Grand tour du Manaslu partie 1 : Katmandou à Timang
- Le 31/10/2026 Mis à jour le 01/11/2026
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L'idée est de proposer, à l'instar de ce que j'avais fait pour la traversée du Dolpo en 2023 et en fonction des maigres possibilités de connexion au coeur de la montagne népalaise, de vous livrer en live les à-côtés du trek que je suis en train de réaliser sur ce Grand tour du Manaslu d'une durée initiale de 47 jours.
19/10 vers 17h00 : Arrivée sans problème jusqu’à Katmandou via Doha par Qatar airways depuis Paris-CDG. Rencontre avec Xavier et Eric arrivés plus tôt à l’Avalon hotel, un petit hotel simple et propre et surtout pas cher bien qu’idéalement placé juste au nord de Thamel, le quartier touristique de la capitale népalaise. Dîner partagé dans un des (nombreux…) restaurants et au dodo ! car la “journée” a été longue et sans cesse perturbée puisque passée dans les transports aériens.
20/10 : Journée libre à Katmandou pour refaire connaissance avec les “amis” des années précédentes. Mais c’est la grande fête de Dashaïn et pas mal d’habitants et de commerçants de Katmandou sont partis la célébrer en famille en province. Les rues de Thamel sont très peu animées et nombre de magasins sont fermés… En soirée, rencontre avec Tenjen Tamang, le frère de Nima qui habite Valence et qui fait partie de l’association Tibet Vallée de la Drôme, association doint je fais partie depuis que je suis arrivé à Crest. Il me fait part des problèmes qu’il connaît, ainsi que tous les villageois de cette vallée de la Trishuli ravagée par la coulée de boue meurtrière (10.000 morts, voire plus ?) ce 26 août dernier. De nombreuses familles ont été décimées et il se retrouve, rien que pour sa proche famille, à devoir gérer une dizaine d’orphelins de 5 à 16 ans rapatriés sur Katmandou pour les plus jeunes placés dans des monastères et pour les plus vieux d’entre eux logés dans un appartement pour qu’ils puissent poursuivre leur éducation scolaire. Mais, il faut de l’argent pour payer le loyer et les repas de tous les jours. Et l’argent manque… y compris pour pouvoir assurer la subsistance des villageois de cette haute vallée de la Trishuli dans laquelle n'arrive plus. Sur place, les villageois tentent de reconstruire des ponts, des chemins après que ce flot de boue ait détruit maisons, routes, centrales électriques… Tout est devenu cher et là-haut, on manque de tout : farine, sucre, huile, etc. Dès la fin de notre entretien, j’envoie le compte-rendu à l’association qui immédiatement transfère les fonds récoltés lors d’évènements organisés en Drôme-Ardèche sur les marchés par exemple… Ensuite, derniers achats pour les 47 jours de trek et au dodo ! Demain matin, c’est le grand départ pour la région des Annapurna…
21/10 : On embarque tous dans le bus affrété par Dhane, le directeur de l’agence Happy Yeti : 1 sirdar (le chef d’expé), 1 guide assistant, 1 cuisinier, 3 kitchen-boys et 10 porteurs. Plus toutes la nourriture pour les premiers 15 jours de marche puisqu’en dehors des grandes villes il est impossible de trouver de la nourriture autre que l’essentiel du Népalais : le riz, les lentilles et les légumes… Pour nous, européens, c’est un peu délicat de se mettre d’un coup au régime local…! Le voyage commence par une belle surprise : l’ouverture récente du tunnel de Thangkot qui permet de gagner près d’1h de temps en évitant l’embouteillage historique quotidien du col de Thangkot. Après, la Privithi highway, toujours en travaux, n’est pas trop chargée car ce sont les vacances. On arrive rapidement au bord de la Trishuli, et, bien que l’on soit à une centaine de kms de l’origine de la coulée de boue, les stigmates sont bien visibles, là aussi, certes atténués mais on voit bien que la rivière est montée d’une dizaine de mètres et est venue lécher les rives et a détruit quelques maisons de bord de route. Merci aux Chinois d’offrir aux Népalais des tentes de fortune ! Depuis que Trump a supprimé les aides de l’USAid qui avait tant apporté lors des séismes de 2015, il ne reste plus que la Chine et l’Inde pour venir en force aider le peuple népalais. On connaît juste un petit incident qui nous retarde un peu, à savoir une crevaison qui sera très vite réparée dans un garage sur cet axe très fréquenté par les véhicules automobiles de toute sorte.
Déjeuner dans un restoroute du premier dal-bhat et on franchit le pont de Mugling (en fin de compte, le nouveau pont que les Chinois viennent de terminer pour les fameuses “Routes de la Soie”, du moment que ça profite aussi aux locaux, pas de problème…). Et là, 2ème surprise de la journée, la création récente d'une 2 x 2 voies de 90kms jusqu’à Pokhara. Les Chinois viennent de la terminer et, là, ce sont presque 2 heures de temps de route que l’on va gagner ! Il y a 3 ans, on avait mis presque 10 heures pour le trajet de Katmandou à Pokhara, aujourd’hui tout juste 5 heures. Incroyable !
A l’entrée de Pokhara, changement de décor alors que l’on tourne à droite pour monter sur une petite route de montagne en direction du massif des Annapurna pour rejoindre Tanting, le village duquel on doit démarrer notre bambée de 47 jours autour du massif du Manaslu et de l’Himalchuli. Le goudron disparaît très vite et la piste terreuse prend la suite. Heureusement que le temps a été sec durant les jours qui ont précédé notre voyage car ce pourrait être une vraie galère ! De traversées de vallées fluviales en franchissements de cols, nous voici enfin sur la route d’accès au village où le bus Tata ahane tout ce qu’il peut dans les rudes montées. A 17h, juste avnt le coucher de soleil, on atteint le terrain de camping (c’est le terrain de sports du célébrissime Tanting Basket club…) sur lequel on va passer notre première nuit. Déchargement rapide du bus puis admiration du massif du Lamjung et des Annapurna II et IV se parer de couleurs orangées au fur et à mesure que le soleil se couche. Belle entrée en matière, on peut avoir pire…!
22/10 : Lever de soleil tonitruant sur la chaîne de montagnes au moment du petit déjeuner et en prélude au départ pour le village d’en face, Sikles. Sauf qu’il va falloir descendre franchir la rivière 400m plus bas et remonter de 700m en plein cagnard quasiment en permanence à découvert en remontant un coteau abrupt planté de riz et surtout de millet, la céréale des collines népalaises. A Sikles, on prend possession de nos chambres au lodge “Sikles Peace Zone” (pas si faux que ça…!). Après-midi tranquille à se prélasser au soleil… Et là, on n’en est qu’au 1er jour de trek et déjà on va modifier le tracé prévu : en effet, Xavier et Eric partis en début d’après-midi faire un tour du village reviennent avec la photo d’un itinéraire touristique très pratiqué par les Népalais et qui, si nous le suivions, nous ferait visiter le lac de Kapuche. Apparemment, à 2440m, il serait le lac glaciaire le plus bas du Népal (et peut-être d’ailleurs…). Curiosité oblige, nous voici à composer une route alternative à celle projetée. On s’aperçoit que l’on ne consommera pas plus de jours, donc, banco ! allons rendre visite à cette merveille… On appelle les gérants des 3 lodges de Hog Goth qui nous annoncent qu'ils sont “complets”. Qu’est-ce à dire ? Pas de problème, on sera sous tente mais on essaie de comprendre le pourquoi de la chose… Renseignement pris, cet itinéraire de randonnée Sikles – Kapuche tal – Kori - Sikles, bien que difficile du fait de l’importance du cumul des dénivelées journalières, est très prisé des jeunes népalais et augure qu’il y aura pas mal de monde sur le chemin et que les lodges seront complets puisqu’en pleines vacances scolaires de Dashaïn.
23/10 : Journée forêt, “jungle” comme ils disent ici…! Et prise de conscience pour Eric, néo voyageur au Népal, sur le terrain de ce qu’est le “plat népalais”, non ! pas le dal-bhat, mais que le suivi d’une vallée fluviale ne ressemble pas du tout à ce qui est dessiné sur les cartes, tout droit et en montée tranquille et progressive mais que pour parfois gagner 10 mètres il faut parfois en monter 150 et en perdre quasiment autant…
Comme on a convenu avec notre staff népalais de ne pas s’arrêter le midi en bord de chemin pour le lunch (cela leur évite de tout déballer et remballer lorsque l’on a des étapes qui peuvent tenir sur la seule grosse matinée…), on arrive à 12h30 à Hog goth pour le repas et la promesse d’une après-midi de farniente au soleil. Sauf que le camp est à l’ubac et que le soleil disparaîtra vers les 15h nous immergeant dans une fraîcheur un tantinet humide… On avait prévu de faire l’aller-retour au lac dans l’après-midi mais en regardant son positionnement sur les cartes on s’est dit que le meilleur ensoleillement serait en milieu de matinée le lendemain puisque la vallée était orientée nord-sud.
24/10 : L’aller-retour au lac plus l’étape prévue pour rejoindre le camp, ça va faire beaucoup (550m et 1100m après…) mais on assume ! Départ à l’aurore pour une montée relativement douce, côté “plat népalais”. Les marches sont beaucoup moins hautes et beaucoup moins typées up / down. On atteint rapidement le groupe de lodges en contrebas du cirque lacustre. Après un thé qui a permis de patienter en attendant au chaud que les rayons du soleil ne viennent caresser l’eau du lac, on traverse la moraine pour découvrir cet écrin saphir. C’est vrai qu’il est beau avec la langue glaciaire résiduelle des immenses glaciers sud des Annapurna II et IV qui tombe dans les eaux glacées !
Par contre, ce qui nous surprend c'est la foule qui s’amasse sur la rive sableuse, une bonne centaine de personnes qui a dormi dans les lodges du site (affichant “complets” eux aussi…) et dont le ballet ne peut que nous intriguer : tous ces gens, de tout âge, sont montés à pieds depuis Sikles pour le seul intérêt de se prendre en photo devant ce lac. 12 heures aller-retour de marche pour un selfie qui rejoindra les comptes Insta ou Tik-Tok… Pauvre monde ! Enfin, cette fois-ci, on peut considérer qu’ils ont fourni un gros effort pour cela…
Retour au camp de Hog goth pour s’enfiler une tasse de thé et croquer dans une barre chocolatée et nous voici repartis pleine pente dans la “jungle” sur des marches d’escalier pendant plus de 1000m ! En milieu d’après-midi, on débouche sur une grande prairie de Nuta où l’on va camper, accueillis par le staff au complet qui n’avait pas attendu notre retour du lac pour se lancer dans la montée. Quand même presque 1700 de D+ ce jour, mais sans trop de difficulté pour le souffle car on se trouve encore dans les 3000m d’altitude.
25/10 : Grosse journée de prévue aujourd’hui de près de 1500m de dénivelée pour sortir de la forêt et commencer à arpenter les plateaux gazonnés d’altitude ! La première partie consiste à rejoindre un autre lieu Instagramable, celui de la crête de Kori sur laquelle on été construits quelques lodges. Car, le périple “selfique" passe par là aussi. Et la montée se fait directement à la suite de la visite du lac soit plus de 2000m de dénivelée dans la journée, 90% du temps sur des marches en forêt. Belle épreuve s’il en est pour des gens pas ou peu habitués à la montagne (ce sont souvent des groupes de jeunes des villes…). Autre remarque : celle que les étapes ne sont pas circonscrites à la seule période diurne, ça marche toute la nuit ! On peut voir partir un groupe de jeunes à 5h du soir pour une montée de 4h de temps avec la lampe d’un seul smarphone qui éclaire le chemin pour le groupe entier ! Autre pays, autres moeurs…
Au lodges de Kori, on n’en a pas fini : Xavier passe par le sommet, le reste du groupe passe par le nouveau chemin créé par le Parc et qui contourne le sommet par sa base (et bien entendu pas reporté sur les cartes bien que balisé sur le terrain…). On se retrouve sur le plateau de Thulek pour poursuivre 1h de plus afin de rejoindre le camp supérieur au pied d’une crête enneigée, celle de Taujadanda. Nuit un peu plus froide que les autres en tente. Mais il fallait bien s’avancer un peu car l’étape de demain risque d’être un peu longuette, surtout en kilométrage. Et, sur ce site, une belle surprise nous attend, l’apparition du sommet emblématique du Népal, le Machhapuchchhre.
26/10 : Il fait beau depuis le début de notre trek et cela se poursuit aujourd’hui : ciel dégagé, pas de nuages, horizons lointains visibles. Un bonheur pour le contemplateur de paysages que je suis… Aujourd’hui, on franchit deux cols d’altitude dans les 4500m pour rejoindre le camp de base au pied du gros morceau de la 1ère partie du trek, à savoir le franchissement du Namun La. Mais nous n’en sommes pas encore là… La journée est splendide alors que l’on évolue sur des sentiers balcons panoramiques. Après le Lamjung, les Annapurna et le Machhapuchchhre, voici la chaîne du Manaslu qui s’annonce avec ses sommets entre 6600 et 8100m. On franchit le premier col pour découvrir derrière que la suite du programme est une longue, très longue, marche sur un sentier balcon très étroit et recouvert par endroits de touffes d’herbe jaune très glissantes lorsqu’elles sont sèches. Et c’est le cas ! Ne pas s’en prendre une car les pentes sont sévères… On atteint le second col pour découvrir le cirque de montagnes dans lequel on va passer deux nuits, celui de Thulek. La descente est rapide et nous voici posant le camp au niveau d’un dharamsala, un abri pour les pèlerins qui se rendent chaque été au lac sacré de Dudh pokhari à 4800m pour la cérémonie du janaï purnima, le renouvellement du cordon sacré qui protège les jeunes et les adolescents hindouistes mais aussi gurung ou tamang.
27/10 : J’ai prévu une journée d’acclimatation à 4000m. Certains partent rendre visite au lac sacré à 2800m, moi je vais faire une petite balade sur un collet permettant d’avoir une vision avec un peu de recul sur le cirque glaciaire qui entoure le camp. Plus beau ? Tu meurs… Chacun revient au camp dans l’après-midi heureux d’avoir pu profiter de ces beaux paysages de montagne, il est vrai splendides et trop peu connus : il n’y a que quelques groupes de touristes qui passent par ici chaque année et c’est bien dommage…
28/10 : C’est le grand jour : Sus au Namun La ! C’est un col (ou plutôt une selle rocheuse…) qui se franchit à 4910m sur sentier. Il est emprunté en été par les pèlerins en famille avec mules et chevaux. Seul problème si l’on veut y passer en été, il pleut et les horizons sont bouchés. Dommage ! C’est pourquoi il faut mieux attendre, pour les panoramas et la météo, que le temps se stabilise à partir du 15 ou 20 octobre. Mais c’est là que le bât blesse : depuis quelques années, le dérèglement climatique offre au Népal une belle dégradation pluvieuse sur les quinze derniers jours de septembre et bien que le chaud soleil revienne de suite la neige tombée en hauteur ne fond pas et… le beau sentier que l’on se ferait un plaisir de suivre est enfoui sous une couche de neige de 40 à 50cm qui ne fondra qu’à la fin du printemps.
La randonnée que l’on s’apprêtait à faire devient une course de haute montagne avec neige, glace, crampons, assurage par corde et tutti quanti… et il n’y a pas d’échappatoire : c’est passer ou revenir en arrière ! Sachant cela, on avait tout prévu et c’est bien à une course de haute montagne que l’on s’attelle ! Jsuqu’à 4500m, pas de problème, le chemin est bien tracé en larges lacets dans les pentes herbeuses. Puis, stop ! on attaque les 400m de couverture neigeuse avec comme seules indications de direction quelques poteaux métalliques de balisage. On atteint, déjà avec un peu de difficulté, le passage du col et c’est là que l’affaire se corse : la descente côté nord, en plus d’être enneigée sur plus de 500m de dénivelée présente des écueils techniques qu’il va falloir surmonter (s’il y avait le chemin, ce serait super mais où est-il donc enfoui ?).
On profite du spectaculaire panorama et on enchaîne par une traversée d’une vire enneigée sur laquelle il ne faut pas “s’en prendre une” comme on dit… Puis c’est la désescalade d’une pente neigeuse relevée recouverte d’une neige peu portante recouvrant un tapis glacé sur lequel il est assez peu facile de tailler des marches.
Il faut plusieurs assurages pour mettre en place les cordes fixes mobiles pour atteindre un plateau en contrebas où l’on sera plus en sécurité. La technique de descente pour la dernière partie avant d’atteindre la plateforme est loin d’être acédémique puisque c’est en ramasse et le cul au frais sur 200m… Le staff en totalité a participé aux manoeuvres de corde et d’assurage et bien que les porteurs aient à gérer leurs charges de 30kg ils ont été d’une parfaite aide et d’une grande solidarité entre eux et avec nous, les touristes.
On poursuivra dans la neige jusqu’à 4350m avant de déchausser les crampons et finir sur le sentier retrouvé, libre de neige. Ce sera un grand soulagement de se retrouver en groupe au lieu de bivouac pour une séance de congratulations après ces quelques 8 heures d’efforts conjoints.
29/10 : On savait que le temps allait évoluer, et pas du bon côté. On savait que la veille serait le dernier créneau pour pouvoir franchir le col avant que la dégradation n’arrive (une queue de cyclone arrivant du Golfe du Bengale était annoncée sur le Népal depuis quelques jours par les prévisionnistes).
Ce matin, il ne nous reste que la matinée pour descendre la grande pente de forêt et rejoindre le village de Timang sur le circuit du Tour des Annapurna afin de se poser dans un lodge, au chaud et à l’abri de la pluie qui va nous toucher en continu durant deux jours. Bien entendu, hors de question de marcher coûte que coûte sous la pluie battante pour tenter de suivre le jour par jour prévu ! On aura le temps de recomposer l’itinéraire avec les variables d’ajustement que j’avais insérées et en premier lieu le détour par le lac de Dona tal. Tant pis ce sera pour une autre fois…! En attendant cet après-midi, la descente que l’on savait physiquement délicate tient toutes ses promesses et c’est avec soulagement et grand plaisir que l’on prend nos quartiers dans le Prasanna lodge and hotel de Timang.
La pluie fait son apparition dans l’après-midi et on en profite pour recomposer l’itinéraire : 2 jours de pluie à 2500m ça veut dire que le prochain col que l’on aura à franchir, le Triple Pass à 4500m, sera gavé de neige et que la délicate descente par temps sec n’en sera que plus difficile… Donc, on fait “sauter” le détour par le Dona tal et, de ce fait, la partie du staff qui devait nous quitter après le Triple Pass n’est plus nécessaire dès maintenant car la suite du trek va s’effectuer en lodge. On commande une jeep pour demain matin et les 9 gars (1 cook, 2 kitchen-boys et 6 porteurs) descendront jusqu’à Besisahar avec poursuite en bus jusqu’à Katmandou (on les retrouvera de l’autre côté du Larkya La du côté de Nyak pour assurer la dernière partie du trek non fournie en lodges). Par ailleurs, on a appris que 3 villageois et leurs yacks ont été emportés par un nouvel éboulement sur le sentier supérieur d’entrée dans la vallée de la Tsum que j’avais l’intention de suivre et que, bien entendu, nous ne prendrons pas le risque de nous y frotter… Avant d’aller se coucher, on organise une séance d’adieu avec buffet apéro arrosé de rhum et de raksi (avec modération bien entendu…) et remise de pourboires à ceux qui nous quittent. Et il pleut, beaucoup, toujours, toute la nuit…
30/10 : Journée off : La jeep arrive vers 7h30 et les 9 Népalais plus le chauffeur s’entassent dans le véhicule avec dans le pick-up arrière les dokos, les matelas, les tentes, les ustensiles de cuisine et les fours dont nous n’aurons pas besoin pour la suite de notre périple.
Il pleut sans cesse. On passe la journée au lodge en profitant d’une excellente cuisine et d’un WiFi de qualité (heureusement…). Aucune vue sur les montagnes alentours. Dans l’après-midi, une petite éclaircie permet à Eric et Xavier de se rendre en tuk-tuk à Chame, le bourg le plus important de cette portion de la vallée de la Marsyangdi khola pour aller y quérir quelques plaquettes de Doliprane. Ils en reviennent avec la vision d’horreur du village dévasté en partie par les coulées de boue du début octobre. Nombre de maisons en bord de rivière ont été emportées et le célèbre site des piscines d’eau chaude a été rayé de la carte… Et toute la nuit, ça verse, ça verse…!
31/10 : Rien n’a changé cette nuit : il pleut toujours autant. On consulte, avec difficulté ce matin les sites météo car le WiFi a connu pendant la nuit une faiblesse…, et ceux-ci nous affirment, cartes à l’appui, que la fin est proche, pour 13h00.
Si fait ! A l’heure pile, un timide rayon se soleil traverse la couche nuageuse puis le Ngadi peak apparaît et enfin le seigneur Manaslu, rutilants, tout de neige parés. Incroyable ! Pour une fois, les prévisions étaient exactes... On va pouvoir poursuivre notre chemin.
Maintenant que l’on a écarté le passage au Dona tal (on peut voir à présent le Triple Pass depuis la fenêtre du lodge et il ne s’est pas arrangé…), nous allons nous retrouver avec 4 jours d’avance sur le programme. De toutes manières, rien ne sert de monter trop rapidement car le prochain col que l’on doit franchir, le Larkya La à 5100m, a été fermé le temps de la perturbation par raison de sécurité et ne rouvrira que demain matin après que les gardiens de lodges de part et d’autres auront vérifié que la trace est encore utilisable. Et puis, dans les lodges où l’on doit faire étape, nous serons face au “flot” de touristes qui aura été bloqué 2 jours côté Budhi gandaki et qui a priori nécessiteront de se faire héberger côté Marsyangdi et nous n’aurons peut-être pas de place de libre à l’intérieur…
Fin de la 1ère partie.
altitude Himalaya nepal trek annapurna
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