[Niolo - Cortenais] Du Pinérole à Corte

22h de marche / 4 ou 5 jours / +3150m / -3150m
Cartes topographiques IGN Top25 au 1/25000e 4251 OT Monte d’Oro et 4250 OT Corte Monte Cinto
Départ : Corte
Arrivée : Corte

Diaporama

Je vous propose un circuit de quatre jours en boucle et en quasi autonomie faisant étape dans trois bergeries bien sympathiques. Il permet d’explorer la chaîne de montagnes qui s’inscrit entre le Pinérole et la bocca â Stazzona. A l’aller, on suit le fil de la crête pour disposer de merveilleux paysages panoramiques. Le retour s’effectue par le fond de la vallée et suit exactement le tracé du fleuve Tavignano qui prend sa source au niveau de la cuvette du lac de Nino. Rien de bien difficile mais n’espérez pas rencontrer grand monde dans les trois premiers jours (exceptée la descente d’1h sur Vaccaghja, on est sur le GR20…). Et le lendemain, le retour sur Corte s’effectuera dans la même quiétude jusqu’au refuge d’A Sega avant de rejoindre le flot de touristes du côté des vasques du Tavignano (à côté du refuge pour les plus téméraires, seulement au pont de Rossolinu pour les autres…).

Jour 1 : Corte – Arche de Corte – Bergerie d’E Padule

4h30 / +1350m / -200m.
Du pont sur la Restonica à l’W de la citadelle de Corte à 475m, aller chercher, en remontant la ruelle qui passe au pied de la citadelle en bordure du Tavignano, le départ du sentier Da Mare a Mare N au niveau du parking. S’engager sur l’itinéraire de ce sentier de pays balisé en orange sur une trentaine de mètres avant de bifurquer immédiatement sur la D sur une sente qui part en oblique dans la pente, elle aussi marquée de points oranges. On s’élève au travers d’un maquis assez ras qui suite à quelque incendie commence à recoloniser l’espace. On atteint une cabane de bergers (1h, 780m). Partir en courbe de niveau sur la D (le sentier de gauche marqué en rose fuchsia descend dans la vallée du Tavignano). On marche à flanc de colline avant d’incliner à G dans un thalweg plutôt pentu qui nous propose une montée ardue sous les châtaigniers jusqu’à déboucher dans un collet (1h, 1165m). Belle vue de l’enfilade proposée par la saignée du Tavignano bordée par la fameuse crête entre Monte Cardo et Rotondo. On souffle un peu avant de repartir de plus belle dans un couloir où les marches sont parfois assez hautes. Nous voici maintenant arrivés sur une épaule (30mn, 1330m, sentier arrivant de la droite). On prend à G pour une nouvelle montée abrupte qui se termine au niveau d’un passage rocheux (30mn, 1440m, croix de bois). On s’engage à présent dans une série de up / down à flanc de falaise, à belle hauteur au-dessus du Tavignano sur un ancien sentier empierré excellemment bien conservé. On franchit ainsi plusieurs vallons au milieu des pins pour découvrir au dernier moment la monumentale arche de Corti (40mn, 1500m).

La vallée du Tavignano

Haute de 8m, elle est même inclinée comme pour accentuer cette impression de majestueux déséquilibre heureusement bien maitrisé par Mère Nature… On poursuit sur le chemin qui escalade par une série de lacets le versant S du col qui donne accès au vallon d’U Padule (25mn, 1695m). Ne reste plus qu’à descendre tout doucement en une dizaine de minutes sur les bergeries situées sur un large plateau (1660m, 2 sources, possibilité de dormir dans la bergerie aménagée en dortoir sommaire). Accueil attentionné d’Etienne Ciucci et de son épouse, le couple de bergers qui occupe les lieux.

L’arche de Corti

Jour 2 : Bergerie d’E Padule – Bocca a Croce – Bergerie de Binadelli

 5h / +550m / -550m.
Partir plein N en direction de la crête sur laquelle un petit sapin isolé semble nous indiquer le chemin. Toujours tout droit, on retrouve quelques traces de sentier. Laisser sur la gauche un col évident et poursuivre jusqu’au sommet du Pinérole (1h, 1980m). Vue étendue sur le Niolo : côté N sur la large vallée occupée par le lac de Sidossi et au-delà la Grande Barrière des aiguilles de Popolasca jusqu’à la Paglia Orba, côté S sur la crête de la Punta Lattiniccia au Monte Rotondo et, entre les deux, l’épaule que nous allons suivre dans les heures qui viennent en nous dirigeant vers la bocca a Croce. Tout au fond, le sommet pointu de la Punta Artica se redresse.

Au sommet du Pinérole

 

La descente s’effectue tout d’abord sur le fil de la crête côté W du Pinérole avant de la quitter pour éviter les rochers qui encombrent le passage. On descend assez abruptement dans un thalweg où l’on retrouve parfois quelques traces anciennes (mais on est hors sentier…) pour rejoindre la piste qui vient de la gauche (c’est la voie d’accès aux bergeries d’U Padule depuis le bas). Descendre jusqu’à la bergerie de Conja (45mn, 1600m, source) et continuer sur la piste (on pourrait remonter sur la crête sur la droite au-dessus des pins mais le parcours semble un peu fastidieux…). On évolue dans une forêt de pins bien agréable alors que le soleil commence à taper dur. Tiens ! On passe une source sur le bord de la piste (30mn, 1600m) juste avant de laisser partir une piste vers la gauche ; celle-ci descend vers une maison forestière côté Tavignano. En poursuivant sur la piste en montée, on croise le balisage orange du Mare da Mare N entre la bocca a l’Arinella et le refuge A Sega (35mn, 1580m, monument commémoratif). Encore un peu de marche pour atteindre la bocca a Croce (15mn, 1610m). En se dirigeant vers la croix, on dispose d’une belle vue plongeante sur le Niolo bordé au N par la muraille de la Grande Barrière. Revenir un peu en arrière au niveau du gros bloc et prendre le sentier qui démarre sur la D, balisé en orange jusqu’à la bocca Capizolu, puis au-delà en rouge. On évolue en courbe de niveau, on passe plusieurs sources d’eau fraîche avant d’atteindre un collet duquel on peut apprécier la face E du Capu a u Facciatu, initialisation du parcours chaotique de l’arête qui remonte jusqu’au sommet de la Punta Artica.

La bergerie de Binadelli

On descend un peu en laissant partir sur la droite le sentier de la bergerie de Scrocchiella (50mn, 1590m). Mais bien faire attention d’incliner notre marche quelques centaines de mètres plus loin pour emprunter vers la D une sente bien peu marquée alors que le sentier principal initialise une descente dans un vallon pour passer un torrent. On reste à hauteur pour franchir du mieux possible un espace colonisé par les buissons d’aulnes et les bosquets de peupliers de part et d’autre de la rivière. La suite et fin de la journée s’effectuent sur le coteau d’en face sur un vieux sentier rocailleux cairné qui remonte du fond du thalweg pour passer un collet au pied d’une belle falaise et rejoindre le site enchanteur dans lequel est posée la bergerie de Binadelli (1h, 1670m, source derrière la bergerie, possibilité de dormir dans la bergerie aménagée en dortoir sommaire).

Du côté de la bergerie de Binadelli

Jour 3 : Bergerie de Binadelli – Punta Artica – Bocca a Stazzona – Bergerie de Vaccaghja

5h / +750m / -850m.
Partir à D derrière la bergerie en traversant quelques buissons d’aulnes et atteindre le pied de la falaise noire (le passage est là, juste au-dessus des aulnes…). On trouve quelques cairns qui nous permettent de rejoindre un sentier qui traverse une banquette herbeuse et nous conduit, derrière un verrou morainique, sur un plateau verdoyant. Le torrent s’étale pour former une vaste prairie humide, le pozzi (40mn, 1820m). La Punta Artica nous défie droit devant. On traverse le pozzi en louvoyant entre les aulnes avec comme direction affichée une dalle inclinée en RD sur laquelle on s’engage jusqu’à mi-pente pour aller traverser le ruisseau. C’est par la RG que l’on va contourner le deuxième verrou rocheux en s’élevant sur une succession de banquettes herbeuses. On prend pied sur un nouveau pozzi (25mn, 1900m). De là, il faut rechercher le passage le moins contraignant pour rejoindre l’espace dégagé à main droite au-dessus des buissons d’aulnes. On monte en écharpe pour passer les aulnes avant de traverser un espace couvert de bruyères rases pour atteindre la bocca di Frame (25mn, 2040m). La suite est évidente : on part sur le fil de la large crête en direction du triangle de la Punta Artica. Le parcours de cet itinéraire parait de loin beaucoup plus compliqué qu’il ne l’est réellement : quelques cairns bien placés permettent de nous élever dans cette voie : la directissime de la face E, effectuée dans un enchevêtrement de gros blocs de granit empilés « à la va comme je te pousse… ».

Descente de la Punta Artica

On atteint le sommet (45mn, 2327m) pour un splendide panorama à 360° sur les chaînes de montagnes alentours (les mêmes qu’hier et aussi plein E le San Petrone…) jusqu’aux deux mers : à l’W la Méditerranée et le golfe de Porto, à l’E la mer Tyrrhénienne avec à l’horizon les bosses des îles d’Elba et de Capraia qui sortent de la brume matinale. La descente s’initialise sur l’arête opposée à celle de l’ascension. Après avoir désescaladé aisément quelques blocs rocheux, on retrouve des traces qui nous conduisent au-delà d’un espace couvert d’herbe rase à un col (30mn, 2065m) pile poil au-dessus de la bergerie d’Inzecche. Il s’ensuit un choix d’itinéraire pour rejoindre la bocca â Stazzona : soit suivre l’arête en remontant à D jusqu’à l’éminence bien visible puis, descendre sur le fil de la crête en passant au sommet du Capu â Curia, ou bien suivre à mi-pente une succession de traces qui permettent de descendre par paliers jusqu’au col avec une dernière partie splendide à l’approche du lac de Nino. De la bocca â Stazzona (1h, 1770m), descendre traverser la cuvette du lac de Nino, traverser le pré dans lequel le Tavignano prend sa source (la présence de nombreux chevaux vivant en semi-liberté compose un tableau champêtre sympa) et atteindre le croisement avec le GR20 (15mn, 1740m, source) qui débouche de la bocca â Reta.

Bocca â Stazzona

Dans l’après-midi, il ne reste plus qu’à longer le lac sur sa RD. On évolue dans une herbe rase bien grasse typique des pozzis avant de retrouver un sentier un peu plus caillouteux pour descendre jusqu’aux bergeries de Vaccaghja (1h, 1575m, source, vente de boissons et de fromages, possibilité de camper selon la période de l’année sinon compter 25mn de marche en plus pour aller se poser au refuge « officiel » de Manganu de l’autre côté du Campotile).

Jour 4 : Bergerie de Vaccaghja – Vallée du Tavignano – Corte

7h30 / +500m / -1600m.
A quelques mètres au sud de la bergerie, juste avant d’aborder la descente sur le Campotile, on trouve sur la G au milieu de gros blocs de granit le départ du sentier qui va suivre la vallée du Tavignano jusqu’à Corte. On chemine dans les landes rases tout d’abord à mi-pente avant de descendre plus franchement sur la bergerie de Tramizzole (50mn, 1420m, source à 200m plus bas à gauche du chemin). Puis c’est une remontée pour passer une épaule (2 cairns imposants) avant de poursuivre à flanc pour venir traverser le ruisseau de Binadelli. Le parcours se situe maintenant en RG de ce torrent. On longe maintenant la faille dans laquelle il s’inscrit en suivant un chemin tracé à flanc de falaise. On débouche sur une petite place ombragée sous les pins (1h20, 1390m).

La vallée du Tavignano

Il s’ensuit une forte descente pour rejoindre le bord du Tavignano et accéder à un point de vue sur la gorge resserrée dans laquelle il s’engouffre. On arrive auprès d’une belle cascade juste avant d’entrer dans une forêt de pins laricci étonnamment plane (40mn, 1200m). On poursuit en pente douce jusqu’au refuge d’A Sega (15mn, 1135m, eau, restauration, camping, dortoirs). A partir de maintenant et jusqu’à la fin de l’étape, on s’en va suivre le sentier Da Mare a Mare N et ses marques oranges (il débouche de la bocca a l’Arinella). On franchit le Tavignano sur une passerelle de bois pour se retrouver RD sous des frondaisons de feuillus et suivre sur la G un antique sentier que l’on imagine avoir été suivi quelques siècles en arrière par les bergers et leurs troupeaux qui pour aller au plateau d’Alzo, qui pour monter à l’estive jusqu’au Campotile. Après une première pente prometteuse en faux-plat descendant, voilà que le chemin se met à se jouer des épaulements de terrain par une série de up / down parfois prononcés.

La vallée du Tavignano

Le paysage est certes splendide mais il se mérite… Après une belle descente en direction de la rivière, nous voici arrivés au pont de Rossolinu (2h15, 760m, fontaine bienvenue en RG). Le sentier suit à présent la paroi N et recommence son régime de montées et descentes. Le tracé est parfois osé et a nécessité de nombreux aménagements. De combe en combe (n’espérez pas en rater une…), voici venir au loin la vision des premières maisons de la ville haute de Corte. Mais que cette dernière partie semble interminable ! Encore quelques vicissitudes du chemin avant de poser le pied sur le goudron à proximité du parking de la citadelle. Il ne reste plus qu’à descendre la ruelle pentue sur la D (ou, à l’extrémité du parking, descendre à D dans l’avenue principale très commerçante) et retrouver le pont sur le Tavignano et remonter, après avoir dépassé le cinéma, au camping L’Alivetu. La Pietra qui mousse dans le verre n’est-elle pas la juste récompense du labeur accompli ? Plutôt deux fois qu’une…!

012bis.gif     Autres randonnées dans cette région ou en Corse

Commentaires (1)

1. Aime 21/09/2011

Bonjour, savez vous s'il est possible de bivouaquer à proximité des bergeries ? Et pensez vous qu'il soit possible de raccourcir cette boucle ?

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