[France] Alpes - Vercors Centre et balcon Est


Le Vercors est un des terrains de jeux les plus intéressants de France par sa conformation où chacun d’entre nous peut y trouver chaussure à son pied en termes de randonnée « pépère » ou non à la journée, au long cours, en totale autonomie, hors des sentiers battus, sur les crêtes, au fond des gorges (ou des gouffres pour les spéléologues), etc. Il en va de même pour les aficionados de la varappe avec des voies d’escalade explorant tous les degrés de difficulté, du simple parcours de crête nécessitant un peu d’attention jusqu’à l’ABOminable... Et même pour les amateurs d’alpinisme hivernal, quelques parois orientées au N pourront leur donner du fil à retordre ! Et que penser de ces multiples possibilités de traversées des Hauts Plateaux alors que le blizzard souffle de face, ne se croirait-on pas une vingtaine de degrés de latitude plus au nord ? Et puis, il ne faut pas oublier cet accueil chaleureux des vertacomiriens (ou vercusiens) qui résident pour la plupart d’entre eux au milieu de riantes vallées où l’agriculture raisonnée fait florès et incidemment nous offre, à nous hôtes de passage, la possibilité de déguster, dans les gîtes où l’on fait étape ou dans les nombreuses auberges, une grande quantité de produits de qualité rare, que ce soient les laitages, la viande, les fruits ou les légumes. Attachant, ce coin de France ? Assurément...

Côté Drôme, le Pas de l'Allier

Le circuit présenté ci-dessous effectue un tour du massif en 9 jours. Il permet, en suivant les sentiers de randonnée balisés et signalés (et il y en a pléthore !), d’appréhender les multiples facettes que propose le Vercors : paysages de larges vallées agraires, de forêts sombres d’épicéas ou claires de feuillus, collines et vallons, falaises et plateaux, belvédères et fonds de canyons, alternance de journées de soleil brûlant et de brume tenace faisant chuter la température de la veille de près de 20°C... et, en alternant passages en gîtes (pour une bonne douche accompagnée d’un repas sain et roboratif) et en cabanes simples sur les Hauts-Plateaux (parce qu’on ne peut pas faire autrement, à moins de rajouter à la dénivelée de la journée un millier de mètres de descente qu’il faudra remonter le lendemain...), on aura, lors de cette grande semaine de marche, pu s’immerger dans un autre monde, chaque jour étant différent du précédent.

Côté Drôme encore, le village de Tourtre au petit matin...

Noter que ce « tour à ma façon » emprunte quelquefois des sentiers qui, sans être difficiles techniquement, présentent quelques passages délicats, à parcourir avec grande attention. Afin d’ouvrir cette randonnée au plus grand nombre, j’ai tenu à proposer, pour les points qui me paraissaient potentiellement poser un problème, des variantes de contournement, certes moins spectaculaires, mais il en faut pour tout le monde, non ?

Sur le balcon Est à l'approche du Roc Cornafion

Et n’oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec la carte téléchargeable en PDF) et bien d’autres choses encore.

Téléchargez la carte du circuit au format PDF : Carte générale GTAM1 Carte Vercors centre et balcon E

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : La Sierre - Le Moucherotte - Saint-Nizier (La Rochetière)

3h10 + 20mn / +550m / -900m.
La Sierre est le stade de ski de Lans-en-Vercors. Depuis le village de Lans, on suit la route qui part sur la gauche en direction de Saint-Nizier puis un peu plus loin, alors que l'on commence à monter, on trouve sur la droite la route en lacets qui se termine au pied des remontées mécaniques à 1410m (bar, cafétéria). On laisse la voiture à cet endroit sur le parking.

Au sommet du Moucherotte, vue plongeante sur le plateau de Lans-en-Vercors

Diaporama On traverse le parking pour trouver les marques du GR91 à l'extrémité N. On les suit sur une piste en terre alors que l'on passe auprès de cabanes en bois de téléski. Un peu plus loin on s'engage en forte montée sur la D et plus haut on trouve une piste. On la suit à G (balisage vert-blanc) puis encore à G (35mn, 1600m). On atteint une clairière au milieu de laquelle est construite la cabane des Ramées (15mn, 1630m, abri, pas d’eau, une dizaine de places de couchage à l'étage). On poursuit en montée à travers des chaumes et on retrouve la piste et les marques du GR91 (15mn, 1715m) avec une belle vue plongeante sur les gorges du Furon. On remonte sur la piste qui est tracée en-dessous du fil de la crête et à l'approche d'un collet, on s'engage sur la D pour rejoindre la table d'orientation placée au sommet du Moucherotte (30mn, 1901m). On redescend par le même chemin retrouver la piste et on se dirige à D vers le collet. Juste avant de dépasser le poste de redressement électrique, on descend sur la G (15mn, 1870m) en direction de Saint-Nizier-du-Moucherotte. On passe devant l'abri du Moucherotte (abri ouvert, propre mais non équipé, pas d’eau à proximité) avant de suivre un sentier en larges zigzags jusqu'à passer auprès d'une source (25mn, 1670m). Après un parcours un peu plat, on se met à descendre abruptement dans une forêt humide pour rejoindre une piste caillouteuse.  On l'emprunte vers la G en forte déclivité pour rejoindre la Combe de l'Ours (55mn, 1275m) où l'on retrouve le goudron au niveau du parking situé au pied des Trois Pucelles, ces rochers d'escalade très prisés des grenoblois. On descend par la petite route et dans le virage on laisse le goudron partir sur la gauche alors que l'on poursuit tout droit par le Chemin de la Montagne jusqu'au belvédère sur la vallée de l'Isère et la Chartreuse (15mn, 1175m). Du belvédère, on descend rejoindre le centre du village de Saint-Nizier-du-Moucherotte (5mn, 1120m, autocars vers Grenoble, bar, restaurants, épicerie, boulangerie, poste, mais pas de gîte d'étape...).

Les 3 Pucelles vues depuis La Rochetière

Pour trouver un couchage autre que les chambres d'hôtes il faut suivre la RD106 en direction de Grenoble sur 250m avant de s'engager, juste avant un virage à droite, dans un thalweg qui descend en contrebas de la route sur la G. On rejoint ainsi le hameau de la Chaussère au milieu duquel on retrouve, venant de la droite, le GR9 arrivant de Grenoble. On poursuit au N sur un petit chemin de terre jusqu'au hameau de la Rochetière où on peut disposer d'un camping à la ferme et même dormir dans des tipis indiens chauffés avec lits (20mn, 1060m, ferme Rony, tel : +33 476534275, vente de fromages de chèvre et de viande, table d'hôtes, camping individuel, coin cuisine en gestion libre).

Jour 2 : Saint-Nizier (La Rochetière) - Engins - Sornin - Charande - Méaudre (Les Griats)

7h / +1200m / -1250m.
Diaporama De la ferme à 1060m on descend (puis on remonte après...) par le GR9 jusqu'à une clairière (10mn, 1080m) dans laquelle on le laisse partir sur la gauche en direction du centre du village pour prendre légèrement à D un large chemin forestier qui remonte à flanc. Ensuite, c'est une descente sur la D pour rejoindre le Pas du Curé ainsi nommé en souvenir du curé d'Engins qui montait chaque dimanche célébrer la messe à Saint-Nizier alors que le village n'était pas, dans les temps anciens, une paroisse à part entière et dépendait du village d'Engins. Par temps de pluie ou de neige, ce ne devait pas être la fête car le passage n'était pas aussi bien équipé de mains courantes qu'aujourd'hui... Donc, le Pas du Curé, c'est un goulet étroit entre deux falaises calcaires que l'on désescalade en RD sur un petit sentier en zigzags serrés parfois boueux mais équipé de câbles et de barrières métalliques. Un peu impressionnant mais en aucun cas dangereux en descente, sûrement bien moins que son voisin, le Pas de la Corne, support du GR9...

Le Pas du Curé

On retrouve en bas une petite route goudronnée en aval du hameau de la Batardière (35mn, 850m) situé en RD de la vallée du Furon. On suit le goudron sur la G pour aller franchir la rivière au-dessus d'un barrage. On remonte ensuite, une fois en RG, sur un petit sentier qui démarre dans le coin G du barrage, jusqu'à la RD531. On remonte le long de cette route à grande circulation pendant 200m jusqu'à l'arrêt d'autobus Engins - Les Jaux (ligne 5100 Grenoble - Villard-de-Lans) où l'on retrouve les marques blanches et rouges du GR9 arrivant du Pas de la Corne (15mn, 855m). On remonte à D la rue Joseph Coynel en direction du centre du bourg d'Engins, rue que l'on quitte un peu plus loin en empruntant sur la G un sentier coupe-lacet qui rejoint plus rapidement la plateforme sur laquelle est construite l'église (10mn, 920m). On passe devant la mairie en suivant la rue sur la D. Ensuite c'est à G sur le Chemin de la Molière. Un peu plus haut, on laisse partir sur la gauche un premier itinéraire d'accès au plateau de la Molière (15mn, 1000m) et au lieu-dit La Croisille (30mn, 1180m) un deuxième, cette fois-ci balisé en jaune-rouge : c'est le balisage du Tour des 4 Montagnes (T4M) que l'on retrouvera plusieurs fois dans la première partie de notre circuit. On poursuit avec le support des marques blanches et rouges du GR9 sur la piste du milieu pour finir par sortir de la forêt et rejoindre à travers les prés, en laissant le GR9 partir sur la gauche (c'est pour plus tard...), le hameau d'alpage de Sornin. Une demi-douzaine de chalets dont un, ouvert en permanence, pour y faire étape (40mn, 1350m, très simple) et surtout une fontaine de laquelle sort une eau très pure. Belle vue sur la vallée de l'Isère dominée par le Moucherotte et son satellite, les Trois Pucelles.

Depuis l'alpage de Sornin, vue sur le Moucherotte

On revient sur ses pas pour s'engager à D sur le GR9. Il monte rejoindre un collet qui s'inscrit à gauche d'un mamelon calcaire. Au panneau marqué « Les Lapiaz » (25mn, 1530m), on laisse le GR9 poursuivre son chemin vers la Sure, la Buffe et le Bec de l'Orient, ces trois sommets qui marquent les points hauts des falaises et dominent la vallée de l'Isère (voir le topo Vercors Nord et Tour des Coulmes). On s'engage à G sur un petit chemin balisé en jaune-vert et tout en marchant sur des plaques de calcaire, les fameux lapiaz, on atteint la crête des Génisses (35mn, 1615m). A G, on suit à présent le fil d'une large crête herbeuse où paissent de nombreux troupeaux de vaches jusqu'au belvédère de la Molière (20mn, 1630m, table d'orientation de laquelle on peut par beau temps admirer les massifs de la Chartreuse, de Belledonne, des Ecrins, du Thabor et, la veille d'un jour annoncé de mauvais temps..., tout au fond, le sommet du Mont-Blanc).

Panorama sur le plateau de Lans-en-Vercors depuis le belvédère de la Molière

On poursuit le sentier de crête en montant pleine pente rejoindre le sommet de Charande (30mn, 1710m). Au-delà, on poursuit côté E du fil de la crête permettant de disposer en permanence d'un panorama étendu sur les Alpes du Dauphiné, en contrebas sur le plateau de la Molière et juste derrière, un peu au S, Lans, Villard-de-Lans et Corrençon dominés par les rocs Saint-Michel et Cornafion précédant les deux Moucherolle et l'envers des Deux Soeurs, Agathe et Sophie. On s'imagine presque être en avion tant la vue est impressionnante. Toujours en suivant le fil de la crête en up / down, on traverse le Pas de l'Ours (20mn, 1650m, refuge de la Molière 10mn en contrebas sur la gauche) et on dépasse un relais télécom juste avant d'arriver au Pas de Bellecombe (20mn, 1635m). Derrière, c'est une grimpette coupe-souffle pour retrouver un plateau gazonné au milieu de la forêt et atteindre le lieu-dit « Les 3 Communes » (30mn, 1615m). C'est là que se clôt ce parcours d'arête que l'on attendait moins feuillu. On descend sur la D (balisage jaune-vert) jusqu'à rejoindre une piste forestière. On poursuit tout droit sur la piste et, alors que l'on arrive au niveau d'un virage serré vers la droite, on s'engage sur une piste tracée en contrebas vers la G (20mn, 1485m) pour un parcours de 250m jusqu'à l'entrée d'une aire de retournement des convois de grumes. Là, on part sur la D en forêt (10mn, 1465m, cairn, marque jaune-vert). Plus bas on croise la route goudronnée de la Molière (20mn, 1335m) et on poursuit tout droit en face. Le sentier conduit jusqu'au col de la Croix-Perrin mais il n'est pas nécessaire d'aller jusqu'à destination et, avant que le chemin ne remonte un peu et que l'on distingue en contrebas la RD106 (25mn, 1200m), on descend sur la D rejoindre une aire de stationnement le long de la route. On suit le goudron sur la D pendant 100m avant de traverser la route et s'engager sur la piste de Tranche-gorges qui part sur la G, longe un moment la RD106 et finit par descendre franchement dans un thalweg pour retrouver la RD106 un (grand) lacet plus bas (20mn, 1010m). On suit la route vers la G pendant 100m pour pénétrer dans le hameau des Griats dépendant de Méaudre et se poser au gîte de La Couve (5mn, 1010m, Laurent et Véronique Caillot vous accueilleront dans leur splendide gîte, Laurent est accompagnateur en montagne n'hésitez pas à lui demander de vous faire découvrir les sentiers de ce merveilleux Parc naturel du Vercors, tel : +33 476880146).

La vallée de Méaudre

Jour 3 : Méaudre (Les Griats) - Pas de la Chèvre (ou Pertuson) - Rencurel (Les Rimets)

5h20 / +840m / -820m.
Diaporama Du hameau des Griats, on suit le long du ruisseau de Périnière la Via Vercors, un nouvel itinéraire créé sur Autrans, Méaudre, Lans et Villard-de-Lans pour piétons et vélos. Puis on traverse la RD106 non loin de l'auberge de l'Arcanson pour s'engager sur une petite route qui dessert le hameau des Gaillardes puis un peu plus loin les fermes des Colibris et de Bourrière (vente à la ferme de viande et de fromages bio, tous excellents car on a pu les goûter lors du repas au gîte de La Couve). On continue sur le goudron pour franchir un premier collet puis un deuxième dans lequel la Via Vercors part à G en site propre sur des gravillons. De ce collet (30mn, 1030m), belle vue d'ensemble sur le pays de Méaudre au milieu duquel se trouve le bourg principal identifiable grâce au clocher de l'église. On descend vers le S jusqu'à La Balme (10mn, 1000m) où l'on laisse la Via Vercors poursuivre son parcours vers le S en RG de la vallée pour partir à D rejoindre le village par une petite route goudronnée (10mn, 1000m).

Le centre-ville de Méaudre

Le village de Méaudre est très dynamique ; il possède une poste, une supérette, une boulangerie qui fait un pain aux noix à se damner et une tarte au noix à tomber à la renverse..., l'hôtel de la Poste, plusieurs bars et restaurants, et pour mettre tout cela en orchestre, un office du tourisme très entreprenant qui, chaque année le dimanche le plus proche du 15 août, organise une fête au caractère très « famille » qui attire de nombreux visiteurs de toute la région). De la place de la mairie, on suit la RD106k pour arriver devant le départ des remontées mécaniques. On remonte la combe sur la piste forestière que l'on quitte rapidement (15mn, 1060m) pour partir en forte pente sur la D (balisage jaune-vert). On atteint la piste forestière des Murailles au niveau du poteau indicateur « Les Bruyères » (30mn, 1235m).

A partir de cet endroit il y a deux manières de rejoindre la vallée de Rencurel :
- la recommandée, passant par le Pas de Pertuson,
- la non recommandable (vraiment !) empruntant l'ancien passage du Pas de la Chèvre (le bien nommé...) dont le tracé a disparu de l'édition 2012 de la carte IGN et pour cause : la voie n'est plus entretenue et pour sécuriser la descente on ne dispose d'aucune infrastructure d'aide à la désescalade.

Sur la piste forestière des Murailles

Pour rejoindre le Pas de Pertuson depuis le poteau indicateur « Les Bruyères », on suit la piste vers la D sur 450m jusqu'à ce qu'elle rejoigne la route forestière goudronnée de Vachat. On la suit sur 200m avant de trouver dans le deuxième virage sur la droite le départ à G de la piste forestière de Pertuson, piste que l'on suit en pente maîtrisée jusqu'à l'aplomb du Pas de Pertuson où l'on rejoint l'itinéraire balisé du Tour des 4 Montagnes arrivant d'Autrans. On part sur la G pour quelques mètres et on franchit tranquillement le col calcaire. Le petit passage aménagé côté W passé, on se retrouve sur un sentier qui descend doucement sous les frondaisons avant d'en sortir à l'approche du col de Romeyère. On poursuit sur le parcours commun du T4M et du GR9 pour atteindre par un chemin bucolique qui serpente au milieu des prairies le point coté 982 sur la carte IGN juste avant la ferme des Philiberts (compter de l'ordre de 2h de marche).

Pour suivre l'itinéraire passant par le Pas de la Chèvre, au niveau du poteau indicateur « Les Bruyères », on suit aussi la piste forestière des Murailles mais seulement sur 250m jusqu'à trouver sur la G le départ d'un sentier qui remonte jusqu'à la route forestière de Vachat (15mn, 1290m) d'où l'on part sur la G pour atteindre la maison forestière d'Achieux (10mn, 1320m, fermée). On poursuit sur la route goudronnée jusqu'à la pancarte qui annonce sur la D l'entrée de la Combe Charbonnière. Le Pas de la Chèvre, c'est bien par là ! Oui, oui... La pente est rude et, un peu plus haut, on croise une piste forestière. Tout droit, la pente ne faiblit pas jusqu'à la parcelle n°25 où il faut partir légèrement sur la G (25mn, 1455m, marque jaune-vert sur l'arbre) dans une pente encore plus affirmée dans un terrain défoncé par les engins d'exploitation forestière, un bourbier quoi...! Attention un peu plus haut de ne pas manquer de tourner à D à la pancarte jaune (5mn, 1495m) pour rejoindre par une trace à flanc bien dégradée le rebord de la falaise au Pas de la Chèvre. Ah ! Il porte bien son nom quand on cherche désespérément le chemin de descente et qu'il faut bien se raisonner en se disant que le seul passage possible est la désescalade de l'évident goulet terreux qui s'insinue entre les deux lèvres calcaires... Nul besoin de chercher les mains courantes, il n'y en a jamais eu et il n'y en aura jamais !

Sourire un peu crispé dans la descente du Pas de la Chèvre...?          A mi-chemin dans la descente du Pas de la Chèvre

On désescalade souvent à reculons en faisant très attention où l'on pose les pieds (il est préférable de rester sur la terre meuble, les pierres humides étant un vrai savon...). On descend très prudemment dans une pente qui avoisine les 40° voire parfois les 45... Après 50m de dénivelée effectués, on dispose d'un petit répit au contournement d'un bloc en surplomb mais il faut se remettre à la tâche pour la suite du goulet pas vraiment de meilleure facture. Par une dernière traversée bien pentue à la tête du couloir rocailleux qui fait suite au goulet (1h, 1400m), c'est une descente en forêt, toujours aussi pentue, mais cette fois-ci entre les arbres auxquels on peut s'accrocher. On évolue en RG de l'éboulis (un peu d'attention à ce qui pourrait se détacher du haut suite à notre passage..., ça dévale à grande vitesse !). On passe en RD dans la partie inférieure du pierrier où l'on retrouve un sentier cairné en zigzags qui louvoie en forêt (mais la pente reste aussi affirmée...). Enfin, vers 1170m, la descente devient moins éprouvante pour les cuisses et les genoux quand on trouve le départ d'un sentier sur la D. On finit par rejoindre la lisière de la sapinière pour continuer par la traversée directe du champ jusqu'à atteindre le sentier support du GR9 à la droite de la ferme des Philiberts, point de convergence avec le sentier arrivant du Pas de Pertuson (50mn, 985m). Bon ! Ca y est, vous êtes à présent en sûreté... Vous optez pour le chemin que vous préférez parcourir mais maintenant vous avez les « cartes en main » pour choisir en connaissance de cause le bon itinéraire qui correspond à votre niveau...

Sains et saufs du côté de la ferme des Philiberts...

Juste avant la ferme des Philiberts, on laisse le T4M et le GR9 partir à gauche vers le village de Rencurel alors que l'on descend sur une petite route goudronnée en direction du fond de la vallée de la Doulouche. On rejoint la RD35 au niveau du pont sur la rivière (15mn, 860m). En RD, à la gauche du monument commémoratif, on suit la route goudronnée qui monte (pancarte annonçant le gîte des Rimets). Après 250m, on s'engage à D pour 100m et trouver sur la G le départ du sentier qui remonte jusqu'au village des Rimets (35mn, 1055m). Encore quelques pas pour rejoindre le gîte d'étape des Rimets (tel : +33 457331235) qui se trouve 300m sur la G en suivant le goudron (5mn, 1040m). De la plateforme où est construite cette bâtisse, on dispose d'un panorama sur la vallée en contrebas où se niche le village de Rencurel au pied du Chalimont, le sommet du coin, dominant de plus de 800m le départ des gorges de la Bourne. En face, vers l'E, c'est l'extrémité S de la falaise des Rochers de Conson au milieu de laquelle on distingue très nettement le départ du Pas de la Chèvre situé entre les deux sapins entre lesquels on voit un morceau de ciel (oui, oui, la pente vue d'en face est réellement impressionnante de verticalité !). On comprend beaucoup mieux maintenant cette impression de difficulté... Et en cadeau, la vision en arrière-plan du plateau calcaire qui surplombe Corrençon-en-Vercors duquel émergent les deux Moucherolle occultant les Deux Soeurs Agathe et Sophie, haut lieu de l'escalade grenobloise, elles aussi.

La falaise dans laquelle s'effectue la descente du Pas de la Chèvre vue des Rimets

Jour 4 : Rencurel (Les Rimets) - Rencurel - Pas des Rages - Villard-de-Lans (Bois-Barbu)

5h15 / +1100m / -980m.
Diaporama Du gîte on suit la route goudronnée en descente vers la G jusqu'au hameau des Glénats (15mn, 950m) où l'on retrouve le GR9 venant de la droite (de Choranche, voir le topo Vercors Nord et Coulmes) pour le suivre en descente au milieu des chalets et atteindre le pont sur la Doulouche (15mn, 800m). On remonte en face jusqu'à l'hôtel des Marronniers. En face de l'hôtel on s'engage dans la petite rue en pente sur la G (raccourci) et encore à G pour retrouver les marques du GR9 que l'on suit sur 300m pour atteindre dans un virage de la route goudronnée le départ du sentier support du Tour des 4 Montagnes en direction du Pas des Rages (15mn, 850m). On remonte pleine pente sur un sentier communal entre les champs avant de partir sur la D (10mn, 930m) en lisière de forêt atteindre une première piste forestière.

Le village de Rencurel au petit matin

On poursuit tout droit sur le sentier d'en face et on arrive sur la deuxième piste forestière (20mn, 1030m) que l'on suit sur la D pour arriver au niveau d'une clairière au lieu-dit « Le Collet » (10mn, 1050m). On continue à suivre les marques jaunes et rouges du T4M qui partent légèrement sur la D pour descendre passer au pied d'une maison ruinée et un peu plus bas à ce qui s'apparente, plutôt qu'à une maison, à un ancien corps d'une chapelle (15mn, 935m). Le village a dû accueillir dans l'ancien temps (peut-être d'ailleurs pas si ancien que cela...) quelques familles de bûcherons, de charbonniers et d'éleveurs. On retrouve peu après une piste au bord de laquelle coule une source (10mn, 880m). Ensuite, c'est une descente tranquille en forêt pour atteindre la RD531 à Basse Valette (20mn, 670m). On suit avec prudence la route à grande circulation sur la G pour retrouver 100m après la maison une petite route qui remonte sur la G et rejoint le gîte d'étape de Basse Valette (tel : +33 476389695). On continue de suivre les marques jaunes et rouges du T4M pour s'attacher à franchir une impressionnante falaise au niveau du Pas des Rages. Le sentier est très pentu mais parfaitement aménagé en zigzags et il n'y a vraiment aucune difficulté à s'élever jusqu'à la base de la falaise avant de trouver un sangle en quasi courbe de niveau sur lequel on peut reprendre son souffle (45mn, 970m). Puis on repart en pente affirmée sur un sentier en lacets serrés pour passer sous une falaise en surplomb du haut de laquelle tombe une cascade. On peut d'ailleurs y quérir de l'eau en suivant un petit chemin qui descend un peu en contrebas sur la gauche (5mn, 1005m). Le chemin historique se poursuit sur la D. On parcourt un nouveau sangle qui conduit à une grotte et par un dernier bout de chemin aménagé et deux petits lacets au milieu des arbres on atteint le Pas des Rages (10mn, 1100m).

Dans les derniers lacets sous le Pas des Rages

Derrière, le paysage est totalement différent avec une forêt partagée entre sapins et feuillus que l'on contourne par la gauche en suivant à flanc un large chemin en sous-bois. Puis on rejoint un croisement de pistes d'exploitation forestière complètement défoncées (10mn, 1090m). On monte sur la G rejoindre une plateforme boueuse mise à mal par les manœuvres des convois de bois. C'est ensuite une piste forestière bien proprette que l'on emprunte. Elle s'élève doucement jusqu'à passer à un belvédère sur les gorges de la Bourne (15mn, 1165m). Derrière le virage, elle continue en forêt puis en sort au niveau du collet du Haut-Méaudret (10mn, 1195m) pour proposer un superbe panorama sur les contreforts E du plateau du Vercors du Roc Saint-Michel au N jusqu'aux Rochers de la Peyrouse et de la Balme au S en passant par le Cornafion, les Deux Soeurs, Les Moucherolle, Petite et Grande.

Les Moucherolle comme on les voit depuis Haut-Méaudret

On laisse partir le T4M à gauche rejoindre Méaudre et on poursuit tout droit en descente. On traverse Haut-Méaudret puis un peu plus bas Méaudret avant de laisser tomber la petite route goudronnée après le lacet à droite pour partir à G longer le hangar qui se situe en contrebas. Le petit chemin qui suit vient  croiser la route de la Martinière et se poursuit en face permettant de rejoindre Bas-Méaudret où il y a un accès à la RD531 qui vient de sortir des gorges de la Bourne. On ne franchit pas le pont sur la rivière mais on descend 100m à D pour trouver de l'autre côté de la RD531 un pont sur la Bourne qui permet d'emprunter une petite route rejoignant très facilement Bois-Barbu sans devoir faire le détour par Villard-de-Lans (prêtez attention, juste après avoir dépassé les premières maisons le long de la route, à regarder en contrebas en lisière du petit bosquet s'il n'y a pas une horde de chamois, ils adorent venir dans ce coin-là...). Au croisement avec la RD215c au hameau de Bois-Barbu, il ne reste plus qu'à partir à D pour 600m de marche le long de la route et atteindre l'entrée du domaine de ski de fond (45mn, 1110m) où se situe l'Auberge de la Glisse. Sabine, la patronne des lieux, vous y accueillera avec de grands sourires, une sympathie communicative et une attention bien particulière (tel : +33 476955797).

Rocs St Michel et Cornafion vus depuis Haut-Méaudret

Noter que depuis les Jarrands, on peut appeler un taxi (+33 476950269) pour se rendre à Villard-de-Lans (tous commerces, gare routière, etc.) ou alors attendre le bus 5100 qui fait la liaison de Méaudre à Villard-de-Lans tous les jours de l'année et s'arrête aux Jarrands dans l’après-midi à 13h49 et 15h59. Cela évitera de marcher pendant 4kms sur une route à grande circulation... Ceci dit, de Villard-de-Lans pour rejoindre Bois-Barbu, il vous faudra compter une heure de marche vraiment peu passionnante sur la RD215c ou bien  effectuer la liaison en taxi (là, il n'y a pas de service d'autobus en été...).

Jour 5 : Villard-de-Lans (Bois-Barbu) - Saint-Julien-en-Vercors - Saint-Martin-en-Vercors (Tourtre)

7h / +1120m / -1550m.
Diaporama On suit le sentier en contrebas de l'auberge en direction de Valchevrière (balisage jaune-vert). On emprunte de nombreuses pistes forestières sur lesquelles on peut s'adonner aux loisirs du ski de fond en hiver. On retrouve la RD215c aux « Avants-Postes » (25mn, 1180m) pour quelques mètres puisque l'on redescend de suite à D en forêt pour un petit moment jusqu'à retrouver la route au niveau d'un calvaire (15mn, 1185m). Peu après on arrive au belvédère sur le village abandonné de Valchevrière d'où la vue plonge à droite sur la vallée de la Doulouche, Rencurel et l'entrée des gorges de la Bourne (5mn, 1175m). Par un petit sentier à flanc en forêt on descend rejoindre le village de Valchevrière, haut lieu de la Résistance le 22 juillet 1944 (15mn, 1115m, fontaine). On peut emprunter les ruelles du village, pénétrer dans la chapelle, très simple, et imaginer la vie des jeunes résistants du Vercors habitant ici...

Valchevrière          Valchevrière

A l'opposé du chemin par lequel on est arrivé, on remonte sur une piste en forêt jusqu'à passer devant le gîte d'étape du Goutarou (20mn, 1245m, fontaine). Puis on suit la route goudronnée d'abord en montée douce jusqu'au chalet de Chalimont (5mn, 1255m, fermé), plus affirmée au-delà, pour atteindre le départ (bien caché) du sentier de Saint-Julien-en-Vercors par le Pas du Fouillet. Pour ne pas le chercher plus que de raison, il faut laisser partir sur la gauche le sentier d'Herbouilly et 30m plus loin trouver le poteau indicateur du départ du sentier sur la D (10mn, 1300m). On va suivre un balisage jaune-rouge (a priori celui d'une variante de la GTV) et ce, jusqu'à l'approche de Tourtre. Il remplace le balisage blanc-vert des sentiers du Parc qui était en place auparavant. La montée est plutôt abrupte jusqu'à croiser une piste (15mn, 1405m, erreur d'indication horaire sur le panneau, avec le « travail » accompli en montée jusqu'à présent, on pourrait baptiser cet emplacement « la clairière des suicidés »...). La suite de la montée est similaire et rejoint le bord de la falaise. On franchit le Pas du Fouillet (10mn, 1453m) et de l'autre côté on trouve un superbe sentier en pente douce qui louvoie entre les jeunes arbres. Un peu plus bas on passe sur un sangle dans lequel un escalier a été aménagé (15mn, 1325m) avant de sortir à découvert pour traverser au-dessus d'un éboulis rocheux. On retourne en forêt pour une descente sympathique en forêt de feuillus et on atteint le centre du village de Saint-Julien-en-Vercors (30mn, 910m).

Saint-Julien-en-Vercors

Dos au porche de l'église, on suit la rue jusqu'à Ponson et on tourne sur la G en direction de Moulin Marquis. Un peu plus loin on atteint le poteau indicateur au lieu-dit « Le Devet » (10mn, 885m) et on part sur la G jusqu'à « Serre Bouchet » où il convient de tourner sur la D (10mn, 880m). On suit les marques jaunes et rouges qui conduisent aux « Combettes » où l'on emprunte la piste vers la D sur 1km jusqu'à une plateforme utilisée comme parking (45mn, 1115m). On poursuit sur la D en légère descente pour atteindre un belvédère un peu encombré d'arbres sur les falaises de Presles et les gorges de la Bourne (25mn, 1110m). On suit la piste qui passe à « La cabane à Lili » (5mn, 1130m) où l'on tourne sur la G en direction du Pas de l'Allier. On atteint une clairière (20mn, 1170m) de laquelle on peut se rendre en 10mn A/R au Pas de l'Allier proprement dit et même un peu plus bas en descente pour une vue époustouflante sur les falaises qui bordent de part et d'autre la vallée de la Vernaison. De retour à la clairière, on se dirige vers le S. Au lieu-dit « Dorgne », on tourne sur la D (10mn, 1145m) en direction de Cendron (Sandron sur la carte). On rejoint une petite route goudronnée au niveau du « Ranch du Vercors » (30mn, 1010m) duquel on descend sur la piste à D. On rentre dans une sapinière en exploitation puis on traverse un champ pour atteindre plus bas une bâtisse située au-dessus des Grands-Goulets (30mn, 815m). Par une forte descente en lacets on atteint la RD518 30m à droite du rond-point du tunnel (15mn, 685m) à proximité du village des Baraques-en-Vercors.

Les-Baraques-en-Vercors

On suit le goudron sur la D pour passer devant l'hôtel des Grands Goulets (bar, restaurant, chambres d'hôtes), dépasser l'ancienne route qui passait dans les tunnels des Grands-Goulets (maintenant fermée à la circulation et aux piétons suite à de nombreux éboulements) et remonter sur la route pendant 250m pour trouver sur la G une piste qui descend dans le thalweg et fait un virage sur la gauche. On évolue à présent en lisière de la forêt, RG de la vallée de la Vernaison. A Bobache (35mn, 695m), on a la surprise d'une montée raide sur un chemin sablonneux. On atteint le site de « La Sablière » (étonnant, non...?) où il faut tourner franchement sur la G. On atteint un peu plus loin la RD103 au niveau d'un pont (20mn, 690m). On traverse la rivière sur la G puis tout de suite à D sur la petite route en direction de Baudet et au-delà on arrive à la ferme de Marne. Juste avant, on tourne sur la D et on emprunte un chemin tracé à travers champ. De l'autre côté on fait un D G pour suivre le goudron en montée jusqu'à l'entrée du hameau de Tourtre où se trouve le gîte d'étape (25mn, 720m, tel : +33 475455034).

Les Grands Goulets, passage aujourd'hui rendu totalement inaccessible

Jour 6 : Saint-Martin-en-Vercors (Tourtre) - Col de Sarna - Jasse du Play

5h / +1260m / -300m.
Diaporama On remonte par la route goudronnée vers le centre du village de Tourtre. En face de l'épicerie on s'élève à D et on suit le balisage blanc-vert en direction du col de Sarna puis on laisse le goudron (10mn, 730m) pour partir dans un petit chemin sur la G et, au-dessus, à la sortie du chemin, on s'engage sur un nouveau sur la D de la route. On s'élève progressivement jusqu'à passer au-dessus de la combe au milieu de laquelle le village est construit (beau panorama) et on rentre en forêt pour atteindre le lieu-dit « Les Vialarets » (50mn, 1065m). On se dirige vers la D là encore en pente affirmée... On retrouve la piste un peu plus haut pour un parcours commun jusqu'à 1235m où il faut tourner vers la D (25mn, très mal indiqué) sur un sentier coupe-lacet.

En montant depuis Tourtre vers le col de Sarna

Puis on traverse une piste bien large pour continuer tout droit sous les frondaisons au lieu-dit « Les Grands Bois » (5mn, 1260m). On trouve plus loin une pancarte clouée sur un arbre « Col de Sarna » indiquant de partir à G : c'est un itinéraire « bis » qui permet de suivre un raccourci traversant une plaque de lapiaz et débouchant 100m en-dessous du col-même. On rejoint le col de Sarna en remontant sur la G (20mn, 1390m). Du col, on laisse la piste de gauche rejoindre Roybon et on s'engage à D sur la piste non balisée en direction de la prairie de Darbounouse. On atteint la partie septentrionale de la prairie où l'on croise une piste arrivant de la gauche (15mn, 1330m). On descend plein S avec le Grand Veymont en point de mire en suivant la piste herbeuse tracée sur la droite de la prairie. On dépasse la bergerie construite en contrebas. Au S de la prairie, on fait la jonction avec le GR91 qui arrive de Corrençon (25mn, 1310m).

La prairie de Darbounouse sur les Hauts Plateaux

On remonte une petite butte et on suit maintenant le balisage blanc et rouge jusqu'à l'étape. Le GR évolue sur un large sentier en lisière de la forêt. On passe le Pot au Play (25mn, 1375m, piste arrivant de la droite du col de Berche). On poursuit sur la G pour remonter le canyon des Erges, un thalweg bordé de lapiaz de belle hauteur. Le sentier qui jusqu'à présent avait contourné ces plaques calcaires se retrouve en plein dedans... Après la Tiolache Haut, le sentier traverse de nombreux vallons et se décline en up / downs successifs dans lesquels on a bien du mal à prendre de l'altitude. En plus, le parcours de cette fin de journée à traverser les barres de lapiaz est un peu éreintant ! Enfin, aux « Clapes de Cognaux » (2h, 1590m), on croise le sentier central de la GTV qui part sur la droite rejoindre Saint-Agnan-en-Vercors alors que de l'autre côté il va faire parcours commun un petit moment avec « notre » GR91.

Les lapiaz du canyon des Erges

On poursuit donc sur la G jusqu'à l'abri de la Jasse du Play (10mn, 1629), une cabane sommaire équipée d'une petite table, de deux bancs, d'un poêle à bois, d'un toit solide, et à l'étage la possibilité d'y dormir à une quinzaine de personnes, bref, le bonheur, non ? Dormir, dormir est un bien grand mot avec le barouf que la colonie de loirs va faire toute la nuit... Il reste quand même à s'approvisionner en eau : la source se trouve à 1km de la cabane ; il faut poursuivre sur le GR91 jusqu'à la stèle qui marque (aussi...) la séparation des routes, le GR vers le S, le sentier qui conduit au col de Berrièves à l'E et entre les deux celui direction SE où la trace très bien cairnée file jusqu'à la fontaine du Play dont l'eau sourd au pied de l'éboulis karstique du Rocher de Séguret (elle coule normalement toute la période estivale mais... donc n'hésitez pas à contrôler le débit sur le site web du Parc avant de vous y rendre).

Les Hauts Plateaux aux alentours de la Jasse du Play (panorama depuis la fontaine)

Jour 7 : Jasse du Play - Pré Peyret - Plaine de la Queyrie - Cabane du Veymont

7h / +1200m / -1280m.
Pour cette étape, où les points d’eau sont rares et à la pérennité non garantie, il est conseillé de faire le plein d’eau à la fontaine des Bachassons en prévision du bivouac à la cabane du Veymont (il y a de l’eau au tuyau mais annoncée « non potable », soit 2h30 avant d’y arriver... Le lendemain, on ne pourra remplir les gourdes qu’à la source qui se trouve sous le Pas de Berrièves, soit 2h30 après avoir quitté la cabane.

Diaporama Après une nuit sûrement un peu agitée (je vous en avais touché un mot hier soir...) en raison du « ballet » des lérots qui colonisent le rez-de-chaussée de la bâtisse une fois que l’on est monté à l’étage se coucher, donc, on repart sur le GR91 vers le S pour rejoindre la fontaine de la Plaine de la Chau (40mn, 1625m) située à l’aplomb du sommet de Pierre Blanche. On poursuit vers le S pour atteindre le croisement de sentiers (10mn, 1635m, à droite la bergerie de la Nouvelle Jasse de la Chau) où on laisse le sentier central de la GTV partir à gauche vers le Pas de la Ville et au-delà descendre sur Gresse-en-Vercors (depuis le Pas de la Ville, possibilité de monter en A/R au sommet du Grand-Veymont, voire même effectuer la traversée jusqu’au Pas des Bachassons, voir le J5 du topo Hauts plateaux du Vercors).

Le Grand-Veymont comme on le voit au départ de la Jasse du Play

La suite de l’itinéraire s’inscrit toujours vers le S et s’en va traverser une clairière (40mn, 1650m). Puis après avoir louvoyé entre les épicéas, on traverse une deuxième clairière avec le sommet du Grand-Veymont à main gauche et le Pas des Chattons (15mn, 1620m). Toujours cap au S, voici une troisième clairière au milieu de laquelle l’horizon se dégage pour apprécier les falaises qui bordent les plateaux du sud Vercors et à droite les alpages qui dominent le col du Rousset (pour les itinéraires de découverte de ce côté-là, voir le topo Vercors sud). En vision directe maintenant, on a la Grande Cabane vers laquelle on se dirige en suivant le GR91 qui a pris momentanément une direction SW. Noter qu’à l’arrière vers le NE, un sentier permet de rejoindre directement le Pas des Chattons et la cabane des Aiguillettes.

Sur les Hauts Plateaux entre la Jasse du Play et la Grande Cabane

Juste avant la Grande Cabane on laisse partir le sentier qui traverse le plateau vers l’W en direction de la MF de Pré Grandu pour incliner sur la G (bien suivre les cairns portant les marques du GR91) et ainsi éviter de passer trop près des enclos de la bergerie et attiser le « courroux » des chiens patous... On passe au-dessous de la source (25mn, 1575m, suivre le tuyau) avant d’entrer dans une forêt clairsemée et rejoindre le croisement de sentiers de la variante GTV arrivant de la MF de Pré Grandu (10mn, 1590m). On poursuit sur le GR91 au S sur un large chemin gazonné jusqu’à atteindre le poteau indicateur « Pré Peyret » (30mn, 1630m) duquel on peut voir sur la droite la cabane éponyme (5mn pour s’y rendre et 5mn de plus pour l’accès à la Fontaine des Endettés au S de la cabane). On remonte le vallon à main G pour atteindre rapidement un collet puis s’échapper vers la D en légère descente retrouver un large vallon verdoyant. A l’entrée d’un large espace gazonné, on dépasse une source intermittente (15mn, 1675m) et on continue en direction du NE sur une trace non balisée en fond de thalweg et en laissant partir à droite une piste. L’itinéraire est évident à suivre (nombreuses crottes de cheval ou d’âne) et on atteint sans difficulté l’entrée d’une grande plaine d’herbes folles (20mn, 1765m). On poursuit jusqu’au milieu de cette plaine pour partir sur la G en légère remontée et retrouver le sentier qui courrait en hauteur RD et passait par une ancienne carrière romaine.

Vue arrière sur la plaine de la Queyrie depuis les pentes sous le Pas des Bachassons

On termine l’ascension sur la D jusqu’au sommet d’une butte qui domine le Pas des Bachassons (35mn, 1920m) pour disposer d’un  exceptionnel panorama sur les Hauts Plateaux et le Grand-Veymont flanqué à sa droite de l’Aiguillette (ou Petit-Veymont) mais aussi beaucoup plus à l’W sur la plaine de l’Isère, le Rhône et les montagnes de l’Ardèche. On descend sur la D rejoindre le fond du thalweg et en franchissant le col on arrive à la fontaine (5mn, 1900m) qui se situe côté N du col juste avant d’entamer la descente.

Au Pas des Bachassons (au fond, le massif de Belledonne)

Tout au long de la descente, on aura une belle vue sur le massif de Belledonne qui émerge au loin avant que l’on ne rentre dans une forêt de feuillus. Au niveau d’un virage sur la droite (1h, 1410m), il faut quitter le sentier balisé qui va effectuer quelques larges lacets en forêt pour partir sur la G emprunter un sentier au profil délicat puisqu’il essaie de rester à niveau en croisant de nombreux couloirs d’avalanches que les éboulements ont bien érodé. Quelques mètres après s’être engagé dans ce chemin et franchi la marque blanc-vert en forme de croix, on retrouve un balisage blanc-vert qui va aider au suivi d’un parcours un tantinet scabreux (sujets au vertige ou à la marche sur sentier étroit et délité, abstenez-vous !). On traverse coup sur coup 3 ravins très délités et la récompense à ces efforts est de pouvoir contempler le monolithe du Mont-Aiguille sous des angles assez peu habituels. Et pour cause... Cela se reproduira plusieurs fois avant qu’on ne lui tourne le dos. Le sentier maintenant court à flanc en forêt. Pas très large, il faut prêter une attention de tous les instants et particulièrement lors des traversées d’éboulis friables. A part cela, c’est un itinéraire bucolique qui, entre deux thalwegs, reste en courbe de niveau et traverse les pentes de l’Aiguillette du Veymont.

Avis de mauvais temps sur le Mont-Aiguille

Une dernière traversée de ravin avec remontée coupe-souffle (55mn, 1400m) et, après un parcours en forêt, voici que l’on rejoint le sentier qui arrive du col de l’Allimas (15mn, 1410m). On part sur la G sur un sentier bien mieux tracé en larges zigzags. On sort de la forêt permettant de disposer de superbes vues plongeantes sur la région du Trièves et le seigneur des lieux : le Mont-Aiguille. On atteint une épaule (1h05, 1765m) et après quelques mètres étales on descend face aux pentes d’éboulis du Grand-Veymont sur un sentier tracé au milieu d’une végétation envahissante. On atteint le piste qui arrive de Gresse-en-Vercors (20mn, 1560m). La cabane du Veymont est (enfin...) là, quelques mètres plus bas le long de la piste (1mn, 1550m, eau non potable au robinet ou dans le ravin qui descend du Grand-Veymont à l’extrémité de la piste, 6 à 7 places de couchage à l’étage).

La cabane du Veymont (merci à l'O.N.F !)

Jour 8 : Cabane du Veymont - Balcon Est - Col de l’Arzelier

6h30 / +1000m / -1050m.
Diaporama De la cabane on remonte jusqu’à la fin de la piste et on s’en va traverser le couloir rocailleux qui descend des parois N dd el’Aiguillette du Veymont. De l’autre côté on retrouve un petit sentier qui s’élève à flanc. On évolue au pied des pentes d’éboulis qui dominent le plateau de Gresse-en-Vercors. On franchit un torrent (20mn, 1655m, « Fontaine du Veymont », eau selon saison) juste avant de traverser une zone d’éboulis et contourner une épaule herbeuse où l’on croise le sentier qui arrive de la vallée et rejoint les Hauts Plateaux en franchissant le Pas de la Ville ((15mn, 1730m). On poursuit tout droit à flanc dans du minéral où il n’est pas rare de croiser de bon matin des hordes de chamois ou de bouquetins.

Rencontre heureuse sur le balcon E

Puis c’est un petit thalweg dans lequel coule une cascade que l’on franchit (25mn, 1700m, eau selon saison, « fontaine du Veymont ») en préalable à la traversée du haut des pistes du domaine skiable de Gresse qui s’inscrit en face E du Sommet de Pierre Blanche (15mn, 1720m) duquel on échappe après avoir dépassé une cabane de téléski en RG du large vallon. On laisse derrière soi ce moment d’horreur (en été ce n’est vraiment pas beau à voir...) et on reprend une marche à flanc d’une prairie bien verte. Quelques zigzags en montée permettent de surmonter la difficulté de la traversée d’une combe bien délitée (30mn, 1665m) avant de s’en aller franchir une épaule où l’on croise le chemin arrivant de Gresse à destination du Pas de Berrièves (5mn, 1700m). On remonte sur la G en direction du col sous les pentes NE du Rocher de Séguret et, juste avant que l’on ne s’engage dans la remontée en zigzag du couloir, on s’échappe sur la D (10mn, 1720m) en direction de l’abri de la Peyrouse.

Une heure plus tard, seconde rencontre cette fois-ci avec une horde de chamois

On traverse alors un court mais infâme éboulis où rien ne tient sous les pieds puis une prairie avant la panneau indicateur « Sous les rochers de Rocheherbe » (10mn, 1635m, source en contrebas au pied de l’érable). On poursuit vers le N. Il s’ensuit une traversée un peu délicate (mains courantes) qui précède une descente en larges lacets dans une prairie qui propose un itinéraire de substitution à celui originel aujourd’hui trop exposé aux chutes de pierres et détruit par endroits. On franchit un thalweg sous les aiguilles du Sommet de Malaval avant de remonter en zigzags serrés dans le coteau d’en face pour retrouver l’ancien tracé qui courait plus haut (45mn, 1585m). On reprend sur la D un parcours en courbe de niveau « comme si de rien n’était »... avec Saint-Andéol qui s’étale au milieu de la vallée dominée par le massif des Moucherolle. Le parcours devient à présent assez « roulant » et ne joue plus autant avec les up / downs pour atteindre l’abri de la Peyrouse (45mn, 1600m, 2 à 4 places, pas d’eau). On poursuit sous le Pas de la Morta puis on franchit l’épaule E du Rocher du Playnet.

Le sentier n'est pas large sur le balcon E...          Le sentier n'est pas large sur le balcon E...          Le sentier n'est pas large sur le balcon E...

On laisse partir sur la gauche le chemin qui mène au Pas Ernadant (45mn, 1540m) pour pénétrer un peu plus avant dans une forêt de feuillus, le bois Crose (25mn, 1545m). On est « immergé » dans une ambiance plus fraîche et humide bien que l’on ne puisse distinguer aucun point d’eau auquel on puisse s’abreuver. Tant pis ! Ce sera pour plus tard... A la sortie du bois, on s’aperçoit avec bonheur que le Pas de la Balme s’est grandement rapproché. Et en se retournant, le Rocher du Playnet en impose par sa verticalité alors que le Mont-Aiguille, solitaire à l’horizon, se dresse tout au fond de la verte vallée de Gresse.

Vue arrière sur le balcon E (le Mont-Aiguille au fond)

On laisse des chemins partir de droite et de gauche, qui vers Saint-Andéol, qui vers le Pas de la Balme et Corrençon, pour continuer à flanc en direction du col de l’Arzelier. On atteint un petit promontoire au lieu-dit « Les Poules » doté d’un banc (50mn, 1515m) qui permet de souffler un moment en contemplant le « travail » accompli depuis ce matin. Là aussi, la vue est imprenable sur la partie S du balcon E. On a quand même fait un bon bout de chemin, pas vrai ? Après la pancarte on s’engage à G et on s’en va explorer tous les petits ravins qui descendent de la Petite Moucherolle. On traverse un large éboulis juste avant de rencontrer le premier point d’eau depuis quatre heures, celui proposé par la Fontaine des Sarrasins (30mn, 1610m). On rejoint rapidement Pré Achard (10mn, 1610m) où on laisse partir le sentier du balcon E (la suite, ce sera pour demain...) et descendre en direction du col de l’Arzelier. On s’arrête avant le col au refuge d’altitude de La Soldanelle (20mn, 1500m, tel : +33 476723881), un gîte d’étape des plus accueillants tenu par un couple de jeunes belges qui font de cet endroit, assurément, le plus haut estaminet belge de France. Et quel choix de bières trappistes !

Entre le col de l'Arzelier et le col Vert, on passe sous les Deux Soeurs, Agathe et Sophie

Jour 9 : Col de l’Arzelier - Balcon Est - Col de l’Arc - La Sierre

5h / +700m / -800m.
Diaporama Du refuge on remonte jusqu’au Pré Achard (15mn, 1610m) pour trouver sur la D le départ en courbe de niveau du sentier balisé en blanc-vert du balcon E. Attention à ne pas suivre le sentier (non balisé) qui s’élève en direction du col des Deux Sœurs et qui rejoint le plateau des Moucherolles ! Droit devant, les Aiguilles d’Arves s’inscrivent entre Taillefer à droite et Belledonne à gauche. En suivant ce chemin sinueux et bucolique, on explore le fond de tous les petits ravins qui descendent des Deux Sœurs, Agathe et Sophie. On atteint la source des Clots (30mn, 1580m). Aujourd’hui, elle ne coule plus du fait d’un gros bloc de rocher qui en obstrue l’orifice. On laisse partir sur la droite un chemin qui conduit 200m en contrebas à la Baraque des Clots et on poursuit en courbe de niveau au pied des arêtes du Gerbier. On arrive devant une fourche de sentiers (20mn, 1585m) : il faut poursuivre sur celui du haut afin d’atteindre, par une sentier en légère descente, le poteau indicateur « Sous le Ranc des Agnelons » (45mn, 1540m) d’où s’initialise un sentier de descente vers Prélenfrey. On poursuit tout droit en légère montée pour rejoindre la cabane du Col Vert (10mn, 1595m, 1 à 2 places, pas d’eau). On repart au-dessus de la cabane et par un sentier en zigzags à la pente un peu relevée on rejoint le passage du col Vert (25mn, 1755m).

Sur le balcon E, lever de soleil sur Belledonne et les Aiguilles d'Arves

Le sentier que l’on va suivre à présent n’est pas recommandé aux personnes sujettes au vertige et pour lesquelles évoluer sur des vires calcaires où par moment il faut poser les mains pour garder l’équilibre. Un itinéraire de substitution descend du col Vert rejoindre, un peu avant la cabane de Roybon, le GR91 dont on suivra les marques rouges et blanches jusqu’à La Sierre (compter deux bonnes heures pour ce parcours de substitution). Dans le cas contraire, bienvenue sur la partie la plus acrobatique du balcon E ! Mais prenez quand même connaissance du message d'avertissement ici.

Sur le balcon Est à l'approche du Roc Cornafion

La partie N du balcon E débute 10m après avoir franchi le col Vert côté Villard-de-Lans. On part sur la D sur une vingtaine de mètres puis encore à D pour franchir l’épaule et revenir à flanc côté Saint-Paul-de-Varces. Le balisage a été intentionnellement effacé par les agents du Parc afin que des touristes ne s’y engagent pas sans raison. Par contre, au bout de 200m de marche sur un sentier très étroit on retrouvera des marques de couleurs bleu-jaune-bleu qui nous guideront jusqu’au col de l’Arc. Après ce premier passage qui contourne une épaule et présente un « gaz » assez rebutant, la suite de l’itinéraire s’effectue dans des pentes peu relevées jusqu’à l’approche du Roc de Cornafion. Là, il faut laisser le chemin qui continue à flanc en impasse (35mn, 1750m) pour monter en zigzags serrés vers la G à l’assaut du sommet du coin, aidé en cela par le renfort de marques rouges. On atteint un collet (25mn, 1900m) d’où démarre le sentier qui conduit au sommet du Cornafion à 2049m (possibilité d'ascension en A/R avec le même niveau de difficulté que dans la première partie de la montée : c’est en fin de compte la voie de descente des alpinistes qui escaladent le Cornafion depuis le col Vert par l’arête S). On poursuit sur le balcon E légèrement en descente et un peu plus loin on repart dans une zone très perturbée avec de nombreux up / downs et la nécessité de parfois poser les mains sur le rocher pour garder l’équilibre. Mais le sentier reste très correctement tracé et le balisage au top, bien qu’ayant besoin d’un petit rafraichissement... On franchit la dernière épaule rocheuse (au passage un petit tunnel sympa et ludique dans lequel s’enfiler (40mn, 1835) et le sentier reprend une course en courbe de niveau à travers les prairies d’altitude avec un point de vue exceptionnel sur le bassin grenoblois en contrebas. Exceptionnel panorama des chaînes de montagnes alentours entre Chartreuse, Vanoise, Belledonne, Taillefer, Oisans et Dévoluy. On atteint le col de l’Arc (25mn, 1730m).

Sur le balcon E, à l'approche du col de l'Arc, la vallée de Grenoble

Pour rejoindre La Sierre, on peut passer par le Roc Saint-Michel (+250m de dénivelée, même temps de marche que par l’itinéraire proposé ci-après) avec un sentier de redescente directe sur le parking. A faire par grand beau temps pour la vue étendue sur le N des Préalpes et au S sur l’ensemble du Vercors.

Le col de l'Arc et derrière le Roc Saint-Michel

On descend du col de l’Arc sur la G pour rejoindre en contrebas le GR91 au niveau de Font-Froide (20mn, 1500m, source), GR91 dont on suit le balisage rouge-blanc vers la D jusqu’à La Sierre et passant par les pistes de ski du Domaine des Allières (1476m, auberge) et au-delà en suivant la piste qui est tracée à flanc de falaise (école d’escalade).

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Relevés de terrain août 2014

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