Sur place

Comment y aller ?

En 2011, les compagnies du Golfe se taillent la part belle sur les vols de Paris à Kathmandou présentant des tarifs inférieurs à 800 Euros (escale dans un des Emirats). Par ordre de préférence Gulf Air, Etihad, Qatar Airways, Emirates, toutes les quatre disposant d'un service à bord d'excellente facture. Mais faites bien attention à la longueur des correspondances en transit parfois éxagérément longues... Thaï Airways ou Singapore Airlines sont un peu plus chères et font escale à Bangkok ou Singapour. Mais la meilleure solution est réellement Air India qui propose une liaison nocturne quotidienne entre Paris à Delhi (départ à 22h00 de Roissy, arrivée à Delhi vers 9h30 heure locale) avec le saut de puce vers Kathmandu en début d'après-midi. Sympa non ? Les compagnies Biman et Pakistan Airlines ne sévissent plus depuis l’Europe et c’est tant mieux... Sur place, à l'arrivée au Tribhuvan International Airport, vous pourrez prendre votre visa 30 jours pour 32€ (possible aussi en France à l'ambassade mais 30 jours à 40€), vous récupérerez vos bagages et vous vous dirigerez vers le comptoir des taxis auquel vous achèterez un bon de transport d'une valeur de Rs350 valable pour un trajet entre l'aéroport et n'importe quel hôtel de la ville.

Sur place, de Kathmandou à Pokhara et de Pokhara à Jomosom : plusieurs compagnies privées d’aviation officient sur la liaison mais le tarif est règlementé (respectivement US$80 et US$112 l’aller simple). Le retour de trek s’effectue de Jomosom à Pokhara soit en avion ou en autobus local avec changement de monture à Beni (compter quand même 10 heures de cahots…). On revient un ou deux jours plus tard sur Kathmandou en empruntant l'avion ou mieux encore, la ligne de bus touristique Greenline, quotidienne, plus confortable et beaucoup plus rapide que les bus locaux (US$18 avec lunch inclus à Mugling), ce qui permet d'apprécier la campagne népalaise le long de la Trisuli river.

Encadrement et permis de trek

Ce trek a été réalisé en collaboration avec l’agence népalaise francophone A.R.T (Altitude Randonnée Trekking) dirigée par Chhetup Tamang, un directeur prêt à tout pour satisfaire ses clients (il le porte sur lui d’ailleurs ! Voir le paragraphe suivant…). Sur le terrain, le service a été d’excellente qualité. Mené par un sirdar de haute qualité avec lequel il a été aisé de construire le trek de jour en jour pour profiter des meilleures opportunités, le staff composé en grande majorité de tamangs s’est révélé efficace et attentionné dans ce genre de trek découverte.

L'équipe A.R.T à Beni sur le chemin du retour. Sniff !

Le trek proposé n’est pas réalisable dans le temps imparti par les autorités népalaises, c'est-à-dire 13j contre le paiement d’une taxe de US$910/pers. C’est un fait ! Le seul moyen de pouvoir accomplir ce trek de 22 jours serait de disposer d’un permis touristique de longue durée. Mais force est de constater, amèrement, que ce permis-là n’existe pas pour le Mustang… Alors que faire ? L’unique possibilité est alors de demander un permis d’ascension (du Saribung Peak par exemple…) qui dispense, moyennant le versement de la taxe de US$1000 de 1 à 7 personnes et US$200 par personne supplémentaire jusqu’à 12, de pouvoir se balader dans le Mustang librement jusqu’à 45 jours de temps pour l’acclimatation sur n’importe quel sentier avant de procéder à l’ascension. Au moins deux avantages :

- C’est un forfait global pour un groupe de 7 personnes. Ramené par exemple à une taille de groupe de 5 « touristes », la part individuelle n’est plus que de US$1000 / 5 = US$200 bien loin de la note salée de la simple randonnée découverte dans le Mustang de 13 jours à US$910 !
- Ce précieux sésame en poche vous avez le droit d’aller vous « perdre » sur les sentiers de l’E et du NE du Mustang et vous poser où vous le désirez. C’est confortable !

Une seule restriction perdure quand même : il est totalement interdit pour un touriste étranger de dormir au N de Lo Monthang, disons dans le rayon de la vallée sacrée de Chhoser, Niphu et Garphu. Par contre, si l’envie vous prend de vouloir suivre la frontière tibétaine sur le fil des montagnes, pas de problème… Va comprendre Charles…!

Gageons que la manne d’aujourd’hui ne perdurera peut-être pas très longtemps… Seul inconvénient identifiable, il vaut mieux s’adosser à une agence de trek rompue à cet exercice pour s’y retrouver dans les arcanes de l’administration népalaise et savoir employer les moyens nécessaires pour faire apposer la signature officielle sur un blanc-seing… Au pire, compter une demi-journée de perdue sur Kathmandu avant le départ pour mettre tout en ordre et une demi-journée au retour pour la visite obligatoire du chef d’expédition (sinon US$1000 d’amende !) attestant qu’il a bien respecté ses obligations de nettoyage des camps lors de son passage… C’est de la triche, direz-vous ! Vous avez raison, mais a contrario, l’appel du Mustang est trop fort pour ne pas tenter de contourner cette réglementation inique et ne pas aller profiter des merveilles cachées.

Le check-post de Kagbeni, unique porte d'entrée (et de sortie) du Mustang

Logement et nourriture

Dans la vallée de Kathmandu :
- La nourriture proposée dans les restaurants est souvent de bonne qualité et saine. La viande doit quand même être bien cuite ; si vous en doutez, allez donc faire un petit tour sur les marchés... La laiterie de Lazimpat au nord de Thamel propose de nombreux produits de qualité et entre autres le curd, un fromage blanc proche du yaourt mais à la consistance à nulle autre pareille. Il se déguste simplement avec du sucre ou alors recouvert de miel bien liquide. C'est savoureux ! Autre produit laitier au goût incomparable, spécialité de Bhaktapur, la ville voisine : le jujudhau, le meilleur yaourt du Monde ! Il y a une adresse sur Kathmandu pour en déguster : une petite boutique dans le quartier de Chhetrapati à l'W de Thamel au début de la rue qui conduit au Marsyangdi Mandala Hotel.  Ou alors faire le voyage jusqu'à Bhaktapur... N'hésitez pas non plus à aller goûter les repas composés dans de petits restaurants de quartier, mais ceci dit, comme vous allez décliner toute la panoplie de la cuisine népalaise pendant les 25 jours du trek, ne vous empêchez pas de manger de bons plats à des prix très abordables pendant que vous êtes en ville. Tiens, essayez donc la pizzeria « La Dolce Vita », vous m'en direz des nouvelles...

Kathmandu, restaurant La Dolce vita

Sinon pour le petit-déjeuner, goûtez un moment de parfaite quiétude avec une musique jazzy très douce au New Orleans Café, ça vous changera du Tatapoum-Tapoum que l’on subit chaque soir en provenance de la terrasse du Northfield Café… Et puis il y a le restaurant français de Kathmandu Chez Caroline où l’on peut déguster la fine fleur de la cuisine française et entre autres un pavé de bœuf à la sauce roquefort à se damner ! C’est situé dans le quartier de Baber Mahal du côté de Singha Durbar, le quartier des ministères. Il y a pas mal d’expat’ et contrairement à ce que certains en disent, ce n’est pas si cher : essayez de trouver une adresse de restaurant à Paris qui pour moins de 20€ vous concocte un repas de cette qualité avec des produits de haute lignée… C’est carrément impossible ! Alors faîtes-vous au moins plaisir une fois (ou deux…).

- Côté hôtels, il y en a partout, pour tous les goûts et toutes les bourses aussi. Je descends souvent dans le même coin calme du quartier de Thamel que ce soit au Shree Tibet Hotel (mais la qualité a beaucoup baissé depuis quelques années), à l'Hôtel Mandap (et sa terrasse arborée où l'on peut prendre un merveilleux petit déjeuner), au Moonlight Hotel situé un peu en retrait du quartier touristique mais depuis quelques temps à l'Hotel Nature (il y a un ascenseur…) ou alors au Marsyangdi Mandala dans le quartier animé de Chhetrapati sur le chemin de Swayambunath et maintenant à l'Eco Hotel à l'entrée de Thamel qui propose des chambre très correctes et une sympathique staff. Ne vous fiez pas aux prix annoncés, étant donnée l'offre pléthorique de chambres d'hôtel sur Kathmandu, il ne faut pas négocier très longtemps pour que les prix baissent de 50%...

- La production d’électricité locale (principalement d’origine hydraulique) ne suffit plus à couvrir les besoins actuels, le complément d’énergie fourni par l’Inde est parfois insuffisant, donc, attendez-vous à subir quelques coupures d’énergie dans les grandes villes). C'est toutefois en nette amélioration depuis le milieu de l’année 2010 et la situation est quasiment redevenue normale à la normale en 2011.

En trek :
- Il s'effectue sous tente. La pension complète est assurée. Les cuisiniers sont rompus à accompagner les groupes de trekkeurs occidentaux et savent parfaitement accommoder les repas aux exigences ou désirs des clients. Avant le trek, discutez avec votre sirdar pour mieux cadrer vos besoins. Si vous ne supportez pas la confiture Mixed Fruits ou le Ketchup vert fluo, dites-le lui avant qu'il ne se les procure. Comme il ne s'approvisionne que dans la capitale, il est encore temps... Pareil pour le thé : les cooks ont tendance, comme partout ailleurs au Népal d’ailleurs, à ne vous proposer que des sachets de miettes de thé (ça fait occidental...) : c'est immonde ! Préférez-leur du thé en vrac (type Best Ilam) que vous trouverez dans les tea-shops de Thamel et demandez juste une bouilloire d’eau chaude. Aucun problème pour en faire de même dans les lodges…

- Si l'occasion se présente, il est possible de dormir en lodge (supplément à prévoir). Le prix de la chambre double (frigo assuré) est aux alentours de Rs600, le repas est toujours préparé par votre cook. Les consommations ont vu leur prix flamber depuis quelques année : si l'eau en bouteille plastique (attention elle n'est pas minérale !) se négocie aux alentours des Rs100, les sodas se vendent plutôt Rs150 et la bière en flacon de 60cl Rs400. Mais deux produits ont vu leur prix grimper plus que de raison sans qu’on ne sache pourquoi : le thermos d’un litre de thé (l’eau est juste colorée par un pauvre sachet…) vendu à Rs400 tandis que le Dal Bhat peut culminer à Rs500 l'assiette ! C’est quand même le plat de base des népalais…

Au col, belvédère sur le Mustang de l'Ouest

Et pour finir, voici quelques règles de savoir-vivre applicables au Mustang (mais dont on peut élargir le périmètre à toutes les régions népalaises où se pratique le trekking).

Mustang, code de savoir-vivre à l'usage des trekkers

Points d'intérêt

C’est un trek d’exception par la nature des paysages traversés, la difficulté pour pouvoir obtenir le précieux permis et la « fraude » avérée apportant un sel particulier au quotidien :
- d’abord la longueur : 22 jours de marche, cela nécessite de bien se préparer mais aussi de bien écouter son corps au fur et à mesure des épreuves quotidiennes,
- la nécessité d’accomplir par la partie E avant de passer à Lo Monthang d’où la difficulté brute du J3 où l’on frôle les 4500m avant de dormir dans un congélateur professionnel…
- une immersion dans le wilderness lors de la première partie et jusqu’à Lo Monthang,

Le circuit est très dense et varié en matière de paysages, de dénivelées, de rencontres et de cultures. N’hésitez pas à prendre votre temps et utilisez les 11 heures d’amplitude journalière que vous octroie le Créateur pour déguster ce « fruit interdit » à la saveur si douce. N’hésitez pas aussi à lâcher les mots les plus abracadabrantesques que vous connaissez ou bien créez les néologismes et barbarismes qui vous viennent à l’esprit. Rassurez-vous ! Vous ne serez pas en panne vue la qualité du spectacle permanent que vous aurez à qualifier et l’oxygène raréfié qui saura doper votre inventivité…

Le Mustang c’est mâââgique ! Allez, en route…

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