[France] Corse - A travers la Corse


La Corse ! C’est assurément une des plus belles régions sauvages d’Europe. Sauvage, dis-je… Sorti de la Plaine orientale et du golfe d’Ajaccio, le randonneur, dès qu’il se dirige un tant soit peu vers l’intérieur de l’île, se trouve rapidement immergé dans un délire de couleurs et de paysages préservés. Que ce soient les vallées profondes, les canyons rocailleux, les forêts aux multiples essences, il traversera des micro-régions possédant chacune un caractère propre. Il empruntera les nombreux sentiers de pays qui ont toujours assuré la liaison entre villages bien avant que les routes existent. Chaque détour du chemin sera un enchantement : ici des rochers roses qui tombent abruptement dans la mer d’un bleu profond, là des lacs enchâssés dans un cirque de montagnes, plus loin un village niché à mi-pente au milieu d’une forêt de hêtres, un sommet granitique sur lequel la neige s’attarde... La randonnée proposée représente un triple challenge : d’abord la longueur du circuit (elle s’inscrit sur 3 semaines), la nécessité de porter un sac à dos taillé pour la randonnée itinérante (sans matériel de camping), et l’utilisation raisonnée du GR20, le sentier de randonnée mythique. Certes, les paysages sont grandioses mais, lorsqu’on arrive au refuge, il est quasiment impossible de trouver de la chaleur humaine au sein des groupes de randonneurs souvent sportifs, désireux de réaliser un « exploit », analysant dans les moindres détails non pas les paysages et les panoramas mais la bonne adéquation entre le topo-guide et l’avancement des aiguilles sur la montre-poignet… Et si des fois on pouvait doubler une étape ? Comment voulez-vous donc partager votre plaisir de contemplateur…?

La carte interactive est disponible sur Google Maps et n'oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec la carte téléchargeable en PDF) et bien d'autres choses encore.


Téléchargez la carte du circuit au format PDF : Carte générale GTAM1 Carte Traversée de la Corse

 

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : Porticcio (cimetière) - Bisinao (MeM sud)

4h / +800m / -300m.

Du parking, prendre le sentier qui part le long du mur de gauche du cimetière et suivre les marques oranges du parcours commun des sentiers Mare e Monti Sud et Mare a Mare Centre. On s’élève doucement au travers d’une forêt de chênes verts qui laisse peu à peu place au maquis et ses senteurs entêtantes de ciste. On passe à proximité de la tour de Frassu et rejoignons bien vite la route de la Bocca di u Greco non loin de Zizoli. On emprunte la route sur la droite et ¾ h plus tard, on est au col. Les marques nous indiquent de monter sur la gauche : la pente se fait soutenue et la chaleur n’arrange rien... Le maquis est omniprésent et bientôt on laisse le Mare a Mare Centre partir sur la gauche pour descendre en quelques minutes vers Bisinao, notre village étape. Le gîte d’étape A Funtana est en plein centre du village (+33 495242166). Repas sur demande.

Jour 2 : Bisinao - Coti Chiavari (MeM sud)

4h30 / +650m / -400m.

Petite étape ce jour qui conduit à un village balcon au-dessus du golfe d’Ajaccio. On traverse des forêts à la fraîcheur agréable pour rejoindre le village de Pietrosella. On poursuit un moment sur la route avant de trouver un chemin sur la droite qui s’élève peu à peu vers les contreforts du Monte Tignoso, très reconnaissable à l’imposant pilône télécom qui le coiffe. Les marques oranges se font moins précises mais il faut garder l’orientation sud-ouest pour rejoindre la Bocca di Gradellu que l’on distingue au loin. Une fois arrivé au croisement de routes, un sentier plus ou moins étale nous mène en 1h30 à Coti Chiavari. Restaurants au centre du village. L’Hôtel Belvédère situé sur la route d’Acqua Doria à 2 kms du centre de Coti Chiavari vous attend (si vous avez bien réservé au +33 495271032…). L’accueil y est très sympathique, les repas d’une grande finesse dans un cadre somptueux et à des prix petits, petits… 

Jour 3 : Coti Chiavari - Olmeto (MeM sud)

7h / +700m / -400m.

Ne pas trop tarder ce matin car il faut revenir sur ses pas jusqu’au centre du village avant de retrouver le balisage orange du Mare e Monti Sud. Au carrefour, se diriger vers la droite pour rejoindre le chemin de descente vers la superbe plage de Cupabia. Celui-ci démarre juste avant la Punta di Pozzi. C’est un très mauvais chemin qui dévale la pente vers Marmuntagna. Arrivés sur le plat, on retrouve un maquis dense au sein duquel le chemin a du mal à s’y retrouver, et nous aussi… (marques oranges dans le maquis orange, pas évident !). A la plage, prendre sur une centaine de mètres la route puis à droite, en contre-bas dans un champ, le chemin de Serra-di-Ferru. La montée est soutenue. La route atteinte, prendre sur la droite. On passe à côté du réservoir et on emprunte un chemin qui traverse la lande bretonne (…), avant de descendre sur Porto-Pollo. On arrive en bord de route juste à l’entrée de Porto-Pollo. Suivre le goudron sur la gauche pendant 3 à 4 kms jusqu’à Favalella (gîte d’étape possible +33 495740704), puis à droite la route qui traverse la plaine du Taravu et la suivre jusqu’au croisement avec la route de Propriano (1 km de plus). A droite puis 500m plus loin, au transformateur, à gauche. Bien suivre les marques oranges jusqu’arriver à une piste sur laquelle vous marcherez jusqu’à la Bocca di a Coppia. De là, prenez à droite, vers Olmeto que vous atteindrez en 1h30. Après avoir dépassé le cimetière, vous croisez la fontaine et remontez la rue principale pour trouver l’hôtel l’Aiglon (+33 495746604). Restaurants à disposition, ravitaillement possible.

Jour 4 : Olmetto - Burgo (MeM sud)

4h30 / +600m / -800m.

Randonnée bucolique en forêt, bien à l’ombre et sans grosse dénivelée. Cela ressemble à une étape de liaison tout en disposant de panoramas superbes sur le golfe de Valincu. On traverse quelques hameaux oubliés et qui tombent peu à peu en ruine. Vous arrivez au-dessus de Borgo à la Bocca di u Vint’ Unu. Après une dernière petite descente, on rejoint bien vite le gîte d’étape U Fracintu (+33 495761505). La sieste de l’après-midi sera la bienvenue dans les chambres bien fraîches… avant d’approcher de la table pour un repas montagnard revigorant.

Jour 5 : Burgo - Ste Lucie de Tallano (MaM centre)

6h / +700m / -1000m.

De retour sur nos pas, bifurcation à droite pour emprunter un chemin en forêt qui descend jusqu’à la rivière. On remonte sur le coteau d’en face en suivant les marques de peinture orange du Mare a Mare Sud. Arrivés à découvert, vous poursuivez soit tout droit vers Fozzano, soit à gauche par un embranchement qui conduit en ¼ h à Santa Maria Figaniella. Le détour est intéressant pour contempler la petite église romane du XIIème siècle. Revenir sur Fozzano par la route et admirer en passant la maison de Colomba, chère à Prosper Mérimée. Ravitaillement possible à la supérette. Une fois le balisage retrouvé, le suivre en direction du plateau jusqu’aux ruines d’Altanaria. Soudain, on bascule sur la vallée du Rizzanese en dévalant un sentier en zig-zag jusqu’à la route. Celui-ci se poursuit en face jusqu’au bord de la rivière. La remontée vers Ste Lucie de Tallano s’effectue en forêt où il est plus que nécessaire d’être attentif au balisage étant donné le nombre de pistes nouvelles qui sont créées pour les besoins de l’exploitation du bois (il n’est pas rare de constater des troncs d’arbres couchés sur le flanc sur lesquels sont amoureusement dessinées des marques oranges…). Après une heure d’efforts, on pénètre dans hameau de Poggio qui annonce bientôt le charmant village de Ste Lucie de Tallano tout empreint d’histoire. Nombreux cafés et restaurants. Ravitaillement à foison et produits fins (huile, miel,…). Le gîte d’étape U Fragonu a pour cadre l’ancien moulin à huile aujourd’hui restauré (visite possible). L’accueil est très sympathique et les prestations (couchage et repas) sont de haut niveau (+33 495788256).

Jour 6 : Ste Lucie de Tallano - Quenza (MaM centre)

6h / +900m / -400m.

On poursuit sur le Mare a Mare Sud et ses marques oranges en direction de Serra-di-Scopamene tout d’abord en montant au village d’Altagène puis en empruntant la piste qui rejoint en 2h le col de Tavara. De là, une bonne descente dans le maquis puis dans la forêt nous conduit à une passerelle sur le Rizzanese avant de rejoindre la route. Tourner à droite et marcher 300m sur le goudron jusqu’à rencontrer sur le côté gauche le départ d’un sentier de village séculaire qui remonte les 400m de pente. Peu avant le village de Serra-di-Scopamène (on distingue nettement les premières maisons), prendre à droite un chemin étale balisé de marques jaunes et qui se dirige vers Sorbollano, le village voisin. Passer devant une source et traverser complètement le village jusqu’au camping pour trouver le départ d’un sentier bucolique qui va nous permettre de rejoindre Quenza en 1h30 (bien attention dans la pinède à ne pas prendre la direction de Levie). Bars, hôtel, épicerie… à disposition. Le gîte d’étape se trouve à 20 mn de marche en montant vers le réservoir (+33 495786405).

Jour 7 : Quenza - Col de Bavella (liaison + GR20)

6h / +800m / -600m.

L’étape d’aujourd’hui conduit au Col de Bavella via le hameau de Prugna. La matinée se déroule entre sentiers dans le maquis et pistes dont la dernière remonte le vallon du ruisseau d’Asinao et conduit au lieu dit « Fontaine de Ruata », une retenue d’eau avec barrage. Au parking, un petit sentier abrupt démarre dans les fourrés en rive gauche pour rejoindre le GR20 300m plus haut. En progressant, veillez à bien suivre les indications de direction données par les cairns. Une fois sur le GR20, suivez à droite les marques blanc-rouge qui balisent cette « autoroute » de la randonnée de vallon en vallon (deux sources bienvenues) avant la remontée un peu plus soutenue jusqu’au col dans un chaos de roches effondrées. Au col, plusieurs hébergements sont à disposition. En basculant sur le côté est, on traverse le village d’été des habitants de Solenzara. L’Auberge du Col de Bavella, chez Grimaldi, accueille avec sympathie les randonneurs itinérants (+33 495720987). Ravitaillement en face en saison.

Jour 8 : Col de Bavella - Refuge d’Asinao (GR20)

4h30 / +600m / -300m.

La « variante alpine » des aiguilles de Bavella est au programme. Ambiance très sauvage au milieu d’une zone de pitons rocheux aux couleurs ocres et roses. Cette région est le paradis des amateurs de grimpe. De la statue située au col, chercher les doubles balises jaunes qui conduisent au ravin que l’on distingue bientôt entre les deux pitons rocheux. Arrivés au sommet du ravin, le sentier se poursuit, très bien tracé, et louvoie entre les pics rocheux. Rassurons-nous, un seul passage nécessite de poser des mains sur une chaîne au passage d’un rocher. Et puis c’est tout ! Comme vous ne serez pas tout seul, n’hésitez pas à vous faire aider… Après cet écueil, le sentier monte au col de Pargulu avant de basculer dans le vallon d’Asinao. On retrouve bientôt les balises blanc-rouge du GR20. Le refuge d’Asinao est à 1h30 de là au pied de la falaise du Monte Incudine (vente de produits locaux). Au soir, vous pourrez assister au langoureux coucher de soleil sur les aiguilles de Bavella et pratiquer une chasse plaisante : la traque aux jumelles des mouflons corses sur les contreforts de la Punta di u Fornellu.

Jour 9 : Refuge d’Asinao - Refuge d’Usciolu (GR20)

6h30 / +1200m / -900m.

Réveil en fanfare avec la grimpette à l’Incudine sur un sentier très rocailleux. L’arrivée sur le plateau du Coscione peut être revigorant : vent violent dans le meilleur des cas, pluie, brouillard à couper au couteau,… mais il arrive que le beau temps soit de mise. Ne pas s’écarter du balisage du GR20 qui passe par le sommet à 2136m signalé d’une gigantesque croix en béton. On suit en orientation nord la crête vers le col de Luana et on bascule pleine pente vers le ruisseau de Casamintellu. La suite du chemin consiste en une traversée de landes d’altitude jusqu’à la Bocca di Agnone (descente possible pour Zicavo et Cozzano). On remonte sur l’Arête des Statues que le sentier s’amuse à franchir de droite, de gauche, contournant au mieux les monolithes de pierre assimilables à des statues, d’où le nom... L’endroit est féérique, mais la fin de journée nous semble longue tant les montées et les descentes se succèdent interminablement. La Bocca di Usciolu se présente enfin, notre calvaire se termine. Le refuge que l’on atteint par une petite descente nous attend (repas « industriel » sans saveur mais vente de produits locaux très goûteux, faites votre choix !).

Jour 10 : Refuge d’Usciolu - Col de Verde (GR20)

6h / +800m / -1300m.

On reprend la même configuration que la veille sur l’Arête des Statues, à savoir jouer à saute rochers, pour passer les sommets qui forment la ligne de partage des eaux est / ouest de la Corse. Successivement, on franchit le Monte Formicola, la Punta Bianca, la Punta Mozza avant de descendre brutalement sur le col de Laparo dans une forêt de hêtres bien sympathique (on y croise les marques oranges du Mare a Mare Centre, étape Catastaghiu – Cozzano). Une remontée du chemin nous permet d’atteindre le col de Rapari avec en point de mire le sommet de la journée : la Punta della Cappella. Une fois cet obstacle franchi, on chemine sur des banquettes herbeuses en encorbellement. On atteint bientôt le refuge de Prati. Le reste de l’étape nous conduit à descendre, toujours en suivant les marques du GR, derrière la Punta del Prato jusqu’au Col de Verde, lieu de passage automobile pour qui veut aller du nord au sud et inversement… Le gîte d’étape du Col de Verde se trouve de l’autre côté de la route. Le feu de bois allumé dans la cheminée réchauffe avec bonheur nos membres endoloris (réservation indispensable +33 495244682, repas).

Jour 11 : Col de Verde - Bergeries de Capanelle (GR20 + variantes)

6h30 / +1200m / -900m.

Au matin, nous reprenons les marques du GR20 plein E pour atteindre par une piste d’exploitation forestière un ensemble de sapins gigantesques. On traverse bientôt le Marmano et remontons par quelques lacets jusqu’au plateau de Gialgone. On quitte la forêt et de suite nous prenons l’embranchement de gauche qui conduit aux pozzi : ce sont des cours d’eau très peu pentus qui au fil du temps se recouvrent d’un manteau de tourbe sur lequel l’herbe pousse. On y trouve en saison beaucoup de troupeaux ovins et bovins. Méfiez-vous de loin des « vaches » solitaires qui lorsque l’on s’en approche se révèlent être des taureaux… Un large détour s’impose, un peu d’humilité que diable ! Un peu avant les pozzi, au niveau des bergeries, monter pleine pente vers le Col de Pruno. Sur l’autre versant, votre vue plonge sur les lacs de Rina. Selon les conditions météo et la forme, il faudra choisir :

- Pas OK : descendre sur les lacs dans les aulnes, trouver le sentier le long du déversoir des lacs et le suivre (parfois difficilement) pour rejoindre le GR20 et ainsi gagner Capanelle en 2 heures.

- OK : monter à gauche sur la crête pour passer la bosse du Monte Tortu (à partir de là la trace est cairnée jusqu’au bout de l’étape) et la Punta Orlandino, franchir un petit col avec des pierres levées sans descendre, et suivre la crête jusqu’au sommet du Monte Renoso. Vue splendide si le temps est resté clément. Poursuivre sur le plat jusqu’à la Punta Bacinelo au-dessus du lac de Bastani et descendre par le sentier des bergeries de Capanelle. Attention à bien rester sur le chemin à moins que vous n’appréciez la qualité élastique des branches d’aulne quand elles nous fouettent le visage…


La station de ski « Ghisoni 2000 » vous accueille pour une nuit. Vous avez le choix pour dormir et vous restaurer : le refuge officiel du PNRC ou le gîte d’étape U Fugone, propriété de la famille Maurizi (Ah ! quelle myrte… Réservation au +33 495570181).

Jour 12 : Bergeries de Capanelle - Vizzavona (GR20)

4h30 / +200m / -800m.

Aujourd’hui, « petite » étape avec comme point visé le site le plus connu des randonneurs de tous pays qui s’intéressent un tant soit peu au GR20 : la gare de Vizzavona. Village moribond qui a connu ses heures de gloire au début du XXème siècle (bourgeoisie corse, touristes anglais), depuis dix ans il est  en train de renaître grâce à une poignée de passionnés. C’est redevenu un haut-lieu du tourisme pédestre au pied du Monte d’Oro qui le domine. Le train procure un échappatoire à ceux qui finissent (de gré ou de force…), un point de départ à d’autres, un moyen de ravitaillement en A/R rapide à Corte dans l’après-midi… si vous pensez que l’épicerie qui jouxte les locaux des Chemins de Fer Corses n’est pas assez diététique pour votre caractère de sportif… On y trouve toute la déclinaison des produits régionaux corses, qui plus est, vendus avec le sourire et à prix maitrisés. Ah, le profil de l’étape ? Eh bien, suivez les marques du GR20 sans vous presser : plutôt plat jusqu’à la Bocca di Palmente, descente bien tracée sur un large sentier dans une forêt de hêtres et de sapins avec en point de mire le maître de l’endroit : le Monte d’Oro... mais aussi sur le repas de midi qui s’annonce. Plusieurs endroits pour passer la nuit ; j’aime beaucoup I Laricci qui rappelle les grandes heures de Vizzavona du temps où les dames étaient habillées en grandes robes (+33 495472112).

Jour 13 : « Repos » à Vizzavona

1h à 7h / +100 ou 1200m / -100 ou 1200m.

Journée libre, plusieurs idées :


- passer la journée à Corte (visites de la citadelle et de la ville haute).

- rester à Vizzavona et passer la journée à se baigner dans les superbes vasques d’eau limpide au lieu-dit « la Cascade des Anglais » (1h A/R dans la forêt, pour cela suivre les marques du GR20 vers le nord).

- si vous n’êtes pas rassasié de la grimpette, allez donc voir là-haut sur le Monte d’Oro (1200m de dénivelée) avec un sac léger en prenant le sentier balisé de jaune qui passe par les bergeries de Pozzatelli et revient par la crête de Muratello où l’on retrouve les marques blanc-rouge du GR20. La descente est rocailleuse à souhait, elle suit le torrent de l’Agnone jusqu’à la Cascade des Anglais dans laquelle vous prendrez un bain revigorant avant de revenir en ½h à la gare de Vizzavona.

Jour 14 : Vizzavona - Corte - Refuge A Sega (MaM nord)

45mn de train puis 4h30 / +800m / -100m.

Prendre le train de la matinée en direction de Corte. A la gare, se diriger vers la gauche pour rejoindre les ponts sur la Restonica puis le Tavignano, puis suivre le long du Tavignano la rue en pente douce au pied de la citadelle. Continuer jusqu’au parking sur lequel vous trouverez les indications et les balises oranges du Mare a Mare Nord Principal en direction du refuge d’A Sega. Le chemin suit la rivière sans à-coups puis au détour d’un virage entre dans les gorges du Tavignano. On traverse la rivière sur une passerelle, et si on pique-niquait dans le coin ? Il reste moins de deux heures pour rejoindre le refuge, toujours aussi tranquillement. Situé dans une grande clairière proche du Tavignano, le refuge présente une modernité peu coutumière tout en s’insérant parfaitement dans le paysage. L’accueil est très sympathique et attentionné (réservation conseillée au +33 495460790, repas).

Jour 15 : Refuge A Sega - Refuge de l’Ercu (MaM nord + liaison)

6h30 / +1200m / -700m.

Poursuivant sur le sentier Mare a Mare Nord Principal, nous suivons les marques oranges jusqu’à la Bocca a l’Arinella duquel nous basculons sur la vallée du Golo au milieu de laquelle il est difficile de rater le lac de barrage de Calacuccia. Le sentier de descente n’est pas des plus heureux si ce n’est le paysage qui nous est donné d’apprécier : la « Grande Barrière » qui comme son nom l’indique barre l’île d’est en ouest et au sommet de laquelle trône le Monte Cinto. Le Cinto ? Mais c’est pour demain… En attendant, continuons de descendre jusqu’au barrage par des traces mal commodes où l’on perd parfois le balisage orange… Une fois sur le barrage, rejoindre par la route le village de Calacuccia, le traverser dans la longueur. A proximité de l’église, nous quittons le sentier Mare a Mare Nord Principal pour prendre un « chemin » plus ou moins balisé qui monte pleine pente jusqu’aux villages de Lozzi et d’Acquale. Faire le plein d’eau à la fontaine car il reste deux bonnes heures de montée aride. Continuer la route jusqu’au terrain de camping. Elle se transforme en piste, on retrouve parfois le sentier de montée lorsqu’il s’agit de couper un ou deux virages. A la fin de la piste, deux directions s’offrent à nous : prendre celle de gauche qui conduit au refuge de l’Ercu en une ½h. Le refuge n’est pas gardé mais est en bon état, gaz à disposition, eau à proximité à une source un peu en contre-bas, baignade dans une vasque du torrent un peu au-dessus du refuge mais vous pouvez aussi préférer une douche plus conventionnelle et profiter d'une eau bien chaude en fin d'après-midi du fait que le soleil a tapé sur le tuyau d'alimentation pendant toute la journée... Le bonheur, non ?

Jour 16 : Refuge de l’Ercu - Monte Cinto - Refuge de Tighiettu

6h30 / +1500m / -1500m.

On ne devrait pas s’ennuyer aujourd’hui ! Le Cinto avec ses 2706m représente un challenge à lui tout seul étant donné le caractère rocailleux du « bonhomme », et enchaîner la traversée vers la Bocca da Crucetta pour rejoindre le vallon de Stranciacone, on est sur une problématique de double peine… Le sentier est évident au départ du refuge pour rejoindre le couloir de Bicarello. La montée est ardue, le sentier dans un piteux état, mais le balisage nous guide plus avant. Du fait du surbalisage (peinture + cairns), faire bien attention à suivre les bonnes marques si l’on ne veut pas se retrouver à devoir esquisser un ou deux pas d’escalade… Ce sont quand même trois heures de souffrance tant il est impossible d’adopter un rythme régulier de montée. Pas besoin d’en rajouter… Enfin, la délivrance ! On pose les pieds sur l’antécîme, plus que quelques minutes pour atteindre le sommet. La vue est à la hauteur des efforts consentis ! On casse une petite croûte et on redescend du sommet par le même chemin. On quitte bien vite la trace de montée et la compagnie de nos éventuels camarades occasionnels de souffrance pour prendre vers la droite la trace balisée de rouge qui indique la direction du col des Eboulis ; c’est la voie de montée depuis la vallée d’Asco. Nous la suivons en up-down jusqu’à la pointe des Eboulis (1h depuis le sommet).

Le sentier d’Asco part sur la droite. Nous continuons sur la crête devenue apaisée, sur un beau sentier tracé dans du petit schiste. Nous passons au-dessus du lac du Cinto et remontons légèrement par un sentier taillé dans le rocher au Bocca da Crucetta au pied du Capu Falu. Ambiance montagne garantie ! La descente du vallon de Stagni parait évidente vue d’en haut… Hop, quelques zig-zags, un petit coup à gauche, puis à droite, facile… Il en est tout autrement quand on est dedans. De ressaut en ressaut sur un sentier très sauvage, on n’a pas l’impression d’avancer. Les efforts consentis en première partie de journée se révèlent à nous… Une halte bienvenue auprès d’une source permet de se reconstituer avec peine. Le refuge de Tighiettu n’est plus très loin, mais quand même... Allons, encore un effort ! Pour la nuit, deux possibilités : le refuge de Tighiettu à la sortie du vallon de Stagni ou 20mn plus bas, les bergeries de Ballone (tous deux ravitaillement et repas).

Jour 17 : Refuge de Tighiettu - A/R Paglia Orba ou Tafunatu - Refuge Ciottulu di I Mori (GR20)

3h30 ou 6h30  / +600 ou 1100m /-100 ou 600m.

On a retrouvé le GR20 et ses marques blanc-rouge. Le sentier bien tracé musarde en forêt avant d’entamer la dure montée vers le col de Foggiale à près de 2000m. On arrive par une dernière montée en écharpe sous le massif de la Paglia Orba au refuge du PNRC. Programme de l’après-midi :


- sieste réparatrice

- A/R en 3h à la Paglia Orba par un sentier évident et un petit couloir où il faut poser les mains.

- A/R en 2h au trou du Capu Tafunatu, large échancrure que la nature a taillée dans la montagne, par un sentier cairné qui démarre peu avant de Col des Maures que l’on distingue au fond du cirque de montagnes derrière le refuge.

Jour 18 : Refuge Ciottulu di I Mori - Marignana (GR20 + MaM nord)

7h / +200m / -1700m.

Grosse journée de descente tout d’abord le long du Golo puis en forêt (Col de Verghio et Aïtone). Nombreuses possibilités de baignade, mais attention le temps est compté à moins de partir tôt… Du refuge, suivre les marques du GR20. On contourne le vallon de Tulla afin de ne pas déranger les troupeaux de moutons qui paissent autour de la bergerie. S’ensuit la descente le long de la rivière jusqu’aux bergeries de Radule (attention à la bifurcation sur la droite qui précède l’arrivée aux bergeries !). On passe ensuite à proximité des bâtiments et juste avant l’entrée dans la forêt, on prend à droite un sentier qui rejoint directement le Col de Verghio. Nous quittons ici le GR20. Au col, rejoindre les marques oranges du Mare a Mare Nord Principal sur la droite. Il dévale dans la forêt d’Aïtone en passant près de cascades et de vasques enchanteresses. Pourrais-je vous suggérer une petite halte pique-nique précédée d’une baignade revigorante ? Est-ce bien sérieux… Sans conteste, la réponse est oui ! Le redémarrage en début d’après-midi pourrait être difficile mais nous continuons tranquillement notre descente vers Evisa que nous atteignons au bout d’une heure (ravitaillement, gîte d’étape si nécessaire +33 495262188). Tout au bout du village, nous croisons le sentier Mare e Monti Nord que nous allons suivre à gauche en direction de Marignana. Il nous reste une heure de marche. La descente se poursuit jusqu’au hameau de Tassu. Quelques minutes après, nous rejoignons le gîte d’étape de Marignana à l’entrée est du village (réservation conseillée au +33 495262121). Aïe, aïe, aïe ! Quel repas… Bonne nuit !

Jour 19 : Marignana - A Soccia (MaM nord + liaison)

7h / +1000m / -400m.

Etape de liaison non dénuée de charmes pour retourner vers la montagne : dans le désordre, les paysages splendides de cette région méconnue car hors des voies à grande circulation, l’impression d’être utile à la société en s’employant à défricher les sentiers sur tout le territoire de la commune de Renno si l’on veut suivre le balisage de la variante du sentier Mare a Mare Nord (coup de gueule), le plaisir de fouler de nombreux sentiers chargés d’histoire qui assuraient les liaisons entre villages, les nombreuses rencontres avec des villageois fiers de proposer leur cadre de vie à nos yeux ébahis… Les marques oranges nous conduisent en haut de Marignana par la piste qui mène au stade. Très vite, à la Bocca a u Mamucciu, on abandonne le Mare e Monti Nord qui part à droite vers Carghèse et on se dirige vers Renno et Letia (un peu de recherche d’itinéraire au niveau d’une clairière plantée de châtaigners où le balisage se perd). La crête atteinte, partir sur la gauche et atteindre la piste. On trouve ensuite un sentier dont l’itinéraire contourne les hameaux qui constituent la commune de Renno. On arrive bientôt à une fontaine revigorante bien à l’ombre sous les châtaigners. Ne pas hésiter à refaire de l’eau car la suite de l’itinéraire traverse des portions de maquis un peu arides. Arrivés à Letia, on prend le sentier inter-villages jusqu’à l’entrée de Guagno-les-Bains non loin de la source thermale. Il ne reste plus qu’une heure de montée pour arriver à notre étape du jour : le village d’A Soccia. Nombreux hôtels et restaurants (Hôtel U Paese +33 495283192 en bas du village et restaurant de qualité non loin de l’église).

Jour 20 : A Soccia - Refuge de Manganu (liaison GR20 + GR20)

5h / +1000m / -100m.

On monte au sommet du village d’A Soccia en empruntant des ruelles bordées de hautes maisons à l’ombre desquelles il fait bien frais. On prend un petit sentier entre forêt et maquis, bien pentu, qui nous fait très vite oublier les égarements bacchiques de la veille au soir… Toujours pleine pente, on arrive au parking de départ de la randonnée vers le lac de Créno. Dans cette partie de l’itinéraire, vous serez loins d’être seul : cette randonnée est très prisée et est référencée dans tous les guides sur la Corse car accessible à bon nombre de randonneurs occasionnels. Prenons notre mal en patience et bien vite nous arrivons au lac de Créno, qui si l’heure n’est pas trop avancée, est encore un havre de tranquillité. Faites-en le tour sans dénigrer le belvédère situé à l’extrémité ouest. Trouvez-vous un petit coin au calme et prenez tout votre temps. Le reste de l’étape n’est ni long ni difficile. Il suffit de reprendre une trace cairnée qui se dirige de pin en pin dans la direction opposée à celle de votre arrivée. Elle arrive bientôt à découvert, longe la rivière, la traverse et en pente peu inclinée atteint la Bocca d’Aqua Ciarnente. Le refuge de Manganu se trouve sur la droite de l’autre côté de la prairie de gazon appelée le Campotile. Nota : dix minutes avant d’atteindre le col, un sentier part sur la droite et arrive directement au refuge. Bien évidemment, le détour que je vous propose permet en ½h A/R de visiter les bergeries de Vaccaghia et de ramener les produits fermiers élaborés sur place…

Jour 21 : Refuge de Manganu - Refuge de Petra-Piana (GR20)

5h / +1000m / -800m.

C’est une des étapes mythiques du GR20 (avec celle du Cirque de la Solitude) pendant laquelle vous enchaînerez le passage de la Brèche de Capitello, de la Bocca Soglia et du Col de la Haute Route. Quel programme ! On remonte le vallon du ruisseau de Manganu avant de franchir par un pierrier pentu et parfois enneigé la Brèche de Capitello. Versant opposé, on découvre bientôt les lacs de Melo et Capitello qui terminent la vallée de la Restonica. Le panorama est magnifique , les amateurs de photos seront comblés. Le sentier de crête très bien balisé en blanc-rouge nous conduit à Bocca Soglia puis continue en face en écharpe en direction du Col de la Haute Route, le plus haut point de passage du GR20 officiel à 2206m. Au passage, vous aurez eu l’occasion de remplir vos gourdes d’une eau fraîche qui sort d’une source située au milieu des aulnes et vous serez passé à proximité du lac de Rinoso. Du col, la descente rocailleuse conduit en moins d’une heure sur le plateau herbeux qui accueille le refuge de Petra Piana. Il porte également le nom de Michel Fabrikant, le papa du GR20.

Jour 22 : Refuge de Petra-Piana - A/R Monte Rotondo - Tattone - Vizzavona (GR20 + MaM nord)

9h30 / +900m / -1500m.

Allez ! On en n’a pas eu assez… Le sommet mythique de la Corse n’est pas le Cinto qui en fin de compte qu’une excroissance de la « Grande Barrière » mais le Monte Rotondo. Un conseil : partir tôt pour bénéficier des meilleures conditions de visibilité à l’arrivée. Donc, du refuge, sac léger, on suit une sente cairnée qui conduit au Lavu Bellebonne (1h45). Suit une montée dans les éboulis à droite vers le Col du Fer de Lance au rocher caractéristique puis la crête vers la gauche jusqu’au sommet (2632m, 45mn). Reprendre le même sentier pour revenir au refuge en 1h45. Notre périple se termine par une longue descente le long du Manganello aux vasques accueillantes. Après être passé les bergeries de Tolla, vous reconnaîtrez aisément l’endroit idéal pour piquer une tête avec plongeoir naturel et profondeur adéquate juste avant la traversée à gué du Manganello. Profitez-en, il ne vous reste que 2h de marche tranquille pour rejoindre la gare de Tattone et attraper le train pour passer votre dernière nuit à Vizzavona (voir jour 12 pour renseignements pratiques).

Jour 23 : Vizzavona - Ajaccio

Grasse matinée… Prendre le train en direction d’Ajaccio en fin de matinée (le dimanche il était à 12h02 précises…). Puis visite rapide de la cité napoléonienne et de son charmant port de plaisance. Taxi ou bus n°1 (sauf le dimanche) vers l’aéroport en fin d’après-midi ou ferry de nuit vers Marseille.

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Relevés de terrain août 2007

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Commentaires (3)

1. sylvain 20/08/2009

Bonjour,

Je suis interéssé par le mare a mare sud et étant donné que vous êtes passé par la, je voulais savoir si le guide topo 'mers et montagne' avec ses cartes 1:50000 suffisait ou faut il les cartes IGN 1:25000.

Merci d'avance,

Sylvain

2. annick 08/09/2010

bonjour,
Bravo pour vos reportages et je me permets de vous demander si vous auriez des infos ou conseils sur le mare à mare nord (sens Corté-Marignana-Renno-Corté) avec des "visites" aux lacs de Melo et creno. J'ai essayé le site voyages.forum.com sans résultats.
Merci d'avance

3. Chloé 02/06/2013

bonjour et merci pour ces commentaires qui donnent bien envie ! on se demandait si la jonction Monte cinto- Refuge Tighiettu (tentante sur la carte) était possible, et on est bien content de voir que ça l'est !
merci encore !

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