[Népal] Rolwaling


Le circuit se propose de traverser une région méconnue des trekkeurs : le Rolwaling. A une demi-journée de bus à l’Est de Kathmandu, cet itinéraire de randonnée original est encore très peu proposé par les agences. Dénué d’infrastructures touristiques, d’un caractère peu engagé, ce trek de 2 à 3 semaines présente de multiples facettes qui raviront une large population de trekkeurs allant du contemplateur à l’alpiniste :

 

- les premiers jours de marche seront consacrés à la traversée de zones agraires (champs en terrasse et villages) et à la rencontre des habitants des campagnes, le Népal comme on l’a connu 20 ans en arrière sur une région comme l’Annapurna,
- une poursuite originale et confidentielle : nous écartant des sentiers battus, nous franchirons le col du Daldung La qui, flirtant avec les 4000m, nous permettra de disposer d’un panorama étendu sur la chaîne de montagnes au milieu de laquelle culminent deux 7000 de légende : le Gaurisankar et le Melungtse,
- nous irons nous poser à Na afin d’assouvir notre désir de contempler des paysages glaciaires de toute beauté : en pénétrant dans cette haute vallée du Rolwaling d’altitude modérée (4100m), nous pourrons réaliser (au moins) deux excursions à partir du « camp de base » de Na (le lac de Tsho Rolpa et la remontée de la moraine latérale du Ripimoshar Glacier),
- les aficionados des courses glaciaires pourront tenter en A/R sur 3 jours l’ascension d’un trekking peak (le Yalung Ri à 5630m coté F+) avec camp de base à 4900m au pied du Yalung La, de toutes façons c’est compris dans le prix du permis…
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enfin, ce sera la descente en 4 ou 5 jours le long de la Rolwaling khola par l’itinéraire « canal habituel » pour rejoindre Dolakha.

 

Sur le chemin de Chilangka

Certes, la région est honteusement oubliée des guides de randonnée sur le Népal : j’en veux pour preuve les exemples du Lonely Planet « Trekking in the Nepal Himalaya » (… !), dans lequel des itinéraires courus comme le Tour des Annapurnas ou le Camp de base de l’Everest sont archi-détaillés sans aucune raison alors que sur le Rolwaling on n’y trouve pas un mot, ou les collections Cicerone et Trailblazer, dans lesquels le mot Rolwaling semble être tabou… Croyez-moi, le Rolwaling est un exemple (sur)vivant de ce Népal que l’on croyait disparu. Lancez-vous ! Allez chercher au pied du Gaurisankar cette authenticité qui lui fait maintenant défaut et revenez la tête remplie de souvenirs heureux… Un exemple parmi d’autres mais extrêmement représentatif : durant ces journées de trek, vous aurez l’occasion de croiser des myriades d’enfants "nature" et à moins d’un dérapage exceptionnel indépendant de leur volonté, vous n’y entendrez pas un "One rupee", "Hello, mithaï", "Hello, pen", "Namaste, balloon"... Je vous promets un Népal des campagnes à l’état brut non tourdesannapurnas-isé...!

Toutefois, ne tardez pas trop. La piste est d’ores et déjà construite et d’une année sur l’autre (en 2014 on peut se rendre en bus de Kathmandou à Lambasar), on constate que les ouvrages progressent à pas de géant… Tiens « géant », ça me rappelle une anecdote : mes amis sherpas m’ont confié que c’était du côté du Yalung La que les dernières traces de yéti avaient été relevées. Une occasion supplémentaire de s’y rendre : votre cliché à la une de Trek Magazine ! Quand même bien plus pertinent que celle de Paris-Match…
 

La carte interactive est disponible sur Google Maps et n’oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec la carte téléchargeable en PDF) et bien d’autres choses encore.

 

Téléchargez la carte du circuit au format PDF : Carte générale GTAM1 Carte Rolwaling

 

Trek rolwaling

Trekmagazine logo

Attention ! Les séismes du printemps 2015 ont provoqué de nombreuses destructions sur le terrain. Plus sournoisement, dans pas mal d'endroits, ils ont fragilisé quelques passages au fond de gorges ou des traversées en corniche. Je vous invite à prendre connaissance de l'état général des zones touchées (en gros du Manaslu au Khumbu, incluant le Ganesh, le Langtang, l'Helambu et le Rolwaling) sur cet état des lieux concocté par Trek Magazine.

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : Kathmandu - Bahrabise - Karthali

2h30 de bus et 2h30 / +800m / -30m

Après avoir passé un ou deux jours dans la vallée de Kathmandu (il y a tant à voir ici Diaporama), on va quitter la cité historique par la Arniko Highway en direction de Kodari. S’arrêter au bourg de Bahrabise en RG de la Bhote kosi (820m) pour un petit dal bhat en prélude au grand départ vers l’inconnu. Diaporama Trouver au milieu des lodges et des restaurants de bord de route le départ d’un chemin en escalier. En s’élevant sur le coteau, on dépasse de nombreuses habitations Tamang et Chhetri. On atteint la piste (1h, 1220m). Traverser et poursuivre sur les escaliers jusqu’à un hameau Tamang (40mn, 1400m, buvette). Encore quelques marches avant de retrouver la piste. On la suit jusqu’à un belvédère (15mn, 1475m) duquel on domine la vallée de la Sun kosi (la rivière dorée en népalais en souvenir des anciennes mines d’or). Plus ou moins en courbe de niveau, la piste nous conduit jusqu’à l’entrée de Karthali (30mn, 1600m). En face du lodge, prendre à G une sente au milieu des champs en terrasse et atteindre en 5mn le terrain de camping (Téléphone, Cellulaire, Electricité). A noter un service de bus qui monte de Bahrabise dans l’après-midi pour les fainéants ou les attardés… Nuit en tente.

 

En montant au-dessus de Bahrabise

Jour 2 : Karthali - Dolangsa - Baloua kharka

5h10 / +1150m / -100m 

Derrière le terrain de camping, prendre le petit sentier pour rejoindre la piste qui passe au-dessus du village. La suivre jusqu’à un virage prononcé sur la G dans lequel se trouve une maison (25mn, 1735m). Un sentier part tout droit et coupe les lacets de la piste. Beau belvédère sur la vallée de la Sun kosi depuis le sentier qui louvoie à travers champs. Une fois encore, on retrouve la piste pour quelques temps jusqu’à arriver à la cote 1870 où l’on emprunte sur la G un petit sentier en direction de Padang. On retrouve la piste pour 200m avant d’obliquer à G (1h20). Le sentier croise encore de nombreuses fois la piste, passe auprès de quelques chortens jusqu’à déboucher dans un col au milieu duquel sont construites quelques habitations (50mn, 2285m).

 

Karthali

 

A présent, pas d’autre alternative que de suivre le tracé de la piste jusqu’à Dolangsa. On passe auprès d’une belle cascade avant de rentrer en forêt et franchir un épaulement de terrain. On descend rejoindre la rivière (50mn). Une fois sur la RG, emprunter le sentier qui part à D dans le 1er virage (grosse pierre tombée). On pénètre dans le village de Dolangsa par le bas. On retrouve la piste pour se diriger vers l’école du village (20mn). On suit à présent le chemin pavé qui démarre derrière la bâtisse jusqu’à un stupa. Ne pas continuer tout droit sur le petit sentier en bord de terrasse mais obliquer à G derrière le stupa. On retrouve la piste pour une centaine de mètres vers la D avant d’emprunter un sentier qui part franchement sur la G. Il présente de nombreuses marches d’escalier et conduit à la gompa (20mn, 2450m). On poursuit l’ascension encore 5mn, on passe auprès du lodge « officiel » (C, E, terrain de camping). Prenant en considération que la journée du lendemain sera conséquente, il est conseillé de poursuivre la marche pour aller se poser un peu plus haut. On retrouve la piste que l’on suit 300m sur la D avant de trouver juste après un virage prononcé un nouveau sentier en marches d’escalier. On atteint un ensemble de kharkas au lieu–dit Baloua kharka (1h, 2675m, C, emplacements de camping 300m sur la G des habitations). Beau coucher de soleil vaporeux sur les vallées de la Sun kosi et de la Bhote kosi. Nuit en tente.

 

Dolangsa

Jour 3 : Baloua kharka - Tinsang La - Bigu gompa

5h30 / +1000m / -1200m 

Quelques excuses en préalable à la description de cette étape : les pistes qui ont été tracées de part et d’autre du Tinsang La ont mis à mal le bel ordonnancement des sentiers historiques. Difficile de s’y retrouver pour le randonneur sans avoir à disposition un « verbiage » détaillé mais conséquent. Si fait…
Diaporama Attaque « sauvage » de bon matin sur un raide sentier qui démarre derrière les bergeries de la kharka. On entre bientôt dans une dense forêt de rhododendrons. On se plaît à rêver d’être soudainement transposés au printemps : une immersion dans l’écarlate ! On parle beaucoup de la région de Ghorepani et de ses légendaires rhododendrons, mais là, chapeau, on peine à oser imaginer la transposition tant l’ampleur des forêts est importante (et je vais vous confier un secret, ça va durer jusqu’à Beding, incroyable !). Mais revenons à notre itinéraire. On atteint une grande étendue plane (30mn, 2875m, source, possibilité de camp) avant de traverser la piste et rejoindre Tinsang kharka (30mn, 3000m). Avec un peu d’attention, on peut discerner droit devant sur la crête les guirlandes de taluchos colorés flotter au vent, marquant ainsi le passage du col. On poursuit sur un sentier de plus en plus raide souvent mis à mal voire interrompu par les vestiges d’une piste désaffectée. Pas folichon tout de même !

 

Arrivée au Tinsang La

 

Après un dernier effort, on débouche au Tinsang La (45mn, 3319m) pour une vue élargie du Gaurisankar au Numbur et passant par le Melungtse, les Bigphera-Go et le Ramdung-Go. A nos pieds s’étale la vallée de l’Amatal khola fermée par la chaîne de montagnes enneigées du Lapchi Kang. Descente à G sur un sentier bucolique bordé d’arbustes et de rhododendrons (en partant sur la D on rejoindrait Charikot par les crêtes en 2 jours). On passe près d’une première kharka avant de s’arrêter à la seconde, histoire de déguster un thé népalais (15mn, 3200m). On poursuit sur la piste quelques 300 mètres avant de retrouver le sentier originel. Il traverse une clairière (15mn, 3070m, kharka) puis continue son jeu de coupe lacets avec la piste. La pente devient un peu plus soutenue jusqu’à une kharka (35mn, 2600m), endroit auprès duquel on peut envisager de déjeuner (source au milieu des fougères 100m derrière la bâtisse).

 

Rencontre dans la vallée de l’Amatal khola

 

Attention ! La seconde partie de la journée nécessite une vigilance accrue dans le respect des indications de route, il ne s’agirait pas de se retrouver en fond de vallée et devoir remonter 500m en fin d’après-midi pour rejoindre le terrain de camping… Donc, descendre par la piste jusqu’au pied d’une falaise type « chasseurs de miel » (chers à Eric Valli) et trouver dans un virage serré à D le départ anodin d’un sentier sur la G (30mn, 2500m). Si par mégarde on poursuivait sur la piste, nous pourrions dire adieu à Bigu gompa… On longe la falaise en up/down RG de la vallée. Le chemin s’élargit et suit dans un premier temps les courbes de niveaux avant de franchement basculer en descente une fois la cascade passée. Peu après, on retrouve une piste (30mn, 2350m) qui se révèle être dans un état déplorable, délabrée qu’elle est par les quelques glissements de terrain qui ont mis à mal le travail des terrassiers. On rejoint cahin-caha un lodge perché sur un rocher (15mn, 2275m, buvette). Toujours par la piste, on descend rejoindre la rivière auprès d’une grosse pierre tombée. Juste derrière se cache le petit pont de bois qui donne accès au sentier de Bigu gompa (15mn, 2200m). Celui-ci est bien dessiné et remonte le coteau. Il nous offre au passage un superbe panoramique sur la vallée de l’Amatal khola. Après le parcours de ce matin en forêt, quel plaisir de disposer d’une telle vue sur les champs en terrasse qui l’habillent et les maisons Chetang toutes blanches disséminées de ci, de là. Prêter attention au choix du chemin qui se présente (15mn, flèche jaune décolorée sur un rocher au sol indiquant de prendre à G). On arrive à un épaulement dégagé sur lequel un chorten a été édifié. Incliner à G pour suivre la crête (indication Bigu gompa sur une pierre plate) et retrouver un chemin en montée progressive jusqu’à un stupa blanc (40mn, 2450m). Encore une fois sur la G pour entrer dans une forêt de jeunes résineux. On longe l’enclos du domaine du monastère. Franchir le muret d’enceinte par un petit escalier, passer quelques murs de manis et des chortens avant d’arriver en vue des bâtiments monacaux. Le lodge est là sur la D (15mn, 2500m, terrain de camping, douches chaudes Rs 50).

 

Bigu gompa

Jour 4 : Bigu gompa - Chilangka

3h45 / +300m / -1100m 

Visite matinale de la gompa. C’est l’édifice religieux de la nonnerie (le site est occupé par une communauté féminine de belle importance). Une particularité tout de même : à l’intérieur, il n’y a nulle trace de livres de mantras sur les nombreuses étagères qui ceinturent le corps de bâtiment ; rangés dans un autre corps de bâtiment, on leur a substitué une impressionnante collection de plusieurs centaines de statuettes sculptées, à l’instar des armées de pierre de la Chine médiévale mais en modèle réduit. Surprenant !

 

Rencontre le long de l’Amatal khola

 

Compter entre 1h et 1h30 pour rejoindre la passerelle suspendue sur l’Amatal khola tout en bas de la vallée, à proximité de son confluent avec la Samling khola. Le temps de parcours diffère selon que l’on a choisi de passer par l’itinéraire « officiel » ou par le raccourci à travers champs (bobo les genoux…). Une fois la passerelle franchie, suivre pendant une dizaine de minutes la RD de la rivière avant d’arriver sur une petite place de village et ses 3 épiceries. Encore 5mn pour passer RG sur une passerelle suspendue (1500m). Il s’ensuit une montée soutenue pour rejoindre un sentier bucolique plus ou moins en courbe de niveau qui serpente entre les champs de moutarde et de millet. On croise de bien belles maisons entourées de potagers fournis en verdure de tout genre. Puis c’est la descente jusqu’à une chautara (50mn, 1660m) avant de poursuivre sur un sentier balcon tracé à belle hauteur au-dessus de l’Amatal khola. Après un parcours dans une jeune pinède et le franchissement d’une gorge sur une passerelle (40mn, 1625m) en préalable à une belle remontée (prendre toujours à G), on pose le pied sur un plateau où sont alignées les nombreuses écoles de Chilangka (30mn, 1765m). Nuit en tente sur le terrain de camping situé près d’un torrent une centaine de mètres après le complexe scolaire.

 

Chilangka

Jour 5 : Chilangka - Lower Bulung

5h / +600m / -600m

Diaporama Dès la sortie du terrain de camping, on se dirige vers le haut par un sentier à peine marqué qui s’élève à flanc de coteau, de terrasse en terrasse jusqu’à un belvédère (20mn, 1900m). Le sentier est à présent mieux marqué et chemine au-dessus de la Sangawa khola que l’on entend bouillonner tout au fond de la gorge. Derrière nous, la vue s’étend jusqu’à Bigu gompa et, sur la droite, les quelques sommets enneigés du Lapchi Kang.

 

Maison Tamang à Chayarsa

 

On reste un bon moment plus ou moins à la même altitude de 1950m avant de contourner un éperon rocheux et s’enfoncer dans une gorge. On passe bien en-dessous d’un hameau avant de plonger vers la rivière, la Thuran khola (1h, 1825m). Une fois sur la RG, on remonte dans une forêt de bouleaux sur un sentier bien tracé. On se retrouve à découvert peu avant de traverser le village de Chayarsa (40mn, 1940m). Cent mètres après avoir dépassé une chautara, on rencontre une belle maison Tamang isolée. Ce repère marque l’endroit de la bifurcation à G. Le chemin remonte ainsi 4 ou 5 terrasses avant de tourner à D (pas évident à voir) sur la bordure d’un champ en direction d’une jeune pinède. Une fois la forêt traversée, le sentier devient plus chaotique car taillé à même la falaise. Ce bref épisode passé, retour sur un sentier étale. On traverse une série de gros blocs grisâtres avant de retrouver quelques maisons annonçant le village de Laduk. A la fontaine, prendre à G en montée pour rejoindre un plateau sur lequel sont construites les écoles du village. Encore 200m pour arriver à un ensemble de maisons et une fontaine ombragée (1h, 2000m). Ne serait-ce pas le lieu idéal pour le lunch ? Si fait…

 

Arrivée à Laduk

 

En début d’après-midi, le chemin se poursuit de manière étale pour passer devant le lodge de Laduk (terrain de camping, épicerie en face). Au-delà, nous retrouvons l’amorce d’une piste que nous empruntons pour franchir l’éperon montagneux. A présent, nous pénétrons dans la vallée de la Tama kosi. Un peu plus avant, au croisement de pistes, continuer tout droit pour traverser une forêt de pins. On retrouve en contrebas les vestiges de l’ancien sentier mis à mal lors de travaux de terrassement. Un dernier virage, un chorten, et soudain, les montagnes du Rolwaling s’offrent à nos yeux, du Gaurisankar au Ramdung-Go en passant par le Melungtse. On distingue nettement la large échancrure du Yalung La, ce col d’altitude qui permet de relier la haute vallée du Rolwaling aux basses vallées du Solukhumbu du côté de Jiri. Par contre, point de Yalung Ri, celui-ci est occulté par une montagne boisée. Poursuivons notre randonnée bucolique de village en village à travers les cultures colorées. On arrive à une imposante chautara (40mn, 2010m) marquant un croisement de chemins : incliner vers la D (celui de gauche remonte en haut du village de Bulung). On rejoint ainsi rapidement un col dans lequel un temple hindou est construit puis on bascule dans une large descente jusqu’au gros village Tamang en contrebas. Au cours de la descente, on croise un chorten (1h, 1850m) duquel on peut admirer, sur la droite, un village tout d’orange paré. Vision photogénique car il est entouré de champs de millet et de moutarde déclinant des couleurs du jaune vif au doré… Un dernier chorten à l’orée d’une forêt (20mn, 1780m) : on est presque arrivé, il ne reste plus qu’à emprunter le sentier de droite en descente pour établir le camp sur une partie plane, une centaine de mètres de distance plus bas. Le village n’est pas très loin, les porteurs pourront trouver de quoi manger et dormir ce soir chez l’habitant. Nuit en tente.

 

Le Gaurisankar vu du col entre Laduk et Bulung

Jour 6 : Lower Bulung - Jagat - Tasinam

5h30 / +1200m / -800m 

Du camp, rejoindre le fond du vallon en courbe de niveau. Passer le torrent pour emprunter un sentier à flanc de coteau un tantinet vertigineux (un peu de prudence mais ça passe aisément…). Cet obstacle surmonté, on rejoint un hameau avant de descendre en direction de la rivière. Sur la rive opposée, bis repetita sur un sentier en écharpe pour une période franchement moins longue que la précédente. On aborde une fontaine décorée d’une image de Civa (1h, 1600m). Hors de question de ne pas explorer les fonds de vallons dans leur totalité !

 

Campagne entre Bulung et Jagat

 

Redescente puis remontée passer un collet au milieu des quelques maisons qui occupent le fil de la crête (bien prendre le virage à G au choix de chemins dans la montée). Beau belvédère sur la profonde vallée de la Tama kosi et le village de Manthale (40mn, 1400m). Du collet, continuer sur le large sentier en descente et atteindre une bien belle cascade (20mn, 1385m). On chemine à présent en suivant les courbes de niveau avant de contourner une colline. On atteint une chautara juste au-dessus d’une belle maison au toit d’ardoise sur laquelle darchoks et taluchos flottent au vent (20mn, 1300m). Il ne reste plus qu’à descendre au milieu des champs en terrasse sur un chemin plutôt mieux tracé qu’auparavant. Au détour d’une épaule, on domine la gorge de la Tama kosi qui s’enfonce dans les montagnes vers le N, le village de Jagat et son pont suspendu. On fait la jonction avec le sentier qui longe la rivière en amont de Jagat. On se dirige vers la G pour atteindre Purano Jagat et se poser dans un lodge qui domine la Tama kosi pour un lunch bien mérité (40mn, 1120m, E, T).

 

Dans la montée de Jagat à Tasinam

 

Le programme de l’après-midi est sans concession. Un seul leitmotiv : il va falloir monter, et pas qu’un peu ! Et demain aussi, tout autant… Diaporama Le programme des festivités étant annoncé, on repart du lodge en suivant l’unique ruelle du village afin de trouver la deuxième passerelle de Jagat. Traverser la rivière et tourner sur la G (à droite complexe d’écoles). On s’élève modérément jusqu’à atteindre un groupe de maisons (15mn, 1150m). Derrière l’une d’entre elles se trouve le départ du chemin de Tasinam. Et c’est parti mon kiki… ! Le sentier excellemment bien tracé s’élève en zigzags dans la forêt proposant de nombreuses chautaras pour que les porteurs puissent souffler dans l’abrupte montée. Au-delà, l’itinéraire se poursuit à découvert. On croise deux maisons Tamang (1h10, 1685m). C’est à ce moment que l’on abandonne le cheminement en zigzag pour une directissime de la face W des terrasses… Bobo les mollets… ! Pas un coin de plat pour se poser. Un ensemble de maisons regroupées autour d’une gompa très simple (mais un bijou à l’intérieur) nous accueille pour la nuit (1h, 2100m). Que demander de plus ? Eau, abri cuisine, emplacement pour 3 à 4 tentes et un belvédère sur la basse vallée de la Tama kosi. Reposant, enfin… !

 

Rencontre dans la montée de Jagat à Tasinam

Jour 7 : Tasinam - Camp Sambur danda

4h15 / +1600m / -100m 

Au matin, poursuite du régime escaliers-terrasse puis escaliers en forêt avant d’atteindre une étendue plane sur laquelle sont construites quelques kharkas et dans lesquelles vivent de manière rustique des familles sherpa d’élevage de bovins et de bûcheronnage (1h15, 2510m, C). Ensuite, nous avançons pleine pente au travers d’une forêt de rhododendrons puis de feuillus jusqu’à une clairière, lieu de découpe de planches (30mn, 2680m, source sur la G en montant à l’orée de la forêt). Dernier point d’eau avant ce soir, il convient donc de s’y arrêter pour le lunch. Certes cela peut paraître tôt, mais nous sommes tributaires des porteurs qui ont pour usage de prendre leur repas en milieu de matinée.

 

Sur la Tasinam danda

 

Vers midi, la caravane repart et traverse à nouveau une forêt sur un sentier très pentu. On débouche dans une nouvelle clairière de taille beaucoup plus réduite que les précédentes. Attention ! Avant de rentrer à nouveau en forêt, ne pas continuer tout droit (il s’agit pourtant du sentier principal de crête mais il est assez peu pratique) mais emprunter un petit sentier confidentiel qui démarre sur la D. Cheminant en premier lieu dans une forêt de feuillus, il se découvre progressivement en prenant une pente ascendante nous laissant bien apprécier le lit de la Sieri khola un millier de mètres plus bas. Un peu d’attention sur ce sentier étroit. Au franchissement d’un collet, le Gaurisankar se dévoile, il est maintenant à portée de main… Cette portion un peu perturbée de l’itinéraire accomplie, on prend pied sur la Sambur danda au niveau d’un vaste col (1h, 3200m). Le parcours suit peu ou prou la crête en évitant au mieux les blocs rocheux en passant d’un côté et de l’autre de la ligne de partage. On passe une kharka (30mn, 3250m) puis le sentier vient buter au pied d’un « mur » qu’il va falloir franchir en posant une ou deux fois les mains mais rien de difficile ou de scabreux (30mn, 3400m). Derrière cette épaule, le sentier continue de manière étale au milieu des buissons de rhododendrons. On avance jusqu’à un espace dégagé au milieu duquel on établit le camp (30mn, 3400m, eau en contrebas du sentier au pied d’un grand conifère isolé remarquable). Nuit en tente au milieu de nulle part…

 

Camp sur la Sambur danda

Jour 8 : Camp Sambur danda - Daldung La - Camp Thulo Gonsobug

6h15 / +900m / -900m. 

Monter pleine pente au N derrière le camp pour rejoindre le fil de la crête au niveau de Journe kharka (cet endroit aurait été un bien meilleur emplacement de camp hier soir mais en automne il n’y a plus d’eau !). On retrouve le sentier principal que l’on avait délaissé hier pour se dérouter vers le point d’eau (15mn, 3500m). La suite de l’itinéraire parcourt une portion de forêt jusqu’à une clairière au milieu de laquelle trône une belle kharka en planches (20mn, 3600m). Retour en forêt afin de contourner par la G le massif rocheux coté 4300m sur la carte et qui nous domine droit devant. A partir de maintenant, l’itinéraire du col nous propose un belvédère permanent sur la chaîne du Lapchi Kang. Le sentier balcon traverse un grand espace dégagé (1h, 3850m) situé au pied du Daldung La aisément identifiable à ses drapeaux colorés (cherchez-le bien sur la gauche de l’évident col). Montée progressive sur un excellent sentier en lacets serrés. Le col convoité se présente enfin (30mn, 3976m) pour une vue dégagée sur le Gaurisankar, le Melungtse, un pic sans nom, le Chekigo et le Kang Nachugo. Sur la gauche toujours l’omniprésence de la chaîne du Lapchi Kang derrière laquelle on se plaît à imaginer la riante vallée de l’Amatal khola et le site de Bigu gompa perché sur sa colline. Mais c’était il y a si longtemps…

 

Passage du Daldung La

 

Diaporama Descente sur un excellent sentier au milieu des buissons de rhododendrons jusqu’à une kharka puis légère remontée de quelques mètres pour franchir un éperon rocheux derrière lequel se trouve Manebung kharka (40mn, 3900m, eau). Bel endroit panoramique pour envisager le lunch. Au-delà de Manebung kharka, on se dirige droit vers le Gaurisankar par un sentier étale avant de plonger sur une prairie bien dégagée (quelques habitations sommaires) puis retour dans une forêt de rhododendrons avant de trouver à nouveau dans une clairière une kharka (1h, 3700m).

 

Gros plan sur le Gaurishankar

 

Durant la descente jusqu’à la Rolwaling khola, nous croiserons de nombreux emplacements similaires que les locaux viennent occuper à la bonne saison en été. Puis c’est la fin du « régime kharka » pour initier une descente plus brutale vers le fond d’un thalweg nommé Dzigri Drangksa (1h, 3550m). Du fait des nombreux éboulements qui se sont produits de part et d’autre du torrent, le sentier historique porté sur les cartes et qui dévalait grosso modo le long de la RD du torrent, a été abandonné et remplacé par un cheminement immergé dans les calumets à flanc de coteau. La trace moussue (on ne peut pas parler au moment présent de véritable chemin…) monte et descend à loisir au gré des nivellements du terrain sans perdre réellement d’altitude tant et si bien que c’est plutôt la Rolwaling khola qui se rapproche de nous que l’inverse… On reste scotché à une altitude de 3400m, c’est interminable ! On traverse un gros torrent sur un pont en bois et on se pose RD de la Thulo Gonsobug au pied d’une grosse muraille (1h30, 3400m). Nuit en tente assez humide.

Jour 9 : Camp Thulo Gonsobug - Beding - Na

4h15 / +900m / -150m 

Du camp, on remonte en forêt RG de la Rolwaling khola jusqu’au pont basco-népalais (15mn, 3350m). On traverse la rivière pour prendre le sentier sur la D. Il remonte doucement vers Nymare. Le village est rustique et les premiers rayons du soleil font ressortir des couleurs splendides et bien contrastées. Un pont suspendu pour traverser le torrent qui descend du Gaurisankar, une remontée à un collet (45mn, 3500m) avant de poursuivre en faux-plat montant et suivre la ligne électrique. Celle-ci transporte jusqu’aux habitations de Beding l’énergie électrique issue d’une microcentrale située en contrebas auprès de la Rolwaling khola. Entrée à Beding au niveau d’un gros stupa édifié au pied de la gompa. Beding est un charmant petit village sherpa (45mn, 3600m, lodges, ravitaillement) dont il est intéressant de parcourir les ruelles. Malheureusement, la gompa ne se visite pas : pas de lama à demeure donc pas de visite…

 

Beding

 

L’automne est un moment particulier dans cette haute vallée du Rolwaling : un seul objectif pour les habitants, rentrer coûte que coûte le maximum de bois pour pouvoir tenir tout l’hiver au chaud. Pour ce faire, une noria de porteurs parcourt de l’aube au crépuscule le chemin entre la forêt RG de la rivière et chaque maison en RD. Pour cela, les villageois ont construit une passerelle de fortune au-dessus de la rivière et sur laquelle ils « jouent » à l’équilibriste pour ne pas tomber dans le courant glacé, le doko chargé de rondins de bois. Pause lunch au Melungtse View lodge à l’E du village.

 

Arrivée sur la yersa de Na

 

En tout début d’après-midi, prendre le sentier qui part de la cour du lodge et qui remonte la rivière. Pas de difficultés notables durant les 2h30 qu’il nous faudra pour atteindre Na, perché à 4150m sous la barrière formée des sommets du Chekigo, du Bamongo et du Kang Nachugo. Juste au moment de cloturer l’étape comme une lassitude, un plateau terminal qui distille son faux-plat montant redoutable qui n’en finit pas de finir et souvent avec une petite bise cinglante de face… Rejoindre à l’extrémité E de la yersa, le lodge qui jouxte la gompa (tous deux construits en 2008). Nuit en tente ou alors, plus confortable, dans les petites chambres cosy du lodge (Rs800 la chambre double, Rs500 la simple, toilettes nickel).

 

La gompa de Na

Jour 10 : Na - A/R Tsho Rolpa - Na

3h30 / +450m / -450m ou 6h / +700m / -700m

Diaporama Excursion bien connue dans le coin permettant de contempler ce lac naturel situé à l’extrémité de la moraine frontale du Trakarding Glacier. Et c’est bien ce qui inquiète les spécialistes qui se sont penchés à son chevet : le barrage naturel est friable (ce ne sont que des éboulis) et le poids de l’eau contenue peut du jour au lendemain faire exploser le bouchon. Alors, pas belles les vallées de la Rolwaling khola et de la Tama kosi… On s’attend à un déferlement de millions de mètres cubes de boue qui emportera tout sur son passage. C’est pour cette raison, dans le but de protéger les populations de la vallée du Rolwaling et au-delà, que vous prêterez une attention particulière lors de la descente aux pylônes installés dans chaque hameau et surmontés d’une corne de brume. Chacune d’entre-elles est pilotée par une liaison radio depuis la station principale située à même le barrage. Elles relaient l’information des capteurs. Ils ont été positionnés pour informer en temps réel une défaillance de l’édifice. Lors de son déclenchement, les populations ont pour consigne de tout quitter et monter le plus haut possible dans la montagne pour échapper à une mort instantanée… Brrr ! Côté rando, depuis le lodge, on descend traverser la rivière sur la passerelle pour rejoindre le chemin en RG. On remonte la rivière. La pente est très modérée jusqu’au pont métallique donnant accès aux kharkas de Sangma situées en RD.

 

La haute vallée du Rolwaling

 

A partir de là, le sentier toujours bien tracé s’élève en lacets en direction d’un gros rocher tombé, passage clef pour accéder au site. Et soudain, la récompense est devant nos yeux. Nous pouvons profiter d’un superbe paysage glaciaire. Nous nous trouvons à l’extrémité W du lac Tsho Rolpa sur le fameux barrage naturel (2h, 4550m). Belle perspective en arrière-plan sur les Bigphera-Go et l’enfilade du Trakarding Glacier avec ses moutonnements de séracs. Traverser le canal d’étiage et trouver en face le départ d’un chemin qui conduit en quelques minutes sur un épaulement de la moraine latérale gauche pour un panorama encore plus étendu.

 

Tsho rolpa & ripimoshar glacier

 

Si vous vous sentez d’attaque pour une journée de randonnée complète, vous pouvez poursuivre en légère descente derrière l’épaulement et suivre le lit de la rivière sur la route du Tesi Lapsa (mais vous en êtes encore très très loin…). Vous passerez auprès de deux maisons avant de buter au fond du vallon sur une pente soutenue (1h, 4650m). Afin d’élargir le panorama, vous pourrez monter sur la butte en empruntant le chemin en lacets (30mn, 4900m). Vous surplomberez l’extrémité E du lac de Tsho Rolpa et disposerez alors d’une vue panoramique sur le Trakarding Glacier et tout au fond le confluent avec le Drolambau Glacier qui part sur la G (c’est la voie d’accès au Tesi Lapsa, itinéraire décrit à l’inverse en fin du topo Du Khumbu au Rolwaling). Vous conviendrez également que le Tsobuche qui vous barre l’horizon est décidément un morceau de choix… Descente par le même chemin (il n’y en a pas d’autre, c’est dit ! Et surtout, pas même en rêve, l’idée de revenir par la rive N du lac, le sentier porté sur les cartes n’existant plus depuis belle lurette…).

 

Le lac du Tsho Rolpa et le Kang Nachugo

 

L’itinéraire de descente vers Na est identique à celui de la montée. Derrière nous, le Tsoboche de son imposante stature nous domine et referme la vallée. Alors que nous poursuivons vers Na, le Bamongo (6400m) et le Chekigo (6257m) font leur réapparition. Le Chekigo, sommet secondaire dans la barrière montagneuse qui symbolise la frontière entre Tibet et Népal, nous apparaîtra dans quelques jours lors de la descente de la vallée de la Rolwaling khola dans une position beaucoup plus prestigieuse. Retour au lodge. Nuit en tente ou en chambre.

 

Montée au-dessus de la yersa de Na

Jour 11 : Na - A/R Moraine Ripimoshar Glacier - Na

4h30 / +450m / -450m ou 7h / +750m / -750m

Diaporama Même parcours que la veille jusqu’au pont métallique sous le lac de Tsho Rolpa. Emprunter quelques lacets et bifurquer hors sentier au milieu des buissons ras bien avant d’atteindre Sangma kharka. On vise le col qui se dessine sur le fil de la moraine plein N. Derrière ce col, légère descente jusqu’à une étendue d’eau (2h30, 4700m), lieu d’estive des yacks en été. Retour à Na en 2h. Nuit en tente ou en chambre du lodge.

 

Le Tsobuche

 

On peut également poursuivre sur le fil de la moraine jusqu’à Drangnak (1h30, 5000m) pour un belvédère sur le cirque de montagnes qui entourent le Ripimoshar Glacier. Compter 1h de plus pour le retour à Na.

Ascension du Yalung Ri (5630m, F+) :
Comme proposé dans l’introduction, vous avez la possibilité de tenter l’ascension d’un Trekking Peak. L’ascension s’effectue en 3 jours avec un camp de base sur la moraine au pied du Yalung La vers 4900m. Le lendemain, sommet en A/R en 6 à 8h selon les conditions et retour à Na le surlendemain.

Jour 12 : Na - Beding - Dongang kharka

6h / +200m / -1300m

Diaporama Des landes rases à la forêt primaire, voilà le programme de la journée ! Traverser Na sous le soleil du début de matinée et suivre la direction des gorges dans lesquelles s’engouffre la Rolwaling khola. C’est un véritable enchantement des couleurs et les paysages proposés engagent plutôt au farniente. Des myriades d’edelweiss tapissent les bords du chemin. Mais gare ! La journée promet d’être longue. Au détour d’un virage, le Gaurisankar (7146m) pointe le bout de son museau, il ne nous quittera plus jusqu’à Beding, charmant petit village où il convient de faire étape pour le repas de midi (2h30, 3700m, lodge juste à l’entrée du village en venant de Na).

 

Le Gaurisankar vu dans la descente vers Beding

 

L’après-midi commence par une descente sur un sentier très emprunté qui traverse trois villages authentiques comme on n’en voit plus aujourd’hui dans le Khumbu par exemple… Le Chekigo présente ses ice flutes dantesques et clôt superbement la vallée. Noter à la G du sommet l’échancrure du Manlung La qui, à 5676m, propose (soi disant...) une route d’altitude vers le Tibet. On descend le long de la rivière qui, grossie de ses divers affluents, commence à gronder sérieusement. On laisse sur la G le superbe pont duquel nous avons débouché à notre descente du Daldung La (1h, 3300m) pour continuer tout droit le long de la Rolwaling khola. Le passage à un collet reconnaissable à la présence d’une kharka nous permet de jeter un dernier coup d’œil sur le Chekigo alors que devant nous se profilent déjà, dans une légère brume de chaleur, des reliefs moins prononcés. Poursuivant sur ce chemin parfois dallé sur de grandes portions, on franchit sur un pont suspendu une impressionnante gorge au fond de laquelle apparaît le Gaurisankar sous un aspect, pour nous, inconnu. Quelques centaines de mètres après, aborder avec précaution un ravin mis à mal par les coulées de boue puis commencer à descendre jusqu’à atteindre la Rolwaling khola et passer une passerelle suspendue au-dessous de laquelle bouillonnent des eaux fougueuses (1h, 3200m). Le sentier passe RG, continue de suivre la rivière ; quelques traversées de torrents dénués d’infrastructures nécessitent un peu de précaution sur les roches moussues. Nous sommes alors plongés dans une forêt dense, presque primaire, et en suivant toujours l’excellent sentier (parfois glissant), on arrive en 1h30 à un ensemble de kharkas au bord de la rivière (2900m, emplacements pour poser la tente, épicerie, toilettes en dur,…). Nuit en tente.

 

Bisous de yacks

 

Attention ! A l’automne 2009, le dernier pont suspendu qui permet de passer RG de la Rolwaling khola juste avant Dongang kharka a été fracassé par un gigantesque éboulement de la montagne : les Népalais ont rapidement construit un pont de fortune en bois juste avant le pont métallique qui enjambe le torrent qui descend du Gaurisankar. Pour cela, un sentier part sur la G en forte pente, traverse une zone sablonneuse (à parcourir avec délicatesse) avant de traverser la rivière. Une fois sur la RG, on poursuit sur le bord de la rivière 15mn vers l’aval pour retrouver le sentier historique de l’autre côté de la passerelle détruite.

Jour 13 : Dongang kharha - Simigaon

4h30 / +500m / -1300m. 

Continuation de la « descente » de la vallée du Rolwaling. Descente entre guillemets car la journée est caractérisée par une interminable série de montées et de descentes la plupart du temps au milieu d’une superbe forêt de feuillus. Quelques visions fugitives sur le Gaurisankar mais on sent bien que nous en avons terminé avec la haute montagne.

 

La gompa de Simigaon

 

Pour débuter, immédiatement après le départ du camp, passage au pied d’une cascade en prélude à la remontée d’un coteau abrupt jusqu’à la kharka de Gyalche (30mn, 3000m, lodge basique). S’ensuit un parcours chaotique jusqu’à une autre cascade de belle ampleur (au croisement, obliquer à G) avant de dégringoler sur la kharka de Tintara Odar (1h20, 2470m). Grosse descente par la suite jusqu’à une autre kharka (1h) ou l’on peut organiser le repas de midi. Cinq minutes après le redémarrage, alors que l’on se rapproche de la rivière, prendre l’embranchement de G qui propose une série de marches d’escaliers pour une éprouvante ascension qui gommera les rondeurs acquises suite à l’ingestion de votre dernier chapati… Ouf ! On arrive dans un col dont on espère qu’il sera le dernier de la journée mais que nenni, on s’engage dans une nouvelle descente et rebelote jusqu’à un autre col juste au-dessus du confluent des vallées de la Rolwaling khola et de la Tama kosi (1h, 2200m). La gompa de Simigaon se trouve sur le coteau d’en face et s’atteint en 20mn par un sentier en forte descente suivie vous savez de quoi ? d’une remontée, pardi (petite cette fois-ci…). On rejoint directement le terrain de camping depuis le chorten placé dans le col en suivant vers la G une trace au milieu des terrasses de millet (10mn, 2100m). Visite possible de la gompa au moment de l’office du soir aux alentours de 17h30 et n’oubliez pas la Donation box, le lama y tient beaucoup... Nuit en tente mais on peut aussi dormir chez l’habitant (T, E).

 

Coucher de soleil sur le Gaurisankar

Jour 14 : Simigaon - Jagat

4h / +200m / -1000m.

Diaporama Ca y est, la vraie descente, on la tient : pas une petite comme ça en passant, non, une vraie ! Du terrain de camping, descendre au travers des champs en terrasse en louvoyant entre les jolies maisons typiques du coin (disons 150m de dénivelée) puis, soudain, après avoir dépassé le chorten, ce sont les 600m de chute libre qu’il va falloir négocier sur un sentier en escaliers et qui nous conduisent jusqu’à la rivière. Pont suspendu pour rejoindre Chetchet sur l’autre rive (1h, 1500m, en 2014 la piste étant achevée on peut prendre l'autocar ici). La suite de la journée se passe RD et longe la Tama kosi bouillonnante en suivant pendant la majeure partie de l’itinéraire la piste (pas Top…). On entre dans Gongar (1h30, 1400m), un bien sympathique petit village à la place centrale très animée. Il est plaisant d’y consacrer un instant par exemple pour le déjeuner mais on peut aussi décider de poursuivre le chemin en matinée et s’octroyer une après-midi de farniente à Jagat. On poursuit par la traversée de la Gongar khola avant d’enchaîner un parcours en montagnes russes aux pentes prononcées. On passe à Purano Jagat (lodge) avant de tranquillement arriver à Jagat (1h30, 1330m, commerces, terrain de camping dans la cour de l’école près du pont suspendu, T, E). Nuit en tente.

 

Attente à Suri Dhoban

Jour 15 : Jagat - Singati

3h30 / +200m / -600m. 

Avant-dernière journée de trek tranquille au travers des rizières le long de la rivière. Les travaux de la piste en construction ont mis à mal quelques portions du sentier originel mais il reste quelques beaux morceaux de choix sur la RG de la rivière, style campagne d’autrefois, une fois que la piste est passée en RD. Compter 2h pour atteindre Suri Dhoban au confluent de deux profondes vallées puis 1h30 jusqu’à Singati. Seul bémol : toute la matinée se déroule à l’ombre en RG, c’est rageant de savoir qu’il fait chaud de l’autre côté de la vallée… mais c'est sur la piste ! Nuit en lodge (950m, épiceries, T, C, E, service d’autobus jusqu’à Dolakha pour 2h30 d’enfer…).

 

Le long de la Tama kosi entre Singati et Dolakha

Jour 16 : Singati - Dolakha

5h30 / +950m / -100m.

Diaporama Certes la piste arrive bien à Singati et un service de bus est disponible (sous réserve de grève des conducteurs, d’éboulement de terrain ou autres…). Se rendre à Dolakha (voire Charikot, 5 kms plus loin) est une sage décision et la certitude de disposer de nombreux départs vers la capitale. De plus, Singati est un village très décevant pour marquer une fin de trek (pour résumer, ce n’est pas beau…). Je vous conseille de poursuivre votre périple une journée supplémentaire le long de la Tama kosi nadi et finir en beauté. Vous passerez d’excellents moments dans un superbe cadre bucolique, loin de la piste qui passe par les hauteurs, à la rencontre des paysans et en traversant des villages qui sont restés nature. Vous pourrez également assister à de nombreuses scènes agraires. Juste pour finir notre périple à l’image du début, le Népal profond quoi !

 

Détail d’une chautara à Dolakha

 

Vous passerez à Pikhuti (1h, 920m) et ferez étape pour midi juste après la traversée de la Dolte khola (2h30, 880m, terrain de camping) avant d’affronter, le mot n’est pas usurpé, le dernier morceau de choix, à savoir une montée de 850m jusqu’à Dolakha au cours de laquelle vous croiserez nombre d’autochtones qui rejoignent leurs fermes après un voyage A/R à la ville. Côté paysages, vous êtes maintenant dans la région du piémont himalayen et derrière les collines boisées au milieu desquelles vous marcherez, vous aurez l’occasion de voir réapparaître dans le lointain, en clôture de ce trek, le Gaurisankar et le Melungtse qui nous avaient accueillis au col du Tinsang La.

Nota : La ville voisine de Charikot se trouve directement placée sur la route Kathmandu – Jiri et dispose d’une importante gare routière (plusieurs départs tout au long de la journée pour retourner sur la capitale en 5h). Charikot se rejoint à pieds en 1h30 en empruntant la route goudronnée depuis Dolakha (ou alors en bus si disponible). Nombreux petits hôtels pour passer la dernière nuit (T, C, E) et entre autres un hôtel sympa, le Sailung Village Hotel, qui se trouve à 100m dans la rue qui monte sur la droite une fois que l'on a traversé le carrefour, sens de l'arrivée (tel : +977 49421965).

Jour 17 : Dolakha - Kathmandu

5h de bus.

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Relevés de terrain novembre 2009

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