[Népal] Du Mera peak à l'Everest

Ce trek est une randonnée itinérante qui se déroule dans une région aux reliefs très accentués. Elle explore des vallées bien peu parcourues alors qu'elles sont peut-être les plus belles du Népal. Certes leur accès n'est pas si aisé que cela mais le peuple sherpa a fait son maximum pour les humaniser en proposant quasiment à chaque étape des possibilités d'hébergement, de ravitaillement (au moins dans les villages), des points de restauration simple et au pire un emplacement de bivouac aménagé pour les tentes au niveau des deux cols majeurs à franchir.

La principale difficulté de ce tour, je le rappelle exceptionnel en tout point, est le franchissement d'un col, l'Amphu Lapsa à 5800m, qui, selon les conditions météo qui ont sévi auparavant, peut se révéler une « formalité » sur un sentier un peu escarpé avec un rappel d'une trentaine de mètres quand même, ou à ce qui pourrait devenir un cauchemar si l'on n'est pas préparé, comme en 2014 où il a été nécessaire de poser 4 séries de cordes fixes, faire un rappel de 30m et utiliser des crampons pour descendre côté Chukhung... Cela implique que ce trek juste pour ce point-là ne doit pas être pris à la légère quitte à devoir rebrousser chemin à 3 jours de la fin... sans autre échappatoire possible. Nécessité est donc de collecter des informations fiables auprès des personnes avisées du coin et entre autres les propriétaires des lodges de Chukhung (leurs coordonnées téléphoniques se trouvent dans la sous-rubrique Préparatifs). Ou alors être préventif et s'adjoindre pour ce tour les services d'au moins un guide de montagne népalais (et son matériel...) en prévision de difficultés. Mais l'investissement en vaut vraiment « le coup » car ce trek est sûrement l'un des plus spectaculaires et sauvages de l'Himalaya népalais au milieu duquel le tracé s'insinue entre les plus belles montagnes du coin. Et il serait dommage de passer à côté...

Depuis le Kongma La, Cho Oyu et Lobuche

Dernier point : il est possible, au passage, d'envisager l'ascension de sommets comme le Mera peak, l'Island peak ou autres. Certaines agences le proposent à leur catalogue. Libre à vous d'adhérer à ces programmes très complets et physiques. Mais à mon humble avis de trekker et pas de summiter, la partie trekking se suffit grandement à elle-même. Nul n'est besoin d'ajouter de la fatigue à la fatigue au risque de succomber à un certain écœurement au passage des derniers cols alors qu'ils viennent conclure un périple d'exception... A vous de voir !

Et n’oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec la carte téléchargeable en PDF) et bien d’autres choses encore.

Téléchargez la carte du circuit au format PDF : Carte générale GTAM1  Carte-Du Mera peak à l'Everest

Trek merapeak everest

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : Kathmandou - Lukla - Chutanga

35mn d'avion + 2h20 / +750m / -50m.
Arrivée du vol en matinée (sujet aux conditions atmosphériques) puis départ du trek directement de la porte de sortie du bâtiment de l'aéroport puisque le sentier se trouve juste en face... On suit un chemin en pente douce vers le SE qui devient étale avant de remonter jusqu'à une bhatti (45mn, 2965m). On franchit une épaule (25mn, 3110m, kharka) puis c'est une grosse montée jusqu'à 3240m avant que le sentier ne s'assagisse en proposant une longue partie en faux-plat dans une forêt de rhododendrons. On descend légèrement traverser un torrent (30mn, 3255m). Encore une sévère grimpette avant de se retrouver au hameau de Thukdingma (15mn, 3320m, lodge simple, bhatti). Il ne reste plus qu'une dernière montée en zigzags au milieu d'une forêt massacrée pour atteindre le village de Chutanga (25mn, 3500m, lodge simple, C). Nuit sous tente.
Pour ceux qui ne sont pas acclimatés à l'altitude, il est conseillé de rester une journée ici ou alors aller se poser 500m plus haut au lodge de Kharkateng avant d'envisager de traverser le col du Zatrwa La qui tutoie les 4600m...

Le Kalo himal et le Gonghla juste au-dessus de Chutanga

Jour 2 : Chutanga - Zatr Og - Zatrwa La - Thuli kharka

4h40 / +1150m / -450m.
Diaporama De Chutanga on monte en zigzag en direction de l'austère gorge qui domine le village. Le soleil apparaît alors que l'on est en plein milieu d'une pente boisée (1h15, 3900m) sous les aiguilles élancées de la Kalo danda qui s'inscrit à la suite du Gonghla. A l'arrière, on distingue en contrebas Chutanga que l'on vient de quitter et un peu plus loin les maisons hautes de Lukla situées sur le plateau tout au bord de la vallée de la Dudh kosi. A l'horizon, vers l'W, on explore du regard la vallée de la Lumding khola au-dessus de laquelle émergent les sommets du Karyolung, les Panayo Tippa et Shar, le Teng Kangpoche, le Kwonde et le Nupla. Au loin, on distingue les montagnes qui bordent la vallée de Thame. Par quelques lacets on rejoint le lodge de Kharkateng (20mn, 4030m). On poursuit au-dessus du lodge sur un excellent chemin mais souvent enneigé voire glacé en automne (crampons et bâtons recommandés).

Dans la montée au Zatr Og (souvent glacée...)

On remonte la pente en zigzags serrés puis on incline vers la D sous une barre rocheuse pour rejoindre une épaule herbeuse (1h25, 4400m). De là, on file tout droit en direction du col du Zatr Og que l'on franchit (20mn, 4480m). La vue sur l'Himalaya s'élargit à présent jusqu'au Cho Oyu, ce sommet de 8153m situé sur la frontière tibétaine à cheval sur les vallées de Thame et des lacs Gokyo. Depuis ce col la descente vers la vallée de l'Hinku khola est tranquille mais seulement sur 400m... car le col du Zatr Og n'est pas le principal col qui sépare Dudh kosi et Hinku khola. Il va falloir passer le Zatrwa La que l'on distingue à hauteur au fond du vallon. On remonte jusqu'à un collet (15mn, 4485m) pour suivre derrière un sentier en up/down qui traverse la combe en hauteur et permet de rejoindre en montée douce le col du Zatrwa La (30mn, 4570m, bhatti juste derrière, eh oui...). Côté Hinku khola, on descend sur le fil d'une moraine centrale herbeuse direction SE (nombreux cairns). Vers 4400m on incline à D sur du plat avant de descendre en zigzags sur Thuli kharka (35mn, 4210m, lodges, eau). Nuit sous tente.

Franchissement du Zatrwa La

Jour 3 : Thuli kharka - Kothe

3h45 / +500m / -1160m.
Diaporama On descend de la kharka en direction de la RG du vallon pour aller chercher un sentier à flanc de falaise qui donne accès à une combe. On la traverse à hauteur en montée pour rejoindre un col en direction de l'E. On franchit la crête après être passé à une kharka (45mn, 4220m). Du col on découvre le Naulekh et à sa droite la chaîne du Sanu himal. Le sentier se poursuit par une traversée d'une nouvelle combe jusqu'à arriver devant un couloir d'éboulis que l'on remonte par sa RD sur un superbe escalier aménagé. On franchit une épaule (15mn, 4210m) qui donne accès à un sentier balcon qui se termine sur une épaule de laquelle on découvre la vallée de l'Hinku khola dominée par le Mera peak. Un peu plus loin, alors que l'on a commencé la descente dans une forêt de jeunes rhododendrons, on découvre deux sommets isolés sur la gauche qui appartiennent au bassin de Thangnag. L'un des deux se prend pour un Cervin himalayen : il se nomme le Kyashar et fait partie du Charpote himal. On aura l'occasion dès demain matin de le contempler lors de la suite de la remontée de la vallée vers le Mera La.

Descente dans la vallée de la Hinku khola face au Mera peak

On atteint le site de Thulo dunga (40mn, 3750m, lodge). Ensuite, la descente se continue en RG d'un profond thalweg à flanc de falaise où un passage audacieux a été aménagé. Puis c'est la désescalade jusqu'à Taktor (15mn, 3585m, lodges, boutique). On poursuit la descente sous le lodge et tout de suite à G (à droite c'est le sentier de descente vers le bas de la vallée) pour atteindre une altitude de 3500m, là où la pente s'assagit pour devenir étale un bref moment avant de repartir en dégringolade. Après, c'est une série de up/downs bien cassants pour atteindre le site de Tashing dingma (25mn, 3400m, bhatti) suivie d'une sévère remontée à flanc de falaise sur un escalier bien pentu pour passer une épaule avant de redescendre de l'autre côté jusqu'à dominer la Hinku khola depuis le rebord de la moraine (15mn, 3370m). L'ambiance est très austère et on sent que la rivière ne doit pas en rester toute l'année à ce courant certes violent mais qui n'occupe que le centre de la vallée. Il y a des moments où ça doit remuer beaucoup plus...! Tracé sur la moraine RG on aperçoit le sentier principal qui permet aux habitants de la vallée de l'Hinku khola de se ravitailler au chef-lieu du coin, Kulung, en passant par où ? du côté des Panch pokhari. Tiens, une idée comme ça, et si on remontait un peu ? Le sentier reste à présent très peu éloigné de la rivière même s'il n'arrête pas de proposer des montées et des descentes. Voire même, il se faufile entre les blocs de rochers sur une moraine qui tutoie la rivière au niveau d'une cascade. Evidemment, juste après, c'est une grimpette suivie d'une descente pour contourner par le haut une falaise que l'Hinku khola vient lécher d'un peu trop près... On quitte définitivement, pour aujourd'hui, la rivière en montant à main G dans une forêt de pins jusqu'à 3585m avant de distinguer à travers les broussailles le village étape. On descend tranquillement en zigzags pour rejoindre Khote (55mn, 3550m, lodges, boutiques, T, E). Nuit sous tente ou en lodge, pourquoi pas le Namaste lodge et sa famille si accueillante ?

Le village de Khote

Jour 4 : Khote - Thangnag

3h15 / +710m / -20m.
Diaporama Du village de Khote on poursuit le long de la rivière en traversant une « pouponnière à cailloux morainiques » avec la face S glaciaire du Mera peak en point de mire. La vallée incline un tantinet vers la gauche et apparaît, au fond de la vallée creusée par l'Hinku khola, le Kyashar qui se situe juste au-dessus du bassin morainique de Thangnag au milieu duquel on va faire étape. On dépasse la confluence de l'Hinku khola avec la Sanu khola (40mn, 3700m) et on découvre peu à peu un ensemble de montagnes qui complètent le panorama à la gauche du Kyashar. C'est en premier la continuité vers le S de la chaîne du Charpote himal dont le point culminant est le Kangtega qui reste invisible et plus à gauche encore la crête noire du Kusum Kanguru. Après une petite montée qui permet de franchir une cassure de la rivière, on reprend la lente ascension sur la moraine pierreuse en même temps que le soleil apparaît (15mn, 3735m, source). On remonte à travers les blocs le long de la rivière jusqu'à Saure (50mn, 3925m, bhatti, boutique).

Depuis Saure (Hinku khola), vue sur le Kyashar

C'est d'ici que démarre l'itinéraire pour Lukla via le Zatr Teng qui, à presque 5000m, propose une directissime bien peu recommandable et que même les locaux n'utilisent qu'avec parcimonie tant la descente côté W est périlleuse... Le Kyashar, seigneur de cette vallée, devient proéminent et accapare le regard. La montée se poursuit agréablement sans heurt jusqu'à Duk gompa, un site religieux ancien, situé dans une grotte, et que les locaux sont en train de moderniser. Visite possible mais d'intérêt modéré (50mn, 4100m). A présent on s'éloigne du lit de la rivière pour s'élever sur la moraine jusqu'à une kharka (15mn, 4180m). En face, les faces W de la chaîne du Mera himal présentent leur verticalité glacée. Brrrou ! On passe deux collets de rien du tout sur la moraine pour finir sur le plat caillouteux du bassin morainique de Thangnag. Le village se trouve derrière un gros amas de cailloux en RG face aux impressionnantes hauteurs de moraines qui descendent du complexe glaciaire du Mera peak (25mn, 4240m, lodges, boutiques). Nuit sous tente ou en lodge.

Le sommet du Kyashar vu depuis Thangnag

Jour 5 : Thangnag - A/R Thangnag Ri

2h35 / +600m / -600m.
Diaporama Journée d'acclimatation et aussi l'occasion de découvrir depuis un sommet débonnaire un panorama d'exception sur les montagnes qui entourent le bassin morainique de Thangnag. On traverse vers l'W l'amas de cailloux qui sont descendus du Kusum Kanguru pour atteindre le départ d'un sentier à flanc de mamelon qui s'en va rejoindre des kharkas d'altitude. La montée en zigzags serrés est assez relevée et on s'élève rapidement. Cela permet de découvrir très vite des horizons qui depuis le village étaient restés occultés par les falaises environnantes. Sous la haute protection de la face W du Mera himal et ses 2000m de verticalité glacée dans le dos, on est subjugué par la beauté élancée du Kyashar qui attire les regards. A l'occasion d'une pause ou autre, on s'aperçoit du chemin parcouru en hauteur alors que l'on découvre dans une anfractuosité de moraine le lac qui termine la vallée du Sabai glacier, d'un vert pétrole évocateur de la collecte des eaux de fonte. Au-delà vers l'E, on commence à voir le glacier supérieur du Mera La et juste sur sa droite le col lui-même. En poursuivant la montée voici qu'apparaît, derrière les aiguilles rocheuses qui gardent le col, une masse glaciaire blanche et impressionnante qui n'est autre que le sommet du Chamlang qui domine la vallée de l'Hunku khola. A plus de 7000m, ce massif termine le Hunku himal. A présent, au pied des aiguilles du col du Mera La, on peut distinguer le « village » étape de demain, à savoir Khare, duquel plusieurs maisons sont visibles au pied d'une moraine grise. Et un peu plus bas, on sera passé auparavant à Dig kharka dont on peut voir les deux bhattis aux toits recouverts de bâches bleue et orange.

Thangnag et au fond à droite le Mera La

On poursuit le chemin en zigzag jusqu'à 4615m où il devient soudainement étale pour partir sur la G rejoindre la kharka (1h20, 4635m). Juste avant, on part à main D pleine pente sur le fil d'une crête herbeuse qui conduit si on le veut jusqu'au pied des glaciers E du Kusum Kangguru. Mais rien ne sert de monter trop haut car le paysage ne changera guère. Arrêtons-nous au deuxième cairn (30mn, 4775m) duquel on dispose d'une vue panoramique à 360° sur le bassin de Thangnag avec à l'horizon des petits nouveaux qui viennent s'ajouter à la liste : à gauche au SW le Gonghla, le pic qui domine Lukla et dont on peut admirer l'envers ; c'est lui qui initialise la portion glaciaire du Charpote himal, celle-ci se terminant au Kangtega, au N le lointain Malangphulang derrière lequel se trouve l'Ama Dablam, et pour finir, au NE, terminant la série des aiguilles du Mera La, voici le Peak 41 (appelé de l'autre côté le Kongme). Quel beau paysage nous est offert ! Descente en 45mn par le même itinéraire qu'à la montée en voyant disparaître une à une toutes les montagnes que l'on avait « réveillées »...

Jour 6 : Thangnag - Dig kharka - Khare

2h30 / +640m / -20m.
Diaporama On quitte le village en traversant la moraine caillouteuse en direction du NE pour trouver le départ du sentier du Mera La qui se trouve au pied d'une moraine herbeuse. On atteint un collet sur la moraine (40mn, 4420m) duquel on peut apprécier la chute vertigineuse du Sabai glacier mais pas le lac...! Le sommet du Kyashar présente une face rocheuse verticale qui se termine en pointe acérée tandis qu'à l'arrière on peut contempler l'enfilade de la crête glaciaire du Charpote himal du Kusum Kangguru à droite jusqu'au Gonghla à gauche et même au-delà jusqu'au col du Zatr Teng.

Le Kyashar et le Sabai glacier sur le chemin de Khare

On avance à présent sur une partie plane qui longe une étendue sableuse puis on remonte en RG du torrent pour atteindre un nouveau replat (25mn, 4495m). A partir de là on évolue en faux-plat montant sur une vaste yersa qui se trouve au N du Mera himal dont on peut apprécier l'importance des glaciers suspendus. En se retournant, après avoir pris de la hauteur, le Charpote himal présente un ensemble glaciaire de toute beauté avec le Kyashar qui dévoile au regard sa face N glaciaire encore plus impressionnante de verticalité que sa face E rocheuse. La pyramide parfaite avec un angle de plus de 75°... Le vallon tourne un peu sur la gauche et on atteint Dig kharka (35mn, 4635m, bhatti). Il s'ensuit une sévère remontée de moraine avant de pouvoir reprendre son souffle sur un bout de plat. Et ça repart en grimpette avec le glacier qui garde le Mera La à main droite. Le Kyashar disparaît derrière un pic rocheux alors qu'apparaît la partie N du Charpote himal mais sans que l'on puisse apercevoir le sommet du Kangtega. On remonte vers Khare dont on voit les premières maisons au pied de la moraine sous le Peak 41. Un peu de plat avant la dernière grimpette pour rejoindre le haut du village de Khare où se trouvent de nombreux lodges (40mn, 4850m, lodges, T, E et même WiFi...). Du village en direction du N s'ouvrent de larges alpages qui se terminent au pied de glaciers gigantesques qui descendent du massif du Malangphulang.

Le village de Khare, camp de base technologique de la région du Mera peak

Jour 7 : Khare - Mera La - Mera peak BC

2h25 / +555m / -65m.
Pour cette étape, le randonneur devra se munir au minimum de crampons légers (de type forestier c’est suffisant) et de bâtons pour traverser en toute sécurité les pentes glacées du sentier entre 5100 et 5200m et plus haut pour la remontée de la langue glaciaire du Mera glacier.

Diaporama On remonte sur la moraine au-dessus des maisons en direction du SE. Puis on en suit le fil vers la G. A l'arrière le Kyashar réapparaît. Quant au sentier que l'on emprunte, si au début il se contente de zigzaguer sur la prairie, il en est autrement dès qu'il se met dans l'idée de vouloir grimper sur la moraine caillouteuse à la pente plutôt relevée... On s'élève rapidement et le cirque de montagnes qui entoure Thare se révèle d'une exceptionnelle beauté.

En route pour le Mera La

On franchit une épaule (50mn, 5090m) pour entamer un parcours à flanc de pierrier étale jusqu'à un replat (5mn, 5095m, kharka), face aux sommets du Mera peak. On poursuit au SE et, un peu plus haut de l'autre côté de la vallée à l'extrémité N du Charpote himal, apparaît le Kangtega. On remonte une épaule jusqu'à atteindre 5210m. C'est le moment de partir sur la G quasiment à plat pour rejoindre la base de la langue glaciaire RD du Mera glacier. C'est la partie la plus délicate et éreintante de la journée. On remonte pleine pente sur un amalgame de glace et de cailloux en direction de la falaise puis on incline sur la D pour prendre pied sur la glace (55mn, 5330m).

La partie la plus délicate pour l'accession au glacier du Mera La : la remontée du chaos morainique à gauche

Ensuite, le parcours sur le glacier est très aisé. Il contourne deux ou trois crevasses évidentes et on rejoint la bosse qui symbolise le passage du col du Mera La (20mn, 5415m). La trace qui continue tout droit c'est pour demain... Il est pour le moment temps de partir sur la G (il y a 25m de marches taillées dans la glace à descendre) pour rejoindre le camp de base du Mera La situé du côté de la vallée de la Hunku khola au pied du Naulekh (10mn, 5350m, kharkas, bhatti en saison, eau en contrebas). Nuit sous tente.

Pour ceux qui ne souhaiteraient pas effectuer la « balade » jusqu'au Mera peak HC, ils peuvent poursuivre la descente jusqu'à la kharka de Kongme Dingma pour disposer de meilleure conditions de bivouac(compter 1h15 / +25m / -600m à ajouter au cumul de la journée et description de l'itinéraire en fin de la journée suivante).

Depuis les pentes du col, vue arrière sur le Charpote himal (Kusum Kanguru, Kyashar, Kangtega)

Jour 8 : Mera peak BC - A/R Mera peak HC - Kongme dingma

5h30 / +475m / -1055m.
Cette étape optionnelle nécessite que le randonneur soit équipé de crampons, de bâtons et éventuellement d'un piolet. La trace est bien marquée de bâtons de bambous qui encadrent l'itinéraire mais il faut parfois faire attention lorsque l'on côtoie des crevasses. Sinon, c'est une randonnée facile sur neige bien portante en automne d'un grand intérêt puisqu'elle propose de découvrir d'en haut un gigantesque cirque de montagnes et, au-delà, pas moins de 5 des 14 huit mille de la planète : Sagarmatha, Kangchenjunga, Makalu, Lhotse et Cho Oyu. Rien que ça... Au-delà du Mera peak HC, on pénètre dans le domaine de l'alpinisme et le besoin du matériel idoine ; de plus, il est nécessaire de disposer d'un permis d'ascension délivré par les autorités compétentes à Kathmandou (vérifié par le gérant du lodge de Khare...).

Mera peak BC (Mera La)

Diaporama Depuis le camp de base du Mera peak on remonte jusqu'au col à flanc de langue glaciaire puis on part sur la G sur des pentes de neige durcie par le vent entre 15 et 25°. Il y a bien quelques petites cassures de pente qui laissent le souffle court mais jamais bien longtemps. Il faut toutefois éviter de s'éloigner de la trace au risque de s'enfoncer dans de la poudreuse ou pire chuter dans une petite crevasse. A l'arrière, l'Everest et le Nuptse se dévoilent en premier alors qu'au bout de la vallée de la Hunku khola le Makalu présente sa face rocheuse rouge devancée par la crête du Hunku himal. On poursuit la montée en direction d'une bande de rochers à main gauche. Et juste avant que le panorama vers l'E ne soit occulté par ces rochers, le Kangchenjunga apparaît dans un col entre deux pics du Hunku himal. Sur l'arrière droite, le cinquième 8000 de la journée se présente : le Cho Oyu, flanqué du Gyachung Kang auquel il ne manque que quelques mètres pour faire partie de la collection, ferme la profonde vallée de la Dudh kosi, plus connue sous le nom de celle des lacs Gokyo. On contourne le rocher par sa droite pour s'engager dans un petit col et trouver juste derrière les banquettes du Mera peak High Camp (2h45, 5760m, possibilité de camp pour une dizaine de tentes, eau de fonte en contrebas). Depuis cet emplacement on dispose du panorama sur les pentes terminales (les 600 derniers mètres...) du Mera peak aux multiples sommets et du Naulekh. Diaporama Descente par le même itinéraire jusqu'au Mera peak BC et c'est au cours de cette descente-là que l'on apprécie le mieux le panorama sur les montagnes de l'Himalaya puisque l'on marche sans effort avec un livre ouvert devant les yeux rempli de bien belles images...

Les quatre 8000 en arrière-plan de G à D : l'arête sommitale du Cho Oyu, Sagarmatha, Lhotse et Makalu (au milieu le Peak 41 et à droite du Makalu le Chamlang)

De retour au Mera peak BC, on suit le sentier qui descend en RG du large vallon et qui se poursuit par la désescalade d'une moraine sableuse jusqu'à rejoindre un lac (25mn, 5120m). On suit toujours la RG jusqu'à ce que le sentier propose de partir sur la G pour longer la base d'une falaise et franchir le fil d'une moraine (15mn, 5120m). On domine la vallée de la Hunku khola avec au fond le Makalu qui (ré)apparaît. On croit descendre en direction d'un petit lac morainique mais le vallon incline vers la droite. Le sentier reste RD durant toute la descente avant de brutalement obliquer sur la G lorsque l'on prend pied sur la yersa afin de rejoindre les maisons de la kharka de Kongme Dingma (35mn, 4770m, bhatti). Nuit sous tente.

Le Chamlang apparaît alors que l'on descend sur Kongme dingma

Jour 9 : Kongme dingma - Seto pokhari

3h30 / +505m / -250m.
Diaporama On quitte la kharka écrasée par l'altier pic du Kongme pour se diriger vers l'E en RG du vallon. Au milieu des blocs effondrés on trouve le départ d'un petit sentier qui remonte à flanc la moraine puis entre dans un goulet pour en ressortir 40 mètres plus haut sur une épaule morainique qui domine l'Anda pokhari, miroir du Chamlang (15mn, 4815m). A l'arrière le Mera peak dévoile tous ses sommets et à sa gauche le Naulekh fait montre d'une belle prestance. On contourne le lac (de l'œuf...) par sa gauche pour aller franchir une épaule (15mn, 4850m) et découvrir la haute vallée de l'Hunku khola avec le Baruntse qui ferme l'horizon. Sans oublier le Kongme qui domine sur la gauche...

Au niveau du lac de l'oeuf, on dit au revoir au massif du Mera peak...

On reste à flanc pour passer sous des falaises et rejoindre un plateau gazonné en contrebas. Un peu plus loin on doit traverser avec prudence un couloir d'éboulis qui descend directement des faces E du Kongme (40mn, 4760m) avant de pouvoir longer un bref instant la Hunku khola (10mn, 4750m). En face, c'est l'impressionnante moraine frontale du Chamlang glacier. On poursuit en up/down à travers de gros blocs effondrés pour prendre pied sur une vaste prairie au milieu de laquelle la rivière prend ses aises. Sagarmatha et les Lhotse ferment l'horizon. On pourrait tomber sur plus moche comme paysage de montagne... Sur la gauche, des cascades gelées issues des pentes verticales du Kongme complètent le tableau (15mn, 4780m). Le sentier court en RD du vallon jusqu'à un passage un peu chahuté dans des éboulis. On suit à présent le fil d'une moraine de laquelle on peut commencer à scruter la face N du Chamlang. Au fond de la vallée le Baruntse un moment occulté par une des moraines du Chamlang, se découvre. On passe un mamelon (50mn, 4955m) duquel on domine un plateau morainique. Sur la gauche, on laisse une vallée glaciaire très encaissée issue du sommet du Hunku peak. On avance encore un peu pour contourner une prairie humide et, histoire de fêter le passage de la barre des 5000m, Dame Nature nous gratifie d'une directissime d'un mamelon. Décoiffant...! Derrière, un dernier « coup de collier » (45mn, 5030m) et on franchit une épaule qui donne accès à une cuvette dans laquelle se trouve le lac de Seto pokhari.

Le Chamlang

On traverse une rangée de blocs pour rejoindre la RG. Quand le lac est à moitié vide, comme c'est le cas en automne, on marche sur le sable fin (ce doit être un peu plus problématique si l'on doit évoluer sur les blocs morainiques...). Et, par une dernière remontée, on atteint la kharka qui se trouve juste au N du lac (20mn, 5025m, bhatti). Ici, le vallon est large et la face N du Chamlang aux ice-flutes bien dessinées domine. A l'E, seule la partie sommitale du Hunku himal émerge des moraines alors qu'au N Nuptse, Sagarmatha et Lhotse occupent toujours l'horizon. On distingue la crête au milieu de laquelle s'inscrit le col de l'Amphu Lapsa. Celle-ci se confond avec l'un des glaciers suspendus du Nuptse. Juste en-dessous ce ne sont que des champs de moraines au milieu desquelles on devine que dans les creux doivent bien se trouver quelques uns des lacs des Panch pokhari. Mais la découverte est pour demain... Nuit sous tente.

Seto pokhari (on devine au fond, cachés par les nuages, Sagarmatha et Lhotse

Jour 10 : Seto pokhari - Panch pokhari - Amphu Lapsa BC

4h20 / +500m / -35m.
Diaporama Depuis la kharka on remonte plein centre de la vallée RG de la rivière sur un espace mi-prairie mi-cailloux sous la protection de la face E de l'Hunku. Au fond, le Lhotse se fait plus imposant jusqu'à occulter le seigneur des lieux, Sagarmatha. A l'approche d'une moraine frontale, on traverse la rivière et on retrouve un sentier bien marqué en RD (25mn, 5085m) qui remonte sur le fil d'une moraine.

En route pour les Panch pokhari

En prenant de la hauteur, le sommet glaciaire qui se situe à la gauche du Chamlang émerge de derrière ses imposantes moraines. Un peu plus loin (35mn, 5160m), on atteint un belvédère à la jonction de deux vallons : à gauche c'est le sommet de l'Ombigaichan qui se présente au pied duquel se situe le « terrible » Mingbo La qui donne accès au bassin S de l'Ama Dablam, à droite c'est une enfilade de lacs morainiques qui se termine au pied du Kali himal et du Baruntse. On poursuit tout droit en RD de la vallée en contournant les lacs par la gauche en se dirigeant vers la base d'une moraine qui descend du Kali himal.

Les premiers lacs du complexe de Panch pokhari

Noter l'apparition furtive du sommet de l'Ama Dablam dans un collet de la moraine qui borde le sentier à main gauche. On vient longer un lac (35mn, 5160m) puis on traverse un plateau gazonné qui se termine au pied de blocs morainiques (5mn, 5170m). C'en est fini avec l'herbe, place au minéral ! On louvoie entre les blocs pour retrouver le fil de la moraine et rejoindre un belvédère (5mn, 5200m). Le Baruntse se découvre enfin totalement sur la droite, lui qui termine la chaîne du Kali himal, celle justement que l'on doit franchir, mais sur la gauche, à l'Amphu Lapsa. De cet emplacement, on dispose d'une belle composition photographique avec cette chaîne de montagnes au pied de laquelle se trouve un grand lac morainique. On part légèrement sur la G suivre le fil d'une moraine en RD à hauteur de ce grand lac avec comme point de mire l'ensemble rocheux des Lhotse. La trace est bien cairnée et se faufile entre les blocs en équilibre. Puis on laisse le fil de la moraine (1h15, 5310m) pour monter dans les blocs à main G et franchir un collet (10mn, 5360m, cairn), collet qui n'est autre que le déversoir d'un gigantesque lac appartenant à l'ensemble des Panch pokhari.

Le lac supérieur du complexe des Panch pokhari

On contourne le lac par la D et, 300m avant d'atteindre son extrémité (30mn, 5370m), on remonte à flanc la moraine herbeuse qui se présente avec comme point de mire le passage de l'Amphu Lapsa, reconnaissable aux gros séracs carrés qui marquent l'itinéraire d'ascension. On traverse le déversoir d'un petit lac situé dans un creux à main droite (15mn, 5420m) puis, toujours à flanc de moraine ou s'il n'y a pas trop de neige sur le fil, on s'en va rejoindre une plateforme caillouteuse située au pied de la moraine qui garde l'accès au col (30mn, 5490m, kharka, eau en contrebas). Nuit sous tente.

Amphu Labsa BC (le passage se trouve sur la bosse à D du large col)

Jour 11 : Amphu Lapsa BC - Amphu Lapsa - Chukhung

5h30 + 2h de descente du col / +400m / -1150m.
Diaporama On remonte la moraine de cailloux blancs juste derrière le camp et on en suit le fil vers la G. Ensuite c'est en zigzags serrés sur une partie bien relevée avant d'atteindre une petite plateforme (35mn, 5610m). Belle vue plongeante sur le cirque de montagnes au milieu duquel sont lovés les Panch pokhari. On trouve ensuite un bon sentier qui louvoie sur les banquettes rocheuses et passe à proximité d'un laquet gelé (5mn, 5635m). On remonte à main D sur des rochers rouges érodés. Ambiance haute montagne garantie ! Mais, pas de peur à avoir, l'itinéraire est bien cairné. On arrive sous les gros séracs qui gardent l'accès au col. On cramponne (20mn, 5675m, crampons forestiers suffisants) pour venir buter sur un imposant mur de glace (20mn, 5715m).

Plus impressionnant que difficile pour trouver son chemin au milieu des séracs qui défendent le col de l'Amphu Labsa...

Mais comment donc faire ? Eh bien, il faut un petit peu redescendre vers la G pour trouver un passage en glace tout de suite sur la D ou alors en neige mais le détour est un peu plus grand. L'une ou l'autre des solutions permet de prendre pied sur la lèvre principale. Il ne reste plus qu'à affronter la grosse montée en trois parties et deux ressauts. Au deuxième ressaut (35mn, 5755m), on constate que l'on est pratiquement à hauteur de la crête. Allez, on y est presque... On atteint le « sommet » (10mn, 5800m) d'où l'on descend sur la D vers le point le plus bas de l'arête, point que l'on nommera le col de l'Amphu Lapsa (5mn, 5775m).

Depuis l'Amphu Labsa, vue sur les Panch pokhari et le Chamlang

Exceptionnelle vue plongeante sur le bassin d’alimentation de l’Imja glacier. Le cirque de montagnes composé de Sagarmatha, des deux Lhotse, du Cho Pollu et de l’arête du Kali himal se finissant au pied du Baruntse est incroyable de magnificence. Dans le col, vingt mètres à gauche des taluchos, démarre le "sentier" de descente côté N. On peut l'emprunter comme cela s'il n'a pas neigé tardivement (comme en octobre 2014 où les faces N et W des chaînes de montagnes de l'Himalaya se sont retrouvées plâtrées d'une grosse épaisseur de neige). Sinon on pose une corde fixe car l'itinéraire de descente devient alors très (trop ?) technique. Implicitement cela signifie qu'avant de se lancer dans ce trek, il est conseillé de se renseigner auprès des autorités compétentes en matière de montagne pour savoir à l'avance ce que l'on est en mesure de trouver sur le terrain et ne pas attendre de dernier jour... Ce serait « ballot » de devoir refaire l'ensemble du circuit en sens inverse, non ?

Depuis l'Amphu Labsa on domine le bassin de l'Imja glacier

Revenons à notre descente : après une portion de sentier en légère descente, voici que l'on est confronté, sous une excroissance rocheuse de l'arête, à devoir désescalader un couloir pierreux sur une trentaine de mètres de dénivelée (si présence de neige durcie ou pire, gelée, nécessité d'un petit rappel ou d'une moulinette). Puis, arrivé au relais, on part sur la G, sens de la descente, pour une traversée de 50m (une corde fixe peut rassurer...) et on finit par une descente directe un peu moins pentue pour rejoindre un béquet rocheux à 5655m. A partir de là, on retrouve le sentier pour une descente en larges lacets jusqu'à finir sur des pentes à 20° pour rejoindre le plateau morainique à 5300m. Pour l'ensemble de « l'œuvre », du départ du col jusqu'au plateau, il est raisonnable de compter une paire d'heures, c'est qu'il faut faire passer tout le monde et le staff avec ses dokos, ce n'est pas une mince affaire...

Descente face N de l'Amphu Labsa     Descente de l'Amphu Labsa (le rappel)     Au pied de l'Amphu Labsa, sauvés...!

On traverse le plateau pour s'en aller trouver à flanc d'une moraine herbeuse quelques cairns qui invitent à suivre une trace puis un vrai sentier sur le fil d’une moraine. En se retournant, on peut apprécier la verticalité des pentes N de l'Amphu Lapsa. Oui, oui, on y est passé... La moraine que l'on suit s'infléchit vers la G sans que l'on perde énormément d'altitude. On domine ce bassin glaciaire de « bout du monde » fermé quasiment de toute part par les Lhotse, le Khumbakarna himal, le Cho Pollu, le Baruntse et le Kali himal. Alors que l'on vient dominer l'Imja glacier (55mn, 5135m), apparaît à l'horizon vers l'W le pic du Cholatse. Dans le vallon morainique on remarque, comment pourrait-on ne pas le remarquer..., le lac de l'Imja Tsho, déjà célèbre bien avant qu'il ne commette son « crime », celui que sa moraine frontale explose et que ses eaux boueuses emportent tout et aillent ravager de nombreuses campagnes népalaises. Il est bordé au N des Lhotse, de Sagarmatha et du Nuptse.

Le lac de l'Imja Tsho

Vers l'aval, au-delà de chaînes de montagnes grises, apparaissent le Lobuche, le Gyachung Kang et le Cho Oyu. On descend en biais pour s'engager sur une prairie coincée entre deux moraines. A l'horizon le Taweche vient retrouver son compère Cholatse. La suite, c'est du minéral à jouer à saute-moraines. Plus bas, on retrouve une moraine herbeuse que l'on foule avec bonheur, toujours en RG de la vallée dans laquelle s'est creusée une cavité à présent comblée par un lac (45mn, 5020m). En RD de la vallée, le Nuptse fait montre qu'il fait presque partie des « grands » en présentant des glaciers suspendus aussi imposants que ceux de son voisin, le Lhotse. On traverse une plaine caillouteuse au milieu de laquelle passe l'exutoire de l'Imja Tsho, torrent que l'on traverse sur un pont de bois. On prend pied sur la RD (30mn, 4955m). Le chemin jusqu'à Chukhung est loin d'être terminé. Heureusement que quelques montagnes viennent agrémenter le paysage de moraines : en premier en RD c'est l'Imja Tse (ou Island peak) puis en RG c'est l'Ombigaichan et son impressionnant glacier, avant de finir par l'élancé(e) Ama Dablam.

Depuis la moraine au-dessus de Chukhung, vue sur le Nuptse et juste devant le Chukhung Ri

On suit à présent le chemin qui s'inscrit sur le fil d'une moraine depuis laquelle on surplombe l'Imja glacier et d'où l'on distingue vers l'aval les maisons composant le village de Chukhung. On s'aperçoit que la moraine frontale du glacier s'arrête à moins de 300m des premières maisons... Le Nuptse est ici le seigneur des lieux. Il y a d'ailleurs la possibilité d'aller le contempler de plus près en gravissant la « butte herbeuse » qui trône au NE du village, le Chukhung Ri. Ca c'est pour demain... De la moraine, on descend traverser la rivière et on entre dans le village (1h20, 4740m, lodges, boutiques). Nuit en lodge.

Jour 12 : Chukhung - A/R Chukhung Ri

4h / +815m / -815m.
Diaporama On remonte le long du torrent RD de la vallée qui sort des moraines frontales du Lhotse Nup glacier pour trouver, après avoir traversé le torrent, le départ d'un sentier sableux qui part à flanc de moraine. Le large sentier sableux permet de s'élever sans effort jusqu'à un collet (45mn, 4975m) duquel on commence à disposer d'une vue élargie sur une grande partie de la combe creusée par la réunion des glaciers de l'Imja, du Lhotse et de l'Amphulapsa. Mais le plus beau reste à venir... On traverse un (tout) petit plateau recouvert de cairns avant de (re)partir en montée sur un sentier sableux tracé à flanc sur la D d'une « butte » herbeuse. A mi-pente, on dépasse un gros cairn (45mn, 5190m) duquel le Lhotse est quasi totalement occulté par l'arête rocheuse du Chukhung Ri. Heureusement, le reste est bien présent de l'Ama Dablam à droite au Baruntse sur la gauche dominant les glaciers et les moraines en amont de Chukhung. A l'extrême-gauche de la vallée, le Makalu fait une belle apparition au-dessus du Cho Pollu.

La montée au Chukhung Ri dévoile la grandeur du cirque glaciaire de l'Ombigachan et de l'Ama Dablam réunis

Avec ses faces rocheuses rouges sans glacier il détonne dans cet univers blanc. Tiens au fait, mais que se passe-t-il donc sur la droite ? Eh bien, à la droite de l'Ama Dablam, le seul pic que l'on n'ait pas vu pendant tout le périple, le Thamserku, reconnaissable à son sommet bifide, se présente. A ses pieds on devine la cuvette dans laquelle se situe la capitale du pays sherpa, Namche bazar. Le sentier devient moins direct et adopte un régime en zigzags à l'approche d'un collet sur la crête. Les 150m de dénivelée effacés, on débouche sur un espace « planté » de cairns (30mn, 5350m) duquel on dispose d'une vue plongeante sur le Nuptse glacier et un florilège de montagnes glaciaires allant du Cho Oyu, au Gyachung Kang et au Pumori. Excusez du peu... Mais, pour disposer du reste du panorama, il va falloir faire encore un « petit » effort : remonter la crête rocheuse à main D où de nombreux sentiers se sont dessinés au fil du temps, tous cairnés il va sans dire. Alors à vous de choisir votre montée ! On atteint le sommet du Chukhung Ri (50mn, 5545m). Là, c'est un panorama à 360° duquel il ne manque à l'appel que Sagarmatha. A l'arrière, c'est Nuptse et Lhotse et leurs faces rocheuses et glaciaires, on n'en parle plus. Mais à l'avant, de l'E au S et à l'W on peut contempler dans le sens des aiguilles d'une montre les montagnes depuis le Cho Pollu jusqu'au Pumori en passant par le Baruntse, le Kali himal, l'Ombigaichan, l'Ama Dablam, le Kangtega, le Thamserku, et au-delà du sillon de la vallée de la Dudh kosi, ce sont les massifs du Karyolung, du Khatang, du Numbur et la chaîne du Kwonde aux Bigphera Go Nup et Shar plus quelques pics du lointain Rolwaling. Côté N, on commence par le Cho Oyu puis le Gyachung Kang et le piton du Pumori. Après, c'est l'arête W du Nuptse qui cache le reste de la vallée du Khumbu glacier où se trouve le camp de base de l'Everest. Mais c'est pour après-demain. Un peu de patience... Redescente de ce belvédère sur Chukhung par le même itinéraire en une petite heure.

Depuis le sommet du Chukhung Ri, on domine le Nuptse glacier (noter sur la G le col du Kongma La)

Jour 13 : Chukhung - Kongma La - Lobuche

6h / +1000m / -800m.
L'étape étant assez longue, il est conseillé de ne pas tarder pour lever le camp si l'on ne veut pas se retrouver à devoir traverser le Khumbu glacier à la frontale, ce qui ne serait pas forcément une partie de plaisir, le sentier pourtant bien marqué de jour pouvant devenir entre « chiens et loups » possiblement paumatoire...

Diaporama On sort au N du village traverser le torrent pour trouver le départ d'un sentier cairné à flanc de moraine qui part vers l'W et évolue en courbe de niveau pour traverser la moraine frontale du Nuptse glacier.

Chukhung

En contrebas sur la gauche, bien au fond de la vallée, on distingue le sentier principal qui descend de Chukhung à Dingboche. Puis le sentier remonte franchement (30mn, 4800m) dans un des replis du verrou morainique pour grimper sur une moraine herbeuse (15mn, 4890m). Le sentier se poursuit à flanc vers l'W et dispense un superbe panorama sur la vallée de la Dudh kosi à gauche et sur le groupe Nuptse-Lhotse à droite. On franchit une épaule herbeuse (20mn, 4990m) qui domine la vallée de l'Imja khola. On entre dans un large vallon d'altitude dans lequel arrive le sentier « officiel » du Kongma La depuis le fond de la vallée de l'Imja khola. On traverse une kharka (15mn, 5000m) et on poursuit vers le haut en biais dans un éboulement de moraine sableuse pour prendre pied sur le plateau de Dingoma (20mn, 5120m). En se retournant, on peut constater que l'Ama Dablam prend une forme élancée et qu'à sa droite on commence à disposer d'une belle vue en enfilade sur les faces W du Charpote himal. On passe à G d'une cuvette pour monter à main G vers le col qui s'inscrit à la gauche de l'imposante falaise qui ferme le cirque (itinéraire indiqué sur les cartes erronné). La montée est rude mais elle permet de (re)découvrir le Baruntse et le Makalu lors des quelques pauses de reprise de souffle... Et puis, ce n'est pas parce qu'elles sont proches qu'il faut oublier les faces S du Nuptse et du Lhotse ! On arrête brutalement de grimper pleine pente (40mn, 5350m) pour partir sur la D de manière étale et entrer dans une cuvette herbeuse occupée par un petit lac (5mn, 5360m, source au pied de la falaise N). On escalade la petite butte (10mn, 5420m) de laquelle l'horizon se dégage entièrement. Un peu de plat puis une nouvelle petite grimpette pour atteindre un deuxième lac (10mn, 5440m) situé au pied d'un glacier qui, à n'en pas douter, sera fossile d'ici peu de temps tant il fait peine à voir...

Les lacs au pied du Kongma La

On continue vers le NNW pour rejoindre une moraine qui domine le troisième lac, le plus imposant (15mn, 5480m). On suit le fil de la moraine vers la G en direction des banquettes qui gardent le col. Le panorama sur les montagnes de l'E du Khumbu est réellement exceptionnel de beauté et de grandeur. Une petite montée dans les éboulis puis, en suivant une large vire rocheuse, on atteint le col du Kongma La (15mn, 5535m). De l'autre côté, l'horizon se compose du Cho Oyu et des Lobuche peaks. On surplombe le Khumbu glacier, oh une infime partie..., et l'on constate à présent qu'une fois en bas sur la moraine herbeuse il va falloir remonter pour franchir la lèvre E du glacier, puis le traverser vers l'W, pour atteindre le village étape de Lobuche qui se trouve à l'opposé. Juste une épreuve de plus...

Passage du Kongma La et dernières apparitions du Lhotse et du Makalu

On descend dans un étroit vallon assez sombre sous les rochers du Pokalde et on rejoint la prairie qui se trouve à la base du couloir de descente (1h10, 4935m). Au cours de la descente sont apparus vers le N les sommets du Pumori, du Lingtren et, en dernier, le Khumbutse. On remonte sur la lèvre morainique du Khumbu glacier (15mn, 4990m) et l'on s'aperçoit, maintenant qu'on l'a devant les yeux, que la traversée de ce fleuve de glace et de pierres blanches intimement mêlées risque de prendre un petit bout de temps, tant il est large et surtout perturbé, le « gamin »... On se lance : sur un « sentier » bien cairné, on louvoie en up/down entre les séracs souvent cachés sous des empilages de cailloux, entre creux et bosses, en contournant quelques lacs gelés de plus ou moins belle importance. On atteint tout de même le centre du fleuve pour s'apercevoir que la deuxième partie de la traversée ne sera qu'une formalité : celle-ci ne bougeant qu'assez peu, elle dispose d'un sentier bien viabilisé. On rejoint rapidement la lèvre occidentale (25mn, 4935m) et on débouche un peu en aval de Lobuche, village que l'on rejoint par un petit sentier transversal étale (15mn, 4935m). Nuit en lodge. Pourquoi pas le sympathique « Above the cloud lodge » et sa patronne si enjouée ? Il se trouve dans la partie haute du village.

Traversée du Khumbu glacier au soleil couchant. Vite, vite...!

Jour 14 : Lobuche - Gorakshep - A/R Kalapattar - Gorakshep

4h20 / +760m / -535m.
Diaporama On est sur l'autoroute de l'Everest, qu'on se le dise ! Il fallait bien qu'on y arrive un jour... Il y a pas mal de monde. On part sur le sentier en direction du N avec la moraine RD du Khumbu glacier à main droite et au-delà la muraille du Nuptse. On remonte vers le fond de la vallée avec en points de mire le Pumori, le Lingtren, le Khumbutse, le Changtse (entièrement tibétain) et le Nuptse. Cela présage bien de la qualité des paysages dont on va disposer à l'intérieur du « sanctuaire » dans lequel on va pénétrer, au pied de la montagne la plus haute du Monde à défaut, et de très loin, d'être la plus belle... Histoire de finir ce trek d'exception en apothéose !

Au départ de Lobuche (Pumori, Lingtren, Khumbutse)

On franchit le Lobuche La (1h10, 5110m), en fin de compte la moraine latérale du Lobuche glacier. On traverse en up/down l'extrémité de la langue glaciaire du Changri glacier sur un large chemin construit au milieu des blocs morainiques (les séracs ne sont pas loin...). On franchit le torrent (25mn, 5135m) avant de partir dans une dernière remontée. Gorakshep se trouve juste derrière la butte (25mn, 5160m, lodges, boutique, C, E, WiFi). Une belle conclusion de ce trek sera la montée au belvédère du Kalapattar duquel on pourra admirer le bassin d'alimentation du Khumbu glacier ceint du Pumori, du Lingtren, du Khumbutse, du Changtse, du Lho La et de Nuptse, sans oublier en arrière-plan le seigneur des lieux, Sagarmatha (l'Everest quoi...!). Il domine quand même tout ce beau monde de plus de 1000 à 2000m...

Gorakshep

En début tout d'après-midi (c'est à ce moment que le soleil offrira ses meilleurs effets de lumière sur le cirque de montagnes) on part à l'assaut du « sommet » de la butte herbeuse du Kalapattar à l'endroit où elle vient rejoindre le pilier S du Pumori. Il faut compter selon sa forme entre 1h30 et 2h30 de montée sur un sentier quasi rectiligne. Au cours de la montée, Sagarmatha se découvrira petit à petit mais ce n'est qu'à 5623m, et pas avant, que l'on aura accès de visu à un petit bout de la face secrète de Combe W réservée aux seuls alpinistes qui auront pu franchir la démoniaque ice fall. Du Kalapattar, on pourra apercevoir le célèbre Col S et une partie de l'arête rocheuse qui relie Sagarmatha au Lhotse. Et il s'en faudra de bien peu pour qu'on ne voie le Lhotse... Cliquez donc sur ce lien pour faire une visite virtuelle panoramique du site ou ici pour un panoramique en haute définition. Après s'en être mis plein les mirettes, redescente sur Gorakshep en 30mn. Nuit en lodge sur site.

Depuis le Kalapattar, le somptueux triptyque Lho La, Sagarmatha et Nuptse

Jours 15, 16 et 17 : Descente jusqu'à Lukla

3 jours : J1 - 4h / +100 / -1150m, J2 - 4h50 / +600m / -1200m et J3 - 5h40 / +500m / - 1100m.
Diaporama J1 Diaporama J2 Diaporama J3 Etapes à Shomare (Everest Resort, lodge and restaurant) et Namche Bazar (Yak hotel). A Namche on trouve tous les commerces et aussi une banque avec distributeur de billets ATM. Pas de description détaillée pour ces 3 jours de descente : on trouvera des informations aux jours 19, 20 et 21 du topo La route de l'Everest pour rallier Namche bazar et au-delà suivre la noria de népalais et de trekkeurs qui descendent sur Lukla...

Depuis Shomare, le coucher de soleil sur l'Ama Dablam

Jour 18 : Lukla - Kathmandou

35mn d'avion.
Plusieurs compagnies opèrent sur cette liaison (Tara Air, Goma Air, Sita Air). On trouve les bureaux de réservation au centre-ville. Attention ! La liaison aérienne est sujette aux conditions météorologiques : vent du nord comme nuages envahissants sur Lukla tout comme le fameux brouillard matinal sur la vallée de Kathmandou sont sources d'annulation des vols. Reste l'hélicoptère mais les prix sont loins d'être les mêmes...

L'altiport de Lukla

separateur.jpg

17 jours / 72h / +10600m / -10600m.

Relevés de terrain novembre & décembre 2014

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Commentaires (3)

1. chrystelle 23/01/2015

namaste

encore merci merci et merci pour ces supers diaporamas ..décidément je ne me lasse pas ..... et je viens d'en prendre encore plein les mirettes . quel superbe temps et belles photos sur l'Ama dablan et les autres . ca donne vraiment envie d ' y retourner pour voir toutes ces belles vallées et montagnes.
merci encore à toi de nous faire partager ces voyages ....

chrystelle

2. DAMERON. YVAN 04/03/2015

bonjour
votre site et très très bien ,je le regarde souvent .en ce qui concerne le trek kalapatar magnifique pour les photos .
je l ais fait mais j ai pas réussi l objectif bloquer à 4500m (un petit mal des montagne .j ai choisie la sagesse )
au fait que faire pour éviter cela !
merci pour le rêve
cordialement
YVAN

3. martinpierre (site web) 05/03/2015

Bonjour,
Merci de votre commentaire !
Il est vrai que la dernière côte avant d’atteindre le plateau de Lobuche est un chouille rude... Un certain nombre de candidats au Kalapattar s’arrêtent ici, nourrissant peu après des regrets de n’avoir pas pu aller au-delà. Ce sera pour une autre fois, j’en suis sûr ! En cadeau sur le J14 cliquez sur les liens qui conduisent vers des sites qui présentent des panoramas super sympas.
Pierre

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