[Népal] La route de l'Everest


Flash-back en 1953 : le royaume du Népal vient de s’ouvrir aux étrangers. Les anglais se proposent de monter une expédition ayant pour but l’ascension de la plus haute montagne de la Terre : l’Everest. Imaginez une caravane qui s’étire depuis Kathmandu jusqu’au camp de base ! D’abord se déplacer vers l’est de près de 150km de la vallée de Kathmandu à Jiri, un petit village du Solu, région du piémont himalayen. De vallée en vallée, la caravane est confrontée à d’incessantes traversées de rivières qui descendent toutes vers le sud rejoindre le Gange et le Bramapoutre au-delà des frontières du royaume, en Inde. L’itinéraire n’est pas viabilisé et l’équipée doit se frayer un passage dans la jungle avec, au printemps, les sangsues qui tombent des arbres s’accrochant au moindre bout de peau laissé à l’air (eh oui, il n’y avait pas la route à l’époque, ce n’est que bien après que les
suisses ont créé la route tortueuse que vous emprunterez pour vous rendre à Jiri). Mais à Jiri, on est encore loin du but : notre caravane s’engage sur un nouveau sentier toujours en direction de l’est. Enfin, au bout d’une bonne semaine, on rejoint la vallée de la Dudh kosi. Tout ce beau monde va remonter jusqu’au hameau de Namche. Au-delà de Namche, on continue le long de l’Imja khola, laissant la Dudh kosi s’en aller vers les lacs Gokyo et le Cho Oyu, puis s’engage dans la vallée morainique que le Khumbu glacier a creusée. L’épopée d’une quarantaine de jours se pose enfin dans un splendide cirque de montagnes glacées au pied du Peak XV, Sagarmatha pour les népalais, Chomolungma pour les tibétains, Everest pour nous autres, du nom du géographe anglais qui avait conduit une expédition de relevés topographiques au XIXème siècle. John Hunt, chef de l’expédition, Edmund Hillary et Tensing Sherpa sont de la partie. Il ne reste plus qu’à partir à la conquête du sommet, là-haut, juste derrière la terrible ice-fall. La route de l’Everest est née. Longtemps après, cette route fascine toujours par le caractère historique qui colle à chaque mur de manis que l’on longe ou stupa que l’on contourne. Ils sont passés par là…

 

Chorten au-dessus de Dingboche

Et nous aussi d’ailleurs car c’est cette route que je vous invite à parcourir au départ de Jiri, remontant sur Namche Bazar, faisant une petite incartade vers le site des lacs Gokyo mais revenant bien vite sur le sentier historique avant de terminer en apothéose par l’ascension d’une « butte de terre » sur l’arête du Pumori : le Kalapattar à 5623m. Bien évidemment, de nos jours, la route nous permet d’économiser une bonne dizaine de jours de marche fastidieuse et bien peu passionnante entre Kathmandu et Jiri, d’ailleurs que sont les antiques chemins devenus ? Au retour de trek, on reprendra l’avion à l’altiport de Lukla pour s’éviter de suivre à nouveau le même chemin pour retourner à la civilisation katmandouite. Pour des questions pratiques, il aurait bien entendu préférable de commencer par atterrir à Lukla (simplement pour éviter de se faire bloquer par le mauvais temps au retour), faire le circuit dans les hautes vallées et redescendre jusqu’à Jiri pour retrouver la route mais je ne peux me résoudre à vous priver de cette randonnée que je qualifierais de quête du bonheur avec en point de mire les splendides montagnes dont vous apercevrez les cimes enneigées dès le 2ème jour au col de Deurali. Parce que sur cette route de l’Everest, chaque jour, pas après pas, vous sentez que vous approchez du nirvana. C’est la sève de ce trek au long cours. Initiatique ? Pourquoi pas. C’est par là que j’ai commencé, à l’ancienne, confronté au fil des jours à la complexité et la difficulté de la vie des népalais, de la ville à la campagne et enfin à la montagne. De passionnante, cette randonnée m’a rendu passionné. Mis à part les nombreux lodges qui sont sortis de terre et qui jalonnent le parcours, rien n’a changé depuis des années et ce coin-là, du moins entre Jiri et Lukla (au-dessus c’est foutu…), ne devrait pas connaître beaucoup plus d’évolution dans les prochaines années :  on est bien trop loin du coin à touristes et c’est tant mieux ! Allez-y, c’est initiatique et fascinant.

 

La carte interactive est disponible sur Google Maps et n’oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec la carte téléchargeable en PDF) et bien d’autres choses encore.

 

Téléchargez les cartes du circuit au format PDF : Carte générale GTAM1 Carte Route Everest 1    Carte générale GTAM1 Carte Route Everest 2

 

Attention ! Les séismes du printemps 2015 ont provoqué de nombreuses destructions sur le terrain. Plus sournoisement, dans pas mal d'endroits, ils ont fragilisé quelques passages au fond de gorges ou des traversées en corniche. Je vous invite à prendre connaissance de l'état général des zones touchées (en gros du Manaslu au Khumbu, incluant le Ganesh, le Langtang, l'Helambu et le Rolwaling) sur cet état des lieux concocté par le magazine Trek Magazine.
 

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : Kathmandu - Jiri

9h de bus

Des bus Tata, encore des bus Tata, toujours des bus Tata (des fois il y a des Suraj), qui se doublent, qui ahanent dans les montées, qui dévalent à tombeau ouvert dans les descentes, qui se croisent toujours par miracle sur des routes ne comptant bien souvent qu’une seule voie de circulation. Des trous, des trous, des trous, vous en aurez plus qu’à satiété sur ce goudron des années 80 (la construction de la route de Lamosangu à Jiri a duré quatorze années, de 1974 à 1987). Juste cette introduction pour que vous ne soyez pas surpris ou apeuré, la circulation au Népal, c’est comme ça… Et vous en aurez pour 8 à 9h de route, brinquebalés, réagissant à la moindre aspérité de l’asphalte, là où il y en a, grâce à la qualité des amortisseurs à lames qui équipent les véhicules. Vous arriverez fourbus, mais contents d’être en vie (bon, là, j’exagère un peu, il n’y a pas tant d’accidents graves que ça mais à chaque fois cela fait penser à la blague sur les écossais : « un taxi tombe dans un ravin : 35 morts… », au Népal, c’est « un bus tombe dans un ravin : 100 morts »).

 

Lamosangu

Arrivés au bout du bout de la route, à Jiri, gros bourg essentiellement commerçant, vous partirez à la recherche d’un lodge en remontant la rue unique bordée d’échoppes de grossistes. La marchandise rentre d’un côté, les porteurs sortent de l’autre, les dokos chargés à ras bord, montagne impressionnante qui tient par miracle grâce à un savant jeu de bouts de ficelle noués. Ce sont des limbus, des chetris, des tamangs ; ils partent bien avant l’aube, sur la fameuse route de l’Everest, ravitailler les villages mais aussi tous les lodges dans lesquels vous vous arrêterez chaque midi ou soir. Il ne faut pas croire que l’avion est le moyen par lequel les hautes vallées du Khumbu se ravitaillent, cela reviendrait beaucoup trop cher, le kilo porté est encore plus rentable. Et n’oublions pas que tant que ce travail perdurera, il permettra de faire travailler de simples gens qui n’ont que cet emploi pour subsister au quotidien dans leur vallée au lieu d’aller s’entasser à la périphérie de Kathmandu dans des bidonvilles…

 

Scène familiale à Jiri

Jour 2 : Jiri - Shivalaya

3h30 / +450m / -600m.

Petite journée de marche pour se mettre en train et s’imprégner du Népal des campagnes. De Jiri (1905m), remonter la rue et emprunter la large piste qui contourne la colline. On s’élève doucement au milieu du trafic des porteurs et des familles qui rejoignent leur village après être descendues sur Charikot ou même Kathmandu. On passe le hameau de Ratmate avant de franchir une épaule vers 2360m. Il s’ensuit une longue descente dans des alpages verdoyants jusqu’au village de Mali que l’on atteint si l’on a pas oublié de bifurquer sur le sentier qui part à G. Descente dans la vallée de la Yelung khola puis traversée de la rivière. En face, le sentier se poursuit en courbe de niveau pour atteindre la Khimti khola et son pont suspendu. De l’autre côté de la vallée, c’est Shivalaya, notre premier village étape (3h30, 1770m, lodges, transports).

 

Chitre

Jour 3 : Shivalaya - Bhandhar

4h / +900m / -500m.

On quitte la rive de la Khimti khola pour s’élever au milieu des champs en terrasse. Nous passons à Ghatkhola puis dans deux autres hameaux avant d’arriver au village de Deurali (3h, 2705m, lodges), ses murs de manis, ou mendans, et son chorten marquant le passage du col. Si la brume de chaleur n’est pas trop envahissante, peut-être commencerez-vous à discerner le faîte de quelques montagnes du Khumbu ? En tout cas, on peut en profiter pour s’arrêter casser la croûte dans une bhatti au bord du chemin, un bon dal bhat et ça repart ! Descente en 1h sur Bhandar (ou Changma, 2194m, lodges, transports) par un sentier pavé de larges dalles.

 

Bandhar

Jour 4 : Bhandar - Sete

7h / +1050m / -700m.

De Bhandar, continuer la descente le long du ruisseau avant de le traverser auprès d’une bhatti. On poursuit la descente en forêt de manière plus prononcée pour traverser le village de Gholunda et atteindre dans un deuxième temps le bord de la Likhu khola en suivant le sentier RD bordé de murs de manis. Passer auprès d’un pont suspendu (c’est l’itinéraire bis de Junbesi passant par le sommet du Pike peak, un 4000 et quelque chose…) pour continuer au milieu des champs toujours en RG. Le second pont est le bon pour passer RG (2h30, 1500m). On continue de remonter la large vallée de la Likhu khola à travers les champs jusqu’à Kinja, village duquel le Numbur (6937m), première montagne digne de ce nom que l’on voit, s’inscrit au fond de la vallée (1h, 1640m, lodges). Arrêt déjeuner dans un lodge. Histoire de digérer le repas de ce midi, 940m de dénivelée nous attendent cet après-midi d’abord à découvert jusqu’à Chumbok, puis plus abruptement jusqu’à la forêt et au-delà. Derrière, la vue s’étend vers l’W composant un joli paysage vallonné à l’infini. Quelques mendans annoncent le village de Sete (3h30, 2573m, lodges).

 

Dagchu

Jour 5 : Sete - Lamjura La - Junbesi

7h / +950m / -850m

Une journée montagne nous attend sans trop de possibilités de s’arrêter en chemin pour le déjeuner avant d’avoir passé le Lamjura La. Il est conseillé d’apporter avec soi un pack lunch pour ce midi. De Sete, partir vers le haut à travers une forêt de rhododendrons (ici, au Népal, les rhododendrons sont de véritables arbres qui fleurissent au printemps, vous immergeant dans un univers rouge vermillon du plus bel effet). On poursuit dans des zones boisées parfois sur un sentier en marches d’escalier. On suit le fil d’une large crête avant d’atteindre un col marqué d’un mendan vers 3400m juste après avoir dépassé une bhatti. Par la suite, le sentier court en faible pente jusqu’au Lamjura La (entre 3 et 4h, 3530m), col marqué d’un chorten et d’un amas de pierres surmonté de taluchos qui flottent au vent.

 

Lamjura la

 

Du vent et du brouillard, c’est malheureusement souvent le lieu commun en milieu de journée. De l’autre côté, descente raide en forêt avant de pénétrer dans un village qui s’inscrit au milieu d’une large clairière (bhatti, lodge). Le sentier se poursuit à découvert traversant les champs qui ceinturent la cuvette de Junbesi (3h, 2670m, lodges), gros bourg commerçant à la croisée des multiples chemins du Solu (descente possible au S vers Phaplu où il y a un aérodrome).

Jour 6 : Junbesi - A/R monastère de Thupten Chulin - Ringmo

6h / +700m / -600m

Plutôt que de faire l’étape habituelle de Junbesi au col de Tragsindo, je vous propose d’aller rendre une petite visite au monastère de Thupten Chulin situé à 1h à pied au N de Junbesi à proximité de Mopung. La communauté monastique est importante, vous pourrez la rencontrer lors de l’exploration du site. De nombreuses petites maisons sont regroupées à flanc de colline autour de la gompa et abritent les moines qui y vivent à demeure. Ceux-ci, en plus de leurs temps de méditation et de lecture, s’adonnent à des travaux de jardinage, rendant l’espace un tantinet coquet avec ces massifs colorés de fleurs.

 

Monastère de Thupten Chulin

 

N’hésitez pas à vous faire offrir au sein de la cuisine ce merveilleux breuvage à nul autre pareil : le thé salé au beurre de yack ! Séquence émotion : un conseil, ne videz pas trop vite votre bol en vous disant que le plus dur est fait… car la nonne passe et repasse inlassablement pour compléter les manques. Donc, pour rejoindre Thupten Chulin depuis Junbesi, suivre la Junbesi khola en RD vers le N avant de la traverser pour atteindre le site de Thupten Chulin en quelques minutes. Une fois la visite accomplie, on retrouve la route de l’Everest soit en revenant à Junbesi par le même itinéraire et en partant au SE par le chemin du haut (l’autre, plus bas, descend vers Phaplu), soit en prenant sur la G, alors que l’on redescend vers le pont, un chemin plan qui reste à mi-hauteur en RG et se faufile dans une forêt de conifères. On rejoint notre fil conducteur un peu avant que le chemin ne contourne la Shingsere danda, cette crête qui nous domine sur la gauche (2h, 2850m). Une fois l’épaulement franchi, on arrive sur le site de l’Everest View Lodge (1h, 3000m) duquel on peut contempler pour la première fois la pyramide noire de l’Everest (cherchez bien, ce n’est pas le plus haut de tous, mais je vous rassure, ce n’est qu’un effet d’optique…).

 

Everest View Lodge

 

Pause déjeuner sur place avec en point de mire, dans le lointain, les faces glacées au pied desquelles nous serons d’ici peu. Noter, juste devant, l’échancrure du Tragsindo La, le col que nous franchirons demain en début de matinée. Reprise de la marche plutôt en descente, on passe le village de Solung avant de poursuivre en direction de la Beni khola, cette rivière qui descend tout droit du glacier S du Numbur (elle se nomme Dudh kund khola plus haut dans la vallée ;  une excursion jusqu'à un lac sacré est décrite dans La route des kharkas). Traversée du torrent et entrée dans Ringmo après avoir sué dans une dernière petite montée à travers les champs en terrasse (2h, 2750m, lodges).

Jour 7 : Ringmo - Tragshindo La - Khari khola

6h30 / +800m / -1500m

Depuis Ringmo, poursuivre le chemin vers l’E. Celui-ci escalade en sous-bois le coteau jusqu’au Tragsindo La (1h, 3071m, lodges). Une fois le col passé, s’engager dans la descente, passer à la gompa, avant de poursuivre vers le village de Nuntala. Au-delà, par une descente plus appuyée, se rendre à Manidingma, village rue au milieu des champs en terrasse, intéressant par ses constructions peintes en blanc. Possibilité de visiter la fabrique de papier de riz. On poursuit vers Phuleli avant de finir nos 1500m de dénivelée négative initialisés au col au pont suspendu qui franchit les flots tourmentés de la Dudh kosi (2h30, 1550m). On pénètre dans le village de Jubing. Enfin, nous avons trouvé la bonne vallée ! Le travail à présent va consister à remonter cette rivière jusqu’à sa source. C’en est fini du parcours en up / down à saute vallée, on va maintenant se mettre à explorer les fonds de vallon… Donc, on repart vers le haut sur un sentier parfois aménagé en escalier et présentant de belles portions pavées avant de s’élever plus franchement au-dessus de la RG pour atteindre Kharikhola au creux d’un vallon humide (1h30, 2070m, lodges).

 

Khari La

Jour 8 : Kharikhola - Poyan

4h / +1000m / -250m

Sortons bien vite de la chambre froide de Khari khola (le soleil du matin n’y arrive pas vraiment tôt) et avançons sur le large chemin qui suit les ondulations de la montagne. Nous avons laissé s’échapper sur la D l’itinéraire qui franchit le Khari La pour privilégier le passage par Bupsa (1h, 2300m) et sa sympathique gompa perchée sur un piton plus de six cents mètres au-dessus de la Dudh kosi. C’est aussi le moment où l’on retrouve les rayons du soleil… Endroit magique dans l’enfilade de l’étroite vallée fermée à l’horizon par l’austère sommet du Khumbila, sommet mythique du peuple sherpa, d’un gris sombre et veiné de couloirs de glace. Après Bupsa, le sentier poursuit sa lente ascension en forêt au gré des fonds de vallons (et il y en a…) jusqu’à atteindre la cote 2900 et un très joli belvédère à proximité d’une bhatti. Nous sommes juste à l’aplomb du Khari La perché 200m plus haut. Poursuite de la randonnée plus ou moins en courbe de niveau jusqu’à franchir la Poyan khola et rejoindre notre village étape (3h, 2835m, lodges).

Jour 9 : Poyan - Phakding

5h / +550m / -750m

Aujourd’hui 8e jour de marche et il nous reste un peu moins de trois heures pour se sentir encore seul européen au monde… Nos congénères débarquent ! Et pas qu’un peu… Voyez cette noria de petits avions qui bruissent dans leur phase d’approche sur l’altiport de Lukla. A peine posés, les voici déjà en phase de décollage, peinant à retrouver de l’altitude pour sortir de la gorge de la Dudh kosi. Ça ne dure pas longtemps mais nous avions perdu un tant soit peu l’habitude de ces moyens motorisés, détails incongrus au cœur de cette nature. Depuis Poyan, le sentier se met à descendre (tiens ! il semblait bien que nous remontions une vallée, mais bon…) jusqu’à Surke (2h, 2300m). Peu après, on laisse partir sur la D le sentier très emprunté qui escalade le coteau vers Lukla et on poursuit en courbe de niveau légèrement ascendante jusqu’à Chaurikharka (1h30, 2674m, lodges) sur un sentier bien plaisant par les paysages présentés. Belle vue sur le Karyolung et le Nupla. A la sortie du village, on rejoint le sentier de descente de Lukla, bien raviné par le trafic de bêtes et de gens qui l’empruntent à toute heure du jour et de la nuit. C’est qu’il y en a du trafic ! Et pas seulement les touristes fraîchement débarqués de l’avion. Lukla est devenu un centre névralgique commercial de la basse région du Khumbu. A ce titre, c’est le relais local des grossistes de Jiri ou de Kathmandou, ces derniers, assez rares quand même, utilisant le fret par avion, coûteux certes, mais devinez qui paie à l’extrémité de la chaîne ? Hein… De Lukla partent d’autres caravanes, de porteurs, de yacks et depuis peu de multiples convois formés d’une trentaine de mules et qui soulèvent de manière continue de la poussière, rendant désagréable à présent la portion de sentier entre Lukla et Namche Bazar. Au-delà, c’est Ghat et ses rochers gravés (1h, 2492m) puis Phakding (30mn, 2646m, lodges avant et après la traversée de la rivière).

 

Phakding

Jour 10 : Phakding - Namche Bazar

4h30 / +1100m / -270m

Depuis Phakding, on suit la Dudh kosi RD jusqu’à la traverser pour rejoindre Monjo (1h30, 2840m), point d’entrée du parc du Sagarmatha (taxe à acquitter de l’ordre de Rs2000). Après une descente de 30mn bien prononcée on repasse RD pour entrer dans Jorsale, dernier village avant Namche Bazar. Il nous reste 2h30 de chemin. Selon l’heure de passage, il convient peut-être de faire une halte déjeuner dans l’un des lodges. A la sortie de Jorsale, on repasse RG et on suit la rivière pendant 30mn jusqu’à franchir le pont suspendu, point névralgique qui donne accès aux 600m de notre première grimpette sérieuse du trek pour atteindre Namche Bazar. Le parcours se déroule dans une forêt de résineux très agréable bien que le chemin soit quelque peu poussiéreux et laisse entrevoir le Thamserku et le Kwonde. Ne pas rater à mi-montée l’unique belvédère au niveau d’une large chautara (le muret qui permet aux porteurs de se délester momentanément de leurs charges) permettant de jeter un coup d’œil sur la pyramide de l’Everest qui pointe son museau juste derrière la barrière des Lhotse. Entrée par le bas de Namche Bazar juste après avoir accompli les formalités d’enregistrement au check-post de la Police.

 

Namche Bazar

 

C’est un gros bourg aux innombrables lodges, hôtels, pâtisseries, et assez nouveau depuis quelques temps, épiceries et magasins de fringues en tout genre (équipement de montagne up to date ou antédiluvien, doudounes en goretex local (test ADN ultra plat), survêtements flashy Made in China,…) et toute une collection de bibelots tibétains « authentiques » arrivés à dos de yack par la vallée de Thame en franchissant le Nangpa La… Ne pas négliger de faire un tour au marché tibétain qui présente en permanence ses amas de fringues chinoises au pied du chorten qui marque le centre du village.

 

Vue panoramique sur le Khumbu

Jour 11 : Namche Bazar - Khumjung - Phortse Tenga

5h / +700m / -550m

Journée d’acclimatation à l’altitude avec comme étape à la mi-journée un magnifique village sherpa pour lequel la fondation Hillary a beaucoup investi, si bien que plus propre et mieux rangé que ça, tu ne trouves pas au Népal, ça a tout l’air d’un village de montagne en Suisse… Dans Namche à 3440m, monter par la ruelle en escalier jusqu’au col dans lequel s’inscrit le Thamserku. Prendre un petit sentier sur la G qui démarre par trois ou quatre marches scellées dans un muret avant d’escalader le coteau en lacets serrés jusqu’à rejoindre l’extrémité de la piste de l’altiport de Syangboche. Poursuivre vers le haut jusqu’au lodge pour une vue admirable sur les 6856m de l’Ama Dablam qui se dresse fièrement en regard de ses prestigieux voisins que sont les Lhotse et l’Everest ; on ne dirait pas, mais si fière soit-elle, les chiffres parlent d’eux-mêmes, elle leur rend respectivement 1600 et 2000m sous la toise ! La vallée qui s’étale devant nous permet de deviner le parcours qui sera le nôtre dans les prochains jours au retour de notre périple aux lacs Gokyo. Arrivant de la vallée de gauche fermée par le Kyajo Ri, nous passerons par le village de Phortse qui se chauffe lascivement aux rayons du soleil, étalé sur l’épaule S du Taweche. Puis nous emprunterons le sentier qui court à flanc de falaise (il est beaucoup moins vertigineux qu’il ne le paraît) et remonterons la large vallée de l’Imja khola jusqu’à Dingboche que l’on devine dans la plaine tout au fond. Mais revenons au présent : le paysage est grandiose et présente à nos pieds, sur la colline boisée, le monastère de Tengboche. Sur sa droite, deux montagnes dominent, le Thamserku occultant en partie le Kangtega serti d’impressionnants séracs sommitaux. Ces deux-là vont nous accompagner pour le reste de la journée… Poursuite en sentier balcon jusqu’à un nouveau Everest View Lodge (celui-là est un hôtel de grande classe construit par les japonais, à rapprocher de la présence d’un altiport en pleine cambrousse…). Le contourner par la G puis, après un petit parcours en forêt, descendre sur le village de Khumjung (2h30, 3790m, lodges) qui occupe le fond d’une large vallée.

 

Le village de Khumjung

En fin de matinée, promenade circulaire au gré des proprettes ruelles du village, de l’école à la gompa, avec en fond d’écran le panorama inoubliable dans lequel s’inscrivent quelques unes des plus hautes montagnes du Khumbu. Déjeuner dans un des lodges du village avant de se diriger vers le N et trouver à la sortie du village la descente sur Sanarsa. Après 30mn de marche en arrivant dans la forêt de pins, nous trouvons le départ de l’itinéraire des lacs Gokyo passant par Mong et son chorten massif (1h30, 3973m, lodges), superbe belvédère sur le Taweche éclatant de blancheur. Descente en 50mn jusqu’à Phortse Tenga (3500m) auprès de la rivière pour une nuit en lodge.

 

Le Taweche depuis Mong

Jour 12 : Phortse Tenga - Machhermo

5h / +650m / -150m

Du frigo matinal et humide de Phortse Tenga, on remonte à travers la forêt de rhododendrons sur la kharka de Tongba puis Dole, village qui s’inscrit sous le couloir NE, glacé et austère, du Khumbila. Dole (2h45, 4150m, lodges) est un charmant site disposant d’un large belvédère sur la vallée, proposant, sous le chaud soleil de la fin de matinée, une vue sur l’élégant ensemble de pics glacés que forment le Thamserku, le Kangtega et bien d’autres montagnes moins connues. Après la pause déjeuner, nous poursuivons à flanc de montagne bien au-dessus de la Dudh kosi. On passe la kharka de Lhabarma puis le village de Luza (lodge) pour terminer par l’ascension d’un épaulement morainique en prélude à l’arrivée à la cuvette de Machhermo (2h, 4465m, lodges). Juste une petite descente et la traversée de la moraine fluviale pour rejoindre les nombreux lodges situés en RG du torrent. Celui-ci, bien large, descend du glacier E du Kyajo Ri, beau pic de plus de 6000m.

 

Dole

Jour 13 : Machhermo - Gokyo - A/R Thonak Tsho

7h / +600m / -250m

Machhermo grâce à son positionnement sur le versant W de la vallée de la Dudh kosi reçoit très vite les rayons du soleil. C’est agréable d’autant plus que les photographes pourront s’en donner à cœur joie pour cadrer le Kyajo Ri et le ramener avec eux en Europe… La montée est progressive jusqu’à la moraine frontale du Ngozumpa glacier. Un peu sur la droite on remarque quelques kharkas (c’est le village d’été de Na, ce sera notre chemin de descente après-demain). Par la suite, le chemin s’incurve légèrement vers la G pour longer la moraine latérale RD du glacier et atteindre le premier (petit) lac de la série des lacs Gokyo. Toujours en montée peu prononcée, on arrive assez vite au Taujun Tsho, 2ème de la série (1h, 4750m). Juste auparavant, on aura dépassé le cairn qui marque le départ du sentier de montée vers le Cho La à destination du cirque de l’Everest (mais ce n’est pas celui que je vous ferai prendre, voir le topo Du Khumbu au Rolwaling pour prendre connaissance de l’itinéraire). On poursuit toujours vers le N jusqu’au 3ème lac, le Taboche Tsho, auprès duquel de nombreux lodges ont été construits (1h, 4790m). Ce lac se pare, au fur et à mesure de l’avancement de la journée, de nombreuses couleurs allant du bleu indigo du matin au turquoise vif de l’après-midi : une pure merveille. En tout début d’après-midi, après le déjeuner, poursuivre la remontée de la vallée en direction du Cho Oyu au moins jusqu’à un belvédère signalé d’un gros cairn (50mn, 4950m) pour disposer d’une vue spectaculaire sur le fond de la vallée et découvrir le voisin de droite du Cho Oyu, en l’occurrence le Gyachung Kang (un presque 8000 avec ses 7922m) duquel le Ngozumpa glacier est issu. Sur notre gauche, le 4ème lac Gokyo, Thonak Tsho, présente ses eaux bleutées au pied d’un drôle de sommet pointu tout rigolo (l’une des trois pointes peut s’escalader sans difficulté). Retour au village en 30mn.

 

Le long du Ngozampa glacier

 

Nota : Il est possible d’envisager une excursion plus en profondeur de cette vallée pour aller découvrir les 5ème et 6ème lacs Gokyo et pousser jusqu’au Cho Oyu BC à 5300m. Ce camp de base ne sert pratiquement plus à l’ascension de ce géant himalayen, la voie d’ascension privilégiée aujourd’hui par les expéditions partant du Tibet. Compter 6 à 7h A/R pour cette excursion sans difficulté notable avec peu de dénivelée. Prévoir de ce fait d’ajouter une journée supplémentaire à votre périple.

Jour 14 : Gokyo - A/R Gokyo Peak

5h / +700m / -700m

Itinéraire évident depuis le village de Gokyo. Après la traversée du torrent sur des pierres plates (attention elles sont glissantes le matin), attraper le sentier qui zigzague dans la pente relevée et parcourt de larges étendues herbeuses. Au-dessus, le minéral se généralise, et toujours sur sentier, on atteint le sommet de la butte à 5360m pour un belvédère de folie à 360°. On peut y embrasser la quasi-totalité des sommets du Khumbu, du Taweche au Cho Oyu en passant par le fameux triptyque Nuptse, Lhotse, Everest. Il parait que c’est encore mieux au coucher de soleil mais descendre à la frontale sur un sentier rocailleux ce n’est pas forcément la panacée. Bien tenir compte que les nuages bien souvent envahissent le site, remontant de la basse vallée dès midi, interdisant tout espoir de panorama pour le reste de la journée. Attendre toute la journée là-haut, pas terrible non plus à cause de l’altitude et du vent frais qui se lève pratiquement tous les jours. Alors, à vous de choisir…

 

Depuis le sommet du Gokyo peak

Jour 15 : Gokyo - Phortse

4h30 / +50m / -150m

Descente de Gokyo par la RG de la Dudh kosi. Reprendre le chemin d’arrivée jusqu’au bout de la moraine latérale du Ngozumpa glacier, puis passer sous la moraine frontale, traverser Na en prélude à la remontée abrupte dans des résidus détritiques. On trouve alors un superbe sentier peu usité par les touristes et qui permet de rejoindre la vallée de l’Imja khola sans descendre jusqu’à la rivière. Sentier évident qui passe à proximité de nombreuses kharkas isolées pour se terminer au village de Phortse (3850m), vous savez celui que l’on voyait si bien depuis Khumjung. De Khumjung, d’ailleurs, ne dépasse que le bâtiment de l’hôtel japonais perché sur son piton boisé. Quelques lodges simples à Phortse pour y passer la nuit.

 

Entre Phortse et Pangboche

Jour 16 : Phortse - Pangboche - Dingboche

3h45 / +500m / -100m

De Phortse, on poursuit le sentier en courbe de niveau taillé dans la roche et qui domine la vallée de l’Imja khola. Sans perdre réellement d’altitude, on rejoint Pangboche (1h30, 3970m), petit village dominé par l’Ama Dablam. On passe par la gompa en haut du village à l’intérieur de laquelle on peut admirer les restes du crâne poilu d’un yéti (pour le fun, je ne vous donne pas les résultats de l’analyse ADN du vestige…).

 

Pangboche

Ce chemin permet d’éviter le village et sa rue principale assez inintéressante car maintenant uniquement bordée de lodges. On poursuit en balcon RD de l’Imja khola jusqu’à un chorten placé sur une épaule de la moraine, avec toujours en point de mire l’ensemble Lhotse et Everest, sous la haute bienveillance de l’Ama Dablam qui veille sur nous… On rejoint le sentier principal qui remonte la vallée et après un court parcours à flanc de falaise, on pénètre dans Shomare (1h, 4000m, lodges), dernier village avant l’étape. S’ensuit la traversée d’un plateau d’herbe rase sur lequel paissent quelques yacks placides (le lieu-dit se nomme Orsho). Une bifurcation de chemins se présente : Pheriche à gauche, Dingboche à droite. On descend sur la G traverser la rivière puis on attaque la dernière montée de la journée pour arriver dans un collet (1h, 4500m) duquel se dévoile un somptueux panorama sur la vallée de Chhukung et à nos pieds le village de Dingboche étalé dans la cuvette.

 

Moine à Pangboche

Quittez le chemin principal pour prendre à G sur le fil de la moraine une trace qui permet de rejoindre en un petit quart d’heure un chorten. Au passage, vous disposerez de belles vues sur la chaîne de montagnes composée du Taweche, du Cholatse et du Lobuche (ce sera raté si vous décidez le descendre directement sur Dingboche…). De l’autre côté de la vallée, l’Ama Dablam a grandement modifié son aspect. Descente rapide sur Dingboche (1h15, 4300m, lodges). Dans l’après-midi, vous pouvez vous enfoncer vers l’E en direction de l’Island Peak (ou Imja Tse, un trekking peak très couru) pour vous ouvrir le champ de vision sur le fond de la vallée de Chhukung (compter 2 à 3h A/R sur un sentier en légère montée).

 

L'Ama Dablam à Dingboche

Jour 17 : Dingboche - Lobuche

4h / +650m / -100m

Du haut du village, remonter en quelques minutes vers la G jusqu’au chorten placé dans le col au pied de l’arête SW du Pokalde. La vue s’agrandit jusqu’au Baruntse qui pointe son « nez » au-dessus de la crête du Kalo himal dans laquelle s'inscrit le célèbre col de l’Amphu Lapsa, le passage d’altitude qui donne accès à la région du Makalu et au Mera peak. L’Imja Tse (on l’appelle aussi l’Island peak) avec ses 6189m se fait tout petit au pied de son écrasant voisin de gauche, le Lhotse…

 

Taweche et Cholatse

Au-delà du chorten, le sentier parcourt en courbe de niveau (ou presque…) une moraine herbeuse qui constitue un superbe belvédère sur les Taweche et Cholatse, impressionnants de verticalité (on comprend la raison pour laquelle ils sont assez peu parcourus). Au fond, le Lobuche peak ferme l’horizon. La montée est progressive jusqu’à Dughla (2h, 4620m, lodges). Une boisson chaude avant d’aborder le gros morceau de la journée, à savoir la grimpette sur le faîte de la moraine frontale derrière laquelle se cache encore le glacier du Khumbu. Un col marqué par la présence d’une multitude de cairns permet de se poser un moment (1h, 4870m). Erigés en mémoire des alpinistes japonais morts dans une avalanche survenue il y a quelques dizaines d'années et qui a balayé le camp II, c'est devenu aujourd'hui le "fourre-tout" de tous ceux qui sont décédés en montagne et pas forcément dur les pentes de l'Everest... Le Khumbu s’étale à nos pieds avec sa ribambelle de sommets glacés ; on peut apprécier le chemin déjà parcouru. Plus avant, le Pumori et le Lingtren se sont rapprochés et attendent notre visite. On traverse une grande étendue morainique plane dominée par le Nuptse. Bientôt, le hameau de Lobuche se dévoile au détour d’un repli du terrain. On y trouve une grosse dizaine de lodges pour y passer la nuit, froide assurément (1h, 4930m).

 

Gorakshep

Jour 18 : Lobuche - Gorakshep - A/R Kalapattar - Gorakshep

6h / +850m / -650m

Au matin, réveil difficile : sortir de son duvet alors que le froid est encore très présent et que le soleil ne semble décidément pas disposé à franchir le pas de nous éclairer de ses chauds rayons dans l’instant est une épreuve à laquelle il va falloir s’habituer en prévision des prochains jours… Départ du frigo sans le soleil espéré par la remontée de la moraine latérale du glacier du Khumbu sur un faux plat montant entrecoupé par moments de rudes grimpettes qui laissent le souffle court (on est quand même à 5000m !). Peu à peu, l’herbe rase bien sympathique à fouler laisse place à des blocs de rochers pour un parcours chaotique au moment de la traversée de la langue terminale du glacier qui descend des sommets de gauche (Changri et Chumbu) fermant le cirque du Pumori à l’W. Un dernier ressaut donne accès au site de Gorakshep (2h, 5180m), ensemble de lodges à l’entrée d’un cirque de montagnes très impressionnant (du Pumori à G au Nuptse à D) et au fond duquel on devine l’emplacement du Camp de base de l’Everest au pied de la cascade de glace un peu occultée par les contreforts du Nuptse (la fameuse Icefall). Mais nulle trace de la montagne promise !

 

Everest et Nupse depuis le Kalapattar

Pour voir le Toit du Monde, il va falloir encore s’investir et grimper sur la « petite » butte herbeuse de gauche. C’est parti pour 2 à 3h de montée, toujours le souffle court, sur le sentier de droite pour un résultat à la hauteur de ce que vous espériez : à 5623m, au pied du Pumori, le panorama n’est pas des plus désagréables (cliquez donc sur ce lien pour faire une visite virtuelle panoramique du site ou ici pour un panoramique en haute définition). Prenez tout le temps nécessaire pour contempler le site jusqu’au coucher de soleil qui enflamme les sommets. La descente ne prend que 45mn mais ce n’est pas une raison pour la faire à la frontale, méfiez-vous la nuit tombe très vite dans le coin... Nuit très froide dans un des lodges de Gorakshep (5200m, C et WiFi en 3G+ avec NCell et Nepal Telecom).

 

L’icefall au camp de base de l’Everest

Jour 19 : Gorakshep - Pheriche

4h / +50m / -1000m

Reprendre le chemin d’hier pour atteindre Lobuche en 1h30 puis continuer le long de la rivière sur la moraine fluviale. Traverser et descendre jusqu’à Dughla (1h, 4620m, lodges). Repasser sur le pont de bois mais au lieu de remonter sur la moraine, trouver le long du torrent RG un sentier qui va vous emmener dans le thalweg pour rejoindre le plateau morainique d’herbe rase plan au bout duquel se trouve Pheriche (1h, 4200m).

 

Taweche et Cholatse depuis Dughla

Noter qu’à partir de Dughla vous pouvez continuer vers le NW et visiter le site dans lequel s’inscrit le Tshola Tsho (compter 45mn pour atteindre le verrou morainique à 4512m) et découvrir le bel ensemble que forment le lac et le Cholatse peak. Depuis l’extrémité S du lac, descente sur Pheriche en 1h.

Jour 20 : Pheriche - Tengboche

3h30 / +150m / -450m

Du village de Pheriche, descendre rejoindre le plateau d’Orsho et retrouver le chemin de Dingboche qui arrive de la G. Continuer vers le bas, passer Shomare et entrer dans le bas village de Pangboche (1h45, 3900m, lodges). On descend à présent le long de la vallée de l’Imja khola jusqu’au pont métallique qui permet de franchir les eaux furieuses du torrent. Il s’ensuit un parcours étale qui traverse deux clairières (lodges et bhattis) puis s’élève peu à peu dans une forêt clairsemée. Par une dernière montée, on arrive sur le plateau de Tengboche (1h30, 3900m, lodges). Beau belvédère sur le cirque de montagnes du Khumbu. Visite possible de la célèbre gompa. Les moines "se la pètent" un peu trop mais bon...

 

La porte-chorten à l'entrée de Tengboche

Jour 21 : Tengboche - Namche Bazar - Thame

5h30 / +750m / -850m

A l’extrémité W du plateau de Tengboche, emprunter le sentier qui part en descente dans la forêt de résineux juste derrière le chorten. En lacets, il désescalade la pente sablonneuse jusqu’à arriver à Phungi Tenga (1h, 3250m, lodges, bhattis) en préalable à la traversée de la Dudh kosi débouchant de la vallée des lacs Gokyo. Remontée à flanc de montagne jusqu’au Sanarsa où l’on trouve à G le sentier qui mène directement à Namche Bazar sans passer par la « case » Khumjung. Beau sentier balcon avec vue permanente sur le Thamserku et le Kangtega.

 

Le massif du Kwande vu depuis Syangboche

 

Derrière, l’Ama Dablam s’éloigne jusqu’au moment de l’arrivée au col qui surplombe Namche Bazar. Elle disparaît totalement (Sniff…!) dès que nous nous engageons dans l’abrupte descente sur le village (3440m, 1h30, lodges). Pause déjeuner en toute fin de matinée avant de partir sur le sentier côté droit du village qui passe au-dessus de la gompa et traverse une grande portion de landes arbustives. Derrière l’épaule, le sentier reste à peu près étale, on passe le village de Phurte juste avant de franchir la Kyajo khola. On se rapproche de la Bhote kosi (Nangpo khola sur certaines cartes). Passage dans les villages de Dramo, Thomde et Samde juste avant de traverser la Bhote kosi. Il ne reste plus qu’à remonter les 250m de sentier jusqu’à Thame, ce joli petit village sherpa dont sont originaires nombre de summiters (la majorité des propriétaires des lodges a plusieurs fois foulé le sommet de l’Everest). Côté lodge, une petite préférence pour celui d’Arita Sherpa et de sa femme, très cosy, peu de chambres, mais un accueil attentionné et familial. Vous ne pouvez pas le rater, la maison à la forme caractéristique (elle enjambe la ruelle) se trouve du côté droit du village juste au pied de la moraine latérale d’où descend le sentier qui arrive du Nangpa La.

 

Le chorten à l'entrée N de Thame

Jour 22 : Thame - Kwonde View Resort

Attention ! Cette étape utilise un sentier escarpé muni d'une main courante pour aider à la traversée d'un couloir rocheux pentu souvent à l'ombre. En saison de trek (printemps et début d'automne) il ne pose habituellement aucun problème pour son franchissement mis à part qu'il y a un peu de "gaz"... Mais lorsque les conditions météorologiques du printemps ou de la fin de l'été n'ont pas été au mieux, c'est-à-dire que la pluie qui est tombée a gelé au sol et que cette glace ne pourra plus fondre avant la saison suivante du fait que le passage est orienté au nord, difficile de le franchir sereinement et en toute sécurité (comme l'attestent les photos prises en novembre 2013 par un de mes amis @Marc_Lesquir). Il y a réellement danger de mort ! Un conseil ? Rebroussez chemin et passez par l'itinéraire conventionnel qui depuis Thame remonte sur Namche Bazar.

 

Kwande1     Kwande2    Kwande3    Kwande4


4h30 / +600m / -100m

Pour finir en beauté ce périple, je vous propose d’emprunter le nouveau sentier construit sous la barrière du Kwonde et qui traverse les pentes d’éboulis. Superbe sentier balcon, il est en grande partie viabilisé et permet de terminer ce voyage dans un endroit spectaculaire, belvédère intégral des montagnes du Khumbu. Je vous propose un résumé de votre périple sur deux demi-journées. Traverser Thame par les petits chemins qui serpentent entre les champs pour emprunter le sentier qui monte sur l’épaulement encombré de buissons d’épineux et qui borde le village au S. Suivant les replis du terrain, on franchit de nombreux ravins creusés par les torrents qui dévalent la pente, issus des névés ou des langues de glace. Univers un peu austère mais belvédère incomparable, c’est promis ! L’étape de la journée se trouve être l'un des deux lodges d’un riche népalais qui a fait ses classes dans la montagne avant de devenir une personnalité incontournable du paysage népalais, je veux parler de Sonam Tsering sherpa. Il a fait construire un bâtiment luxueux (le prix aussi...) pour accueillir les clients à 4000m sous le Kwonde. Il organise des charters d'hélicoptère pour riches touristes chinois. Bon d'accord, c'est sa compagnie d'hélicos (en complément de ses 3 compagnies d'aviation...). Possibilité d'aller dormir dans le lodge voisin qui ne lui appartient pas et au prix moins astronomique... Repos dans l’après-midi sur les pelouses gazonnées autour du gîte. Ne pas oublier de se réveiller pour profiter du coucher de soleil qui devrait, si vous n’êtes pas insensible à la beauté de Mère Nature, vous laisser un souvenir impérissable.

Jour 23 : Kwande View Resort - Phakding

6h / +100m / -1300m

Après un lever de soleil que je vous souhaite tout aussi mémorable que le coucher de la veille, continuation du périple sur un chemin à flanc de montagne en préalable à la plongée en direction des gorges de la Dudh kosi en contrebas sur un sentier en lacets serrés, avant de terminer l’étape le long de la rivière à Phakding (2646m, lodges).

 

Le Kusum Kanguru

Jour 24 : Phakding - Lukla

2h30 / +300m / -100m

Remontée sur Lukla, sans commentaires. « C’était bien le passage par le haut, il n’y avait pas grand monde. Là, c’est un tout petit peu différent, n’est-il pas ?… » Installation dans un lodge, confirmation du billet d’avion pour le lendemain et (longue) attente jusqu’à la nuit. En espérant que le lendemain les avions promis seront à l'heure. Sinon, ce sera une très très longue attente, qui plus est angoissante, qui s'annonce...

Jour 25 : Lukla - Kathmandu en avion

45mn de vol

Vols à partir de 7h30 direction Kathmandu si la météo est clémente…

 

L'altiport de Lukla

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Relevés de terrain Jiri - Lukla octobre 1998 et pour le reste novembre 2008 et mise à jour novembre 2014 (Tragsindo - Lukla)

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Commentaires (2)

1. tom (site web) 18/02/2013

Salut Pierre

je suis en train de préparer un "Jiri-Everest BC" ... tu penses donc bien que ce topo est une vraie mine d'or !
bravo et merci !!

--
tom

2. le maire yannick 29/07/2013

salut pierre
francais vivant au maroc,je suis en train de préparé un treck a partir de jiri quel topo...
pour moi merci.
je pence prendre une agence alpes himalaya avec guide francophone a tu des infos ou des conseils

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