[Inde] Jammu & Kashmir - De Chogdo au Tsokar

Cette "petite" balade", bien que très proche de Leh, la capitale du Ladakh, se déroule loin des zones de treks touristiques (à l'exception de la 1ère étape où l'on rencontrera les finisseurs de la Markha lors de la dernière demi-heure). Et dès que l'on aura franchi le Konmaru La et basculé sur la G, c'en sera fini de la noria de bipèdes et de quadrupèdes. A nous les espaces (quasi) vierges ! Noter quand même que pour cette 1ère étape empruntant un itinéraire touristique, vous parcourrez les gorges de la Kitchan chu, entre Chogdo et le Konmaru La BC tout seul : ce délire de couleurs concocté par Mère Nature au moment de la surrection de la chaîne de l'Himalaya ne pourra vous laisser insensible...

Les incroyables couleurs de roches de la vallée de la Markha

Tout au long de ce court de ce court périple, 7 jours de marche, vous aurez (quand même...) l'occasion de franchir 5 cols de plus de 5000m tout en respectant les règles de l'acclimatation et vous découvrirez des vallées d'altitude enclavées où les prairies au milieu desquelles chantonnent les ruisseaux accueillent une faune et une flore diversifiées. Que de bivouacs sympas en perspective ! Prenons le temps de déguster ces espaces naturels où paissent les yacks et les chevaux à demi sauvages seulement "importunés" par le cri des marmottes apeurées de l'aigle qui plane au-dessus de leurs terriers. C'est une belle randonnée d'acclimatation à l'altitude, idéale pour s'engager par la suite dans quelque chose de plus conséquent. Et dans les pages de ce site, vous avez de quoi vous satisfaire, en lecture certes, mais aussi sur le terrain...

Fond plan inde himalayenne chogdo tsokar

N’oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec la carte téléchargeable en PDF) et bien d’autres choses encore.

Téléchargez la carte du circuit au format PDF : Carte Rumtse-Spiti Carte De Chogdo au Tsokar

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : Europe - Delhi

8 à 10h d'avion selon la compagnie.
Arrivée en toute fin de journée au T3 de l'IGIA de Delhi ou bien en pleine nuit. Après avoir récupéré ses bagages, on se dirige vers le hall "Départs domestiques" de l'un des terminaux T3 (c'est dans le même bâtiment), T2 (juste à côté du T3) ou T1, le plus ancien, joignable en taxi ou en métro jusqu'à Aerocity puis navette bus, pour opérer la correspondance vers Leh (Vistara, GoAir, SpiceJet ou Air India).

Jour 2 : Delhi - Leh

1h30mn d'avion.
Départ entre 5h30 et 9h du matin avant qu'il ne fasse trop chaud sur la vallée de l'Indus et que les avions aient du mal à atterrir ou décoller par manque de portance. Une fois à Leh, remontée vers la capitale du Ladakh en taxi pour se poser à l'hôtel ou à la guest-house puis repos ! On est à 3500m, il ne faut pas rigoler avec les phases d'acclimatation... En fin d'après-midi, on peut quand même sortir pour une petite découverte de la ville mais sans excès. Entre autres, on est pas obligé de monter immédiatement au Royal palace ni au vieux fort qui jouxte Tsemo gonpa. Mal de tête quasiment assuré et souffle court... Mais on peut se faire déposer en taxi à Tsemo gonpa pour descendre tranquillement jusqu'à la vieille ville de Leh au milieu de laquelle il est VRAIMENT conseillé de visiter l'Asian museum consacré à l'histoire du Ladakh. Noter au passage que la visite du Royal palace à Rs300 est totalement évitable ! Nuit en guest-house.

Leh (montée vers le Royal palace

Jour 3 : Leh - Visite de monastères situés dans la vallée de l'Indus côté ouest

3 à 4h de voiture.
Au choix : Phyang, Spituk, les plus proches, Alchi, Man Gyu, les plus éloignés voire Lamayuru. Ne pas rater les grottes ornées de Saspol et la descente du fort de Basgo (faire défiler les Diaporamas). Retour à Leh. Nuit en guest-house.

Phyang

Jour 4 : Leh - Shey - Thikse - Hemis - Chogdo

2h30 de voiture et visites.
Après la visite de quelques monastères situés le long de l'Indus du côté E de Leh, on se rend à Chogdo pour passer une nuit d'acclimatation à 4000m.

Depuis Leh, on suit la NH-3 en direction de Manali. A la sortie de Kare, on s'échappe de la NH- en suivant la route d'accès du monastère d'Hemis. On traverse l'Indus. Juste après, on laisse sur la droite la route d'Hemis (possibilité de visite en 1h30 A/R) pour poursuivre sur la route revêtue d'un goudron intermittent. On laisse sur la gauche la piste d'accès à Martselang et on rentre dans les gorges plein N pour atteindre les deux trois lodges de Shang sumdo (3650m, C BSNL, T). Depuis 2017, le chemin qui relie Shang sumdo a été "viabilisé" si bien que l'on peut s'y rendre en 4x4, les 6kms de piste ne présentant VRAIMENT pas un intérêt primordial pour les parcourir à pieds... Du village de Chogdo à tout juste 4000m, il est intéressant le lendemain de faire la balade en A/R jusqu'à un col panoramique, le Chyungdo La, afin de parfaire son acclimatation. Donc, nuit sous tente ou au lodge de Chogdo.

Hemis

Jour 5 : Chogdo - Gyuncho La - Chogdo

4h / +750m / -750m.
On revient sur nos pas en suivant le canal d’irrigation mais au lieu de descendre vers le chörten blanc on continue tout droit à flanc. On passe au pied d’un lhato rouge (10mn, 4015m) avant d’entrer dans le vallon de droite et suivre toujours, sur un petit sentier, le canal d’irrigation. Puis on remonte la vallée à flanc de coteau sans jamais trop s’éloigner du lit de la rivière. On passe quelques enclos à bestiaux puis le sentier se décide enfin à rejoindre le lit de la rivière. On commence à découvrir le fond de la vallée et les pentes terminales du Gyuncho La, l’épreuve de la journée. On avance jusqu’à une source (1h, 4210m) puis le sentier qui cheminait depuis l’origine en RG du vallon se dirige à présent vers une moraine fluviale centrale que l’on remonte jusqu’à atteindre un cairn proéminent érigé sur un rocher couvert de lichens rouges (25mn, 4330m).

Chogdo

Au-delà, on laisse une large vallée glaciaire partir vers la gauche en direction du groupe de montagnes du Matho Kangri alors que le chemin se poursuit tout droit vers le col à la teinte sableuse qui clôt le vallon. On avance sur la moraine en louvoyant entre les buissons d’épineux et en tâchant de ne pas perdre le fil conducteur. On arrive à un confluent de thalwegs (30mn, 4460m). On s’engage dans celui de D pour une directissime sans concession. On passe à proximité du Gyuncho La n°1 (20mn, 4590m, faire l’A/R en 30s pour la vue plongeante sur la vallée de la Shang chu et accessoirement sur le sentier de descente vertigineux que l’on aurait pu prendre si l’on avait suivi les indications des cartes topographiques…).

Au Gyuncho La n1

De retour du col, on poursuit la montée dans le thalweg qui présente une pente un peu moins affirmée pour déboucher, 500m plus avant, au Gyuncho La n°2 (10mn, 4650m). Là, la vue est totalement différente de celle du n°1 avec un panorama qui s’ouvre sur de vastes alpages au relief adouci où paissent yacks et dimos. Sur la gauche, on surplombe un profond thalweg rouge orné de cheminées de fées qui ondule depuis la base d’une montagne enneigée. Vision idyllique alpestre… Tout au fond, on distingue le large passage du Shang La prolongé sur sa gauche par les contreforts du Matho Kangri, le sommet principal restant caché par un de ses satellites. Retour sur Chogdo par le même itinéraire en 1h30.

A l'entrée des gorges de la Kurmo chu

Jour 6 : Chogdo - Konmaru La BC E

3h15 / +870m / -100m.
On redescend du village de Chogdo par la piste d'accès. Dans le virage à G (5mn, 3990m, tente parachute), on suit le lit de la rivière et on commence par la traverser plusieurs fois (attention aux pierres glissantes !). On remonte directement sur le lit de galets bordé de falaises de couleur rouge carmin. Le vallon fluvial s'élargit et par une dernière traversée on rejoint la RG où l'on suit à présent un sentier (laisser à main droite le sentier d'altitude qui conduit directement à des espaces de camping avec eau). On atteint rapidement le site de Chukirmo (35mn, 4165m, tente parachute buvette uniquement). Au-delà, on pénètre dans la gorge, célèbre pour ses couleurs exceptionnelles et variées. Toutes les nuances de l'arc-en-ciel doivent y être représentées.

Cheminées de fées dans les gorges de la Kurmo chu

Il faut dire que on est en plein dans la zone de subduction des plaques Asie et Inde et que ça a dû pas mal remuer dans le coin dans les temps anciens où les deux blocs se sont rencontrés. Pas mal de roches ont été expulsées des profondeurs et aujourd'hui on les retrouve émergées pour le plus grand plaisir des yeux... Là aussi on traverse pas mal de fois le torrent. Quelques sentiers avaient été créés à flanc de coteau mais ceux-ci ont subi de nombreux éboulements et les locaux ont abandonné l'idée de les entretenir pour voir leur travail réduit à néant la saison suivante... Donc, on évolue souvent sur les galets !

La porte dans les gorges de la Kurmo chu

On franchit une "porte" (1h30, 4460m) et 200m plus loin, alors que le vallon s'élargit, on est invité à suivre le sentier qui part à main G tracé en hauteur dans un coteau de petit éboulis. Mais bien vite on retrouve les galets... Après 400m, on s'échappe du lit de la rivière pour monter sur la RD en forte pente. En face apparaît le Konmaru La et son sentier de descente côté N où se suivent en file indienne (c'est le cas de le dire...) une noria de chevaux, de mules et de randonneurs qui sont en train de terminer le trek de la Markha. On traverse une fois encore la rivière juste avant la confluence de vallons de lartse Konmaru et on poursuit sur la D, toujours en montée assez relevée, pour rejoindre un large alpage situé au pied du Konmaru La. On établit le camp (50mn, 4760m, GPS : 33°48'00"N 77°37'25"E, eau dans un petit torrent sur la D en montant).

Maman bharal et sa progéniture au Konmaru La BC E

Noter que de vouloir franchir ce col dans le sens nord sud implique de ne pas disposer d'hébergement et qu'il est nécessaire de prévoir l'équipement de bivouac. A moins de décider de franchir le col et d'aller se poser sur le plateau du Nyimaling, ce qui relève quand même d'une belle performance, surtout pour une mise en train...

Jour 7 : Konmaru La BC E - Konmaru La - Nyimaling - Lhalung La - Lhalung doksa

4h10 / +745m / -545m.
On remonte le vallon en suivant le sentier. La montée est assez soutenue pour atteindre un plateau morainique incliné lui aussi où l'on part un peu sur la G au SW. Au matin, il n'est pas rare d'y croiser quelques hardes de mouflons venues brouter l'herbe rase juste avant la cohue touristique... Le sentier passe bien au large d'un cairn (45mn, 4965m) alors qu'à l'arrière se découvre un horizon bien dégagé à présent composé des montagnes du Changthang. Puis on aborde les pentes détritiques qui défendent le col sur lesquelles le sentier évolue en larges lacets superbement tracés. Par un dernier "coup de rein", on atteint le Konmaru La (1h05, 5260m, C BSNL intermittent).

Au Konmaru La

Au S, on domine les espaces herbeux du plateau du Nyimaling avec en face le massif montagneux du Kang Yatse qui culmine à 6400m. Noter juste au pied droit du Kang Yatse II le passage du Kanka Nongpo La par lequel on arrive depuis Kharnag (voir topo GTL n°1). Sur la droite, vers l'W, c'est l'enfilade de montagnes qui bordent le sillon de la vallée de la Markha, montagnes détritiques aux roches colorées dans les tons jaune, ocre et marron. On égrène les quelques lacets du sentier d'accès au col depuis le versant Markha côté WSW et, au moment où le sentier va prendre une direction rectiligne vers l'W (5mn, 5200m), on s'échappe du sentier à main G pour se lancer dans une transversale hors sentier dans les pentes d'éboulis de schistes en prenant garde de ne pas trop descendre.

A la bifurcation côté E du Konmaru La

On atteint assez rapidement les pentes gazonnées vers 5150m pour poursuivre en biais avec un profil similaire de descente en direction du large coude que fait la Nyimaling chu après qu'elle soit sortie du vallon glaciaire du Reponi Mallai Ri. On reste bien à hauteur de la rivière aux alentours des 5100m. Au niveau de la sortie d'un thalweg (30mn, 5100m), c'est le moment du choix.

Un couple de gypaètes barbus posé sur les alpages du Nyimaling

Si l'on souhaite couper l'étape en deux, on descend rejoindre une superbe prairie qui va servir de camp pour l'étape. On se trouve au pied du Lhalung La à son camp de base W (15mn, 4985m, GPS : 33°45'59"N 77°37'00"E, eau dans la Nyimaling chu). Le lendemain, on remontera pleine pente vers l'E pour retrouver la cote 5100 (compter 25mn de grimpette) et on reprendra le fil de l'itinéraire.

Sur les alpages supérieurs du plateau du Nyimaling

Si l'on n'a pas choisi de descendre établir un camp à la mi-journée, on poursuit vers l'E. On retrouve bientôt une ligne intermitente de cairns. A l'arrière, la vue vers le NW se dégage jusqu'aux Chomothang qui dominent Kanji. Plus près, c'est le Matho kangri qui présente sa belle face S glacée en RD de la vallée de la Markha. Et, le long de la Nyimaling chu, on distingue nettement le camp de Nyimaling. A l'W, le Kang Yatse sort de l'arrière de la moraine présentant son glacier suspendu bien vertical. On enchaîne par un plateau caillouteux en pente modérée pour atteindre le large passage du Lhalung La (55mn, 5320m).

La face N du Kang Yatse I vu depuis le Lhalung La

Belle vue périphérique à quasiment 360°. On part sur la D vers le SSW pour s'engager dans une traversée d'éboulis en légère pente descendante afin de rejoindre une selle caractéristique qui donne accès au vallon de la Lhalung chu (15mn, 5245m). En aucun cas il ne faut descendre le vallon de la Lhalung chu pour espérer rejoindre plus rapidement la NH-1, les basses gorges sont totalement impraticables.

Descente du Lhalung La vers la doksa

Ceci dit, depuis la selle, la descente sur la D est un peu plus heurtée puisque l'on désescalade la RG d'un thalweg pour retrouver un peu plus bas une trace étale qui permet de traverser à hauteur des pentes de petit schiste noir. Lorsque l'on retrouve des espaces gazonnés (20mn, 5035m), on poursuit dans la même direction E pour aller traverser la large vallée fluviale. On suit la RD de la rivière et on installe le camp sur les banquettes gazonnées en contrebas (15mn, 4950m, GPS : 33°44'38"N 77°38'34"E) au pied du col du lendemain, le Chagtsang La.

Lhalung doksa

Jour 8 : Lhalung doksa - Chagtsang La - Poze La - Lato

4h30 / +280m / -1240m.
Du camp au bord de la rivière on remonte les pentes gazonnées vers l'E pour franchir un collet (25m, 5075m). On incline légèrement sur la G pour traverser une zone humide bien au-dessus de la combe au fond de laquelle on distingue quelques enclos à bestiaux. Le cadre est vraiment superbe !

Au départ de Lhalung doksa

A l'arrière, côté W, le Kang Yatse est de plus en plus présent mais c'est son voisin de gauche, le pic de Dzo Jongo, qui lui vole la vedette... Et, plus près de nous, la combe de Lhalung se présente depuis le haut comme un écrin de verdure de toute beauté. On poursuit en montée transversale vers le col sur des éboulis de petit schiste humide. Par une dernière partie herbeuse courue par une grosse colonie de lagopèdes, on rejoint le passage du Chagtsang La (40mn, 5210m).

Arrivée de la caravane au Chagstang La

La vue s'étend du N à l'E aux montagnes du Changthang. A l'extrémité SE, on termine l'exploration visuelle par le passage du Tanglang La, le plus haut col de la route Leh - Manali. Pour la descente, il n'est pas conseillé de descendre directement dans le vallon de Chagtsang, celui-ci rejoignant celui de Lhalung dont on a abordé la dangerosité le jour précédent...

Lhalung doksa vue du Chagstang La

On suit donc à main D un sentier tracé à flanc, cairné qui plus est. Il fait le tour de la combe sans trop perdre d'altitude. On traverse de grandes zones herbeuses humides, un peu "marécageuses" au début de l'été au moment de la fonte des névés. On rejoint une large crête herbeuse débonnaire à 5015m, crête dont on suit le fil vers la G pour rejoindre le col du Poze La (55mn, 4950m) d'où l'on domine l'enfilade de la Gya chu jusqu'à Rumtse, et bien au-delà jusqu'aux pentes N du Tanglang La. Par contre, difficile de nommer au moins l'un des nombreux pics qui se présentent car le géographe local a été un peu laxiste dans son travail... Du col, on suit le large thalweg qui se présente sur la D en rejoignant tout d'abord le sentier tracé en RG. Ensuite, il bascule côté RD vers 4875m pour aborder le coude à D opéré par le vallon. Un peu plus bas (25mn, 4755m), on repasse RG pour fouler des petits éboulis rougeâtres. Soudainement, la vallée devient très verte, ceci étant dû à la présence d'une source (15mn, 4555m). On aborde le site de Rigyul sumdo (camp possible, surtout dans le sens de la montée). Un tout petit peu plus bas, comme l'indique le mot sumdo, on se trouve à une confluence de vallées et notre ruisselet se voit bientôt grossi des eaux de la Shiyul chu qui arrive de la droite. Là, on ne joue plus dans la même cour...!

Après Ryul sumdo, descente vers Lato

La vallée devient plus minérale et présente des parois détritiques. On travers une première fois la rivière à gué (15mn, 4350m) puis une seconde (5mn, 4320m) et une troisième (15mn, 4210m). Le défilé se resserre et nous voici à l'approche d'un nouveau sumdo (10mn, 4155m). Là, c'est la "double peine" : d'abord traversée "tranquille" de la Shiyul chu puis traversée, beaucoup moins aisée, de l'Amda chu qui arrive de la droite et d'un potentiel aquatique nettement plus corsé... Ce n'est pas parce que l'on est passé RD et que l'on a remis ses croquenots que l'affaire est pliée ! Non, non, les eaux bouillonnantes de l'Amda chu vont encore nous laver les pieds (voire plus...) deux fois encore.

A l'approche de Lato et des traversées de rivières...

Juste après, une fois en RD, on croise une source (40mn, 4100m) puis la vallée s'élargit et, alors que l'on commence à entrevoir l'issue de la descente avec la présence des maisons entourées de champs de moutarde de Lato, on est invité à laisser le lit de galets de l'Amda chu pour grimper sur la falaise détritique afin de poursuivre à hauteur le parcours pédestre sur le sentier qui traverse les anciens champs. Puis le sentier se confond momentanément avec le canal d'irrigation pour atteindre Lato, un "village" de 4 maisons dont 3 lodges ou homestay situé à un endroit stratégique, en bordure de la NH-3 (25mn, 4000m, C BSNL quand il y a de l'électricité, et c'est pas gagné...).

Lato

Possibilté de retour sur Leh en moins de 2 heures en suivant en première partie de voyage les somptueuses gorges de la Gya chu avant de retrouver la large vallée de l'Indus à Upshi.

Jour 9 : Lato - Rumtse - Chorten sumdo

3h de marche le long de la route / +75m / -0m et sur sentier 2h40 / +300m / -50m.
Malheureusement un peu beaucoup de route pour cette étape ! Si vous trouvez un taxi, officiel ou improvisé, cela réduira l'empreinte carbone dans vos poumons... En gros, il faut suivre la NH-3 en direction de Manali sur une bonne dizaine de kilomètres jusqu'au-delà de Rumtse, à Danglas Chan (au niveau du camp du 111RCC du BRO). Là, on s'en va sur la G rejoindre la rivière pour la traverser sur une passerelle métallique (5mn, 4375m) et franchir la moraine qui sépare les vallées de la Gya chu et de la Kyamri togpo. Diaporama Une fois de l’autre côté, on suit la rivière en RD vers l’aval afin de contourner une moraine détritique. Puis on s’engage vers la D dans une large vallée au milieu de laquelle serpente un ruisseau. On le traverse un peu plus loin (25mn, 4340m) pour monter sur un plateau alluvial.

Entre Rumtse et Chörten sumdo

On retraverse la rivière et l’on quitte cette vallée fluviale pour s’engager dans une plus large qui se poursuit tout droit (20mn, 4355m). Et au moment où l’on s’y attend le moins, on débouche sur un large espace gazonné où le sel affleure et que l’on contourne par sa gauche. On passe auprès d’une bergerie (35mn, 4375m). Le sentier se poursuit en faux-plat montant alors que l’on pénètre dans le thalweg de droite tapissé d’une prairie très épaisse. Les roches aux alentours prennent des teintes grenat et vert-de-gris. Ça y est, le décor du trek est bel et bien planté : il va falloir s’attendre pendant ces treize jours de marche à une alternance de grands plateaux herbeux et de cols rocailleux, immergés dans un univers minéral total dès que l’on sort du fond des vallons. On s’élève progressivement en RD du vallon avant de déboucher sur un plateau. On est arrivé à Chorten sumdo, lieu-dit marquant un espace habité en saison (1h15, 4570m, groupe de bergeries et d’enclos à bestiaux, eau dans le torrent). Nuit sous tente au beau milieu du plateau d’altitude.

Chörten sumdo

Jour 10 : Chorten sumdo - Tisaling

3h50 / +850m / -300m
Diaporama On remonte la vallée fluviale de la Kyamri togpo sur sa RD pour aller s’engager dans un large vallon qui part contourner la « bosse » morainique par sa gauche. On laisse partir une piste en lacets vers la gauche pour continuer tout droit en fond de vallon sur un bon sentier.

Au départ de Chörten sumdo

La pente s’affermit à l’approche du col. Au moment où le sentier et la piste convergent (1h40, 4970m), on suit le large chemin qui part sur la D avant de monter pleine pente jusqu’au Kyamri La (30mn, 5120m). Le col est étonnamment vert avec des dizaines de marmottes qui gambadent sur le gazon. Au-delà du col, apparition remarquée par-dessus les pâturages du sommet enneigé du Chokr qui culmine à 5790m. A l’arrière, vue étendue sur la vallée de la Kyamri togpo jusqu’à Rumtse et bien au-delà. Du col, on part sur la D en suivant un chemin en courbe de niveau qui emmène à un collet derrière lequel on descend jusqu’à un confluent de vallées (25mn, 4980m). On traverse la rivière principale pour s’engager dans une large combe. Si la première partie de l’ascension s’effectue en faux-plat montant, la suite n’est pas du même acabit : la pente se redresse fortement jusqu’à déboucher au large col du Mandalchen La (45mn, 5230m, manquant sur la carte Olizane ). On suit un sentier à flanc qui fait le tour de la large combe jusqu’à un collet duquel on descend vers la D sur l’alpage de Tisaling (40mn, 5050m, buvette) au pied du Shingbuk La, l’épreuve de demain. Nuit sous tente.

Au campement de Tisaling (ça va tomber ? ou pas...)

Jour 11 : Tisaling - Pongonagu - Ryul (Tsokar)

6h / +350m / -820m.
Diaporama de Tisaling à Pongonagu On remonte la vallée fluviale au-dessus de Tisaling en suivant une trace que l’on trouve 300m après voir quitté le camp. Elle part légèrement sur la G pour venir buter sur un pierrier avant de partir sur la D à flanc. Le passage du col reste invisible jusqu’au dernier moment ce qui rend la montée finale assez interminable… Enfin, le cairn apparaît : on est arrivé au Shingbuk La (1h, 5290m). Nous voici à présent dans la région du Rupshu. A nous les grands alpages, les campements de nomades et leurs troupeaux ! Descente toute en douceur avec à l’horizon une large cuvette rigoureusement plane ceinte de montagnes enneigées et au milieu de laquelle s’inscrit le lac du Tso Kar.

Un troupeau de kiangs

On suit un vallon très verdoyant dans lequel il n’est pas rare de rencontrer quelques groupes de bharals et aussi des kiangs, ces ânes sauvages, particularité du coin. On passe sous un collet qui s’inscrit sur la gauche et au pied duquel on trouve un point d’eau (35mn, 5000m, possibilité de campement sur les larges espaces gazonnés). Attention ! L’itinéraire indiqué sur la carte Olizane et qui passait par ce col n’est plus viable . Il convient donc de poursuivre tout droit dans le vallon issu du col sur un excellent chemin au milieu des vertes prairies et des tourbières. Après être passé à proximité de quelques enclos à bestiaux, le paysage change radicalement et passe de la verdure au minéral. On atteint un point de vue panoramique sur la vaste dépression sableuse du lac Tso Kar (55mn, 4800m). Le nouvel itinéraire contourne la cuvette par la droite et reste à mi-hauteur offrant au regard un large espace multicolore. On remonte quelque peu jusqu’à un premier collet (35mn, 4670m) puis un second (10mn, 4700m) après avoir traversé un plateau à l’herbe rare. Sur la gauche apparaît le village de Thugje posé sur la rive opposée du lac au pied d’une montagne couleur grenat. Au-delà du collet, il ne reste plus qu’à descendre traverser la route puis l’ensemble de bergeries pour trouver une piste qui conduit jusqu’à une maison isolée (abri possible, propre, isolé du vent et de la pluie). On traverse les espaces gazonnés de Pongonagu puis on dépasse un lhato (20mn, 4590m, source 50m en amont).

Au bord du Tsokar, lac salé

On contourne l’enclos grillagé par la droite. On rejoint la piste sableuse puis on passe devant le camping « officiel ». On poursuit de façon monotone sur la piste sableuse à distance des marécages. Ce n’est que lorsque l’on atteint l’extrémité W du lac du Tso Kar (1h, 4545m) que l’intérêt grandit puisque l’on peut descendre longer l’étendue d’eau en suivant la rive recouverte d’une croûte de sel. On peut aussi admirer le ballet de quelques volatiles qui ont élu domicile sur les banquettes herbeuses pour y nicher (attention d’ailleurs quand vous marchez sur l’herbe de ne pas écraser les œufs…) et profiter de l’écosystème spécifique de cette cuvette saline. Le ballet permanent des nuages et du soleil fait que les eaux prennent des teintes bleues, roses ou même violettes, attestant de la présence d’une salinité conséquente. Tout autour, ce ne sont que chaînes de montagnes érodées qui composent un panorama assez exceptionnel. On revient sur la piste un peu plus loin jusqu’à atteindre un chörten (45mn, 4555m). En montant un peu au-dessus du chörten et que l’on domine davantage le lac, on ne se lasse pas du spectacle permanent d’ombres et de lumières qui façonnent l’espace. Fascinant ! On poursuit sur la piste pour traverser un « village » et atteindre un mur de manis possédant de beaux spécimens de pierres gravées juste avant le village de Ryul (15mn, 4560m), point final de notre traversée.

Le lac du Tsokar

Jour 12 : Tsokar - Tanglang La - Upshi - Leh

3 à 4h de voiture.
Retour sur la capitale du Ladakh en voiture.

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7 jours de marche / 31h / +4200m / -3640m.

Relevés de terrain juillet 2019.

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