[Kora du Dhaulagiri] - Circuit n°3 - Mustang


Ce topo correspond à la troisième et dernière partie du trek « la Kora du Dhaulagiri » d’une durée totale de 40 jours. Il finit la circumambulation amorcée à Beni, un village situé à l’ouest de Pokhara, là où la route goudronnée se termine. La première partie s’inscrivait dans des régions du piémont himalayen népalais, celui des campagnes, et traversait les régions subtropicales de la Myagdi khola et de l’Uttar Ganga nadi. En franchissant le Jang La, l’un des rares passages aisés dans la chaîne de l’Himalaya, on avait rejoint la riante vallée de la Thuli Bheri khola qui concentre la totalité des rivières du Dolpo et on entrait dans Dunaï, la capitale du Dolpo.

Minimaliste mais efficace...?

Puis la seconde partie revêtait un caractère beaucoup plus « alpin » avec un circuit qui côtoyait de très très près les faces N du massif du Dhaulagiri et franchissait trois cols d’altitude proche des 6000m avant de rejoindre les plateaux du Mustang. Cette troisième partie se propose de terminer cette circumambulation en beauté par une descente bien peu habituelle vers Jomosom, épousant elle aussi, comme il se doit, la célèbre marque de fabrique du site « hors des sentiers battus » comme de bien entendu…

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Trek kora du dhaulagiri 3 mustang

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : Lo Monthang

Journée de repos.
Diaporama Possibilité de visiter la ville fortifiée et ses alentours. La ville est ceinte de murs blancs et ne possède « officiellement » qu’une seule entrée au N (un certain nombre de portes annexes ont été creusées, ce qui fait dire aux habitants que « The walled city » est devenue au fil du temps « The holed city »…). Trois monastères et un musée sont à visiter uniquement le matin (1 pass à Rs700 pour l’ensemble, à acheter juste à la porte du monastère de Chode gompa). Les trois sites religieux (Chode gompa, Jampa gompa et Thupchen gompa) et le musée hébergé dans l’enceinte de Chode gompa recèlent de multiples merveilles et entre autres des peintures originelles datant du XIIIe siècle. Munissez-vous d’une lampe de poche à faisceau puissant pour pouvoir les examiner. Malheureusement, pas de photos afin de protéger les œuvres des pillages.

La salle de prières à l'intérieur de Thupchen gompa

Le problème principal sera de trouver la bonne personne qui détient les clefs, ce qui vous permettra à l’occasion de découvrir les ruelles de la ville et, au passage, ses nombreux chortens. Vous pourrez aussi regarder de l’extérieur le palais royal dans lequel réside en permanence le roi du Mustang (même déchu au moment de l’abolition de la monarchie au Népal en 2008, il est encore respecté par les Lobas, les habitants du Mustang). Peut-être aurez-vous même l’occasion d’être reçu au palais royal dans l’après-midi lors d’une audience collective (compter un droit d’entrée de Rs200). Il est décédé le 16 décembre 2016 à Kathmandou. D’autre part, quelques boutiques de souvenirs, toutes situées sur la place centrale du village devant le palais royal, proposent à la vente de pures merveilles en provenance du Mustang ou du Tibet. Dans l’après-midi, vous pourrez aller vous promener autour de Lo Monthang : une idée, suivez la clôture E des jardins en partant des chortens hors les murs et descendez au S jusqu’aux ruines du vieux fortin (compter 30mn) et revenez par le côté W (40mn de plus). Vous apprécierez sûrement les couleurs des roches et le fameux « cône glacé » qui dégouline (très imagé). En tous cas, balade très sympa… Nuit en guest-house.

Dans les ruelles de Lo Monthang

Jour 2 : Lo Monthang - Garphu - Bharcha - Lo Monthang

Balade à cheval d’une journée + 1h / +100m / -100m.
Diaporama On loue les services d’un horseman (Rs1600 par cheval pour un groupe de 6) pour se rendre dans le district de Chhoser 4 kms au N de Arke à la découverte des villages qui le composent. On passe un chorten planté au milieu de la piste poussièreuse avant de s’échapper quelques centaines de mètres après sur la D devant un chaos rocheux d’un blanc immaculé. Fin momentanée du parcours à cheval que l’on retrouvera pour le retour au pied des grottes de Jhong. On s’en va donc traverser à pied la Nyichung khola sur un pont de bois pour monter jusqu’à un mur de manis de belle facture construit sur le territoire de Yachebu.

La balade à cheval du côté de Chhoser

Puis on part sur la D longer la falaise, passer auprès de la gompa de Garphu aux peintures murales très anciennes (entrée Rs200) et rejoindre, en remontant la vallée de la Sichaphui khola à mi-hauteur, la gompa de Jhong (ou Niphu), enchâssée dans la falaise (Rs250, vieilles peintures murales, grotte de méditation du genre 3m² pour passer une bonne retraite d’ermite d’une durée de 3 ans, 3 mois et 3 jours… Pfouh !). C’est à cet endroit que l’on demande l’accompagnement d’un moine pour aller visiter de l’autre côté de la rivière le complexe de grottes de Jhong (visite 45mn, Rs100/pers). Creusées dans une falaise verticale, les cavités sont accessibles par une entrée unique et communiquent entre elles par l’intermédiaire de trous où quelques échelles aident à passer d’un étage à l’autre. Ces grottes servaient d’habitation avant que le village ne soit érigé. L’histoire raconte qu’un peu plus tard, elles avaient servi de refuge aux villageois lors d’une attaque d’une troupe de bandits venus du proche Tibet et que le « fortin » de fortune était resté inexpugnable. On peut aisément le comprendre… Possibilité de se restaurer dans la « cantine » des moines en RD de la Sichapui khola.

La gompa de Niphu (Chhoser)

Pour revenir sur Lo Monthang, on retrouve les chevaux et on suit le sentier de la RG qui traverse Ghom puis on traverse quelques villages dont un composé de maisons troglodytes encore habitées avant de traverser Sisa et Bharcha. On poursuit à travers champs jusqu’à Nenyul où une passerelle métallique permet de retrouver la piste principale un peu avant le fortin qui domine Lo Monthang. Encore une petite demi-heure de marche en suivant la piste ou en descendant sur la G au chorten pour rejoindre le fond du thalweg au pied de la moraine de Lo Monthang et franchir la rivière sur une passerelle métallique. Dans les deux cas, remontée pleine pente vers Lo Monthang pour retrouver la chaude ambiance de la guest-house.

Puja chez Tsewang Bista à Lo Monthang

Jour 3 : Lo Monthang - Nenyul - Bharcha - A/R Konchok Ling - Lo Monthang

6h30 / +900m / -900m.
Noter qu'au début de l'année 2015 les responsables du VDC de Chhoser au sein duquel se trouve la grotte de Konchok Ling (les gompas de Niphu et Garphu ainsi que les grottes de Jhong) ont décidé de regrouper le permis de visite des 4 sites sur un seul billet à Rs1000. Ce billet s'obtient dans la maison voisine de l'école au toit bleu située à proximité de la piste "chinoise". On a même vu se construire une piste en lacets qui conduira les personnes arrivant de Lo Monthang en jeep jusqu'au gros chorten qui précède la porte d'entrée... O tempora, ô mores ! Comme ça en une journée, ces touristes pourront tout visiter sans "trop se crever"... Incidence directe : ce n'est plus la gentille guide de Bharcha qui vous y conduit mais un nouveau "dépositaire des clefs" qui habite le village voisin de Dhuk.

Diaporama On part de Lo Monthang à 3810m vers le N en suivant la piste. On franchit le col au pied des forts ruinés avant de descendre jusqu’à la passerelle métallique qui donne accès au village de Nenyul (45mn, 3730m). Au niveau des chortens rouge sang on monte sur la D en suivant un sentier tracé sur la crête sableuse en direction du NE pour rejoindre le faîte de la montagne qui sépare les vallées de la Nyichung khola et de la Tumu khola qui arrose Samdzong. On suit en fin de compte l’ancien sentier qui reliait Lo à Samdzong encore bien utilisé par les locaux alors que l’on croise de nombreuses fois la nouvelle piste qui égrène ses lacets jusqu’à la crête. On débouche dans un premier col (55mn, 3975m) qui domine la vallée de la Tumu khola mais c’est en se dirigeant sur la G en suivant un chemin de crête que l’on dispose de merveilleux points de vue sur les falaises creusées d’anciennes habitations troglodytes et les incroyables étalages de pénitents ruiniformes.

De la crête, on domine les falaises de la vallée de la Tumu khola

On rejoint un large col où flottent de nombreuses guirlandes de drapeaux bouddhistes (20mn, 4030m). Du même côté de la crête, on descend sur le village de Bharcha en empruntant vers le NW un petit sentier tracé à flanc de moraine détritique. On atteint le village en traversant les maigres alpages des hauteurs (20mn, 3870m). Dans Bharcha, on se dirige vers la première maison pour louer les services du guide (ou plutôt de la guide…) qui vous conduira jusqu’au Nirvana, cette fameuse grotte de Kongchok Ling découverte par un berger en 2007 et qui recèle un trésor exceptionnel, à savoir des peintures murales bouddhistes datant du XIIe siècle. Si vous voulez plus de renseignements sur cet emplacement, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de Paulo Grobel. L’accès à la grotte vous en coûtera Rs200 par personne, et surtout au retour n’oubliez pas la guide… Diaporama De Bharcha, on remonte la large vallée fluviale à main droite vers le NE, vallée contenue entre deux murailles ourlées de pénitents multicolores. Ca commence bien ! On passe un gros chorten (35mn, 3950m) puis on incline la marche sur la D pour emprunter un excellent sentier en zigzag qui gravit le coteau au milieu d’un délire géologique de toute beauté. On débouche sur un tertre (30mn, 4110m) pour un panorama surplombant toute la région et entre autres sur la gauche les forts de Kimbu.

Pura Sangmu Partchya, guide à Konchok Ling

Au-delà, on descend jusqu’à la porte cachée derrière une « canine » rocheuse. La « gardienne des clefs » nous ouvre le passage. On poursuit en descente sur un sentier un peu moins large et viabilisé à flanc de falaise. Puis, une fois au fond de l’étroit vallon, remontée en face plutôt pentue sur le fil d’une épaule sableuse. Enfin la délivrance (croit-on…) avec l’arrivée dans un col au niveau d’une vieille gompa défraîchie. Mais on en n’a pas encore terminé : à G toute sur un bon sentier retrouvé mais pas pour longtemps… On passe quelques bâtiments en ruine avant de marcher réellement entre ciel et terre sur le fil d’une arête étroite avec le vide de chaque côté. Prudence est mère de sûreté, dit-on ! Bistare, bistare… Une fois cet écueil franchi (en gros une centaine de mètres), descente jusqu’à une plateforme, terminus du chemin (50mn, 4125m). Mais pas de caverne ornée à l’horizon… « Juste » un superbe belvédère sur un ensemble de pénitents de belle ampleur qui entoure le lit d’une rivière qui coule 200m plus bas. Mais où donc se cache-t-elle cette caverne ? Ne serait-ce pas derrière ce couloir abrupt « sécurisé » par une corde de 15m faite d’un savant assemblage de fil électrique et de peau de chèvre ? Si, si… On laisse son sac à dos, on se retourne face à la terre et on s’engage sur cette pente dans laquelle ont été taillées quelques marches qui nous aident à progresser vers le bas, le vide étant bien présent. On arrive en bout de main courante sur une trace à flanc bien étroite (et non sécurisée…) qui part vers la D (sens de la descente face à la terre) pour un parcours de quelques 200m en courbe de niveau jusqu’à arriver une dizaine de mètres en-dessous de la fameuse grotte que l’on identifie grâce à sa protection contre les attaques du temps, du soleil et de la pluie, j’ai présenté un superbe grillage à large maille qui ne s’érige pas vraiment comme un rempart d’excellente facture…

La grotte de Konchok Ling

Enfin, nous sommes bien arrivés dans le saint des saints ! Les peintures sont défraîchies certes, mais l’ambiance qui se dégage des lieux est à nulle autre pareille, recueillie, silencieuse, et nous fait prendre compte de l’exceptionnalité du moment que nous sommes en train de vivre. Et tout autour de nous, ce paysage chamarré de pitons gréseux qui rappellent encore une fois les tsingys de Madagascar… Tous les détails photographiques de la grotte sur Luczanits.net.Il nous faut s’arracher de cet endroit pour retourner dans la vallée : on s’en va à regrets pour refaire en sens inverse le chemin parcouru, tout d’abord le sentier à flanc, puis la remontée du goulet à l’aide la corde (c’est quand même plus aisé dans ce sens-là…), le parcours sur le fil de l’arête toujours avec le vide de part et d’autre jusqu’au col à la gompa et puis la descente dans l’étroit thalweg au pied de la « canine » avant de retrouver la porte d’entrée que la guide refermera jusqu’à la prochaine visite…

C'est fini pour aujourd'hui...

Il ne restera plus qu’à suivre le large sentier jusqu’au lit de la rivière que l’on descendra jusqu’à Barcha puis Arke. Quelle épopée nous avons vécue ! Que de souvenirs resteront dans notre tête après cette « balade » incroyable, sûrement la plus belle du Mustang. Retour à Lo Monthang par le petit sentier en RG de la Nyichung khola jusqu’à Nenyul puis passage en RD par la passerelle métallique et remontée par la piste jusqu’au chorten situé en amont des fortins. Descente sur la G par un large chemin et retour dans la ville close en empruntant la passerelle métallique au pied du mur N.

Lo Monthang, les remparts N

Jour 4 : Lo Monthang - Makhchung - Chudzong gompa

5h / +500m / -430m.
Diaporama On sort de Lo Monthang par la porte N au niveau des deux chortens avant de partir sur la D en direction de l’E. On longe les jardins cultivés sur la moraine alluviale qui s’étire jusqu’au « cône glacé » qui ferme la vallée et au pied duquel coule la Kali Gandaki. On traverse le village ruiné au bout de la moraine (25mn, 3840m) et face au « cône glacé » de la Sakau danda on part sur la D suivre le large chemin qui longe les jardins. On descend au SE dans la vallée fluviale de la Dokpolo khola qui borde Lo Monthang au S. Le long du ruisseau on dépasse de belles concrétions blanchâtres situées en RD (15mn, 3630m) alors qu’à gauche le « cône glacé » prend de l’importance pour dévoiler un peu plus loin à sa base de belles falaises irisées et de merveilleux dégradés de couleurs.

Sur le chemin de Makhchung le long de la Kali Gandaki

On traverse le petit ruisseau qui vient de la droite et on longe maintenant sur une banquette alluviale la RD de la Mustang khola. Juste avant de passer le petit pont de bois, noter en contrebas des bassins d’où sort de l’eau tiède des profondeurs tout au bord de la rivière (10mn, 3605m). On franchit le pont et on avance un peu sur la RG jusqu’au point où le sentier a disparu. On est arrivé au point de vue sur le site de Makhchung, une cité troglodyte de belle facture. On revient sur ses pas (compter 15mn A/R) repasser le pont et on poursuit en RD de la Mustang khola sur des banquettes sableuses jusqu’à arriver en face de Makhchung (10mn, 3600m). A la droite de ce piton percé de toute part débouche la vallée de la Tumu khola qui vient de Samdzong et au-delà du plateau de Thakla à deux pas de frontière tibétaine.

Makhchung

On poursuit encore en RD mais, les falaises se rapprochant de la rivière, il faut penser à franchir la rivière pour rejoindre la RG plus accueillante. On traverse à gué la Mustang khola (15mn, 3580m) et on la suit vers l’aval jusqu’à passer sous une belle falaise verticale creusée de nombreuses habitations troglodytes. Quand on se retourne, on peut apprécier la belle perspective de la gorge colorée fermée à l’horizon par les montagnes glaciaires du Mustang himal. On traverse plusieurs fois des bras de la rivière (20mn, 3570m) pour se retrouver finalement RG au-delà de la falaise et partir en biseau vers la G rejoindre la vallée de la Chaka khola qui débouche de la gauche. On laisse la Mustang khola descendre vers Dhigaon (10mn, 3565m). Diaporama On va maintenant remonter la vallée de la Chaka khola et si on n’avait chaussé qu’occasionnellement les sandales jusqu’à présent, il va en être autrement pour la suite de la journée : c’est « régime sandale » impératif tant il va falloir traverser de fois la rivière qui s’étale d’une rive à l’autre ne laissant pas d’autre choix au randonneur que de rentrer dans l’eau glacée… Revigorant, non ?

A l'entrée du canyon coloré de la Chaka khola

Après un parcours dans une large gorge aux parois parées de superbes couleurs irisées, la vallée fait un coude vers la D au niveau des premières sources ferrugineuses que l’on rencontre (il y en aura des dizaines jusqu’à l’étape). Un sentier part sur les éboulis en RD pour contourner le délicat passage d’un étroit goulet avant de franchir la rivière sur une passerelle de planches. On retrouve un peu plus loin le lit de la rivière bordé de parois ornées de guirlandes de concrétions calcaires en forme de stalactites. On passe à nouveau dans un resserrement de la gorge avant que celle-ci ne s’élargisse. Il y a de nombreuses sources ferrugineuses en RD et elles se complètent de bouches d’eau chaude sortant du dessous des moraines fluviales latérales (1h, 3640m). Ensuite, on dépasse un campement avant d’arriver tout de suite à la confluence de la Chaka khola venant de la droite et de la Chhuchhu gompa khola arrivant de la gauche (15mn, 3680m). On entre dans le petit défilé sur la G et on est tout de suite remis dans l’ambiance de la traversée de rivière. Mais quand cela va-t-il donc se terminer ?

Ferrugineux, dites-vous ?          Ferrugineux, dites-vous ?

Diaporama On dépasse un gros vallon dans lequel coulent des cascades ferrugineuses puis 200m plus loin, avant que la gorge ne se resserre (30mn, 3725m, cascade en RD), on trouve le départ sur la G du sentier qui monte dans une pente d’éboulis de petit schiste noir pour aider à franchir le verrou de la gorge. On monte en zigzag sur une excellente trace jusqu’à un ensemble de blocs rocheux effondrés puis on s’élève sur la D afin d’atteindre une zone d’alpages à l’herbe maigre (25mn, 3930m). A partir de là, on suit un sentier quasi étale à belle hauteur du fond de la gorge. A l’approche du collet aux chortens, on laisse partir vers le haut l’excellent sentier qui remonte en zigzags le coteau à main gauche qui traversant la base du plateau de Thakla permet de rejoindre aisément la vallée de Samdzong. Après avoir traversé un petit thalweg, on arrive au niveau des chortens pour une vue plongeante sur la large vallée autrefois agraire de la Chhuchhu gompa khola (10mn, 3935m). Sur la RD, on identifie parfaitement le bâtiment de couleur rouge brique perché sur le bord des falaises qui surplombe les ruines du village. On descend dans la vallée par un petit sentier en zigzag et en passant près de nouveaux chortens et d’un mur de manis, tout en longeant la base des falaises, on arrive au milieu des ruines du village où l’on établit le camp (15mn, 3880m, eau dans le torrent).

Passage aux chortens juste avant de descendre dans la vallée de la Chhuchhu gompa khola

Visite du site de la gompa en 30mn A/R en empruntant un petit sentier dans le premier canyon rencontré après les habitations troglodytes. Non loin de la gompa principale, on trouve 25m au-dessus, dans la pente, l’ancienne gompa troglodyte très accueillante et dans laquelle on peut prendre le temps d’apprécier le silence et le temps qui passe… Bien isolée, on peut même y faire un bon feu dans l’espace d’habitation situé sur la gauche. Noter que depuis 2016, bien que la gompa principale soit toujours fermée, il est toutefois possible maintenant de contacter, lorsque l'on est à Lo Manthang, Tsewang Bista au magasin Curio Art pour qu'il puisse envoyer sur place le "gardien des clefs" moyennant une indemnité de déplacement et un droit d'entrée. Au printemps 2016 des travaux de rénovation de l'intérieur du site ont été réalisés par les habitants de Lo Manthang et des statues monumentales convoyées à dos d'homme depuis Lo ont pris place dans les vitrines de l'autel réalisé pour l'occasion. Autrefois, il n’y a peut-être pas si longtemps que ça, la vallée orientée E-W était habitée l’été par les villageois de Yara et Ghara qui se déplaçaient de leurs villages moins bien lotis en espaces cultivables. Cela devait être une véritable procession qui traversait les plateaux alentour et remontait la gorge pour converger vers cet emplacement large et ensoleillé. L’importance des ruines du village atteste bien de la grosse activité agraire du site confortée, quand on le contemple du haut de la gompa, par la grandeur des champs maintenant laissés à l’abandon et qui occupent les banquettes alluviales de la RG. Un endroit vraiment secret et magique au Mustang, à découvrir absolument ! Le site religieux se trouve plantée une quarantaine de mètres au-dessus des ruines du village et vaut assurément une visite ne serait-ce que pour le paysage incroyablement beau qui nous entoure. Y aller, rien de plus simple : il faut s'engager sur un excellent sentier qui s'enfile à G dans une gorge resserrée avant de partir en zigzag sur la D pour rejoindre la plateforme sur laquelle est posée la gompa, ce bâtiment rouge que l’on a vu depuis le collet aux trois chortens. Malheureusement l’édifice est clos et il semble que cet endroit secret ne puisse pas facilement se livrer... En effet, il semblerait que les gens de Lo qui en détiennent les clefs ne souhaitent pas que trop d'étrangers viennent dans cet endroit (protection des lieux, risques de pillage,...?) et il est impossible de se les faire prêter. Certes les peintures extérieures sont très abîmées car ayant subi les affres du temps mais lorsque l'on creuse un peu dans les livres (Wonders of Lo d'Erberto Lo Bue) et sur internet sur le site de Luigi Fieni, ce grand restaurateur de peintures murales du Mustang, vous pourrez à peine vous consoler quand vous constaterez les merveilles à côté desquelles vous êtes passé. Ceci dit, à moins d'être un pur et dur de la plus stricte obédience "A la recherche du Sacré"..., les photos et le diaporama de l'intérieur de la gompa mises en ligne devraient vous satisfaire Extrait. D'autres photos de l'intérieur de la gompa principale se trouvent sur le site Himalayan Art. Noter que depuis 2016, bien que la gompa principale soit toujours fermée, il est toutefois possible maintenant de contacter, lorsque l'on est à Lo Manthang, Tsewang Bista au magasin Curio Art pour qu'il puisse envoyer sur place le "gardien des clefs" moyennant une indemnité de déplacement et un droit d'entrée. Au printemps 2016 des travaux de rénovation de l'intérieur du site ont été réalisés par les habitants de Lo Manthang et des statues monumentales convoyées à dos d'homme depuis Lo ont pris place dans les vitrines de l'autel réalisé pour l'occasion. Voici donc le Diaporama de 2016 complet de la visite du site.

Un mur de manis au bord de la Chhuchhu gompa khola

Jour 5 : Chudzong gompa - Kepuchhimi (Amaka khola)

4h15 / +900m / -450m.
Diaporama Du village au pied des falaises sur laquelle Chudzong gompa est érigée on reprend le chemin par lequel on est arrivé jusqu’à la confluence des rivières Chaka khola et Chhuchhu gompa khola, c’est-à –dire que l’on repasse au collet des chortens, que l’on laisse partir à droite le sentier direct pour Samdzong, que l’on descend jusqu’à la rivière, que l’on passe à proximité du vallon où sortent de belles sources ferrugineuses avant de traverser le petit défilé et arriver à la confluence (1h25, 3680m). On s’enfile dans le vallon de G en direction du SE jusqu’à dépasser l’emplacement d’un camp sur les banquettes sableuses avec les 3 ormes en RD (10mn, 3720m). On remonte encore un peu dans le lit de la rivière pour trouver en RG le départ du sentier d’Amaka (15mn, 3755m). Celui-ci escalade rudement le coteau détritique en zigzags serrés. Vers 3950m, la rigueur affichée jusqu’à présent s’atténue alors que l’on commence à louvoyer entre des blocs erratiques effondrés. On débouche dans un collet situé à la droite d’un belvédère rocheux (1h10, 4290m). On poursuit tout droit vers le S en RG d’un thalweg peu creusé que l’on traverse un peu plus haut. On incline maintenant au SSE pour s’en aller franchir un collet (20mn, 4400m) et au-delà prendre pied sur un plateau moutonné sur lequel la trace ondule de collet en collet. On dépasse un chorten (10mn, 4420m) puis, après avoir marché entre ciel et terre entouré de panoramas sur les montagnes qui bordent le Mustang à l’E et à l’W, on atteint un col marqué d’un cairn (35mn, 4400m). Bien que le sentier soit bien marqué sur la crête tout droit, il faut descendre sur la D retrouver une trace de sentier un peu plus bas en RG du thalweg pour rapidement atteindre l’alpage de Kepuchhimi sur lequel l’Amaka khola prend sa source (10mn, 4260m). Dans ce vallon, on y trouve de nombreuses bergeries accolées aux enclos à bestiaux. Il n’est pas très difficile d’en trouver une ouverte pour passer la nuit au chaud… Attention à bien refermer la porte au moment de votre départ demain matin !

Kepucchimi après la première neige d'automne

Jour 6 : Kepuchhimi - Luri gompa - Tashi Kabum - Yara

3h40 / +200m / -1000m.
Diaporama Des deux bergeries isolées situées en RG du vallon, on part en direction du SW remonter sur une épaule pour retrouver peu de temps après la trace du sentier. Attention à ne pas se tromper car il existe un deuxième sentier un peu plus bas dans la pente, celui-ci se dirige vers Dheegaon… On poursuit à flanc pour contourner une combe et passer un collet d’où on dispose d’un superbe panorama sur les montagnes du Mustang (25mn, 4375m). On continue sur le plateau en inclinant un peu vers la G en suivant le sentier qui évolue en quasi courbe de niveau jusqu’à atteindre une épaule (15mn, 4400m). Derrière, on rejoint le col au-dessus de Ghara (20mn, 4360m, chortens). L’endroit est un magnifique belvédère et permet d’apprécier le relief tourmenté de la basse vallée de la Puyang khola avec ces flûtes très particulières qui ceinturent le plateau de Yara. A l’horizon, la chaîne de l’Annapurna est omniprésente avec les Nilgiri, le Tilicho Peak et l’Annapurna I qui règne en maître sur tout ce « beau monde ». On laisse partir sur la droite le sentier de descente vers le village de Ghara pour s’engager en traversée légèrement sur la G jusqu’à un collet qui se situe 20m plus bas. De là on dispose d’une vue élargie cette fois-ci sur la haute vallée de la Puyang khola, le site de Luri gompa en bas dominé par les hauts plateaux qui défendent l’accès aux lacs du Damodar et au-delà le col du Saribung qui permet de rejoindre les vallées de Naar et Phu.

Vue panoramique de la vallée de la Puyang khola depuis le lhato de Khete

On descend pleine pente jusqu’à un lhato puis toujours hors sentier vers l’W puis le S et enfin le SW afin de rejoindre en-dessous du lhato, vers 4165m, le départ d’un « sentier » qui désescalade le coteau en bordure d’un thalweg rocailleux. Pentu mais praticable… La pente s’atténue alors que l’on se dirige maintenant vers le SW en passant bien au-dessus des champs clôturés de Khete (on peut d’ailleurs voir les ruines du village en contrebas, perchées sur leur mamelon). Puis on part sur la G en direction du S (30mn, 4050m) traverser les pentes détritiques et rejoindre le large sentier qui va de Ghara à Luri gompa (20mn, 3955m, cairn). On rejoint rapidement la rangée de chortens située au pied de la minuscule gompa troglodyte de Luri, celle-ci étant accrochée à flanc de falaise (5mn, 3935m). Diaporama Visite de la gompa du XVe siècle en A/R (compter 30mn, mais attention, le gardien réside à la nouvelle gompa en contrebas, il faut donc aller l’y quérir avant de monter…).

Luri gompa

Par la suite, descente sur la plateforme de la nouvelle gompa (5mn, 3900m) et continuation en biseau vers le lit de la rivière. On suit le petit cours d’eau sur 300m avant de trouver un petit sentier en RD qui escalade une moraine alluviale qui permet, en passant auprès de deux groupes de bergeries, d’éviter un passage scabreux en contrebas. On retrouve la rivière juste avant de laisser partir sur la gauche le sentier des lacs du Damodar (20mn, 3740m, poteau indicateur surmonté d’un darchok). On passe au pied des falaises creusées d’habitations troglodytes (Tashi Kabum) et on sort de la rivière un peu plus loin au niveau de l’embranchement du canal d’irrigation des champs de Yara (20mn, 3700m). On traverse le plateau agraire puis au niveau d’un collet on descend en biais sur la G pour passer à proximité des chortens qui annoncent le village (15mn, 3680m). Au-delà on rejoint la rivière à sec et en la suivant vers l’aval on entre dans le village de Yara (15mn, 3615m, boutique, lodge Saribung tel : +977 993694047).

Tashi Kabum          Tashi Kabum, l'aire des vautours

Jour 7 : Yara - Dheegaon - Tsarang

3h25 / +350m / -360m.
Diaporama On sort du village de Yara par l’W en suivant un sentier qui louvoie à travers les champs avant de descendre vers la Puyang khola. La vue est superbe sur les falaises ornées de pénitents en forme de flûtes, si particulières au plateau de Yara. Un magnifique chorten Rigzum Gönpo trône sur une épaule et compose une image locale très dépouillée.

Le village de Yara et ses falaises ornées de pénitents

Une fois de retour dans le lit de la rivière, on la suit vers l’aval jusqu’à trouver à la hauteur de Surkhang le départ d’un sentier-balcon en RD (35mn, 3400m) qui se propose d’arriver sur Dheegaon d’une manière très panoramique. On franchit un collet (5mn, 3440m), effectivement un superbe belvédère sur Dheegaon mais aussi à droite sur le canyon irisé d’où sort la Kali Gandaki et sur la gauche avec une apparition très remarquée dans le lointain, celle du sommet isolé du Dhaulagiri I qui se livre enfin après qu’on l’ait cherché de nombreuses fois  ces derniers jours… Un peu plus loin on laisse partir sur la droite le sentier qui rejoint le vallon de l’Amaka khola puis on remonte quelque peu pour trouver derrière une bosse sur la G le sentier de descente vers la rivière et le pont de bois. On traverse la Kali Gandaki et on remonte la moraine d’en face pour entrer dans Dheegaon au niveau du mur de manis (20mn, 3400m, lodges, campings, boutiques). Joli village qui se visite assez rapidement avec une rue haute tracée sous la falaise et une rue basse en bordure des jardins. On en sort par le côté S en descendant jusqu’à la rivière puis en longeant la RD au pied des falaises.

Sur le sentier ludique, on prend de la hauteur pour apprécier le superbe panorama offert par la vallée de la Kali  Gandaki

On avance jusqu’à un escalier de pierres (25mn, 3370m) qui donne accès à un sentier « ludique » qui traverse des zones de blocs effondrés et louvoie entre des centaines de pénitents détritiques composés de galets et de sable (il est utilisé au printemps lorsque la rivière déborde un peu de son lit et qu’il n’est plus possible de la longer). On remonte jusqu’à passer un collet panoramique (15mn, 3420m) pour disposer à 360° de spectaculaires paysages détritiques en face sur les contreforts du plateau de Yara, au N sur les roches qui bordent le canyon de la Kali Gandaki en amont de Dheegaon, au S sur la chaîne de l’Himalaya qui se dévoile peu à peu et derrière sur des falaises qui dominent un des méandres de la rivière et qui sont parées de teintes allant du blanc au rouge passant par le jaune ou l’ocre. Démoniaque ! Après une descente rapide et sableuse, on retrouve une banquette sableuse de belle longueur (10mn, 3350m) que l’on traverse pour rejoindre la base d’une falaise. Un muret de pierres aménagé en tout bord de rivière permet de poursuivre la marche au sec et retrouver un peu plus loin de nouveau une large banquette sableuse qui va conduire jusqu’à l’embouchure de la vallée de la Tsarang khola arrivant de la droite (35mn, 3325m). En RG de la Kali Gandaki, juste à l’opposé de la Tsarang khola, débouche la large vallée fluviale de la Dheychyang khola qui va chercher sa source au cœur du Damodar himal.

A la confluence de la Tsarang khola

Dans cette vallée on peut aisément identifier le départ du sentier de liaison vers le village de Tangge tracé sur les alpages en RG. Maintenant on entre sur la D dans le vallon de la Tsarang khola pour traverser la rivière éponyme et suivre en RD le sentier tracé en biais qui se dirige vers la base des falaises qui bordent le plateau de Tsarang. Au pied des falaises, on s’élève en zigzags serrés avant de pénétrer dans le couloir de galets, voie d’accès au sommet du plateau de Tsarang. On pose le pied au niveau des champs (35mn, 3550m) et on se dirige sur la D pour rejoindre la base du monticule sur laquelle est érigée la gompa (10mn, 3580m). Il fait bon se perdre dans les ruelles du village (3570m, lodges, boutiques) avant de monter sur le tertre où est perchée la gompa (ou plutôt les gompas : la « moderne » du XIVe et l’ancienne Ani gompa du XIIe, toutes deux possédant de superbes peintures murales originales, entrée Rs100). A la descente de la gompa, suivre le rebord de la moraine pour se diriger vers le Royal Palace, ce cube blanc aux murs défraîchis et dont on a peine à croire qu’il puisse encore tenir debout. Et pourtant, le monument historique est quelquefois ouvert et la visite est assez intéressante par la constatation de visu que l’immeuble n’est pas totalement laissé à l’abandon et que les fondations sont encore « solides » (Rs200, pas de photos, quelques reliques des rois précédant le transfert de la capitale vers Lo Monthang, entre autres les casques et la cotte de mailles des rois belliqueux d’autrefois, et aussi pour le fun une paire de mains humaines décaties…). Puis une petite visite aux chortens jaunes en suivant la bordure N du village. Nuit en guest-house. Pourquoi pas le Kailash hotel ?

A Tsarang, Rigzum Gönpo bien sûr...

Jour 8 : Tsarang - Dhakmar - Ghemi - Ghilling

5h40 / +900m / -920m.
Diaporama Du centre du village de Tsarang on part vers le S rejoindre le chorten isolé érigé à proximité de la piste qui s’en va rejoindre Ghemi. Belle vue sur le village et au-delà sur les montagnes qui bordent le Mustang au NE. En tournant le dos au village on laisse la piste partir sur la gauche et on se dirige vers la D pour escalader en biais l’imposante moraine qui sépare les jardins de Tsarang des plateaux d’alpages. On débouche dans un collet (35mn, 3700m) offrant un magnifique belvédère sur l’ensemble du plateau agraire et où l’on s’aperçoit que le village ne tient que bien peu de place acculé qu’il est sur le rebord N du plateau. On incline la marche vers la G en direction de l’W pour traverser un large plateau à l’herbe rare en ayant comme point visé la belle échancrure que fait le Ghami La dans la barrière montagneuse.

Sur les hauts plateaux entre Tsarang et Ghemi, hors des sentiers battus bien sûr...

On traverse deux thalwegs (3720m et 3760m) pour s’en aller rejoindre la base d’un vallon dans lequel une piste est tracée à mi-hauteur. On rejoint cette piste en empruntant un petit sentier qui monte en biais vers la G et on poursuit vers le fond du vallon jusqu’à ce qu’elle fasse un lacet vers la gauche. On sort de la piste 50m après le lacet en suivant une trace sur la D, trace qui permet d’atteindre rapidement un collet, d’où la vision panoramique sur une grande partie de la chaîne de l’Annapurna himal (40mn, 3800m) est vraiment très belle. De l’autre côté du collet, on retrouve la piste en contrebas et on la suit jusqu’à un large virage vers la gauche au fond d’une combe. A cet endroit, on laisse momentanément la piste pour remonter à flanc sur la D et déboucher sur une crête herbeuse (25mn, 3900m) de laquelle on dispose d’une vue sensationnelle sur l’extrémité E des falaises de Dhakmar, face souvent cachée des regards pour le randonneur qui suit l’itinéraire conventionnel de Tsarang à Ghemi, hé, hé…

Les falaises de Dhakmar vues d'un angle bien peu conventionnel...

En se retournant on dispose toujours de la large vue sur la région N du Mustang. Face au cirque de Dhakmar, on poursuit sur la crête vers la G jusqu’à atteindre le Chinggel La où la piste venant de Tsarang aboutit (20mn, 3880m). Côté S, on la quitte rapidement pour suivre un sentier coupe-lacets qui descend sur la D jusqu’à un plateau gravillonneux. A l’approche du groupe de chortens rouges, on laisse partir sur la gauche la piste vers Ghemi pour rejoindre tout droit le site des chortens (20mn, 3585m). Outre la beauté des constructions, on dispose sur la droite d’une belle vue en enfilade sur la vallée de Dhakmar bordé de ses célèbres falaises rouge sang. Des chortens, on rejoint par un sentier tracé sur la D la piste de petit schiste noir qui rentre dans le vallon. Histoire d’agrémenter la journée par une incursion dans ce cirque magnifique, on s’en va traverser la rivière sur un pont de bois (5mn, 3665m) et on poursuit en montée progressive en RD sur la piste jusqu’à rejoindre un petit chorten situé à proximité d’une maison isolée (20mn, 3660m).

Au milieu des chortens de Ghemi au pied du Chinggel La

La vue est suffisamment spectaculaire de cet emplacement-là mais si on désire contempler les 20% de falaises restantes qui se dressent directement au-dessus du village de Dhakmar même et qui restent cachées au regard, il convient de poursuivre la montée sur la piste. Noter que pour aller explorer le fond du cirque, il faut compter 1h30 A/R, à ajouter au cumul horaire de la journée. Sinon, on traverse le petit torrent qui coule sur la G et on met cap au S pour rejoindre Ghemi par le sentier-balcon qui démarre au niveau des trois chortens Rigzum Gönpo. On rejoint ainsi le collet frontière entre les vallons de Dhakmar et de Ghemi (10mn, 3690m) d’où on peut disposer d’une dernière vision quasi intégrale de l’enfilade des falaises rouges. Tout au loin vers l’E, on peut apprécier l’importance des massifs montagneux du Damodar himal à l’E, du Teri himal (le passage du Teri La est bien identifiable) au SE et de l’Annapurna himal au S (avec le proéminent Tilicho Peak et le Yakwakang au pied duquel se trouve le fameux Thorong La du Tour des Annapurnas).

Entre Dhakmar et Ghemi, Rigzum Gönpo aussi...

On descend sur le village de Ghemi en suivant un large sentier caillouteux jusqu’à passer le pont de bois (15mn, 3500m) et remonter en face par quelques zigzags pour dépasser les premières maisons posées sur sa moraine (5mn, 3550m, lodges, boutiques, C). Ghemi est un bien beau village qu’il faut prendre le temps de visiter avec sa place centrale où se croisent diverses activités, un lieu de vie bien chaleureux.

Détail d'un chorten habité de tsatsas à Ghemi

On sort du village par le S en retrouvant la piste de Tsarang mais que l’on va quitter 500m après la dernière maison du village (un lodge…) pour monter en biais sur la D (20mn, 3630m) rejoindre un collet (20mn, 3800m), en fin de compte un sentier coupe-lacet. Au-delà du collet on poursuit sur un large sentier en courbe de niveau que la piste, ayant contourné la butte, rejoint un peu plus loin (10mn, 3800m, source). On suit la piste jusqu’à une fourche de pistes (20mn, 3900m) pour s’engager sur celle de G. 100m après avoir tourné sur la G au moment de sa traversée du thalweg, on emprunte sur la D un sentier coupe-lacets qui conduit jusqu’à un anté-col (15mn, 3980m) puis au Nyi La (5mn, 4010m) offrant une vue plongeante sur le vallon morainique au bout duquel on distingue le village de Ghilling. On descend sur la D, on traverse deux fois la piste pour se retrouver au niveau d’un poteau indicateur à proximité du lodge de Jhaite (10mn, 3865m). On laisse partir la piste à droite vers Choekker et le Syangmoche La pour descendre sur la G rejoindre Ghilling au travers d’une lande de buissons épineux ras. On évolue plutôt en RG du vallon pour rejoindre le terrain de football. Après, c’est plus problématique pour atteindre le centre du village tant l’entrelacs de ruisselets et de traces de troupeaux se conjuguent pour « perdre » le randonneur… Enfin, on finit par arriver à proximité du chorten central sur la « place » du village (45mn, 3560m, lodges, boutique, T, C, E). Nuit en lodge par exemple à l’hôtel Darzeeling.

Paysage d'hiver ? Non, juste la première neige d'automne sur l'arrière-pays de Ghemi

Jour 9 : Ghilling - Kali Gandaki - Tangge

4h30 / +280m / -450m.
La difficulté de cette étape est conditionnée par les humeurs de la Kali Gandaki, fille rebelle du Mustang. Je m’explique : lors du parcours vers Tangge alors que l’on remonte vers le N directement en marchant sur le lit de galets, on va devoir traverser de nombreuses fois le cours d’eau principal. Au mieux (et c’est le plus souvent comme cela
…), on se mouillera jusqu’aux genoux, au pire jusqu’au milieu des cuisses voire un petit peu plus haut pour les personnes de taille modeste. Ce qui n’arrangera rien sera la possibilité de devoir parfois affronter un fort courant associé à la hauteur de l’eau au moment des crues lors de la traversée de certains bras de rivière (il vaut mieux traverser aux emplacements les plus larges, à distance des falaises et, si vous le pouvez, rester groupés en utilisant une corde de 30 mètres pour sécuriser les traversées). Indépendamment de tous ces malheurs, 11h du matin sera l’heure où le tumultueux vent quotidien du Mustang vous poussera au minimum avec des rafales entre 80 et 100km/h, soulevant des monceaux de poussière et provoquant la dégringolade de galets arrachés aux pentes détritiques qui surplombent le lit de la rivière… Bon, c’est tout ! Si, si, au fait, les paysages sont exceptionnels et à ce niveau-là du Mustang c’est la seule possibilité de liaison pédestre transversale entre l’W et l’E. Vous vous en rendrez bien compte par vous-mêmes.

Le plateau de Ghilling vu depuis la gompa

Diaporama On rend une visite matinale au chorten entouré de ses murs de manis puis on monte sur le tertre où sont érigées les deux gompas (5mn, 3580m). On peut visiter la première gompa du XVe siècle (Rs200) avec de belles peintures murales mais c’est dans la deuxième, celle qui est perchée tout en haut du tertre et datant du XIe siècle (Rs200, malheureusement entrée interdite aux femmes), que l’on ressentira le plus d’émotion : toute menue, celle-ci ne peut se visiter qu’épisodiquement lorsque les moines sont absents (et ce n’est pas souvent puisqu’ils célèbrent une puja chaque jour que Bouddha fait…). Sinon, depuis le sommet de cette colline, belle vue sur l’ensemble de la large vallée agraire de Ghilling. Par la suite, on redescend au centre du village. On quitte à regrets cet endroit charmant mais c’est pour la bonne cause : on va s’en aller découvrir d’autres merveilles, plus bas, beaucoup plus bas, puisque l’on s’en va explorer une petite portion des gorges de la Kali Gandaki présentant des parois détritiques aux multiples façonnages, tous exceptionnels. On descend à travers les champs en aval de Ghilling en direction du vallon orienté au SE. Comme lors de l’arrivée sur le village hier soir, il est également très difficile de se frayer un chemin pour le quitter, entre rigoles, traces d’animaux et murets qui bordent les cultures. On dépasse une maison ruinée isolée au milieu d’un bosquet d’ormes (15mn, 3470m) puis, après avoir suivi plusieurs traces le long de canaux d’irrigation, on arrive sur le faîte du monticule sur lequel est érigé un bel ensemble Rigzum Gönpo (10mn, 3425m). On domine à présent le sillon taillé entre les falaises et qui va nous conduire tout en bas dans le lit de la Kali Gandaki. On franchit la petite porte située à G en contrebas de la colline pour trouver derrière un chemin sableux en zigzag qui désescalade le coteau, débouche sur une aire gazonnée très humide et enfin rejoint la piste (10mn, 3320m). On poursuit la descente en bordure du torrent jusqu’à une fourche de pistes et, en partant sur la G, on passe devant une bergerie ruinée avant d’accéder au large lit de la rivière (25mn, 3080m). De chaque côté, ce ne sont que falaises de couleurs jaune, rouge ou ocre sculptées par l’eau, le froid et le vent.

Sur le lit de galets de la Kali Gandaki

Le spectacle est de grande beauté : quelques unes d’entres elles semblent ornées de draperies si fines qu’on croirait les voir onduler au vent, d’autres ne sont que de basiques empilages de galets tenus par du sable mais sur de telles hauteurs qu’on se dit qu’il vaudra mieux rester au milieu du cours d’eau lors de la progression vers le N pour ne pas risquer un accident… Eh oui ! Parce que l’on va remonter ces gorges pendant une paire d’heures et que ce sera l’occasion de s’extasier à de multiples moments sur la beauté et l’ingéniosité des créations de Mère Nature. Vers l’aval, derrière nous, on laisse la Kali Gandaki s’enfiler dans des gorges resserrées en direction de Chele puis Jomosom pour un parcours mythique décrit dans un autre topo sur le Mustang avec le choc des photos… Donc, sandales aux pieds, on remonte le large lit de galets vers l’amont. Selon la saison, l’enneigement, la pluviosité et l’ensoleillement (que de facteurs à prendre en compte…), on doit procéder à plus ou moins de traversées des bras de rivière ; c’est que la Kali Gandaki est un fleuve rebelle qui choisit ses passages au gré de ses envies ! On dépasse sur la gauche une « crique » d’où partait il y a encore peu de temps le sentier de Ghemi. Tracé dans une pente d’éboulis, ce sentier, du fait qu’il n’est quasiment plus emprunté, s’est vu d’année en année gommé par les rafales de vent jusqu’à disparaître complètement (55mn, 3100m). Puis la gorge de resserre un peu plus loin pour proposer quelques boucles (et les traversées à gué qui vont avec…) avant d’arriver au niveau de Namja Dovan, là où les eaux du torrent de Ghemi rejoignent celles de la Kali Gandaki, mêlant une eau de couleur cristalline à celle plus chargée de sédiments du fleuve (40mn, 3150m).

Namja Dovan

Noter qu’il est hautement préférable de passer en RG et ne pas s’engager sur le sentier qui longe la base de la falaise en RD, tracé qu’il est sur une banquette sableuse arborée, afin de ne pas avoir à  traverser les deux cours d’eau au niveau de l’embouchure. Encore un petit effort pour atteindre (enfin…) la confluence avec la Tangge khola qui arrive de la droite, serpentant au milieu d’un large lit de galets (35mn, 3200m). On traverse la Tangge khola et en RD on peut rechausser les croquenots de randonnée. On remonte le lit de galets en RD sans avoir besoin d’à nouveau se mouiller les pieds jusqu’au moment où, se rapprochant d’une falaise verticale que la rivière vient lécher de trop près, il faut se résigner à traverser à gué et garder les sandales une dizaine de minutes avant de retraverser pour atteindre définitivement la terre ferme au pied de la moraire RD sur laquelle le village de Tangge est érigé (50mn, 3340m). On prend pied sur la moraine et, par une piste en légère pente, on rejoint les chortens qui marquent l’entrée du domaine de Tangge. Diaporama On délaisse la piste pour descendre les côtoyer et plus loin traverser les ruelles pour déboucher au pied de la célèbre allée de chortens et de murs de manis (20mn, 3350m, pour l'intérieur des chortens voir le site de Christian Luczanit). Le village compte un lodge situé au milieu des habitations ainsi qu’un terrain de camping situé en hauteur juste au pied des falaises. Nuit sous tente.

Tangge

Jour 10 : Tangge - Kog

5h45 / +1450m / -500m.
Diaporama On sort du village par le NE après avoir une nouvelle fois admiré la splendide allée des chortens et de murs de manis. On rejoint la passerelle métallique qui enjambe la Tangge khola arrivant des glaciers du Khumjungar himal. Une fois en RG on marche 20 mètres avant de tomber sur un cairn qui marque le départ sur la gauche du sentier du Teri La que l’on va emprunter tout à l’heure. Noter qu’il est recommandé de faire un A/R d’une trentaine de minutes en poursuivant vers la droite pour profiter du belvédère situé à la confluence de la Tangge khola et de la Yak khola duquel on dispose à droite d’une superbe vue sur le village de Tangge et à gauche sur les falaises détritiques du vallon de la Yak khola (c’est le chemin « touristique » qui permet de rejoindre Chhusang via Paha). De retour à l’embranchement de sentiers (encore une fois, ne pas tenir compte des indications données sur les cartes topographiques…), le sentier du Teri La part bien de cet endroit (et pas d’ailleurs…) et remonte vers l’ESE sur des pentes noires jusqu’à un collet à la vue panoramique (50mn, 3800m).

Montée sur le sentier du Teri La

On prend pied sur un plateau moutonné et plus on avance plus la vue se dégage sur le nord du Mustang avec en contrebas le plateau de Tsarang et la cuvette de Ghemi. A droite, on domine le sillon creusé par la Tangge khola. Juste derrière, on a le sombre vallon parcouru par un sentier qui permet de rejoindre le village le plus enclavé du Mustang, Dhey. Au-delà du collet, on poursuit à l’ESE jusqu’à franchir une épaule (40mn, 4055m) de laquelle le Dhaulagiri I réapparaît, de même que l’Annapurna I. Toujours en montée à flanc, on passe une nouvelle épaule (20mn, 4145m, cairn) , juste après, on laisse partir sur la gauche le sentier du Khumjungar BC pour s’en aller explorer le fond d’une combe avant de choisir de rejoindre le sentier du haut tracé sur le mamelon d’en face. Il s’ensuit une longue portion plane qui se termine au moment de la traversée d’un étroit thalweg (30mn, 4250m, eau) avant que l’on ne remonte sur la D retrouver un sentier à la montée progressive. On débouche sur un alpage sur lequel est posée une bergerie (25mn, 4320m, abri). De là, on part plein S pour une sévère montée pleine pente jusqu’à rejoindre un replat (50mn, 4515m, source).

Sur le sentier-balcon entre Tangge et Kog

Encore quelques efforts et on s’en va franchir le col (30m, 4630m) pour un nouveau panorama étendu sur une partie méconnue de nombreux trekkeurs, à savoir la chaîne de montagnes qui entoure le passage du Teri La, bien visible à présent au fond de sa vallée glaciaire : à sa gauche le Teri La Peak est une belle dent élancée vers le ciel alors qu’à sa droite pour ne pas être en reste, le Purbung, le Muktinath himal, le Tilicho Peak, le Nilgiri N et les Dhaulagiri I, II et III essaient de « meubler » un espace infini… Juste derrière le col que l’on vient de franchir, on descend jusqu’au fond d’une combe herbeuse où le sentier repart au SSE pour aller passer une épaule puis contourner en courbe de niveau une large combe pour descendre dans un thalweg. On remonte en face passer un col (30mn, 4700m) d’où le Khumjungar himal apparaît légèrement sur la gauche. La descente est assez olé-olé, parfois limite acrobatique, sur un « sentier » très pentu et bien dégradé par les nombreux passages des troupeaux  de chèvres. On rejoint vers la G le fond d’un thalweg avant d’emprunter un sentier transversal un peu moins osé et atteindre une bergerie ruinée (35mn, 4450m). Noter que depuis le col, la caravane de mules part sur la gauche effectuer le « grand tour » par le haut du plateau avant de rejoindre les bipèdes à cet endroit. Il ne reste plus qu’à finir la descente en RG du vallon pour rejoindre un plateau alluvionnaire situé au pied d’un groupe de maisons faisant partie du domaine de Kog (20mn, 4300m, eau dans le petit torrent). Nuit sous tente.

Kog

Pour info, quelques mots sur l’histoire de Kog tirés du livre de Charles Ramble : "Navel of the demoness" : Le territoire de Kog couvre environ 500000m2 avec des terrasses cultivées orientées sud, est et ouest couvrant tout l’arc de la course du soleil. Territoire qui plus est abrité des vents par les crêtes qui l’entourent. D’après les datations (carbone 14 sur les poutres des maisons), la naissance du village semble remonter au 10–11ème siècle et les dernières datations sont du 17ème siècle et encore ne concernent-elles que les restes du temple qui a pu être entretenu plus longtemps même après la fin du village (voir par exemple ce qui se passe à Nogaru actuellement). Donc une exploitation qui n’a duré que 5 à 6 siècles. Selon des archives conservées à Tetang, la disparition du village serait due à la destruction par un glissement de terrain du canal d’irrigation principal au niveau d’un tunnel creusé dans la falaise. Le canal parcourait environ 1 km dans la falaise et émergeait sur le plateau cultivé juste à l’est du village dans un réservoir situé à proximité des maisons. Il est encore possible en se tenant au bord de la falaise de voir l’extrémité du tunnel interrompu par le glissement de terrain. Deux troncs de genévrier témoignent d’une tentative de reconstruire la zone détruite. Les habitants de Kog ont ensuite migré tout d’abord vers Aga puis vers Tetang. Ils sont à l’origine de trois des premiers clans de Tetang. Ils semblent d’abord s’être installés dans des grottes situées à mi hauteur dans la falaise dominant Tetang (home of the ancestors). Ces grottes actuellement inaccessibles auraient servi jusqu’au 18ème siècle. Donc pas de camp de la rébellion khampa dans la région de Kog (source E. Principaud).

Le canal d'irrigation de Kog maintenant détruit (source Charles Ramble)

Jour 11 : Kog - Kog La - Baha La - Chhusang

8h15 / +1200m / -2500m.
Diaporama Face aux maisons qui occupent le fond du vallon de Kog on part sur la G franchir le petit thalweg et on suit sous les falaises crayeuses un sentier quelque peu délité qui contourne l’épaule et se dirige vers le bas de la moraine jusqu’à une souche de genévrier (15mn, 4230m). On est sur la lèvre d’un profond canyon que l’on doit traverser pour rejoindre l’ex-domaine agricole de Kog. On trouve à cet emplacement une trace de sentier qui part vers la D et rejoint en diagonale le fond du canyon puis propose juste en face une remontée pour atteindre le rebord W (15mn, 4230m, un peu d’attention…). Maintenant que l’on est sur la moraine principale on peut descendre sans problème jusqu’à rejoindre les premières maisons en ruines du village (10mn, 4110m).

Kog

On peut poursuivre plus bas jusqu’au deuxième groupe de maisons mais il faut de toutes les manières revenir à hauteur des premières maisons puisque c’est de là, et uniquement de là, que s’initialise en toute bordure du plateau détritique l’unique sentier de descente vers la gorge de la Damena khola. Etonnamment, la trace de descente est plutôt « roulante » sans que l’on ait à pratiquer de figures d’équilibriste… Une fois le lit de la rivière atteint, on descend d’une vingtaine de mètres vers la D pour trouver en RG le départ de la trace que l’on suit à flanc, plus ou moins en up / down, jusqu’à retrouver le sentier principal (30mn, 4000m), sentier dont l’origine se trouve être à l’arrivée du sentier du Teri La côté E. C’est d’ailleurs par là que le staff de cuisine ainsi que la caravane de mules sont passés en effectuant le grand tour, la traversée par les champs de Kog étant un peu trop périlleuse. Une fois sur le sentier, on finit de descendre en zigzags sur un sentier caillouteux jusqu’à la vallée fluviale de la Yak khola (10mn, 3875m). On traverse la rivière à gué puis on s’attaque à une remontée à la pente sévère jusqu’à une kharka (20mn, 4050m). De là, on part en biseau sur la D emprunter un excellent sentier qui emmène progressivement jusqu’à un anté-col (1h20, 4465m) puis au col lui-même, le Kog La (10mn, 4490m). On poursuit sur le large sentier à main droite, sentier qui continue de s’élever pour franchir une crête (20mn, 4595m) au-delà de laquelle on suit une trace à flanc de colline. On passe une deuxième crête (5mn, 4615m), merveilleux belvédère en se retournant sur les montagnes qui entourent le Teri La et à l’avant sur le nord du Mustang. Pour ne pas être en reste, le Dhaulagiri himal s’érige comme le grand massif montagneux du coin au détriment de l’Annapurna himal dont on ne perçoit plus vraiment la grandeur tant on s’en est rapproché…

Les montagnes du Teri himal depuis les crêtes du Baha La

On descend en RD sans trop perdre d’altitude dans le large vallon qui s’ouvre jusqu’à une kharka (30mn, 4460m) et contrairement au topo [Népal] Les 5 cols de l’Annapurna qui décrit la liaison vers Muktinath, on va cette fois-ci partir sur le large sentier qui remonte en biseau vers la D jusqu’au large passage du Baha La (10mn, 4500m) d’où on dispose en enfilade de la vision des paysages de quasiment l’ensemble du haut-Mustang. Décoiffant et jubilatoire ! On suit le chemin tracé sur la crête au SW puis à l’W pour rejoindre en écharpe le sentier Tangge-Chhusang qui parcourt le fil de la crête de la Siyarko Tangk Danda. Dans un large col on bascule sur la D pour fouler de grands espaces de prairie et on atteint le fameux sentier que l’on voit sans difficulté depuis le haut (40mn, 4185m) juste avant qu’il ne disparaisse derrière un béquet rocheux. Noter que de cet endroit il faudra bien 3 heures de temps pour atteindre le village Chhusang situé en bordure de la Kali Gandaki, en bas, tout en bas… : si on a pris beaucoup de retard sur l’horaire on peut vouloir ne pas terminer à la nuit tombée (même si le sentier qui court sur la crête ne revêt pas de difficulté particulière même de nuit avec l’aide d’une lampe frontale et de la clarté de la Lune) mais il sera peut-être plus sage de rejoindre en 30mn le campement de Paha en empruntant le sentier en direction de Tangge, donc vers la droite.

Couleurs du soir sur les pénitents de la Siyarko Tangk danda

Maintenant, si l’on a le temps de terminer cette étape dans la journée, on poursuit vers la gauche et on s’engage sur cet excellent sentier en continuel up / down tracé plutôt côté W et dessiné sur le fil de la crête. Il propose des panoramas lointains d’une incomparable beauté mais aussi des échappées en contrebas sur les pénitents qui ornent le canyon de la Yak khola. Que de formes élancées, que de couleurs chamarrées…! Après de multiples épaules franchies (et autant d’espoirs anihilés que c’était bien « la dernière »…), voici que l’on surplombe quelques parcs à bestiaux situés sur des plateaux herbeux en préalable au franchissement de la « porte », un étroit passage orienté E-W taillé entre deux falaises (2h20, 3680m). On évolue ensuite quelque temps sur un sentier aménagé à la base d’une falaise avant de partir en zigzags bien tracés dans une pente sableuse assez inclinée, dans un premier temps entre les concrétions de galets. Sur cette trace, il y a vraiment peu de malchance à glisser tant les pieds s’enfoncent dans la trace. Puis on laisse les pénitents à l’arrière et on finit dans une immense pente de sable sur laquelle le sentier est plutôt tracé sur la D. A mi-pente, on  délaisse la trace qui part sur la gauche et qui rejoint Tetang pour continuer tout droit vers Chhomnang, seul passage aménagé pour éviter les falaises détritiques qui bordent à la fois les lits de la Yak khola et de la Kali Gandaki (attention, de nuit à ne pas se laisser « attirer » par les lumières du lodge de Chhusang que l’on distingue sur la gauche). Beaucoup plus bas, au-dessus d’une maison isolée, on retrouve la piste à Chhomnang (1h, 2990m), piste que l’on suit sur la G pour rejoindre le village de Chhusang (10mn, 2985m, lodges, T, C, E) posé sur l’autre rive de la Narsing khola.

Chhusang

Jour 12 : Chhusang - Kagbeni - Jomosom

6h de marche ou 2h de voiture + 20mn à pieds.
Diaporama On peut faire le parcours à pied pour découvrir les beaux paysages situés de l’autre côté du sillon de la Kali Gandaki en RD et aussi pour visiter les villages : on suit la piste poussièreuse vers Tangbe et Kagbeni (3h, 2840m), pas d’autre alternative, enfin pour l'instant ! Car il y a des dizaines de chemins qui parcourent la montagne dans ce coin-là, proposant des alternatives "hors des sentiers battus" à la piste. Leur exploration est prévue pour une future virée au Mustang... A Kagbeni, on retrouve « l’autoroute » du Tour des Annapurnas et son flot de trekkers que nous avions oublié pendant toute la matinée. Il ne reste plus qu’à suivre le large sillon de galets et contre le vent violent qui souffle tous les jours sans exception dès la fin de matinée pour rejoindre en moins de 2h30 la grande ville du coin. Entrée dans Jomosom côté RG puis franchissement du pont ou de la passerelle pour se retrouver RD à proximité de la gare routière. Continuer 10mn supplémentaires et trouver « l’avenue » et sa multitude de lodges qui n’attendent que votre signal pour vous accueillir. Nuit en lodge par exemple au Tilicho hotel (2740m, T, C, E, WiFi) juste après avoir dépassé l’entrée de l’altiport.

Comme le parcours de Chhusang à Jomosom est bien peu intéressant puisque l’on suit la vallée de la Kali Gandaki sur une piste poussiéreuse, il y a la possibilité de prendre une jeep soit depuis Chhusang (Rs800/pers jusqu’à Jomosom, départ à 9h00 au pied des chortens au niveau de la rivière, parcours de 2h) ou, si vous voulez bénéficier de la visite de l’intéressant village de Tangbe, seulement depuis Kagbeni (Rs350/pers, départs tout au long de la journée, parcours de 30mn).

Le Thorong La vu depuis Kagbeni

Jour 13 : Jomosom airport - Pokhara - Kathmandou

20mn + 25mn d’avion.
Avion à l'altiport de Jomosom en tout début de matinée avant que le vent violent venant du S ne se mette à souffler et interdise de facto toute rotation aérienne. Prévoir une correspondance en début d'après-midi seulement à l'aéroport de Pokhara avec l'avion de Kathmandou des fois qu'il y ait des retards d'acheminement entre Jomosom et Pokhara...
Après-midi libre à Kathmandou. Nuit en hôtel à Chhetrapati.

La chaîne de l'Annapurma vue d'avion

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13 jours / 49h / +6800m / -5800m.
 
Relevés de terrain novembre 2013.
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