[Inde] J&K et HP - De Rumtse au Spiti


Le parcours proposé dans ce topo explore les hauts plateaux de l’E du Ladakh, enchaîne la découverte des cuvettes lacustres très minérales des lacs Tsokar et Tsomoriri avant de terminer en beauté par la remontée d’une gorge très sauvage, celle de la Parang chu, avec en point d’orgue le passage d’un col glaciaire d’altitude, le Parang La, l’une des deux voies de sortie « indiennes » (avec le Takling La) vers le S.

Mur de manis en bordure du Tsomoriri

Tout d’abord on sera confronté à l’immensité, celle dont les limites géographiques sont sans commune mesure avec celles de notre vie étriquée de citadin. Imaginez la traversée longitudinale d’une vallée quasiment plane pour laquelle il vous faut deux jours de marche (et parfois un peu plus…). Vos yeux sont à la constante recherche de points visés quantifiables afin d’évaluer la probabilité du temps que l’on va mettre, et puis on en choisit un autre, et ainsi de suite… Déstabilisant et pourtant bien loin d’être monotone. On avance à la vitesse d’une tortue certes, mais les paysages changent continuellement en grande partie grâce au soleil qui joue à cache-cache avec les nuages. Des rencontres fortuites se produisent au gré de la journée : ici un yack solitaire qui descend un coteau, un berger qui mène son troupeau de combe en combe à la recherche d’une pâture, une horde de kiangs, ces ânes sauvages au pas gracile qu’il est agréable de suivre des yeux… Et puis il règne une vie estivale incroyable ici entre les nombreux volatiles qui étonnamment marchent plus qu’ils ne volent, les rapaces exceptés, et ce qui vit sous terre (musaraignes, hamsters, mountain rats ou pikas, marmottes, etc.) dont on ne voit que furtivement le bout du museau, perpétuellement aux aguets pour assurer leur survie, déjà que la période estivale est réduite « à peau de chagrin », si c’est pour se faire « croquer »… Sur ces plateaux que l’on enchaîne en passant des cols altiers ou en suivant des vallées fluviales, la vie nomade existe encore même si depuis quelques années la désertion est devenue le « sport national » au profit du confort et des facilités de vie de la ville. Quel plaisir pour nous randonneurs de clore une journée de marche par la rencontre d’une famille de nomades employée à ses tâches quotidiennes et qui vous invite à pénétrer dans sa tente pour partager un instant autour de quelques tasses de thé salé au beurre de yack (on aime ou on aime pas… mais toujours avec le sourire). De la même manière, le large sourire d’un enfant croisé à l’entrée du camp apaisera toute la fatigue accumulée. Vous pourrez aussi assister le soir venu au ballet des troupeaux qui rentrent aux enclos et qui dévalent dans un nuage de poussière les raides pentes arides qui ceinturent le camp. Et puis bien d’autres choses que vous découvrirez bien par vous-même…

Jour de grand nettoyage à Rajun Karu...

C’est un périple au bout du Monde qui vous est proposé. Amateurs de grands espaces que l’on imagine ne plus exister, vous serez conquis par les paysages (entre autres la journée de randonnée au bord du lac Tsomoriri ne vous laissera pas insensible) mais aussi par la qualité des rencontres qui vous seront offertes : saisissez-les ! Partez en caravane avec une équipe de ladakhis (guide, cuisinier, muletiers), vous ne le regretterez pas, car ces acteurs locaux sauront faire sauter la barrière du langage qui vous ferait par ailleurs passer à côté de l’essentiel dans ces paysages fantastiques : l’humain, bien sûr !

N’oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec la carte téléchargeable en PDF) et bien d’autres choses encore.

Téléchargez la carte du circuit au format PDF : Carte Rumtse-Spiti Carte Rumtse-Spiti

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : Leh - Rumtse - Chorten Sumdo

2h de voiture + 2h40 / +300m / -50m.
Diaporama De Leh, on prend la route NH-1 qui suit l’Indus en direction de l’E jusqu’au village d’Upshi (check-post, épiceries, restaurants) puis on s’engage sur la route de droite en direction de Manali. On quitte la vallée de l’Indus pour remonter celle de la Gya chu. On passe les villages de Meru (liaison pédestre vers Shogdo), de Rong (liaison pédestre vers Nyimaling) avant d’arriver à Rumtse où le paysage a radicalement changé, passant des gorges à l’amorce de plateaux d’altitude désertiques. On poursuit sur quelques centaines de mètres jusqu’à voir au loin les toits du « village » de Danglas Chan où résident les travailleurs de la route appartenant au groupement du 111 RCC. Terminus du parcours automobile et rencontre avec l’équipe de muletiers.

Départ du trek à Rumtse

Départ de la traversée vers le Spiti par une descente jusqu’à un pont métallique (5mn, 4315m). Une fois de l’autre côté, on suit la rivière en RD vers l’aval afin de contourner une moraine détritique. Puis on s’engage vers la D dans une large vallée au milieu de laquelle serpente un ruisseau. On le traverse un peu plus loin (25mn, 4340m) pour monter sur un plateau alluvial. On retraverse la rivière et l’on quitte cette vallée fluviale pour s’engager dans une plus large qui se poursuit tout droit (20mn, 4355m). Et au moment où l’on s’y attend le moins, on débouche sur un large espace gazonné où le sel affleure et que l’on contourne par sa gauche. On passe auprès d’une bergerie (35mn, 4375m). Le sentier se poursuit en faux-plat montant alors que l’on pénètre dans le thalweg de droite tapissé d’une prairie très épaisse. Les roches aux alentours prennent des teintes grenat et vert-de-gris. Ça y est, le décor du trek est bel et bien planté : il va falloir s’attendre pendant ces treize jours de marche à une alternance de grands plateaux herbeux et de cols rocailleux, immergés dans un univers minéral total dès que l’on sort du fond des vallons. On s’élève progressivement en RD du vallon avant de déboucher sur un plateau. On est arrivé à Chorten Sumdo, lieu-dit marquant un espace habité en saison (1h15, 4570m, groupe de bergeries et d’enclos à bestiaux, eau dans le torrent). Nuit sous tente au beau milieu du plateau d’altitude.

Premier camp à Chorten Sumdo sous un ciel d'orage

Jour 2 : Chorten Sumdo - Kyamri La - Mandalchen La - Tisaling

3h50 / +850m / -300m.
Diaporama On remonte la vallée fluviale de la Kyamri Togpo sur sa RD pour aller s’engager dans un large vallon qui part contourner la « bosse » morainique par sa gauche. Laisser partir une piste en lacets vers la gauche pour continuer tout droit en fond de vallon sur un bon sentier. La pente s’affermit à l’approche du col. Au moment où le sentier et la piste convergent (1h40, 4970m), on suit le large chemin qui part sur la D avant de monter pleine pente jusqu’au Kyamri La (30mn, 5120m). Le col est étonnamment vert avec des dizaines de marmottes qui gambadent sur le gazon. Au-delà du col, apparition remarquée par-dessus les pâturages du sommet enneigé du Chokr qui culmine à 5790m. A l’arrière, vue étendue sur la vallée de la Kyamri Togpo jusqu’à Rumtse et bien au-delà. Du col, on part sur la D en suivant un chemin en courbe de niveau qui emmène à un collet derrière lequel on descend jusqu’à un confluent de vallées (25mn, 4980m). On traverse la rivière principale pour s’engager dans une large combe. Si la première partie de l’ascension s’effectue en faux-plat montant, la suite n’est pas du même acabit : la pente se redresse fortement jusqu’à déboucher au large col du Mandalchen La (45mn, 5230m, manquant sur la carte Olizane Innocent). On suit un sentier à flanc qui fait le tour de la large combe jusqu’à un collet duquel on descend vers la D sur l’alpage de Tisaling (40mn, 5050m, buvette) au pied du Shingbuk La, l’épreuve de demain. Nuit sous tente.

Au campement de Tisaling (ça va tomber ? ou pas...)

Jour 3 : Tisaling - Shingbuk La - Pongunagu

3h40 / +300m / -720m.
Diaporama On remonte la vallée fluviale au-dessus de Tisaling en suivant une trace que l’on trouve 300m après voir quitté le camp. Elle part légèrement sur la G pour venir buter sur un pierrier avant de partir sur la D à flanc. Le passage du col reste invisible jusqu’au dernier moment ce qui rend la montée finale assez interminable… Enfin, le cairn apparaît : on est arrivé au Shingbuk La (1h, 5290m). Nous voici à présent dans la région du Rupshu que l’on ne quittera qu’après avoir passé le Parang La dans une semaine de là pour entrer dans le Spiti. Mais en attendant, à nous les grands alpages, les campements de nomades et leurs troupeaux ! Descente toute en douceur avec à l’horizon une large cuvette rigoureusement plane ceinte de montagnes enneigées et au milieu de laquelle s’inscrit le lac du Tsokar.

Passage du Shingbuk La avec le lac du Tsokar à l'horizon

On suit un vallon très verdoyant dans lequel il n’est pas rare de rencontrer quelques groupes de bharals et aussi des kiangs, ces ânes sauvages, particularité du coin. On passe sous un collet qui s’inscrit sur la gauche et au pied duquel on trouve un point d’eau (35mn, 5000m, possibilité de campement sur les larges espaces gazonnés). Attention ! L’itinéraire indiqué sur la carte Olizane et qui passait par ce col n’est plus viable Innocent. Il convient donc de poursuivre tout droit dans le vallon issu du col sur un excellent chemin au milieu des vertes prairies et des tourbières. Après être passé à proximité de quelques enclos à bestiaux, le paysage change radicalement et passe de la verdure au minéral. On atteint un point de vue panoramique sur la vaste dépression sableuse du lac Tsokar (55mn, 4800m). Le nouvel itinéraire contourne la cuvette par la droite et reste à mi-hauteur offrant au regard un large espace multicolore. On remonte quelque peu jusqu’à un premier collet (35mn, 4670m) puis un second (10mn, 4700m) après avoir traversé un plateau à l’herbe rare. Sur la gauche apparaît le village de Thugje posé sur la rive opposée du lac au pied d’une montagne couleur grenat. Au-delà du collet, il ne reste plus qu’à descendre traverser la route puis l’ensemble de bergeries pour trouver une piste qui conduit jusqu’à une maison isolée (abri possible, propre, isolé du vent et de la pluie). On établit le camp une centaine de mètres plus loin sur les espaces gazonnés à D, au pied d’un lhato (20mn, 4590m, source 50m en amont). Nuit sous tente.

Noter la possibilité d’aller se poser au camp « officiel » situé juste après l’enclos grillagé et que l’on rejoint en contournant la clôture par la droite (10mn de la maison isolée, buvette, un peu de monde…).


Au bord du Tsokar, lac salé

Jour 4 : Pongunagu - Tsokar - Nuruchang - Basa

4h / +180m / -50m.
Diaporama Du camp au pied du lhato on contourne l’enclos grillagé par la droite. On rejoint la piste sableuse puis on passe devant le camping « officiel ». On poursuit de façon monotone sur la piste sableuse à distance des marécages. Ce n’est que lorsque l’on atteint l’extrémité W du lac du Tsokar (1h, 4545m) que l’intérêt grandit puisque l’on peut descendre longer l’étendue d’eau en suivant la rive recouverte d’une croûte de sel. On peut aussi admirer le ballet de quelques volatiles qui ont élu domicile sur les banquettes herbeuses pour y nicher (attention d’ailleurs quand vous marchez sur l’herbe de ne pas écraser les œufs…) et profiter de l’écosystème spécifique de cette cuvette saline. Le ballet permanent des nuages et du soleil fait que les eaux prennent des teintes bleues, roses ou même violettes, attestant de la présence d’une salinité conséquente. Tout autour, ce ne sont que chaînes de montagnes érodées qui composent un panorama assez exceptionnel.

Le lac du Tsokar

On revient sur la piste un peu plus loin jusqu’à atteindre un chorten (45mn, 4555m). En montant un peu au-dessus du chorten et que l’on domine davantage le lac, on ne se lasse pas du spectacle permanent d’ombres et de lumières qui façonnent l’espace. Fascinant ! On poursuit sur la piste pour traverser un « village » et atteindre un mur de manis possédant de beaux spécimens de pierres gravées (15mn, 4560m). Quelques mètres après, on traverse le « village » de Riyul et au croisement de pistes on incline vers la D pour remonter sur une piste une plaine sableuse à l’herbe rase jusqu’à l’austère village du bout du Monde de Nuruchang (1h10, 4660m). Au-delà de la dernière maison on poursuit vers le fond de la vallée où l’on rejoint le bord de la rivière que l’on suit quelques temps. Au niveau d’un enclos à bestiaux bâti sur la droite à flanc de moraine, on traverse à gué la rivière (belle perspective du fond de la vallée avec ses montagnes enneigées) pour poser le camp RD sur le gazon (il faut se mouiller un peu les pieds…). On est arrivé à Basa, terme de la journée (30mn, 4720m, eau dans la rivière). Nuit sous tente.

Basa

Jour 5 : Basa – Rajun Karu

2h45 / +270m / -50m.
Diaporama Plusieurs possibilités d’itinéraires pour rejoindre le plateau de Rajun Karu : soit au-dessus de Basa le passage par le large col sans nom que l’on avait en point de mire lors de la montée vers Nuruchang, soit un peu plus à gauche le col du Horlam Kongka que l’on atteint en franchissant un petit collet pierreux depuis la base du précédent, ou alors la remontée de la vallée de la Spanglung. C’est cette dernière occurrence qui sera choisie pour varier un peu du sempiternel minéral que l’on traverse depuis l’origine du trek. Un peu de douceur que diable ! Depuis le camp de Basa on marche sur des banquettes herbeuses en RD avant que celles-ci ne laissent place à un lit de galets… On atteint un ancien campement nomade (45mn, 4800m) duquel on part un peu dans la pente sur une trace pour contourner un écart de la rivière. On revient très vite dans le lit de la rivière pour longer la base d’une falaise ruiniforme peu amène (20mn, 4820m) au pied de laquelle on trouve de nombreuses têtes d’urial, le mouflon du Ladakh. Y aurait-il une relation de cause à effet ? Le parcours le long de la rivière est très agréable car après le virage sur la G opéré par la gorge, il se poursuit à nouveau sur des banquettes d’herbe rase épargnant chevilles et genoux du randonneur. Alors que l’on commence à distinguer à l’avant l’amorce d’un plateau gazonné, le rivière se rétrécit au niveau d’une tourbière et l’on en profite pour franchir d’un saut le torrent et fouler la RG. On s’en va longer la base d’une moraine détritique (40mn, 4840m). Le chemin court à mi-hauteur sur le rebord droit du plateau désertique et c’est l’occasion de rencontrer les premiers troupeaux des nomades (prendre garde aux chiens lors du croisement d’un des troupeaux). Et un petit peu de détente avec cette vidéo prise sur le vif "Grand nettoyage d'été à Rajun Karu"…

On se dirige par un faux-plat montant vers l’extrémité de la vallée au pied du col qui s’ouvre entre les deux « collines » d’en face. L’espace devient quasiment sans fin. On pourrait penser que la barrière proposée par ces montagnes bombées qui tutoient les 6000m et qui ferment l’espace en seront les limites mais on sait bien qu’au-delà de leurs passages altiers elles cachent de nouveau un nouvel espace infini… On descend vers le plateau rocailleux au milieu duquel les « résidences » d’été des nomades sont installées.

Campement de nomades à Rajun Karu

Chacun vaque à ses occupations. On peut ainsi assister à de nombreuses scènes de la rude vie de ces habitants des grands plateaux, qui trait les dimos et les brebis, qui fait le fromage, qui lave le pelage des chèvres pashmina, qui vaccine les bêtes malades, etc. Les enfants courent d’un groupe de randonneurs à l’autre, avides de rencontre et de connaissance de l’autre, de celui qui vient d’ailleurs. Ils ne quémandent rien, juste le bonheur du partage d’un instant, un sourire complice… On traverse le campement des nomades ordonnancé de façon disparate pour se diriger vers la RD de la vallée et s’établir pour la nuit un peu à l’écart sur des espaces gazonnés au bord de la rivière (1h, 4950m, eau dans la rivière). Nuit sous tente.

Rajun Karu

Jour 6 : Rajun Karu - Kyamuyuri La - Kostse La - Sherma

4h30 / +660m / -420m.
Diaporama On traverse la grande plaine sur laquelle sont implantées les tentes des familles de nomades pour aller chercher le chemin qui démarre sur la D du thalweg. On commence par une montée assez douce jusqu’à croiser le lit du petit torrent et passer RD où la pente se redresse pour rejoindre une prairie d’altitude à l’aplomb du col. On la contourne par sa gauche et par une trace à flanc dans des éboulis de schiste on débouche au Kyamuyuri La (1h45, 5430m). En prenant de la hauteur, on dispose à l’arrière d’une vue étendue sur le paysage que l’on a traversé ces derniers jours et plus particulièrement sur la cuvette du lac de Tsokar dont les eaux resplendissent sous les rayons du soleil matinal. Descente dans un large vallon verdoyant. Sur la droite se dévoilent quelques pics encapuchonnés de neige : il font partie de la Korzok Range que le passage altier du Gyama La (à plus de 5800m…) permet de traverser pour aller vers le N.

Dans la descente du Kyamuyuri La

On prend pied dans la vallée fluviale de la Gyamsharma au milieu de laquelle broutent de nombreux troupeaux de moutons et de chèvres sans oublier ça et là quelques yacks placides. On rejoint les tentes de nomades au pied du Kostse La au lieu-dit Gyama Barma (1h15, 5200m). Le deuxième col de la journée s’inscrit à la droite d’une crête assez rectiligne qui précède la montagne noire plaquée d’un grand névé. Dès le départ, le chemin propose une pente soutenue qui ne faiblira pas jusqu’au cairn sommital. On peut dire du Kostse La qu’il « a tout d’un grand »… Seulement 200m de grimpette mais assez exténuants (55mn, 5380m). Pour terminer la journée, petite descente tranquille avec à l’horizon quelques nouveaux pics appartenant à la Korzok Range jusqu’à un petit torrent auprès duquel on pose le camp sur des banquettes herbeuses. On est à Sherma (25mn, 5150m, eau dans le torrent). Nuit sous tente.

Jour 7 : Sherma - Yalung Nyau La - Korzok

4h30 / +300m / -820m.
Diaporama Du camp de Sherma au bord du torrent on suit le chemin qui contourne le mamelon pour passer au-dessus des campements de nomades et rejoindre le lit de la Kyagar Nugma, large rivière qui prend ses aises entre bancs de galets et tourbières. On est à Barma et il va falloir passer à gué de l’autre côté pour s’engager dans le thalweg qui s’ouvre en face en direction du SE. On suit un chemin bien tracé en RD qui présente une pente modérée jusqu’au passage d’un petit ressaut morainique. On traverse de grandes étendues herbeuses à mi-hauteur de la rivière. Finis les pâturages, voici que l’on pénètre dans une gorge un peu plus minérale (1h45, 5360m) sans que la pente s’accentue. On longe le lit de galets. Après quelques méandres et un ou deux changements de rive, voici que l’on débouche sur un large plateau d’altitude (25mn, 5400m) bordé sur sa droite de nouveaux pics enneigés appartenant à la Korzok Range.

Arrivée sur le plateau du Yalung Nyau La

Paysage assez surprenant alors que l’on s’attendrait plutôt à devoir être confronté à un col minéral de la plus stricte obédience ladakhie… Eh bien non, il y a bien un col et il correspond à la bordure S du plateau. On le rejoint en quelques minutes en suivant une trace à flanc qui part sur la G. Voici donc le Yalung Nyau La (10mn, 5440m) marqué d’un simple cairn et les sempiternels taluchos flottant au vent. Notable apparition furtive d’une partie du lac Tsomoriri pour l’instant entre deux falaises d’éboulis. Gageons que cela va s’améliorer lorsque l’on sera engagé dans la descente. Celle-ci commence par une petite combe herbeuse suivie d’un défilé rocheux très sommaire qui se poursuit par un parcours sur des moraines sableuses. Comme supposé, le panorama sur le bassin du lac Tsomoriri s’agrandit et on commence à apprécier la beauté minérale aux couleurs chamarrées de ce qui l’entoure. On descend plusieurs verrous morainiques de cette ancienne vallée glaciaire en suivant un chemin sableux qui zigzague au mieux de la pente. A partir de 5100m, la quasi-totalité du lac se dévoile attestant de sa forme allongée et de ses imposantes proportions. On descend encore quelques bosses morainiques avant de suivre le fil d’une moraine centrale qui va nous déposer à l’entrée d’une cuvette sableuse qui s’est creusée au pied des Mentok I et II, les pics les plus méridionaux de la Korzok Range.

Descente vers Korzok

On traverse ce « reg » dans toute sa largeur. A l’avant de nombreuses familles de nomades se sont installées sur les banquettes d’herbe qui se sont créées au niveau de la confluence des torrents qui descendent des Mentok. On atteint la pelouse (1h35, 4675m) puis on dépasse un chorten posé en RD de la Korzong chu au pied du village des nomades. Puis on atteint l’extrémité S de la cuvette pour s’engager en RG le long de la rivière dans un défilé rocheux de toute beauté au milieu duquel paissent de nombreux bovins (10mn, 4670m). On suit un chemin aménagé qui rejoint un pont de béton à l’entrée du village de Korzok encore invisible, caché qu’il est par une épaule rocheuse. C’est l’endroit choisi pour poser le camp un peu en dehors de l’agitation touristique qui règne ici un peu plus bas à l’entrée du village (25mn, 4620m, eau dans le torrent). Nuit sous tente.

Diaporama Possibilité d’aller rendre une petite visite à Korzok, village peu amène si ce n’est l’intérêt pour sa vue panoramique sur la cuvette du lac du Tsomoriri et les chaînes de montagnes enneigées qui le bordent à l’E (Chamser Kangri et Lungser Kangri, tous deux dépassant les 6600m) depuis le belvédère situé au-dessus du mur de chortens à droite de la gompa. On y trouve de nombreux commerces, des campings, des home stays et lapossibilité de retourner sur Leh en 6h de route par bus ou taxi. Téléphone satellite pour communications locales (pas l’international) dans la maison commune à gauche des bâtiments monastiques.

Korzok

Jour 8 : Korzok - Narchu Sumdo

4h20 / +250m / -300m.
Diaporama Du camp près du pont en béton, on emprunte la piste en RD de la Korzong chu. C’est avec un peu de recul que l’on peut « contempler » le village de Korzok perché sur sa moraine et qui domine la dizaine de terrains de camping qui colonisent le lit de la rivière. Eh bien, l’impression n’est pas meilleure que la veille… A l’horizon on découvre brièvement une nouvelle montagne qui s’inscrit dans un col à la gauche des Chamser Kangri et Lungser Kangri, c’est le Chalung qui toise lui aussi 6500m. La piste sableuse tourne sur la D et longe la rive W du Tsomoriri. On passe un photang (résidence d’un Rimpoche) avant que la piste ne se dirige vers le sommet d’un monticule (25mn, 4600m). On peut ainsi embrasser du regard l’ensemble du lac, du N au S, et une belle vue sur Korzok que l’on vient de quitter. La piste s’arrête là. On désescalade jusqu’à une plage « abandonnée » pour un bain d’anthologie à 4550m d’altitude ! Pas de frayeur à avoir : en été l’eau est à 14°C. Une fois rhabillés, on suit le sentier littoral qui passe sous de belles falaises de schiste puis conduit de mur de manis en mur de manis à explorer la rive W du lac avec à l’horizon de beaux pics enneigés. Durant le parcours on est amenés à croiser le cours de nombreux ruisseaux qui descendent des Mentok I et II. La marche est parfois mal aisée lorsque l’on doit traverser des étendues sableuses.

Le long du lac Tsomoriri

Le lac se joue du ballet des nuages proposant une alternance de teintes turquoise, bleu pétrole ou indigo. Elles tranchent sur les rouges et ocres des montagnes de la rive opposée. C’est enchanteur ! C’est d’ailleurs ce qui permet de ne pas trouver le temps long sur des longues portions de ligne droite… Enfin, au niveau d’une petite plage (1h45, 4550m), le sentier propose une petite grimpette au milieu de blocs de granit rose pour contourner une calanque rocheuse. Un bout d’Agriate (Corse…) au beau milieu des hauts plateaux du Rupshu ! On retrouve les étendues sableuses un moment avant de s’engager sur une « Plaine des Sables » (Ile de la Réunion…). On se rapproche de l’extrémité du lac et le paysage minéral se teinte progressivement de vert. On passe une bosse et nous voici dans le delta de la Phirse chu (2h, 4550m) où quelques animaux paissent sur la tourbière proposant une herbe riche et tendre. On passe quelques emplacements abandonnés de camps de nomades avant d’établir le camp à Narchu sumdo en bordure de la rivière sur la pelouse rase (15mn, 4550m, eau dans la rivière). Nuit sous tente.

Le lac du Tsomoriri depuis Narchu sumdo

Jour 9 : Narchu Sumdo - Umlung

4h30 / +150m / -140m.
Diaporama On chausse les sandales pour traverser les multiples bras de la Phirse chu et ensuite remonter la large vallée couverte de galets plats. En 30mn on arrive au col (il a été baptisé lors de notre passage Shumik La, le sommet du Shumik étant juste au-dessus) qui sépare les bassins de la Phirse chu et de la Parang chu. Etonnant col puisqu’il ne mesure que 4580m et ne domine la cote du Tsomoriri que de 30m, mais c’est un « vrai » col car c’est un passage séparant deux vallées et aussi deux régions indiennes : on quitte le Jammu & Kashmir pour entrer dans l’Himachal Pradesh…

Embouchure de la Phirtse chu

On « redescend » de l’autre côté sur un terrain identique à celui de la montée : un champ de galets. A l’arrière le Tsomoriri n’est plus qu’une mince bande de couleur bleu roi à l’horizon. Sur la droite, on apprécie la verticalité des parois qui bordent la gorge d’où sort la Phirse chu, rivière qui prend sa source bien loin à l’W derrière la Korzok Range. On dépasse le sommet ruiniforme du Shumik. Après une longue période de « minéral intégral », voici que l’on aborde la traversée d’une grande prairie à l’herbe rase dont la présence doit être due à une nappe phréatique naissante sur ce bassin versant (40mn, 4550m). Puis c’est de nouveau la traversée d’une « Plaine des Sables » avant de retrouver la verdure au niveau d’une bergerie ruinée au pied d’une moraine (25mn, 4540m, Chumig Shalte, source). Après la bergerie on remonte sur une moraine fluviale qui vient de la droite pour longer à belle distance un lac. Puis on contourne une zone marécageuse par sa rive droite où l’edelweiss pousse à profusion. Au-delà, on remonte sur une moraine détritique (1h, 4490m) pour rejoindre plus rapidement le lit de la Parang chu qui vient de la droite. Traversée de la rivière assez problématique même en période de basses eaux (15mn, 4470m, Norbu sumdo).

Traversée de la Parang chu

Plusieurs bras à traverser dont certains avec un fort courant. En période de fonte des neiges ou suite à des orages violents, la traversée nécessite l’emploi d’une main courante (corde de 50m) voire au pire est impossible. De toutes les manières il est conseillé de prévoir la traversée avant 13h ! Une fois sur la RD on suit le lit de galets puis lorsque la rivière vient lécher le bord, on emprunte un chemin qui a été gagné sur les pentes d’éboulis de schiste. On passe devant une source (40mn, 4550m, emplacement de camp) puis on va se poser sous une moraine détritique au pied d’une aiguille ruiniforme avec un gendarme posé sur l’arête (35mn, 4560m, eau). On est arrivé à Umlung (attention, il y en a 2 d’inscrits sur la carte, c’est le premier). Nuit sous tente.

Le long de la Parang chu du côté d'Umlung

Jour 10 : Umlung - Dutung

5h10 / +450m / -250m.
Diaporama Du camp, on poursuit en RD en direction des monolithes qui ferment la vallée. On traverse un large vallon venant de la gauche puis au détour d’une épaule apparaît un superbe pic enneigé. On franchit une moraine fluviale (55mn, 4600m). A cet endroit de la vallée, la Parang chu est très large. On peut admirer avec le recul nécessaire les falaises ruiniformes qui tombent verticalement dans le lit de la rivière. Un petit coin du Mustang en Himachal Pradesh ? Débouchant sur la rive gauche, on dépasse une profonde vallée fluviale alors que l’on poursuit RD vers le SW. Un peu plus avant on traverse un cône de déjection qui sort tout droit d’un ensemble de pics de plus de 6000m mais qui restent encore cachés par les hautes falaises qui nous dominent (1h15, 4650m).

Minéral le bassin de la Parang chu ?

Derrière, on descend doucement vers une zone gazonnée (10mn, 4645m, Galpa Buze, emplacement de camp). Au-delà on suit la rivière pour rejoindre une belle moraine ornée de pénitents. A l’approche d’une confluence, on entre dans une portion encombrée de gros blocs assez délicate à négocier. On poursuit sur un chemin tracé dans du petit éboulis avant de retrouver un peu d’herbe (45mn, 4650m) puis repartir quelque temps à mi-hauteur au-dessus de la rivière. On retrouve le lit de galets pour couper la sortie d’un thalweg sous une belle falaise (35mn, 4650m). Juste après, une petite grimpette à la pente sévère est proposée. Celle-ci permet de contourner une zone où la rivière vient « flirter » de beaucoup trop près la base de la moraine. On marche une dizaine de mètres au-dessus de la Parang chu sur un bon sentier. Celui-ci quitte momentanément la rivière pour prendre de la hauteur alors que la vallée de la Parang chu tourne vers la gauche. Noter en face dans la large vallée fluviale qui s’ouvre le départ de l’itinéraire qui rejoint le Spiti par le col du Takling La.

Le long de la Parang chu

On passe au pied de belles parois dolomitiques puis un peu plus loin auprès d’une source (35mn, 4670m). Après avoir franchi un collet, le sentier serpente à flanc de moraine à belle hauteur (prendre garde à la largeur du chemin !) avant de redescendre sur une plage de galets (20mn, 4685m). Le répit dans les up / down est de courte durée : on repart à la hausse pour traverser une moraine chahutée encombrée de gros blocs erratiques (10mn, 4720m). En face, deux sommets pointus se révèlent (15mn, 4755m). On continue la remontée jusqu’à traverser un profond thalweg sablonneux dans lequel on descend un peu pour retrouver une trace de sentier viable, la précédente ayant été emportée par une grosse avalanche. Quelques zigzags pour retrouver une marche en courbe de niveau et on pose le camp dans le vallon suivant (15mn, 4750m, source). On est arrivé à Dutung. Nuit sous tente.

Les gorges de la Parang chu à Dutung

Jour 11 : Dutung - Parang La BC nord

4h45 / +520m / -220m.
Diaporama Au-dessus du camp on franchit un collet dans la moraine pour découvrir une large vallée fluviale qui s’en va buter sur la base d’un glacier. Sur la gauche de la vallée descendent de beaux torrents qui ont construit de hautes moraines latérales venant grignoter le lit de la Parang chu. On traverse un torrent sortant d’une gorge au pied d’un superbe pic glacé (15mn, 4760m) et on poursuit en longeant la base d’une moraine détritique pour s’en aller traverser une deuxième vallée donnant une bonne perspective sur le sommet du Pari Lungbi (6166m). Le site se nomme Tarang Yogma. On grimpe sur une moraine pour contourner un bras de rivière qui obstrue le passage et on poursuit en courbe de niveau (attention à quelques passages délicats) jusqu’à un collet (30mn, 4760m, emplacement de camp). Ensuite, on descend doucement jusqu’à Dokpo Phirse, étendue herbeuse au bord du lit de la rivière mais à bonne distance du bras principal (15mn, 4755m, source, emplacement de camp). Puis on grimpe tout droit sur une moraine (5mn, 4775m) pour trouver, oh bonheur, une étendue rigoureusement plane très agréable à fouler. Cela change des champs de galets de l’heure précédente… On fait face à de beaux pics encapuchonnés de glace. On arrive en bord du plateau (dommage !) pour une vue sur le large lit de la Parang chu qui s’annonce. Descente pour aller traverser à gué un gros torrent venant de la gauche (40mn, 4800m). Au-delà on marche dans le lit de galets jusqu’à trouver une trace qui s’élève dans la moraine (45mn, 4805m) et qui en suit la bordure avant d’aborder une lande rase de buissons d’épineux. On est arrivé à Khang Gongma (10mn, 4835m, source, emplacement de camp). On traverse la lande en visant le rognon rocheux qui ferme la vallée. On revient dans le lit de la rivière pour contourner le rognon par sa droite (20mn, 4860m). Derrière, on découvre la dernière vallée fluviale de la Parang chu et, enfin…, la langue du glacier qui doit nous conduire au Parang La. On grimpe à G sur un bout de moraine (15mn, 4875m) qui conduit jusqu’au lieu de l’épreuve de la journée, à savoir l’épique traversée à gué du confluent de deux rivières, la première venant d’une vallée sur la gauche et la seconde étant la Parang chu elle-même.

La Parand chu

On se retrouve en RG, prêts à pénétrer dans le vallon dans lequel s’inscrit la langue glaciaire du Parang glacier (50mn, 4880m). On longe sur quelques centaines de mètres la base de la moraine avant de monter dessus pour suivre une trace en up /down dans du gros éboulis rouge. Ce chemin qui permet de contourner certains bras de la Parang chu qui prennent leurs aises entre dans une vallée dont les flancs se rapprochent. La moraine devient sableuse et le chemin conduit à un collet (55mn, 5060m). La suite se déroule en courbe de niveau jusqu’au Parang La Base Camp (10mn, 5070m), emplacement assez réduit en nombre d’emplacements de tentes au cœur d’un cirque grisâtre assez austère. Demain, c’est « grimpette » sur le glacier dès potron-minet… En attendant, nuit sous tente.

Orage au Parang La BC

Jour 12 : Parang La BC nord - Parang La - Alpages de Thalta

6h15 / +900m / -1400m.
Diaporama Au-delà du camp on s’élève dans la moraine sur un chemin cairné bien tracé en direction du premier tiers de la langue du glacier. On traverse un torrent (attention aux rochers givrés au petit matin…) avant de venir buter sur la RG du glacier (30mn, 5150m). On continue à s’élever en bordure du glacier dans de la moraine détritique pas stabilisée pour un sou avant de se décider à poser le pied sur la glace heureusement recouverte de petits cailloux permettant une avancée sans l’aide de crampons. Vers 5240m on effectue une traversée latérale qui conduit à devoir traverser une bédière assez large (25mn, 5270m, c’est le lit d’un torrent qui s’est creusé dans la glace, assez délicat à franchir car l’erreur n’est pas de mise…).

Remontée du glacier du Parang

On reprend la marche vers le haut sur une allée plus ou moins recouverte de petits cailloux jusqu’à arriver sur un replat d’où le col du Parang La apparaît maintenant nettement. Par la suite la pente s’atténue alors que l’on traverse un plateau glaciaire. A l’extrémité on vient buter contre une pente neigeuse assez redressée que l’on franchit en effectuant quelques zigzags jusqu’à un passage dans une arête neigeuse qui donne accès au passage du Parang La (1h35, 5580m). On a parlé des humains, mais il ne faut pas oublier que la caravane de mules passe au même endroit ! Franchissement des bédières, marche sur la glace vive, remontée de la pente neigeuse, et tout cela sans renâcler… Il y a de quoi être impressionné. Tout cela en un temps bien inférieur au nôtre et avec 80kg sur le dos. Quelle performance !

Au Parang La (5578m)

On descend sur le versant Spiti en empruntant un sentier bien tracé en larges lacets dans la pierraille. Après, ça se dégrade au moment où l’on subit la traversée d’une zone de gros éboulis mal commode pour avancer. A la sortie on croise une source (35mn, 5220m) juste avant de traverser le site de Boroglen où est établi le camp de base du Parang La versant S (15mn, 5085m, source). On s’engage dans un thalweg à la pente soutenue en direction d’un large couloir bordé de falaises ruiniformes rouges. Une fois sur le chemin qui évolue en RD de la gorge (1h, 4850m) la descente se poursuit sur un terrain de gros éboulis qui s’arrête au pied d’une petite remontée casse-pattes (15mn, 4680m) avant de reprendre de plus belle quelques dizaines de mètres plus haut. On suit un sentier balcon (se réduisant parfois à une trace…) à flanc de pierrier surplombant la gorge qui s’est creusée. Bientôt, on arrive sur un belvédère (lieu-dit Jagtha, emplacement de camp, pas d’eau…) suivi d’une descente en zigzag le long d’un large couloir d’avalanche jusqu’au fond de la gorge au bord de la rivière Parilungbi chu (50mn, 4400m). On descend la gorge étroite dans laquelle se faufile la rivière sur un sentier souvent taillé dans la moraine ou dans la falaise. On passe à la base d’un immense couloir d’avalanches à la terre en suspension très friable et qui ne demande qu’à s’écrouler. Donc un impératif : se grouiller ! Le passage critique franchi, on arrive, oh heureuse surprise !, au niveau d’un pont qui va permettre de passer en RD sans avoir à se mouiller les pieds (30mn, 4315m).

Descente dans les gorges de la Parilungbi chu

Le sentier reste un peu à hauteur de la rivière avant de s’échapper de la gorge pour remonter dans un canyon en forte ascendance (10mn, 4265m). On évolue en zigzags serrés entre deux parois rapprochées avant d’atteindre un petit replat sur lequel on pourra reprendre son souffle (25mn, 4400m). Par quelques lacets un peu plus larges on atteint un plateau bosselé couvert de buissons d’épineux (15mn, 4480m). On poursuit en faux-plat montant puis en véritable montée pour contourner la gorge dans laquelle on s’était engagés auparavant. Encore quelques virages entre les bosses et on débouche sur une plateforme depuis laquelle le panorama est splendide sur les falaises qui bordent la Parilungbi chu et au deuxième plan le sommet émergeant du Kinamo (25mn, 4585m, source). Nuit sous tente.

Si l’eau n’était pas disponible sur le site, on peut poursuivre 10mn au-dessus de la plateforme pour accéder à un deuxième campement plus étendu avec de l’eau disponible dans un petit torrent en contrebas sur la D. Mais la vue est un peu moins belle…

Arrivée à Thalta

Jour 13 : Alpages de Thalta - Dumle La - Kibber

2h45 / +350m / -800m.
Diaporama On s’en va terminer le « travail » initialisé hier en allant passer le collet situé à D du tertre surmonté de cairns (c’est là que se trouve la deuxième partie du camp de Thalta) puis juste derrière on incline la marche légèrement sur la G pour atteindre le sommet d’une large bosse qui marque le rebord du plateau. On s’en va franchir le col du Dumle La (25mn, 4730m). De l’autre côté du col s’ouvre une large vallée avec sur la droite l’apparition bien sympathique d’un « carré » de verdure. Après le minéral de ces derniers jours… Le chemin cairné descend doucement à flanc vers la G avant de plonger dans un thalweg. A la sortie on découvre les champs de Dumle et quelques maisons éparses. On poursuit la descente toujours sur un excellent sentier. A mi-pente, on laisse partir un sentier sur la droite pour poursuivre tout droit en direction d’un mamelon que l’on contournera par sa D pour atteindre une maison isolée proche d’une aire de battage (50mn, 4100m). On part sur la G en légère remontée pour s’attarder sur un belvédère duquel on dispose d’une vue en enfilade sur une gorge resserrée et, au-delà, perché sur le plateau d’en face… le village de Kibber. On dirait bien que l’on n’en a pas tout-à-fait terminé avec la grimpette… On suit la RG de la gorge sur un joli sentier qui dévale le coteau dans sa partie finale pour atteindre la confluence de la petite rivière avec la Parilungbi chu que l’on retrouve après notre incartade par les plateaux.

Entre Dumle et Kibber, on retrouve la Parilungbi chu

Le site est remarquable avec ces falaises très rapprochées et ornées de plissements qui bordent la rivière. On franchit la rivière sur un pont (30mn, 3960m). On monte dans la baume qui s’ouvre sur la D. Le sentier en zigzag est bien tracé et plus on s’élève plus le panorama s’élargit jusqu’à dominer la gorge dans laquelle on était descendu. Au-delà du sillon creusé par la rivière, on devine sur la droite le col du Dumle La franchi une paire d’heures auparavant. Sur la gauche on découvre un village aux maisons cubiques blanches typiques du Spiti. Il s’agit de Chinchim. Un replat bienvenu et l’on atteint les premiers champs de Kibber (20mn, 4100m). Il ne reste plus qu’à suivre la piste en terre pour rejoindre l’entrée haute du village (25mn, 4190m). Le village de Kibber, habité en permanence, est l’un des plus hauts villages d’Asie. Il s’exprime de belle manière lorsqu’on le découvre une fois passé le collet : étagé en strates régulières sur la pente de la combe orientée selon la course du soleil, il est vraiment agréable de s’arrêter un instant pour en contempler l’ordonnancement. Puis, en suivant la rue descendant vers le chorten qui marque l’entrée S, on croisera de nombreuses guest-houses et boutiques (service de bus quotidien ou taxis pour rejoindre la ville du coin Kaja à une vingtaine de kilomètres).

Kibber

Voilà, cette traversée pédestre est accomplie. Il ne reste plus qu’à descendre sur Kaja. Au passage, ne pas hésiter à faire un arrêt au monastère de Kye (perché qu'il est sur son piton rocheux Diaporama) avant de descendre sur Kaja Diaporama. Au moins trois possibilités pour retourner sur Delhi une fois à Kaja (toutes par la route) :

1- en 2 jours (bus ou taxi) vers Leh, par la route du Kunzum La et la NH-1 via Darcha, Sarcha et Upshi. De Leh, liaison aérienne vers Delhi.
2- en 2 jours (bus ou taxi) via Manali en franchissant les cols du Kunzum La et du Rothang La (attention ! le Rothang La est soumis côté S à la mousson et peut-être momentanément coupé à la circulation, voire sur plusieurs jours).
3- en 4,5 jours en suivant les gorges de la Spiti river puis de la Sutlaj. Au passage, on rendra visite à quelques hauts lieux bouddhistes du Spiti et du Kinnaur (Lhalung, Dhankar, Tabo, Nako, Pooh, Kalpa, Sangla, Sarahan, etc.). Ces deux régions de l’Himachal Pradesh possèdent un charme fou et l’intérêt culturel est in-dé-nia-ble, na ! En avant, et pourquoi ne pas commencer dès maintenant avec le monastère de Kye à mi-chemin de Kaja, avec sa gompa perchée sur un piton rocheux qui domine la large vallée de la Spiti river, ce n’est pas le plus beau mais il faut bien commencer quelque part… Nota : la descente du Spiti et du Kinnaur nécessite pour chacun des touristes de faire établir un permis de voyage dans ces régions connexes à la Chine. Le permis s'obtient en une demi-journée (le matin) auprès des autorités de police de Kaja (locaux situés au SW de Kaja, un peu en dehors de la bourgade). On peut envisager un départ en fin de matinée pour aller faire étape à Tabo en visitant au passage Lhalung puis Dhankar.

Pour suivre le jour par jour de cette descente épique, il faut se rendre dans la rubrique Villes du Monde pour avoir accès à la visualisation des Diaporamas.

La gompa de Kye

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Relevés de terrain août 2012

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Commentaires (2)

1. Théo Héritier (site web) 06/06/2013

Bonjour,
Pensez-vous qu'il soit possible de faire ce trek tout seul, ou c'est trop risqué de se perdre ou d'avoir un accident ?
Merci pour ce site fantastique!

Théo

2. Patrick Chervet 16/10/2016

J'aimerais poursuivre le trek Rumtse- Kibber + pin valley Manali. J'ai entendu dire que la suite n'était pas évidente avec une autre traversée de glacier . Connaissez vous cette partie ??merci.

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