[Népal] Du Lumbasumba au Makalu

Ce trek revêt un caractère particulier et exceptionnel de par sa longueur, 28 jours, mais pas seulement : on notera la diversité des paysages dans lesquels on va évoluer, les populations que l'on va croiser dans les quelques villages où l'on va faire étape et dont certains d'entre eux semblent être hors du monde, les climats que tout oppose, du très froid de la haute montagne au tropical des Antilles ou de la Réunion, la végétation associée au climat, du minéral des vallées glaciaires aux forêts primaires dans lesquels les singes sautent d'arbre en arbre, les bambous, l'audace dont les locaux ont su faire preuve lors de la construction des sentiers de liaison inter-villages parfois à la limite de l'entendement, et tant d'autres choses...

L'ile de la Réunion ? Non, non, vous êtes bien sur la GHT au Népal (sentier entre Thudam et Chyamtang)

Cette portion de la G.H.T est considérée comme la plus rude de toutes en considérant le seul domaine du trekking (je ne parle pas de technique alpine lors du franchissement des cols glaciaires entre le Makalu, le Solukhumbu, le Rolwaling et le Langtang où a été tracée la haute route et qui sont des épreuves ponctuelles ne relevant pas du trekking). Ici, un seul franchissement de col majeur, celui du Lumbasumba La qui, à 5155m et si les conditions météo sont correctes, est une partie de plaisir avec une journée consacrée à la contemplation lointaine de deux massifs glaciaires majeurs, le Makalu et le Kangchenjunga, une journée entre ciel et terre dont on se souviendra en bien, si, si ! La difficulté est ailleurs, dans les marches d'approche ou de liaison lorsque l'on traversera les forêts primaires aux rochers moussus et aux troncs d'arbres qui obstruent le chemin, lors des parcours à flanc de coteaux pentus ou de falaises verticales avec le vide de l'autre côté ou bien des traversées sur des pentes sableuses au-dessus d'une rivière grondante... On est immergé dans le wilderness (comme disent nos amis anglo-saxons) tout en restant dans le domaine de la randonnée au long cours, certes engagée. Soyez préparés à affronter ces épreuves qui vous feront traverser des espaces sauvages d'un Népal profond (voir aussi le trek des 2 camps de base du Kangchenjunga avec un degré moindre) resté en l'état d'il y a 50 ou 100 ans en arrière.

Thudam, village du bout du monde oublié du pouvoir central de KTM

Et prenez le temps de contempler les paysages somptueux qui vous seront distillés chaque jour tout au long des étapes ; divers et variés mais toujours sublimes même si le niveau d'exigence physique est important. Rien n'est à jeter dans ce trek au long cours ! Dégustez-le jusqu'à en tirer la quintessence : des profondes vallées tropicales au parcours des forêts dans lesquelles le chemin ne fait que quelques dizaines de centimètres de large jusqu'à l'allée minérale qui conduit au sommet du coin, le Makalu, tout est différent mais beau. Les détours qui auront été ajoutés au tracé du périple "officiel" accentueront cette soif de découverte de "petits coins" sympas dont vous êtes coutumiers puisque vous vous inspirez des topos de ce site pour créer vos propres itinéraires. "Hors des sentiers battus" est un qualificatif qui colle plus que tout autre (bon, d'accord, il y a les nombreux topos ayant pour cadre le Mustang "hors des sentiers battus"...) à cet itinéraire d'exception qui a pour cadre une région bien peu parcourue des "touristes" et qui pourtant a tout pour séduire l'aventurier que vous êtes... Ce Népal de l'E est un espace incroyable pour qui désire connaître de grandes émotions picturales, ethnologiques, sportives... A vous de jouer !

Lever de soleil sur le Makalu

Et n’oubliez pas en fin de topo les sous-rubriques Préparatifs, Sur Place, Dossier de voyage (avec la carte téléchargeable en PDF) et bien d’autres choses encore.

Téléchargez la carte du circuit au format PDF : Carte générale GTAM1  Carte Lumbasumba Makalu

Trek ght lumbasumba makalu

LE TREK JOUR PAR JOUR

Jour 1 : Katmandou - Birtamod

12h de bus.
Diaporama De la "gare" routière qui jouxte le site de Pashupatinath part vers l'E du Népal) on suit l'Araniko highway jusqu'à Dulikhel avant d'obliquer à D sur la B.P highway en direction de Manthali(45mn). La route évolue à hauteur pour nous faire découvrir le panorama exceptionnel sur la chaîne de l'Himalaya, du Manaslu au Gaurishankar. Les montagnes occupent l'horizon d'un espace de campagne népalaise : chaque pente de colline est ouvragée en terrasses. La route est très sinueuse et relie les villages construits sur les crêtes (1h30). Puis on suit une vallée fluviale qui rejoint celle plus large de la Sun kosi à l'aplomb de Mechchhe (30mn). On suit à présent la RD de la Sun kosi qui a creusé son lit dans un large défilé. Le voyage est réellement superbe entre moyenne montagne et cultures de fond de vallée.

Le Dorje Lakpa vu depuis Dulikhel

Cet itinéraire n'est pas forcément plus court en temps que celui passant par Hetauda et le Teraï mais assurément beaucoup plus contrasté. Puis, la vallée de la Sun kosi se pare d'une végétation rabougrie et très sèche (50mn). Etonnant après la première partie tropicale. On quitte la vallée fluviale pour une remontée jusqu'à passer 1000m plus haut le col de Sindhulighadi à 1400m. La route est très sinueuse et fait la part belle à des points de vue tous plus exceptionnels les uns que les autres.

On quitte la vallée de la Sun kosi pour monter vers le col de Sindhuli

Puis on redescend vers 600m pour traverser Sindhuli (1h45) et suivre une large vallée fluviale quasi rectiligne (un plaisir...!). On approche des plaines du Teraï et le relief s'apaise. On traverse d'immenses forêts où peu à peu l'eucalyptus se fait généralité. Puis c'est le passage à Bardibas (1h) où l'on rejoint la grande route est-ouest qui parcourt le sud du Népal (1h30). On l'emprunte sur la G pour aller traverser la Kosi river sur un grand pont métallique à quelques centaines de mètres de la frontière indienne (30mn).

Après avoir franchi la chaîne du Mahabharat, on descend vers Bardibas à l'entrée des plaines du Térai

Puis c'est une impressionnante file de camions arrivant d'Inde et attendant sur le bas-côté de la route que l'on dépasse (les routiers attendent toute la nuit ici avant d'être autorisés à entrer au Népal, impressionnant : plus de 5kms de file d'attente pour ces engins rangés cul à cul...). La nuit est à présent tombée et sur ce grand axe népalais il faut s'attendre à y trouver de tout, et au dernier moment, car roulant, ou marchant, sans lumière de signalisation : vélos, tracteurs avec remorques et aussi O.R.N.I (objets roulants non identifiés) en tout genre. Il vaut mieux se trouver à bord du plus gros véhicule ! Enfin on atteint le bourg de Birtamod (2h30) pour une restauration rapide et peu sapide et un couchage peu avenant à côté de la gare routière (mais il n'y a que ça à disposition...).

Jour 2 : Birtamod - Ilam - Taplejung - Suketar

10h de bus.
Diaporama De la gare routière de Birtamod on se dirige vers Ilam au travers de paysages vallonnés où les plantations de thé occupent tes pentes. Ilam (3h), pas de nécessité de s'y arrêter car ça ne casse pas trois pattes à un canard, on a même du mal à pouvoir y acheter du thé local pourtant produit en grande quantité ici...

Les plantations de thé autour d'Ilam

Diaporama On emprunte la route goudronnée qui s'élève à flanc de coteau en direction du N. La route évolue dans de denses forêts de bambous. On croise ça et là quelques cases en tôle et planches de bois. Pour le coup, on se croirait dans les hauts de l’île de la Réunion ! Autre chose étonnante quand on est habitué à circuler sur les routes du Népal : la route bien qu'étroite est superbement entretenue et il n'y a que bien peu de trous. Ceci dit, la moyenne est fortement abaissée par le profil géographique qui nécessite la présence de centaines de lacets, pour quelques uns bien rapprochés les uns des autres... On s'élève pour passer à Nepalthok (45mn, 1760m) et on poursuit en lacets serrés pour franchir un premier col (10mn, 2120m) puis un deuxième dans la foulée (25mn, 2170m). Le passage du troisième (25mn, 2500m) permet de découvrir le massif du Kangchenjunga et à sa gauche son satellite le Jannu, reconnaissable à son rocher sommital proéminent. Plus loin vers le N on peut admirer le Makalu sous un profil peu connu. Bon ! On n'y est pas encore...

Jannu et Kangchenjunga vus depuis la route entre Ilam et Taplejung

On enchaîne par la descente sur Phidim, le grand bourg commerçant du coin, descente au cours de laquelle on peut apprécier l'ordonnancement de la campagne népalaise avec ses terrasses et son habitat dispersé qui caractérise le piémont himalayen avec en toile de fond l'élégant massif du Kangchenjunga. Repas à choix unique, dal bhat, à Phidim (45mn, 1220m). On descend du plateau de Phidim pour s'en aller franchir une profonde vallée fluviale puis remonter en face en larges lacets. La végétation se fait moins luxuriante bien que l'altitude soit modérée. On traverse Salleri (50mn, 1450m) tout en poursuivant l'ascension. A Jor Pokhari bazar, on franchit un col (20mn, 2020m). Nous nous trouvons encore à 53kms de Taplejung ! Le Kangchenjunga réapparaît brièvement. On descend traverser la Kabeli khola à Kabeli (55mn, 665m) avant de repartir en montée sur la route d'accès à Taplejung. Ici la route est pas mal abîmée par les glissements de terrain dus à la forte pluviosité du coin et à la texture du terrain, pentu, friable et pulvérulent. On entre dans Taplejung (55mn, 1820m, tous commerces, banques, hôtels, restaurants, etc) que l'on traverse difficilement à cause de l'étroitesse de la rue principale très commerçante. On emprunte à main D une rue en forte déclivité qui de zigzag en zigzag nous emmène jusqu'au plateau sur lequel l'altiport de Suketar (non opérant en 2017) a été construit (35mn, 2440m). A ses pieds, quelques commerces et des lodges qui périclitent puisque aucun touriste n'y débarque plus, à l'arrivée et surtout au retour de trek... Triste rue vide de monde et sans vie !

Suketar, ville (presque...) fantôme

Jour 3 : Suketar - Pathibhara phedi

3h50 / +900m / -120m.
Le passage par le sommet de Pathibhara n'est pas une "obligation" (on peut descendre par la piste rejoindre les rives de la Tamur khola du côté de Thiwa pour rejoindre Lelep) mais la vue dont on dispose au sommet est assez bluffante comme tour de vigie sur la région, l'ascension sur le sentier pavé des pèlerins permet de partager de bons moments avec les gens de toute origine qui font le même parcours, de monter jusqu'à presque 4000m permet de commencer l'acclimatation (qui plus est avec la descente de 3000m qui suit...), et, pour les randonneurs pressés, on ne consomme pas une journée de plus de randonnée. Alors, pourquoi s'en priver ?

Diaporama Après avoir passé une nuit calme dans un lodge à deux pas de l'altiport, on se dirige vers le N en suivant l'unique rue bordée de boutiques. Triste vision de ces commerces périclitant depuis que plus aucun avion ne se pose ici et que les touristes de ce fait on déserté le massif du Kangchenjunga. Heureusement, pour les contemplateurs de beaux paysages que nous sommes, il y a l'exceptionnel panorama sur le massif du Kangchenjunga qui s'est rapproché et qui présente de belles montagnes glaciaires au milieu desquelles on peut reconnaître de droite à gauche les Kabru, les cinq sommets du Kangchenjunga, le Kambachen, le superbe et élancé Jannu (ou Khumbakarna), le Merra peak et bien d'autres (pour une description plus approfondie du massif, se référer au topo Les deux camps de base du Kangchenjunga).

Le Jannu (Khumbakarna)          Kangchenjunga

Avec cet horizon mythique devant les yeux on suit la piste pour remonter jusqu'au col de Deurali (55mn, 2570m, lodge simple, bhattis). On incline sur la piste de G en légère descente (pour aller vers le camp de base sud du Kangchenjunga on était parti sur la D vers Lali kharka). Puis rapidement la piste se met à monter en forêt devenant par là-même extrêmement boueuse par endroits. Vers 2700m le profil devient étale alors que l'on évolue à l'W de la crête. Puis on descend franchir un collet ensoleillé (1h05, 2615m, bhatti). Le Kangchenjunga et les Kabru occupent toujours notre horizon. Il y a pire comme vision...

La colline de Pathibhara et la chaîne des Kabru dans le lointain sur la droite

On repart en montée pour rejoindre les bhattis qui sont construits au départ du chemin pavé d'ascension vers le sommet de Pathibhara. On laisse la piste (25mn, 2675m) pour s'engager à D sur le fil de la crête. En empruntant le chemin pavé qui s'élève en zigzags on rejoint le terminus de la piste (20mn, 2700m, bhattis, lodges simples, boutiques de souvenirs, C, E). On poursuit au N du parking sur le sentier pavé qui escalade la montagne sacrée en escaliers. On croise pas mal de bhattis afin que les pèlerins, en grand nombre en toute saison, puissent se restaurer tout au long de leur périple. On atteint les premiers lodges de Phedi (1h, 3185m) puis en suivant l'allée commerciale et hôtelière on rejoint la partie haute du "village" où se situe le terrain de volley, accessoirement la nuit dévolu au camping (5mn, 3220m, boutiques, bhattis, C, E). Nuit en lodge ou sous tente.

Jour 4 : Pathibhara phedi - Pathibhara - Bhalu Khop kharka

6h / +700m / -1640m.
Diaporama De Phedi (où l'on a été dérangé dès 3h du matin par les pèlerins qui empruntent le chemin pour arriver au sommet au moment du lever du soleil...), on remonte le chemin pavé pour passer immédiatement à proximité d'un temple hindouiste également paré d'ornements bouddhistes (très intéressant de s'y arrêter). On évolue en forte montée en zigzags sur des escaliers aux marches parfois un peu hautes. On réalise l'ascension en compagnie de groupes familiaux ou d'amis qui se rendent auprès de la déesse Pathibhara lui confier leurs désirs de réussite dans tel ou tel projet de vie (il paraît que ça marche pas mal...). Les pèlerins dévident un rouleau de fil fin tout au long du chemin symbolisant le fil de la vie et qu'ils entourent sur des piquets en bois. Etonnante vision que cet entrelacs de ficelles bordant la partie droite du chemin d'ascension !

Dans la montée en escaliers vers le sanctuaire, ces étonnants fils de vie...

La pente est vraiment redressée et suit le fil de la crête. Plusieurs kiosques placés le long de l'itinéraire permettent au pèlerin (et au randonneur...) de reprendre son souffle. On trouve des toilettes à chaque étape. On partage de grands moments de rigolade avec nos "camarades" d'ascension d'un jour. Et leur profil sportif n'est pas du tout celui que l'on a l'habitude de rencontrer sur ce genre de chemin pentu : jeunes, vieux, chaussés parfois de hauts talons, beaucoup de dames âgées et pas forcément au profil svelte... Mais la foi déplace le pèlerin sur cette montagne ! On commence à croiser ceux qui descendent (les bruyants de cette nuit...) qui reviennent du sommet et qui nous enjoignent à poursuivre la montée.

Red panda

Côté faune, quelques oiseaux mais aussi, beaucoup plus rare, l'occasion de rencontrer le panda roux, une mignonne bébête dont le parc du Kangchenjunga est la zone d'habitat au Népal (ça ressemble à un raton-laveur...). A l'arrière, la vue porte au S jusqu'à Suketar et Taplejung. On commence à apercevoir, sortant de derrière les crêtes rocheuses au NE, des pics glaciaires (Chamlang et Makalu en premier puis sur la G en tout petit Lhotse, Sagarmatha et même le Cho Oyu).

Le massif du Kangchenjunga vu depuis l'itinéraire d'ascension

On atteint la porte d'entrée du sanctuaire. Il ne reste plus qu'à gravir quelques marches (les dernières...) pour se retrouver sur le carreau du temple et pouvoir aller saluer la déesse Pathibhara (2h, 3795m, eau, possibilité de camp côté S du sommet, C). Ici, les codes bouddhistes et principalement hindouistes se mélangent. Les pèlerins se croisent dans la bonne humeur et le respect de l'autre (ils sont tous venus, et pour nombre d'entre eux de l'Inde toute proche, pour soumettre leurs désirs à la déesse). La couleur rouge sang hindouiste se marie avec les drapeaux bouddhistes multicolores. On trouve sur le site un espace de sacrifice d'animaux (certains viennent ici avec une chèvre...).

Le sanctuaire de la déesse Pathibhara          Le sanctuaire de la déesse Pathibhara

Et, pour le randonneur, venu jusqu'ici pour disposer d'un panorama à 360° sur la région, il n'y a pas lieu d'être déçu : c'est assurément un belvédère majeur sur l'E de l'Himalaya népalais. Le chemin de descente vers la vallée de la Tamur khola s'initialise à la porte d'entrée du sanctuaire. Dos à la grille, on descend vers le NW passer au milieu des maisons construites en contrebas du chemin avant de traverser la clôture de fil de fer barbelé pour rejoindre une prairie humide au milieu de laquelle on croise le chemin de Neghung (10mn, 3740m).

Pathibara, LE belvédère sur le massif du Kangchenjunga

On descend pleine pente toujours vers le NW avec le Makalu en ligne de mire. On retrouve au milieu d'une haie de buissons de rhododendrons un large chemin bien marqué et cairné. On passe sous un drapeau bouddhiste (25mn, 3630m) et on incline un peu à D. On perd définitivement le balisage de cairns mais la trace toujours bien marquée est facile à suivre. On descend doucement jusqu'à traverser une portion plane à découvert (45mn, 3290m) pour suivre la crête. On atteint une petite prairie en belvédère (25mn, 3155m) avant de poursuivre tout droit pour remonter sur une petite butte et atteindre un deuxième belvédère (10mn, 3095m, drapeaux bouddhistes et mini temple hindouiste).

Début de descente tranquille face au Chamlang et au Makalu. Mais ça ne va pas durer...

Belle vue plongeante sur le sillon tracé par la Tamur khola. Tout au fond, à gauche du Jannu, apparaît le Jhinsang peak qui marque le point de convergence des frontières du Népal, de l'Inde et du Tibet. On incline légèrement sur la D pour s'engager plus loin sur le fil d'un rein en forêt non démaquisée. On franchit dans la longueur un petit collet à découvert (25mn, 2915m) où l'on poursuit tout droit (attention, départs de sentiers à gauche puis à droite à ne pas suivre !) pour se confronter à une remontée bien cassante sur le fil de la crête. Eprouvante car dans une végétation invasive et la chaleur du milieu d'après-midi... On remonte ainsi jusqu'à 2970m avant de retrouver un chemin plus large en forêt. On se croirait sur les sentiers de l'Île de la Réunion ! On passe un belvédère situé côté S de la crête et on suit le rebord du coteau à découvert après un bref passage en forêt.

Passage à Hakima danda kharka

On descend traverser en long la kharka de Hakima danda (45mn, 2800m, pas d'eau) puis on descend dans une forêt de bambous jusqu'à un croisement de chemins (25mn, 2600m) où il faut poursuivre en descente à main D et maintenant de manière beaucoup plus abrupte dans un terrain glissant. Le sentier suit une coupe franche dans les bambous s'apparentant à un coupe-feu. On franchit une épaule et la descente se poursuit toujours au milieu des bambous mais en suivant un sentier tracé en zigzags serrés, plus confortable. Au-delà, c'est la dégringolade toujours en zigzags d'un coteau recouvert de buissons et, après être passé à proximité d'une source, on atteint Bhalu Khop kharka où l'on établit le camp (25mn, 2280m), 1000m au-dessus de la Tamur khola avec le Kangchenjunga qui s'affiche à l'horizon. De ce belvédère, la lecture du paysage est aisée car les vallées fluviales sont bien marquées et l'on peut suivre les itinéraires qui conduisent au camp de base N du Kangchenjunga et bien entendu celui qui va suivre le lit de la Tamur khola qui va permettre de rejoindre Olangchun Gola, prochaine étape importante du périple, un village qu'il est prévu d'atteindre d'ici à trois jours. Nuit sous tente.

Au départ de BVhalu Khop kharka

Jour 5 : Bhalu Khop kharka - Oitangu - Taplethok - Lelep

4h15 / +420m / -1000m.
Diaporama La descente reprend de plus belle après cet intermède nocturne, aussi pentue, aussi glissante et peut-être légèrement plus humide le matin. On évolue en forte pente le long d'une friche avec le Jannu, le Kangchenjunga et les Kabru à l'horizon. On dépasse une drôle de cabane construite sur pilotis dont l'une des extrémités repose bien sur le rebord de la crête alors que l'autre est appuyée dans le vide sur deux frêles piliers de bois de cinq à six mètres de haut (25mn, 2025m). Au-delà, on trouve un chemin qui s'élargit un peu mais surtout bien viabilisé par de larges marches arrêtées par des rondins de bois : confortable comme descente après ce que l'on a vécu... Cette descente nous aura réservé quelques dizaines de surprises, heureuses ou moins heureuses ! En tout cas, exceptionnelle en tout point. On descend vers le village d'Oitangu composé de quelques maisons colorées.

Descente sur le village d'Oitangu

On traverse le thalweg (30mn, 1775m) et on termine en courbe de niveau RD (5mn, 1765m). En partant de la place à proximité des maisons hautes du village, on descend entre les maisons jusqu'à l'enclos du cochon devant lequel on tourne à G puis, après 50m, à D avant la maison en tôle ondulée. Nous voici sur un sentier en courts lacets très bien tracé. Tout irait pour le mieux si ce sentier n'évoluait pas en forêt humide... Chaque pierre sur laquelle on va poser le pied présente un danger de glissade. Bistarai, Bistarai qu'ils disent ici. Après moult rattrapages avant chute on atteint (enfin...) l'extrémité de ce sentier et accessoirement la fin de cette dégringolade de près de 3000m en franchissant sur deux passerelles de bambous brinquebalantes, histoire de rester dans l'ambiance, la Sisuwa khola qui a pris sa source tout là-haut sous le sommet de Pathibhara. On remonte le coteau pentu RD jusqu'à passer à proximité d'un temple hindouiste (1h, 1390m) puis on descend juste derrière à main G sur une sente qui coupe les terrasses pour aller traverser les différents hameaux étagés dans la pente. On traverse les plantations de cardamome (marches glissantes) puis, en bas, ce sont les rizières inondées (encore une histoire d'eau...) jusqu'à rejoindre le lodge qui se situe à côté de la passerelle de Taplethok sur la Tamur khola (10mn, 1330m, bhatti).

Traversée de la Tamur khola à Tapelthok

On franchit la rivière pour se retrouver RD et obliquer à D afin de traverser l'autre partie du village et passer devant les quelques commerces et l'église baptiste. On suit un chemin pavé bien agréable à fouler après la descente d'enfer. On remonte tranquillement le long de la Tamur khola en traversant de nombreuses plantations de cardamome. Le petit air frais qui descend des hautes vallées fluviales en amont permet d'atténuer la chaleur ressentie en ce début d'après-midi. On remonte le coteau pour s'élever d'une centaine de mètres et retrouver à mi-pente le même type de chemin pavé qu'en bas.

Après-midi tranquille le long de la Tamur khola

On traverse un village (55mn, 1510m, lodge). On s'élève par à-coups jusqu'à dépasser un nouveau lodge puis on arrive devant une fourche de chemins pavés (40mn, 1620m) : à droite, c'est la descente vers Hellok et Sukhetum sur l'itinéraire du camp de base N du Kangchenjunga, à gauche le sentier qui monte vers le village de Lelep. On part sur la G et après un parcours en up / down on aboutit dans la cour d'un lodge (15mn, 1700m, E). Nuit en lodge ou sous tente sur le terrain de camping improvisé au milieu de la DZ des hélicos, par ailleurs l'un des plus beaux belvédères qui soient sur l'entrelacs des vallées fluviales de la Sambuwa khola, de la Ghunsa khola et de la Tamur khola que l'on suivra demain.

A la sortie N de Lelep

Jour 6 : Lelep - Gowatar - Ila danda

2h50 / +565m / -200m.
La liaison entre Lelep et Olangchun Gola peut théoriquement s'effectuer en 2 journées mais aucun camp digne de ce nom a été prévu à mi-chemin pour qu'un groupe puisse y faire étape. Si vous êtes en autonomie et que votre groupe au total ne dépasse pas 2 touristes et 3 accompagnants (soit 2 tentes), vous pourrez faire étape à Ryamsyan pati. et squizzer la nuit à Ila danda. Le profil des deux journées sera donc le suivant : 5h10 / +1000m / -400m et 3h30 / +900m / -140m.
Diaporama On quitte le village par le N pour emprunter un sentier à flanc de coteau en légère descente jusqu'à passer au-dessus d'une ferme où, en novembre, on récolte et on transforme la cardamome (20mn, 1670m). Le processus est le suivant pour cette variété alaï ci très recherchée dans la cuisine indienne : une année pour que les rhyzomes sortent de terre, coupe desdits rhyzomes et nettoyage de la base de la plante pour une bonne repousse, écalage des rhyzomes pour en sortir le fruit, grattage des fruits pour enlever les peaux puis à la fin deux jours d'étuvage pour sécher les graines, elles seront prêtes à être emballées par sacs de 40kg une fois débarrassées de leur enveloppe. Pour ce produit de luxe alaï ci bien supérieur en goût à celui de la cardamome sukumel, le producteur qui aura entièrement travaillé manuellement reçoit 1200€ pour chaque sac. Dans les magasins indiens, le consommateur pourra payer jusqu'à 30 à 40€/kg. Belle culbute des prix, non ?

La cardamome alai ci, une institution par ici !     La cardamome alai ci, une institution par ici !     La cardamome alai ci, une institution par ici !

Mais revenons à l'itinéraire... Le sentier continue de louvoyer à flanc de coteau en forêt bien évidemment colonisée par les pieds d'alaï ci. On franchit une falaise verticale sur un sentier aménagé avant de passer à proximité d'une passerelle métallique (15mn, 1610m). On poursuit tout droit en RD de la Tamur khola pour une petite grimpette en escaliers qui permet de rejoindre une nouvelle passerelle métallique sur la Thakpa khola (5mn, 1660m). Sur l'autre rive, au niveu de la fourche de sentiers qui suit, on continue sur la D sur un chemin en montée qui s'en va évoluer à hauteur de la Tamur khola. On entre dans le pays bouddhiste et l'on commence à croiser davantage de murs de manis sur lesquels les codes hindouistes ont disparu (rubans rouges, clochettes, etc.). Les darchoks colorés apparaissent sur les toits des maisons. On dépasse la ferme de Sangduwa (40mn, 1745m) qui annonce, au bout du chemin herbeux, le village de Gowatar (15mn, 1820m, lodges).

Gowatar

Au-delà du village c'est toujours un parcours bucolique en up / down qui fait passer au pied de belles cascades de la Chhaga khola (25mn, 1850m) avant de franchir la Kasturi khola sur une passerelle métallique (15mn, 1910m). Après, c'est la montée en lacets serrés et en escaliers pentus pour effacer un rognon rocheux. On franchit une épaule couverte de taluchos (25mn, 2060m) et on finit en courbe de niveau pour atteindre le lieu-dit Ila danda et ses deux trois maisons accrochées à flanc de coteau pentu (10mn, 2065m, lodge). Nuit sous tente ou en lodge simple.

Ila danda : un bon feu, une tumba, histoire de passer un bon moment !

Jour 7 : Ila danda - Jongin kharka

4h / +875m / -280m.
Diaporama On poursuit sur le sentier d'hier tracé à flanc de coteau mais aujourd'hui présentant un profil en up / down avec parfois des montées bien marquées. On explore quelques fonds de thalwegs où coulent de petits ruisseaux. Aux fourches de chemins que l'on rencontre il convient de suivre la D pour rester à hauteur de la Tamur khola. On remonte les marches de l'escalier qui donne accès à la passerelle métallique sur laquelle on franchit la rivière au-dessus d'une cascade au débit impressionnant (55mn, 2160m).

Traversée de la Tamur khola en amont d'Ila danda

On se retrouve RG où l'on prend un peu de hauteur en zigzags serrés, une centaine de mètres, pour aller traverser un thalweg et ensuite évoluer en up / down dans une forêt peu dense. On passe à proximité d'une grotte qui peut servir d'abri de fortune et on poursuit à hauteur de la rivière dans une gorge relativement étroite où les arbres ont déployé des troncs altiers pour que les branches et les feuilles puissent aller toucher quelques rayons de soleil. La montée se poursuit alors que l'on traverse l'étage de végétation des bambous et autres calumets (55mn, 2460m). On est au lieu-dit "Malingue" et, à l'arrière, revoici le sommet de Pathibhara qui "pointe son nez" à l'horizon. On traverse une cascade (5mn, 2455m) puis on franchit le large thalweg de la Ramsyan khola sur un pont de bois au-dessus duquel a été construit un abri (15mn, 2425m, eau, pas de possibilité de campement aux alentours mais seulement une petite dizaine de places sous l'abri ouvert et encore en se serrant un peu). En face, de l'autre côté du sillon tracé par la Tamur khola, on peut voir un profond thalweg à la pente redressée dans lequel coule la Bharatti khola. On continue par une grosse grimpette puis le up / down reprend de plus belle dans la plus stricte obédience népalaise... Cassant ! On se rapproche du lit de la rivière au moment où elle présente de somptueux rapides (15mn, 2455m).

Le long de la Tamur khola à l'approche de Jongin kharka

On suit le torrent un petit moment avant de remonter bien vite dans le coteau et croiser sur le chemin un gigantesque éboulement de terrain (25mn, 2545m). On traverse ces monceaux de terre accumulée puis on recommence à onduler en forêt au gré des thalwegs que l'on rencontre (à gauche, à droite, en haut, en bas...). On rencontre aussi quelques couloirs d'avalanche qu'il faut surveiller du coin de l'œil des fois qu'un rocher déciderait de lui-même, ou aidé par une animal "joueur", de descendre la pente au moment où l'on y est engagé... On sort à découvert pour traverser la kharka de Selap (20mn, 2565m, camp possible, eau de source 100m plus avant). On poursuit à mi-hauteur de la Tamur khola en louvoyant entre les rochers d'origine glaciaire que la rivière a charriés il y a bien des lustres. On évolue sur de l'herbe ce qui présente un changement notable avec le parcours forestier précédent qui s'effectuait sur un sentier très étroit et en encorbellement sur des pentes quasi verticales. On franchit un premier escalier qui donne accès à une banquette morainique et on passe à proximité d'un abri sous roche (20mn, 2625m). Puis c'est un deuxième escalier suivi d'un sentier étale qui conduit à la vaste prairie de la kharka de Jongin située à l'aplomb de la passerelle métallique que l'on empruntera demain pour se rendre à Olangchun Gola (20mn, 2660m, eau de source en RD de la Tamur khola). Nuit sous tente.

A Jongin kharka

Jour 8 : Jongin kharka - Olangchun Gola

1h50 / +570m / -40m.
Diaporama On traverse la rivière sur la passerelle métallique en contrebas du camp. On évolue en sous-bois RD de la Tamur khola avant de grimper en zigzags dans une forêt plus dense pour aller franchir un rognon rocheux pile poil au-dessus de la confluence de la Tamur khola avec la Yangma khola et atteindre la passerelle métallique qui donne accès à la RG de la Tamur khola (30mn, 2730m). La remontée vers Olangchun Gola commence par... une descente pour venir longer le lit de la rivière puis on s'engage sur un excellent sentier bien large. On dépasse la bifurcation vers Yangma qui permet de rejoindre Ghunsa et le Kangchenjunga BC N en 6 jours. Après avoir traversé la base d'un gigantesque éboulement, on s'élève en larges lacets à la pente maîtrisée en forêt. Un peu plus haut, c'est un autre couloir d'éboulis de 150m de large qu'il faut traverser mais cette fois-ci à mi-hauteur, et ce n'est pas la même chose car la trace à flanc de pente délitée est assez étroite...

La traversée des couloirs d'avalanches dans la montée vers Olangchun Gola

Au-delà, reprise de la litanie des lacets jusqu'à franchir un collet marqué de darchoks et de taluchos (40mn, 2980m) qui donne accès à un sentier balcon à hauteur de la Tamur khola. On commence à discerner tout en haut de la moraine qui domine la vallée à main droite le bâtiment rutilant de la gompa d'Olangchun Gola. On poursuit en quasi courbe de niveau pour presque venir toucher la rivière au milieu d'un éboulis là aussi assez impressionnant. Il n'y a vraiment rien qui tient par ici ! Le paysage est exceptionnel de beauté, à la fois minéral et végétal, et d'une certaine grandiloquence avec, fermant la vallée, un pic qui sépare deux vallées fluviales et au pied duquel on partira sur la gauche. Mais c'est pour demain, revenons au temps présent alors que l'on approche du village étape.

Sous la moraine sur laquelle est perché le village d'Olangchun Gola

Il ne reste plus qu'à monter en biais en direction de la lèvre de la moraine et atteindre la première maison d'Olangchun Gola, le lodge White Yak (40mn, 3190m, bhatti, boutiques pour ravitaillement et possibilité de compléter son trousseau de textile avant d'aller franchir le col...). Diaporama En direction du N, le village entièrement construit en bois s'étale sur 400m avec la vieille gompa Diki Chöling perchée dans le coteau (visite indispensable car la salle de prières est en tout point admirable). Noter qu'à chaque automne se déroule sur 3 jours un festival bouddhiste équivalent à celui de Tiji à Lo Manthang ; essayer de faire coïncider les dates du trek avec cet évènement (en 2017, ça débutait le 15 novembre). Nuit sous tente ou en lodge.

Les maisons en bois d'Olangchun Gola

Olangchun Gola est un village tibétain dont les maisons sont entièrement construites en bois. On dénombre une bonne cinquantaine de maisons mais il y a quelques années la moitié de la moraine s'est effondrée dans le lit de la rivière et incidemment la moitié du village (et ses habitants) ont disparu corps et biens. Quand je vous disais que rien ne tenait dans le coin... En tout cas, un site où il fait bon passer et repasser en arpentant la rue principale (et unique d'ailleurs...). Pas mal d'échanges avec la population très ouverte à la discussion plaisir.

La gompa d'Olangchun Gola     La gompa d'Olangchun Gola     La gompa d'Olangchun Gola

Jour 9 : Olangchun Gola - Sanjung kharka

3h10 / +880m / -40m.
Diaporama On traverse le village pour rejoindre le khani au toit jaune construit à la sortie NW. Ici, pas d'autre alternative que de suivre sur 6kms la piste récemment construite par les chinois en RG de la Tamur khola. Toutefois, le paysage est superbe même si le sillon sableux n'est pas du meilleur goût... Vers 3580m, la piste s'éloigne du lit de la rivière pour monter en forêt.

Le khani à l'entrée N d'Olangchun Gola

Quand on en sort, c'est pour découvrir le pont en bois qui permet de passer RD de la Tamur khola (2h, 3720m) et laisser ainsi la piste filer vers le NNE franchir le Tiptala bhanjyang à la frontière sino-népalaise (pas mal de business échange de bois contre vêtements mais aussi denrées de consommation avec les chinois...). A la sortie du pont, on oblique à G comme l'indique la flèche bleue dessinée sur une pierre, balisage bientôt suivi (quelques temps seulement...) de points bleus. Après une petite montée abrupte en forêt, on poursuit en courbe de niveau pour rejoindre une bergerie ruinée à l'entrée de la vallée de la Dingsamba khola.

A la confluence de la Tamur khola et de la Dingsamba khola

On poursuit au-dessus des ruines dans un entrelacs de pierres moussues pour quasiment venir côtoyer la rivière. On louvoie entre des troncs de genévriers de taille imposante jusqu'à traverser une kharka (35mn, 3830m, camp possible). Puis, c'est au tour des buissons d'épineux au milieu desquels le sentier chaotique se faufile, sentier très marqué par le passage du bétail à la saison des pluies. On traverse la kharka de Langmale (10mn, 3890m, camp possible), une prairie dominée par de belles aiguilles rocheuses élancées. On poursuit en montée soutenue au milieu des buissons de genévriers. Vers 4000m, à l'approche d'une zone de roches noires effondrées, on laisse partir sur la droite un sentier pour incliner à G et suivre un chemin en courbe de niveau. On franchit un béquet rocheux pour découvrir une yersa bien sympathique en bord de la rivière (40mn, 4030m, eau de source). En se retournant, on découvre vers l'E une face bien peu connue du Jannu et sur la droite la crête sommitale des Kabru. On est arrivé à Sanjung kharka. Nuit sous tente.

Sanjung kharka dans la vallée de la Dingsamba khola

Jour 10 : Sanjung kharka - Lumbasumba BC Est

3h / +630m / -30m.
Diaporama De la kharka que le soleil a inondé de ses rayons vers 7h30, on poursuit vers le NW en RG de la rivière. Un cairn posé au milieu de la rivière invite à passer RD pour retrouver un chemin un peu moins chaotique. A moins que les pierres sur lesquelles on doit prendre appui soient gelées... auquel cas il faut poursuivre en RG sur une sente chaotique jusqu'à dépasser d'une centaine de mètres un monolithe dressé au milieu de la rivière pour trouver un "pont" naturel composé de deux roches adossées l'une à l'autre (30mn, 4100m).

Traversée du premier plateau lacustre

On suit maintenant en RD le large chemin qui se faufile au milieu des buissons de rhododendrons. On dépasse une prairie (25mn, 4180m, possibilité de camp) puis on atteint la kharka de Yangetar (10mn, 4210m, possibilité de camp). A partir de là, on s'engage dans la première grosse montée de la journée pour effacer un verrou morainique et rejoindre un plateau belvédère sur la vallée que l'on vient de remonter (50mn, 4410m). On se trouve au milieu d'un cirque de montagnes alliant le minéral des pierres dressées avec des pentes à l'herbe rase. On franchit un petit collet pour découvrir une grande étendue plane où la rivière prend ses aises. Au fond, on distingue l'extrémité de la langue glaciaire du glacier du Lumbasumba himal E au pied duquel on va établir le camp ce soir.

Franchissement de l'épaule derrière laquelle se trouve le camp

On franchit un deuxième collet pour prendre pied sur un plateau lacustre de taille supérieure (10mn, 4440m), plateau que l'on traverse en long pour aller rejoindre la RG au niveau d'une grosse pierre effondrée (15mn, 4470m) après avoir traversé la rivière à gué (remonter assez loin en direction de la cascade pour trouver des bancs de galets évitant de se déchausser). On monte pleine pente à main D pour retrouver le sentier qui s'en va contourner la combe par la droite avant de finir en RG de la cascade par la remontée d'un couloir redressé donnant accès à un collet (35mn, 4640m). Il ne reste plus qu'à descendre rejoindre le milieu du plateau herbeux où l'on établit le camp juste avant les rochers effondrés (15mn, 4630m, eau de source en RG).

Le cirque minéral du Lumbasumba glacier à l'entrée duquel on établit le camp sur les dernières banquettes herbeuses

Jour 11 : Lumbasumba BC Est - Lumbasumba La - Lapsi khola camp

4h40 / +600m / -670m.
Attention ! Le temps de parcours correspond à l'étape réalisée par une météo au beau fixe et une quasi absence de neige. En cas de mauvaises conditions de parcours, prévoir 3 à 4 heures de plus...
Diaporama Du camp, on franchit la zone de rochers effondrés pour atteindre un plateau. Maintenant il faut traverser la rivière à gué et le matin les roches sont recouvertes de glace. Prévoir de se déchausser ! On monte à main G sur une première arête morainique suivie d'une deuxième avec l'aide des cairns.

Sur la moraine au départ du camp de base E

On atteint un plateau (1h, 4840m, camp possible, eau dans un ruisseau ou dans un lac à proximité). Belle vue arrière sur la vallée glaciaire du Lumbasumba glacier W et à l'E sur le massif du Kangchenjunga présentant ses 5 sommets en enfilade, le Jannu et les Kabru. La partie difficile de la journée est derrière nous puisqu'après ce ne sera qu'une succession de petits plateaux entre lesquels il faudra grimper de 30 à 50m. On franchit un collet (35mn, 4980m) duquel le panorama sur le massif du Kangchenjunga s'élargit aux montagnes satellites.

Une vision bien peu commune du Jannu...

On traverse un plateau au milieu duquel se trouve un lac puis on se dirige WSW pour grimper jusqu'à un col qui se trouve être le plus à gauche de l'arête qui descend du superbe pic rocheux élancé. Au col (30mn, 5085m), outre le panorama oriental que l'on a déjà bien contemplé durant la montée, on découvre côté W une combe lacustre et de bien beaux pics rocheux et glaciaires faisant partie de la chaîne du Lumbasumba himal orientée nord-sud.

A l'approche du 1er col ; en se retournant, on dispose d'une large vue sur le massif du Kangchenjunga

On part à flanc sur la D pour contourner à mi-pente un mamelon de l'arête et prendre pied dans le deuxième col à l'aplomb du pic rocheux (15mn, 5120m). C'est ici que s'initialise en direction de l'W un superbe sentier-balcon superbement tracé dans de gros éboulis qui parcourt en "plat" népalais les pentes E de la combe.

Arrivée au 1er col (sur les 3 à franchir...)

Alors que l'on approche du Lumbasumba La dont on voit les drapeaux flotter au vent on peut distinguer dans l'échancrure de la vallée creusée par la Palung khola la bosse caractéristique du sommet de Pathibhara. Et même en ayant franchi la première arête, on dispose toujours d'un incroyable point de vue sur le massif du Kangchenjunga et au-delà sur d'autres montagnes qui marquent la frontière indo-népalaise. Après quelques creux et bosses, on atteint le large passage du Lumbasumba La (30mn, 5155m).

Arrivée au 2ème col

On découvre côté W le proéminent Makalu et à sa gauche le Chamlang. Par contre, pas de Lhotse ni de Sagarmatha... La déception est vite effacée en se retournant pour contempler, cette fois-ci une dernière fois, le massif du Kangchenjunga, le Nepal peak, le Jannu et les Kabru.

Le 3ème col est le bon ! C'est bien le Lumbasumba La (5155m)

On descend au NW sur des pentes débonnaires parfois enneigées face au Makalu. On louvoie de gauche et de droite en perdant de l'altitude avant de se retrouver sur un promontoire en RD de la vallée (50mn, 4800m) à l'aplomb d'une confluence de rivières qui vont former la Lapsi khola. Le sentier historique qui partait à droite a été remplacé par une descente directe dans de l'éboulis friable d'abord sur une arête puis à flanc de pente détritique (juste une trentaine de mètres de zigzags sableux à négocier avant de retrouver une bonne trace...). On descend rejoindre la rivière à proximité d'une bergerie ruinée puis on poursuit jusqu'à une deuxième bergerie ruinée en contrebas où l'on établit le camp sur des espaces gazonnés plans. On se trouve à Yak kharka (35mn, 4560m). Nuit sous tente.

Descente du Lumbasumba La vers Yak kharka avec à l'horizon le Chamlang et le Makalu

Jour 12 : Lapsi khola camp - Thudam

2h45 / +50m / -1060m
Diaporama Continuation de la descente de la vallée de la Lapsi khola en RD avec comme horizon le Makalu. Noter que du fait que le camp est positionné à l'E du géant himalayen on peut en découvrir la face NE, usuellement "cachée" des népalais, un gigantesque plateau glaciaire qui s'inscrit entièrement au Tibet. On traverse la rivière sur un ingénieux pont de pierres (10mn, 4525m). Le chemin étant passé RG de la vallée, il n'est plus aussi bien marqué qu'auparavant alors que l'on longe le plateau gazonné sur lequel la rivière s'amuse à faire des méandres. On repasse RD à la sortie du plateau avec l'aide de grosses pierres effondrées en-dessous desquelles la rivière s'écoule (10mn, 4500m). La vallée s'incurve vers la gauche et on découvre les deux sommets du Chamlang. On dépasse pas mal de kharkas dans cette vallée qui commence à s'élargir. La couleur jaune pâle des banquettes d'herbe tranche avec le terne minéral dans lequel on était immergé toute la journée d'hier... On joue "au chat et à la souris" avec la rivière et il est heureux que les locaux qui doivent venir ici en nombre à l'estive aient aménagé le chemin avec des pierres plates pour que l'eau de la rivière coule librement et que le passant n'ait pas à se préoccuper des traversées (à Thudam, le comité des femmes du village vous demandera d'ailleurs de bien vouloir participer financièrement à ce travail de réalisation d'un chemin digne de ce nom...).

Descente de la vallée de la Lapsi khola avec le Makalu qui s'affiche à l'horizon

Vers 4050m, on entre dans une forêt de buissons de rhododendrons alors qu'à l'avant on distingue la confluence de la Lapsi khola avec la Medok Chheje khola qui arrive de la droite directement des montagnes frontières du proche Tibet. On descend traverser la Medok Chheje khola sur deux ponts de bois (1h15, 4000m) avant de poursuivre en RD à flanc, traverser une kharka et atteindre un camp situé au milieu de la kharka de Samne (10mn, 3920m). On suit la Medok Chheje khola en RD avec en point de mire le Chamlang et les montagnes qui entourent les vallées de l'Hinku et de l'Hunku khola. Et à l'arrière plan, heureuse surprise, l'apparition au deuxième plan des deux bosses glaciaires caractéristiques du Mera peak. On commence la descente de la vallée assez doucement et, changement de végétation, voici les premiers pins. Puis la descente se fait plus accentuée sur un chemin très caillouteux, abîmé et jonché de détritus, qu'hommes et bêtes empruntent à longueur d'année. Une grande désescalade le long de cascades permet de rejoindre la rivière au niveau de grandes prairies. Un dernier virage et on découvre le village de Thudam, ses quelques maisons très frustres en bois et de la bière chinoise (1h, 3550m, boutique, C SKY). Bienvenue dans ce village du bout du monde, quasiment abandonné par le pouvoir central de Katmandou, et qui s'est tourné vers la Chine pour subvenir à ses besoins, principalement par le commerce du bois. Nuit sous tente au pied du village.

Thudam, un village népalais tourné vers la Chine pour sa subsistance...

Jour 13 : Thudam - Yak kharka I

5h10 / +700m / -1370m.
Cette étape et celle qui suit sont assurément les deux plus dures du périple. Il n'y a que deux possibilités de camp avec eau à disposition entre Thudam et Chyamtang : celui que l'on va nommer Yak kharka I et où se termine le jour 13 de ce topo, campement utilisable à condition d'être un groupe de taille réduite (au maximum 4 touristes et l'accompagnement népalais), et celui que l'on va nommer Yak kharka II qui nécessite 1h / +150m / -300m de plus et qui permet d'accueillir les groupes de taille très importante. Outre la disponibilité de l'eau aux deux camps, il n'y a qu'un autre seul point d'eau, confidentiel il va sans dire, entre Thudam et Yak kharka I mais davantage en se dirigeant entre Yak kharka I et Yak kharka II. Le profil de ces deux étapes, et en particulier la première, est à en décourager plus d'un avec ses montées et descentes incessantes et ses passages olé-olé... Le chemin est vraiment étroit, tracé qu'il a été à flancs de falaise et de coteaux herbeux pentus. On ne comptera pas le nombre d'aménagements de fortune faits de troncs d'arbres ou de bambous soutenant des pierres plates pour que la continuité du sentier puisse exister... Et ne parlons pas, surtout dans la première partie, du vide, quasi permanent, et des couloirs d'éboulis à franchir sur des traces sablonneuses glissantes pour les personnes sujettes au vertige. Dans la traversée d'Olangchun Gola à Chyamtang passant par le Lumbasumba La, ce n'est pas le franchissement du col qui est le plus problématique (encore que dans une tempête de neige ça ne doit pas être de tout repos...), c'est vraiment cette portion de l'itinéraire ! A prendre en considération avant de s'y engager et d'y engager un groupe de randonneurs. Voilà qui méritait d'être écrit... Maintenant passons à la description de cette journée si particulière :

Sur le sentier-blacon entre Thudam et Chyamtang

Diaporama On sort du village par le S en s'élevant un peu au-dessus de la rivière pour de suite commencer une descente en RD sur le même type de chemin caillouteux que celui qui nous a conduits à Thudam la veille. On évolue dans de belles portions de forêt primaire au milieu desquelles on doit traverser deux couloirs d'éboulis bien creusés et pentus de taille gigantesque. On rejoint une kharka (45mn, 3300m) et, au-delà, on s'engage à découvert sur un sentier-balcon très étroit en pente descendante qui se termine à la base d'un troisième couloir d'éboulis, lui aussi, très creusé (15mn, 3225m). Après l'avoir franchi, retour en forêt un peu moins débroussaillée jusqu'à la cote 3080 où on laisse la rivière après qu'elle nous ait offert un dernier spectacle avec une cascade bouillonnante. On monte dans le coteau à main D en zigzags très serrés pour atteindre un belvédère (40mn, 3180m, chautara). 10m plus haut, au croisement de chemins, on suit les indications de la pancarte qui invitent à partir sur la G pour rejoindre en descente maîtrisée le fond d'un thalweg (5mn, 3155m). On traverse le torrent pour s'engager en face sur le sentier-balcon étroit à flanc de coteau qui débute par une marche étale. Soyez prévenants ! Il n'est pas rare d'y croiser (avec difficulté vue l'étroitesse du chemin...) un yack solitaire et, plus dérangeant, vindicatif. Passée cette épreuve, on remonte en zigzags à flanc de falaise pour franchir un rognon rocheux (20mn, 3230m, grotte). C'est à partir d'ici que commence la partie la plus spectaculaire (ou pour certains "abominable") de l'itinéraire audacieux proposé par les locaux (et qui n'est bien évidemment pas celui tracé sur les cartes népalaises quelles qu'elles soient) : l'étroit chemin est construit à flanc de falaise en encorbellement bien au-dessus de la rivière. Et il n'y a pas qu'un seul passage osé : on peut en compter une bonne dizaine si ce n'est une quinzaine... Encore plus audacieux que les sentiers de l'Île de la Réunion dont la construction est pourtant une référence ! Cette première partie se termine par une montée en lacets dans une maigre forêt de rhododendrons afin de contourner une combe et déboucher sur le fil d'une arête (55mn, 3385m, drapeaux).

Sur le sentier-blacon entre Thudam et Chyamtang

En récompense, belle vue sur le Makalu, les deux pics du Chamlang dominant le village de Chyamtang, tout en bas, entouré de ses champs en terrasses. Mais si loin... Et l'interrogation qui survient de suite : "mais quel itinéraire va-t-il falloir emprunter pour rejoindre ce village ?" tant les parois semblent incompatibles avec la présence d'un chemin quel qu'il soit... La descente existe bien et s'effectue dans un coteau pentu recouvert d'herbes folles. Le sentier qu'il est proposé de suivre est toujours aussi étroit mais mieux viabilisé qu'auparavant, proposant de larges lacets. Après avoir traversé une petite forêt de rhododendrons, on franchit un thalweg sableux (25mn, 3190m, source aménagée), seul point d'eau disponible jusqu'à l'étape. On poursuit en descente à flanc jusqu'à la cote 3050 pour passer de l'autre côté de l'arête et entrer vers la D dans le vallon de la Chhumlam khola. Le parcours en up / down se poursuit dans une forêt calcinée et, au-delà, demande à traverser (avec précaution...) un large couloir d'éboulis sableux de 200m en descente (35mn, 2920m) avant de repartir en montée en zigzags serrés une fois revenu sur la "terre ferme". Re-parcours en forêt, toujours en up / down, sur un sentier étroit mais moins heurté que précédemment. La G.H.T porte bien son nom : Galère Himalaya Trail... pourquoi s'en priver ?

A l'approche du camp...

On descend traverser un nouveau thalweg avec une cascade (45mn, 2890m) et de suite, punition assurée, remontée ardue en forêt pour trouver étonnamment un parcours en courbe de niveau au milieu d'une forêt de bambous qui permet d'atteindre, avec bonheur, le "camp" de Yak kharka I (20mn, 2880m, eau 5mn avant d'arriver à la kharka). Très peu d'emplacements de tentes, maximum 4 et le staff dormant dans la cahute de bambous. Nuit sous tente. Sinon, beau belvédère plongeant sur les profondes gorges de la Chhujung khola qui a remplacé la Medok Chheje khola. Et à l'horizon vers l'E, le couple Chamlang - Makalu occupe l'horizon, même si le Makalu est un peu occulté par une "colline".

Jour 14 : Yak kharka I - Yak kharka II - Chyamtang

4h40 / +770m / -1400m.
Si vous êtes au départ de cette étape, c'est que vous avez brillamment réussi l'épreuve d'hier. Bravo ! Aujourd'hui, le profil de l'étape est beaucoup plus simple même si ce n'est pas de tout repos. Allez, en avant !
Diaporama Dos à la vallée, on part sur la G sur un sentier qui se faufile en courbe de niveau entre les bambous. Le sentier est, au départ seulement avant de retomber dans ses errances, plus large que celui de la veille et surtout moins chaotique. On descend au milieu des rhododendrons pour franchir une petite cascade aux parois moussues (30mn, 2680m). Puis c'est une petite dégringolade pour aller traverser une belle rivière sur un pont de bois (10mn, 2645m). On remonte en face en direction de la crête qui nous sépare de la large et profonde vallée de l'Arun nadi. On emprunte un excellent chemin qui passe au milieu d'une kharka (c'est la Yak kharka II, 20mn, 2740m, eau, camp possible pour groupes de taille importante). On poursuit la montée pour franchir le fil de la crête (25mn, 2880m) et par la suite descendre en forêt de feuillus. Vers 2700m, la végétation change du tout au tout pour devenir sèche alors que l'on contourne une épaule et que l'on découvre sur l'autre rive de la vallée de l'Arun nadi le village de Chyamtang. Bref retour en forêt humide pour franchir un thalweg avant une descente directe dans les bambous pour sortir à découvert et trouver un superbe chemin en lacets qui rejoint la passerelle métallique de l'Arun nadi. Mais quand même un peu longuets et éprouvants pour les genoux ces 1100m de descente !

Passerelle sur l'Arun nadi

On traverse la rivière qui prend sa source au Tibet et présente un gros débit (1h45, 1780m). On remonte en face à l'ombre des rhododendrons et des bambous. Puis on sort à découvert et vers 2000m, dans la région du Makalu, c'est trop... pical. Chaud, chaud ! Le sentier remonte le coteau en pente maîtrisée mais, rien n'y fait, on est littéralement assommé par le soleil... Les quelques séries de marches qui permettent de s'élever d'un coup sont vues comme des épreuves ponctuelles dont on sort le souffle court. Un ruisseau bienvenu à mi-chemin du village permet de se rafraîchir. Un peu au-dessus (1h05, 2090m, chautara), la pente se modère et on louvoie entre les champs de millet jusqu'à atteindre les premières maisons de Chyamtang (10mn, 2200m). On traverse en longueur le village aux maisons espacées pour aller se poser à l'W à proximité du lodge et de la boutique (15mn, 2250m, C SKY). Nuit sous tente ou en lodge.

Chyamtang, ses terrasses plantées de millet au-dessus de la vallée de l'Arun nadi

Jour 15 : Chyamtang - Chepuwa - Hungung

4h10 / +790m / -700m.
Depuis ce village il est possible de rejoindre le Popti La par les crêtes avec, soi disant, de très belles vues sur le massif du Makalu. Mais... il est difficile de trouver un guide local qui ne soit pas imbibé de rakshi du soir au matin et du matin au soir. Force fait loi ! On va emprunter le sentier "officiel" qui va nous réserver de bien belles surprises tout de même...

Au départ de Chyamtang

Diaporama Donc, on suit le chemin balisé de nombreux chörtens et de murs de manis. On s'élève vers l'W pour franchir un collet où l'on quitte le domaine agraire de Chyamtang pour pénétrer sur ceux de Linggam et Chepuwa. Une journée campagne s'annonce sur le plateau, tranquille, du moins on a tout le loisir de le croire... Sur ce plateau, on domine la profonde vallée de l'Arun nadi. On traverse Linggam puis on descend au fond de la combe pour franchir une rivière qui précède le village de Chepuwa (1h05, 2020m). A la fourche de sentiers qui suit, on monte sur la D pour passer près d'une école et, 100m au-delà, on tourne à G dans une sente qui rejoint en quasi courbe de niveau un groupe de maisons à hauteur et à l'W du village dont on a évité le centre (15mn, 2045m, fontaine). A D en montée jusqu'à passer une épaule sur laquelle est dressé un mur de manis (5mn, 2090m).

Dédicace spéciale à l'Île de Beauté...

Puis c'est une montée en escaliers pour contourner une arête (25mn, 2250m) coiffée de nombreux chörtens. On avance de 300m pour tomber sur une fourche de chemins où il faut descendre sur la G pour découvrir en face le village étape de ce soir, Hungung, et tout en bas en suivant le lit de l'Arun nadi, le gros bourg d'Hatiya, centre névralgique du commerce dans cette région du Barun-Makalu. On découvre aussi un impressionnant chemin tout en escaliers taillé à même la falaise près de 800m au-dessus de la rivière qui gronde dans sa gorge étroite. Et que l'on va emprunter... On descend précautionneusement les marches pour se retrouver sur un sentier étale. On franchit un thalweg (30mn, 2140m) et on poursuit sur le sentier-balcon à flanc dessiné entre le coteau pentu à droite et le vide à gauche...

Le sentier à flanc de coteau pentu

On traverse un deuxième thalweg avec une cascade (5mn, 2180, eau). Le sentier, qui présente parfois quelques passages étroits, se poursuit à flanc de coteau avec pas mal de "gaz" sur la gauche. Puis on contourne une épaule cachée sous les frondaisons pour découvrir un paysage radicalement différent du précédent : on va traverser les champs de céréales de Gimbar (25mn, 2220m, eau), un espace qui marque l'entrée dans la vallée de la Handak khola. Hungung se trouve en RD et on se doute bien qu'il va falloir descendre traverser la rivière avant de remonter vers le village.

Les terrasses de Gimbar face à Hungung

Au début, le chemin descend doucement et va chercher le passage de la traversée le plus profondément dans la vallée. Puis la descente s'accélère proposant des séries d'escaliers jusqu'au pont métallique (40mn, 2080m). Comme prévu, on remonte en face et, après 50m, on s'engage à D dans un chemin caillouteux en forte ascendance. Vers 2230m, on traverse les champs de millet en inclinant vers la G pour atteindre la base du village de Hungung. Par un cheminement empruntant des ruelles étroites, on rejoint le lodge Yangla (40mn, 2340m, 3 chambres très propres et un accueil des plus attentionnés, places de camping dans le jardin, boutique, C SKY). Nuit sous tente ou en lodge.

Jour 16 : Hungung - Bakhim kharka

3h30 / +960m / -40m.
Bien que la description des itinéraires soit la plus précise possible, la portion que l'on va parcourir pendant les jours qui suivent et qui permet de relier les vallées de l'Arun nadi et de la Barun nadi est très sauvage. Engager un guide local à Hungung (par exemple Kinsang Bhote tel : +977 9810391869) n'est pas une incongruité car il vous indiquera le bon itinéraire dans les nombreux endroits où les sentiers de bûcherons se croisent dans tous les sens (Hungung - Popti La et Dungge kharka - Saldim khola Camp). Et puis c'est une occasion de participer à l'économie locale, non ? Et surtout ne croyez pas que les sentiers repérés sur les cartes népalaises de tout acabit (1/125000e ou 1/50000e) sont réalité, ce sont des conseils de sauvegarde et de sécurité que je vous enjoins de suivre...
Diaporama On part dos au lodge pleine pente vers l'W rejoindre sur la (supposée...) crête l'alignement de chörtens. On bénéficie d'un balisage de flèches rouges. On traverse la piste terreuse un peu au-dessus des bâtiments de l'école et on poursuit "dré dans l'pentu" pour rejoindre un petit plateau agraire qui se situe à droite des chörtens qui, bien entendu, ne se trouvent pas sur ladite crête...

Au départ de Hungung

Il faut poursuivre en montée pour atteindre la crête véritable. On passe à proximité d'un chörten solitaire (45mn, 2630m) avant d'atteindre le fil de la crête où arrive une piste (10mn, 2710m). On suit la piste sur la D pendant 100m avant de retrouver le sentier historique qui descend à main G. On profite de la dernière marque du balisage rouge. Le sentier est bucolique à souhait et il se rapproche d'une rivière, la Chyaling khola. A la fourche de chemins à l'aplomb d'un grand arbre foudroyé, on suit le chemin de G qui descend jusqu'à la rivière, rivière que l'on traverse sur un tronc. En face, on s'engage dans une remontée bien relevée sur des cailloux qui roulent sous les pieds. En haut, on retrouve un sentier étale qui pénètre dans la vallée de la Tejo khola descendant du plateau des lacs que l'on a l'intention de rejoindre demain soir. Mais auparavant il va falloir remonter un coteau de plus de 1000m de dénivelée, grosso modo en suivant la RG de cette rivière. On s'élève en forêt par à-coups. Puis, dans une portion en forêt primaire, le chemin devient moins lisible et plus difficile à suivre, louvoyant entre les pierres moussues et les nombreuses sources qui humidifient le parcours. Un peu plus loin, il redevient large bien qu'il continue à traverser une forêt primaire. On se rapproche de la Tejo khola jusqu'à la suivre de très près, directement sur les galets dans une zone où elle propose de belles cascades, très attrayantes pour la baignade si ce n'était la supposée température glaciale de l'eau... (50mn, 2855m). Le chemin redevient chaotique jusqu'à ce que l'on rejoigne une petite clairière (15mn, 2910m, source). On poursuit la montée en sous-bois où le sentier se perd un peu : il faut de toutes les manières revenir vers la rivière pour retrouver la bonne trace. On atteint une kharka (10mn, 2930m, source, possibilité de camp). Dans les arbres alentours, on peut noter la présence de singes langurs.

Singe langur

On rentre de nouveau en forêt pour traverser une nouvelle kharka (10mn, 3010m, abri). 200m plus loin, le sentier incline légèrement sur la D pour sortir à découvert et remonter une prairie vers le N et aller traverser un torrent emissaire (15mn, 3080m). Ensuite, c'est une combe herbeuse que l'on contourne par en haut pour s'engager dans des montées successives de coteaux bien relevés en forêt de rhododendrons. A la sortie de la forêt, on trouve une dernière épreuve : un escalier aux marches posées de guingois qui monte "dré dans l'pentu" en direction d'un collet marquant l'entrée de Bakhim kharka. Encore une centaine de mètres de plat et on atteint la plateforme de pierres plates (35mn, 3260m, altitude fausse de 250m sur la carte népalaise, eau dans le torrent à D, quelques places de tentes, panorama étendu au S). Nuit sous tente.

Panorama vers le S depuis le camp de Bakhim kharka

Jour 17 : Bakhim kharka - Molun pokhari

2h15 / +730m / -20m.
Diaporama On suit le chemin qui part en haut de la bergerie ruinée de la kharka. Un peu humide car un ruisseau a colonisé le chemin alors que l'on évolue dans une forêt de rhododendrons. A 3400m, on sort à découvert avec la belle cascade issue du Molun pokhari en point de mire, source de la Tojo khola qui gronde en contrebas sur la gauche. Le sentier assez caillouteux avec de belles marches poursuit son ascension à flanc de coteau rocheux en présentant une pente bien relevée. A l'arrière, les "collines" au milieu desquelles l'Arun nadi a tracé sa voie forment un dégradé de bleus bien agréable à contempler lors des reprises de souffle... On franchit une épaule flanquée de taluchos (55mn, 3550m) et on poursuit en montée avec une pente qui ne faiblit pas. On croise beaucoup de sources tout au long du chemin, sources qui sourdent de l'intérieur du verrou morainique que l'on est en train de gravir. En haut (50mn, 3830m), on prend pied sur un petit plateau herbeux (possibilité de camp, eau) d'où l'on poursuit la montée légèrement à G dans les blocs effondrés pour atteindre un 1er collet.

Molun pokhari

Au-delà, on incline un peu à D pour franchir le 2ème collet duquel on découvre le lac de Molun pokhari enchâssé dans un cirque de montagnes rocheuses dont les pentes sont partiellement recouvertes d'herbe jaunie (15mn, 3950m, alignement de cairns). Le chemin se poursuit sur la D pour descendre longer les rives N puis W du lac. On franchit un petit collet qui donne accès à une plaine anciennement lacustre où l'on établit le camp sur des banquettes d'herbe (15mn, 3970m, eau à volonté). L'endroit est idyllique et apaisant. Après-midi de repos en prévision des trois prochaines journées qui risquent d'être un peu plus éprouvantes avec le retour au domaine forestier... Nuit sous tente.

Les porteurs au départ du camp empruntent le sentier... des porteurs

Jour 18 : Molun pokhari - Popti La - Dhungge kharka

4h30 / +515m / -895m.
L'étape d'aujourd'hui a pour but d'aller découvrir le plateau des lacs au-dessus duquel se situe le Popti La où a été dessinée en 1962 la frontière sino-népalaise (borne 63). Les porteurs rallient directement le campement du soir en franchissant un col qui se trouve au S du sommet du Chhurpi (4375m) qui domine à l'W du camp de Molun pokhari et après avoir suivi à hauteur un sentier-balcon descendent traverser la combe des Tin pokhari avant de descendre vers la Dhungge khola (compter un parcours de 3h entre les deux camps).
Diaporama On part plein N dans le couloir de D sur une trace herbeuse épisodiquement cairnée. Vers 4000m, on incline un peu à G pour remonter un large couloir herbeux et atteindre un plateau gazonné (15mn, 4060m). On poursuit toujours au N et au fond du vallon on découvre les "collines" du Popti La.

Vue arrière sur le plateau des lacs en montant vers le Popti La

On avance jusqu'à un lac (10mn, 4090m) que l'on longe sur sa rive droite (c'est-à-dire à G...) et on rejoint la base d'un sentier qui s'élève en biais sur la D pour effacer un piton morainique. En haut, on incline sur la G pour prendre pied sur un nouveau plateau lacustre. On continue vers le N et on se mesure à la butte herbeuse au-dessus de laquelle se trouve le col. Pendant la montée, à l'arrière, on découvre le lac de Pholun pokhari avec son île centrale (il fait le couple avec celui à côté duquel on a dormi : Pholun, l'homme, Molun, la femme. Et chacun des lacs que l'on va croiser pendant la journée fait partie de la famille : garçon, fille, etc.). Par une dernière grimpette à flanc, on atteint le Popti La (35mn, 4203m) d'où la vue plonge au N sur les vallées du Tibet aux pentes recouvertes de forêts de pins. Au loin, quelques montagnes glaciaires tibétaines ferment l'horizon au NE. Sinon, côté Népal, on embrasse la quasi totalité du plateau des lacs, un bien bel ensemble pictural.

Au Popti La

Après avoir déposé une guirlande de taluchos et invoqué les dieux pour qu'ils intercèdent dans la démarche d'un "Tibet libre", on descend par le même chemin pour se retrouver au dernier lac auprès duquel on était passé (20mn, 4090m). Mais, au lieu de descendre au S, on part à niveau légèrement sur la D pour fouler un deuxième plateau lacustre après avoir effacé un collet où il y a une bergerie ruinée (5mn, 4090m). On traverse le plateau vers le SW pour monter en biais à flanc de coteau herbeux : on domine le plateau lacustre et, alors que l'on va franchir une épaule rocheuse (20mn, 4185m), voici qu'apparaissent tout à l'E le Kangchenjunga, le Jannu et la chaîne des Kabru. Quelle belle surprise ! On incline la marche à D pour rejoindre le fil d'une crête herbeuse (5mn, 4230m), crête que l'on va suivre sur 400m vers le N. En bas à gauche, on découvre la combe dans laquelle sont essaimés les Panch pokhari. Vers 4240m, on bascule sur la G en descente modérée pour contourner la combe par sa droite afin de rejoindre la vallée de la Dhungge khola que l'on distingue tout en bas. On dépasse une bergerie ruinée perchée sur un mamelon (25mn, 4190m) pour trouver juste derrière le départ d'un beau sentier qui évolue en RD de la vallée à hauteur des lacs.

En RD de la combe des Panch pokhari

Alors que l'on se trouve à hauteur du 2ème lac, il n'est pas conseillé de poursuivre sur le chemin pour rejoindre directement la haute vallée de la Dhungge khola. En effet, même si cela semble plus facile, les sentiers qui sont dessinés en RD au travers des buissons de rhododendrons n'en sont pas : ce sont des trouées créées par les chasseurs locaux : truffées de pièges à bharals, elles sont de ce fait dangereuses pour l'homme qui s'y engage... Donc à éviter, CQFD ! Il faut laisser la trace qui court à flanc pour effectuer une descente à main G d'une cinquantaine de mètres dans les banquettes d'herbe en direction du lac. Puis on poursuit dans cette direction pour passer entre le 1er et le 2ème lacs (le 1er est celui de droite...) et aller rejoindre l'extrémité S du 1er lac. De là, on descend à main D dans un large couloir herbeux en direction de la cascade de l'exutoire de ce lac pour trouver un excellent chemin caillouteux qui permet de contourner le verrou morainique. On se retrouve au milieu d'une kharka un peu humide (25mn, 3870m), kharka que l'on quitte en suivant un chemin quasi étale orienté au SSW et qui passe auprès d'un bloc effondré cubique. Derrière, on suit le chemin qui se poursuit cette fois-ci en légère ascendance jusqu'à traverser un torrent et rejoindre un collet en bordure du plateau lacustre des Tin pokhari (20mn, 3910m). On continue la marche vers le SSW sur le chemin qui passe dans un 2ème collet où l'on rejoint le sentier "des porteurs" arrivant de Molun pokhari. On incline sur la D pour emprunter le sentier de descente en RG du torrent. En bas, à quelques mètres de la confluence avec la Dhungge khola, on traverse le torrent sur des pierres avant de remonter le long de la Dhungge khola sur 150m et franchir la rivière principale sur deux troncs d'arbres (35mn, 3645m). En face, on foule une prairie humide et on suit le chemin qui descend sur la G jusqu'au camp de Dhungge kharka (15mn, 3590m).

Le Chamlang himal vu depuis le camp de Dhungge kharka

Jour 19 : Dhungge kharka - Kholakharka kharka - Saldim khola Camp

4h10 / +300m / -950m.
Diaporama On descend la vallée de la Dhungge khola en RD. On traverse un peu plus bas une grande kharka (15mn, 3505m, camp possible, eau) puis on s'engage au milieu des buissons de rhododendrons. Au cours de ce périple on se rapproche deux fois du lit de la rivière. Puis, on pénètre dans la forêt de bambous où l'on traverse successivement deux cascades (40mn, 3300m). Un peu plus loin, on descend en zigzags serrés bien marqués au cœur de la bambouseraie pour finir par une dégringolade sur un escalier bien pentu à flanc de falaise proéminente.

Les cascades de la Dhungge khola

C'en est fini de la Dhungge khola : un virage à D et voici que l'on pénètre dans la vallée de la Kholakharka khola (20mn, 3160m). On traverse une forêt de feuillus et on arrive à une fourche de chemins (5mn, 3120m) : à gauche en descente, c'est un sentier qui rejoint le bord de la rivière où il est théoriquement possible de passer RD en traversant la rivière à gué à mi-cuisses, ou pire... (au risque et péril de l'impétrant...), tout droit c'est un "détour" par une kharka située en amont de la rivière et au milieu de laquelle on peut franchir la rivière en toute sécurité sur un pont de bois (ce "détour" ajoute 1h30 de temps de parcours, vouloir les économiser mérite-t-il de prendre le risque ? C'est pourtant l'itinéraire risqué présenté en premier qui est indiqué sur toutes les cartes népalaises... Incompréhensible !). Donc, on poursuit tout droit vers le NW tout d'abord en courbe de niveau avant de s'élever par à-coups à belle hauteur au-dessus de la rivière. On monte jusqu'à 3280m avant de descendre sur un large sentier recouvert de feuilles mortes dans une forêt de rhododendrons. On rejoint ainsi le pont de bois situé au milieu de la grande étendue d'herbe qui permet de franchir la rivière. En RD se trouve un abri sommaire (55mn, 3190m).

Kholakharka kharka

On repart de la kharka en direction du SE en RD de la rivière en suivant un chemin passablement défoncé par le passage des troupeaux qui viennent paître en été. On traverse une kharka (30mn, 3070m). A partir d'ici, on repart dans le délire forestier de la G.H.T ou "Galère Himalaya Trail" avec un "sentier" en perpétuel up / down encombré de pierres moussues, tracé sur le rebord de ravins terreux, traversant des thalwegs humides voire boueux, empruntant des passerelles rustiques ou des "ponts" construits à la mode locale (branches d'arbres et pierres plates) avec un leitmotiv "passer à tout prix" ! Rive opposée, on dépasse la confluence avec la Dhungge khola (15mn, 3000m) puis on traverse une grande kharka en bord de rivière avec un tapis d'herbe bien grasse (10mn, 2980m, c'est ici que les groupes de taille importante devront faire étape car Saldim khola Camp ou Cave Camp sont de taille assez réduite).

Et la G.H.T repart en forêt vierge...

On laisse un pont rustique à main gauche (5mn, 2970m, itinéraire olé-olé vers Hatiya) pour continuer au plus près de la rivière sur un itinéraire qui tient plus lieu de trace que de sentier, qui plus est, support de la G.H.T ! On évolue bien sûr toujours en up / down mais alors que l'on commence à se rapprocher de la Saldim khola on va bénéficier d'un moment de répit avec une belle portion de plat au milieu d'une forêt de bambous. Puis, retour au sérieux avec la grosse descente jusqu'à la rivière pour traverser un bras annexe sur les pierres et le lit principal sur un pont de branchages et de pierres plates (30mn, 2900m). En RD de la Saldim khola, il faut trouver son chemin entre les branches tombées de la forêt primaire, les roches moussues glissantes et le franchissement des mares et des ruisseaux. On arrive à pied (presque) sec pour s'engager sur la D (cairn) et suivre une trace boueuse à flanc de coteau pour rejoindre Saldim khola Camp (15mn, 2940m, quelques emplacements de tentes, eau dans la rivière).

Le petit pont de bois (qui ne tenait plus guère...) sur la Saldim khola

Jour 20 : Saldim khola Camp - Cave Camp - Kalo pokhari Camp

5h15 / +1420m / -215m.
Attention ! Pas d'eau sur l'ensemble du parcours et risque de devoir utiliser des crampons pour travesrer deux thalwegs glacés.
Diaporama On part vers l'E à hauteur de la Saldim khola en forêt peu dense puis très vite on suit une trace infâme balisée de quelques cairns. On remonte un large couloir pierreux jusqu'à la base d'un thalweg qui barre la montagne de haut en bas. On se trouve au lieu-dit Cave camp (45mn, 3150m, possibilité de camp dans une grotte ouverte pour 3 à 4 tentes, eau). On suit un tracé sur la moraine RG pour franchir la cascade (20mn, 3210m). On s'engage en RG du couloir très pentu plein S jusqu'à 3270m où l'on passe RD d'une cascade pour suivre un chemin en zigzags mieux tracé sur les banquettes d'herbe, mais à la pente toujours aussi relevée. A descendre, ça ne doit pas être une sinécure tant les marches sont marquées... En se retournant vers le NNE on identifie parfaitement la combe lacustre des Panch pokhari que l'on a traversée il y a deux jours.

Dans le fameux thalweg, un peu au-dessus de Cave camp

On s'éloigne du torrent principal pour monter à main G le long d'un ruisseau secondaire. On le traverse un peu plus haut (1h05, 3530m) pour monter sur la G franchir un rognon rocheux et trouver juste derrière une petite combe (55mn, 3780m). On monte à flanc sur la G pour traverser une 1ère étendue plane puis une 2ème (15mn, 3900m) avant d'atteindre un collet (10mn, 3965m) derrière lequel on part sur la D pour longer en légère descente le côté S de la crête. On remonte franchir un nouveau collet (15mn, 3975m) pour traverser un plateau herbeux en direction du SW jusqu'à 4060m puis S. On suit une sente en montée moins relevée qu'avant alors que l'on se dirige vers la base des parois rocheuses. On doit traverser un "méchant" thalweg dans lequel on trouve souvent de la glace (10mn, 4110m, crampons forestiers nécessaires au minimum (voir la sous-rubrique Sur place / Equipement)). Ce dangereux thalweg franchi, on doit en traverser un autre, un peu moins problématique du fait d'un sentier plus large mais à négocier tout de même avec grande précaution.

En automne, il faut être très prudent sur la neige glacée qui recouvre le chemin

Ensuite, on remonte un goulet rocheux à la base d'une falaise pour passer une brèche (25mn, 4245m, drapeaux). On descend de l'autre côté vers le SW sur un sentier herbeux jusqu'à la cote 4150 où s'initialise un parcours en up / down à flanc de coteau jusqu'à dépasser un béquet rocheux derrière lequel on descend franchement pour atteindre un plateau gazonné où coule de l'eau, la première opportunité depuis que l'on a quitté Cave camp. C'est l'occasion d'établir le camp sur des espaces relativement plans (55mn, 4145m). Ce site, qui se trouve une dizaine de minutes avant le lac, propose davantage d'emplacements pour monter les tentes que sur les rives. Nuit sous tente.

Au petit matin, Kalo pokhari

Jour 21 : Kalo pokhari Camp - Korlangue kharka

3h45 / +530m / -580m.
Diaporama Du camp, on poursuit sur le chemin qui franchit successivement deux petites épaules morainiques et le ruisseau exutoire du lac. On découvre le lac de Kalo pokhari (15mn, 4190m), enchâssé dans un cirque minéral où les crêtes présentent des aiguilles rocheuses dressées vers le ciel. On revoit sur la droite (avec difficulté quand même vue l'exiguïté du chemin) la trace que l'on a suivie hier pour contourner par sa base le massif très découpé d'aiguilles rocheuses. En laissant le lac derrière soi, on s'élève au S au travers de buissons nains de rhododendrons pour franchir une épaule (20mn, 4305m) de laquelle apparaissent vers l'E le Kangchenjunga et le Jannu. On poursuit en courbe de niveau légèrement sur la G, à flanc de coteau à l'herbe rase, puis on s'élève par à-coups jusqu'à une ruine (20mn, 4350m) d'où on domine le complexe de vallées de l'Arun nadi et de la Barun nadi.

Sur le sentier-balcon entre Kalo pokhari et Korlangue kharka (Kangchenjunga et Jannu à l'horizon)

On atteint un col (10mn, 4400m). Mais où est donc passé le chemin ? Ah oui, il faut plonger ! Côté W, le "sentier" désescalade sur une centaine de mètres de dénivelée un affreux couloir pierreux souvent glacé où il faut faire preuve de beaucoup d'attention (emploi suggéré de crampons forestiers et d'une paire de bâtons). Vers 4300m, on peut s'échapper du couloir vers la D pour traverser un ensemble de blocs effondrés et rejoindre ainsi en biais le fond de la combe (40mn, 4255m).

La surprise du jour (crème glacée...) !

Le début de la remontée sur le coteau d'en face est plutôt raide mais, vers 4350m, on poursuit sur un bon sentier à la pente apaisée. On traverse de grandes étendues d'herbe rabougrie en balcon au-dessus de la vallée de la Barun nadi. On reprend une phase d'ascension pour s'en aller franchir un col au milieu d'une barrière rocheuse (55mn, 4470m) et trouver côté W un bon sentier qui après quelques zigzags s'incurve à D pour traverser en biais des prairies couvertes de buissons de rhododendrons. Une petite remontée de rien du tout pour passer auprès d'une ruine et on poursuit la descente jusqu'à un pré circulaire bien plan (35mn, 4240m, possibilité de camp, eau à 200m vers l'W au niveau d'un petit lac). On descend à travers les rochers sur la G en laissant le petit lac à main droite. Le sentier est très empierré et se faufile entre les buissons de rhododendrons jusqu'à atteindre la kharka de Korlangue (30mn, 4095m, eau, camp en amont sur des espaces gazonnés plans).

A l'approche de la kharka de Korlangue

Jour 22 : Korlangue kharka - Yangri (Yangla) kharka

3h / +305m / -750m.
Au printemps 2017, la moraine frontale d'un lac glaciaire situé au-dessus des alpages de Langmale a explosé après que des séracs soient tombés d'un des glaciers du Chamlang himal. Un flot de boue a déferlé dans la vallée de la Barun nadi, raclant tout sur son passage jusqu'à la kharka de Yangri où quelques maisons de bois ont été emportées. On n'a pas eu à déplorer de mort d'homme mais des centaines de yacks ont été emportés par les flots. Le paysage que l'on va découvrir dans la deuxième partie de la journée pourra s'apparenter à celui d'un lendemain d'attaque nucléaire... Cette vallée autrefois verdoyante, en attestent les cartes topographiques, n'est aujourd'hui qu'un immense champ de cailloux et de banquettes de sable. Et, bien évidemment, les sentiers qui existaient de part et d'autre de la Barun nadi ont été impactés, recomposant par là-même les itinéraires d'accès à cette vallée. Ceci dit, côté infrastructures, les népalais ont très vite réagi et ont reconstruit très rapidement les bâtiments détruits pour proposer le plus rapidement possible les services qu'attendent les trekkers sur cet itinéraire assez fréquenté (ravitaillement et couchage en chambre, froide... Commerce, commerce !

Korlangue kharka

Diaporama Du camp, on descend RD en restant à hauteur de la rivière pour trouver un chemin en up / down qui se faufile entre les buissons de rhododendrons. On commence à descendre et vers 4035m on trouve les premiers pins alors que l'on évolue en forêt sur un sentier moelleux en lacets, bien agréable après les journées de minéral que l'on vient de subir... Le sentier est parfaitement tracé jusqu'à 3700m. Après, il s'engage pleine pente dans un thalweg sur 80m avant de reprendre un profil tranquille à flanc sur la D. Puis il recommence dans un second thalweg mais de manière moins prégnante pour atteindre un ruisseau (1h10, 3485m, eau). On traverse sur la D et c'est une petite remontée... sur la lèvre sableuse d'un couloir d'avalanches qu'il va falloir traverser. 20m ce n'est pas long mais les marches ne sont pas sûres et on préférerait éviter de descendre sans l'avoir vraiment voulu...

Dans les pentes détritiques de la RG de la Barun nadi

Au-delà, on passe au pied d'un gros rocher effondré (5mn, 3470m, abri, eau) avant de poursuivre en descente tranquille jusqu'à rejoindre la Barun nadi (10mn, 3450m). Le sentier se poursuit en up / down et reste à hauteur de la rivière se faufilant entre les buissons de rhododendrons. On sort à découvert et il va falloir traverser plus de 1500m de pentes sableuses éboulées dans lesquelles il ne fait pas bon s'attarder (voir les raisons de la présence d'un tel sentier en introduction à cette journée)... Toujours à hauteur de la rivière et en situation quelque peu inconfortable, on dépasse une des cascades de la Barun nadi puis en RD la kharka de Phemathang (Nehe kharka sur les cartes népalaises, mais ce sera pour le retour...). On poursuit par le franchissement de trois thalwegs sableux suivi d'une traversée supplémentaire à flanc pour rejoindre la nouvelle passerelle qui permet que le sentier Makalu - Hatiya passe en RD, beaucoup plus sécuritaire à présent.

Franchissement délicat d'un thalweg sableux

On laisse la passerelle à main gauche pour poursuivre sur le sentier principal en direction du camp de base du Makalu. On remonte sur les banquettes herbeuses et le chemin devient beaucoup moins chaotique que précédemment. On traverse un ruisseau au pied d'une cascade qui coule plus haut au milieu de rochers jaunes (5mn, 3580m). Après une petite grimpette, on poursuit en courbe de niveau puis on passe devant une grotte (10mn, 3590m, abri, eau). Le sentier continue à flanc de coteau où la vallée se resserre. Encore quelques up / downs en forêt de rhododendrons sur le nouveau sentier créé et on atteint Yangri kharka (30mn, 3650m, lodge, camping, eau), un site naturel dont l'apparence a beaucoup changé... Nuit sous tente ou en lodge.

La gompa de Yangri kharka

Jour 23 : Yangri kharka - Langmale kharka

3h25 / +810m / -30m.
Modification du tracé du chemin qui a dû composer avec la coulée de boue du printemps 2017. Mais les locaux ont fait du bon boulot en recréant rapidement un itinéraire balisé au niveau des portions impactées.
Diaporama Du lodge on se dirige vers le Peak 5. On passe auprès de la gompa et on remonte la rivière sur les banquettes de sable que la coulée de boue a construites. La plaine fluviale est jonchée de blocs erratiques. On dépasse quelques arbres qui ont résisté au déferlement pour rejoindre en RG l'orée de la forêt. En face on découvre de bien belles cascades dans le cirque rocheux qui fait face à la forêt dans laquelle on évolue.

En amont de Yangri kharka le paysage a bien changé depuis le printemps 2017...

Dans la rivière, au fur et à mesure de l'avancée, on apprécie (avec inquiétude...) la taille des énormes blocs qui ont été charriés par le fleuve de boue. On est vraiment dans le pays de la démesure ! Encore quelques banquettes de sable et comme la gorge se resserre on monte en forêt de pins suivre une portion du sentier originel (50mn, 3790m). 100m plus haut, on emprunte un sentier bucolique en forêt clairsemée avant de sortir à découvert pour traverser une yersa (30mn, 3900m).

On retrouve le sentier originel en forêt...

La lecture du paysage indique que l'on se trouve dans une ancienne vallée glaciaire en U au milieu de laquelle le glacier a dû pas mal frotter les parois lisses. De même, il devait être d'une épaisseur exceptionnelle puisqu'on distingue des débris morainiques en haut à droite posés à plus de 1500m du fond de la vallée. Tout au fond de la vallée, on découvre trois montagnes glaciaires dont une seule possède un nom, la centrale en arrière-plan, le Honku chuli toisant 6833m. Une paille comparée au Makalu que nous découvrirons demain matin... Celle de gauche a la particularité de voir passer sur son flanc SW l'itinéraire peu usité qui emprunte le col de l'Isuwa La. On dépasse une cabane (10mn, 3950m) et au-delà on poursuit en direction de la falaise verticale au milieu de laquelle coulent des cascades. Le sentier évolue RG à bonne distance de la Barun nadi et n'a pas été impacté par la coulée de boue. On traverse le camp de Merek (20mn, 4010m, eau, abri) et on s'élève légèrement à G pour franchir deux torrents et de suite sortir des buissons pour fouler une zone sableuse. On retrouve un peu plus loin le sentier originel sur lequel on poursuit la remontée de la vallée. On traverse une grande prairie (30mn, 4150m) qui précède la remontée de la "nouvelle" moraine balisée de cairns et de points rouges.

Traversée de la nouvelle moraine

On traverse un gros torrent sur un pont de bois (25mn, 4270m) et on pose le pied à nouveau sur une moraine herbeuse. Puis, après la traversée d'une étendue plane, on monte en biais sur la D jusqu'à la lèvre supérieure de la moraine centrale derrière laquelle se situe la bergerie de Langmale (25mn, 4395m). Les refuges se trouvent à 400m de là au NW (5mn, 4430m, camping, lodge). Nuit sous tente ou en lodge.

Jour 24 : Langmale kharka - Makalu BC

2h45 / +520m / -100m.
Diaporama En partant du refuge on contourne le mur de manis sur la G et on poursuit sur le sentier à hauteur du fond de la vallée. On alterne montées et marches à plat pour rejoindre vers 4560m le lit de la Barun nadi. On laisse à main droite un thalweg dans lequel coule un torrent (50mn, 4590m) pour poursuivre tout droit sur le fil d'une moraine de couleur blanche. Un peu plus loin, on laisse partir à main droite dans la pente une trace de yacks pour continuer en RG de la rivière en up / down.

Entre Langmale et Shershong

On rejoint le site de Shershong (40mn, 4700m, camp possible) qui marque la confluence des deux vallées du West Barun glacier et du Barun glacier qui descend du Makalu. On incline légèrement la marche vers la D en direction des moraines herbeuses. Mais avant de passer au milieu des moraines et monter jusqu'au collet qui s'inscrit au fond, il faut traverser une zone d'éboulis de gros blocs pour retrouver un bon sentier après avoir dépassé une bergerie ruinée (10mn, 4730m). La pente pour rejoindre le collet n'est pas si innocente que ça et on retrouve derrière (30mn, 4840m) un sentier au profil étale avec la pyramide du Makalu en ligne de mire.

Sur le fil de la moraine, première apparition du Makalu

On franchit un deuxième collet pour basculer sur les flancs W de la moraine (15mn, 4920m) et suivre un sentier à flanc bien au-dessus de la Barun nadi retrouvée. A la fourche de chemins (5mn, 4900m), on choisit celui du haut qui poursuit en courbe de niveau avant de descendre tout au bout de la moraine rejoindre la RG de la Barun nadi (15mn, 4850m). On remonte le lit de la rivière sur 300m pour trouver un pont de bois qui permet de traverser à pied sec la rivière et ainsi rejoindre le lodge du Makalu BC (5mn, 4850m). Nuit sous tente (Brrr...!) ou en lodge au pied du géant himalayen : on se sent vraiment tout petit à ses pieds avec ces quelques 3500m de parois rocheuses verticales qui nous dominent. Impressionnant !

Lever de soleil brumeux sur le Makalu BC

Jour 25 : Makalu BC - Moraine 5350m - (Makalu Pattar - 5795m) - Langmale kharka

4h50 / +580m / -1000m.
Diaporama Avant de faire l'ascension de la moraine du haut de laquelle on disposera d'un panorama exceptionnel sur le cirque de montagnes au milieu duquel se trouve le Makalu BC, il n'est pas inintéressant de rendre une petite visite au Barun tal, le lac glaciaire qui se trouve au pied du Makalu. Attendre que les premiers rayons du soleil viennent lui faire prendre vie.

Au Makalu BC

Pour s'y rendre depuis le lodge, rien de plus simple : suivre le petit chemin qui part en direction du Makalu, franchir une petite excroissance sableuse et on y est... Bel ensemble pictural s'il en est ! De retour au lodge, on part sur la G suivre à l'envers le sentier d'hier. Après 200m de montée au niveau d'un petit plateau herbeux, on part sur la G sur des traces de sentiers rejoindre la crête morainique où sont posés des blocs de rochers. D'ici, on commence à découvrir une belle partie de la combe sableuse qui se trouve au pied du Makalu, colonisée par le lac et aussi le début de la combe W assez étroite.

Le Makalu BC vu lors de la montée vers le Makalu Pattar

Vers le S, un sommet sans nom présentant de belles ice flutes émerge de l'arrière des crêtes morainiques au-delà du West Barun glacier. Vers 4980m, on se dirige vers l'E pour franchir un thalweg puis on dépasse la barre des 5000m lors de la traversée d'une large yersa. A l'arrière, vers l'W, on commence à découvrir la crête glacée qui sépare les bassins glaciaires du Barun et de l'Imja (mieux connu sous le vocable "vallée de Chukhung"). En poursuivant la remontée de la pente vers l'E, voici qu'apparait Sagarmatha que l'on a du mal à identifier puisque ce sont les versants E (le col S) et N (le côté tibétain) qui apparaissent. Et de suite, la masse noire de jais qui lui est adossée sur la gauche, c'est bien évidemment le Lhotse avec ses deux pics, un noir et un blanc. Un grand moment ! Quatre sommets à plus de 8000m en enfilade...

Lhotse à gauche, Sagarmatha versant tibétain à droite

En revenant à la réalité de la montée vers le sommet de la plateforme morainique située au pied du Makalu Pattar, on peut dire qu'elle est ardue car, bien que sur sentier, la grimpette s'effectue pleine pente... Mais la "douleur" de l'ascension est quelque peu tempérée par la magnificences des paysages proposés. On atteint (enfin...) cette fameuse plateforme (2h, 5350m) et on peut s'adonner à la contemplation et à la réalisation de clichés photographiques. Il n'y a rien à jeter dans tout ce qui est proposé, en haut comme en bas, ici comme là-bas ! De la plateforme, il est possible de se mesurer à l'ascension du Makalu Pattar et ses 5795m, une crête rocailleuse dont le sommet se rapproche davantage des glaciers E du Makalu. Compter 2h à 2h30 A/R (non comptés dans le cumul horaire journalier) sur un bon chemin tracé en grande partie dans des banquettes d'herbe jusqu'à 50m du sommet où il faut alors poser les mains pour accéder à la plateforme sommitale. D'ici, on dispose d'une vue encore plus imprenable, on s'en doute...

Panorama vers l'W depuis la plateforme à 5350m

De la plateforme à 5350m, plutôt que de redescendre vers le lodge du Makalu BC et refaire le sentier d'hier en intégralité en sens inverse, il est bien préférable et bien plus spectaculaire de partir en direction du SW rejoindre par une traversée à flanc une grande étendue herbeuse sur laquelle on trouve quelques cairns. A la cote 5250, on part au S en courbe de niveau jusqu'à découvrir en contrebas le sentier d'accès au Makalu BC. Ne pas descendre vers ce sentier mais repartir vers le SW pour traverser un mamelon rocailleux (35mn, 5200m, cairn) qui marque le départ d'un sentier cairné qui suit une crête herbeuse panoramique. On découvre sur la gauche deux belles montagnes glaciaires qui marquent la frontière sino-népalaise, en face les Peaks 6 et 7 ainsi que la superbe montagne aux ice flutes au pied de laquelle se situe l'Isuwa La permettant de rejoindre la vallée de l'Hunku khola. Et sur la droite, la longue crête glaciaire sans nom qui ferme à l'W la combe du Makalu et derrière laquelle se trouve le Sherpani col. Le parcours de la crête permet d'apprécier le superbe lac qui termine la vallée du West Barun glacier dans lequel se fracassent les séracs.

Le lac glaciaire du West Barun glacier vu depuis la crête au-dessus de Shershong

Hier, lors de la montée au Makalu BC, ce lac était impossible à voir puisque caché derrière la moraine RG. La crête se fait plus pentue alors que l'on se dirige vers la confluence des vallées glaciaires du Barun glacier et du West Barun glacier. On retrouve le plateau sableux de Shershong (1h, 4700m). Il ne reste plus qu'à incliner la marche vers la G pour suivre la RG de la Barun nadi jusqu'à rejoindre le refuge de Langmale situé à hauteur de la rivière sur les alpages (1h15, 4430m, lodge). Nuit sous tente ou en lodge.

Langmale kharka

Jour 26 : Langmale kharka - Yangri kharka - Phemathang kharka

3h35 / +40m / -940m.
Diaporama On refait en sens inverse le parcours de Langmale à Yangri kharka sans oublier de se retourner de nombreuses fois pour apprécier les paysages de montagnes glaciaires qui sont dispensés. C'est quand même une bien belle vallée ! On rejoint le lodge de Yangri kharka (2h45, 3660m) puis on poursuit en forêt en RG de la Barun nadi. Ensuite c'est par le sentier-balcon à flanc de moraine parcouru à l'aller que l'on rejoint le pont de bois qui permet de passer RD de la rivière (45mn, 3545m, en RG on repartirait vers Korlangue kharka par le fameux sentier épouvantable d'où l'on est arrivé...). Il ne reste plus que quelques centaines de mètres sur des prairies humides pour rejoindre Phemathang kharka et établir le camp (10mn, 3530m, bhatti). Nuit sous tente.

Retour à Yangri kharka

 

Jour 27 : Phemathang kharka - Dobato

2h50 / +630m / -300m.
Attention ! Veillez à ne pas traîner de manière exagérée dans la vallée de la Barun nadi en fin de saison car il se pourrait que la liaison de Phemathang à Tashigaon ne soit pas de tout repos : en effet, le massif montagneux traversé est celui qui reçoit les premières neiges et le parcours sera d'autant plus difficile à effectuer si vous n'avez pas prévu de vous équiper de vêtements chauds, de bâtons de randonnée et d'au moins d'une paire de crampons forestiers... Et pensez aussi qu'en fin de saison, même si les sherpas attendent que le dernier groupe quitte l'espace du Makalu pour fermer les lodges d'altitude, il se peut aussi que vous trouviez porte fermée.
Diaporama On descend le long de la Barun nadi en traversant de nombreux éboulis de rochers. Le sentier, bien que voie d'accès principale au Makalu, est loin d'être parfait. Et s'il est de meilleure facture que celui d'en face et par lequel on est arrivé il y a 5 jours, il n'est pas moins vrai que c'est chaotique (et surtout quand les rochers sont gelés au petit matin...). On doit contourner, là aussi, quelques thalwegs terreux par le haut sur des branches ou des rochers qui ne demandent qu'à rejoindre les flots de la Barun nadi qui coule 20 à 30m plus bas... On atteint une épaule ornée de taluchos (1h, 3320m) pour se retrouver au sein d'une forêt primaire humide aux arbres abondamment moussus. Le sentier est agrémenté de nombreux escaliers et surtout on ne surplombe plus la rivière. On dépasse une source (5mn, 3305m) et après un peu de up / down on découvre une grotte (10mn, 3300m, eau, abri possible) en bordure d'un thalweg.

Le lodge de Dobato

De l'autre côté du thalweg, on atteint la bifurcation de sentiers : à gauche vers Hatiya, à droite vers Dobato. On monte sur la D en forte pente un creux d'un thalweg creusé où le sentier équipé d'escaliers se confond souvent avec le lit d'un petit torrent. On atteint une clairière (45mn, 3600m, abris succincts). On poursuit en montée légèrement sur la D en bordure de la clairière jusqu'à contourner un gros rocher sur sa G. Au-delà, le sentier semble s'aplanir en traversant des buissons de rhododendrons et on atteint un grand espace libre de végétation arbustive : Dobato (50mn, 3862m, lodge, eau, possibilité de camping). Nuit sous tente ou en lodge.

Au départ de Dobato (on a un peu traînassé...)

 

Jour 28 : Dobato - Keke La - Shipton La - Kongma danda

5h / +630m / -910m.
Diaporama Depuis le camp, on monte au milieu des rhododendrons avant de bifurquer légèrement sur la D pour suivre la base d'une énorme falaise présente à main droite. On s'élève par paliers jusqu'à la dernière grimpette bien relevée qui donne accès au Keke La (1h30, 4188m). A l'arrière, vers le N, belle vue sur le massif montagneux dans lequel on s'est frayé un chemin entre Kalo pokhari et Korlangue kharka. Il faut vraiment s'atteler à détailler un itinéraire dans cet entrelacs de crêtes et de thalwegs !

Passage du Keke La

Vers le S, le panorama s'ouvre sur une combe au milieu de laquelle se trouve un lac de belle taille, combe fermée par la crête dans laquelle se situe le second col de la journée, le Shipton La. On descend rejoindre les rives du lac en suivant un sentier en escaliers et en lacets. On atteint rapidement quelques bergeries fermées auprès desquelles ont été édifiés un mur de manis et un labtse Limbu (20mn, 4070m).

Kalo pokhari entre Keke La et Shipton La

On dépasse le mur de manis pour suivre un sentier pavé vers le S qui contourne le lac avant de monter en escaliers sur la G. Ce ne sont que 150m à monter pour passer le col mais que cette ascension paraît interminable. Enfin, les drapeaux se découvrent au dernier moment et on franchit, avec délivrance, le Shipton La (1h, 4250m, bhatti en saison). Belle vue arrière sur le massif du Makalu et ses montagnes satellites. La descente côté S s'effectue sur un sentier pavé alternant descentes et marches en courbe de niveau jusqu'à la cote 4050 puis on remonte par paliers jusqu'à franchir un collet marqué d'un chörten et de murs de manis (55mn, 4120m). On suit le fil de la crête puis on alterne de G et de D pour contourner quelques blocs rocheux qui encombrent l'arête. On clôt cette journée de marche entre ciel et terre avec une surprenante première petite grimpette suivie d'une deuxième (45mn, 3875m, mur de manis) avant de s'engager dans une descente sur la G au milieu des buissons de rhododendrons sur un sentier en escaliers jusqu'à atteindre un large collet dans la crête de la Khongma danda où ont été construits quelques lodges (30mn, 3580m, Shiba View hotel and lodge). Nuit sous tente ou en lodge.

Arrivée au lodge de Kongma danda

 

Jour 29 : Kongma danda - Tashigaon (Sadema)

3h30 / +80m / -1460m.
Pour les randonneurs pressés de rentrer vers Katmandou, il est possible de grouper les deux journées qui suivent et squizzer l'étape de Tashigaon pour se rendre dans l'après-midi à Seduwa. Ceci dit, on ne sera pas loin des 3000m de dénivelée négative dans une journée et, en terminaison d'un trek de cet acabit, il est opportun de ne pas trop tirer sur les organismes fatigués, les articulations ayant été pas mal sollicitées auparavant...
Diaporama Du lodge on descend vers le S rejoindre le collet avant de monter sur la bosse sur laquelle est construit un autre lodge (10mn, 3600m). Après avoir dépassé le mur de manis, on descend en zigzags dans les buissons de rhododendrons sur des escaliers jusqu'à atteindre un abri fermé (1h05, 3200m). Le sentier change de vallée et bascule de l'autre côté de la crête pour une descente à la pente affirmée sur des escaliers suivie d'une marche en courbe de niveau vers la D. On retrouve quelques escaliers juste avant d'atteindre un groupe de maisons (30mn, 2935m) d'où l'on voit au loin vers l'W le village de Tashigaon entouré de ses cultures en terrasses et dans lequel on fera étape. Mais pour la suite, ça va être descente, descente et encore descente ! On pénètre dans une forêt de feuillus puis on dépasse une grotte (30mn, 2610m, abri possible, eau intermittente dans le thalweg). Après un peu de up / down on traverse une grande kharka (10mn, 2590m). On incline la marche à D pour dépasser un mur de manis et on repart dans une belle série d'escaliers jusqu'à traverser une prairie. Au-delà, on traverse une rivière sur deux troncs d'arbres (50mn, 2275m) et on poursuit en face en quasi courbe de niveau un large sentier pavé qui débouche à découvert au-dessus du village de Tashigaon, un ensemble de hameaux qui occupe une large combe. On traverse un regroupement de lodges situés en hauteur dans le hameau de Sadema (20mn, 2200m). Nuit sous tente ou en lodge.

Tashigaon (hameau de Sadema)

 

Jour 30 : Tashigaon (Sadema) - Seduwa - Pont de l'Arun - Piste - Num

5h35 / +525m / -1665m et 30mn de jeep.
Les travaux de la piste ayant bien progressé (heureusement ou malheureusement...), il est possible à présent de venir se faire quérir au tiers de la remontée entre la passerelle sur l'Arun nadi et Num. Vous convenez d'une heure de rendez-vous en téléphonant au +977 9842214786 ou +977 9805340670. On viendra vous chercher et vous pourrez soit passer la nuit à Num soit, si le conducteur est d'accord, vous rendre directement à Tumlingtar et ainsi gagner la journée du lendemain. Essayez de partir tôt de Tashigaon pour ne pas arriver à la piste trop tardivement. Le chemin est simple et facile : un grand plat suivi d'une descente en escaliers et d'une courte remontée pour finir le trek... Bon, presque 6h de marche quand même ! Ou alors faites étape à la dernière bhatti avant la traversée de l'Arun nadi, celle de Lumlungma, et le lendemain finissez la marche tranquillement pour enchaîner avec la liaison automobile jusqu'à Tumlingtar (oubliez Khadbari comme étape, ça ne vaut pas grand chose à moins que vous ayez décidé de revenir à Katmandou par le bus (16 à 20h de route pour moins de Rs1000...) et auquel cas il vous faudra acheter les billets au comptoir des bus situé à la sortie de cette localité).
Diaporama Des lodges de Tashigaon (rappel : l'emplacement du village est archi-faux sur les cartes népalaises, on ne se trouve qu'au hameau de Sadema...), il va falloir traverser la grande combe en restant à peu de choses près à la même hauteur. On descend donc rapidement par le chemin pavé et en se dirigeant à l'ESE. On traverse de nombreux hameaux pour trouver vers 2100m d'altitude le sentier qui part sur la D et qui va traverser un thalweg avant de remonter passer devant l'école (20mn, 2095m). A la fourche de chemins (15mn, 2025m), on part sur la D pour le commencement d'une série peu marquée de up / downs qui alterne passages en forêt et traversées de terrasses cultivées. Il y a pas mal de ruisseaux à franchir sur des troncs d'arbres. On atteint une première épaule (1h, 1965m, bhatti) de laquelle on poursuit sur la D au niveau du 2ème mur de manis. Mais la descente est de courte durée puisqu'on reprend une marche étale au milieu des plantations de cardamome. On traverse plusieurs hameaux tout en ne descendant vraiment pas.

Les rizières de Lumlungma

On rencontre les premiers khets (les champs irrigués dans lesquels pousse le riz) puis on contourne une deuxième épaule pour découvrir Num, la destination finale de ce trek, posé sur la crête... du côté opposé de la vallée de l'Arun nadi. On franchit la dernière épaule (1h15, 1700m) pour descendre sur le hameau de Murmidanda faisant partie du village de Seduwa (5mn, 1670m, lodges, boutiques). On quitte le chemin pour traverser sur la D la cour d'un lodge et trouver la descente en escaliers pleine pente dans le coteau face à Num. On traverse des friches, puis un thalweg bien creusé avant d'aborder un enchaînement de terrasses rizicoles qui annonce le hameau de Lumlungma (1h30, 1000m, bhatti, possibilité de camp). La descente se poursuit, toujours accentuée et sur des escaliers, jusqu'à atteindre la passerelle métallique sur l'Arun nadi (25mn, 735m). Une fois empruntée, on remonte sur le coteau d'en face à flanc de falaise avant de sortir de la forêt pour traverser un plateau agricole (35mn, 1000m). La piste se trouve quelques lacets au-dessus (10mn, 1060m).

Num

Si vous avez convenu d'un rendez-vous avec un chauffeur, c'est à partir d'ici que vous suivrez la piste en voiture vers la gauche jusqu'à Num (30mn de piste). Dans le cas contraire, vous poursuivrez sur le chemin historique qui démarre au-dessus de la piste et qui traverse en diagonale les terrasses. Comptez +500m de dénivelée et de 1 à 2h de marche. A Num, possibilité de dormir dans des lodges simples.

 

Jour 31 : Num - Khadbari - Tumlingtar

3 à 4h de jeep selon l'état de la piste.
De Num à Khadbari, la piste défoncée par les pluies de mousson et l'entretien a minima suit la crête vers le S, franchit le col de Deorali avant de faire un peu de up / down et descendre en larges lacets vers Khadbari (ça n'en finit pas...). Ce gros bourg commerçant ne merite vraiment pas que l'on s'y arrête (sauf pour prendre un billet d'autobus...) et il vaut mieux continuer vers Tumlingtar si vous prenez l'avion le lendemain matin pour retourner à la capitale. En 40mn de route goudronnée vous atteindrez le village (aussi peu interessant que le précédent...) qui a l'intérêt de disposer de lodges situés en face de la porte d'entrée de l'aérodrome. Pas mal de boutiques en tout genre dans la rue principale.

Au revoir le Makalu...!

 

Jour 32 : Tumlingtar - Katmandou

30mn d'avion.
Diaporama Attention aux retards possibles car les avions ne peuvent se poser ici qu'une fois le brouillard dissipé. En automne, c'est monnaie courante, les avions programmés à 10h du matin (Yeti airlines et Bouddha air) ne partent guère avant 11h ou 11h30.

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28 jours / 110h / +17000m / -18500m.

Relevés de terrain novembre 2017

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