Voyages

[Maroc] Haute Route n°4

Voilà pratiquement un mois que je suis revenu de cette escapade sur les crêtes du haut-Atlas occidental et je m'aperçois que je n'en ai pas beaucoup fait mention. Il est vrai que je suis parti de suite passer une semaine au bord de la Grande Bleue à Toulon (une nouvelle balade dans les Calanques) puis j'ai enchaîné de suite sur le tour de la Vallée de Chevreuse sur le week-end de l'Ascension... Mais revenons sur la montagne marocaine : cette virée sur les crêtes en autonomie, j'en rêvais depuis 2 ans, au moment où je m'étais rendu dans le coin lors de la GTAM4 et une autre fois l'année dernière lors du passage avec M'hamed alors que nous essayions de décrypter un itinéraire muletier dans cette région et qui s'est révélé devenir la GTAM5.

Le tizi n'Louez au pied du Djbel Erdouz

Pour ce cru du printemps 2014, l'accomplissement d'une haute-route, la quatrième du nom (car venant chronologiquement après les 3 premières Alpi-Toubkal 1, 2 et 3), M'hamed était de la partie, bien sûr, mais avec Martial et Pierre (qui m'avaient accompagnés sur la Kora du Dhaulagiri l'automne dernier) et trois "petits" petits nouveaux : Marielle et Yannick (arrivant de Chambéry avec une solide expérience des raids montagnards de ce genre) et puis Claude, résidant dans la Beauce et qui s'essayait sur ce genre de parcours sur les "injonctions" de Martial, son ancien collègue de travail. Seule possibilité d'avancer : être en autonomie avec 6 jours de nourriture dans le sac pour atteindre Arg, un village situé aux 2/3 du parcours et dans lequel on avait prévu de faire déposer chez l'habitant un ravitaillement.

                                                                                                                                                      Ijoukak (photo M.L-F)

Tout avait bien commencé et les camarades de route qui ne connaissaient pas encore l'accueil berbère ont été enchantés par la soirée que nous avons passée au gîte d'Ijoukak, chez El Mahjoub. Mais, pour Claude, la balade pourtant commencée positivement s'est arrêtée brutalement à la descente du Gourza, dès le 3eme jour, en raison d'un oedème laryngé qui s'est sûrement déclenché du fait d'une montée trop rapide de 1000 à 3300m, en deux jours seulement. A 4000, 5000 ou 6000m, OK ! Mais là c'est la toute première fois que je suis confronté à ce problème à une aussi "basse" altitude... Plus de peur que de mal : du bivouac sous le tizi n'Ouddif, Claude, accompagné de Martial, a pu redescendre jusqu'au premier village. Avec l'aide logistique d'El Mahjoub à distance (via le téléphone mobile, eh oui, ça passe quelquefois là-haut...), le rapatriement a pu avoir lieu jusqu'à Marrakech suivi d'un retour fissa sur la France. Pendant cet épisode de 3 jours nous avons poursuivi notre parcours de crêtes, enchaînant les sommets de l'Imlit, du Tameksaout et de l'Erdouz, ascensions entrecoupées de bivouacs exceptionnels, soit dans les hauts vallons où l'on connaissait la présence de sources (merci les repérages des années précédentes !), soit directement sur la crête voire le sommet, à l'Erdouz par exemple, où de beaux névés tardifs nous ont permis de faire fondre la neige et de disposer d'eau pour le bivouac.

Dans la partie chaotique entre l'Imlit et le tizi Melloult

Martial se rendra directement à Arg avant de nous rejoindre au cours de notre descente de l'Erdouz et nous finirons tous ensemble (à 5 seulement...) le périple en traversant l'Igdet sous une météo très capricieuse, assez inhabituelle pour un mois de mai. Et comme d'hab', des paysages exceptionnels et de nombreuses rencontres avec les bergers qui traquent les moindres coins de verdure au coeur des vallons minéraux. Tout ça grâce à qui ? M'hamed bien entendu. Avec sa gouaille et sa débrouillardise, que de partages avec les locaux n'avons-nous pas connus... Et même des invitations à venir dormir à la maison avec d'excellents mets, tagines et couscous. La fête quoi ! Je l'ai même affublé d'un surnom : M'hamed "les bons tuyaux" à l'instar de Huggy dans la série TV culte Starsky & Hutch.

Avis de mauvais temps sur l'Igdet (départ de la descente en biais dans le creux du vallon)

Le topo [Maroc] Haute-Route n°4 est désormais en ligne. Pour les diaporamas, ils arriveront un peu plus tard (en fait je viens de les mettre en ligne ce 29 août...) et sûrement après le retour de la Grande Traversée du Ladakh n°2, itinéraire alternatif à la Traversée n°1 phagocytée aujourd'hui (pour le bien des habitants) par la piste qui rend désormais cet itinéraire autrefois d'exception bien peu intéressant à présent.

Découverte du Cambodge

Angkor Vat (vue depuis le Phnom Bakend)

Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler d'un voyage sans trekking (mais quand même physique à cause de la chaleur et des escalades sur pierres parfois branlantes). Si, si, j'en suis capable... A la sortie de l'exposition Angkor qui s'est tenue au musée Guimet à Paris à la fin de l'année 2013 et à laquelle nous nous sommes rendus, nous avons été littéralement ébahis d'être confrontés à une civilisation que nous ne connaissions pas le moins du monde, exceptionnelle à plus d'un titre, et nous avons immédiatement eu l'envie de nous immerger sur place pour compléter "le peu" que nous avions découvert lors de cette exposition. Après quelques recherches sur le web nous contractons avec une agence locale francophone qui nous propose un itinéraire que l'on qualifierait de "découvertes des temples et civilisations". Un bijou de voyage ! Enchaînant la visite de (nombreux) temples, certes, mais laissant la part belle à la découverte des campagnes et des gens simples, nous revenons enchantés de ce road-movie à vitesse maîtrisée qui nous a permis de  nous imprégner des différents aspects de ce pays du sud-est asiatique. Et aussi de découvrir un Peuple et une Grande Histoire, à l'instar des Grecs, des Romains, des Egyptiens... Nous avons aussi rencontré sur place des cambodgiens parlant un français impeccable, des français venus s'installer sur place qui pour ouvrir un restaurant, qui pour assouvir leur passion de création de bijous, qui pour se consacrer au recensement et à la restauration des temples... Je vous indique en pièce jointe quelques bons plans. N'hésitez pas à faire appel à ces passionnés !

- Le programme de l'agence (mais il y a plein d'autres circuits) : Carte détaillée du Grand Tour dul Ladakh.pdf circuit.au.cambodge-web.pdf

- Le guide référence du coin : le "Lonely Planet" Cambodge

- Le livre référence de Michel Petrotchenko sur Angkor et les alentours

Le guide des temples d'Angkor

- Et les coordonnées d'un restaurateur français très très attachant qui a ouvert (entre autres...) le Pomme d'Amour à Battambang (entre Siem Reap et Phnom Penh)

Pomme d'amour

Traversée du Haut-Dolpo (automne 2014)

Trek d'exception prévu du 12 septembre au 7 novembre 2014 mais
REPORTE SANS DATE PRECISE

PAR MANQUE DE CANDIDATS

Cet automne 2014, à la suite du trek découverte « hors des sentiers battus » de 2013 que j’avais appelé la Kora du Dhaulagiri et où il n’avait pas été possible de randonner dans le Haut-Dolpo du fait des conditions météorologiques autant déplorables qu’inhabituelles, me voici à proposer une traversée de cette région. Partant de Jumla, village que l’on peut plus aisément que Juphal rejoindre par avion, et se terminant à Jomosom à la porte du Mustang, l’itinéraire que je propose suivra au plus près la frontière népalo-tibétaine : il se dirigera en premier vers le lac Rara puis s’orientera plein E pour atteindre le nord du Haut-Dolpo avant de redescendre au S vers Shey gompa et le lac Phoksundo. Ensuite, toujours vers l’E, il rejoindra Dho Tarap puis Charka Bhot, deux villages emblématiques de la région. Puis ce sera cap au S pour aller explorer l’exceptionnelle vallée de Mukot au pied des faces nord du Dhaulagiri himal pour atteindre Sangtha et le Mustang par le Tuche La. Pour les gens motivés, j’ai prévu de remonter la Hidden valley (une vallée dont Paulo Grobel nous a offert le trousseau de clefs sur son site) jusqu’au camp de base du Dhaulagiri avant de redescendre sur Marpha et Jomosom. Les autres, depuis Sangtha et en deux jours de marche, pourront rentrer tranquillement par le chemin des caravanes, un sentier beaucoup moins problématique et engagé que le précédent...

Il y aura donc trois possibilités de se joindre au projet :
- Option 1 : Jumla – Rara - Bhijer – Shey gompa – Ringmo - Dho Tarap - Chharka Bhot – Mukot – Dhaulagiri BC - Mustang de 47 jours de marche.
- Option 2 : Jumla – Rara – Bhijer – Shey gompa - Ringmo de 24 jours de marche.
- Option 3 : Ringmo – Dho Tarap - Chharka Bhot – Mukot – Dhaulagiri BC - Mustang de 24 jours de marche.

Ci-dessous une représentation géographique de la région où se déroulera le trek présentant un tracé (très) approximatif :

Vous voulez vous joindre au groupe qui va réaliser ce trek d'exception ?

Téléchargez le document d'informations pratiques ici : Traversée du Haut-Dolpo - v1 Traversée du Haut-Dolpo - v1

Grande Traversée du Ladakh n°2

LEGERES MODIFICATIONS DE PROGRAMME ET DATES CONFIRMEES

Modifications :
22/01/2014 : Départ de la Spong Togpo soit 2 jours de plus de rando et donc 2 cols... Chouette, non ?

Allez hop ! C'est parti pour la Grande Traversée du Ladakh – Zanskar n°2. L'itinéraire est à présent défini. Il repose sur les connaissances des zanskarpa parce que côté guides de randonnée, il n'y a pas pléthore d'informations... Bon ! Ce n'est pas grave car, au retour de ce trek d'exception en pays ladakhi, apparaîtra sur le site le topo intégral du circuit (le voir apparaître sera le gage de la réussite de l'expédition...).

47 jours de marche entre le 7 juin (départ de France) et le 31 juillet 2014 (retour en France) sont nécessaires pour effectuer une traversée intégrale du Ladakh et Zanskar (J&K – Inde). Pas celle d’autrefois, que j’ai appelée n°1, non ! Elle est aujourd’hui « mangée » par la piste et de facto est devenue bien moins intéressante qu’avant (voir le billet de blog à ce sujet)... Je vous propose de construire ensemble la n°2, une traversée vraiment hors des sentiers battus, un peu plus alpine, toujours aussi culturelle et de ce fait passionnante à plus d’un titre : je la fais partir de Kanji, au nord et à proximité de la vallée de l’Indus, et espère la terminer à Sarchu de l’autre côté du massif, au sud. Entre temps, que de merveilles à contempler, que de bonheurs à partager avec la même équipe que celle qui m’a permis d’accomplir en 44 jours de marche à l’été 2013 le Grand Tour du Ladakh. Vous choisissez le parcours sur lequel vous souhaitez vous engager, total ou morcelé, selon que vous vous sentez apte à parcourir la totalité (ou non) ou tout simplement que vous ne disposez pas du temps nécessaire à l’accomplissement de la boucle en entier. En rouge, orange et violet le circuit proposé cette année pour la création de la GTZ n°2, en bleu l'itininéraire conventionnel de la GTZ n°1.

Grande Traversée du Ladakh-Zangskar n°2

Ce trek au long cours s’adresse à des randonneurs expérimentés qui ont déjà marché plusieurs jours de suite à des altitudes similaires avec une amplitude horaire de 4 à 6h (exceptionnellement 8h lors du passage de quelques cols). Il permet de parcourir les paysages contrastés du Ladakh entre vallées agraires, gorges profondes creusées par d’impétueuses rivières, hauts cols (entre 4800 et 5800m), plateaux colonisés par les nomades et chaînes de montagnes aux cimes enneigées. Notre caravane traversera quelques villages (la désertification de la montagne est vraiment d’actualité...) où il sera possible d’aller à la rencontre de ce peuple ladakhi. Il est aussi prévu de visiter quelques lieux culturels comme des monastères perdus au fin fond de la montagne. Une expédition bien dans la lignée des treks hors des sentiers battus…

Pour vous donner envie, n’hésitez pas à consulter les topos de randonnées des années précédentes et, quand ils sont disponibles, les diaporamas :

- De la Grande Traversée du Zanskar n°1, avec des paysages de vallées glaciaires et des gorges profondes,
- De la Nubra à la Markha, avec la remontée de trois grandes vallées fluviales pour atteindre des plateaux d’altitude,
- De Likir à Wanla, pour les paysages détritiques au milieu desquels se trouvent des oasis verdoyantes, lieux de vie avec des villages et des monastères,
- De Rumtse au Spiti pour la traversée de hauts plateaux et le passage aux 2 grands lacs de l’est.
- Du Grand Tour du Ladakh auquel on empruntera des passages exceptionnels (Pudzong La, Dibling, Tso Tok, etc.).

Sur place, je m’appuie encore cette année sur les services de l’agence Adventure Travel Mark de Leh dirigée par Sonam Dawa. Elle m’a organisé précédemment les 3 derniers treks à l’été 2012 et le Grand Tour du Ladakh en 2013. Les prix sont tirés au mieux de nos intérêts sans perte de qualité sur les prestations (Sonam me fait un réel prix d’ami).

Si le coeur (affectif et physique...) vous en dit, n'hésitez pas à vous joindre à cette caravane itinérante pour 18, 25 ou 44 jours. Je vous emmène à la découverte des multiples facettes de cette région bouddhiste montagneuse, aussi désert d'altitude, aux paysages contrastés d'une beauté incroyable et aux habitants qui savent ce que veulent signifier les termes accueil et, après, sur le long terme, amitié...

Vous pouvez télécharger le programme au format PDF ici : Grande Traversee du Ladakh Zanskar n2 -v3.pdf Grande Traversee du Ladakh Zanskar n2 -v3.pdf

Festival Tiji 2014 à Lo Monthang

C'est donc la deuxième année que je propose dans la rubrique des Treks en partance, celle qui contient les programmes de randonnée, un trek proposé par mes amis (et qui du fait de mon emploi du temps un peu chargé en ce moment je ne pourrai me joindre). Mais rassurez-vous, ce sont des treks hors des sentiers battus dont l'itinéraire a fait l'objet d'un repérage précis lors d'une de mes explorations et conduits par des accompagnateurs népalais qui connaissent les passages. Comme l'année dernière où 3 groupes ont adhéré à ce programme, revoici le trek de printemps dans une région qui me tient à coeur plus que de raison, je parle du Mustang. L'occasion est belle d'aller assister à la fête bouddhiste de Tiji (c'est à mon avis la plus belle et la plus accomplie de toutes celles auxquelles j'ai pu assister depuis de nombreuses années). Explications et diaporamas sont disponibles en cliquant sur ce lien.

Scène de Tiji à Lo Monthang

L'organisation du jour par jour permet d'optimiser le temps passé sur place (et le permis de séjour sur place de 13 jours) : durant les temps libres que laisse le programme du festival, vous partirez à la découverte des grottes sacrées et sites d'intérêt majeur qui fourmillent aux alentours de Lo Monthang. Et puis, une fois que ce seront tus les flonflons de la fête (je veux dire : une fois le démon immolé et le Mustang protégé pour une année encore...), vous rentrerez par un itinéraire peu touristique empruntant plateaux et canyons, inspiré du circuit que j'ai créé en 2012 et que vous pouvez visualiser ici sur Mustang, canyons et grottes sacrées.

Entrée dans les gorges au niveau de Chele

Mon ami Chhetup Tamang de l'agence népalaise A.R.T avec laquelle je fais souvent équipe vous propose ce circuit à des conditions financières très avantageuses : les "amis de ses amis sont ses amis" et c'est la raison pour laquelle il vous propose un prix très serré, un prix d'ami quoi ! Les dates sont déclinées du calendrier bouddhiste et les 27, 28 et 29e jours du 3e mois fluctuent d'une année sur l'autre. Cette année ce seront (obtenu de source officielle) les 26, 27 et 28 mai 2014. Vous trouverez ci-dessous le programme proposé :

Téléchargez la fiche circuit au format PDF : tiji-2014.pdf tiji-2014.pdf

Une fois que vous aurez lu le topo et que vous vous direz "Bon sang, mais c'est bien sûr, je ne peux pas rater ça...", n'hésitez pas à me solliciter pour des renseignements complémentaires en usant de la rubrique Contact.

Bonnes fêtes de fin d'année (et quel beau cadeau de Noël à s'offrir...).

Pierre

Les chortens de Tangye

PUB : Tiens au fait pour Noël si on ne peut pas se payer ce voyage, on peut toujours se rabattre sur l'achat d'un merveilleux livre qui a pour cadre le Mustang, juste dit comme ça, sans penser à mal...

Diaporama sur les saliks (ou mastos).

Je vous fait partager la découverte de cette année alors que l'on traversait la région du bas-Dolpo (ou inner Dolpo) au Népal. Nous nous sommes arrêtés dans de nombreux villages dans lesquels la mixité ethnique est une réalité. Côté religion, si la région centrale du Népal située entre les rivières Kali Gandaki et Karnali ne vous est pas familière, vous serez étonné d'y découvrir une alternative au bouddhisme et à l’hindouisme avec ce culte chamanique ou oraculaire (celui des oracles) aux autels disposés en pleine nature et reconnaissables à la présence de rubans de couleurs rouge, rose et blanc. Et dans les villages me direz-vous ? Ce culte se traduit par la présence de mastos ou saliks, ces « drôles » de poteaux en bois sculptés d’une tête « humaine » qui sont sensés protéger le domaine familial. Nous, on les a affectueusement appelés les « Charlie » car cela est très rapidement devenu un jeu de les débusquer, un jeu à l’identique de celui proposé par Martin Handford dans ses livres « Mais où est Charlie ? »… N'hésitez pas à faire défiler ce Diaporama ludique aux légendes toutes personnelles marquées d'humour (ni dénigrant, ni péjoratif bien entendu...). Trois exemples de saliks ci-dessous avec le Charlie métallo, Charlie cocu et Charlie Gremlins...

                   

Les crêtes de l'Atlas occidental

INSCRIPTIONS CLOSES

Ca me chatouillait depuis le retour de la GTAM n°5 accomplie avec succès et reliant Talmakant à Imlil ! Lors de nos pérégrinations de vallée en vallée, M'hamed et moi sommes passés par de multiples cols de haute altitude mais nous avions dû squizzer une partie de l'itinéraire à cause de problèmes de ravitaillement. A l'occasion, nous avions une fois encore confirmé de visu que nombre d'itinéraires potentiels qui suivaient les crêtes pouvaient ultérieurement faire l'objet d'un trek d'exception. Pourquoi d'exception ? Parce que ce coup-ci il ne faudra (vraiment) pas envisager compter sur les mules. Elles sont certes très habiles sur les sentiers de toute catégorie mais cet itinéraire enchaînant les crêtes et passant au sommet de plusieurs pics, il faut raison garder et mieux vaut s'en passer. Donc, ce trek, on va se le "faire" à l'ancienne entre le 29 avril et le 11 mai 2014 !

La haute vallée du Nfis

Avis aux amateurs de trekkings engagés hors des sentiers battus (et même cette fois hors sentier tout court...) ! Regardez bien les paysages traversés lors de la GTAM n°5, ils sont exceptionnels et méritent bien que l'on explore un peu plus profondément cette contrée quasiment délaissée par les tour-opérateurs (et c'est tant mieux d'ailleurs...!).

Vous pouvez télécharger la fiche du circuit : Les crêtes de l'atlas occidental - v1 Les crêtes de l'atlas occidental - v1

Au Ladakh, un itinéraire d'exception est né...

Bonjour,

J’en rêvais depuis quelques années de ce Grand Tour du Ladakh… Vraiment « hors des sentiers battus », il n’avait pour vocation qu’à imaginer un itinéraire qui fasse le tour d’un massif. En Europe, on a bien les tours du Mont-Blanc, de la Vanoise, des Ecrins, du Mont-Rose, etc. Et pourquoi donc le Ladakh n’aurait-il pas non plus le droit à son tour, hein… ? C’est avec Sonam Dawa, directeur de l’agence Adventure Travel Mark de Leh et fin connaisseur de l’Himalaya indien, qu’à l’été 2012, juste avant de partir pour la traversée des plateaux du Rupshu, nous avons imaginé une circambulation (certains parleraient d’une kora…) qui aurait pour barycentre l’épine dorsale de la Zangskar Range, une chaîne de montagne qui s’étend du NW au SE, enserrée entre la Ladakh Range au N et la Great Himalayan Range au S. Nous avons donc tracé sur la carte des croix correspondant aux étapes probables et nous en étions arrivé à 44. En ajoutant 3 jours de repos disséminés tout au long du parcours pour reposer hommes et bêtes (je n’envisageais pas ce tour autrement qu’accompagné d’une caravane de mules) et permettre le ravitaillement à des points où la route venait affleurer le circuit, on comptabilisait 47 jours ! Afin de faire profiter de cet itinéraire à un maximum de personnes, j’avais proposé des points d’entrée-sortie pour rejoindre ou quitter le groupe, comprenant bien que l’on ne puisse pas envisager 47 jours de marche ou s’absenter sur une aussi longue période… J’avais segmenté la boucle en plusieurs sous-ensembles d’une durée de marche de 10 à 47 jours (voir le billet de blog d’annonce du trek en partance).

Notre caravane traverse le plateau de Kharnag

Ce Tour a donc été effectué au cours de l’été 2013 et, en fonction des conditions que nous avons rencontrées sur le chemin (sentiers détruits demandant plus de temps du fait des incessantes traversées de rivières, ou carrément impraticables nécessitant une modification d’itinéraire, ou bien encore l’interprétation des innombrables erreurs de tracé des cartes topographiques en notre possession), je propose in fine la segmentation de ce Grand Tour du Ladakh en 3 parties qui, en les aboutant, permet de recréer l’itinéraire complet :

- la première en 13 jours partant de Sangtha au SE du massif et se terminant à Chilling,
- la seconde en 19 jours de Chilling à Zangla (Padum) via Wanla et Kanji,
- la troisième en 11 jours de Zangla (Padum) à Sangtha.

Ce que je n’avais pas imaginé, c’est que les deuxième et troisième parties allaient sous peu (dans les très prochaines années) être appelées à devenir les seules véritables alternatives à la mort annoncée de l’emblématique Grande Traversée du Zanskar connue des trekkers du monde entier. Celle-ci vit en effet ses dernières années du fait de la réalisation de la piste, réduisant à peau de chagrin l’espace piétonnier sur sentier. On est passé de 20 jours autrefois à seulement 6 jours hors piste aujourd’hui et demain plus rien (voir article de blog à ce sujet).

Un aigle au-dessus du Tarti La (Ladakh)

D’un intérêt majeur au niveau des paysages et caractérisé par son caractère « hors des sentiers battus » affirmé voire à de nombreux moments wilderness total, cette randonnée plus ou moins au long cours (selon la ou les portions sur lesquelles vous vous engagerez…) ne revêt pas plus de difficultés qu’une autre réalisée dans le périmètre himalayen (bien sûr…). Voici quelques chiffres, histoire de ne pas se prendre au sérieux :

- 43 jours de marche (13 + 19 + 11),
- 3 jours de repos,
- 24 cols dont 17 au-dessus de 4800m et 10 au-dessus de 5000m,
- 5300m, l’altitude maximale atteinte au Marang La (41eme jour),
- 183 heures de marche (58 + 72 + 53),
- entre 600 et 800 kms (impossible à comptabiliser en montagne),
- 27000m de dénivelées positive et négative (7330m/8425m + 12060m/11725m + 7750m/6755m),
- 50 guirlandes de drapeaux à prières déposées dans les cols (« Ki ki So so La Gyalo ! »),
- 1 paire de chaussures tige basse à 49,90€ de chez Quechua (Arpenaz 500) photo,
- 4000 photos,
- et seulement 3 jours de viande…

Je vous invite à découvrir cet itinéraire d'exception en cliquant sur le lien suivant Grand Tour du Ladakh. Les aspects pratiques seront comme d'hab' traités dans les rubriques Préparatifs ou Sur place. Bonne lecture et faîtes de beaux rêves... de voyages au Ladakh !

Amicalement.

Pierre

Et pour ceux qui étaient de la fête, un petit diaporama de ces deux mois de trek :

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Ladakh, la G.T.Z, c'est fini...?

Cet été 2013, les pistes poursuivent leur pénétration dans le cœur du Ladakh et au Zangskar. Certes, elles vont heureusement permettre à de nombreux villages de sortir de leur isolement, permettre l’accès « rapide » aux soins et autoriser les ravitaillements en produits de première nécessité à un coût peu onéreux…, faire en sorte que les adolescents scolarisés à Leh, la capitale du Ladakh, ne passent pas les trois-quarts de leurs quinze jours de vacances scolaires sur les sentiers de liaison pour revenir de leur village et retourner au collège… Tout cela c’est du tout bon ! Mais pour nous, les randonneurs, avides d’espaces vierges de civilisation (même si une bonne bière a toujours eu « bonne presse » après une journée de crapahut), il va falloir que nous composions avec cette nouvelle donne, à moins que vous soyez des aficionados de la marche sur piste poussiéreuse… Auquel cas, la GTZ ou Grande Traversée du Zanskar version 2014 est faite pour vous…!

La G.T.Z. en 2013

légende
en   rouge    la GTZ depuis Kanji,
             en   vert   la "variante" depuis Lamayuru,
  en   noir    les pistes et les routes

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Et une GTAM de plus, la 5ème

Eh bien, ce coup-ci, cela n'a pas été qu'une partie de plaisir... Ambitieux certes, le programme initial (découverte d'un itinéraire en autonomie complète avec portage de 20kg pendant 19 jours) s'est révélé incompatible avec les possibilités d'hébergement en montagne. En effet, la désertification de certains hauts vallons de la montagne marocaine s'intensifie et les bergers ne viennent plus qu'en juillet et août, donc personne pour nous recevoir dans les bergeries d'altitude... D'où la nécessité de devoir procéder à des ravitaillements non sollicités sans avoir à "se taper" des +-1500m de dénivelée. Seul palliatif : nous avons donc recomposé, M'hamed et moi, l'itinéraire pour que les charges à porter soient cohérentes avec le terrain et nos possibilités physiques... Oh ! Du programme initial nous n'avons squizzé que la traversée des aretes de l'Igdet et de l'Erdouz (ce sera pour une fois prochaine, Inch'Allah...) et avons sagement franchi un col et remonté une vallée.

Sur les crêtes entre le tizi n'Tislit et l'Imlit

Il faut dire que l'ambition affichée n'était pas de composer un itinéraire spécifique en autonomie (ce n'est pas ma tasse de thé, à la menthe bien sur...) mais de concevoir sur des données de terrain exhaustives un itinéraire parallèle à la Grande Traversée GTAM n°4 effectuée à la fin du printemps 2012 et qui utiliserait des sentiers compatibles avec un accompagnement muletier. De ce coté, le pari est gagné : de Talmakant à Imlil, il sera désormais possible sur 3 semaines de temps de suivre ce tracé original un peu plus ardu que les précédents, le sac léger et toute l'intendance des bivouacs sur le dos des mules...

Coté souvenirs de rencontres, nous avons, durant ces 19 jours de crapahut, croisé nombre de personnes qui se sont pliées en quatre pour nous satisfaire. La marche dans la montagne marocaine est appréciée des locaux qui sont heureux et fiers de rencontrer des personnes qui apprécient leur cadre de vie (et peuvent discuter avec eux de LEUR montagne). Et puis, avec un compagnon de voyage comme M'Hamed, impossible de ne pas etre accueilli les bras ouverts partout où l'on se présente... C'est indubitablement la clef du succès d'une randonnée dans la montagne marocaine : être accompagné d'un berbère qui fera sauter la barrière de la langue et ouvrira toutes les portes.

M'hamed et Hussein au tizi n'Ouagane

Quelques souvenirs marquants parmi tant d'autres :
-  l'accueil de ces gens simples qui n'ont rien (ou très peu...) et qui vous donnent tout : Ahmed à Imi Mgount qui nous prête sa maison, Mohamed Ait Hassoune à Agadir Nfis, Mohamed Jaa à Tannamert,  Brahim Ait Oumrar à Tanzmamen, Hassan Ait Heme aux azibs Agharas qui nous a même accompagné sur le sentier de Tinmal. En dernier lieu, il faut noter qu'Hussein Zaim d'Ait Ayoub, après nous avoir hébergé, s'est offert de nous accompagner avec sa mule jusqu'au refuge du Toubkal ; il y avait 40 ans qu'il n'était pas repassé par le vallon de Tafklast et franchi le tizi n'Ouagane... Séquence émotion !
-  deux gites d'étape sur le chemin : à Ijoukak, celui d'El Mahjoub, un accompagnateur de montagne marocain fou de VTT et qui connait l'Atlas comme sa poche, et puis celui d'Ahmed Ait Hammou à Ait Souka près d'Imlil, mais celui-là je ne vous le présente plus... Deux endroits de convivialité qu'il ne faut pas rater.
- et puis comme d'habitude des coups de chance : des gens de rencontre qui nous vantent la beauté de l'accès au plateau du Tichka par le tizi n'Targa (ce qui nous fait dévier avec bonheur de notre route initiale), Hassan qui nous fait découvrir un sentier qui traverse le plateau pour nous rendre dans la vallée du Nfis, El Mahjoub à qui l'on demande s'il ne connaitrait pas un sentier élégant pour rejoindre le tizi n'Iguidi et qui nous guidera par téléphone mobile lors de nos incertitudes sur le chemin hors des sentiers battus qu'il nous a indiqué, et Hussein Zaim qui, nous déchargeant de nos sacs, a permis que l'on apprécie la qualité des paysages au lieu de galérer en suant plus que de raison dans cette vallée ô combien sauvage...
- et pour finir ces moments partagés, parfois quelques minutes mais qui resteront en mémoire comme cette institutrice d'Imi Mgount très impliquée dans son travail, El Haj à Tizzirt, notable local qui nous ouvre toute grande sa demeure, les bergers qui nous convient à partager un thé à la menthe improvisé et nous donnent des indications sur les passages à emprunter...

La sympathique équipe des azibs Agharas

Une Grande Traversée, pour un européen, ca ne doit pas se résumer à "bouffer" de la dénivelée et consommer des paysages en autarcie. On se doit de communiquer, échanger et partager avec les berbères : nous sommes des extras-terrestres pour ces gens de la montagne, nous avons le progrès en bas et nous venons passer volontairement un moment de notre existence dans les mêmes conditions rudimentaires qu'eux. Alors, on passe la soirée à leur expliquer nos motivations, à leur montrer que l'on est autant amoureux de la montagne qu'eux (même si pour eux, l'amour revêt un caractère un peu particulier avec la nécessité de gagner sa vie...). Et cette année particulièrement, cela ne va pas etre la fête : la vague de froid qui a sévi dans la montagne au tout début avril a empeché la floraison des arbres fruitiers et surtout des noyers. Imaginez qu'un noyer rapporte en moyenne 1500Dh par an à son propriétaire, cela va être un sacré manque à gagner dans les familles. Et puis, vous ne croyez pas que la crise qui sévit en Europe ne touche pas ces gens-là ? Alors, je ne peux que vous engager une fois de plus à venir marcher dans ce fascinant Atlas marocain aux incroyables ressources !

Vous trouverez le topo de ce circuit original ici. Bonne lecture ! Et comme d'hab' les diaporamas ce sera pour (beaucoup...) plus tard car la fin de saison est chargée entre le Ladakh et le Népal...

Un tagine qui glougloute sur le Bouta..., les plaisirs simples.

Et pour terminer en beauté, le diaporama de l'ascension de Maxime et Pierre (supporters du PSG) accompagnés de M'hamed au sommet du Toubkal :

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