trek

Traversée du Haut-Dolpo (automne 2014)

Trek d'exception prévu du 12 septembre au 7 novembre 2014 mais
REPORTE A L'AUTOMNE 2015 PAR MANQUE DE CANDIDATS

Cet automne 2014, à la suite du trek découverte « hors des sentiers battus » de 2013 que j’avais appelé la Kora du Dhaulagiri et où il n’avait pas été possible de randonner dans le Haut-Dolpo du fait des conditions météorologiques autant déplorables qu’inhabituelles, me voici à proposer une traversée de cette région. Partant de Jumla, village que l’on peut plus aisément que Juphal rejoindre par avion, et se terminant à Jomosom à la porte du Mustang, l’itinéraire que je propose suivra au plus près la frontière népalo-tibétaine : il se dirigera en premier vers le lac Rara puis s’orientera plein E pour atteindre le nord du Haut-Dolpo avant de redescendre au S vers Shey gompa et le lac Phoksundo. Ensuite, toujours vers l’E, il rejoindra Dho Tarap puis Charka Bhot, deux villages emblématiques de la région. Puis ce sera cap au S pour aller explorer l’exceptionnelle vallée de Mukot au pied des faces nord du Dhaulagiri himal pour atteindre Sangtha et le Mustang par le Tuche La. Pour les gens motivés, j’ai prévu de remonter la Hidden valley (une vallée dont Paulo Grobel nous a offert le trousseau de clefs sur son site) jusqu’au camp de base du Dhaulagiri avant de redescendre sur Marpha et Jomosom. Les autres, depuis Sangtha et en deux jours de marche, pourront rentrer tranquillement par le chemin des caravanes, un sentier beaucoup moins problématique et engagé que le précédent...

Il y aura donc trois possibilités de se joindre au projet :
- Option 1 : Jumla – Rara - Bhijer – Shey gompa – Ringmo - Dho Tarap - Chharka Bhot – Mukot – Dhaulagiri BC - Mustang de 47 jours de marche.
- Option 2 : Jumla – Rara – Bhijer – Shey gompa - Ringmo de 24 jours de marche.
- Option 3 : Ringmo – Dho Tarap - Chharka Bhot – Mukot – Dhaulagiri BC - Mustang de 24 jours de marche.

Ci-dessous une représentation géographique de la région où se déroulera le trek présentant un tracé (très) approximatif :

Vous voulez vous joindre au groupe qui va réaliser ce trek d'exception ?

Téléchargez le document d'informations pratiques ici : Traversée du Haut-Dolpo - v1 Traversée du Haut-Dolpo - v1

Grande Traversée du Ladakh n°2

LEGERES MODIFICATIONS DE PROGRAMME ET DATES CONFIRMEES

Modifications :
22/01/2014 : Départ de la Spong Togpo soit 2 jours de plus de rando et donc 2 cols... Chouette, non ?

Allez hop ! C'est parti pour la Grande Traversée du Ladakh – Zanskar n°2. L'itinéraire est à présent défini. Il repose sur les connaissances des zanskarpa parce que côté guides de randonnée, il n'y a pas pléthore d'informations... Bon ! Ce n'est pas grave car, au retour de ce trek d'exception en pays ladakhi, apparaîtra sur le site le topo intégral du circuit (le voir apparaître sera le gage de la réussite de l'expédition...).

47 jours de marche entre le 7 juin (départ de France) et le 31 juillet 2014 (retour en France) sont nécessaires pour effectuer une traversée intégrale du Ladakh et Zanskar (J&K – Inde). Pas celle d’autrefois, que j’ai appelée n°1, non ! Elle est aujourd’hui « mangée » par la piste et de facto est devenue bien moins intéressante qu’avant (voir le billet de blog à ce sujet)... Je vous propose de construire ensemble la n°2, une traversée vraiment hors des sentiers battus, un peu plus alpine, toujours aussi culturelle et de ce fait passionnante à plus d’un titre : je la fais partir de Kanji, au nord et à proximité de la vallée de l’Indus, et espère la terminer à Sarchu de l’autre côté du massif, au sud. Entre temps, que de merveilles à contempler, que de bonheurs à partager avec la même équipe que celle qui m’a permis d’accomplir en 44 jours de marche à l’été 2013 le Grand Tour du Ladakh. Vous choisissez le parcours sur lequel vous souhaitez vous engager, total ou morcelé, selon que vous vous sentez apte à parcourir la totalité (ou non) ou tout simplement que vous ne disposez pas du temps nécessaire à l’accomplissement de la boucle en entier. En rouge, orange et violet le circuit proposé cette année pour la création de la GTZ n°2, en bleu l'itininéraire conventionnel de la GTZ n°1.

Grande Traversée du Ladakh-Zangskar n°2

Ce trek au long cours s’adresse à des randonneurs expérimentés qui ont déjà marché plusieurs jours de suite à des altitudes similaires avec une amplitude horaire de 4 à 6h (exceptionnellement 8h lors du passage de quelques cols). Il permet de parcourir les paysages contrastés du Ladakh entre vallées agraires, gorges profondes creusées par d’impétueuses rivières, hauts cols (entre 4800 et 5800m), plateaux colonisés par les nomades et chaînes de montagnes aux cimes enneigées. Notre caravane traversera quelques villages (la désertification de la montagne est vraiment d’actualité...) où il sera possible d’aller à la rencontre de ce peuple ladakhi. Il est aussi prévu de visiter quelques lieux culturels comme des monastères perdus au fin fond de la montagne. Une expédition bien dans la lignée des treks hors des sentiers battus…

Pour vous donner envie, n’hésitez pas à consulter les topos de randonnées des années précédentes et, quand ils sont disponibles, les diaporamas :

- De la Grande Traversée du Zanskar n°1, avec des paysages de vallées glaciaires et des gorges profondes,
- De la Nubra à la Markha, avec la remontée de trois grandes vallées fluviales pour atteindre des plateaux d’altitude,
- De Likir à Wanla, pour les paysages détritiques au milieu desquels se trouvent des oasis verdoyantes, lieux de vie avec des villages et des monastères,
- De Rumtse au Spiti pour la traversée de hauts plateaux et le passage aux 2 grands lacs de l’est.
- Du Grand Tour du Ladakh auquel on empruntera des passages exceptionnels (Pudzong La, Dibling, Tso Tok, etc.).

Sur place, je m’appuie encore cette année sur les services de l’agence Adventure Travel Mark de Leh dirigée par Sonam Dawa. Elle m’a organisé précédemment les 3 derniers treks à l’été 2012 et le Grand Tour du Ladakh en 2013. Les prix sont tirés au mieux de nos intérêts sans perte de qualité sur les prestations (Sonam me fait un réel prix d’ami).

Si le coeur (affectif et physique...) vous en dit, n'hésitez pas à vous joindre à cette caravane itinérante pour 18, 25 ou 44 jours. Je vous emmène à la découverte des multiples facettes de cette région bouddhiste montagneuse, aussi désert d'altitude, aux paysages contrastés d'une beauté incroyable et aux habitants qui savent ce que veulent signifier les termes accueil et, après, sur le long terme, amitié...

Vous pouvez télécharger le programme au format PDF ici : Grande Traversee du Ladakh Zanskar n2 -v3.pdf Grande Traversee du Ladakh Zanskar n2 -v3.pdf

Festival Tiji 2014 à Lo Monthang

C'est donc la deuxième année que je propose dans la rubrique des Treks en partance, celle qui contient les programmes de randonnée, un trek proposé par mes amis (et qui du fait de mon emploi du temps un peu chargé en ce moment je ne pourrai me joindre). Mais rassurez-vous, ce sont des treks hors des sentiers battus dont l'itinéraire a fait l'objet d'un repérage précis lors d'une de mes explorations et conduits par des accompagnateurs népalais qui connaissent les passages. Comme l'année dernière où 3 groupes ont adhéré à ce programme, revoici le trek de printemps dans une région qui me tient à coeur plus que de raison, je parle du Mustang. L'occasion est belle d'aller assister à la fête bouddhiste de Tiji (c'est à mon avis la plus belle et la plus accomplie de toutes celles auxquelles j'ai pu assister depuis de nombreuses années). Explications et diaporamas sont disponibles en cliquant sur ce lien.

Scène de Tiji à Lo Monthang

L'organisation du jour par jour permet d'optimiser le temps passé sur place (et le permis de séjour sur place de 13 jours) : durant les temps libres que laisse le programme du festival, vous partirez à la découverte des grottes sacrées et sites d'intérêt majeur qui fourmillent aux alentours de Lo Monthang. Et puis, une fois que ce seront tus les flonflons de la fête (je veux dire : une fois le démon immolé et le Mustang protégé pour une année encore...), vous rentrerez par un itinéraire peu touristique empruntant plateaux et canyons, inspiré du circuit que j'ai créé en 2012 et que vous pouvez visualiser ici sur Mustang, canyons et grottes sacrées.

Entrée dans les gorges au niveau de Chele

Mon ami Chhetup Tamang de l'agence népalaise A.R.T avec laquelle je fais souvent équipe vous propose ce circuit à des conditions financières très avantageuses : les "amis de ses amis sont ses amis" et c'est la raison pour laquelle il vous propose un prix très serré, un prix d'ami quoi ! Les dates sont déclinées du calendrier bouddhiste et les 27, 28 et 29e jours du 3e mois fluctuent d'une année sur l'autre. Cette année ce seront (obtenu de source officielle) les 26, 27 et 28 mai 2014. Vous trouverez ci-dessous le programme proposé :

Téléchargez la fiche circuit au format PDF : tiji-2014.pdf tiji-2014.pdf

Une fois que vous aurez lu le topo et que vous vous direz "Bon sang, mais c'est bien sûr, je ne peux pas rater ça...", n'hésitez pas à me solliciter pour des renseignements complémentaires en usant de la rubrique Contact.

Bonnes fêtes de fin d'année (et quel beau cadeau de Noël à s'offrir...).

Pierre

Les chortens de Tangye

PUB : Tiens au fait pour Noël si on ne peut pas se payer ce voyage, on peut toujours se rabattre sur l'achat d'un merveilleux livre qui a pour cadre le Mustang, juste dit comme ça, sans penser à mal...

Diaporama sur les saliks.

Je vous fait partager la découverte de cette année alors que l'on traversait la région du bas-Dolpo (ou inner Dolpo) au Népal. Nous nous sommes arrêtés dans de nombreux villages dans lesquels la mixité ethnique est une réalité. Côté religion, si la région centrale du Népal située entre les rivières Kali Gandaki et Karnali ne vous est pas familière, vous serez étonné d'y découvrir une alternative au bouddhisme et à l’hindouisme avec ce culte chamanique ou oraculaire (celui des oracles) aux autels disposés en pleine nature et reconnaissables à la présence de rubans de couleurs rouge, rose et blanc. Et dans les villages me direz-vous ? Ce culte se traduit par la présence de saliks, ces « drôles » de poteaux en bois sculptés d’une tête « humaine » qui sont sensés protéger le domaine familial. Nous, on les a affectueusement appelés les « Charlie » car cela est très rapidement devenu un jeu de les débusquer, un jeu à l’identique de celui proposé par Martin Handford dans ses livres « Mais où est Charlie ? »… N'hésitez pas à faire défiler ce Diaporama ludique aux légendes toutes personnelles marquées d'humour (ni dénigrant, ni péjoratif bien entendu...). Trois exemples de saliks ci-dessous avec le Charlie métallo, Charlie cocu et Charlie Gremlins...

                   

La Kora du Dhaulagiri

Je suis revenu depuis deux semaines et je ne suis pas encore totalement sorti de mon état second, celui qui m’empêche de totalement me passionner pour la politique, les faits divers, le championnat de foot ou de rugby, les fêtes de Noël qui approchent... bref, tout ce qu’un gars normalement constitué (bon, d’accord pour le foot, ce n’est pas une obligation...) est sensé s’intéresser. Même ma deuxième année d’apprentissage du népali à l’INALCO démarre couci-couça après quasiment 4 mois d’immersion sur place. Je n’arrive pas à rentrer... Si je ne suis pas (vraiment) là, où suis-je donc ? Reprenons depuis le début. Après trois randos de printemps au Maroc tout au début de cette année 2013 avec mon compagnon berbère M’hamed, voilà t’il pas que je me lance, à peine la GTAM 5ème du nom achevée avec succès, dans une randonnée itinérante plutôt longue. L’année dernière, j’avais bien organisé celle des 5 cols de l’Annapurna sur 32 jours suivie d’un petit tour au Mustang pour assister au festival Tiji à Lo Monthang sur une dizaine de jours, mais là, pour 2013, je n’y allais pas « avec le dos de la cuiller », je me lançais pendant l’été dans un voyage pédestre de 47 jours, un Grand Tour du Ladakh, avec au programme le secret désir de découvrir cette région de manière un peu moins superficielle. J’en reviendrai comblé : le programme que j’avais concocté devait parcourir de larges espaces aux paysages exceptionnels et changeant tous les jours, suivre des canyons et traverser des plateaux, alterner vallées fertiles et minéral intégral. Eh bien, c’était cela ! Une bambée d’une cinquantaine de jours, et à la fin même pas fatigué... Et il faut le noter également, la qualité d’organisation de Sonam Dawa, le directeur de l’agence Adventure Travel Mark de Leh, nous n’avons pas eu à déplorer un bémol. Incroyable randonnée !

Mais ce n’était pas tout... La fin de l’année était prévue aller crescendo. Le programme d’automne au Népal promettait d’être lui aussi plutôt dense : une circumambulation avec comme barycentre l’immense chaîne de montagnes du Dhaulagiri qui s’étale du Tukuche à l’est à la Putha Hiu Chuli à l’ouest, il y avait de quoi se faire du souci quand même avec 60 jours de marche : là c’est Chhetup Tamang, directeur de l’agence népalaise Altitude Randonnée Trekking qui s’y colle en me proposant la meilleure équipe de porteurs, cuisiniers et accompagnateurs pour m'épauler dans ce trek « à tiroirs » pendant laquelle on pourra rencontrer de nombreuses embûches qu’il nous faudra contourner.

Au moment de la construction, on a pensé à beaucoup de choses, par exemple :

1) on ne met pas ses « œufs dans le même panier » : il y aura une équipe de porteurs (au fil des jours qui passaient, j’ai fini par les appeler, en népali, les thulo bhariya (strong porters) tant ils ont fait montre d’un professionnalisme exacerbé dans des conditions, comme on le verra un peu plus loin, que l’on a connues délicates...) complémentée par une caravane de mules : si les mules ont des difficultés sur le terrain, les porteurs eux passent partout, et inversement, quand le terrain est facile on peut décharger les porteurs pour charger les mules. On ne sait jamais...

2) on recrute une équipe de porteurs dans une région où le portage fait partie du quotidien des villageois, le Solu-Khumbu par exemple. Dans les régions que l’on allait traverser, tout le portage s’effectue à dos de mules, de chevaux ou de yacks. Aucune possibilité de pouvoir recruter sur place. Certes ils habitent loin du Dolpo, on leur finance les voyages aller et retour, on leur prête l’équipement et cela garantit trois choses : que les personnes qui vont nous accompagner sont rompus à cette tâche du portage, qu’ils connaissent le monde de la haute montagne et ses conditions climatiques rigoureuses, et comme ils sont « délocalisés » ils n’auront pas la tentation de quitter le groupe en pleine pampa...

         

3) on prévoit deux passages dans la région de Dunaï et Juphal car c’est le seul endroit où l’on peut se ravitailler en quantité dans cette région, ailleurs c’est impossible car les villageois vivent en auto-suffisance et les 30kg de pommes de terre ou l’orge qu’ils pourraient nous vendre viendraient à leur manquer pendant l’hiver.

4) on a décidé de réaliser cette randonnée à la saison idoine, le début de l’automne : en démarrant de Beni, les pluies de mousson seront calmées et la nébulosité en train de repartir vers le sud-est asiatique (ça, cela s’est avéré vrai... il n’a que très peu plu sur Dhorpatan sur la deuxième quinzaine de septembre). Après on se dit qu’au Dolpo on y arrivera à la saison sèche et encore chaude, le mois d’octobre, permettant de se balader même dans le nord en gardant des températures agréables et sans craindre les chutes de neige qui pourraient bloquer les cols. Et puis pour traverser vers le Mustang, il ne fera pas trop froid, enfin juste un peu mais sans plus...

         

5) et pour qu’un maximum de personnes puisse se joindre à cette expédition, on a prévu un circuit qui passe et repasse par Juphal, l’altiport du Dolpo. Donc les 5 randonneurs qui ont postulé pour la « totale » retrouveront les 5 autres au tiers du parcours à Dunaï, puis après le passage du Kagmara La l’un(e) d’entre eux  quittera le groupe et rejoindra Juphal, les autres pourvuivant vers le nord traverser le haut-Dolpo. Au retour du haut-Dolpo, on a prévu de revenir à Dunaï où les 2 qui ont « choisi » de ne faire que le tour du haut-Dolpo nous quitteront et reprendront l’avion vers Kathmandou via Nepalganj. Les autres, eux, remonteront vers Chharka Bhot, franchiront un col au pied de l’Araniko Chuli pour passer au Mustang par la route du nord, le long de la frontière tibétaine, avant de rejoindre Lo Monthang puis quelques jours après atteindre Jomosom et son altiport.

6) cette année, comme l’année dernière d’ailleurs, j’aurai à disposition un téléphone satellite. Mais cette fois-ci, je l’emmène avec moi dans le sac à dos de la journée. On ne sait jamais... Et puis, à l’autre bout de la chaîne, il faut un correspondant au niveau de ce que l’on appellera le « camp de base » à Kathmandou et Chhetup, ce rôle, il l’a vraiment joué à la perfection. Je considère que la réussite de ce projet est autant conditionnée par la présence d’une équipe de qualité à mes côtés sur le terrain qu’à distance pour gérer nombre de problématiques auxquelles on ne pense pas : l’obtention des permis d’expédition, les backchichs de tous ordres, le choix des équipes, un répertoire téléphonique dans lequel on y trouve les numéros des personnes dont on aura un jour besoin et à qui on rendra la pareille à notre tour, l’organisation des déplacements terrestres ou aériens, les « coudes à coudes » qui font qu’un groupe se retrouve en tête de liste pour un départ alors qu’il était en dernière position quelques minutes auparavant...,

Confiants dans notre organisation pour ce trek, nous voici donc partis ! Oui, oui, on avait bien pensé à tout, ou presque... :

1) des porteurs et des mules : ce point nous a permis de pallier la défection inopinée du premier muletier qui a décidé d’arrêter, bien entendu alors que l’on était déjà sur le chemin, laissant les bagages en plan à Hurikot. Ce jour-là, les porteurs ont fait double journée en redescendant les chercher après avoir monté leurs charges auparavant... et permettant de monter un camp en haut et pour le sirdar, en bas, d’avoir le temps de chercher un autre muletier qui voudrait bien s’y coller.

          

2) sur la compétence des porteurs (et du reste de l’équipe) : nous avons eu totalement raison puisque le travail réalisé par nos thulo bhariya a été d’un niveau exceptionnel, une abnégation de tous les instants même dans les conditions très difficiles qui ont été celles dans lesquelles on a dû évoluer... J’associe également l’équipe de cuisine au même satisfecit : ils portent et au camp ils changent de métier et se mettent en ordre de marche pour préparer les repas ! En gros, 16 heures de travail par jour...

         

3) côté ravitaillement, « Papa » Chandra Raï (c’est le père du sirdar Chandra qui officiait aux fourneaux), il a disparu pendant 2 jours et 3 nuits entre Dunaï et Chaurikot mais il a organisé pendant cette période toute l’intendance pour les 45 jours qu’il restait à marcher. Un pro, quoi !

4) et malheureusement 5) et la nécessité de disposer du point 6)... les délires de la météo, ses conséquences sur le jour par jour et de l’utilité d’un téléphone satellite là où le mobile pourrait avoir une utilité s’il y avait des antennes : c’était trop beau jusqu’à présent, tout avait marché comme sur des roulettes. Si le temps avait été relativement clément lors de la traversée de la réserve de chasse de Dhorpatan avec quelques ondées d’après-midi et par ci par là un orage, normal pour le district du Rukum aux paysages de végétation primaire (l’humidité doit y être pour quelque chose non... ?), on espérait chaque jour entrer dans le Dolpo pour enfin sentir le soleil réchauffer nos vieux os. C’était  devenu une litanie (que j’alimentais chaque jour d’ailleurs...) « Au Dolpo, vous verrez, il fait toujours beau »... Effectivement, la journée de descente du Jang La jusqu’à Dunaï nous a fait oublier l’humidité omniprésente des jours précédents. Dans la deuxième partie de la descente, il faisait beau et le soleil nous dardait de ses rayons.

A Dunaï, après un début d’après-midi prometteur petite ondée d’après-midi et puis le lendemain quelques cirro-stratus dans un ciel bleu clair presque blanchâtre. C’est pas très bon ça... De plus, les autorités confirment que Juphal est fermé pour travaux un peu plus longtemps que ce qui était annoncé, jusqu’à... : il faut donc se déplacer vers Masinchaur où se trouve l’altiport de secours du Dolpo. Un jour et demi à marcher vers l’ouest pour récupérer nos 5 amis (Marie, Mireille, Luc, Martial et Pierre) mais rien de grave pour le planning car de toutes les manières il était prévu que le circuit passait non loin de là, ce n’était donc pas vraiment un détour... Le transfert pédestre s’effectue sous une couverture nuageuse de plus en plus présente, nuages qui disparaissent le soir avant de réapparaître le lendemain matin et nous immerger dans un épais brouillard. A Masinchaur, la biroute rouge et blanche bien qu’horizontale en raison d’un fort vent ne se voit pas beaucoup, cachée qu'elle est dans le brouillard.

          

Puis les nuages disparaissent aussi soudainement qu’ils étaient apparus pour laisser la place à un chaud soleil. Les officiels, rassurants, nous indiquent qu’il faut juste attendre que la piste du « champ de patates » sèche un peu. On est prêts à accueillir de pied ferme le premier avion en provenance de Nepalganj vers midi. Notre groupe est prévu sur le troisième de la journée. Croisons les doigts... L’avion se pointe bien profitant d’une fenêtre météo clémente, pose ses 9 passagers et repart fissa vers le sud. Le deuxième, déjà en route, n’arrivera jamais : la couche de nuages au-dessus des montagnes qui protègent le Dolpo au sud s’est densifiée et l’avion a fait demi-tour. Clap de fin pour le restant de la journée. On couche sur place, le lendemain c’est pluie fine toute la journée, il n’y aura plus d’avion avant longtemps. Longtemps ? Mais combien de temps ? Qui peut le dire... A l’aide du téléphone satellite (oh, que c’est utile dans ces cas-là...), j’informe Chhetup Tamang, mon « camp de base » à Kathmandou, que j’ai décidé de continuer le circuit avec les 4 personnes qui ont débuté à Beni (Justine, Bernard, Maxime et Michel). Nous partirons le lendemain avec une grande partie de l’équipe de porteurs et de cuisine en laissant juste sur place un assistant guide et un cuisinier. Ils attendront la caravane de mules qui doit venir de Juphal avec le gros du ravitaillement. Quand le groupe arrivera par les airs (demain ou au pire après-demain...), tous ensemble ils rejoindront directement le lac Phoksundo où nous ferons la jonction. Pendant ce temps, histoire de ne pas se morfondre dans ce coin paumé on s’en ira franchir le Balangra Lagna juste avant de repartir en montée passer le Kagmara La avec juste ce qu’il faut de bagages pour ne pas surcharger les porteurs. A Ringmo, pas d’inquiétude, dès que nous serons réunis, on partira plein nord vers le haut-Dolpo. On réduira un peu la longueur du circuit mais on ira bien au haut-Dolpo. Notre départ de Masinchaur s’effectue par une nouvelle journée pluvieuse qui nous voit marcher (ou plutôt glisser...) en forêt sur des sentiers boueux à l’extrême. On ne va pas très loin tant la météo est excécrable. Dagin, c’est le village qui est situé dans le creux de la vallée au-dessus duquel il y a... Masinchaur. Il pleut continuellement. Les tentes n’arrivent plus à garantir l’étancheité tant les toiles sont saturées... C’est ce jour-ci que l’on décidera, Chhetup et moi, sur proposition du groupe en attente depuis 4 jours à Nepalganj, de changer d’aéroport de destination, de laisser tomber l’altiport du Dolpo et de tenter de dérouter le groupe sur Jumla, un altiport un peu plus permissif par temps pluvieux.

Certes, si cela fonctionne on sera tous réunis (enfin...) mais le circuit dans le haut-Dolpo commence à avoir du plomb dans l’aile puisque pour faire la jonction entre les deux groupes, il est nécessaire de nous déporter encore plus à l’ouest avant de revenir vers l’est. Le nombre de jours de trek dont Marie et Martial vont disposer pour être de retour à Dunaï se consume à vitesse grand V et se réduit de jour en jour à peau de chagrin. Pour le reste du groupe qui va poursuivre vers le Mustang, pas d’inquiétude, il reste encore beaucoup beaucoup de temps... Autre facteur à prendre en compte pour Marie et Martial : si Juphal ne rouvre pas, il va falloir qu’ils retournent à Masinchaur, soit deux jours de moins sur leur trek... A partir de ce moment, le haut-Dolpo n’est plus envisageable et je recompose pour la suite un itinéraire qui traversera seulement les cols du bas-Dolpo pour revenir à Dunaï en temps et en heure. Enfin une bonne nouvelle dans la grisaille et l’humidité, les 5 vont pouvoir quitter Nepalganj le lendemain (ils piaffaient d’impatience) et nous décidons de nous retrouver au sommet du Maure Lagna qui sépare le Dolpo du pays de Jumla.

Effectivement et toujours sous la pluie, deux jours plus tard, nous nous retrouvons au Maure Lagna avant de passer enfin notre première nuit ensemble (et au sec...). Au matin, grand beau temps. Ça y est ! Il fait beau sur le Dolpo... Un moment de tristesse avec le départ de Justine qui nous quitte pour rejoindre Jumla dans un premier temps, Nepalganj dans un deuxième et sortir du Népal par voie pédestre pour poursuivre par une quinzaine du côté de Benarès. On s’était bien habitués à vivre ensemble mais bon, on se retrouvera bien un de ces jours lors d’une nouvelle randonnée... On franchit dans une éclatante lumière le Bharbhare Lagna avec des paysages d’une rare beauté et des montagnes « repeintes » en blanc tout frais.

Puis on descend sur Hurikot alors que notre muletier nous quitte comme un « voleur »... Chandra à la peine nous dégotte  un nouveau muletier prêt à en découdre avec notre itinéraire mais surtout avec une ou deux mules très vindicatives et rebelles lors des chargements et déchargements si bien qu’il faut que Bhim, un de nos deux assistants guides leur morde l’oreille jusqu’au sang alors que le (nouveau) muletier par des manœuvres osées tente d’attacher les sacs sur le bât.

La météo repart au mauvais, voire au pire, alors que l’on est posé au camp de base du Kagmara La. Impossible d’engager le groupe sous une telle pluie. On passera la journée à jouer aux cartes, à lire et à goûter... Le lendemain, le soleil semble faire son apparition et nous franchissons le col avec beaucoup de vent mais dans des conditions correctes. La descente du vallon jusqu’à Sumdo révèle de magnifiques paysages de campagne au pied du massif du Kanjelarwa. Puis le temps se dégrade à nouveau alors que l’on doit monter rendre une visite au lac de Phoksundo, lac dont on appréciera malgré tout les couleurs sous une épaisse couche de nuages. Mais même dans ces conditions-là, le site est mythique et il fait bon s’y poser un moment. Pour les jours qui suivent, j’ai décidé de partir plein est vers Do Tarap en franchissant deux cols « tranquilles » le Baga La et le Numa La. Mais la pluie froide ne s’arrête pas et, alors que l’on vient d’arriver au camp de base du premier col, le groupe qui en descend ne nous conseille pas de le passer. Et quand bien même on y arriverait avec la neige (il faut aussi penser aux mules qui ne sont pas expertes de la marche sur un sentier enneigé) il faut penser que l’on va se trouver le lendemain soir pile poil entre deux cols, le Baga La et le Numa La, enfermés sans autre possibilité de s’échapper en cas de précipitation abondante que de revenir en arrière repasser le Baga La à 5100m ou avancer vers Do et passer le Numa La à 5300m... Je préfère ne pas prendre le moindre risque et le groupe redescend vers Dunaï et on suivra la vallée de la Phoksundo khola sous la pluie pendant 3 jours (ou 3 nuits, je ne sais plus, tant il pouvait faire sombre...).

Dunaï ! Après des adieux frustrants car leur trek est raté à 80%, Marie et Martial montent en jeep à Juphal pour passer la nuit dans un lodge où ils s’aperçoivent que 28 personnes sont en attente d’un hypothétique avion depuis plusieurs jours et que le départ du lendemain, c’est pas gagné... Gros coup de blues le soir quand la pluie se remet à tomber de manière plutôt drue. Ça craint pour demain... Et le lendemain il fait beau ! Il a plu toute la nuit mais ce matin il règne un franc soleil, du ciel bleu et pas un nuage. Heureux présage, mais de courte durée : le premier avion se pointe vers midi passe en phase d’atterrissage et larde la piste toute nouvelle de deux trainées bien profondes. Las ! La piste n’était pas assez sèche et il vient de détruire le travail des 3 derniers mois... Le rouleau compresseur essaie bien d’aplanir mais ce n’est pas top. Il y a fort à douter qu’aucun pilote ne souhaitera poser sa machine sur ce désormais nouveau « champ de patates ». Marie et Martial se doutant bien que le problème ne va pas se résoudre à l’instant téléphonent à Chhetup pour qu’il leur propose une solution héliportée. Depuis Kathmandou, il se débrouillera de la meilleure des manières en leur trouvant cet oiseau rare à un prix défiant toute concurrence. Sur place, Marie et Martial ont trouvé trois clients prêts à les accompagner pour partager les US$5000 qui leur permettra de gagner la capitale népalaise en 1h30 de vol. Deux heures plus tard, le frêle oiseau rouge se pose et embarque ses voyageurs. Sauvés !

Quant au groupe de 7 « touristes » qui poursuivent leur avancée vers le Mustang (Mireille, Bernard, Luc, Maxime, Michel, Pierre et Pierre), tout va pour le mieux : il fait beau, même très beau et la vallée de la Thuli Bheri khola qui permet de rejoindre Tarakot est vraiment superbe à remonter. Au camp, on retrouve même le ravitaillement préparé par « Papa » et que des mules ont acheminé quelques jours auparavant. On a repris le fil conducteur du programme avec quelques jours d’avance sur le planning, ce qui permet d’envisager un parcours un peu plus étoffé que prévu lors de la descente de Lo à Jomosom. Pendant une dizaine de jours on va longer les faces nord de la chaîne du Dhaulagiri, nous engager dans la vallée de Kagkot puis de Mukot, franchir un des cols disposant d’un des plus beaux panoramas du Népal, le Mu La à 5700m.

Puis on rejoint par le sentier des caravanes Tibet - Mustang le village de Chharka Bhot. Ensuite, cap à l’est pour franchir le Col des Lacs au pied de l’Araniko Chuli et connaître la rigueur des nuits passées en altitude entourés de dizaines d’hectares de glaciers... Les vallées découvertes par Paulo Grobel dans ses précédents voyages sont réellement superbes et méritent VRAIMENT le déplacement. Ces lacs d’un bleu profond plantés au beau milieu d’un minéral intégral, ce sont des paysages que l’on ne peut pas oublier. Et si on ajoute les horizons composés de montagnes glaciaires, on se dit que l’on est pas loin de la beauté suprême, celle que Mère Nature nous a gratifiée, pour nous tous seuls...

Puis ce sera la « descente » vers Lo Monthang (« descente » car il reste un col très sauvage à surmonter, le Kekyap La à 5600m, avant de rejoindre la capitale du Mustang...) . A Lo, après les 50 jours de marche qu’ils ont effectués, les porteurs souhaitent nous quitter pour rentrer dans leur lointain village. Nous recherchons une solution alternative et demandons les services d’un muletier local. Celui-ci résidant sur Jomosom, c’est l’autre bout de la Terre..., il lui faut trois jours pour nous rejoindre. Grâce à la bonne connaissance des sentiers du Mustang, je pourrai conduire le groupe pour une découverte du district de Chhoser (cette fois-ci à dos de cheval), puis le lendemain avec Pura Sangma Partchya de Bharcha nous monterons jusqu’à Konchok Ling. De retour à Lo, les mules étant arrivées nous pourrons partir vers l’est explorer quelques nouveaux sentiers et entre autres la liaison par les gorges entre Lo et Chudzong gompa via Makhchung, un must de la région avec cette remontée de canyons aux couleurs irisées d’où sortent des parois nombre de sources ferrugineuses. Un double bonheur de retrouver 2 ans après sa découverte lors du trek initiatique Mustang secret le site de Chudzong gompa : double parce que premièrement c’est beau, mais assurément pour une deuxième raison, c’est que du fait que l’intendance s’était trompée de chemin (je pense que le nombre de guides népalais qui savent lire une carte et se repérer sur le terrain doit tenir sur les doigts d’une seule main...) et que nous nous sommes repliés sur la gompa troglodyte, très accueillante, avec sa pièce annexe fermée par une porte et dans laquelle on peut faire un bon feu avec le bois sec qu’ont laissés des gens de passage. Grand merci à eux ! Nous avons passé un excellent moment au chaud en attendant que notre caravane arrive sur le site... Le lendemain, lors de la liaison vers Amaka, nous avons connu une tempête de neige qui a duré l’après-midi et une grande partie de la nuit, laissant au sol une couche de neige d’une dizaine de centimètres qui nous a permis de régaler les photographes avec de splendides clichés bien peu habituels.

Une petite incartade vers Luri puis Yara avant de repasser rive droite de la Kali Gandaki pour aller explorer les plateaux au sud de Tsarang et découvrir une nouvelle « route » rejoignant une crête dominant les falaises de Dhakmar sous un angle bien peu habituel lui aussi. C’est ça le « trekking hors des sentiers battus »... Puis c’est Ghemi et Ghilling avant de repasser rive gauche en suivant l’unique « route » de galets qui remonte le canyon de la Kali Gandaki et rejoindre Tangge. Pas forcément une partie de plaisir tant la « fille du Mustang » était ce jour-là rebelle et qu’elle nous a gratifié à la fois d’une eau froide, d’un débit plutôt musclé et que le vent s’est invité à la fête pour rendre cette petite étape tranquille un exercice de haute voltige très fatigant. De Tangge et son célèbre mur de manis, il me restait à relever les passages du début du sentier du Teri La jusqu’à Kog : c’est la portion qu’il me restait à découvrir après le trek du printemps 2012 celui des 5 cols de l’Annapurna où je m’étais arrêté au pied du vieux village de Kog. C’est quelque chose quand même, et surtout la partie terminale de l’étape qui désescalade, depuis le rebord d’un plateau herbeux, un coteau détritique en zigzags serrés sur un sentier délité. Prudence, prudence ! Et pour l’avant-dernier jour, Chandra a joué au « zazou » et s’est fait une belle foulure à la cheville. Décision a été prise de rentrer au plus tôt et de squizzer la dernière journée qui devait s’en aller explorer le deuxième sentier situé dans le vallon de la Yak khola et qui conduit à Muktinath. Ce sera pour une autre fois, de toutes les manières, la neige tombée 4 jours auparavant étant restée sur les coteaux nord et elle encombrait le chemin, nous n’aurions de toutes les manières pas pu nous y engager avec des mules. Alors... On a sagement pris l’orientation de rejoindre le sentier « touristique » Tangge – Chhusang qui suit la crête de la Siyarko Tangk danda et nous avons terminé une longue, très longue journée puisque achevée à la nuit tombée, voire même déjà bien entâmée, après plus de 9 heures de marche, en glissant les pieds sous la table du lodge et commandant bière sur bière au tenancier. Maintenant on pouvait se lâcher, on rentrait en voiture sur Jomosom...

Pour terminer ce long billet (mais il y en a des choses à raconter en 60 jours de randonnée...), il me reste à remercier les personnes qui m’ont fait confiance sur cet itinéraire d’exception « à tiroirs » quand même un peu perturbé. Soyons galant : place aux « filles » avec Mireille, Justine et Marie, puis aux gars, du plus vieux au plus jeune, de Bernard à Maxime en passant par Pierre, Michel, Luc et Martial.

         

Et puis un coucou à Paulo (Grobel) que je tiens plus particulièrement à remercier (encore une fois...) pour m’avoir permis d’effectuer le circuit que j’avais composé avec les « billes » nécessaires pour que je puisse engager en toute sécurité l’équipe de porteurs, les muletiers et toutes les personnes qui m'avaient fait confiance pour les guider sur ce circuit, et plus particulièrement sur la partie de Dunaï à Lo Monthang, quasiment vierge touristiquement parlant... Grâce à ce qu’il avait posté en ligne et les informations qu’il m’avait données la dernière fois que l’on s’était rencontrés, j’ai pu aisément décrypter le paysage et cela m’a évité de tâtonner alors que j’avançais. Cela m’a également aidé à recomposer l’itinéraire au moment où la météo capricieuse a fait que ce trek devenait un peu moins pépère... 

Vous trouverez ici, découpé en trois circuits, le topo de la totalité de la « Kora du Dhaulagiri ». En complément à la description de cette circumambulation, j’ai aussi rédigé le topo du petit tour campagnard d’attente du bas Dolpo .

Et pour terminer, plus particulièrement à destination de ceux qui m'ont accompagné (et supporté...) pendant ces 25 ou 60 jours, j'ai collecté dans ce petit diaporama quelques uns des moments de la vie du groupe capturés à la volée. Bien heureusement, on s'aperçoit quand même que de francs sourires s'esquissent sur les visages même si la fête n'a pas été pour tous les participants (je pense à Marie et Martial) aussi belle qu'elle eût dû être...

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Les crêtes de l'Atlas occidental

INSCRIPTIONS CLOSES

Ca me chatouillait depuis le retour de la GTAM n°5 accomplie avec succès et reliant Talmakant à Imlil ! Lors de nos pérégrinations de vallée en vallée, M'hamed et moi sommes passés par de multiples cols de haute altitude mais nous avions dû squizzer une partie de l'itinéraire à cause de problèmes de ravitaillement. A l'occasion, nous avions une fois encore confirmé de visu que nombre d'itinéraires potentiels qui suivaient les crêtes pouvaient ultérieurement faire l'objet d'un trek d'exception. Pourquoi d'exception ? Parce que ce coup-ci il ne faudra (vraiment) pas envisager compter sur les mules. Elles sont certes très habiles sur les sentiers de toute catégorie mais cet itinéraire enchaînant les crêtes et passant au sommet de plusieurs pics, il faut raison garder et mieux vaut s'en passer. Donc, ce trek, on va se le "faire" à l'ancienne entre le 29 avril et le 11 mai 2014 !

La haute vallée du Nfis

Avis aux amateurs de trekkings engagés hors des sentiers battus (et même cette fois hors sentier tout court...) ! Regardez bien les paysages traversés lors de la GTAM n°5, ils sont exceptionnels et méritent bien que l'on explore un peu plus profondément cette contrée quasiment délaissée par les tour-opérateurs (et c'est tant mieux d'ailleurs...!).

Vous pouvez télécharger la fiche du circuit : Les crêtes de l'atlas occidental - v1 Les crêtes de l'atlas occidental - v1

Au Ladakh, un itinéraire d'exception est né...

Bonjour,

J’en rêvais depuis quelques années de ce Grand Tour du Ladakh… Vraiment « hors des sentiers battus », il n’avait pour vocation qu’à imaginer un itinéraire qui fasse le tour d’un massif. En Europe, on a bien les tours du Mont-Blanc, de la Vanoise, des Ecrins, du Mont-Rose, etc. Et pourquoi donc le Ladakh n’aurait-il pas non plus le droit à son tour, hein… ? C’est avec Sonam Dawa, directeur de l’agence Adventure Travel Mark de Leh et fin connaisseur de l’Himalaya indien, qu’à l’été 2012, juste avant de partir pour la traversée des plateaux du Rupshu, nous avons imaginé une circambulation (certains parleraient d’une kora…) qui aurait pour barycentre l’épine dorsale de la Zangskar Range, une chaîne de montagne qui s’étend du NW au SE, enserrée entre la Ladakh Range au N et la Great Himalayan Range au S. Nous avons donc tracé sur la carte des croix correspondant aux étapes probables et nous en étions arrivé à 44. En ajoutant 3 jours de repos disséminés tout au long du parcours pour reposer hommes et bêtes (je n’envisageais pas ce tour autrement qu’accompagné d’une caravane de mules) et permettre le ravitaillement à des points où la route venait affleurer le circuit, on comptabilisait 47 jours ! Afin de faire profiter de cet itinéraire à un maximum de personnes, j’avais proposé des points d’entrée-sortie pour rejoindre ou quitter le groupe, comprenant bien que l’on ne puisse pas envisager 47 jours de marche ou s’absenter sur une aussi longue période… J’avais segmenté la boucle en plusieurs sous-ensembles d’une durée de marche de 10 à 47 jours (voir le billet de blog d’annonce du trek en partance).

Notre caravane traverse le plateau de Kharnag

Ce Tour a donc été effectué au cours de l’été 2013 et, en fonction des conditions que nous avons rencontrées sur le chemin (sentiers détruits demandant plus de temps du fait des incessantes traversées de rivières, ou carrément impraticables nécessitant une modification d’itinéraire, ou bien encore l’interprétation des innombrables erreurs de tracé des cartes topographiques en notre possession), je propose in fine la segmentation de ce Grand Tour du Ladakh en 3 parties qui, en les aboutant, permet de recréer l’itinéraire complet :

- la première en 13 jours partant de Sangtha au SE du massif et se terminant à Chilling,
- la seconde en 19 jours de Chilling à Zangla (Padum) via Wanla et Kanji,
- la troisième en 11 jours de Zangla (Padum) à Sangtha.

Ce que je n’avais pas imaginé, c’est que les deuxième et troisième parties allaient sous peu (dans les très prochaines années) être appelées à devenir les seules véritables alternatives à la mort annoncée de l’emblématique Grande Traversée du Zanskar connue des trekkers du monde entier. Celle-ci vit en effet ses dernières années du fait de la réalisation de la piste, réduisant à peau de chagrin l’espace piétonnier sur sentier. On est passé de 20 jours autrefois à seulement 6 jours hors piste aujourd’hui et demain plus rien (voir article de blog à ce sujet).

Un aigle au-dessus du Tarti La (Ladakh)

D’un intérêt majeur au niveau des paysages et caractérisé par son caractère « hors des sentiers battus » affirmé voire à de nombreux moments wilderness total, cette randonnée plus ou moins au long cours (selon la ou les portions sur lesquelles vous vous engagerez…) ne revêt pas plus de difficultés qu’une autre réalisée dans le périmètre himalayen (bien sûr…). Voici quelques chiffres, histoire de ne pas se prendre au sérieux :

- 43 jours de marche (13 + 19 + 11),
- 3 jours de repos,
- 24 cols dont 17 au-dessus de 4800m et 10 au-dessus de 5000m,
- 5300m, l’altitude maximale atteinte au Marang La (41eme jour),
- 183 heures de marche (58 + 72 + 53),
- entre 600 et 800 kms (impossible à comptabiliser en montagne),
- 27000m de dénivelées positive et négative (7330m/8425m + 12060m/11725m + 7750m/6755m),
- 50 guirlandes de drapeaux à prières déposées dans les cols (« Ki ki So so La Gyalo ! »),
- 1 paire de chaussures tige basse à 49,90€ de chez Quechua (Arpenaz 500) photo,
- 4000 photos,
- et seulement 3 jours de viande…

Je vous invite à découvrir cet itinéraire d'exception en cliquant sur le lien suivant Grand Tour du Ladakh. Les aspects pratiques seront comme d'hab' traités dans les rubriques Préparatifs ou Sur place. Bonne lecture et faîtes de beaux rêves... de voyages au Ladakh !

Amicalement.

Pierre

Et pour ceux qui étaient de la fête, un petit diaporama de ces deux mois de trek :

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Ladakh, la G.T.Z, c'est fini...?

Cet été 2013, les pistes poursuivent leur pénétration dans le cœur du Ladakh et au Zangskar. Certes, elles vont heureusement permettre à de nombreux villages de sortir de leur isolement, permettre l’accès « rapide » aux soins et autoriser les ravitaillements en produits de première nécessité à un coût peu onéreux…, faire en sorte que les adolescents scolarisés à Leh, la capitale du Ladakh, ne passent pas les trois-quarts de leurs quinze jours de vacances scolaires sur les sentiers de liaison pour revenir de leur village et retourner au collège… Tout cela c’est du tout bon ! Mais pour nous, les randonneurs, avides d’espaces vierges de civilisation (même si une bonne bière a toujours eu « bonne presse » après une journée de crapahut), il va falloir que nous composions avec cette nouvelle donne, à moins que vous soyez des aficionados de la marche sur piste poussiéreuse… Auquel cas, la GTZ ou Grande Traversée du Zanskar version 2014 est faite pour vous…!

La G.T.Z. en 2013

légende
en   rouge    la GTZ depuis Kanji,
             en   vert   la "variante" depuis Lamayuru,
  en   noir    les pistes et les routes

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Et une GTAM de plus, la 5ème

Eh bien, ce coup-ci, cela n'a pas été qu'une partie de plaisir... Ambitieux certes, le programme initial (découverte d'un itinéraire en autonomie complète avec portage de 20kg pendant 19 jours) s'est révélé incompatible avec les possibilités d'hébergement en montagne. En effet, la désertification de certains hauts vallons de la montagne marocaine s'intensifie et les bergers ne viennent plus qu'en juillet et août, donc personne pour nous recevoir dans les bergeries d'altitude... D'où la nécessité de devoir procéder à des ravitaillements non sollicités sans avoir à "se taper" des +-1500m de dénivelée. Seul palliatif : nous avons donc recomposé, M'hamed et moi, l'itinéraire pour que les charges à porter soient cohérentes avec le terrain et nos possibilités physiques... Oh ! Du programme initial nous n'avons squizzé que la traversée des aretes de l'Igdet et de l'Erdouz (ce sera pour une fois prochaine, Inch'Allah...) et avons sagement franchi un col et remonté une vallée.

Sur les crêtes entre le tizi n'Tislit et l'Imlit

Il faut dire que l'ambition affichée n'était pas de composer un itinéraire spécifique en autonomie (ce n'est pas ma tasse de thé, à la menthe bien sur...) mais de concevoir sur des données de terrain exhaustives un itinéraire parallèle à la Grande Traversée GTAM n°4 effectuée à la fin du printemps 2012 et qui utiliserait des sentiers compatibles avec un accompagnement muletier. De ce coté, le pari est gagné : de Talmakant à Imlil, il sera désormais possible sur 3 semaines de temps de suivre ce tracé original un peu plus ardu que les précédents, le sac léger et toute l'intendance des bivouacs sur le dos des mules...

Coté souvenirs de rencontres, nous avons, durant ces 19 jours de crapahut, croisé nombre de personnes qui se sont pliées en quatre pour nous satisfaire. La marche dans la montagne marocaine est appréciée des locaux qui sont heureux et fiers de rencontrer des personnes qui apprécient leur cadre de vie (et peuvent discuter avec eux de LEUR montagne). Et puis, avec un compagnon de voyage comme M'Hamed, impossible de ne pas etre accueilli les bras ouverts partout où l'on se présente... C'est indubitablement la clef du succès d'une randonnée dans la montagne marocaine : être accompagné d'un berbère qui fera sauter la barrière de la langue et ouvrira toutes les portes.

M'hamed et Hussein au tizi n'Ouagane

Quelques souvenirs marquants parmi tant d'autres :
-  l'accueil de ces gens simples qui n'ont rien (ou très peu...) et qui vous donnent tout : Ahmed à Imi Mgount qui nous prête sa maison, Mohamed Ait Hassoune à Agadir Nfis, Mohamed Jaa à Tannamert,  Brahim Ait Oumrar à Tanzmamen, Hassan Ait Heme aux azibs Agharas qui nous a même accompagné sur le sentier de Tinmal. En dernier lieu, il faut noter qu'Hussein Zaim d'Ait Ayoub, après nous avoir hébergé, s'est offert de nous accompagner avec sa mule jusqu'au refuge du Toubkal ; il y avait 40 ans qu'il n'était pas repassé par le vallon de Tafklast et franchi le tizi n'Ouagane... Séquence émotion !
-  deux gites d'étape sur le chemin : à Ijoukak, celui d'El Mahjoub, un accompagnateur de montagne marocain fou de VTT et qui connait l'Atlas comme sa poche, et puis celui d'Ahmed Ait Hammou à Ait Souka près d'Imlil, mais celui-là je ne vous le présente plus... Deux endroits de convivialité qu'il ne faut pas rater.
- et puis comme d'habitude des coups de chance : des gens de rencontre qui nous vantent la beauté de l'accès au plateau du Tichka par le tizi n'Targa (ce qui nous fait dévier avec bonheur de notre route initiale), Hassan qui nous fait découvrir un sentier qui traverse le plateau pour nous rendre dans la vallée du Nfis, El Mahjoub à qui l'on demande s'il ne connaitrait pas un sentier élégant pour rejoindre le tizi n'Iguidi et qui nous guidera par téléphone mobile lors de nos incertitudes sur le chemin hors des sentiers battus qu'il nous a indiqué, et Hussein Zaim qui, nous déchargeant de nos sacs, a permis que l'on apprécie la qualité des paysages au lieu de galérer en suant plus que de raison dans cette vallée ô combien sauvage...
- et pour finir ces moments partagés, parfois quelques minutes mais qui resteront en mémoire comme cette institutrice d'Imi Mgount très impliquée dans son travail, El Haj à Tizzirt, notable local qui nous ouvre toute grande sa demeure, les bergers qui nous convient à partager un thé à la menthe improvisé et nous donnent des indications sur les passages à emprunter...

La sympathique équipe des azibs Agharas

Une Grande Traversée, pour un européen, ca ne doit pas se résumer à "bouffer" de la dénivelée et consommer des paysages en autarcie. On se doit de communiquer, échanger et partager avec les berbères : nous sommes des extras-terrestres pour ces gens de la montagne, nous avons le progrès en bas et nous venons passer volontairement un moment de notre existence dans les mêmes conditions rudimentaires qu'eux. Alors, on passe la soirée à leur expliquer nos motivations, à leur montrer que l'on est autant amoureux de la montagne qu'eux (même si pour eux, l'amour revêt un caractère un peu particulier avec la nécessité de gagner sa vie...). Et cette année particulièrement, cela ne va pas etre la fête : la vague de froid qui a sévi dans la montagne au tout début avril a empeché la floraison des arbres fruitiers et surtout des noyers. Imaginez qu'un noyer rapporte en moyenne 1500Dh par an à son propriétaire, cela va être un sacré manque à gagner dans les familles. Et puis, vous ne croyez pas que la crise qui sévit en Europe ne touche pas ces gens-là ? Alors, je ne peux que vous engager une fois de plus à venir marcher dans ce fascinant Atlas marocain aux incroyables ressources !

Vous trouverez le topo de ce circuit original ici. Bonne lecture ! Et comme d'hab' les diaporamas ce sera pour (beaucoup...) plus tard car la fin de saison est chargée entre le Ladakh et le Népal...

Un tagine qui glougloute sur le Bouta..., les plaisirs simples.

Et pour terminer en beauté, le diaporama de l'ascension de Maxime et Pierre (supporters du PSG) accompagnés de M'hamed au sommet du Toubkal :

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Diaporamas de l'été indien 2012

Ca y est ! J'ai enfin mis en ligne les diaporamas des 3 treks de cet été De la Nubra à la Markha, De Likir à Wanla et De Rumtse au Spiti. Des paysages époustouflants... Vous les trouverez comme d'hab' insérés dans le jour par jour de chaque topo. Et puis comme je l'avais indiqué dans le précédent billet de blog paru au retour de cette saison estivale de folie et qui racontait dans les grandes lignes les points forts de ce périple, je vous ai rajouté les diaporamas des 4 jours et demi de descente vers Delhi en suivant le sillon tracé par les rivières Spiti et Sutlej et qui nous avaient permis de découvrir des monastères bouddhistes, des temples hindouistes et aussi des temples "mi-chèvre mi-chou", lieux de culte de régions dans lesquelles le syncrétisme prévaut. Et pour finir en beauté, je vous propose un diaporama spécial sur la ville de Shimla, plus attachante, tu meurs... Vous trouverez ces reportages photos dans la rubrique Villes du Monde au chapitre [Inde] Himachal Pradesh - Les vallées de la Spiti et de la Sutlej. Bon(s) voyage(s) !

Bhimakali Temple (Sarahan)