Mustang 2012, c'est fini...

Ça y est, le Népal c’est (peut-être…) fini pour cette année ! Après les circuits des balcons du Lamjung et des 5 cols de l’Annapurna, nous avions décidé, Marie et moi, d’aller rendre visite aux lobas à l’occasion du festival Tiji. Le timing était serré puisque les dates étaient imposées par le calendrier tibétain et correspondaient au week-end de l’Ascension… ça tombait bien puisque l’on montait jusqu’à presque 4000m ! (l’Ascension…).

Marie me rejoint à Pokhara où je me reposais des 31 jours de marche des treks précédents avec un peu de retard sur le planning car son voyage aérien avait été perturbé par les grèves des pilotes d’Air India, un tantinet fatiguée par la nuit passée dans le bruyant aéroport de Delhi (hyper moderne, cet aéroport respecte les normes les plus récentes en terme d’accueil des personnes non voyantes et tous les systèmes mécanisés « parlent », entre autres les tapis roulants pour lesquels une « voix » indique la terminaison et cela 24/24h… Agaçant lorsque l’on recherche le sommeil, ceci dit je ne vois pas comment faire autrement pour les aider dans leurs déplacements…).

L'aéroport de Pokhara au lever du soleil

Bref ! Lundi 14 mai matin, nous voici dès potron-jacquet dans le petit avion de Tara Air à destination de Jomosom. Voyage rapide et sans anicroche. On déjeune au Tilicho Lodge avant de se diriger vers le garage à jeep pour faire le saut de puce vers Kagbeni. Dure journée… Deux raisons à notre programme léger de cette première journée : en premier lieu, permettre à Elisabeth qui nous accompagne sur ce voyage de découvrir le Mustang (et implicitement on s’y immerge en douceur en déambulant dans les ruelles de  Kagbeni) et respecter la date d’entrée dans la restricted area de l’Upper Mustang fixée au lendemain). On se pose à l’hotel Nilgiri View. Alors que nous redescendons de nos chambres pour prendre une collation, douche froide lorsque Nirajan, notre accompagnateur, nous montre l’écran de la télé arborant un bandeau rouge « Breaking News » avec des images choc du crash d’un petit avion à… Jomosom. Deux heures après que nous nous soyons posés sur l’altiport de Jomosom, l’un des deux appareils de la compagnie concurrente Agni Air a connu des problèmes techniques lors de la phase d’atterrissage et a indiqué à la tour de contrôle qu’il ne se posait plus à Jomosom mais qu’il retournait vers Pokhara où la piste est large et longue… Lors du virage, il semblerait que l’avion ait été déporté bien malgré lui vers la falaise d’escalade en RD de la Kali Gandaki. Bilan : 9 morts, les 2 pilotes et 7 pèlerins indiens, et quand même 8 rescapés, tous situés à l’arrière de l’appareil. Bon ! Ce n’était pas (encore) notre jour…

En route pour Lo !

Pour revenir à notre voyage, j’avais demandé à Nirajan de se renseigner à Jomosom sur l’opportunité de pouvoir remonter les gorges de la Kali Gandaki de Chele jusqu’à Tsarang en suivant le lit de la rivière. Cela est possible lorsque les eaux sont assez basses (hiver et printemps) et tous les camions de livraison népalais utilisent cette voie de communication pour rejoindre Lo Monthang puisque la piste passant par les hauts plateaux n’est pas totalement achevée. Bingo ! Nirajan obtient le numéro de téléphone d’un conducteur et celui-ci accepte de nous prendre pour la modique somme de Rs2500 par touriste et Rs1000 pour Nirajan et nos deux porteurs. Nous avons rendez-vous le lendemain matin sur la piste à l’entrée de Kagbeni.  Vers 9h le camion se présente avec un peu de retard sur l’horaire, le conducteur ayant dû pallier un problème technique au moment du départ de Jomosom où il avait passé la nuit. Et comme nous ne l’envisagions pas du tout, la benne du camion est déjà pleine, non pas de produits de consommation, mais de népalais… Ceux-ci empruntent régulièrement cette « ligne officieuse de transport public » pour faire la route entre Pokhara et leur village, Ghilling, Tsarang ou Lo. 6 personnes de plus ça se remarque mais les quelques grincements de dents des premiers instants se transforment rapidement en sourires partagés alors que le véhicule brinquebalant commence à rouler, tassant au demeurant tout ce beau monde par l’entremise de cahots répétés… On suit le large lit de galets de la Kali Gandaki et là où les randonneurs abordent leur première grosse montée au niveau de Chele, ne voilà-t-il pas que le camion poursuit tout droit et passe sous la passerelle métallique avant de s’engager entre deux parois rutilantes. Nous y sommes, dans les gorges.

Dans les gorges de la Kali Gandaki

Et de suite, c’est la révélation d’un exceptionnel spectacle qui va nous ravir pendant plus de 4 heures de temps, si bien pour la qualité des paysages que pour la dextérité du chauffeur à franchir les gués et louvoyer entre les trous. Il y a même des haltes programmées prenant la forme d’une tente montée aux endroits stratégiques de « correspondance » avec les sentiers d’accès aux villages situés 400 à 600m plus haut sur le plateau. On y trouve de quoi calmer sa soif et s’y restaurer. A la halte déjeuner de Tsarang, il faut mieux correctement se sustenter car ce sont 300m de grimpette qui nous attendent dans un goulet sableux alors que le camion emprunte une piste où le conducteur doit opérer quelques manœuvres périlleuses dans les virages un peu trop serrés et préfère qu’il y ait le moins de « passagers » possible… La « promenade » digestive est des plus vivifiantes ! A l’autre bout du plateau de Tsarang, le camion nous récupére, s’engage dans les lacets sableux qui permettent de descendre jusqu’à la Tsarang khola avant de remonter en mode crabo sur l’autre rive. Il nous emmène à bon port en une heure de temps, le port ? C’est bien sûr la capitale du Mustang, Lo Monthang.

Elisabeth en plein effort sur le chemin de chèvres de Ritseling

On avait prévu 2 jours pour l’atteindre (jeep + marche + jeep), on débarque donc dans la « walled city » avec un jour d’avance sur notre programme, laissant le temps d’envisager une randonnée à la journée. Nous compulsons nos notes et tombons sur le document « à la recherche du sacré » qu’Etienne Principaud nous a concocté et plus particulièrement portant sur la grotte de Ritseling. Et comme pour Chhujung gompa l’année dernière, il nous a confié l’honneur d’en dévoiler l’emplacement. D’après ses recherches, il pense qu’elle serait localisée quelque part au-dessus de Niphu mais là aussi peu d’occidentaux en connaissent l’emplacement…

Ritseling

Nous avons toute la journée pour arpenter le district de Chhoser, soit à cette époque 14 heures de clarté pour traquer la cavité. Ça devrait le faire… Un petit trajet en jeep jusqu’à Yachebu avant de rejoindre Garphu puis Niphu et sa gompa à moitié troglodyte. Nirajan demande à un jeune moine l’emplacement de Ritseling mais sans obtenir de réponse positive. Pas de Ritseling donc ! On s’en va visiter de l’autre côté de la Sichapui khola le complexe des grottes de Jhong et à la sortie, miracle ! le moine se souvient que quelques années auparavant il s’était rendu au pied d’une falaise creusée de grottes, site qu’il reconnaît après que nous lui ayons présenté les photos imprimées sur le document d’Etienne. Il nous conduit donc par le sentier de chèvres qu’il avait autrefois arpenté jusqu’à notre nirvana de la journée (coordonnées GPS N 29°14’29’’ et E 83°59’50’’). Paumé dans un des thalwegs de la montagne, la falaise est creusée de nombreuses cavités. Malheureusement, pas de possibilité d’entrer admirer les peintures murales car deux parois verticales respectivement de 5 et 10 mètres en protègent l’accès. Grrr ! Mais même sans les peintures le lieu est magique… On peut toujours se consoler en consultant les clichés ici.

Ritseling (source www.himalayanart.org)                    Ritseling (source www.himalayanart.org)                    Ritseling (source www.himalayanart.org)

Retour à Lo Monthang par la rive gauche de la Nyichung khola et ses villages agraires. Nous croiserons Pura Sangmu Partchya, notre guide de l’année dernière lors de l’excursion à la grotte sacrée de Konchok Ling (voir le J13 du topo Mustang secret), laquelle nous conviera à entrer dans son humble demeure pour partager un thé avec ses enfants et sa mère. On promet de se revoir après-demain à Lo où elle se rendra pour assister à la cérémonie du 2e jour du festival Tiji. A batifoler ainsi, nous n’arriverons à Lo qu’en toute fin d’après-midi. Ceci dit, les couleurs des roches alentours sont exceptionnelles au coucher du soleil, d’ailleurs…

La petite famille de Pura Sagmu Partchya à Barcha

Les trois jours qui suivront seront consacrés à Tiji. Le matin, on en profitera pour arpenter les ruelles de la ville où se dressent de nombreux chortens aux couleurs Rigzum Gompo, pour aller visiter les 3 monastères Jampa, Thupchen et Chode, pour discuter avec les Lobas de tout et de rien, et retrouver quelques « figures » croisées l’année dernière et leur offrir des photos,… Enfin on se sent bien, pratiquement comme chez soi tant on est partout accueilli avec sourires et gentillesse. On commence les négociations pour acquérir un ou deux (ou trois…) bibelots tibétains, mais rien ne presse : on est là pour 4 jours, une négociation cela se traite sur le long terme à grand renfort de nepali tea…

Lo en fête

Tiji (ou Tenzin ou Tenche festival) a lieu chaque année au printemps (le festival a été interrompu pendant une très longue période aux XIXe et XXe siècles mais remis au goût du jour dans le monastère de Chode en 1963 et étendu à l’ensemble du Mustang en 1970 par décision du Raja actuel, Jigme Palbar Bista). La date de Tiji varie chaque année car elle dépend du calendrier lunaire tibétain. Elle correspond aux 27, 28 et 29ème jours du 3ème mois (en gros la deuxième quinzaine de mai). Ce sont donc 3 jours de danses rituelles bouddhistes qui se déroulent sur la place centrale au cœur de la cité en présence des moines de Chode gompa et du Raja du Mustang. Grosse ferveur religieuse : dès potron-minet, de nombreuses pujas se déroulent dans les gompas de la ville. On voit sur tous les chemins en provenance des villages du Mustang des groupes de Lobas qui se rendent à la capitale pour prendre part à cette fête. La ville sort de son calme habituel et connait alors une agitation certaine. Les ruelles sont le théatre de rencontres entre groupes de villageois qui ne se croisent parfois qu’une fois l’an à cette occasion. On voit des marchands de rue qui s’installent deci delà étalant colifichets et textiles chinois. Il se passe forcément quelque chose quelque part : pour preuve la construction d'un nouveau mur de moulins à prières, le nettoyage de la cité et de ses alentours par les enfants des écoles et la police..., le quizz des écoles au cours duquel les moinillons de Chode « taillent des croupières » aux enfants des écoles publiques de la ville (il faut dire que les moines n'ont que cela à faire d'apprendre alors que les autres bambins sont soutiens de famille et bergers occasionnels !)...

Nettoyage de printemps à Lo               Le quizz des écoles

Du côté des grands, les moines sont de la fête, et quelle fête ! Pendant 3 après-midis entiers, les moinillons seront aussi de la partie et composeront un public respectueux et sage. Tout le monde monastique se retrouve sur cette place pavée au pied du Royal Palace pour assister à une série de danses conduites par un « tsowo » qui a fait une retraite de 3 mois et rentre pratiquement en transes durant l’exécution des rites sacrés. Les danses sont accompagnées par le son des trompes (dongzins et ghalens) et des cymbales. Difficilement compréhensible par nos esprits d’européens, il est parfois peu aisé de suivre le fil de la première journée mais tout autour du « spectacle » il y a une foultitude de saynettes qui se déroulent dans l’assemblée de Lobas qui permet de s’échapper d’un certain ennui qui pourrait nous gagner…

La thanka de Tiji

Le 2e jour à partir de 14h00 (attention, la journée est longue), ce sont de superbes danses des masques qui virevoltent autour du « tsowo » alors qu’il persécute l’effigie du démon en la perçant avec une dizaines de couteaux sacrés avant de la découper en menus morceaux. C’est la principale journée où les Lopas viennent en famille de tous les villages alentours. Un peu beaucoup de monde sur la place centrale mais une ambiance dans l’assistance à nulle autre pareille… C’est vraiment à ce moment que vous pourrez sentir la communion entre le peuple et ses représentants religieux. Il faut voir cette agitation qui règne sur la place au moment où les gigantesques thankas sacrées sont déployées sur le mur du fond : les Lobas se précipitent (en rang ordonné quand même) pour faire bénir qui une écharpe, qui un bonnet, qui un enfant en touchant le bas de la toile sacrée. Et « cerise sur le gâteau », c’est l’occasion d’une des sorties publiques du roi ou du prince héritier qui nous fait l’honneur de sa présence.

Danse des masques (2e jour)               Les V.I.P : R. Blum (AHF) et le prince du Mustang

Le dernier jour des festivités de Tiji débute vers 13h30 par une audience du roi dans la pièce d’apparat du Royal Palace (Rs200 et amener sa khata) puis à partir de 15h00 la journée s’initialise de manière très confidentielle sur la place centrale avec des chants monastiques et quelques danses des masques. Alors que l'on commencerait presque à s'assoupir, c'est le signal du départ. L’assemblée se déplace hors les murs où, après une parade dans les ruelles, le démon est amené au milieu d’un champ. Alors que dongzins et ghalens résonnent accompagnés du son aigu des cymbales, le « tsowo » rentre en transes pour immoler le démon. Assis à bonne distance, le roi assiste à la scène. Dans son dos, les charges de poudre éclatent des pétoires antédiluviennes de sa garde rapprochée faisant sursauter l’auditoire. Ça y est, au bout d’une heure, le démon est trucidé. On revient au cœur de la « walled city » pour une dernière scène, celle où les Lopas glissent autour du cou du « tsowo » des centaines de khatas avant qu’il ne disparaisse en montant les marches du Royal Palace. Chacun va pouvoir rentrer chez soi, le Mustang est à nouveau sous de bons auspices, jusqu’à l’année prochaine…

Audience princière au Royal Palace               La procession hors les murs

Seuls bémols (de taille…) tournant autour de la même problématique, l’argent… Pendant Tiji :
- les prix des chambres en guest-house flambent,
- le prix des « souvenirs » croît brusquement du double de la valeur habituelle et les négociations sont quasimment impossibles à mener,
- chaque possesseur d’un appareil photo ou d’une caméra doit désormais acquitter une taxe (Rs400 à Rs1200 par jour selon le type d’appareil) pour pouvoir assister au spectacle. Et la milice monastique veille à ce que vous possédiez le bon permis lors de l’utilisation de votre engin… Appareil photo, caméra de base, caméra de pro ? N'allez pas utiliser votre appareil photo en mode vidéo, gare ! Il faut dire que les moines connaissent parfaitement les produits de haute technologie lorsque l’on voit sortir de dessous les robes pourpres quelques fleurons de la haute technologie asiatique comme des Nikon D7000, des Apple I-Pad, des smartphones dernier cri,… Pourquoi ce permis a-t-il été instauré ? Eh bien (c’est le principal représentant des Kagyupa au Mustang qui s’en excuse lors de son discours inaugural) parce que les dons qui assurent le fonctionnement des monastères de Lo Monthang ne sont pas assez importants. Pourtant, lorsque l’on parcourt les livres de photos des compte-rendus de voyage des classes entières de moines à travers le Monde, on se dit qu’ils sont loins d’être malheureux et qu’on pourrait réduire le train de vie…

Les bonnets rouges aux cymbales

- un bienfaiteur est mis à l’honneur de manière quasi outrancière, c’est la American Himalayan Foundation qui assure le financement des monastères et sûrement bien d’autres choses aussi (voir sur leur site) mais il n’est pas nécessaire de s’afficher en permanence quand on est donateur qui plus est en costume de (pseudo ?) léopard des neiges avec une toque incroyablement laide. Non, M. Richard Blum, il n’est pas obligatoire de se complaire et de s’afficher ainsi. Même si l'association finance de nombreux projets de développement au Népal et au Tibet, on peut rester en retrait et laisser la fête se dérouler sans que l’on soit le dieu vivant qu’on admire et qu’on est sensé aduler… Quant à l’éthique, j’ai du mal à oublier le bruit matinal des hélicoptères affrétés à prix d’or pour convoyer la cohorte plénipotentiaire du AHF de Kathmandou jusqu’à Lo (et le retour également…). Que connaissent-ils du Népal, du Mustang ? Richard Blum ne me pose pas de problème car cela fait suffisamment longtemps qu'il vient au Népal (depuis 1968...) mais la cohorte qui l'accompagne en robe tibétaine, pas grand chose j’en ai bien peur, et surtout pas le bonheur de rencontrer des gens simples au détour d’un chemin, pour cela il faudrait marcher et ça ne doit pas être dans le programme…

Encore les V.I.P...               Richard Blum (AHF)

Et puis d’autres américains ont débarqué… Venant par leurs propres moyens ceux-là, c’est mieux ! Mais malheureusement nous offrant un spectacle inoui : photographes amateurs, il seront d’un sans-gêne sans commune mesure, allant jusqu’à s’immiscer au milieu des danses pour aller tirer le portrait d’un des participant en pointant l’objectif démesuré de leur appareil photo à moins de 10cm de la figure, faisant fi du respect du danseur mais aussi des centaines de spectateurs qui assistent au spectacle. Pourquoi ne restent-ils pas discrètement au milieu de l’assemblée ? Ben non ! Ce ne doit pas être dans leur nature d’exhibitionnistes Maîtres du Monde… Triste et affligeant.

La procession devant la thanka

Bon ! Le fiel qui me mine le foie étant sorti (ça faisait quand même 15 jours que je le portais en moi…), nous quittons Lo Monthang pour partir à la découverte de nouveaux itinéraires différents de ceux empruntés lors des précédents voyages. Le Mustang a de la ressource ! Le topo qui sera écrit très prochainement s’intitulera « Mustang, canyons et grottes sacrées », les grottes c’est habituel avec notre quête du sacré, mais la composante « canyon » n’est pas en reste. J’en veux pour preuve le nombre de kilomètres de galets que nous nous sommes « tapés » et créant cet itinéraire original que nous voulions passant d’une rive à l’autre de la Kali Gandaki. On avait commencé par la remontée du fleuve, au centre, on a poursuivi par l’exploration de la Sichapui khola, de la Tsarang khola, de la Dhechyang khola, de la Tangye khola, de la Syangmoche khola, de la Bhena khola, de la Samar khola, de la Ghyakar khola… Pfouh ! On a pu aussi valider que certains sentiers historiques tracés dans des pentes sableuses s’étaient méchamment érodés et n’étaient plus praticables par des homo vulgaris occidentalis mais seulement par les Lobas et les bharals. Entre autres, au Panthéon des traces à oublier, faisons-y entrer le sentier de desserte du village de Ghémi depuis la Kali Gandaki, les premiers cent mètres de dénivellée font un tant soi peu peur, et pourtant j’en ai vu d’autres…

Les falaises de la Dechyang khola

Court séjour dans le Mustang mais encore plein de souvenirs de paysages et de rencontres instructives. Pas les américains (et les russes ou les républiques de l’ex-URSS dont leurs ressortissants  sont aussi mal élevés en voyage que les précédents…) mais les gens simples, les amis que l’on retrouve avec plaisir et la présence d’une personne exceptionnelle à mes yeux (mais je crois que je ne suis pas le seul à le penser…) en l’occurrence le restaurateur des peintures bouddhistes au Mustang et au Ladakh, j’ai nommé l’italien Luigi Fieni. Incroyablement réservé, loin des des comportements outranciers du AHF auquel il apporte sa contribution dans la restauration des temples, il reste simple, effacé, accessible. Nous avons d’abord échangé quelques regards, puis des sourires avant de mieux faire connaissance lors d’une discussion impromptue sur la place centrale de Lo le deuxième jour. Je comptais le croiser de nouveau le lendemain mais il s’était éclipsé. Dommage ! J’aurais bien continué à discuter avec lui tant il me semble correspondre aux valeurs que je défends. Luigi, merci de ces quelques instants partagés et sans nul doute nous nous recroiserons ici ou ailleurs…

Luigi au travail...

Le retour sur Pokhara et Kathmandou en pleine incertitude constitutionnelle quant à l’avenir du Népal nous a causé bien peu d’inconvénient en regard avec l’impact de la grève larvée des pilotes d’Air India qui a retardé d’une demi-journée notre arrivée à Paris. Ceci dit, les agents au sol à New Delhi ont été parfaits quant à leur aptitude à gérer ce genre de crise. Je proposerais bien quelques stages d’immersion au personnel d’ADP et d’Air France…

La suite ? Un nouveau topo sur le site dans quelques jours avec le jour par jour agrémenté de diaporamas, un dossier spécial Tiji avec de nombreuses photos, des films et le scan des documents explicatifs collectés sur place. Cela conclura la saison 2012 de treks de printemps au Népal en attendant de partir dès la semaine prochaine vers l’Atlas marocain accomplir le dernier épisode de la la GTAM entre le Toubkal et l’Atlantique. C’est le respect de la parole donnée à Michael Peyron lors de notre rencontre à l’été dernier. Fidèle et maquignon comme le bourguignon d’origine que je suis, une promesse doit être tenue !

Himalaya nepal trek air india photos

Commentaires (1)

1. Claude francine 31/07/2012

merci pour votre témoignage, je compte bien aller visiter le Mustang en mai prochain, ...

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