Les Alpes en juillet...

On y croyait fort ! Marie me rejoint à la gare TGV de Valence cette veille de 14 juillet et nous voilà bloqués à Pont-en-Royans, contraints que nous sommes de nous replier en hôtel tant la pluie d'orage est dense. Ca promet : nous avons prévu quatre jours pour explorer le Vercors sud à jouer à rase bordure de falaise entre Pré Peyret et Bouvante-le-Haut. Espérons que la fenêtre météo va s'entrouvir :

Jour 1 : Du village de Rousset plein E en direction des Hauts-Plateaux puis S jusqu'à Pré Peyret avant de partir vers l'W pour initialiser le parcours sur le fil de l'arête S des plateaux du Vercors. Etape au col du Rousset (ville morte...).
Jour 2 : Tiens le temps semble vouloir se mettre au beau... Méfiance quand même, mais le Mistral qui a déjà soufflé toute la journée d'hier recommence à nous glacer le visage et le reste... Ciel bleu certes, mais Brrrr ! But de l'Aiglette, Col de Vassieux, But Saint Genix, nous voici bientôt au col de Font Payanne pour attaquer la dernière montée de la journée vers Font d'Urle. Et puis là-haut, sublime découverte : un causse aussi dépouillé que dans le Massif Central et tout au bout du bout, après avoir fait un large détour circumbulatoire, la "station" de Font d'Urle (ville quasiment morte là aussi...).
Jour 3 : Mais, c'est qu'il fait très beau ? On n'ose à peine le croire tant cela paraît irréel en cette saison. Vite fait, on grimpe vers le Pas de l'Infernet puis on s'engage sur la lèvre orientale du plateau d'Ambel avec comme point visé la Tête de la Dame. Beau panorama sur le Diois et la vallée de la Gervanne. Au loin les Baronnies nous narguent mais le Ventoux reste caché dans la brume. Il va bien falloir que l'on se décide à fouler ce sentier entre Vercors et Luberon, un jour... Descente du plateau par le Saut de la Truite jusqu'à Bouvante-le-Haut, bien en bas... En gros 1100 mètres de dénivelée négative et un petit village un peu moins mort que les deux places précédentes et l'accueil de Joëlle et René Faure à nul autre pareil. Belle soirée de partage.
Jour 4 : Il a venté toute la nuit si bien que les nuages sont réapparus dès potron-minet. A peine avons-nous mis le nez dehors que les premières gouttes de pluie apparaissent alors que nous nous employons à escalader le coteau pentu jusqu'au col de Rioupeysson. Et puis c'est le déluge : impossible de voir le chemin tant il est recouvert de torrents de boue qui dévalent alentours. A la ferme de Lente, nous decidons de suivre la route goudronnée. Bien nous en a pris : le débonnaire ruisseau du Brudour se déchaîne et s'étale en forêt sur une vingtaine de mètres de large emportant arbres, buissons et chemin. Le GR95 nécessitera quelques travaux de réhabilitation... Quatre heures de marche et de glissades, les chaussures saturées d'eau, et ça fait floc, splash et encore floc... Nous nous arrêtons peu avant le col de la Chau et appelons un taxi. Rando, oui, mais avec du plaisir ! Descente en voiture sur Grenoble avec la halte roborative à Villard-de-Lans, déserté. Un petit coup d'oeil au bulletin météo pour me rassurer que la semaine prochaine en Vanoise s'effectuera bien sous les meilleurs auspices. Prévisions mitigées mais plutôt engageantes. Col alpins, gardez-vous bien, j'arrive !

Sur la bordure E du plateau d'Ambel

A la fraîche, rendez-vous avec Richard au refuge de l'Orgère pour le départ de notre boucle alpine en Vanoise. L'idée : sept jours à folâtrer par quelques cols d'altitude comme celui de la Masse, celui d'Aussois ou du Tambour. Après l'escale à Pralognan, remontée sur les lacs Merlets puis les cols du Fruit et de Chanrossa en préalable à l'exploration du cirque du Mont Coua et la remontée le long du glacier de Gébroulaz qui doit nous mener au col du Soufre, endroit magique s'il en est... Et puis le lendemain retour à l'Orgère par le col de Chavière. Je me vois déjà vous décrire l'itinéraire dans un nouvel opus des Treks en Europe... Et patatras ! Le col de la Masse est franchi fissa sous les bourrasques de vent froid et dans la brume (on se détourne du sommet du Râteau d'Aussois un pourtant si beau belvédère à 3131m...). Au refuge du Fond d'Aussois, les nouvelles ne sont pas bonnes et la météo ne nous accorde que la matinée de sec avant d'enchaîner pluie, vent et... neige à 2000m, voire en-dessous. C'en est trop ! Je suis déjà pas mal pris de la gorge suite aux premiers jours de randos, le plaisir ne va pas être au rendez-vous. Nous convenons de stopper là notre périple et le remettons à l'année prochaine (au mieux...). Ah, quelle idée nous est passée par la tête lorsque nous avons monté ce circuit en cette fin d'automne ? Frustrés, sûrement, dépités, certes, mais je viens de me rappeler pourquoi je ne faisais plus de randonnées au long cours dans les Alpes depuis quelques années... Il n'y a plus d'été mon bon Môssieu !

La Dent Parrachée se drape de nuages avant l'orage.

cretes TOPo sentiers orages météo Vercors

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau