[France] Alpes - Tour des Fiz

Ce mini-trek a pour cadre un espace minéral calcaire assez exceptionnel, au moins tout autant que celui que l'on a découvert lors du Tour des Dents Blanches. Ces espaces de lapiaz dont on avait découvert la beauté (et qui s'apparentent à des océans figés à l'instar des glaciers) sont ici exposés à leur paroxysme. Imaginez un vaisseau de taille gigantesque remonté du fond de l'océan par les forces de surrection au moment de la création des Alpes et qui, à défaut d'atteindre les altitudes de son prestigieux voisin, en l'occurrence le massif du Mont-Blanc, s'en vient quand même tutoyer les 3000m, proposant au randonneur contemplatif de nombreux belvédères d'où il est possible de contempler de larges panoramas sur la région. Peu connu du tourisme de masse (le GR5 Hollande-Méditerranée ne fait que le traverser l'espace-temps d'une seule journée...), le massif des Fiz, au sein duquel se situe le connu ?) Désert de Platé, dispose d'atouts majeurs : outre les paysages étonnants et anachroniques, on côtoie une faune variée et peu farouche (toute la zone fait partie d'une réserve intégrale), une flore aux multiples déclinaisons, mais attention, l'eau y est (extrêmement) rare car c'est bien connu sur ces reliefs calcaires : tout ce qui vient du ciel tombe directement dans le tréfond de ces coulées de surface et ne réapparaît que 2000m plus bas dans la vallée ! L'autre point d'importance est la présence assez récurrente de brouillard nécessitant pour le randonneur confronté à ce phénomène de savoir s'orienter avec une boussole ; par beau temps clair, les sentiers sont bien tracés, les quelques balisages mis en place suffisent à assurer une progression en sécurité. Imaginez un peu de suivre ce même itinéraire avec 20 mètres de visibilité ? On se sent soudain tout petit...

N’oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec la carte téléchargeable en PDF) et bien d’autres choses encore.

Téléchargez la carte du circuit au format PDF : Carte générale GTAM1 Tour des Fiz

Le rocher des Fiz vu depuis le lac de Pormenaz

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : Saint-Gervais-le-Fayet - Plaine Joux - Lac Vert - Le Chatelet d'Ayères

De la gare du Fayet, bus 85 jusqu'au terminus de Plaine Joux (45mn) et 1h / +150m / -100m.
Diaporama Journée d'approche de "quasi" repos. Pour la partie marche en fin de journée, au départ de Plaine Joux à 1352m, emprunter la route goudronnée en direction du lac Vert puis après 300m bifurquer sur la D en forêt pour retrouver un large chemin qui traverse un petit peu plus bas la route que l'on vient de quitter.

Plaine Joux

On passe au-dessus du lac. Au croisement de pistes, descendre sur la D pour rejoindre le parking du lac Vert (25mn, 1269m, possibilité de faire le tour du lac, bar-restaurant). Remontée au croisement précédent pour partir sur la D en suivant la piste (c'est en fin de compte l'ancien chemin dessiné sur les cartes IGN, la piste d'autrefois a disparu corps et bien dans un éboulement à l'automne 2016). On négocie quelques lacets et on sort à découvert au niveau d'une prairie où est construit le refuge du Châtelet d'Ayères (40mn, 1415m, tel : +33 450588532, eau).

Au-dessus du lac Vert

Jour 2 : Le Châtelet d'Ayères - Lac de Pormenaz - Tête Noire de Pormenaz - Refuge de Moëde Anterne

4h45 / +1000m / -400m.
Diaporama On poursuit sur la piste par laquelle on est arrivé hier en direction du NE. Le sommet que l'on convoite aujourd'hui se situe pile poil où le soleil vient d'apparaître (il va sans dire, un jour de soleil et au début de l'été...). On dépasse un parking en sous-bois avant de monter plus franchement et arriver au croisement de chemins du Gouet (10mn, 1429m). On continue sur la piste en montée jusqu'au lieu-dit "Les Bennevy" (15mn, 1522m). Encore un petit peu de piste avec comme point visé l'un des monumentaux piliers du Rocher des Fiz.

Le Châtelet d'Ayères (à l'arrière, le Mont-Blanc)

On atteint les chalets du Souay (5mn, 1569m) pour s'engager à D sur un petit chemin en descente. En bas, on traverse le torrent du Souay sur une passerelle métallique (5mn, 1535m). Au-delà on remonte en zigzags serrés RG du torrent. Au poteau indicateur (25mn, 1645m) où deux routes se proposent pour rejoindre le lac, on choisit la montée par "Les Argentières" plutôt que celle de "La Chorde" assez chaotique avec pas mal de main courantes. Donc tout droit à mi-hauteur du torrent du Souay. A l'arrière, la vue s'étend sur la plaine de Chedde et Megève mais ce qui surprend le plus est la taille du "village" d'alpage des Ayères dominé par les remparts S des Fiz et qui à l'époque devait héberger plus d'une vingtaine de familles.

Les Argentières

Le chemin se rapproche peu à peu du torrent jusqu'à le côtoyer (30mn, 1825m). D'ici on prend conscience de l'importance de ce massif des Fiz qui nous domine, s'inscrivant entre le Marteau à gauche et la Pointe d'Anterne à droite, véritable navire de calcaire dont on peut apprécier la verticalité de sa proue... On part à main D dans une série de lacets jusqu'à atteindre la séparation des chemins (15mn, 1940m). A G, on peut aller directement au refuge Moëde Anterne dont on voit le bâtiment au milieu de la combe, mais ce sera pour (beaucoup...) plus tard. A D c'est la route du lac de Pormenaz que l'on va suivre. On franchit un dernier verrou rocheux (10mn, 1980m) pour découvrir le lac tant espéré. On longe le lac par sa D pour rejoindre l'arrivée du sentier arrivant de "La Chorde" (5mn, 1970m).

Le lac de Pormenaz

On poursuit le sentier qui s'écarte peu à peu du lac (alternance de balisage jaune et de cairns) jusqu'à fouler un espace plan aux alentours des 2000m. Au moment où l'on distingue à l'avant deux chalets construits en contrebas (Chavanne Neuve), on monte légèrement sur la G pour suivre des traces de moutons au milieu des buissons de myrtilles. Il ne faut absolument pas redescendre vers les chalets ! On atteint un couloir très végétal qui se termine à proximité des précédents chalets (mais qui restent cachés). On sort du chemin en montant en lacets sur la G (25mn, 2015m). Au cours de l'ascension on croise pas mal de traces transversales mais il faut poursuivre pratiquement jusqu'en haut (25mn, 2150m) où l'on trouve à main D un chemin qui rejoint la crête de Pormenaz. Puis on va franchir sur la G un collet (5mn, 2180m) qui donne accès par un chemin tracé à flanc à la gouille de Cha (5mn, 2210m). Il ne reste plus qu'à se diriger vers le N avec en point visé la base du sommet herbeux coiffé d'un poteau et suivre les lacets tracés dans la pente (on retrouve à ce moment le sentier direct qui démarre au début de l'espace plan à la cote 2000, balisage jaune aussi...). On atteint l'antécime à 2310m.

Tête Noire de Pormenaz

Il ne reste plus qu'à poursuivre (sans sac...) sur le petit sentier tracé sur la crête en direction du N pour atteindre la cime rocheuse de la Pointe Noire de Pormenaz (30mn, 2323m). Vue panoramique à 360° sur le massif du Mont-Blanc, les Aiguilles Rouges, le Rocher des Fiz et la plaine de Sallanches. Après avoir goûté à ces merveilles, redescente jusqu'à l'antécime puis descente des lacets en suivant le balisage jaune. Au niveau d'une zone de petits schistes gris à la cote 2220, on laisse le balisage du sentier officiel descendre sur la gauche alors que l'on poursuit en courbe de niveau vers le NNE.

Le massif du Mont-Blanc vu de la Tête Noire de Pormenaz

On longe la base de l'arête de Pormenaz en descendant tranquillement des petits plateaux lacustres. On trouve pas mal de sentes plus ou moins viabilisées, des lignes de cairns plus ou moins régulières, bref, on s'en va rejoindre un espace humide à 2160m duquel on va s'orienter à G vers le N (on aperçoit nettement le refuge convoité en face). Plus bas (35mn, 2055m), on traverse une nouvelle zone humide sur laquelle on poursuit à G vers le NW avec le col d'Anterne comme horizon. Juste après, on traverse une cuvette herbeuse sur la D de laquelle on descend un couloir débonnaire qui retrouve un vrai chemin que l'on suit sur la G. On dépasse un lac rond, puis un autre en forme de losange (15mn, 1990m), et enfin un troisième, le Laouchet, que l'on rejoint sur la G en quittant une trace pourtant bien marquée mais qui reste à hauteur. On descend dans le petit thalweg pour traverser le ruisseau exutoire et tourner sur la G pour longer la rive en courbe. On rejoint ainsi le sentier du GR5 qui arrive des chalets de Moëde (15mn, 1965m). Il ne reste plus qu'à remonter sur la G en suivant les marques rouges et blanches pour arriver au refuge de Moëde Anterne (10mn, 2020m, tel : +33 450936043).

Jour 3 : Refuge de Moëde Anterne - Col d'Anterne - Lac d'Anterne - Refuge de Sales

4h45 / +770m / -910m.
Diaporama On monte sur la piste qui part à l'W du refuge et qui se dirige vers le col d'Anterne. Après 400m un poteau indique de laisser la piste et de poursuivre sur la D avec l'aide du balisage rouge-blanc du GR5. On monte tranquillement en larges lacets dans des pentes herbeuses ravinées par des couloirs d'avalanches en petit schiste gris. On franchit le col (40mn, 2257m) pour découvrir côté N une cuvette herbeuse de belle importance ; mais de lac, point ! Il reste caché derrière un mamelon. Au S, le massif du Mont-Blanc réapparaît derrière la crête de Pormenaz alors qu'à l'E l'aiguille du Pouce se dresse vers les cieux.

Descente du col d'Anterne

Tout au fond, le Buet montre qu'il est lui aussi un "grand" avec ses 3109m, son surnom étant le "Mont-Blanc des Dames"... On identifie aussi le Plan du Buet et les arêtes du Grenairon par lesquels passe l'itinéraire du Tour des Dents Blanches. Du col, on descend par des pentes douces sur la D jusqu'à devoir désescalader une zone détritique schisteuse bien délitée.

Le lac d'Anterne

Le lac se découvre et on en rejoint la rive droite (30mn, 2055m). Pour avancer, il faut traverser de grands espaces de tourbières bien humides. A la base d'un petit collet (15mn, 2096m), on laisse partir sur la droite l'itinéraire du refuge des Fonts pour poursuivre en montée et franchir le collet. Derrière, c'est une descente en larges lacets mise à mal également par les éboulements de la paroi. On rejoint le refuge Alfred Wills au milieu des chalets d'Anterne (35mn, 1810m). Au-delà, on poursuit sur le GR5, celui-ci traversant une large prairie vers le NW jusqu'à franchir le torrent exutoire du lac. En face, c'est une petite remontée d'une cinquantaine de mètres pour passer le collet d'Anterne (35mn, 1800m) au pied de la Pointe de Sales. Le sentier traverse à flanc les "Lanches de Sales", une zone d'éboulis très pentue et avalancheuse. Le sentier doit chaque année être remis en état après la saison d'hiver, les couloirs charriant des blocs de rochers de belle taille et détruisant tout sur leur passage. La descente est assez chaotique et pour dire un peu longuette... On atteint le poteau indicateur (45mn, 1450m) marquant la séparation des GR5 (qui descend à droite dans la vallée) et du GR96 (que l'on va suivre maintenant pour remonter la vallée encaissée qui conduit au village d'alpages de Sales). Noter en contrebas du croisement de chemins la présence des cascades de la Pleureuse et du Saussaz.

L'une des cascades du vallon de Sales

Après une entame plutôt brutale en forêt voici que l'on peut reprendre son souffle sur une portion plate et bucolique en bordure de rivière apaisée. Puis c'est le premier verrou que l'on franchit, verrou duquel jaillit une belle cascade, la première. On se trouve au Pas de Sales là où le sentier a été taillé à même la falaise. Beau travail des siècles passés ! Une deuxième portion plane conduit jusqu'à une deuxième cascade type "voile de la mariée" puis une troisième, très courte, permet d'effacer une nouvelle cascade, double celle-là... Quel enchantement que cette balade ! Juste après, silence complet ! L'eau n'est plus visible, cheminant dans les grottes et les siphons creusés à l'intérieur des lapiaz. On franchit un collet (1h15m, 1870m, chapelle). Le refuge dans lequel on fait étape ce soir se situe quelques centaines de mètres après la chapelle et en aval des chalets de Sales (5mn, 1880m).

Maître Goupil au refuge de Sales. Même pas peur...!

Jour 4 : Refuge de Sales - Col Pelouse - Les Grandes Platières - Col du Colonney - Refuge de Platé

4h / +700m / -550m.
Diaporama On part vers le N jusqu'à la chapelle pour trouver sur la G le départ du chemin rebalisé récemment de points rouges en direction du col Pelouse. Ancienne voie muletière, elle évolue en écharpe sur des banquettes herbeuses au-dessus de la gorge par laquelle on est arrivé hier dans le vallon de Sales. La flore est réellement exubérante et il est à parier qu'on peut trouver sur le terrain chaque spécimen de plante décrit dans les ouvrages de vulgarisation qui traitent de la flore alpestre.

Entre le refuge de Sales et le col Pelouse

On atteint une épaule qui fait face à la Pointe de Sales (50mn, 2120m, "Grosse Pierre"). Au S le massif du Mont-Blanc s'inscrit à l'horizon derrière la brèche du Dérochoir. On incline légèrement sur la G en montée un peu plus soutenue pour contourner une épaule, traverser un plateau gazonné ponctué de quelques lapiaz et retrouver le large sentier qui arrive du lac de Giers au pied de la Pointe du Griffon (20mn, 2170m). On suit la piste vers la G avec la Tête Pelouse en ligne de mire.

A l'approche du col Pelouse (au fond, la Tête Pelouse)

On franchit l'arête N de la Tête Pelouse (30mn, 2340m). On descend en face un lacet de la piste pour reprendre au croisement suivant la piste qui part en montée sur la G. On rejoint un monument commémoratif duquel on domine la station de Flaine. C'est la partie la moins intéressante de la journée puisque l'on va suivre une piste d'exploitation des remontées mécaniques mais, si on oublie le cadre local pour se concentrer sur les horizons, on se dit que ce parcours de crête dispense de superbes panoramas dans un premier temps sur le Chablais à droite, puis, dès que l'on a dépassé la gare supérieure du télésiège du Désert Blanc, sur la quasi intégralité du massif du Mont-Blanc !

Les Grandes Platieres

Au sommet des Grandes Platières (50mn, 2480m, télécabine inopérant l'été), on dispose sûrement de la vision la plus étendue de la région ! On se trouve au sommet d''un océan figé de calcaire, les lapiaz, d'une taille impressionnante. Au SW, la Tête du Colonney émerge de l'océan comme une vigie, un phare... On suit le balisage jaune et parfois orange qui permet de cheminer sécuritairement dans les entrelacs de trous et de bosses (attention toutefois aux crevasses rocheuses assez traitres !) pour rejoindre le col du Colonney (35mn, 2325m) où l'on retrouve arrivant de Flaine le GR96 et ses marques rouges et blanches.

Au col du Colonney, abondance de fossiles

Sur les plaques de calcaire on discerne aisément de nombreux fossiles piégés alors que le calcaire était "liquide". D'autres plaques présentent de beaux dessins de roches agglomérées dans le calcaire formant des mosaïques très originales. On descend sur la G pour quitter de suite le GR et partir sur la D descendre par des banquettes herbeuses dans une cuvette où il reste quelques ruines d'une ancienne bergerie. On rejoint le GR96 qui avait suivi la bordure E de la cuvette et on l'emprunte pour descendre le long de cet océan de calcaire. A l'W les sommets fermant l'espace se découvrent : depuis la Tête du Colonney, voici le Sausset et les Aiguilles de Varan, la rouge et la grise. On dépasse un poteau indicateur où l'on laisse le GR96 partir à gauche vers le refuge de Sales en franchissant le col de la Portette alors que l'on termine la descente pour rejoindre le refuge de Platé à 300m de distance (35mn, 2032m, tel : +33 647200587).

Arrivée au refuge de Platé

Jour 5 : Refuge de Platé - Tête des Lindars - A/R Tête du Coloney - Col du Colonney - Cheminée de Monthieu - Refuge de Véran

4h35 / +550m / -1000m + sommets en option 2h30 / +450m / -450m.
Diaporama Face au bâtiment principal du refuge, on emprunte le sentier qui part sur la G en montée. Bien tracé et balisé de points rouges, on remonte de banquette herbeuse en banquette herbeuse en louvoyant entre les lapiaz. On croise pas mal de bouquetins au matin surtout dans les combes ituées au pied de la Tête des Lindars. Par une dernière grimpette on rejoint la crête qui relie la Tête de Monthieu à celle des Lindars (1h20, 2485m). On dispose d'une vue élargie sur le massif du Mont-Blanc et sur le Chablais. D'ici, possibilité de tenter l'ascension de la Tête du Colonney et ses 2692m en partant sur la D mais veiller à bien être équipé (corde utile) et ne pas être sujet au vide lors du suivi de l'arête rocheuse effilée qui relie la Tête des Lindars aux pentes de la Tête du Colonney (compter 1h30 A/R). Maintenant il faut rejoindre le col du Colonney en suivant un petit sentier balisé en bleu, balisage qui permet d'optimiser les passages sur les lapiaz et prenant le minimum de risques. C'est que parcourir un lapiaz, c'est peu paumatoire, surtout dans le brouillard !

Entre le col du Colonney et l'Aup de Varan

Au col (35mn, 2325m), on retrouve les marques du GR96, itinéraire que l'on va suivre sur la G endirection de la chute de "séracs" calcaires en contrebas. A mi-pente, on reste en RD de la combe pour traverser de larges étendues de lapiaz bien aidé pour cela par les marques rouges et blanches et aussi les cairns (pas si futiles que ça dans le brouillard...). On rejoint la gare supérieure de la télécabine de l'Aup de Véran (35mn, 2190m) pour poursuivre sur la G avec un balisage jaune fluo au milieu de lames de calcaire bien coupantes.

Au pied de l'Aup de Véran

On atteint le col de Monthieu (15mn, 2240m) d'où part sur la droite l'itinéraire d'ascension du sommet de l'Aup de Véran (compter 1h A/R pour l'ascension, non compté dans le cumul journalier). On poursuit tout droit vers l'W en suivant les indications pertinentes distillées par le balisage jaune fluo. Sans lui, ce serait vraiment plus difficile de choisir les meilleurs passages... On reste au N du vallon pour franchir un collet entre deux combes fermées, typiques des paysages calcaires. Après être descendu dans le fond de la deuxième combe très aride, on chemine jusqu'à la prairie verdoyante qui clôt l'horizon vers l'W. On se trouve au lieu-dit "Monthieu" (45mn, 2140m), un col situé entre les aiguilles N de la Tête du Colonney au S et le Chapeau Gaspard au N. Encore quelques centaines de mètres à parcourir pour basculer dans une prairie en pente. Le chemin évolue à flanc et passe au-dessus d'un beau couloir rocailleux bien redressé.

La fenêtre de Monthieu

Quelques zigzags plus tard, le sentier revient sur la G pour rejoindre le milieu du couloir précédent. C'est bien là, la "cheminée de Monthieu" ! On suit la falaise sur une vire équipée d'une main courante, vire qui débouche directement dans le couloir. De gradin en gradin, on désescalade le couloir non sans être aidé par les mains courantes. Ca sécurise bien ! Encore quelques zigzags serrés entre les parois puis on entame une série de lacets dans des pentes d'éboulis engazonnés.

Au pied de la fenêtre de Monthieu

De zig en zag on atteint la première source de la journée (1h, 1700m) juste avant de traverser un bout de sapinière et rejoindre un croisement de pistes en amont du refuge de Véran. On descend sur la D sur 300m pour se poser au refuge CAF (5mn, 1600m, tel : +33 667252853, attention pas de 1/2 pension ni ravitaillement, il faut amener ce que l'on va consommer..., C à 500m au sommet de la Tête de Lassy). L'emplacement de ce chalet est idyllique au milieu d'alpages d'altitude ceints par des falaises calcaires de toute beauté. Et quel calme...

Refuge de Véran

Jour 6 : Refuge de Véran - Lachat d'en bas - Refuge de Varan - Praz Coutant - Le Fayet

5h35 / +1000m / -1400m.
Diaporama Aujourd'hui, dernier jour de ce tour et traversée du massif des Fiz avec le contournement des Aiguilles de Varan pour retrouver les vues intégrales sur la chaîne du Mont-Blanc au-delà jusqu'à l'Aiguille Verte. Donc, du refuge de Véran, on descend en direction du S traverser le ruisseau au fond de la combe. On poursuit sur la piste en descente. Taillée dans la falaise en RG d'un thalweg très creusé, elle permet d'en entrevoir à travers le rideau d'arbres la profondeur, une chute directe de près de 1000m jusqu'à Sallanches. Impressionnant ! En face, c'est la Tête de Lassy, le fameux belvédère face aux Aravis (on pouvait s'y rendre aisément hier soir depuis le refuge).

Au petit matin, lever de soleil sur la chaîne des Aravis

Au lieu-dit "Trévange" (25mn, 1405), on poursuit tout droit pour passer à proximité d'un chalet et traverser deux thalwegs humides bien creusés. On laisse enfin la piste (25mn, 1200m) pour s'engager à G sur le chemin du Planet. Là-haut, il n'y a qu'un chalet (10mn, 1285m) au pied duquel le sentier se poursuit en courbe de niveau sur la D. Le sentier devient peu à peu moins large, moins viabilisé, bref ! il semble que l'on pénètre dans le wilderness toutes proportions gardées, encore que... On descend traverser un premier thalweg rocheux avec une cascade (5mn, 1260m) sous les Aiguilles de Varan puis on remonte en face en forêt (nombreux arbres déracinés en travers du chemin) jusqu'à la cote 1310 pour redescendre dans un second thalweg (10mn, 1300m). Sur la rive opposée, on s'aide des mains courantes pour escalader les premiers mètres et s'engager dans une grimpette "pas piquée des hannetons" et surtout à la pente très relevée. Pas ou peu de chemin, pas de balisage non plus, un tapis de feuilles qui ne permet pas de bonnes prises d'appui... Qu'on se le dise, le secours ne pourra venir que d'en haut, en direction de l'ESE ! Un petit "nettoyage de printemps" ne serait pas superfétatoire... On atteint la cote 1400 pour retrouver un chemin à flanc qui part sur la D en pente (enfin...) maîtrisée dans la forêt de feuillus. Là encore, des arbres couchés obstruent le chemin et il faut pas mal se contorsionner pour franchir ces écueils. Au niveau des deux arbres marqués d'un rond blanc "R", il ne faut pas poursuivre tout droit mais s'engager à G dans le lacet du chemin (45mn, 1440m). Au-dessus, le sentier prend une direction S, traverse une clairière et atteint un improbable endroit où est construit un chalet, c'est Lachat d'en Bas (10mn, 1486m, source à G avant d'arriver). On retrouve ici les marques jaunes et rouges du TPMB (Tour du Pays du Mont-Blanc), un circuit bien méconnu et peu fréquenté alors qu'il présente, comme on va pouvoir le constater dans la suite de la journée, des vues plutôt exceptionnelles... Dos au chalet, on emprunte le TPMB vers la D, toujours en montée..., mais à présent le sentier est viabilisé. On s'élève en forêt de feuillus jusqu'à sortir à découvert au milieu d'une grande prairie de laquelle les horizons sont bien dégagés, des Aravis au Mont-Blanc en passant par l'enfilade de la vallée des Contamines et jusqu'au proche Beaufortain. Au milieu de la prairie trônent deux chalets, ceux du Lachat d'en Haut (25mn, 1680m).

Sous les aiguilles de Varan, Lachat d'en Haut

Au N, les Aiguilles de Varan forment une muraille relevée et infranchissable. Un vraiment beau coin ! On poursuit au SE sur une piste naissante avant de descendre de lacet en lacet pour franchir par la base les parois détritiques des Aiguilles de Varan. On dépasse le lieu-dit "Le Zeta" avant de trouver sur la G le départ du sentier vers le refuge de Varan (30mn, 1435m). Tracé en up / down, ce sentier balisé en jaune-rouge permet de rejoindre la piste d'accès aux alpages de Varan sans devoir descendre plus que de raison. A la cote 1420 on croise la piste d'accès, piste que l'on emprunte en montée relevée sur la G. Quelques lacets plus haut, alors que les vues s'élargissent sur le massif du Mont-Blanc, on trouve sur la D un sentier qui conduit très rapidement au refuge (35mn, 1620m, bar, couchage). Sur la terrasse, c'est un véritable enchantement des yeux pour le contemplateur des cimes !

Le Mont-Blanc vu depuis la terrasse du refuge de Varan

On en est déjà à plus de 800m de dénivelée positive depuis ce matin, et ce n'est pas encore fini... En contrebas du refuge, on part à main G sur le TPMB en direction de Plaine Joux. Ca commence par une descente dans une prairie pentue puis, au milieu d'un bosquet de feuillus, on poursuit légèrement sur la G en direction de Charbonnière. Ce sont quasiment 200m de dénivelée positive que l'on va ajouter au cumul de la journée pour s'en aller franchir l'épaule de Frioland. On se trouve face au Dérochoir, la voie de descente directe depuis Platé, et on dispose de l'enfilade des falaises des Fiz jusqu'au refuge de Moëde Anterne.

Vue sur le Dérochoir depuis les hauteurs de Frioland

Sur la droite, c'est la grande culbute de plus de 1000m sur la vallée de l'Arve au niveau de Chedde et Passy. Il va falloir commencer à penser à la descente : on enchaîne les lacets pour rejoindre le hameau de Charbonnière (1h10, 1430m), puis c'est tout droit sur la piste qui se présente jusqu'à Praz Coutant en suivant les indications dispensées par les panneaux directionnels tout au long du chemin. Une fois sur la route (20mn, 1205m), il faut la suivre pour descendre jusqu'au lacet d'en dessous et pénétrer dans l'enceinte de l'hôpital. Ici, se trouve l'arrêt du bus 85 qui permet de rejoindre le Fayet (toutes les 2h à peu près sauf dimanche et fêtes).

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6 jours de marche / 25h / + 4200m / -4050m.

Relevés de terrain juin 2017

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