Retour gagnant du Mustang...

Eh bien mes amis, pesons bien les mots, faisons bien attention à ne pas tomber dans l'excès, comment qualifier ce qui vient de se passer ? Il n'y a qu'un mot : ce fut GIGANTESQUE ! Nous l'avons faite et bien faite cette traversée le long de la frontière tibéto-népalaise du Mustang à la vallée de Naar-Phu dont je vous parlais à la mi-septembre.

A cette réussite, je tiens tout d'abord à complimenter l'organisatrice de cette expédition, Martine Marsigny de l'agence Allibert, qui a su mettre à notre disposition toute sa compétence acquise au fil des années à parcourir nombre de sentiers au Népal comme ailleurs... Dans sa tâche, elle a été idéalement épaulée par François, son mari. Le groupe de 8 "touristes" que nous étions a pu profiter de son expérience de guide de (très...) haute montagne. Un immense merci à tous les deux pour les précieux conseils qu'ils nous ont distillés ! A ces satisfecits, il faut y associer bien évidemment l'agence népalaise Thamserku et en priorité Khansa, notre omniprésent sirdar, et ses deux sherpas d'altitude, Ang Babu et Sang (dit Forrest...), qui se sont mis pleinement au service du groupe et se sont dépensés sans compter les heures et les efforts. L'équipe de cuisine a été en tout point remarquable côté support logistique (il faut bien alimenter la "machine" pour qu'elle avance...) et point notable, il n'y a eu pendant ces 26 jours aucun incident gastrique quelconque dans le groupe. Un seul bémol à ce panégyrique : les porteurs recrutés à Katmandu se sont révélés pour moitié d'entre eux un peu "tendres" (sauf du côté de l'ingestion de rakshi...) dès qu'il s'est agi d'attaquer la partie montagne de l'itinéraire. Seule exception : les 3 ou 4 jeunes étudiants népalais dont c'était leur premier trek et qui nous ont impressionné par la qualité de leur prestation même en très haute altitude. Un personnage incroyable a épaulé sans relâche son équipe de porteurs, le fameux Naiké (chef de l'équipe de plus de 20 porteurs) : il s'est constamment investi dans le portage (parfois en double charge...) lorsque qu'il fallait pallier une défaillance momentanée de l'un ou de l'autre de ses "ouailles". Il a donné à tous une grande leçon d'abnégation ! Et puis, la réussite d'un projet passe aussi par la tolérance, le respect de chacun et l'entraide : notre groupe de 8 "touristes" s'est constamment investi dans notre projet commun et a composé une équipe performante et solidaire avec le but affiché de la réussite de notre entreprise. Merci donc à mes compagnons de voyage : Florence (dite Laurence) et Alain, Dominique, Joseph, Jean-Michel, Pierrot et Bernard (dit Babar) pour ce grand moment d'humanité que nous avons vécu, tout là-bas, au fin fond d'un des nombreux TDC du Monde, mais si beau qu'on a déjà envie d'y retourner...

Pourtant cela n'a pas été facile tous les jours : si l'acclimatation dans le royaume du Mustang entre 3 et 4000m a été une formalité (dix jours à enchaîner les sites historiques à nuls autres pareils au Népal), cela a commencé à se corser lorsque nous commençâmes à nous diriger vers l'E pour rejoindre le camp de base avancé au pied du col du Saribung. Nous sommes passés par 3 cols à plus de 5200m avant de remonter pendant 2 jours une moraine himalayenne de roche et de glace et nous poser à 5700m, assurément dans un tiroir d'un congélateur professionnel... La seule 1/2 journée de mauvais temps que nous avions connue en début de séjour alors que nous arrivions à Lo Manthang et qui avait blanchi les collines alentours, s'est révélée funeste pour l'ascension du Saribung Peak qui culmine à 6328m : la marche dans une neige fraîche d'une quarantaine de centimètres d'épaisseur a été exténuante par la constante nécessité de faire la trace du camp de base avancé jusqu'au col à 6022m (un peu moins de 4 heures de galère...). Il n'était bien sûr plus question de tenter le sommet, recouvert lui aussi de ce manteau immaculé... Las, nous avons encouragé et aidé les porteurs à passer le col afin que cette aventure commune se conclue de la meilleure des manières, tous ensemble, tous ensemble, avant comme après...

Passage du col du Saribung à 6022m

D'ici quelques jours, je mettrai à disposition sur le site le topo détaillé de cette expédition (et les photos...) mais ne nous le cachons pas, il ne s'agit pas d'un trek habituel : on est à l'extrême limite de l'expédition en très haute montagne et vouloir réussir cette traversée nécessite une intendance bien supérieure à celle des "Tours de...". Entre autres, l'aspect suivi médical, touristes et népalais, est primordial et conditionne bien évidemment la réussite de l'entreprise. Le moindre bobo, la plus petite défaillance, peuvent avoir des conséquences très graves, voire irrémédiables alors que l'on est "prisonnier" entre deux barrières montagneuses et que le retour en arrière nécessite de repasser plusieurs cols pour s'en sortir... Il convient de s'assurer au préalable des services d'une agence népalaise habituée des expéditions au-delà de 7000m, d'un staff médical doté d'une réserve conséquente de médicaments multi-pathologie, des services d'un guide de haute montagne rompu aux conditions que l'on rencontre dans ces contrées reculées, d'une base arrière à Katmandu que l'on peut solliciter via téléphone satellite pour déclencher des secours. Ne pas négliger non plus le contrôle permanent de l'acclimatation jour après jour avec un saturomètre, permettant de déterminer une éventuelle faiblesse. Et bien sûr, disposer d'un caisson hyperbare, seul appareil en dehors du masque à oxygène et ses bouteilles à pouvoir éventuellement atténuer les effets néfastes du M.A.M.

Ce "trek" ne s'improvise pas, loin de là ! Il y a de fortes chances pour qu'il apparaisse dès l'automne prochain sur le catalogue Allibert. Si vous voulez tenter un "coup", n'hésitez plus, ce circuit est fait pour vous ! Mais attention, pas question de tricher avec soi-même, les fabuleux paysages auxquels on accède de l'autre côté du Saribung Pass ne se dévoileront à vous qu'au prix d'une préparation physique et mentale sérieuse. Vous aurez besoin de volonté et d'abnégation pour les conquérir, la récompense se distillera jour après jour, des collines, canyons et plateaux du Mustang aux contreforts du Damodar himal, à l'éventuelle ascension du Saribung Peak et lors de l'interminable descente vers les premiers villages habités de Naar et Phu, deux authentiques joyaux de vie pastorale sertis au creux de pics élancés dont la plupart d'entre eux ne sont même pas baptisés... Bonne découverte !

Paysage du Mustang

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Commentaires (2)

1. Paul Bonhomme 24/11/2010

Bonjour Pierre !
Et bien, nous avons vécu des histoires similaires à ce que je vois !!! Magnifique trek de mon côté aussi, un peu moins engagé ... quoique ! Tant mieux, ce Népal ne cessera donc jamais de nous enivrer par ses paysages grandioses et par son peuple si généreux.
Bon retour à toi et à bientôt dans les alpes ou sur les chemins de l'Himalaya!

2. dubot jacques 01/12/2010

hola deja de retour ça a l air tres serieux j espere que vous avez pensé à ma carte du nepal j ai hate de lire la suite et de voir les photos a bientôt et bon repos jacques

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