[Drôme] La montagne de Praloubeau

6h de marche / 20kms / +1030m / -1030m
Carte topographique IGN Top25 au 1/25000e 3138 OT Dieulefit - St-Nazaire-le-Désert - Forêt de Saoû
Départ : Volvent (10kms au SE de Saint-Nazaire-le-Désert, vallée de la Roanne, parking du col de Vache)
Arrivée : Volvent
Avertissement préalable : Prenez de l’eau pour la totalité de la randonnée ! (fontaine au col)

Diaporama

Carte volvent 02 6h 20km 1030 1030         Carte générale GTAM1 Téléchargez la carte au format PDF

La vallée de la Roanne que l'on connaît davantage par les gorges calcaires austères (mais belles...) de sa partie inférieure présente un paysage de champs cultivés et d'alpages dans sa partie supérieure s'inscrivant largement autour de Saint-Nazaire-le-Désert. Deux chaînes montagneuses orientées nord-sud contiennent cette micro-région : à l'W, c'est la montagne de Couspeau (on a pu l'explorer à deux occasions : la portion N depuis le col de la Chaudière, et la portion centrale depuis, justement, Saint-Nazaire) ; à l'E se trouve un enchaînement de collines d'altitude qui comprend les montagnes d'Aucelon, de Boutarinard, de Praloubeau et de l'Eyriau. C'est précisément cette partie qui va nous intéresser à présent en composant un itinéraire en boucle depuis le village d'altitude de Volvent situé au pied du sommet emblématique du coin, la Servelle. D'ici, les montagnes semblent débonnaires mais demandez donc aux habitants de Jonchères ou de Bellegarde-en-Diois (ils résident à l'E de cette chaîne de collines...) ce qu'ils en pensent et ils vous parleront de ces falaises relevées, de cet éboulement de plus de 1000m de large sur 500m de haut... Pas du tout ce que vous envisagiez depuis la vallée de la Roanne ! Eh bien, ce topo décrit la traversée intégrale de la montagne de l'Eyriau au S jusqu'à la Tête des Faux au N, excroissance gazonnée qui s'inscrit entre les montagnes d'Aucelon et de Boutarinard (la montagne d'Aucelon, ce sera pour une autre fois...). En toute sécurité, vous allez pouvoir longer ces abîmes, déguster des panoramas sur les Alpes du S (le Dévoluy certes, le Gapençais, le Vercors S mais aussi bien plus loin, apercevoir les pics emblématiques de l'Oisans que sont la Barre des Ecrins et la Meije. Rien que ça !). Le point d'orgue de cette randonnée d'une vingtaine de kilomètres au total c'est bien le parcours de crêtes. Il n'en représente qu'une dizaine, tout en up / down et dans une ambiance relativement sauvage, donc un tantinet exigeant. Le complément consistera en des marches d'approche puis de retour au point de départ de 5kms chacune, mais heureusement pas si moches que ça...

Volvent (au col de Vache)

Du col de Vache à 887m situé sur la RD135 au SE de Volvent (eau potable à la fontaine), on part vers le SW pour passer près des containers de tri sélectif en suivant les marques jaunes et rouges du GR de Pays du Tour de la vallée de la Roanne. Après 50m le GRP descend vers le SE et rejoint le poteau indicateur "Pied de la Vallée" (5mn, 850m). On laisse le GRP partir sur la droite en direction de La Chaudière alors que l'on suit sur la G la route goudronnée sur une trentaine de mètres avant de tourner à D dans le chemin du Gourd. On suit à distance le ruisseau de Champanin jusqu'à l'approche de la ferme de Pinchinier. La piste remonte vers la ferme et la contourne par la D. Le sentier équestre dessiné sur la carte IGN n'est plus viable. Il faut suivre la route d'accès à la ferme en direction du N pour retrouver la RD153. A la route, c'est cap au S sur le goudron jusqu'au col des Roustans (45mn, 1028m). On laisse le goudron pour s'engager à main G sur une piste qui s'élève tranquillement au SE avec comme point visé le large col qui s'inscrit dans la crête à la D des pylônes télécom.

Sur la piste entre le col des Roustans et la montagne de l'Eyriau

Au fur et à mesure que l'on s'élève à flanc de la montagne de Praloubeau, on domine de belle façon la vallée qui descend au SW au bout de laquelle se dressent les remparts de la montagne d'Angèle. Sur la droite, dans l'enfilade de la vallée de la Roanne, les Trois-Becs émergent avec à leur gauche le Grand-Delmas, le point culminant de la montagne de Couspeau, crête de belle longueur que l'on peut suivre inégralement vers le S. Et n'oublions pas le sommet emblématique du coin, la Servelle qui écrase le village de Volvent. A sa droite, le large col par lequel on reviendra en fin de journée : Champ Rabi. La piste conduit jusqu'à un large virage à G et rejoint la crête de la montagne de l'Eyriau (40mn, 1265m). Et quelle vue ! On découvre vers l'E quelques sommets du Dévoluy, du Gapençais et plus vers le S le Mont-Ventoux reconnaissable au pylône télécom qui en coiffe le sommet. Tout en bas, c'est la riante vallée de l'Oule et le gros village de La Motte-Chalencon. A l'approche des pylônes on retrouve un peu de goudron sur une pente assez relevée. On le quitte après 300m pour s'engager à main D sur une sente qui se rapproche du rebord des falaises E. On atteint le 1er pylône (10mn, 1360m) puis en suivant le goudron le 2ème (10mn, 1420m). On poursuit au N sur la crête sommitale de la montagne de Praloubeau. A gauche, c'est la vallée de la Roanne, à droite en contrebas, Bellegarde-en-Diois. Quant au panorama, large il va sans dire, il s'étend du Grand-Delmas au Dévoluy en passant par le Glandasse côté N et du Gapençais à la Lance en n'oubliant pas de nommer le Mont-Ventoux et la montagne d'Angèle côté S. On évolue sur un petit sentier tracé au milieu d'une large crête sans aucune difficulté. Pas d'embûches à redouter et l'on peut se consacrer entièrement à la contemplation...

Sur la crête de la montagne de Praloubeau

On quitte la montagne de Praloubeau sans vraiment s'en apercevoir pour enchaîner sur le Gros Mourre, un double sommet séparé par une sorte de collet au lieu-dit "La Charre" dans lequel on trouve des vestiges d'une cabane (??). Des planches aménagées comme des bancs invitent à la pause repas... Et en plus, la vue n'est pas des plus moches (45mn, 1525m). On franchit le deuxième mamelon du Gros Mourre pour découvrir la suite de la crête, dirons-nous un peu plus heurtée. Cela commence par une descente en larges lacets (à composer soi-même...) dans les pentes d'herbes folles pour atteindre le col de Volvent (10mn, 1430m, descente vers Jonchères par le sentier qui débute dans la forêt, retour possible vers les Roustans par un vieux sentier ? (pas testé)).

Depuis le Gros Mourre, vue plongeante sur le col de Volvent

On poursuit vers le N pour réaliser l'ascension du premier pic, bien redressé, appartenant à la montagne de Boutarinard. La trace louvoie entre les buis (Tiens ! Ici, ils n'ont pas été touchés par la pyrale...) avant de sortir à découvert pour arpenter un coteau d'herbes folles. Des cairns judicieusement placés (ce sont les premiers... et les derniers du parcours) permettent de ne pas trop avoir à réfléchir pour choisir sa trace. On évite le sommet par son côté W en traversant des prairies d'altitude à une vingtaine de mètres sous le sommet de la Berche. En se retournant, on peut revoir le Mont-Ventoux, ce géant de Provence, qui s'inscrit à la droite du Gros Mourre. On avance toujours vers le N pour traverser dans le sens de la longueur un collet (30mn, 1540m) où se présente la surprise de la journée, un peu flippante pour certains (et assurément par grand vent...), à savoir le fameux effondrement qui a emmené la paroi E de la montagne de Boutarinard sur plus d'1km de large. C'est un à-pic très impressionnant de plus de 500m de haut que l'on peut contempler depuis le rebord de la falaise. Et ce n'est pas forcément terminé : en y prenant garde, on constate nombre de lignes de fractures du plateau sommital. Ca devrait encore bouger d'ici plus ou moins long terme...

L'éboulement de la face E de la montagne de Boutarinard

Comme on est arrêté, voire interloqué par le résultat de l'action des éléments naturels, on en profite pour travailler sa géographie alpine en essayant de reconnaître quelques uns des pics qui pointent leur nez à l'orient. Il y a l'Obiou, le Grand-Ferrand, le pic de Bure... Après c'est un peu plus difficile, si ce n'est qu'au deuxième plan apparaissent deux montagnes emblématiques de l'Oisans et bien reconnaissables : la Barre des Ecrins à la gauche du Grand-Ferrand, et le massif de la Meije à la gauche de l'Obiou. Pfouh ! On continue plus ou moins (et avec grande précaution...) à longer le bord de la falaise sur une trace qui a tout l'air d'une draille de moutons. Mais on ne va pas faire le difficile ! Après avoir évolué en continuels up / down depuis un bon moment, voici une grosse descente qui se propose pour rejoindre le Pas du Fay qui s'inscrit à l'horizon entre le pylône télécom d'Aucelon et la Tête des Faux, ultime étape de notre parcours de crête. Au Pas du Fay (45mn, 1465m), on domine le village de Jonchères et on distingue parfaitement à présent Luc-en-Diois, un bourg situé dans la haute vallée de la Drôme. Plus proche du fil conducteur de la crête, il n'est pas rare de rencontrer quelques chamois par ici...

Les chamois de la montagne de Boutarinard

Depuis le Pas du Fay, on remonte d'une cinquantaine de mètres pour rejoindre le sommet de la "bosse" de Chauffer à 1522m. C'est la dernière grimpette du parcours de crête, mais elle nécessite de s'écarter du bord de la falaise pour franchir une clôture en utilisant un portail avant de monter pleine pente sur la D. Du sommet de la "bosse", on poursuit en descente tranquille en direction de la Tête des Faux, identifiable au poteau indicateur qui y est planté (20mn, 1471m). On ne va pas davantage parler de la vue à 360°... Sur la Tête des Faux, on croise un PR qui a été récemment créé et qui propose un circuit en boucle au départ d'Aucelon. Vers le N, les marques jaunes permettent de rallier Le Sapey en suivant une petite partie de la crête de la montagne d'Aucelon alors qu'à l'W elles conduisent à un impluvium (réserve d'eau de pluie pour les animaux).

Au sommet de la Tête des Faux

Du sommet, on revient pendant 150m sur les pas qui ont conduit ici, en gros jusqu'à l'arbre isolé sur lequel on trouve un balisage. Le sentier balisé part sur la droite en direction du NW alors que l'on doit franchir le collet qui s'inscrit plein W (pile poil en direction du sommet de la Servelle) pour descendre au milieu du vallon passer à proximité de la bergerie ruinée de Feuillaufond. 300m plus loin, on incline légèrement sur la G pour rejoindre la piste terreuse qui court au pied de la Servelle quelques 200m à la droite du poteau indicateur "Champ Rabi" (20mn, 1300m). C'est à partir d'ici que vous pouvez, s'il vous reste encore un peu de "jus", tenter l'ascension du sommet de la Servelle (compter 1h15 l'A/R) en suivant le balisage jaune-rouge de la variante du GR de Pays du Tour de la vallée de la Roanne. Comme "tout bonheur a une fin", on s'en va rejoindre le point de départ de ce matin en suivant l'itinéraire du GR de Pays qui se superpose à la piste d'accès au plateau : d'abord, la piste sinue entre les nombreux champs de lavande, puis elle remonte d'une cinquantaine de mètres pour franchir une épaule qui sépare deux thalwegs avant de se remettre à descendre modérément (5,4kms pour 400m de différentiel...) en s'éloignant du massif de la Servelle. Pendant l'interminable descente, on peut en profiter pour apprécier le "travail" de la journée en visualisant à main gauche l'enchaînement des crêtes des montagnes de l'Eyriau, de Praloubeau et de Boutarinard dont on ne distingue que les flancs W, les plus "humains". En tout cas, une belle série de creux et bosses... On descend face au lointain Mont-Ventoux. A la cote 1145, on laisse partir à droite dans la garrigue la piste non signalée qui permet de rejoindre directement le village de Volvent alors que l'on poursuit sur la piste principale jusqu'à atteindre le col de Vache (1h10, 887m). On en a pris plein les mirettes, non ?

La servelle vue en descendant de Champ Rabi

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