Sur les traces de Paulo Grobel...

Après le non-trek catastrophique de l’été dernier au Ladakh, nous étions revenus dépités de n’avoir pu assouvir notre désir de découvrir la région du Zanskar et sa fameuse traversée d’une vingtaine de jours qui tutoie les cieux. A notre retour précipité en Europe, nous nous étions consolés en montant « à l’arrache » une randonnée sympa d’une semaine du côté du Vercors dans la région des Coulmes. Et puis le week-end dernier, la traversée du Mont-Blanc par les 3 monts, de l’Aiguille du Midi au Goûter au-dessus de Chamonix, m’a sorti de cette léthargie qui m’avait envahi et m’a relancé dans cette quête de l’inutile : il me fallait partir vers une destination cet automne ! Notre guide, Paul Bonhomme, avait discuté dans la journée de son projet arrêté d’encadrer un groupe constitué de randonneurs alpinistes sur le Tour du Dhaulagiri pour Allibert. Je me serais bien joint à eux mais le programme « conventionnel » de ce tour ne me satisfaisait pas totalement. Ayant déjà randonné sur la partie basse du Tour du Dhaulagiri en 2001 avec Marie (voir le topo Entre Annapurna et Dhaulagiri), je me réservais l’opportunité de rejoindre la partie finale de l’itinéraire par une approche moins habituelle, à savoir en venant de Dunai et en traversant la réserve de Dhorpathan (pour les connaisseurs, lire ou relire l’ouvrage de Peter Matthiessen « Le léopard des neiges »). Connecté sur le site web d’Allibert, ne voilà t’il pas qu’apparaît sur la même page, au milieu des 5 propositions de randonnées de trek-alpinisme, l’opportunité, inespérée il y a encore quelques jours, de me lancer sur l'expédition "Mustang, Saribung Peak, Vallée de Phu" cet automne. Coup de fil et coup de bol : il reste une place dans le groupe monté par Martine et François Marsigny (et proposée sur le site du voyagiste). Banco ! Voilà la genèse…

Sur les traces de Paulo Grobel ai-je intitulé ce billet… C'est un énorme honneur, une paire d’années après lui, de fouler les sentiers de ces régions reculées dont il nous a appris, au travers de ces récits, à désirer. Je m'explique : ce guide de La Grave en Oisans s'est fait une spécialité de défricher de nouveaux itinéraires dans les régions de l'Himalaya frontalières du Tibet et dont le nom sonne agréablement à l’oreille : Dolpo, Haut-Dolpo, Mustang, Damodar himal, Phu… Cet impénitent découvreur a plusieurs fois été à la une de notre magazine préféré Trek Magazine dans lequel il a pu relater, dans un premier article, son expédition de 2007 entre Mustang et Phu, puis dans un second, la bambée de l’automne 2009 où, comme un coup de poignard fiché là où ça fait mal, il exposait sans fioriture la beauté solitaire des paysages du Haut-Dolpo et du Mustang. Ce « mec » est quand même plus que génial : au retour de ses découvertes, il met à disposition sur le web toutes les informations qu'il a pu collecter, et nous permet, photos et itinéraires à l'appui, d'abord d’en rêver avant qu'un jour une occasion "grosse comme ça" se présente… C'est mon cas aujourd'hui ! (merci Marie, ma chérie…) On trouve ainsi le récit détaillé de ses expéditions de 2007 et de 2008 dans ces régions reculées. Quelle mine d'informations ! Je me sens tout petit à côté de ce monument… Avant de faire la traversée du Khumbu au Rolwaling à l’automne 2008, j’avais lu et relu de nombreuses fois ce qu’il avait pu écrire (articles Punta Perazio et Tesi Lapsa), si bien que sur place il me semblait y être déjà passé et je m’y sentais presque en sécurité, ou tout du moins en confiance…

Bref ! C’est maintenant du passé et c’est un nouveau challenge qui m’attend sur les pentes du Damodar himal pour franchir le Mustang Pass et éventuellement grimper sur la cime du Saribung qui culmine à 6328m. Mais ce n’est sûrement la perspective de performance intrinsèque, en l’occurrence de gravir un sommet et de dépasser les 6000 mètres qui me motivent, c’est bien avant tout l’opportunité de passer de l’autre côté, d’arriver à Phu « par le haut ». Avec Marie, nous y avions fait une incartade à l’automne 2006. Ce circuit engagé que nous devions terminer en apothéose par le passage au lac de Tilicho et le franchissement du Mesokanto La, s'était arrêté au pied du Kang La. Du fait de conditions météo bien peu engageantes et d’un début d’œdème laryngé au Kang La Phedi, nous avions décidé de rebrousser chemin. Cela m’avait laissé un arrière-goût de pas fini au fond de la gorge, si je puis dire… A charge de revanche cette année ! Avec les superbes paysages du Mustang en apéritif, la solitude des lacs du Damodar par la suite, le passage d'un col glaciaire, la descente sur Phu en prélude à la remontée sur Naar et le franchissement du Kang La, l’un des plus extraordinaires belvédères sur le massif des Annapurnas, voilà un programme de qualité qui devrait me satisfaire au plus au point, et peut-être même plus…

L'entrée de la vallée de Phu

 

nepal trek magazine altitude annapurna Himalaya chhubche kang guru Phu naar

Commentaires (1)

1. Paulo Grobel (site web) 07/12/2010

Damned... Quelle surprise devant tant de compliments.
je suis très heureux de constater que les infos ligne sur mon site servent à quelques choses et distillent même un peu de bonheur.
impossible de faire moins que te dédier le prochain topo sur la région du Saipal !!! une invitation à visiter le grand Ouest du Népal...
Au plaisir d'une prochaine rencontre
Salutations himalayennes
Paulo

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau