[Maroc] Haute Route (Massif du Toubkal) n°3


Avant tout, un préliminaire important : cette « randonnée » sort du cadre habituel des circuits proposés sur le site « Trekkings hors des sentiers battus » et pour cause. La qualification de l’intitulé Alpi-Toubkal signifie bien alpinisme. Même si les passages empruntés ne dépassent pas le niveau III ou F+, il n’en faut pas moins se munir d’une corde d’assurage d’une vingtaine de mètres, de sangles, de mousquetons et de baudriers légers. Auparavant il y avait eu Alpi-Toubkal n°1, l’initiatique, avec la traversée du Plateau du Tazaghart, celle de l’Angour par la voie normale et un aller-retour sur le Bou Iguenouane, puis Alpi-Toubkal n°2, pour lequel les conditions météo difficiles avait réduit le circuit à peau de chagrin avec le franchissement du tizi Melloul et du tizi Amrharas n’Iglioua, un aller-retour à l’Afella et sur les Ouanoukrims entre deux orages… Voici donc Alpi-Toubkal n°3 à l’ambitieux programme qui a pu se réaliser grâce à des conditions météo quasiment idéales mis à part le vent violent subi en deuxième partie de circuit qui a contraint d’occulter la traversée des crêtes du Tichki au Toubkal. Mais las, le reste du programme se suffit à lui-même et est caractérisé par une densité qui nécessite une préparation tip-top et une habitude du terrain ardu dans lequel vous allez évoluer.

Et n’oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec la carte téléchargeable en PDF) et bien d’autres choses encore.

Téléchargez la carte du circuit au format PDF : Carte générale GTAM1 Carte Alpi-Toubkal n°3

Abdou Rhaim au sommet de l’Akioud

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : Imsker - Oukaimeden

4h30 / +1200m / -100m
Diaporama Il faut 45mn de voiture de Marrakech à Asni (voiture privée ou grand taxi 30Dh). Juste après la place du souk, prendre la route goudronnée sur la G qui va traverser la rivière et remonte sur le coteau d’en face. 2 kms après avoir traversé la rivière, laisser partir tout droit la piste qui mène à l’Oukaïmeden et descendre sur la D. La piste devient un peu plus chaotique (si vous êtes en voiture, il est préférable d’user d’un 4x4) jusqu’à Imsker, le premier village rencontré dans la vallée de l’Imenane sur la RG. Compter 20mn en voiture ou 1h30 à pieds depuis Asni, à ajouter au temps de la journée. Rendez-vous avec le muletier.

 Entrée de maison berbère à Imzourem

Départ du centre d’Imsker à 1500m d’altitude. Après 500m sur la piste direction SE, descendre traverser la rivière. Remonter en face sur un large sentier bordé de figuiers de barbarie. Retrouver l’ancien sentier (1540m, 30mn) qui part à D et rejoint la piste un peu plus haut (1695m, 15mn). On suit la piste jusqu’à ce que l’on distingue, perchées au loin, les antennes de l’Oukaïmeden (1770m, 15mn). Partir sur un sentier de village sur la D pour rejoindre Timoughar. Continuer de descendre jusqu’à la rivière à sec puis remonter dans la caillasse. On laisse (momentanément…) partir un sentier à D pour aller se poser immédiatement après à l’ombre des noyers pour la pause repas (1735m, 25mn, source 200m plus haut dans le lit de la rivière). Après cette halte roborative, revenir un peu sur ses pas pour prendre le chemin de tout à l’heure (maintenant il monte sur la G…). Il grimpe au travers des terrasses. On sort vraiment du lit de la rivière, qui plus est, en forte pente. On passe un collet (1845m, 15mn). On se dirige à présent vers Tidli que l’on évite par la droite en suivant un moment le lit de la rivière. Aux dernières maisons du village, on remonte sur la G tout en poursuivant vers le fond de la vallée. Arrivé à un replat dans le torrent retrouvé (1920m, 25mn), partir sur la D sous les noyers. Suivre un sentier en lacets qui escalade les terrasses avant de devenir rectiligne. On passe sous le village d’Imzourem (2000m, 20mn). A la grosse pierre noire, tourner franchement à G pour monter, le mot n’est pas trop fort, vers Agadir n’Ouzdoul, le village le plus haut perché de la vallée de l’asif Oussertek. 5mn plus loin, tourner franchement à G au niveau d’un curieux monolithe (résistera-t-il encore longtemps aux affres du temps ?) et poursuivre l’ascension. 20m avant une pancarte blanche (2120m, 15mn), tourner encore à G pour atteindre les dernières maisons du village. Ouf !

Le village perché d’Agadir n’Ouzdoul

Continuer vers le haut mais pas en direction de l’évident col de couleur rouge vif que l’on a devant soi. Certes on ne va pas en passer très loin mais le sentier fait un large détour par la droite pour atténuer la pente et passer par la piste. A G maintenant pour 200m et à D à l’embranchement dans lequel se situe un poteau électrique. 300m après avoir bifurqué, on retrouve le sentier historique de montée au plateau de l’Oukaïmeden qui part sur la G et qui coupe quelques virages. Reprendre la piste vers la D (2300m, 20mn) au niveau d’un grand champ cultivé. Dans le lacet suivant, prendre le sentier qui part à D. On retrouve la piste que l’on suit sur la D avant de reprendre le sentier 300m plus avant. La pente s’adoucit et le sentier traverse plusieurs fois la piste avant de se mettre à suivre peu ou prou la ligne électrique. Le col tant désiré, le tizi n’Oukaïmeden, est maintenant atteint (2680m, 1h). Il ne reste plus qu’à descendre par la piste jusqu’au « centre » de la station de l’Oukaïmeden, entre les azibs séculaires sur la droite et les maisons « modernes » largement décaties et qui font pale mine en période d’été. Déprimant ! On passe devant le restaurant historique « Chez Juju » avant d’arriver au refuge du CAF dans lequel on passe la nuit (2600m, 15mn, 30/60Dh la nuit, repas sur demande, douches chaudes, accueil sympa de Michèle la gérante, C MEDITEL, boutiques).

Azibs au tizi n’Oukaïmeden

Jour 2 : Oukaïmeden - Tizi n’Itbir - Sommet N de l’Angour - Tizi n’Tachedirt

5h30 / +1200m / -600m
Diaporama Du chalet CAF, partir en face au travers de la prairie et trouver le sentier bucolique qui louvoie entre les azibs en diection du tizi n’Edi. C’est une bien meilleure alternative que de passer par le goudron… On suit la rivière jusqu’au moment où le tizi n’Edi se dévoile, jusqu’à présent caché derrière une épaule du Jbel Oukaïmeden. Délaissant le chemin qui poursuit vers le col, on rentre dans le vallon de G (2720m, 1h). On s’élève peu à peu sous l’austère barrière noire de l’Angour, le sommet que nous convoitons aujourd’hui. Viser le large col, le tizi n’Itbir, à gauche du bastion rocheux de l’Angour. Quelques traces de sentier nous aident parfois à progresser mais l’avancée est quand même pénible sur du petit éboulis, qui plus est, pentu. On passe auprès d’une source (2980m, 50mn) juste avant de retrouver un vrai sentier qui vient de la gauche (3040m, 10mn). Malheureusement l’espoir d’un meilleur traitement est vain n’apportant pas plus de facilité car, utilisé principalement à la descente, il est de ce fait très dégradé. On prend pied dans le tizi n’Itbir (3288m, 50mn). Belle vue sur l’enfilade de la crête jusqu’au tizi n’Ouhatar qui permet de passer aisément du plateau de l’Oukaïmeden à la vallée de l’Ourika.

La face N de l’Angour depuis le tizi n’Itbir

Puis on regarde sur la droite… Ne prenons pas peur ! Ce qui suit est loin d’être insurmontable, contrairement à ce que laisse penser l’état du couloir vers lequel on va se diriger… On monte dans le large goulet qui s’ouvre à D avant d’incliner notre marche un peu plus vers la D pour atteindre un collet rocheux (un pas de II non exposé pour y arriver). On traverse maintenant vers la G pour venir buter contre la paroi avant de partir sur la G rejoindre un autre collet, porte d’entrée d’une magnifique large vire (3460m, 35mn, un peu de gaz et deux passages à négocier avec attention). La fin du passage sur la vire propose une descente vers un goulet dans lequel un névé s’attarde souvent tardivement. Avant d’atteindre la neige, monter en RG orographique sur les banquettes rocheuses faciles (quelques passages en I+ sûrement évitables) pour atteindre un large col à la gauche du sommet de l’Angour. Se diriger à D pour grimper sur le sommet N par quelques banquettes rocheuses aisées (3616m, 40mn). Noter, pour les personnes peu enclines à tâter du rocher, la possibilité, au niveau du goulet enneigé, de continuer sur un chemin en écharpe qui rejoint le plateau herbeux de l’Angour 500m plus à gauche. Revenir sur la D pour rejoindre le col atteint à la sortie du goulet rocheux et au-delà le sommet (compter 20mn de plus). Large vue circulaire sur une grande partie de la région d’Imlil, du Tazaghart au Toubkal, à l’Iferouane, puis le Bou Iguenouane et l’Annrhemer, les sommets de demain…

Entre les deux sommets de l’Angour

La descente du sommet N nous fait passer en écharpe sous le sommet E et traverser le plateau herbeux en direction de l’Annrhemer pour rejoindre le bord W de l’Angour. Un petit morceau de désescalade délicate dans du rocher noir pour atteindre un collet étroit (3420m, 45mn) avant de remonter en face pour suivre la crête. Dernière descente en bordure du plateau jusqu’à un point de faiblesse au-dessus du tizi n’Tachedirt (3380m, 25mn). Descendre au mieux sur la D en direction du col, un peu à l’instinct, le sentier historique se dégradant d’année en année car beaucoup emprunté à la descente. On atteint le tizi n’Tachedirt (3172m, 20mn). Rester à niveau et partir sur la G en direction du bastion de l’Annrhemer pour établir le camp au pied d’un couloir auprès d’une source (si la source ne donne plus, descendre depuis le col vers la G pour rejoindre à 15mn de là, une étendue herbeuse disposant d’une source ; bien entendu, pour l’étape du lendemain, il faudra remonter un peu…). Nuit sous tente.
Le muletier n’est bien entendu pas passé par le sommet de l’Angour… Il a franchi le tizi n’Edi pour descendre sur le village de Tachedirt avant de remonter jusqu’au col (6h / +1200m / -600m).

Descente de l’Angour

Jour 3 : Tizi n’Tachedirt - Annrhemer - Bou Iguenouane - Tamda - Tizi Likemt - Camp sous l’Aksoual

8h30 / +1400m / -1600m
Belle journée en perspective au cours de laquelle vous pourrez vous munir d’une corde, de sangles, de mousquetons et de baudriers pour la traversée de la crête entre les deux sommets de l’Annrhemer mais plus sûrement pour sécuriser la « descente » entre le sommet du Bou Iguenouane et le tizi Likemt. Ça peut se faire sans, mais on n’est jamais trop prudent… En tout cas, les descriptions sommaires contenues dans le guide Cicerone « Trekking in the Atlas mountains » pour ces deux sommets sont pour le moins dangereuses. Elles laissent vraiment à penser qu’on est dans le domaine de la randonnée : sur l’Annrhemer, passons, il est indiqué une arête aérienne… mais sur la liaison Tizi Likemt – Bou Iguenouane, on partirait presque en sandales deux doigts, alors là, non !


Diaporama Vous l’avez compris, juste à la lecture de l’introduction de cette journée, elle va être dense et superbe. On rentre vraiment dans le domaine de la randonnée de haute montagne, limite alpinisme… Départ du camp à côté du tizi n’Tachedirt pleine pente en direction d’une roche située entre un monolithe rocheux à droite et l’austère paroi de l’Annrhemer. Ne surtout pas s’engager dans le couloir duquel coule le torrent car plus haut le passage est impossible. Au bout de 15mn, on retrouve une trace de sentier qui vient du col et qui chemine en lacets sur des parties rocheuses planes, bien plus aisé que le petit éboulis alentours.

Au-dessus du tizi n’Tachedirt

On incline légèrement sur la G pour passer dans un collet (3525m, 35mn). Belle vue plongeante sur la vallée de l’Ourika fermée par le massif de l’adrar Meltsène, figure emblématique du plateau du Yagour. En s’élevant, l’Angour se dégage et reprend une stature imposante. Au-delà, sur la droite, on commence à deviner les larges espaces du plateau de Timiskar. En suivant le chemin, monter sur le fil de la crête en direction d’une brèche bien marquée dans l’arête W de l’Annrhemer. Cette brèche est gardée par un ensemble de rochers noirs qu’il va falloir escalader (blocs faciles). On prend pied dans la brèche (3690m, 45mn) qui se trouve à la G d’un large col, le tizi n’Tigourzatine. Belle vue sur le Bou Iguenouane et l’Iferouane. Derrière nous, la vue s’étend bien entendu sur l’Angour mais également jusqu’au Jbel Oukaïmeden. A l’horizon, dans sa brume de chaleur, on devine la plaine du Haouz au milieu de laquelle se trouve Marrakech. Partir sur la G et contourner une première série de rochers par la droite. Viser une nouvelle brèche dans l’arête sommitale défendue par un beau couloir d’éboulis. On a le plaisir de pouvoir avancer dans du gros éboulis ce qui est bien agréable… Une fois la brèche atteinte (3845m, 35mn), il ne reste plus qu’à grimper sur la D sur des banquettes rocheuses faciles pour atteindre le sommet W de l’Annrhemer (3880m, 5mn). Le sommet E se trouve à 1h A/R en suivant le fil de la crête rocheuse sur laquelle il n’y a pas de problèmes à l’exception d’un col assez profond qui garde le bastion E du massif. A aborder avec prudence… De retour sur le sommet W, on redescend jusqu’à la brèche (3690m, 15mn) puis on contourne le rognon rocheux par une vire sur la G avant d’atteindre le tizi n’Tigourzatine (3610m, 10mn).

Sur l’arête de l’Annrhemer

Monter en face en écharpe sur le sommet qui se présente un peu à G de l’arête jusqu’à atteindre le sommet. Nous sommes sur l’épaule N du Bou Iguenouane (3785m, 35mn). On descend vers le large col où subsistent quelques névés pour attaquer la montée du principal sommet du Bou Iguenouane. Celle-ci passe d’abord par la crête que l’on atteint bien à G, puis on la suit vers la D. On évite le premier sommet en passant sur des vagues traces de sentier à G (côté S). On évite aussi le deuxième sommet pour terminer sur le troisième, point culminant du massif (3882m, 25mn). Pause repas bien méritée avec un panorama de génie quelque soit le côté duquel on tourne la tête.

Et en avant pour la traversée du Tamda !

Finie la rigolade ! On descend sur le fil de la crête WSW pleine pente dans du petit éboulis délicat entrecoupé de plaques de roche noire jusqu’au large col qui précède les aiguilles rocheuses du Tamda. Contourner les premiers gendarmes rocheux par la G puis descendre dans un goulet (3690m, 25mn) une dizaine de mètres avant de trouver un passage sur la G (I+). Il donne accès à une vire.

L’univers minéral du Tamda

On remonte un couloir rocheux jusqu’à une brèche (3700m, 15mn). On redescend un peu sur une selle pour trouver un passage vers le haut et ainsi retrouver le fil de la crête. On repasse au S sur une partie plus plane. On arrive devant un couloir étroit. Impossible de repasser au N. Il faut donc désescalader les blocs de roche marquée de lichen orange pour prendre pied dans l’étroit goulet qui dévale vers le S. Le descendre sur 200m de distance avant de trouver un échappatoire à D sous forme d’une vire (3640m, 50mn). Faire le tour du cirque et monter à D pour trouver une vire à G qui ramène sur l’arête. On trouve quelques cairns (confidentiel…) et un semblant de trace. On en a presque fini avec cette p… d’arête en clôturant notre périple de la journée par une petite désescalade, facile celle-la, qui nous conduit à un collet (3590m, 55mn). Il ne reste plus qu’à suivre le chemin sur le flanc gauche du mamelon rocheux pour atteindre le tizi Likemt (3550m, 10mn). Descente vers la D en direction du village de Tachedirt. Enfin un bon sentier ! De larges lacets, une pente modérée, tout pour se remettre de notre journée démoniaque… 200m avant la grosse pierre au bord du chemin (2970m, 1h), juste après avoir traversé le torrent à sec et être repassé en RG, monter en écharpe jusqu’à un petit plateau sur lequel le camp est établi, proche de l’unique source du coin, lieu d’estive des troupeaux de chèvres du village d’Aït Souka, au pied de la muraille de l’Aksoual (3000m, 10mn). Nuit sous tente.
Le muletier a franchi le tizi n’Tachedirt pour descendre sur le village de Tachedirt avant de remonter jusqu’au bivouac (3h30 / +700m / -900m).

Ceci dit si vous ne sentez pas la traversée du Tamda (et je peux vous comprendre !), vous pouvez toujours descendre par les cascades du Tamda côté N en suivant les indications données en fin du J8 du topo Alpi-Toubkal n°1 : [Du sommet du Bou Iguenouane] La descente est évidente jusqu’au large col à 3200m (45mn). Pour suivre, au lieu de passer sur la moraine [par laquelle nous sommes montés], continuer sur la trace qui se présente de l’autre côté du col. Elle chemine plein W sur le fil de la crête jusqu’à arriver auprès des cascades au pied du Tamda (2600m, 1h). Suivre le torrent jusqu’à la piste supérieure. Vous suivez la piste vers la gauche jusqu'au départ du sentier du Tizi Likemt et vous remontez par le chemin sinueux les 400m de dénivelée jusqu'au lieu de bivouac au pied de la muraille de l'Aksoual.

Jour 4 : Camp sous l’Aksoual - Aksoual - Azibs Tifni

6h30 / +1200m / -1200m
Diaporama Monter en écharpe en direction d’un rocher rond à la forme caractéristique positionné à mi-distance sur l’arête de droite quand on fait face à la paroi. On passe plusieurs collets jusqu’à un dernier marqué d’un gendarme rocheux qui donne accès à un nouveau cirque (3200m, 45mn). L’Aksoual se dévoile, présentant sa belle face rougeoyante sous le soleil levant.

Le massif de l’Aksoual dès potron-minet

On rejoint un nouveau collet (3250m, 25mn). On descend traverser un couloir d’éboulis sableux bien peu commode. Remonter en face pour atteindre une brèche qui donne accès à un 3ème cirque (3260m, 15mn). Ne pas chercher à rester à niveau en suivant ce qui parait une évidente vire car celle-ci est coupée à deux endroits et poserait des problèmes importants. Donc, avancer sur la G et descendre dans le couloir pour contourner le bastion rocheux par sa base. Celui-ci est surmonté d’un gendarme de belle importance. Contourner un névé détaché de la paroi et remonter en face (3200m, 20mn). Escalader le pilier (II+ et un passage de III) pour traverser une nouvelle brèche et entrer dans un vallon en suivant une vire. Arriver à un col gazonné (3400m, 1h). On monte sur les gradins de G pour passer au-dessus des névés qui encombrent le vallon. On monte maintenant sur une vire herbeuse que l’on suit jusqu’à arriver en vue d’une cascade infranchissable. Revenir sur ses pas et prendre à D sur des banquettes herbeuses que l’on escalade (du II). Une fois le premier pas franchi, on s’élève de banquette en banquette en direction du Doigt de l’Aksoual qui nous domine.

En vue du couloir terminal de l’Aksoual

Traverser le goulet enneigé (3670m, 1h) et passer en RG pour trouver le long de la paroi des roches noires qui facilitent notre avancée. Une fois le bastion du sommet principal de l’Aksoual contourné par sa gauche, incliner notre progression vers la D en négligeant le large col que l’on voit sur la gauche. On passe auprès d’un petit ruisseau (eau de fonte du névé au-dessus, 3815m, 30mn). Incliner encore plus à D pour prendre pied sur l’arête à quelques 300m à la gauche du sommet (3880m, 20mn). On suit la crête facile vers la D, on passe une petite dépression juste avant de grimper sur le sommet principal marqué d’un cairm (3912m, 10mn). Panorama à couper le souffle, s’il ne l’était pas déjà par les 4h30 de montée sans concession de ce versant N…

Montée à l’Aksoual
Descente jusqu’à la petite dépression et partir sur la D en direction du Toubkal pour trouver l’itinéraire de descente vers les azibs Tifni. Viser le collet sur l’épaule de G. On traverse un immense champ d’éboulis. Passer sur une vire sous de gros rochers, un peu de précaution au passage d’un couloir « descente directe » et arrivée sur un autre collet donnant accès à un vallon. Descendre pleine pente dans de l’éboulis. Incliner sur la G pour rejoindre la paroi et passer un ressaut morainique peu sympathique. C’est le seul passage (3645m, 20mn). Viser la petite selle à la G du ravin qui se creuse (3520m, 10mn).

Un moment de convivialité dans ce monde de brutes…

Descendre sur la D jusqu’à passer près de la source et désescalader le vallon dans le lit du torrent (très vite à sec). Un pas de désescalade à prendre avec délicatesse (II+, 3430m, 15mn). Sortir tout de suite après du lit du ruisseau pour suivre une vire. On retrouve un sentier jusqu’à une selle (3295m, 15mn). Belle vue plongeante sur les azibs Tifni et le sommet de l’Iferouane juste derrière. Descente à D puis tout de suite à G. Attention à ne pas descendre par le lit du torrent car une imposante cascade infranchissable ferme le vallon ! Descendre jusqu’à un rognon rocheux (3230m, 15mn), seul passage de descente sur la D. Un petit pas de I+ (un peu de gaz) au passage d’une mini-vire avant de continuer de descendre. A G à présent, pour rejoindre pleine pente le ruisseau (douche sous la cascade), le traverser et remonter sur le plateau, à quelques encablures du sentier du tizi n’Tagharat (3000m, 30mn, source dans le vallon à l’opposé de l’Aksoual). Nuit sous tente.
Le muletier a franchi le tizi Likemt pour descendre sur les azibs Likemt avant de remonter jusqu’aux azibs Tifni et un peu au-dessus jusqu’à l’emplacement du bivouac sur le sentier du tizi n’Tagharat (5h / +900m / -900m).

Un petit rafraîchissement peut-être ?...

Jour 5 : Azibs Tifni - Tizi n’Terhaline - Tichki - Tizi n’Tagharat - Sidi Chamarouch

5h30 / +800m / -1400m
Diaporama Journée sentier une fois n’est pas coutume… Du camp, descendre vers la rivière, la traverser et rester à flanc en courbe de niveau pour passer au-dessus des azibs Tifni. On se rend compte de l’importance de la communauté qui vient de la vallée d’Amsouzart, de l’autre côté du tizi n’Terhaline, passer les mois d’été pour élever des troupeaux de moutons et de chèvres. Il y a au moins 40 à 50 foyers dont on voit les maisons aux toits plats et dorés sous le soleil de ce début de matinée. On rejoint le sentier du tizi n’Terhaline (2920m, 20mn). C’est un superbe sentier qu’il nous est donné de fouler car il est beaucoup emprunté pour acheminer le ravitaillement depuis la vallée. On s’élève aisément jusqu’au col (3320m, 1h10, C IAM). La vue est étendue sur la face SE du Toubkal et le Dôme d’Ifni est rouge orangé. Au loin, vers le S, le plateau volcanique du Jbel Siroua est aisément reconnaissable par la demi-sphère qui semble posée sur un large plateau. On prend à D un sentier de même facture, à savoir superbement tracé, pour escalader un coteau jusqu’à un collet (3505m, 35mn) qui nous permet de jeter un regard sur la verte vallée d’Amsouzart et apprécier une suberbe vue de près de la muraille Toubkal – Afekhoi – Tichki.

Du belvédère à mi-pente, vue sur le Toubkal

Passé ce point de vue, le sentier se redresse pour franchir une épaule rocheuse. On atteint un large col (3655m, 25mn), a priori le deuxième plus haut passage muletier de l’Atlas marocain après le tizi n'Ouagane. Nous sommes à Ikhfe n’Tfilt. La vue est encore plus large qu’au précédent col avec, sur la gauche, le massif de l’Aksoual qui prend de l’importance. On voit parfaitement bien l’itinéraire de descente que nous avons suivi hier. Du col, on part en écharpe vers la G pour immédiatement faire face au sommet du jour : le Tichki. Un peu en retrait de l’arête souvent venteuse, on chemine jusqu’à une brèche (3660m, 20mn) avant de monter facilement sur des gros blocs noirs, assurément l’escalade la plus facile depuis le début du circuit…, pour atteindre, derrière l’antécime, le sommet coiffé d’un élégant cairn, si, si… (3751m, 10mn). Vision extraordinaire de l’enfilade rocheuse qui relie notre sommet à celui du Toubkal dont on distingue bien le tripode en haut à gauche.

Aksoual et Azrou n’Tamadot depuis le sommet du Tichki

Du sommet, continuer sur l’arête pour rejoindre un col rocailleux (3720m, 5mn) permettant de jeter un coup d’œil sur les faces NW du groupe du Tichki jusqu’au tizi n’Tichki, la dépression qui se creuse juste avant le sommet de l’Afekhoi. Se diriger maintenant vers la large dépression où paissent les troupeaux, le tizi n’Tagharat (3456m, 25mn). Descente sur la G. Très vite, on entre dans le vif du sujet, ce que les berbères appellent Ahnboub (très étroit). C’est un couloir extrêmement resserré avec une pente importante. Le sentier dessine ses lacets entre les parois. C’est réellement dantesque, le mot n’est pas trop fort ! Quand on pense que les mules chargées sont rompues à cet exercice de descente, alors là, chapeau ! Les virages sont bien étayés, les lacets bien dessinés, mais on est quand même impressionné… Alors, qu’en penser sous la pluie et éventuellement l’orage ? Tout au fond de la gorge, le sentier de l’autoroute du Toubkal nous nargue…

Ahnboub (tizi n’Tagharat)

On passe une source confidentielle (3200m, 30mn) puis une autre plus fournie (2945m, 30mn). Le sentier à présent devient moins pentu et l’on peut profiter du merveilleux paysage proposé, sans oublier de jeter un coup d’œil derrière pour se rendre compte du trajet accompli… On franchit un ruisseau (eau fraîche agréable en ce milieu d’après-midi) avant de traverser un superbe emplacement de bivouac au pied d’un gros rocher (2810m, 15mn) disposant de nombreux aménagements pour dresser les tentes. On repasse le ruisseau pour se retrouver RD et suivre en courbe de niveau une gorge qui se creuse pour se terminer à Sidi Chamarouch, petit hameau de commerçants qui s’est construit autour du marabout et que l’on distingue au fond. On passe à belle hauteur au-dessus du marabout et on part chercher le sentier de descente quelques 500m plus avant (ne pas s’inquiéter…), là où les parois rocheuses seront moins proéminentes et permettront une désescalade aisée pour hommes et bêtes. Quelques lacets nous ramènent à la jonction avec l’autoroute du Toubkal : à D, Aroumd puis Imlil, à G, Sidi Chamarouch où nous allons établir le camp dans la cour de la dernière bicoque (chez Lahçen) en haut du hameau en direction du refuge du Toubkal (2415m, 25mn, C IAM au niveau du premier poteau et uniquement là…).
Le muletier a directement franchi le tizi n’Tagharat pour descendre sur Sidi Chamarouch par le difficile sentier (4h / +550m / -1100m).

Jour 6 : Sidi Chamarouch - Refuges du Toubkal

2h / +800m / -0m
Diaporama Journée de « repos » après la bambée des jours précédents. Il est quand même bon de faire une pause dans un périple aussi ardu… Donc, on commence, pour ne pas se déshabituer, par une montée en forte pente au-dessus du marabout jusqu’à la première boutique (2780m, 50mn) puis plus modérée jusqu’à la deuxième (2850m, 10mn). Au-delà, le large sentier peut s’assimiler à un faux-plat montant. Le cirque de montagnes se dévoile peu à peu présentant un superbe terrain de jeu pour les alpinismes épris de wilderness. On croise, venant de la droite, le sentier du col N de l’Aguelzim qui relie la vallée de l’Aït Mizane à celle des Azzaden (3115m, 50mn, liaison vers le refuge du Tazaghart et les azibs Tamsoult). Il ne nous reste plus qu’à rejoindre l’un des deux refuges du Toubkal, le Mouflon le plus récent ou celui du CAF l’historique au-dessus (3208m, 10mn, boissons, ravitaillement succinct, téléphone, C MEDITEL). Pour les férus de sommets, possibilité en fin de matinée de grimper sur le sommet du Toubkal. Compter alors 4h / +950m / -950m à rajouter à la journée.

Les refuges du Toubkal

Jour 7 : Refuge du Toubkal - Akioud - Tazaghart - Afella - Refuge de la Tazaghart

7h / +1200m / -1400m
Diaporama C’est la journée des quatre 4000 (ou presque, car il ne manque que 26m au Plateau de la Tazaghart pour rentrer dans le club…). On a bien fait de se reposer hier car la journée est sans concession. On a mal dormi au refuge du Toubkal (beaucoup de bruit et de mouvements toute la nuit, succès oblige !). On part à la fraîche dès que l’on peut voir le sentier qui s’élève derrière le refuge du Toubkal. On emprunte au début le parcours commun du sommet du Toubkal, du tizi n’Ouanoums qui va vers le lac d’Ifni et du tizi n’Ouagane, porte d’entrée des Ouanoukrim. La majorité des randonneurs nous quitte au bout de 5mn pour partir sur la G rejoindre le couloir de l’Ikhibi S qui conduit en 2h30 au « ciel », si l’on a écouté les nombreuses conversations qui se sont déroulées durant le dîner au refuge. Qui dit majorité sous-entend écrasante puisque nous nous retrouvons vite seuls sur ce sentier qui continue vers le S. Après une série de lacets, voici donc un espace gazonné bien agréable (3410m, 30mn, bivouac strictement interdit pour préserver la qualité de l’eau distribuée dans le refuge en aval). Le sentier du tizi n’Ouanoums part sur la gauche, on peut distinguer les zig-zags qui conduisent jusqu’à la brèche étroite. Encore quelques dizaines de mètres sur le sentier du tizi n’Ouagane et nous voici le quittant aussi pour prendre pleine pente légèrement à D et passer à la G de l’imposante falaise. Une fois sur les banquettes herbeuses au-dessus de la falaise, traverser en courbe de niveau vers la D pour rejoindre un espace plat souvent encombré d’un névé (3530m, 30mn). Le remonter plein centre et arriver à l’autre extrémité sur des banquettes gazonnées aux nombreuses sources.

Montée à l’Akioud

Monter en direction de l’éminence rocheuse qui nous fait face, l’Akioud. Laisser l’itinéraire évident du tizi Amrharas n’Iglioua (3740m, 45mn) partir sur la droite et continuer tout droit pour aller chercher au pied de l’Akioud un couloir caché. Attention, le couloir bien visible qui nous fait face permet d’atteindre le tizi Bou Imrhaz. Il y a bien une voie d’ascension de ce côté, mais en AD+… Donc, ne pas se tromper ! Gravir sur la D en s’aidant des parois de la RG orographique, la pente avoisinant les 45°, et de la neige souvent présente dans le haut. On débouche dans une brèche (3900m, 35mn). De cet endroit, l’itinéraire de montée sur le sommet de l’Akioud est évident et bien tracé. On n’oserait penser qu’il existe un tel sentier sur un piton rocheux aussi austère… Profitons-en ! Montée sur la G pour atteindre le sommet (4030m, 20mn). Et de 1 !

Confusion des genres sur le sommet de l’Akioud…

Après avoir apprécié la large vue sur les Ouanoukrim, les Afella et le Plateau de la Tazaghart, descente jusqu’à la brèche puis continuation à flanc pour contourner, au plus près de la paroi, le bastion rocheux qui garde le tizi Amrharas n’Iglioua. Une brève remontée pour retrouver le sentier de ronde qui vient du col (3850m, 50mn). Le suivre sur la G, passer un collet puis un deuxième pour arriver dans une combe ombragée où un névé pentu s’attarde souvent jusqu’au milieu de l’été. Le traverser précautionneusement jusqu’à retrouver le sentier au pied d’un couloir qui frise les 50° d’inclinaison et qui permet, si le cœur vous en dit, de gagner le plateau sommital de l’Afella avant tout le monde… Bien du plaisir quand même ! Sagement, on poursuit le sentier en légère descente jusqu’à la cote 3770 avant de commencer une remontée vers le large tizi Melloul que l’on devine là-haut, bien gardé par son champ de petit éboulis dans lequel le fameux adage « un mètre de gagné, deux de perdus… » se vérifie une fois de plus. Un conseil, passez sur la D le long de la paroi RG orographique, vous y trouverez des cailloux de moyenne grosseur qui vont aideront grandement dans votre progression. Tout arrive, nous voici dans le col salvateur (3875m, 50mn).

Le sommet du Plateau de la Tazaghart depuis le tizi Melloul

On prend à G pour atteindre, par un excellent sentier taillé dans la paroi, en 20mn, le sommet du Plateau de la Tazaghart à 3974m. Et des 2 (ne chipotons pas…) ! Vue étonnante d’une étendue plane, uniquement minérale, pas une touffe de végétation, décoiffant (surtout par grand vent) ! Redescente en 15mn sur le col pour repartir en face sur la large crête en direction du col qui s’inscrit entre les deux sommets de l’Afella. A tout seigneur, tout honneur, celui de droite, il est le plus haut et culmine à 4043m. Belle vue sur la haute vallée de l’Aït Mizane avec certes le Toubkal mais aussi les Ouanoukrim et au milieu du cirque le sommet rocheux de l’Akioud sur lequel nous étions en début de matinée. Redescente au col entre les deux sommets de l’Afella pour gravir le sommet N qui mesure sous la toise 4040m. Il  nous offre un panorama totalement différent du précédent puisque nous permettant de disposer d’une vue plongeante sur la moyenne vallée de l’Aït Mizane et l’univers minéral du Biguinoussène et des Clochetons. Si le premier sommet est d’accès aisé depuis le tizi n’Tadat, il en va autrement pour la série des Clochetons dont la traversée est un des « musts » du coin en matière d’alpinisme engagé (voies en D et D+). Compter 1h10 A/R depuis le tizi Melloul pour la boucle des deux sommets. Et de 3 et de 4 ! Il ne reste plus qu’à descendre et c’est là que ça se corse : la montée au tizi Melloul côté Azzaden s’effectue indifféremment en RD, en RG et même en plein milieu. Mais pour la descente, comme la neige reste dure toute la saison, glacée qu’elle l’est en permanence par le vent qui règne dans ce vallon, il en va tout autrement : si les névés sont encore présents, il convient de choisir l’itinéraire du centre et désescalader les roches morainiques puis flirter un peu avec la neige (utilisation d’une corde d’assurage conseillée). Une fois sur le plat, rien à signaler pendant 15 mn jusqu’à dépasser les gros rochers tombés des Clochetons et qui nous cachent sûrement quelque chose…

Itinéraire de descente du tizi Melloul

Juste derrière, nous voici engagés dans la désescalade de la fameuse cascade. Absolument pas équipé (ni spit, ni câble,…), c’est un passage dans lequel il convient d’être extrêmement prudent qui plus est lorsque le débit de la cascade est important. Il est préférable de s’encorder et de se servir des rognons rocheux pour s’assurer. Après la première « petite » cascade franchie, voici sa grande sœur qu’il va falloir éviter par la G, d’abord par une remontée jusqu’à un petit cairn, puis en pratiquant de larges lacets en descente sur les banquettes mi-roche, mi-herbe, le but affiché étant de rejoindre en bas de la falaise la RD du Névé Permanent qui descend d’un des couloirs du Plateau de la Tazaghart. Traversée ou descente du névé au choix puis parcours du vallon rocailleux vers la porte de sortie, en l’occurrence un unique sentier en RD (facilement identifiable aux nombreux chardons qu’il faut traverser…). Le refuge de la Tazaghart, perché sur son tertre, nous attend (3000m, 2h).
Le muletier, depuis le refuge du Toubkal, a franchi le tizi n’Aguelzim pour se rendre au refuge de la Tazaghart (4h / +400m / -600m).

Jour 8 : Refuge de la Tazaghart - Tizi n’Tizikert - Aït Souka

4h / +300m / -1500m
Diaporama Du refuge de la Tazaghart, emprunter le sentier de descente mais dans la premier virage à G continuer tout droit pour emprunter ce qui semble au début un bon sentier et qui devient peu à peu une trace à flanc de montagne. En légère descente, ce sentier de chèvres traverse un petit vallon avant de remonter jusqu’à une épaule rocheuse dans laquelle on croise le chemin « officiel » de montée au col N de l’Aguelzim (2845m, 15mn). Ce raccourci permet d’éviter de parcourir une dénivelée plus importante si l’on suit les sentiers muletiers. On emprunte le sentier du col N vers la D. Il passe au fond d’une combe avant de monter en lacets dans les genévriers. Ces quelques zig-zags passés, laisser le sentier du col N partir vers la D (2930m, 20mn) et poursuivre tout droit sur un excellent sentier bien étayé. Il propose une alternative intéressante au passage par les cascades d’Ighoulidène et les azibs Tamsoult car présentant un cumul de dénivelées moindre. On croise de nombreuses sources tout au long de l’itinéraire. Laisser partir sur la gauche un sentier de descente vers les azibs Tamsoult. Après avoir modérément descendu en suivant ce sentier balcon (2680m, 40mn), il nous faut quand même remonter de 250m jusqu’au tizi n’Tizikert. On passe au fond du vallon (bel emplacement de bivouac au pied d’une source) avant de retrouver en RD le sentier principal qui vient des azibs Tamsoult (2700m, 10mn) dans un de ses lacets. On le suit à présent vers la D. Il s’élève très progressivement au milieu de bouquets d’herbes folles qui brillent sous le soleil du milieu de matinée et composant un avant-plan du plus bel effet au superbe paysage proposé par la haute vallée des Azzaden. Une dernière série de lacets serrés et l’on débouche au tizi n’Tizikert (2930m, 40mn, C MEDITEL au niveau du rocher au centre du col et uniquement là…).

Le tizi n’Tizikert et les contreforts de l’Aguelzim

On domine la vallée d’Imlil et, derrière le tizi n’Tamatert, on distingue le plateau de l’Oukaïmeden avec à sa droite la muraille de l’Angour, pas si difficile que ça à gravir comme on l’a pu voir précédemment… Derrière nous, on dit adieu au Plateau de la Tazaghart et ses couloirs enneigés. Descente sur le splendide sentier en lacets très larges, pratiquement abandonné par les locaux au profit du tizi Mzic qui propose un temps de parcours moins long. Ah ! Performance quand tu nous tiens… Ceci dit, il est en parfait état de conservation et mériterait d’être bien plus souvent parcouru par les touristes. On croise une source (2200m, 1h10) avant de terminer en RG du vallon pour atteindre le champ de galets d’Aroumd et retrouver l’autoroute du Toubkal à l’entrée du village (2000m, 20mn). Descente vers Imlil sur la G du vallon en 40mn puis Marrakech en grand taxi (40Dh), sinon, pourquoi ne pas passer un ou deux jours dans le havre de paix qu’est le gîte d’Ahmed Ait Hammou à Aït Souka. Pour cette dernière alternative, rejoindre le bas du village d’Aroumd sur la droite de la vallée et suivre la rue qui remonte. On longe en hauteur le torrent RD avant de basculer, au niveau du replat, dans le chemin qui part sur la G. Decente sur 200m avant de quitter le chemin qui descend sur la G vers Imlil pour suivre tout droit et trouver le départ du canal d’irrigation dans un vallon dans lequel on pénètre sur une trace à flanc. A la cascade, prendre à G et suivre de hameau en hameau le fil conducteur jusqu’à un espace planté de nombreux noyers à quelques dizaines de mètres de la fin du canal. Descendre jusqu’à la nouvelle route (anciennement une piste avant 2010) et trouver la pancarte du gîte. Descendre jusqu’à la rivière et remonter le petit chenal pour entrer par le bas dans le village d’Aït Souka (1850m, 40mn). Le gîte est juste à l’entrée. Une bonne douche chaude, un verre de thé à la menthe et éventuellement une petite séance de sieste, histoire de décompresser un peu après cette expérience…

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Relevés de terrain juillet 2010

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