[Alpes HP] La Tête de l'Estrop

J1 : 3h de marche / 6kms / +660m / -390m & J2 : 6h30 de marche / 12kms / +1260m / -1530m.
Cartes topographiques IGN au 1/25.000e 3439 ET Seyne et 3540 OT Barcelonnette
Départ : La Foux d’Allos
Intermédiaire : Refuge de l'Estrop (refuge communal de Prads Haute-Bléone)
Retour : La Foux d'Allos

Diaporama

Carte tete de l'estrop 2j 9h30 18kms 1920m 1920m    Pdf image 1​ Téléchargez la carte du circuit en PDF

Très très belle randonnée sur deux jours dans le cadre sauvage des sources de la Bléone, une des trois rivières qui descendent de cette région vers la Méditerranée. La Bléone et le Verdon les vallées desquelles cette rando se déroule vont se jeter dans la Durance, la troisième, le Var qui prend sa source au col de la Cayolle, rejoint Nice et se jette directement dans la mer.

Chamois

On va évoluer dans un cadre naturel magnifique qui n’appartient à aucun parc, à aucune réserve, et je ne vous parle pas de la conformation des sentiers, pas si faciles que ça…! Mais la beauté des paysages que l’on traverse a de quoi nous faire oublier les “petites galères” que l’on a endurées dans la traversée de pierriers ou sur des sentiers aux zigzags si courts que l’on croirait presque qu’ils sont tracés droits dans la pente… Et, dans le déroulement de la deuxième journée, vous vous souviendrez longtemps de l’ambiance “bout du monde” de la traversée des plaques de grès et de granit qui occupent le flanc S de la Crête des Barres ! Heureusement que les acteurs locaux du tourisme de montagne ont pensé à nous : ils ont réalisé un excellent balisage pour nous guider, peinture jaune complétée de cairns, qui évite de gamberger à la recherche d’un improbable itinéraire dans ce no man’s land minéral… Une randonnée inoubliable, croyez-moi ! La faire, certes pour le sommet de la Tête de l’Estrop, c’est pour cela que vous êtes venus, mais vous retiendrez aussi le bonheur de l’instant partagé avec la gentille gardienne du refuge. Il dépasse allégrement le réconfort apporté par la douche chaude solaire gratuite en pleine nature et entouré d’épilobes… Je suis sûr que vous n’avez pas ce confort et ce décor dans votre propre salle de bains !

Traversée d'un mélézin au départ de la Foux d'Allos

Jour 1 : Depuis la parking du télésiège de l’Abrau à 1765m d’altitude au S de la station de la Fous d’Allos, on descend sur 200m pour tomber sur le poteau indicateur qui marque le départ du GR de Pays Tour du Haut Verdon (balisage jaune-rouge). On commence par 200m de piste caillouteuse en RG du torrent… le Verdon (il prend sa source dans les pentes S du col d’Allos, 10kms au-dessus…). Puis on incline sur la D sur un sentier forestier qui traverse le torrent de l’Auriac sur une passerelle en bois et on continue sur la G pour rejoindre une zone à découvert : le Pré d’Auriac à 1850m.

Traversée du pré d'Auriac

On poursuit en courbe de niveau face à la Tête de l’Auriac et à l’Aiguille. Une courte montée permet de traverser une prairie d’herbes folles face à l’Aiguille alors qu'au N apparaît la Grande Séolane. Au poteau indicateur “Pré d’Auriac (n°2)” (35mn, 1950m), on aperçoit en se retournant vers le SE les Tours d’Allos. On poursuit tout droit sur le GR de Pays dans le mélézin. Le sentier descend légèrement pour venir croiser le ravin de l’Auriac avant de continuer en RG sur la D et atteindre un poteau indicateur au milieu d’une grande prairie où l’on tourne franchement à G en direction de la Baisse de l'Auriac.

A la cabane forestière de l'Auriac

Par une montée dans la continuité du mélézin en RG du ravin de l’Auriac, on atteint la cabane ONF de l’Auriac (25mn, 2020m, cabane close, eau à la fontaine). Au-delà, on remonte les pentes herbeuses au pied de l’Aiguille pour atteindre une cuvette dans laquelle se niche un laquet (de l’Auriac…?, 35mn, 2245m).

Le laquet de l'Auriac

On poursuit à l’W du lac, toujours sur le sentier balisé en rouge et jaune, la remontée du vallon minéral de granit rose qui défend l’accès au col. Le chemin est quand même tracé au mieux et atteint, en évitant pas mal de traversées de blocs de rochers, la Baisse de l’Auriac (25mn, 2386m, C) de laquelle on découvre pour la première fois la gigantesque combe méridionale de l’Estrop.

A la baisse de l'Auriac face à la crête de Chabrières

A l’arrière, vue sur le Cimet, le Mont Pelat et, plus à droite et proche de nous, la Tête Noire coiffée d’une hideuse antenne télécom (elle aurait pu être de taille plus réduite ; posée sur le sommet, elle aurait été quasiment invisible et aurait rendu les mêmes services…). La descente vers la combe de l’Estrop s’effectue tout droit depuis le poteau indicateur face à la Crête de Chabrières mais incline très vite vers la G pour repartir pour un long moment vers la D face à la lointaine Crête des Barres dans une traversée étale qui s’en va rejoindre la RG d’un premier ravin qui descend du SE de la Tête de l’Auriac. On commence à descendre sur sa RG puis on le traverse un peu plus bas dans de gros blocs sur une longueur de 200m avant de retrouver le mélézin dans lequel on franchit l'arête S de la Tête de l'Auriac (25mn, 2275m).

Dans le contournement W de la Tête d'Auriac

De l'autre côté de l'arête, on prend pied à hauteur dans la combe de l'Estrop avec le refuge visible en contrebas à la confluence de multiples torrents qui descendent des crêtes détritiques sur le pourtour. La descente est identique à celle du ravin précédent : en premier lieu une désescalade RG (les bâtons de randonnée sont bien utiles dans les nombreux zigzags très courts) puis une traversée du ravin en équilibre sur des blocs de granit rose pour rejoindre la RD et un rognon disposant de marches terreuses et herbeuses (20mn, 2215m). On poursuit la descente face au refuge sur un sentier à la pente à présent apaisée qui longe à quelque distance la base des falaises gréseuses SW de la Tête de l’Auriac.

Le sentier reste à hauteur pour rejoindre la Côte du Ceï (le refuge est tout en bas à gauche...)

On atteint le poteau indicateur “Côte du Ceï” à 2410m où on laisse partir à droite un itinéraire de retour (précipité...?) vers la Foux d’Allos par la Baisse de l’Aiguille (balisage jaune-rouge du GR de Pays Tour du Haut Verdon…) alors que l’on poursuit tout droit en descente en direction du refuge (en jaune-rouge aussi…). On arrive à la passerelle des Lauzes (10mn, 2020m, poteau indicateur qui marque le départ du chemin de descente vers Prads Haute-Bléone sur la gauche…). Notre itinéraire se poursuit à D par la traversée du torrent (belles cascades en amont…) et remonte une pente d’herbe pour accéder au refuge de l’Estrop (5mn, 2030m, 1/2 pension de mi-juin à fin septembre en dortoir, tel : +33 632060565, douche solaire). Mais quel cirque de montagne on a sous les yeux ! Et de l’eau partout… Un havre de quiétude où l’on se sent bien !

Le refuge de l'Estrop, un havre de bonheur...

Jour 2 : Dos au refuge à 2030m, on descend sur la D par le petit chemin pour passer à proximité du Jas des Lauzes, traverser le thalweg et remonter en face sur le fil de la moraine fluviale avant de partir un peu plus haut plein W en direction de la Crête de Chabrières (balisage jaune). En s’élevant, on commence à dominer le cirque et on se rend compte de son importance. Au NE, on commence à distinguer, au niveau du col dans lequel on passera lors de notre retour dans la vallée, le bâtiment de l’observatoire. Vers 2400m, le sentier incline vers la D pour traverser une zone de granit un peu chaotique (on ne sait pas encore que cela va être notre lot commun pour quasiment le reste de la journée…!). On franchit un 1er collet, puis un 2ème après avoir traversé plusieurs thalwegs et enfin un 3ème (1h50, 2620m).

Du lapiaz, encore du lapiaz et des banquettes d'herbe...!

Le parcours deviendrait vite paumatoire s’il n’y avait ce fil d’Ariane proposé par le balisage alternant marques de peinture jaune et cairns ! Les traces de sentier bien visibles sur les ba,quettes herbeuses s’insèrent entre quelques pas d’escalade très facile et on atteint (presque par surprise…?) le poteau indicateur “Plateau des Dalles” (15mn, 2670m).

Traversée du bien-nommé Plateau des Dalles...

C’est d’ici que l’on part en A/R vers la G pour se rendre au sommet de la Tête de l’Estrop. Du poteau, on serait même tenté de penser que l’on a retrouvé un bon sentier en suivant la large vire herbeuse qui longe la base des falaises de la Crête des Barres. On prend pied sur le large fil de la crête finale de la Tête de l’Estrop (30mn, 2840m) d’où l’on découvre le haut vallon de Laverq dominé en RD par les Petite et Grande Séolane. A l’arrière, ce sont les montagnes du massif des Ecrins situées les plus au S, celles du Champsaur et de Valgaudemar.

Sur la crête sommitale de la Tête de l'Estrop (vue sur le vallon de Laverq et les deux Séolane)

On remonte à main G sur un sol jonché de larges dalles de grès rose inclinées et simplement posées à même le sol. Assez surprenant ! Au sommet (15mn, 2961m), le regard embrasse (en plusieurs fois…) un panorama à 360° : à l’W, montagne d’Aurouze, au N, Ecrins et Vieux Chaillol, à l’E, Font Sancte, Brec de Chambeyron, Mont Viso et Oronaye, au SE, les Tours d’Allos, le Mont Pelat et le Cimet, et pour finir, au SW, la lointaine montagne de Lure !

Du sommet de la Tête de l'EStrop, vue quasi aérienne sur le très minéral vallon de Laverq

La descente s’effectue par le même “chemin” jusqu’au poteau indicateur “Plateau des Dalles” (25mn, 2670m). On laisse à main droite l’itinéraire de retour au refuge pour poursuivre à l'ESE par le contournement au pied méridional de la Crête des Barres (balisage jaune là-aussi…). On descend de grandes dalles de grès sur lesquelles la semelle accroche bien avant de basculer en RG du vallon pour se rapprocher de la falaise et suivre un petit sentier bien à hauteur de la confluence de deux thalwegs notée 2431 sur IGN. Une fois cette excroissance de la roche passée, on prend pied dans le large ravin issu du vallon du Ceï.

L'objectif à atteindre ? Traverser la combe de l'Observatoire pour se rendre dans le col d'en face !

On le traverse pour passer RG et le remonter à distance des blocs de rochers qui le composent et suivre une trace qui sinue au mieux entre vires et banquettes herbeuses. On franchit une épaule à 2645m de laquelle on bascule en descente sur le vallon du Ceï (1h, 2610m, poteau indicateur). Ici, on laisse partir à main gauche le sentier qui franchit la Baisse de la Petite Barre et qui permet de rejoindre le vallon de Laverq alors que l’on poursuit à l’E en direction de la Combe de l’Observatoire sur un sentier à la conformation apaisée.

La combe de l'Observatoire est beaucoup plus facile à traverser que ce que l'on aurait pu croire...

Au poteau indicateur “Combe de l’Observatoire” (15mn, 2540m, petite source 200m avant), on rejoint le GR de Pays Tour du Haut Verdon qui arrive d’en bas depuis le refuge de l’Estrop et on le suit sur la G en montée pour prendre pied sur la Baisse de l’Aiguille à 2560m. On continue à monter vers le N face aux pointes détritiques des Trois Évêchés pour dépasser le bâtiment de l’observatoire et la gare d’arrivée du téléski à 2575m. Ici, le tracé du GR de Pays se poursuit en RG du vallon (on pourrait aussi descendre par les pistes de ski, mais c’est moins fun…). Il parcourt une combe qui n’a pas été dénaturée par la création des infrastructures dédiées aux sports d’hiver. C’est sûr ! On a changé de paysage du tout au tout…

Dans la Baisse de l'Aiguille (au fond, l'une des pointes des Trois-Evéchés)

On descend en larges lacets dans une pente herbeuse bien raide de laquelle on domine la vallée du Verdon et la station de la Foux d’Allos 800m plus bas. On débouche sur une piste d’exploitation face à la gare d’arrivée du télésiège de La Chaup (50mn, 2200m, poteau indicateur) et on se dit “que ça va pas être drôle de finir la descente sur ce genre de “chemin”. On commence la descente sur du gravillon et, dans le 1er virage à droite, surprise...!, on distingue une balise jaune-rouge qui invite à sortir de la piste et à descendre à G sur un chemin herbeux plutôt direct. On se dit : “c’est un coupe-lacet…” mais, en bas, le sentier, jusqu’à présent caché par un repli du terrain, se dévoile et c’est un bel enchaînement de larges lacets qui se présente en RG du vallon du torrent de l’Aiguille et qui va nous permettre de rejoindre le plateau en contrebas.

Et, tout en bas, c'est la Foux d'Allos...

Tout a une fin ! Le sentier se transforme en piste à l’approche de la captation d’eau à 1930m. On poursuit au NE jusqu’à dominer la gare inférieure du télésiège “Marin Pascal” où l’on tourne franchement à D pour rejoindre le centre du village de la Foux d’Allos. Au poteau indicateur “La Foux d’Allos” à 1790m, on suit la rue principale qui traverse tout du long la station (bars, restaurants, supermarché Sherpa, ATM, navette bus vers Allos, etc.) et on revient au parking non loin du télésiège de l’Abrau (1h, 1765m).

La descente vers la Foux d'Allos traverse de belles étendues herbeuses, quand même...

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