[Maroc] Les cols secrets du Toubkal


Un trek original dans la région du Toubkal ? Original, vous vous moquez ? Attendez, on le connaît tous… On arrive à Imlil, on prend l’autoroute qui dessert les refuges (Bon ! 5h de marche quand même…) et puis le lendemain on monte tout là-haut, on se fend d’un tour d’horizon, on grimpe sur le surprenant tripode qui coiffe le sommet à 4167m (un 4000, qui plus est le plus haut sommet du Maghreb…), on redescend au refuge et dans la foulée on refait en sens inverse le parcours de la veille, on rejoint le goudron et on peut même concevoir de se mettre les pieds sous la table à l’hôtel le soir… Voilà, « on a fait le Toubkal » ! Certes, j’exagère bien sûr… car il existe bien d’autres circuits proposés par les agences locales ou européennes mais dans leur grande majorité, ils auront pour cadre soit la traversée Imlil – Tacheddirt – Setti Fadma ou le tour du massif en 6 jours avec en point d’orgue l’ascension du Toubkal. Loin de ce type de randonnée expéditive et calibrée, je vous propose un trek itinérant d’une quinzaine de jours, au rythme un peu soutenu mais sans excès, disposant de moments de récupération le lendemain de journées d’effort plus important. Tout au long du périple, vous serez amenés à parcourir cols d’altitude et vallons oubliés des flux touristiques, à fouler des sommets extrêmement peu fréquentés vous donnant l’occasion d’accéder à des panoramas époustouflants et peu communs. Vous traverserez aussi quelques villages authentiques de l’Atlas marocain dont les habitants n’ont pour ainsi dire jamais rencontré de touristes. Quel plaisir de s’entendre dire : « Amicale bienvenue dans notre coin… » tel que nous avons été interpelés aux azibs Adouz. Au fil de la randonnée, chaque jour, vous aurez l’occasion de rencontrer nombre de berbères qui peuplent ces montagnes et qui en sont l’âme. C’est à ce moment, avec l’aide de votre accompagnateur-traducteur, que pourra se tisser le lien entre nos deux civilisations. Ces moments furtifs, par exemple lors du croisement sur le chemin d’un berger, d’un groupe d’enfants, d’un instituteur,… ou le soir au camp autour d’un thé à la menthe, resteront à jamais gravés dans votre mémoire comme de merveilleux instants de bonheur partagé.

Allez ! Sortez des sentiers battus et archi courus, suivez nos traces, vous ne devriez pas le regretter…

La carte interactive est disponible sur Google Maps et n'oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec la carte téléchargeable en PDF) et bien d'autres choses encore.


Téléchargez la carte du circuit au format PDF : Carte générale GTAM1 Carte Les cols secrets du Toubkal

« Zoulis tapis »… dans les souks de Marrakech

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : Paris - Marrakech

Selon l’heure d’arrivée, tour de ville, visite d’un ou deux palais princiers voire un petit tour du côté du Jardin Majorelle. Immersion dans les souks. A la tombée de la nuit, la place Jemaa el Fna, centre de vie de la médina, achève sa transformation : peu à peu, la chaleur oppressante de la journée s’estompe et la place devient le point de convergence de toute la ville avec ses bateleurs, ses musiciens et danseurs gnaouas, ses charmeurs de serpents, ses petits restos en plein-air,… Profitez-en pour prendre un bon bain de foule parce que pour le restant du séjour, Walou (c’est fini) ! Nuit en hôtel simple dans la médina (hôtels Ali ou Foucauld).

Jour 2 : Arba Tighedouine - Aït Ouairri

4h / +850m / -50m

Diaporama Court trajet d’une heure en voiture pour rejoindre la vallée du Zat à Arba Tighedouine (1050m). Rencontre avec les muletiers. Du village, on descend par la piste et après le passage de la rivière, au panneau « Chasse amodiée », prendre à droite une piste ascendante. 30mn après la bifurcation, nous croisons un puits qui se révèle être le seul point d’eau potable de la journée. Eau fraîche, banquettes accueillantes sous les noyers en contrebas, l’arrêt est conseillé pour la pause de midi. Le programme de l’après-midi consiste en une montée régulière sur la piste durant deux heures en plein cagnard jusqu’arriver après le passage d’un col sous le village de Aït Oua’ttou. Avant que la piste ne se remette à grimper, prendre à gauche plein sud un sentier qui passe au milieu des cultures et aboutit en 20mn à une autre piste. Continuer tout droit hors sentier sur une imposante dalle de grès en gardant une direction sud (la ligne de mire est une montagne formée de deux mamelons et au pied de laquelle nous allons établir le camp). Se poser au bord du chemin en plein milieu des champs de pommes de terre à la droite du village d’Aït Ouairri (1850m). Source à proximité. Nuit sous tente.

La montée depuis Arba Tighedouine

Jour 3 : Aït Ouairri - Azibs n’Ouagouns supérieurs

5h30 / +900m / -250m

Au programme de la journée, accession au plateau du Yagour par un itinéraire peu usité passant par le « lac » d’Iferd. D’Aït Ouairri, monter au-dessus du camp en suivant un chemin évident bien cairné au départ. Il s’élève en direction de la montagne aux deux mamelons et s’incurve vers la gauche pour franchir l’obstacle en écharpe. Légère descente vers une source (campement possible, 1h30). Traverser le cours d’eau et remonter sur une petite crête. Nous surplombons à présent le thalweg issu du col dans lequel se trouve le « lac ». 1h après la source alors que nous sommes en vue du col, laisser partir le sentier qui conduit vers des bergeries et rejoindre au mieux le fond du thalweg juste sous le col. Il donne accès à un immense pré couvert de fleurs jaunes. Le traverser. De ce point, vous pouvez aller visiter le site du « lac » d’Iferd en 30mn A/R : celui-ci se révèle n’être qu’une étendue d’herbe bien grasse identique à celle sur laquelle vous vous trouvez.

Bifurquer sur la gauche en direction des bergeries : la vue s’élargit à l’ensemble de la chaîne de l’Adrar Meltsène. Nous descendons hors sentier en direction de l’immense cône de déjection issu de la face nord de l’Adrar Meltsène. A mi-pente, incliner légèrement sur la droite afin d’éviter le profond canyon qui se présente. Traverser la rivière et remonter jusqu’aux premiers azibs à 2300m et poursuivre sur une moraine fluviale jusqu’aux azibs n’Ouagouns supérieurs 200m plus haut au pied des parois nord de l’Adrar Meltsène. En saison, deux sources à proximité. Nuit sous tente.

Jour 4 : Azibs n’Ouagouns supérieurs - Adrar Meltsène - Camp sur le Yagour

8h / +1100m / -1500m

Le premier gros morceau du trek : la grimpette sur le sommet de l’Adrar Meltsène. Des azibs prendre le thalweg qui part sur la droite plein ouest et, hors sentier, remonter de manière évidente le vallon jusqu’au col à 3107m (2h). Vous aurez pu noter que dans la 2e partie de l’ascension la pente devient plus soutenue mais sans excès... Au col, monter pleine pente sur la gauche par la crête NW jusqu’à un sommet pointu (30mn). A l’approche de l’antécime W, la pente se redresse à nouveau.

Poursuivre toujours sur la crête et atteindre le dernier ressaut qui donne accès, par un faux-plat montant, au sommet proprement dit (1h). Redescendre par le même chemin de crête jusqu’au premier col à 3107m (1h), ne pas redescendre dans la combe que vous avez parcourue ce matin mais se diriger vers un large collet en rive gauche du vallon. Suivre un moment une trace qui chemine côté gauche de la crête et atteindre un sommet herbeux. Descendre au mieux par des pentes d’herbe et de buissons épineux (attention où l’on pose les mains lors d’une glissade !) dans le vallon de gauche au milieu duquel coule un ruisseau. Une fois en bas, suivre le cours d’eau pendant 10mn jusqu’à son confluent avec celui qui provient du vallon voisin. Traverser la rivière et remonter une trentaine de mètres pour rejoindre un vague sentier qui conduit en courbe de niveau jusqu’à la piste qui desservait une mine aujourd’hui désaffectée (2h30). Suivre la piste en descente, négocier un lacet puis la quitter pour rejoindre au travers d’un maquis clairsemé de cistes le col que l’on voit sur la gauche et dans lequel passe le sentier principal de la Traversée du Yagour. Au col, à gauche toute ! Le sentier louvoie au milieu d’azibs témoignant d’un pastoralisme encore bien présent, de gorges tapissées de verdure, le tout dans un florilège de montagnes de toute beauté. Une demi-heure après avoir quitté le col, établir le camp sur des banquettes herbeuses à 2200m à proximité du lit du ruisseau. Nuit sous tente.

Cet itinéraire n’étant pas praticable par les mules, les muletiers iront directement des azibs n’Ouagouns supérieurs au camp sur le plateau du Yagour (2h).

Jour 5 : Camp sur le Yagour - Azgaour (Setti Fadma)

4h / +50m / -650m

Après la journée d’hier, étape de liaison plutôt « roulante » pour descendre dans la vallée de l’Ourika : du camp, reprendre le sentier jusqu’aux azibs Amddouz, passer les aménagements pratiqués dans le cours du ruisseau et bifurquer à gauche pour emprunter le chemin à flanc de montagne qui conduit à un col (2h30) qui domine la vallée (Annamer à droite, Ouigrène à gauche). Continuer sur la crête pendant 5mn et basculer à gauche sur un sentier bien tracé qui descend en lacets vers le village de Ouigrène. Ne pas pénétrer dans le village mais passer juste au-dessus des plus hautes maisons (suivre la canalisation) et rejoindre ainsi le sentier de descente juste à la sortie du village. Par un cheminement rocailleux très bien tracé, nous rejoignons le fond du vallon et après avoir traversé le ruisseau, nous prenons une piste qui rejoint Imi n’ Taddert. Aux premières maisons, se diriger vers la gauche et dévaler les ruelles pour atteindre la passerelle suspendue qui traverse la fougueuse rivière. Après une courte remontée, nous retrouvons le goudron pour 2 kms avant d’entrer dans Azgaour (1450m), quelques hectomètres avant la terminaison de la route à Setti Fadma. Après-midi de farniente. Nuit en gîte d’étape au bord de l’Ourika.

Jour 6 : Azgaour - Timichi

4h30 / +500m / -0m

Diaporama De bon matin (chaleur oblige…), suivre la piste qui prend le relais de la route à Setti Fadma jusqu’à Agadir n’Aït Boulmane. La quitter lorsqu’elle commence à monter en lacets pour franchir la montagne. Nous continuons tout droit et entrons dans les gorges de l’Ourika (renseignez-vous auprès des villageois quant à la praticabilité du passage, sinon c’est la piste en plein soleil avec les muletiers…). Le parcours est plaisant, en grande partie grâce à la fraîcheur qui y règne. Le parcours nécessite, pendant près de 3h de temps, de louvoyer sans aucune difficulté entre blocs de rochers, canaux d’irrigation et les espaces cultivés.

 

Les gorges de l’Ourika

 

On a souvent l’occasion de devoir se tremper les pieds, Oh bonheur ! mais prévoyez des chaussures adéquates... La demi-journée se clot par une heure de marche sur un sentier que l’on emprunte juste à la sortie du village d’Anfli et sur lequel nous retrouvons nos compagnons de route. Nous traversons Tiourdiou et Izougarn et entrons dans Timichi (1980m). Nous traversons Tiourdiou et Izougarn et entrons dans Timichi (1980m). Le village est à la croisée de 2 vallées fluviales et se trouve dominé par des montagnes imposantes. Nous rejoignons le gîte d’étape de Brahim au pied de la montée de demain, à savoir le col de Tacheddirt. Après-midi et nuit de repos au gîte en prévision des jours à venir.

Jour 7 : Timichi - Tacheddirt

6h / +1200m / -1000m

Montée derrière le gîte sur l’évident sentier qui nous fait pénétrer dans la haute vallée de l’Ourika. Une fois le premier raidillon passé, nous nous élevons gentiment sur un sentier balcon avec la masse de l’Anrhemer (3892m) pour horizon. Une heure après la mise en route, on traverse le village de I’bassène et c’est l’occasion d’aborder la première difficulté, à savoir une raide montée qui heureusement s’effectue sur un bon sentier.

 

Le village de Timichi (vallée de l’Ourika)

S’ensuit un parcours étale jusqu’au franchissement d’une cascade (emplacement de bivouac si besoin). Passée la cascade, plus de répit ! Il faut s’élever d’abord de 300m jusqu’à un azib isolé à côté duquel coule une source fraîche à souhait, et encore 300m jusqu’au tizi n’Tacheddirt à 3172m, lieu de passage entre la muraille noire de l’Angour (3616m) et le sommet du Bou Iguenouane (3882m).

Il nous a fallu plus de 2h de marche soutenue depuis le dernier village pour en arriver là. A présent, nous sommes au cœur du Haut-Atlas occidental et ses sommets élancés, notre « terrain de jeu » pour les dix jours à venir. Devant nous, la longue crête de l’Aksoual borde la vallée de Tacheddirt (le village éponyme est caché derrière un repli du terrain, on voit Tamegguist au loin). 1h30 de descente nous attendent maintenant le long de l’asif Imename (pause repas à l’ombre de gros blocs vers 2700m, ruisseau d’eau fraîche en contrebas) pour atteindre le village de Tacheddirt à 2300m (quelques gîtes d’étape dont le refuge du CAF). Autre possibilité pour la nuit : établir le camp de l’autre côté de la vallée au pied du sentier du tizi Likemt où coule une source abondante.

Jour 8 : Tacheddirt - Tizi Likemt - Azibs Adouz supérieurs

7h / +1700m / -1400m

En face du village, emprunter l’évident sentier idéalement tracé qui s’élève en lacets bien larges au creux du vallon. Il nous conduit en moins de 4h à 3550m sur le point de faiblesse entre Aksoual à droite et Bou Iguenouane à gauche : nous sommes au tizi Likemt. Panorama étendu au sud augurant des futures grimpettes de la semaine.

Descente abrupte sur les azibs Likemt pour la halte déjeuner (2350m, 1h30) avant de reprendre la marche au milieu de l’après-midi. Juste au-dessus du campement (très sale, il faut le noter…), prendre le sentier muletier légèrement ascendant qui contourne la masse rocheuse qui nous surplombe. Il donne accès, d’abord de manière étale puis par une dernière petite remontée suivie d’une descente expresse, au site des azibs Adouz (2600m) au pied de l’imposante face nord de l’Iferouane. Nous traversons le groupe d’azibs et remontons le vallon qui se présente à droite. Nous établissons le camp vers 2800m auprès d’autres azibs à proximité de la rivière, à l’endroit où notre trace rejoint le sentier principal qui relie les azibs Taroutoult au tizi n’Tougroudadène. Nuit sous tente.

Jour 9 : Azibs Adouz supérieurs - Adrar Iferouane - Tizi n’Ourai

7 à 8h / +1400m / -1100m

Diaporama Départ matinal car la journée va être longue : il s’agit de monter sur l’Iferouane à presque 4000m. Le chemin est évident : d’abord le tizi n’ Tougroudadène à 3300m que l’on atteint en 1h30. Isolement total si ce ne sont les croassements des corbeaux et des choucas. La vue s’étend à l’ensemble du massif du Toubkal.

Quittant le chemin qui redescend vers le tizi n’Ouraï rejoindre le sentier habituel qui draîne le flot des excursionnistes qui montent des azibs Likemt par les gorges de l’asif Tinzar, on s’engage à gauche sur la crête facile et on s’élève progressivement jusqu’à un sommet à 3900m qui correspond au point de convergence des crêtes de l’Iférouane à gauche (dont on distingue nettement le sommet à présent) et de l’Adrar n’Dern à droite (2h30). Au-delà de ce sommet, suivre un cheminement parfois cahotique sur la crête, alternance de rochers à éviter par la droite et de portions « roulantes », descendre dans un collet et attaquer la dernière montée jusqu’au sommet à 3996m sur lequel trône un imposant cairn (1h depuis le sommet à la cote 3900). Le petit nombre de personnes qui passe sur le sommet ne présage pas que nous atteindrons la barrière des 4000m avant longtemps si chacun s’en tient seulement à poser un seul caillou sur le monticule… La vue est étendue sur toute la partie sud de l’Atlas qui s’étale en pente douce jusqu’à tutoyer le désert. Noter un peu sur la droite la forme caractéristique du Jbel Siroua.

Redescendre au collet, négliger la remontée mais passer sur la gauche où bientôt on se retrouve sur une vague trace qui nous conduit en courbe de niveau jusqu’à une éminence rocheuse à la forme caractéristique qui donne accès par un vrai chemin à présent à un col débonnaire paré de pierres rouges (1h depuis le sommet). On est au pied de l’Adrar n’Dern à 3700m. Deux possibilités selon la forme du groupe :


  • suivre la crête de l’Adrar n’Dern jusqu’au Tizi n’Ourai (parcours en montagnes russes) et redescente du col pour atteindre le camp (2h30 de marche).
  • descendre dans un premier temps abruptement dans une pente d’éboulis friables dans le vallon où l’asif n’Ouraï prend sa source et suivre le sentier jusqu’au confluent des asifs n’Ourai et Iferouane à 2930m (1h30).

 

Nuit sous tente au milieu d’un îlot de verdure bien sympathique au pied du Tizi n’Ouraï.

 

Les muletiers ne nous accompagnent pas sur les sommets. Du tizi n’Tougroudadène que nous avons franchi ensemble, ils gagnent directement en 1h30 l’emplacement du camp du soir sous le Tizi n’Ourai.

Jour 10 : Tizi n’Ouraï - Amsouzart

3h / +100m / -1400m

Après la bambée d’hier sur les crêtes de l’Iferouane, petite matinée de marche pour descendre à Amsouzart. Courte remontée d’une centaine de mètres jusqu’au col puis traversée étale  avant la plongée sur le sentier de droite, très parcouru, qui conduit dans la vallée d’Amsouzart que l’on devine verdoyante, 1400m plus bas.

Heureusement, peu de cailloux mais un sentier sablonneux qui déroule un tapis de douceur sous nos pieds endoloris par les outrages rocailleux des jours précédents. A 2150m, tourner à droite pour emprunter le sentier qui rejoint directement le village de Tagounit et plus loin la piste. La suivre pendant deux kilomètres avant de basculer sur la droite sur une sente qui rejoint le réservoir qui alimente en eau potable le village d’Amsouzart.

Sous les noyers, on trouve une ruelle dépotoir que l’on emprunte pour achever la descente du vallon. Le gîte d’étape se trouve à gauche juste avant d’arriver à la rivière : chambres simples mais proprettes, sanitaires très convenables, douches chaudes, repas de qualité (Ah ! l’inénarrable tagine aux œufs de la dame de la maison…). Quelle belle après-midi de détente. Profitons-en : la suite est ardue. Après-midi et nuit au gîte.

 

Si vous avez des fourmis dans les jambes, le site enchanteur du lac d’Ifni à 2300m vous offre, moyennant un A/R de 4h, ses couleurs émeraude au centre d’un écrin de montagnes. Traverser l’asif Tisgui et remonter le vallon par la piste jusqu’au déversoir.

 

Maisons de village à Amsouzart

Jour 11 : Amsouzart - Azibs Irhil n’Tarbaloute

4h / +900m / -0m

Diaporama Traverser l’asif Tisgui, remonter la piste sur quelques virages (au passage commerces, café, camping), laisser partir sur la gauche la piste du lac d’Ifni pour se diriger vers le fond de la vallée en direction de Tissaldai, village que l’on atteint en 2h30 suite à un parcours de toute beauté au milieu des cultures en terrasse avec la barre rocheuse du Tichki comme horizon. Au passage nous traversons les hameaux de Timzakine et Tagadirt.

Après Tissaldai, un sentier prend le relais pour nous conduire dans des gorges d’un rouge sombre avant de nous permettre de nous échapper sur la droite en franchissant un collet dans lequel se situent les azibs Irhil n’Tarbaloute à 2630m (littéralement : « les bergeries de la crête de la source »… et il y a même deux sources aménagées) au cœur d’un cirque de montagnes présentant des parois dantesques : Pic d’Ifni, Toubkal, Afekhoï et Tichki, excusez du peu ! Nuit en tente.

Jour 12 : Azibs Irhil n’Tarbaloute - Camp dans l’Ait Mizane

5 à 6h / +1400m / -1200m

Monter au-dessus des azibs en direction du col pour trouver le chemin bien tracé qui conduit par de larges lacets au premier col de la journée, le tizi n’Ourar à 3300m (1h30), puis par un faux-plat montant sur la gauche au deuxième, le tizi Irhil n’Tifilit. S’ensuit une montée un peu plus prononcée jusqu’au tizi n’Tagharat à 3500m (1h). Du bord du plateau on domine la vallée de l’Aït Mizane mais attention ! hommes et bêtes devront prêter une attention particulière tout le long de la vertigineuse descente de 1000m sur un sentier par moments bien érodé. A noter de belles cascades peu avant d’entrer au marabout de Sidi Chamarouch (2300m). La collation de midi peut être préparée dans les échoppes qui bordent l’unique rue du « village ».

 

Il nous reste une heure de route pour franchir le verrou morainique qui nous domine et se poser sur les banquettes le long de la rivière juste après avoir dépassé le vallon des Imouzzer (le sentier de descente démarre un peu après la « buvette » du Toubkal). Prendre de l’eau au pied du névé persistant sur la partie basse du torrent qui dévalle du vallon secondaire. Vasques pour prendre un bain revigorant. Nuit sous tente.

Variante alpine engagée (Traversée et sommet de l’Afekhoi à 3751m)
8h / +1200m / -1000m.

A n’entreprendre que par beau temps stabilisé, subir un orage là-haut pourrait avoir de graves conséquences. Il est fortement conseillé de s’adjoindre les services d’un accompagnateur de montagne marocain connaissant bien les passages. Les préliminaires posés, allons-y : du camp, passer à la deuxième série d’habitations que l’on trouve derrière la butte pierreuse en direction de l’ouest. Remonter le lit du torrent en direction du Toubkal pendant 1h et s’engager à droite avec comme point visé la dépression que l’on devine à la droite de l’Afekhoi. La pente d’abord peu prononcée se redresse jusqu’à atteindre 40°, et pour ne rien arranger, sur du petit éboulis. La montée est pénible, on recherche les plaques de roche noire sur lesquelles il est plus aisé de progresser. On passe 2 ou 3 crêtes et le col à 3700m tant espéré nous accueille (5h quand même pour 1100m de dénivelée…). Nous sommes dans le tizi n’Tichki entre les sommets du Tichki au nord et l’Afekhoi au sud. Contourner par sa base sur une vague sente épisodiquement cairnée la masse de l’Afekhoi et basculer sur l’autre versant en franchissant un couloir rocheux (30m en II) à son extrémité ouest. Le sommet peut s’atteindre en suivant la crête rocheuse depuis le col (1h du col à 3700m avec une longueur en III dans une cheminée). Devant nous, le sommet du Toubkal semble à portée de main mais le parcours d’arêtes ne parait pas si trivial que ça… Ce sera pour une autre fois.

Nous sommes dans le tizi n’Imouzzer au sommet du vallon des Imouzzer duquel nous disposons d’une vue plongeante sur Aremd, Imlil, Asni et au-delà sur la plaine de Marrakech. Nous descendons hors-sentier dans le vallon sauvage. Noter les débris d’un hélicoptère (crash en octobre 1971 ?) qui jonchent le sol. Descendre pendant une bonne heure jusqu’arriver au-dessus de barres rocheuses infranchissables. Traverser le gigantesque tapis de chardons couleur vert-pomme bien irritants qui colonise le lit du torrent en obliquant à gauche pour trouver un petit collet qui nécessite le passage préalable dans une gorge où vous accomplirez quelques petits pas de désescalade (2 pas de II). Ce n’est toutefois pas fini : nous pénétrons dans le vallon voisin, toujours aussi peu fourni en sentiers ou traces en tout genre, et dévalons en travers une série de banquettes herbeuses entrecoupées de plaques rocheuses bien lisses (à éviter) jusqu’à rejoindre le lit du torrent quelques dizaines de mètres au-dessus du névé persistant. Le bonheur n’arrivant jamais trop tard, le camp est sur l’autre rive…

Jour 13 : Camp dans l’Ait Mizane - Sommet du Toubkal - Refuge du Toubkal

6h / +1400m / -1000m

Depuis le camp au bord de la rivière, monter sur l’autoroute du Toubkal 1h durant jusqu’arriver à une grande étendue gazonnée bien plane (campement possible). Au loin, devant, nous avons en ligne de mire les deux refuges du Toubkal.

Se diriger vers la rivière, la traverser au mieux et commencer à remonter le couloir qui se présente devant nous : il s’agit de l’Ikhibi Nord. Dans la petite pierraille et sur une vague trace de sentier surtout pratiqué à la descente, vous remonterez ainsi jusqu’au sommet du Jbel Toubkal en 3h sans rencontrer grand monde. A 4167m, large vue sur les sommets environnants et au-delà, si le temps est clair, sur les lointaines plaines de part et d’autre. Les couloirs qui descendent du sommet sont pentus (peut-être arriverez-vous à distinguer le campement d’il y a deux jours ?). Sage descente par la voie normale dite de l’Ikhibi Sud jusqu’aux refuges. Selon votre envie, nuit dans l’un des refuges ou sous tente.

Les muletiers ne nous accompagnent pas sur le sommet. Petite journée pour l’équipage : du camp près de la rivière, ils gagnent directement en 1h30 les abords des refuges du Toubkal pour établir le camp.

Jour 14 : Refuge du Toubkal - Tizi n’Aguelzim - Refuge de la Tazaghart

5h / +750m / -900m

Diaporama Descendre pendant ½ h le sentier d’accès au refuge jusqu’à la grande étendue verte que vous avez foulée hier matin et qui vous a donné accès au couloir de montée au Toubkal.

Quitter le sentier principal et trouver sur la gauche le départ du nouveau chemin muletier qui permet de franchir la chaîne de l’Aguelzim. Nous nous élevons rapidement, passons auprès d’une jolie cascade et en nous retournant nous pouvons apprécier l’immensité qui nous entoure : le cirque de montagnes composé d’un florilège de 4000 s’agrandit jusqu’à pouvoir les embrasser d’un seul regard.

C’est assurément l’un des plus beaux panoramas de la montagne marocaine. 1h30 après le début de ce sentier, le col à 3500m se présente devant nous et ouvre un large horizon sur la vallée préservée des Azzaden. A notre gauche, l’imposant plateau de la Tazaghart avec ses presque 4000m (il s’en faut de 20m…). Depuis le col, une descente vertigineuse dans un pierrier sur sentier extrêmement bien tracé (on a compté 93 lacets… pour 500m de dénivelée) nous conduit, hommes et bêtes, jusqu’à une source (emplacement de pique-nique).

 

La fameuse descente aux 93 lacets…

Il s’ensuit un parcours étale puis une nouvelle descente de 100m avant de donner le dernier coup de collier et atteindre le refuge de la Tazaghart (anciennement Lepiney à 3000m) au pied d’une impressionnante cascade sous les austères parois du plateau de la Tazaghart (3980m). Nuit sous tente ou encore mieux dans l’historique refuge construit et géré par le CAF de Casablanca.

Jour 15 : Refuge de la Tazaghart - Imlil (Aït Souka)

5h30 / + 450m / - 1750m

Au programme de cette dernière journée : descente de gorges sauvages puis, au choix, balade sur le sentier balcon de la vallée des Azzaden suivi du passage d’un col d’altitude modérée, ou ascension d’un des plus beaux cols de l’Atlas (dénivelées identiques pour les deux propositions). Depuis le promontoire sur lequel est construit le refuge de la Tazaghart on suit un sentier bien tracé jusqu’à l’entrée des gorges (négliger au passage le sentier de droite par lequel nous sommes arrivés hier). Sur un sentier de plus en plus chaotique, nous arrivons aux cascades d’Ighouliden et poursuivons jusqu’au site enchanteur des azibs Tamsoult (1h30). A noter la récente construction d’un refuge avec dortoirs et douches.

 

Les cascades d’Ighouliden

De l’austère au riant… La campagne s’offre à nous : partout, les villageois s’affairent dans les champs, la vallée est très ouverte et les collines sont plantées de genévriers bien verts tranchant sur l’ocre de la terre.

Choix 1 : Tout droit, nous empruntons le sentier balcon de la Vallée des Azzaden, une pure merveille, en direction du village de Tizi Oussem. A mi-chemin du village, nous bifurquons à droite pour prendre un sentier ascendant qui traverse une « forêt » de genévriers jusqu’à atteindre le tizi Mzic à 2480m (1h30). En 1h, nous descendons sur le bourg d’Imlil.

Choix 2 : Des azibs Tamsoult, nous nous dirigeons sur la droite en passant au-dessus des champs avec comme point visé un gigantesque éboulis de pierres grises sur lequel on distingue la trace d’un sentier. Nous remontons le vallon en empruntant les nombreux lacets qui ont été aménagés. Nous passons un azib curieusement perché sur un gros rocher et poursuivons notre marche ascendante toujours sur sentier. Nous quittons la zone de genévriers pour aborder une lande d’altitude et nous pouvons commencer à distinguer l’échancrure du col entre l’Aguelzim à droite et l’Adrar Adj à gauche. Ayant quitté les azibs Tamsoult il y a moins de 2h, nous arrivons à 2930m au tizi n’Tizikert. Le panorama s’élargit à l’ensemble de la région d’Imlil.

Il ne reste plus qu’à dévaler, sur un sentier admirablement tracé, les 1000m qui conduisent jusqu’à la plaine d’Aremd puis rejoindre Imlil en 30mn par la piste de gauche.

 

Dans la vallée, il y a réellement pléthore de gîtes pour se poser. Un peu en dehors du bourg d’Imlil et de son agitation commerçante, le gîte d’Ahmed Ait Hammou au village d’Ait Souka (15mn à pied par la piste de Tamatert) vous attend. Equipe très amicale et gîte impeccable (cuisine, salons, chambres et sanitaires). Au milieu d’un océan de verdure, jardins et vergers, vous pourrez vous reposer et vous remémorer les merveilleux instants que vous venez de vivre. Ahmed est guide de montagne et organise également des randonnées dans tout le Maroc. N’hésitez pas à faire appel à lui pour vos prochains circuits ! Nuit en gîte d’étape.

Jour 17 : Imlil - Marrakech - Paris

Après une dernière nuit réparatrice dans l’Atlas marocain et un petit thé à la menthe, descente d’1h30 en grand taxi vers Marrakech (50Dh par personne) et selon votre heure de décollage, un tour dans les souks, un petit repas chez Oscar Progrès, le petit resto dans la rue derrière l’hôtel Ali, puis taxi vers l’aéroport pour prendre votre avion pour l’Europe.

Extension possible

Dans ce Diaporama sont présentées deux journées supplémentaires de marche : si vous avez fait le choix 1 sur le jour 16 (passage par le tizi Mzic), je vous propose de refaire une boucle dans la vallée des Azzaden afin d'explorer le tizi n'Tizikert, le sentier sportif qui suit l'asif Azzaden entre les azibs Tamsoult et Tizi Oussem (à n'emprunter qu'à la saison "sèche"), puis en descendant jusqu'à Id Aissa passer le lendemain par le féérique col du tizi n'Oudite et ses couleurs incroyables pour rejoindre Aguer Sioual à 1h de marche d'Imlil.

Brièvement le topo : d'Imlil, remonter jusqu'à Aroumd et trouver sur la RG de la moraine fluviale derrière les boutiques le sentier du tizi n'Tizikert. Excellemment bien tracé il nous conduit en pente régulière jusqu'à 2930m (3h). Descente au milieu des landes avant d'entrer dans une "forêt" de genévriers qui conduit jusqu'au pied des azibs Tamsoult (1h20). On peut pique-niquer bien à l'ombre au bord du torrent sous les branches de beaux genévriers (eau dans le torrent, petite cascade pour se rafraîchir les pieds et le reste...). Poursuivre la descente vers les azibs, traverser le campement, obliquer à D et se diriger vers les gros blocs gréseux. On dévale de terrasse en terrasse jusqu'à la rivière. On la traverse à plusieurs reprises avant de remonter quelque peu sur la RD (1h). Redescente vers l'asif Azzaden pour passer auprès d'azibs isolés en RG (30mn). Encore une traversée de la rivière à quelques encablures du village de Tizi Oussem que l'on aborde par le bas. Nuit en tente sous les somptueux noyers quelque peu au-dessus de la rivière et juste en-dessous du village ou remontée en 5mn jusqu'au gîte d'étape.

Le lendemain, on continue le long de la rivière pendant 15mn avant de trouver sur la D un sentier qui remonte abruptement jusqu'à l'école du village et au-delà à la piste. On la suit 30mn jusqu'au village suivant, Id Aissa. Juste après un virage prononcé vers la G, monter à D entre les maisons pour trouver juste au-dessus le sentier très emprunté du tizi n'Oudite. Superbe passage s'il en est ! Les dégradés de couleurs sont impressionnants et sous le soleil matinal les contrastes sont très photogéniques. Amis photographes, à vos engins ! Descente au NE en direction de l'ancienne carrière de Matat tout de blanc vêtue puis retrouver une piste en RD de la vallée permettant de mieux apprécier les deux villages que nous croiserons dans la descente. Arrivée au bord de la route à Aguer Sioual (1h20). Pique-nique possible de l'autre côté de l'Ait Mizane sous les noyers près d'un moulin. Pour finir notre mini-tour, on rentre à Imlil par le sentier qui chemine quelques mètres au-dessus du torrent, c'est quand même bien plus agréable que la route (1h).

separateur.jpg

Relevés de terrain juin 2008, consolidés pour certaines parties en 2009, 2010 et 2012.

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Commentaires (3)

1. AJFT (site web) 09/03/2011

Bonjour,
Puissent ces "cols secrets du Toubkal" ne pas devenir des "autoroutes"! Je rejoins ici le voeu pieux de Peyron lorsqu'il écrivait la GTAM, il y a déjà bien longtemps...
En tout cas, bien belle description de cet itinéraire, qui me fait revivre, par votre style incisif, clair, imagé, 10 ans de crapahutage dans ce massif.
Cordialement
AJFT (inconditionnel de l'Ikhibi-Nord où je n'ai jamais rencontré personne )

P.S.: "Aït Miziane"? Ce ne serait pas plutôt "Aït Mizane"?

2. le Dahu de l'Atlas 18/06/2012

Concernant la montée sur l'Adrar Yagour

"Continuer sur la crête pendant 5mn et basculer à gauche sur un sentier bien tracé qui descend en lacets vers le village de Ouigrène."

ce sentier n'est pas si bien tracé que ça ; j'ai pris le chemin inverse je suis parti dans la mauvaise direction en suivant le vallon à l'est de Ouigrène.
Il faut vraiment le savoir qu'il faut monter au-dessus de Ouigrène pour monter sur le A Yagour.
En arrivant au-dessus de Ouigrène, ily a une ligne de crête, de l'autre côté on a une vaste vue sur Annamer donc suivre la ligne de crête vers le Nord-EST

3. Webmaster (site web) 12/07/2012

Je suis vraiment désolé mais lorsque l'on suit les indications en venant du plateau du Yagour (le topo n'est pas exploitable en l'état lorsque l'on remonte de Ouigrène) les deux bifurcations sont évidentes : la première, lorsque l'on quitte le plateau du Yagour au niveau des azibs, permet d'aller à G (puisque le sentier d'Annamer qui part vers la D est caché derrière les bâtiments), la seconde sur la crête pareillement pour plonger sur Ouigrène.

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