit le camp sur une banquette herbeuse (25mn, 4970m, ruisseau à proximité et bonne herbe bien grasse pour les mules). Ambiance bucolique et panorama au N très ouvert propice à la contemplation (33°11'00"N 78°26'00"E). Nuit sous tente.

Jour 10 : Camp dans la Ribil chu à 4970m - Ribil La (Sumdo La) - Nyima gonpa

5h30 / +800m / -1200m.
On est au début de la journée qui va permettre de franchir le col le plus haut du périple donnant accès aux plateaux de l'E du Rupshu. Ce sera aussi la première journée d'envergure avec des amplitudes, horaire et de dénivelée, qui ne seront pas si anodines de cela...
Diaporama Du camp, on poursuit la remontée de la vallée de la Ribil chu. On s'élève progressivement en RD sur de larges plateaux à l'herbe, rase certes, mais présente. La vallée est redevenue large après le resserrement passager au-dessus du camp. Elle incline vers la D pour que l'on puisse découvrir le sommet du Chalung et son glacier E au bas duquel se trouve le col convoité. La verdure laisse peu à peu la place au minéral mais il reste quand même aux confins de la rivière de belles portions de gazon. On évolue plutôt sur les pentes NE au-dessus de la rivière mais dès que l'on entre dans une zone d'éboulis de schistes vers 5400m, il convient de rejoindre la rivière pour une progression plus aisée.

A mi-chemin entre le camp et le Ribil La (Chalung)

On atteint une plaine alluviale qui occupe le centre d'un cirque de moraines d'éboulis (2h35, 5475m, possibilité de camp). On s'engage dans le vallon du milieu pour rejoindre la base d'un mamelon détritique (15mn, 5560m) sur lequel est tracé le chemin mais... celui-ci est délité dans sa partie haute et il est préférable de partir à G pour remonter le vallon en direction du sommet rutilant du Ribil. Un peu plus haut, on s'engage dans le thalweg de D (15mn, 5600m) pour rejoindre un plateau d'éboulis au N du col, solide sous le pied.

Dans les dernières pentes sous le Ribil La côté N

Encore un effort (soutenu...) pour rejoindre, au pied du béquet rocheux qui se situe sur la G, le passage du Ribil La (ou Sumdo La, 25mn, 5768m, eau de fonte sous le glacier du Chalung côté S, possibilité de camp pour un groupe voulant tenter l'ascension des pics I ou II, C BSNL intermittent côté N). Depuis ce large col assez peu emprunté, en atteste la présence très réduite de guirlandes de lungtas, on domine à perte de vue de l'E au S cette partie de l'Himalaya que se "partagent" les indiens et les chinois. Des pics, des pics, pas si altiers que ça, mais innombrables ! Tout à côté, sur la droite, le Chalung nous offre une vision, disons rapprochée, de ses glaciers et de ses deux pics.

Le glacier E du Chalung vient mourir au niveau du col. Ca donne des idées...?

Le massif se prolonge au S par une crête dépassant les 6000m mais que le géographe n'a pas nommée. Vers le S, on distingue nettement les deux lacs du Kyun tso (le lac N nommé Chilling tso et le lac S Ryul tso) qui posent une touche colorée dissonante dans ce paysage de plateaux de terres rouge, ocre, jaune ou beige. Deux "yeux" pâles teintés de turquoise donnent l'envie d'y être au plus vite... Si tout va bien ce sera pour demain ! En attendant, on va consacrer l'après-midi à la descente, et quelle descente... Depuis le col, on part plutôt sur la G pour effectuer quelques lacets dans de la terre schisteuse meuble afin de rejoindre les abords de la rivière (15mn, 5470m).

Lors de la descente du Ribil La, on distinue au loin la cuvette des lacs Kyun Tso

Puis c'est la longue descente le long de la rivière, passant de gauche à droite selon les vicissitudes du terrain et l'occupation des berges par de nombreux buissons. Le thalweg se creuse par moments mais on peut poursuivre le long du torrent au lit à la taille assez réduite autorisant les traversées d'une rive à l'autre sans avoir à disposer de talents d'équilibriste... Vers 5100m on doit (éventuellement...) remonter sur la moraine RG pour éviter une zone dense de buissons et redescendre quelques centaines de mètres plus loin jusqu'à la rivière pour passer RD. Vers 5030m, on trouve des espaces gazonnés plus propices à la marche. On traverse une deuxième rivière (45mn, 5000m) à proximité de ce qui a dû être une doksa pour trouver juste après un chemin mieux marqué, pas mal utilisé par les bestiaux. On traverse une zone humide (20mn, 4840m) autour de laquelle on peut rencontrer nos premiers kiangs, ces ânes sauvages qui colonisent les plateaux de l'Himalaya.

Dans la descente du Ribil La, rencontre avec nos premiers kiangs

En se retournant, côté paysage, on dispose d'une large vue d'ensemble du haut vallon et du col bordé à sa gauche d'un des deux pics du Chalung. A l'approche de la plaine de Nyima (35mn, 4630m), on sort de la large vallée pour emprunter sur la D un sentier bien marqué qui joue à saute-moraine et permet de rejoindre le vallon connexe. On traverse la rivière qui arrive des montagnes non nommées et qui composent la crête S du Chalung pour prendre pied sur une aire "luxuriante" qui se situe juste au-dessus du gonpa de Nyima. On y établit le campement (5mn, 4585m, eau qui sourd de la base d'une moraine détritique en RD du vallon). Le camp se trouve en surélévation par rapport à la plaine de Nyima. Comme elle s'inscrit au beau milieu de montagnes détritiques multicolores sur lesquelles les rayons du soleil jouent du moindre repli de terrain, le spectacle du soir est d'une rare beauté. Amis photographes, profitez de ces (brefs...) instants ! (33°06'00"N 78°31'59"E). Nuit sous tente.

Couleurs féériques au coucher de soleil sur les montagnes qui entourent la plaine de Nyima

Jour 11 : Nyima gonpa - Nidar La - Chilling Tso - Skyunting

4h45 / +700m / -285m.
Diaporama Depuis le camp installé sur les banquettes d'herbe, on descend jusqu'au gonpa (5mn, 4560m, abri toujours ouvert dans l'enceinte du bâtiment religieux, eau dans le vallon au sud du bâtiment) puis on incline sur la D pour franchir un bras de rivière verdoyant. On traverse un plateau caillouteux en direction du S pour rejoindre le départ d'un sentier qui permet de grimper sur une butte sablonneuse (30mn, 4660m). On domine la plaine de Nyima aux roches colorées. En plein milieu, on distingue les cabanes du "village". Au loin maintenant... le col du Ribil La n'est plus qu'un (douloureux...) souvenir, il faut dire que vu d'ici, "il en jette..."

La gompa de Nyima et en arrière-plan le Ribil La

Au-delà de la butte sablonneuse, le sentier se poursuit vers le S et louvoie entre les mamelons. Après que l'on ait franchi un collet à 4700m, on incline la marche légèrement sur la D pour traverser une nouvelle plaine caillouteuse et rejoindre la base d'un petit mamelon de couleur orange en essayant de ne pas trop perdre d'altitude. Dans le collet situé à G du mamelon (40mn, 4750m), on trouve un sentier bien pentu qui permet de descendre jusqu'à une large vallée fluviale que l'on traverse en biais en montant légèrement et en laissant en haut et bien à main droite les ruines d'une doksa. On passe au-dessus de Shurok sumdo (le confluent de rivières où l'on peut voir en contrebas le sentier qui arrive de la plaine de Nyima) et on rejoint la piste dans un virage (20mn, 4775m). On la suit en montée régulière jusqu'à traverser une rivière à gué (25mn, 4840m). Arrivant des glaciers N du Shukule, un beau sommet glaciaire que l'on peut contempler à main droite, selon le moment de la journée, elle peut présenter un fort débit.

Bouquet d'immortelles

Après 800m, dans un lacet, on retrouve le sentier historique (15mn, 4870m). On l'emprunte comme coupe-lacet de la piste. Après, la piste se substitue au sentier pour proposer une approche du col de la journée un tantinet longuette. On grappille de l'altitude mètre par mètre tant le plateau que l'on "remonte" est désespérément plat, ou presque... Et avec le vent de face, on n'a vraiment pas l'impression d'avancer : le col reste toujours aussi distant. Bienvenue dans le Rupshu ! Et comme tout a une fin, voici que soudainement on se retrouve au pied du col, et on ne va pas s'en priver, pour une ascension d'une quarantaine de mètres "dré dans l'pentu". Voici le Nidar La et ses guirlandes de lungtas (1h15, 5080m seulement...).

Au Nidar La à 5080m

En jetant un coup d’œil vers l'arrière, on peut apprécier le chemin parcouru depuis hier midi où l'on était encore en train d'ahaner dans la montée du Ribil La. Entre les deux cols, que de "plateaux" traversés et pas que plats... On bascule vers le S dans l'immense cuvette des lacs Kyun tso que l'on ne distingue pas encore. Dès que l'on peut, on incline la marche à l'ESE pour rejoindre la partie NW du 1er lac dont on suspecte la présence au loin : ne serait-ce pas ce mince filet d'eau de couleur turquoise qui s'inscrit juste derrière un mamelon rutilant ? Eh bien, rendons-nous y... La marche est très aisée et quasiment plane lorsque l'on se dirige vers le mamelon. Par contre, comme on est impatient de découvrir les eaux bleutées du lac, le temps semble bien long et l'on espère que la météo, très changeante dans le coin, nous préservera d'une arrivée sur place sous l'orage ou sans soleil... On grimpe sur le mamelon coiffé d'un mat et de guirlandes de lungtas (50mn, 5050m).

Sur le mamelon au-dessus du Chilling Tso

La vue à 360° est époustouflante de beauté et de grandiloquence. Le lac Chilling tso s'étale à nos pieds et présente des couleurs contrastées mais toutes dans les tons bleus, de l'azur à l'indigo. Les conditions météo pour apprécier la beauté du site ne sont pas optimales ? Eh bien, attendez une dizaine ou une vingtaine de minutes et vous aurez sûrement l'opportunité d'un changement radical... Le lac du Tsomo Riri est vanté par les touristes pour ses couleurs exceptionnelles, certes... Mais ici, il n'y a pas un touriste qui puisse vanter que c'est aussi l'un des plus beaux paysages du Ladakh dans la catégorie "lac de plateau". Les couleurs de l'eau et des roches alentours changent toutes les dizaines de minutes selon la présence de nuages et même sous un orage violent les contrastes avec les parties restées ensoleillées enchantent.

Les mules au repos au camp de Skyunting

Il y a pas mal de nomades qui passent l'été par ici, en gros une trentaine de familles. Avec une moyenne de trois chiens par famille, ça fait quand même pas loin d'une centaine de paires de mâchoires qui en veulent à votre pantalon, voire un peu plus, la viande n'est pas à dédaigner... Heureusement que les nomades sont dans l'ensemble des gens sympathiques et ils feront vraiment tout ce qui est dans leur pouvoir pour vous protéger... Ceci dit, un accident peut se produire. A la descente du mamelon, on suit la rive W du Chilling tso pour aller se poser sur la rive SW au lieu-dit Skyunting (30mn, 5000m) "au pied" du Lungser Kangri, le géant du coin. Pas de problème pour l'eau "potable", le lac est totalement propre et le sel y est absent (par contre, les eaux du deuxième lac, le Ryul tso situé au S et par lequel on passera demain sont légèrement salées et impropres à la consommation, même avec des pastilles... 32°58'37"N 78°34'47"E). Nuit sous tente.

A l'intérieur d'une tente nomade sur les rives du Chilling Tso

Jour 12 : Skyunting - Ryul Tso - Salkom La - Camp à 4950m sous le Salkom La

4h / +300m / -350m.
Diaporama On part en direction du SSE afin de rejoindre la berge septentrionale du Ryul tso. Cela revient à avoir en point de mire le sommet rocheux du Handlung qui avec ses 6160m domine la plaine. On doit très vite traverser l'un des bras de la rivière Shukulung, celui qui alimente le lac N. Cette rivière est issue des glaciers du Lungser Kangri et du Chamser Kangri. Après, c'est une longue traversée du plateau herbeux dans l'espace qui s'inscrit entre les deux lacs.

A Skyunting (Chilling Tso)

Un peu d'animation quand même avec la rencontre fugitive d'aigrettes, de hérons, d'oies bernaches, d'aigles pêcheurs pour ce qui vole, et de marmottes, de picas, de chèvres pour ce qui ne vole pas... A l'arrière, le Chamser Kangri se dévoile à la droite du Lungser Kangri. On vient côtoyer le bras principal de la rivière Shukulung qui va se jeter d'ici peu dans le lac S (1h05, 5000m, eau propre à la consommation avec pastilles...). Au SSW, le sommet du Chagarchan se dévoile avec sa belle calotte glaciaire. A ses pieds, sur la gauche, un enchaînement de deux cols permet de rejoindre directement la rive E du lac du Tsomo Riri. Mais, pourquoi donc se presser ? Il y a encore tant à découvrir au S du Rupshu... On poursuit l'avancée au SSE et on atteint la berge N du Ryul tso (10mn, 5000m). On suit le rivage vers la G. Quand le niveau de l'eau est relativement bas, cela fait une drôle d'impression de pouvoir marcher sur le sable d'une "plage" en suivant une étendue d'eau qui se pare de couleurs pétrole assez différenciées mais moins flashy que celles du Chilling tso à cause de la présence de sel. Ce qui tranche avec les promenades au bord de l'océan, ce sont les montagnes de haute altitude qui entourent la cuvette au milieu de laquelle on évolue ! Ce plateau est vraiment plaisant à fouler...

Entre Chilling tso et Ryul tso

On poursuit la marche en laissant le lac derrière soi pour rejoindre quasiment la base de la montagne à deux bosses au pied de laquelle a été tracée une piste. Bien avant d'atteindre la piste, on incline légèrement à D pour remonter un thalweg jusqu'à une doksa (1h, 5035m). On poursuit la montée sur une ancienne piste désaffectée qui vient se connecter à la piste principale un peu plus haut (15mn, 5060m). Cette piste est pas mal empruntée (3 véhicules en tout et pour toute la journée...) car elle permet de desservir le village de Chumur situé dans la vallée de la Parang chu. Ce village est considéré aujourd'hui comme la frontière officieuse entre l'Inde et la Chine (les deux pays sont toujours en conflit au sujet des frontières et cela depuis plusieurs dizaines d'années...). On remonte une vallée fluviale à sec qui débouche sur un plateau d'altitude à l'herbe rase.

Sur le plateau d'altitude à l'approche du Salkom La

A droite, le Lungser Kangri réapparaît et un peu plus loin, sur la gauche, ce sera le Handlung. L'ascension du col devient un peu longuette et on grappille la dénivelée mètre par mètre. Cela semble être une habitude sur les cols du Rupshu ! On atteint (enfin...) le Salkom La (1h, 5230m), un large passage entre deux pitons détritiques assez éloignés l'un de l'autre et qui laissent de part et d'autre des vues assez exceptionnelles au NW sur le massif du Lungser Kangri et au SE sur les massifs du Handlung et, nouveauté, sur celui du Snobu très présent avec des glaciers qui couvrent chacune de ses faces. On descend du col côté SE en essayant de suivre le sentier historique qui a été phagocyté par une piste. On perd rapidement de l'altitude et on va établir le camp en face d'une doksa en RG du vallon minéral (20mn, 4950m) sur une étendue gazonnée à l'herbe bien grasse enrichie par la présence d'une source. Que peut-on vouloir de mieux ? (32°51'14"N 78°37'14"E). Nuit sous tente.

Jour 13 : Camp à 4950m sous le Salkom La - Vallée des kiangs - Camp à 4570m

4h / +80m / -450m.
Après avoir tenu depuis une semaine le cap au S, on va partir vers l'W pour rejoindre les rives du lac de Tsomo Riri. Si tout se passe bien, on devrait pouvoir découvrir ses eaux turquoises depuis le Norbu La demain en milieu de matinée... En attendant, pour aujourd'hui, ce que l'on pourrait appeler une "étape de liaison" avec peu de dénivelées pourrait se résumer en trois mots. Mais, cette "étape de liaison" n'en est pas vraiment une : il y a de la matière, et pas qu'un peu ! La "Vallée des kiangs" nous attend...

A l'entrée de la vallée des kiangs

Diaporama Du camp, on descend jusqu'à la confluence de vallées en contrebas et, dès que l'on peut, on laisse la piste poursuivre tout droit vers le S en direction de Chumur. On incline la marche sur la D pour pénétrer dans un large vallon où l'on est accueilli par un bel ensemble minéral très en couleurs. On se laisse entraîner vers l'WSW au sein de cette belle vallée fluviale à sec, du moins au début. Et voici nos premiers kiangs de la journée ! Ils n'ont pas attendu bien longtemps pour montrer le bout de leur nez. La quête du troupeau de kiangs risque bien d'être l'animation de la journée... Côté montagne, on a tourné le dos au Handlung mais on n'oubliera pas de se retourner de temps en temps car il prendra une importance prépondérante au cœur du paysage au fur et à mesure que l'on s'en éloignera. Un peu plus bas, on rejoint une piste très peu utilisée pour traverser une doksa à l'herbe bien grasse (50mn, 4780m, source, possibilité de camp). La vallée fluviale s'élargit et un ruisseau s'y installe.

La doksa à l'entrée de la vallée des kiangs

Après un petit décrochement, la vallée s'agrandit davantage alors que l'on passe au pied d'une doksa perchée en RD avec deux ou trois sources alentours. C'est le moment que l'on choisit pour laisser la piste et passer en RG de la vallée afin de retrouver le sentier historique. A voir les empreintes au sol, il n'y a plus que les animaux qui s'en servent (40mn, 4690m). La vallée vue du côté gauche est vraiment superbe et propose des couleurs variées. Tout devant, le sommet du Kharpa, reconnaissable à sa forme élancée, apparaît à l'W. Puis, pour ne pas être en reste, c'est le sommet du Chagarchan dont on retrouve la calotte glaciaire mais cette fois-ci côté S.

Au loin, le sommet du Chagarchan

Et entre les deux sommets cités, la chaîne des Mentok qui dominent Korzok s'inscrit dans le paysage. Maintenant, il n'est plus trop difficile de deviner dans quel trou se cache le lac du Tsomo Riri... On ne s'ennuie vraiment pas tout au long du chemin, et quand ce ne sont pas les paysages qui nous interpellent ce sont les kiangs qui nous régalent de leur présence, et de leur inactivité... Ils ne semblent vraiment pas avoir grand chose à faire de la journée ! Leur incroyable immobilisme alloue au touriste de passage de (très) longues périodes de contemplation, et pas à des kilomètres de distance... Ah oui ! Encore faudrait-il qu'il y ait des touristes... On se plaît à disposer pour soi tout seul de si grands espaces naturels. Quel régal !

Au coeur de la bien nommée vallée des kiangs

On dépasse une nouvelle doksa (35mn, 4650m) et on poursuit la descente de la vallée face à un impressionnant plateau, celui (bien nommé...) du Kiang. On prend pied sur une moraine fluviale toujours en RG de la vallée, on laisse partir plusieurs sentiers vers la gauche qui s'en vont traverser les plateaux désertiques pour rejoindre la vallée de la Parang chu. Sur la droite, voici que se présente le grand absent de cette première partie de la journée, le Lungser Kangri ! Toujours aussi impressionnant... Alors que l'on vient côtoyer un mamelon de roches noires, on se rapproche du centre de la vallée pour retrouver la piste (25mn, 4550m). On passe devant une doksa et on incline la marche d'W vers le SW. On dépasse une deuxième doksa qui se trouve être à l'entrée N de la plaine de Tegazang (25mn, 4500m).

Sur la route stratégique au N de la plaine de Tegazang

300m plus loin, on vient croiser la route militaire stratégique goudronnée qui dessert Chumur depuis le N du lac du Tsomo Riri. Interdite aux véhicules à moteur autres que ceux de l'armée indienne (quelques dérogations pour les engins de travaux et les nomades...), on l'emprunte sur la D avec les mules (cela semble être autorisé...) pour parcourir 3kms vers le N puis le NW et atteindre un pont sur la rivière (50mn, 4565m). On sort de la route pour suivre en RG la rive de galets et atteindre une aire gazonnée disposant d'une source (10mn, 4570m) sur laquelle on établit le camp. Incroyable endroit au milieu du minéral intégral ! Et cadeau : à l'orient, un horizon composé des montagnes du Snobu et du Seru Ur Ri recouvertes de glaciers, à l'occident, le sommet du Chagarchan (32°49'04"N 78°29'26"E). Nuit sous tente.

Coucher de soleil sur le Snobu

Jour 14 : Camp à 4575m - Norbu La - Kyangdam

5h / +500m / -515m.
On se trouve au beau milieu d'un plateau dominé par le sommet du Chagarchan. Les reliefs sont assez peu marqués. En faisant une lecture du paysage, on distingue au pied de la montagne les ruines d'un village, celui de Ulli. Sur la carte, trois cols sont indiqués pour pouvoir "sortir" de ce vallon, grosso modo côtés W et NW :
- le Chagarchan La n'est pas visible de l'endroit où l'on se trouve car il est caché à l'arrière des deux thalwegs bien marqués mais il emmène très loin vers le N.
- un col sans nom, donné à 5040m, est lui bien visible mais l'emprunter nous conduirait aussi beaucoup trop loin vers le N et nécessiterait un retour fastidieux vers le S à longer la rive SE du lac du Tsomo Riri.
- le Norbu La ne peut pas être situé car caché derrière de nombreux replis de terrain. C'est celui qui est choisi pour "sortir" de ce plateau car offrant une route "directe" vers le S du lac et, on l'espère, la plus belle des vues en enfilade de la vallée lacustre.
En tout état de cause, il va falloir sortir la boussole ou bien, lorsqu'ils existeront, utiliser les points visés caractéristiques comme celui du sommet du Kharpa lorsqu'il se présentera.

Le village abandonné d'Ulli sur les pentes S du Chagarchan

Diaporama Du camp à 4575m, on traverse vers la G la zone gazonnée et la rivière qui arrive du Chagarchan pour rejoindre en biais la route stratégique au niveau d'un petit chörten. On emprunte la route goudronnée vers l'W sur 1km et on la quitte au moment où elle part faire un détour sur la droite pour aller se frotter aux pentes SW du Chagarchan. On descend à main G traverser la vallée fluviale à sec pour retrouver en face un sentier qui remonte directement vers un collet. On prend de la hauteur sur un plateau minéral à l'extrême. La route vient croiser notre chemin et on l'emprunte sur la G pendant 300m jusqu'à un gué (45mn, 4710m). Ici, on laisse le goudron pour partir à l'WSW traverser une cuvette sableuse avec comme point visé le sommet du Kharpa qui émerge de l'arrière d'une crête.

La Korzok range vue depuis l'itinéraire d'approche au Norbu La

De l'autre côté de la cuvette, on croise pour la dernière fois la route (25mn, 4750m) pour poursuivre tout droit vers l'W . La route continue sa voie vers le N puis le NW et s'en va rejoindre la rive E du lac du Tsomo Riri vers sa partie médiane. On poursuit donc en direction du Kharpa et on franchit une épaule (25mn, 4825m) d'où l'on découvre l'intégralité de la chaîne des Mentok. On infléchit la route dans sa direction sur 500m en empruntant un ancien chemin. Puis on repart légèrement à G en direction du sommet du Kharpa. A gauche, le superbe sommet glaciaire de l'Undung Kangri se découvre peu à peu alors que l'on traverse une plaine caillouteuse vers l'W. On distingue sur le coteau d'en face une trace de piste. On la rejoint et, en la suivant en montée, on débouche sur le large "col" du Norbu La (50mn, 4970m, pas de marque spécifique de l'emplacement, il faut dire que le "col" doit bien mesurer dans les 5kms de large...).

La partie S du lac du Tsomo Riri comme vue d'avion au niveau du Norbu La

On découvre soudainement la cuvette du lac du Tsomo Riri en contrebas et on ne peut pas rester insensible à la beauté du lieu. On l'a sous les yeux ! Et c'est une merveille à n'en point douter. Sous un ciel d'azur, il se pare de son plus bel indigo. On distingue au loin sur la RG le village de Korzok dans lequel les touristes s'émerveillent de la beauté du site. Mais que ne s'exclameraient-ils pas s'ils étaient à notre place ? La vue depuis le Norbu La est autrement plus exceptionnelle, mais encore faut-il faire l'effort de s'y rendre... Le tour d'horizon dans le sens horaire en partant de Korzok présente la calotte glaciaire du Yalung Nong (6080m) au pied duquel on passera lorsque l'on ira traverser le Yalung Nyau La après-demain pour se rendre à Sherma. Ensuite, tout au fond vers le N, ce sont bien les Gursan et Gursak que l'on a côtoyés lors des trois premières étapes de ce périple. Côté E du lac, on a en enfilade les Chamser Kangri et Lungser Kangri et plus près de nous le Chagarchan. D'ici, ils semblent plus en retrait mais ils ont eu leur "heure de gloire" lorsqu'ils s'imposaient il y a deux jours depuis le plateau lacustre des Kyun tso... Au S du lac, le plateau du Kiang délimite au N la vallée de la Parang chu avec à l'arrière deux sommets glaciaires d'importance, le Gya et l'Undung Kangri. A l'WSW, c'est l'embouchure de la Phirse chu dominée à sa gauche par le sommet du Chumik. Enfin, pour clore ce tour d'horizon, on finit par la chaîne des Mentok, le I puis le II.

Descente du Norbu La

On s'arrache difficilement d'un tel belvédère mais il reste encore de la "route". Les mules nous quittent momentanément pour suivre le fil de la crête sur la gauche pendant 5kms avant de trouver une piste qui descend jusqu'à une doksa posée tout au S du lac (le parcours sera plus aisé pour elles...). Les marcheurs, eh bien, ils descendent en biais sans trop perdre de dénivelée en direction du Kharpa afin de poursuivre la "dégustation" des paysages du Tsomo Riri. De draille en draille, ils traversent de grandes portions de coteaux arides entrecoupées de quelques thalwegs bien creusés avant de rejoindre la rive SE du lac au niveau de trois enclos (1h, 4560m).

Pendant le contournement S du lac du Tsomo Riri

Pour finir, ils empruntent vers la G le sentier qui court à mi-hauteur au-dessus des eaux, ou bien directement au bord de l'eau si le niveau le permet. Une large anse accueille une doksa (20mn, 4550m, 2 sources au bord de l'eau, point de convergence avec l'itinéraire emprunté par les mules). On en a presque fini avec la descente vers le S permettant de contourner la zone truffée de bancs de sable séparés par des bras d'eau. On contourne un dernier laquet avant de s'orienter plein E en direction de la sortie de la vallée de la Phirse chu située à la droite du sommet du Chumik. On s'éloigne ainsi en gros sur 1km de la zone mi-sable mi-eau qui pourrait révéler des surprises... puis on incline "naturellement" la marche vers le NW en direction de la doksa de Kyangdam dont on distingue les enclos à bestiaux accrochés dans la pente sous les pics détritiques. Ce sont donc 6kms de marche assez fatigante car constamment en mini up / down sur des bancs de gravillons qu'il va falloir effectuer pour cette fin de journée. Une épreuve dont on aurait bien aimé se passer... Mais, bon, la prairie de Kyangdam nous attend. Oui, oui, la prairie, et même la plage... La dernière épreuve sera de traverser les eaux glacées de la Phirse chu quelques mètres avant de poser le pied sur la plage gazonnée. Cela permettra de refroidir les pieds surchauffés par la traversée... Camp à Kyangdam (1h20, 4560m, eau dans la rivière, C intermittent BSNL, 32°47'27"N 78°18'36"E). Nuit sous tente.

Coucher de soleil sur le lac du Tsomo Riri

Jour 15 : Kyangdam - Korzok

4h20 / +300m / -250m.
Diaporama à l'envers Depuis le camp de Kyangdam au bord de la Phirse chu, on remonte vers le N en suivant la rive W du lac du Tsomo Riri. On dépasse de nombreux abris de nomades et on s'engage sur des étendues sableuses du type « Plaine des Sables » (Ile de la Réunion…). Le sentier propose une petite grimpette pour rejoindre un ensemble de blocs de granit rose pour contourner une calanque rocheuse. Un bout d’Agriate (Corse…) au beau milieu des hauts plateaux du Rupshu ! On atteint une petite plage (2h20, 4550m). Le lac se joue du ballet des nuages proposant une alternance de teintes turquoise, bleu pétrole ou indigo. Elles tranchent sur les rouges et ocres des montagnes de la rive opposée. C’est enchanteur ! C’est d’ailleurs ce qui permet de ne pas trouver le temps long sur des longues portions de ligne droite… Durant le parcours on est amenés à croiser le cours de nombreux ruisseaux qui descendent des Mentok I et II. La marche est parfois mal aisée lorsque l’on doit traverser des étendues sableuses. On dépasse un mur de manis qui précède de belles falaises de schiste pour rejoindre une plage « abandonnée » pour un bain d’anthologie à 4550m d’altitude !

Tsomo Riri : Sur la plage abandonnée...

Pas de frayeur à avoir : en été l’eau est à 14°C. Une fois rhabillés, on suit le sentier littoral jusqu'à trouver la piste sableuse. On la suit pour traverser un monticule et dépasser un photang (résidence d’un Rimpoche). A l’horizon, on découvre brièvement le Chalung qui s’inscrit dans un col à la gauche des Chamser Kangri et Lungser Kangri, c’est la montagne au pied de laquelle nous sommes passés lors du franchissement du Ribil La, comme on se retrouve... Encore quelques centaines de mètres pour atteindre le pont en béton sur la Korzong chu et en suivant la piste vers la D on entre dans le village de Korzok (2h, 4600m, ravitaillement sommaire, C BSNL). Nuit sous tente ou en guest-house.

L'alignement de chörtens de Korzok

Jour 16 : Korzok - Yalung Nyau La - Sherma

5h30 / +820m / -300m.
Diaporama à l'envers On ressort du village de Korzok par où l'on est entré mais au pont de béton on s'engage sur la D dans le vallon schisteux au milieu duquel paissent de nombreux bovins. On atteint l’extrémité S d'une cuvette herbeuse (25mn, 4670m). On dépasse un chörten posé en RD de la Korzok chu au pied du village des nomades. De nombreuses familles de nomades se sont installées sur les banquettes d’herbe qui se sont créées au niveau de la confluence des torrents qui descendent des Mentok. On traverse un « reg » dans toute sa largeur. Celui-ci s’est creusé au pied des Mentok I et II, les pics les plus méridionaux de la Korzok range. 

A la sortie du défilé, on s'engage dans la grande cuvette herbeuse en direction du Yalung Nyau La

Au bout de la prairie, on remonte quelques bosses morainiques avant de suivre le fil d’une moraine centrale qui va nous déposer à l’entrée d’une cuvette sableuse. A l'arrière, le panorama sur le bassin du lac Tsomo Riri se dévoile et on retrouve la beauté minérale aux couleurs chamarrées de ce qui l’entoure. Poursuivant notre montée au creux d'un thalweg gravillonneux, voici donc le Yalung Nyau La (2h30, 5440m) marqué d’un simple cairn et les sempiternels lungtas flottant au vent.

Au Yalung Nyau La, belle vue sur le Tsomo Riri

Depuis le rebord du plateau d'altitude, notable réapparition d’une partie du lac Tsomo Riri entre deux falaises d’éboulis. On incline sur la D pour traverser la prairie d'altitude et commencer la descente tout en douceur d'un large thalweg jusqu'à atteindre Barma (1h30, 5200m). Un peu plus loin vers le N on rejoint le lit de la Kyagar Nugma, large rivière qui prend ses aises entre bancs de galets et tourbières. On contourne un mamelon et on atteint le site de Sherma et ses campements de nomades (1h10, 5150m). Nuit sous tente.

Sherma

Jour 17 : Sherma - Kostse La - Kyamayuri La - Rajun Karu

4h15 / +420m / -660m.
Diaporama l'envers Pour commencer la journée, des banquettes herbeuses du camp de Sherma on initialise une petite montée tranquille avec à l’arrière quelques uns des pics appartenant à la Korzok range. On atteint le Kostse La (55mn, 5380m). La descente sur Gyama barma est assez pentue et l'on retrouve avec plaisir au niveau des campements de nomades situés au pied du col le fait de pouvoir fouler une prairie d'herbe tendre (35mn, 5200m). On incline la marche sur la G pour remonter la large vallée fluviale de la Gyamsharma au milieu de laquelle broutent de nombreux troupeaux de moutons et de chèvres sans oublier ça et là quelques yacks placides.

La prairie de Gyama Barma

La montée est longue pour s'échapper de la prairie vers le NW. On débouche au Kyamuyuri La (1h45, 5430m). En prenant de la hauteur, on découvre à l'avant une vue étendue sur le paysage que l’on va traverser demain et plus particulièrement sur la cuvette du lac Tso Kar dont les eaux resplendissent sous les rayons du soleil. On descend toujours dans une direction NW rejoindre la non moins grande prairie de Rajun Karu. On traverse le campement des nomades ordonnancé de façon disparate pour se diriger vers la RD de la vallée et s’établir pour la nuit un peu à l’écart sur des espaces gazonnés au bord de la rivière (1h, 4950m, eau dans la rivière). Nuit sous tente.

Comité d'accueil à Rajun Karu

Jour 18 : Rajun Karu - Basa - Nuruchang - Pongunagu (Tsokar)

6h / +100m / -450m.
Diaporama Rajun Karu à Basa à l'envers et Diaporama Basa à Pongunagu à l'envers Ici, à Rajun Karu, chacun vaque à ses occupations. On peut ainsi assister à de nombreuses scènes de la rude vie de ces habitants des grands plateaux, qui trait les dimos et les brebis, qui fait le fromage, qui lave le pelage des chèvres pashmina, qui vaccine les bêtes malades, etc. Les enfants courent d’un groupe de randonneurs à l’autre, avides de rencontre et de connaissance de l’autre, de celui qui vient d’ailleurs. Ils ne quémandent rien, juste le bonheur du partage d’un instant, un sourire complice…

Lavage d'été à Rajun Karu

Du camp on remonte le vallon en RG puis très vite en RD de la rivière en direction du NNW avant de rebasculer sur la RG à l'entrée d'un resserrement de la vallée. Au coeur d'un charmant thalweg gazonné, on poursuit le long de la rivière jusqu'à Basa (2h15, 4720m). Au-delà de Basa (après avoir traversé la rivière à gué...), on rejoint le village "fantôme" de Nuruchang (50mn, 4660m) avant de poursuivre sur la piste poussiéreuse plein N pour traverser le "village" de Riyul. Peu après on dépasse un mur de manis possédant de beaux spécimens de pierres gravées (15mn, 4560m) et juste après un chörten (15mn, 4555m). En montant un peu au-dessus du chörten et que l’on domine davantage le lac, on ne se lasse pas du spectacle permanent d’ombres et de lumières qui façonnent l’espace. Fascinant !

Les étendues salées du Tsokar

Pour la fin de notre périple, on doit rejoint la pointe S du lac Tso Kar (40mn, 4540m) pour contourner l'étendue d'eau par sa G. Ce n’est que lorsque l’on atteint l’extrémité W du lac (45mn, 4545m) que l’intérêt grandit puisque l’on peut descendre longer l’étendue d’eau en suivant la rive recouverte d’une croûte de sel. On peut aussi admirer le ballet de quelques volatiles qui ont élu domicile sur les banquettes herbeuses pour y nicher (attention d’ailleurs quand vous marchez sur l’herbe de ne pas écraser les œufs…) et profiter de l’écosystème spécifique de cette cuvette saline. Le ballet permanent des nuages et du soleil fait que les eaux prennent des teintes bleues, roses ou même violettes, attestant de la présence d’une salinité conséquente. Tout autour, ce ne sont que chaînes de montagnes érodées qui composent un panorama assez exceptionnel. On poursuit de façon monotone sur la piste sableuse en laissant le lac derrière soi et à distance des marécages avant d'atteindre le camping « officiel » (1h, 4590m) à Pongunagu. Nuit sous tente.

Le camp de Pongunagu

Jour 19 : Pongunagu (Tsokar) - Tanglang La - Leh

4h de voiture
On quitte les rives du lac Tso Kar pour retrouver la NH-1 qui arrive de Manali au milieu d'un plateau d'altitude, More Plains (ne cherchez pas, ça viendrait de "morne plaine" en référence à Waterloo dit-on...). Après un parcours assez plat, on remonte par quelques grands lacets jusqu'au plus haut col routier qui s'inscrit entre Manali et Leh, le Tanglang La (5300m).

Le temple qui marque le passage du Tanglang La à 5300m

Puis c'est la descente en larges lacets (il faut penser aux camions Tata qui ahanent en montée sur cette route !) jusqu'à Rumtse et le camp du B.R.O, les créateurs mainteneurs de cet axe routier asphalté. On s'insinue dans les gorges de Gya pour déboucher dans la vallée de l'Indus à Upshi. Une fois le pont métallique emprunté pour franchir le fleuve, on suit la RD jusqu'à Leh. Nuit en guest-house.

Jour 20 : Leh

Journée de sécurité. Journée libre pour aller visiter l'Asian museum, le Royal palace (expositions très décevantes pour les Rs300 demandées, une visite que l'on peut zapper) et surtout ne pas omettre de monter à Tsemo gompa d'où la vue en deuxième partie d'après-midi est splendide. Nuit en guest-house.

Jour 21 : Leh - Delhi

15mn + 1h de voiture ou 30mn de métro.
Départ en matinée de l'aéroport de Leh à destination de Delhi. Puis convoyage jusqu'à l'hôtel pour la dépose des bagages et par la suite après-midi libre pour partir à la découverte de l'un ou l'autre des nombreux quartiers animés de la capitale indienne. Nuit en hôtel.

Jour 22 : Delhi - Europe

1h de voiture ou 30mn de métro.
Continuation de la découverte de la ville (avec le métro c'est si simple maintenant !). Transfert vers l’aéroport en fin d'après-midi ou début de soirée pour un vol international qui a lieu souvent dans la nuit. Arrivée le lendemain matin en Europe.


separateur.jpg

13 jours / 55h / +5880m / -5430m.

Relevés de terrain août 2012 et août 2018.

Haut de page

Ajouter un commentaire