trek

Week-end népalais à Chevreuse

N'oubliez pas ce week-end "élargi" du samedi 10 au lundi 12 septembre 2016, l'exposition photos sur le Mustang qui se tient au Séchoir à Peaux de Chevreuse (Yvelines). Organisée par l'Association Reconstruction Bolde Phediche, vous pourrez m'y rencontrer pour discuter de la condition du Népal des villages (où très peu de choses ont été entamées depuis les séismes du printemps 2015) et des actions possibles pour venir en aide aux villageois (dons spontanés ou récurrents, achat de T-shirts, de thé, de photos, etc. voire même d'envisager d'aller sur place faire un trekking de quelque niveau que ce soit, seul ou accompagné de vos amis encadré par les villageois de Bolde Phediche 1 trek = 1 maison). Parallèlement à la tenue de l'exposition, des films et des montages diapos seront projetés et cela durant les trois jours de présence. Merci à la municipalité de Chevreuse de nous accueillir dans leur coin de Paradis. Et pour préparer votre visite, n'hésitez pas à vous rendre sur le site de l'association Reconstruction Bolde Phediche et vous rendre compte de l'implication de ses adhérents au quotidien, ici en France et sur place au Népal.

WE népalais Chevreuse

Infos Ladakh été 2015

De retour du Ladakh - Zangskar, Christophe Aebi me communique les informations suivantes [après les coulées de boue de la fin du printemps 2015 consécutives à la libération de l'eau contenue dans le barrage sur la Tsarap chu et qui a (presque) tout raviné sur son passage -voir http://ladak.free.fr/commun/html/tripnews.htm]. Merci à lui !

"Je rentre du Ladakh et du Zanskar. Nous avons réalisé à deux en autonomie le trek de Kanji à Darsha. Je peux vous transmettre les infos suivantes concernant l'état des routes, des itinéraires et des ponts. Sengge-La : depuis le Nord, la piste est coupée dans la montée vers Manechan, pont emporté l'hiver passé. Donc pas de circulation au col. Pas de tea-shop non plus. Il n'y a plus de pont à Nyerog. Traversée possible à pied (nacelle suspendue aux câbles), mais pas possible avec les mules. Pont à Pidmo : réparé. Pont à Pishu : emporté. Route de Padum à Reru : Ok Passerelle à Reru sur la la Zangspo : refait à neuf, très beau. Passerelles de Spang, Dordzong, Tsetang: détruits, emportés. Passerelle à Cha : praticable à pied. Passerelle à Phugtal Gompa : refait à neuf, praticable à pied, mais pas pour les mulets. Guest House de Phugtal Gompa : fermé pour raison inconnue. Pour d'autres infos, vous pouvez m'écrire : aebichris(at)bluewin.ch"

Depuis l'alignement de chortens, vue plongeante sur la gompa de Phuktal

Népal 2015, tempête sous un crâne...

J'ai extrait de mon journal personnel quatre journées qui me paraissent, à la relecture, avoir un sens pour que je les partage. Ces considérations qui n'engagent que moi (et la vision du monde qui m'entoure) ont été couchées sur le papier alors que vient de se produire un tremblement de terre... (Népal - printemps 2015)

J'y étais, oui, j'y étais... Et qui plus est, à une infime distance de l'épicentre, moins de 80 kms à vol d'oiseau, un rien à l'échelle de la Terre. A peu de choses près, à la même distance de Kathmandou, mais dans la direction opposée et avec un "mur" entre lui et moi : la chaîne des Annapurna. Pour mon bonheur, cette fois-ci, je n'étais pas dans une des régions situées à l'est de la capitale (Helambu, Ramechhap, Solu Khumbu), ni au camp de base de l'Everest, ni même dans la région du Manaslu et de Gorkha, non, tout simplement au nord de la chaîne de l'Himalaya, au Mustang. J'ai eu la chance de me trouver "du bon côté", mais quelle bonne idée j'ai eue d'avoir décidé ce printemps-là de retourner arpenter cette région assurément protégée des Dieux, ce secteur désertique dont le sous-sol s'est formé il y a plus de 40 millions d'années quand le sous-continent indien est venu percuter l'Asie en créant la chaîne de l'Himalaya. Cette dernière, au moment de la surrection, a propulsé les fonds marins de la mer de Téthys à une hauteur de plus de 3500m au-dessus du niveau de la Terre, créant par là-même un désert d'altitude d'une épaisseur telle que les ondes sismiques, même les plus violentes (comme celles qui ont ravagé le Népal il y a quelques jours avec un rare coefficient de 7.8 sur l'échelle de Richter) se sont trouvées atténuées au niveau d'un simple effet de frémissement comme lors du passage d'un camion sur un pont en béton... Incroyable mais vrai ! Autour de nous, quelques cailloux ont dévalé d'un couloir abrupt et puis c'est tout. Vraiment tout !

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12e Fête du Népal

Comme chaque année à cette période, la Maison Culturelle du Népal (dont je fais partie) vous invite à sa fête à la pagode du Bois de Vincennes à Paris XIIe. Beaucoup d'animations, de danses, de stands d'associations qui vous mettront dans l'ambiance de là-bas, ou presque... Car cette année un sujet sera présent dans toutes les discussions : l'état dans lequel se trouve le pays après avoir "essuyé" il y a un mois deux tremblements de terre de puissances assez peu communes (7.9 et 7.4) qui ont laissé exangue une grande partie de la vallée de Kathmandou et la région orientale des collines du pays, en gros de Gorkha, une grosse bourgade située au pied du Manaslu jusqu'à Taplejung du côté du Kangchenjunga. A l'occasion, ce sont près de 10000 morts et 20000 blessés qui ont été comptés. L'aide internationale a répondu "présent" pour les interventions d'urgence post-séisme. Mais qu'en sera-t-il pour mener à bien la reconstruction des nombreuses zonnes touchées ?

Plusieurs débats seront organisés au cours desquels vous pourrez prendre conscience de ce que le peuple népalais est en train d'endurer. Et malheureusement, il est à penser que ce n'est pas terminé ! Etait-ce le séisme du "Grand Jour" ou bien le premier d'une série en cours ? Quelles sont les mesures à prendre pour que les épidémies ne se propagent pas alors que la mousson commence à pointer "le bout de son nez" dans l'E du pays ? Peut-on vivre des mois ou des années (pour les plus démunis) sous une tente de fortune ? Que reconstruire et comment ? Que décider pour le patrimoine historique atteint à plus de 50% ?

Le programme de conférences gratuites qui est proposé traitera de sujets variés (géographie, ethnologie, civilisation, reconstruction, etc.). Nous vous y attendons très nombreux !

Cliquez sur ce lien pour obtenir le programme des conférences : Carte générale GTAM1 mcn-conferences2015.pdf

Affiche festival du nepal 2015

Le fil d'Ariane, quelle foutaise !

Ariane, ce "merveilleux" service opérationnel depuis quelques années, est proposé par le Ministère des Affaires étrangères français. Annoncé à grand renfort de communication par notre cher ministre de l'époque David Douillet, eh bien, j'en suis revenu... Avant chaque voyage lointain, je fais l'effort de déclarer sur le site le programme du voyage (même si je suis obligé de faire concis car 240 caractères pour décrire un voyage de 2 mois ça fait un peu court...), les gens qui m'accompagnent, les personnes à prévenir en cas d'urgence, les numéros de téléphone auxquels on peut me joindre en cas de besoin urgent, téléphone GSM mais aussi téléphone satellite sur lequel on peut même déposer des messages en SMS. Par exemple "Tremblement de Terre de 7.9 au Népal, veuillez rassurer vos proches". C'est concis, clair, et comme je me connecte au moins une fois tous les deux jours, il n'y a aucun problème pour que je récupère à tout coup les messages. Il y a même une messagerie vocale, payante elle, d'où l'utilité du logiciel gratuit Satway qui permet d'envoyer gratuitement des SMS depuis un smartphone. Un autre moyen ? Le mail adressé au numéro de l'utilisateur numero@message.inmarsat.com.

Ariane pageaccueil

Eh bien, Ariane, c'est de la foutaise ! Lors de la cellule de crise qui s'est montée au Ministère des Affaires étrangères lors du tremblement de Terre au Népal ce 25 avril dernier, les données rentrées dans le logiciel Ariane ont été analysées, certes, pour en extraire deux informations : le fait que j'étais au Népal à cette date et mon adresse mail. Ma femme, restée à la maison et que j'avais déclarée sur Ariane comme personne à prévenir en cas d'urgence n'a pas été appelée, et elle a dû spontanément faire la démarche de joindre la cellule de crise pour déclarer qu'elle n'avait pas de nouvelles de moi. "Mais dans quelle région était-il ?" "Ben, c'est écrit sur le serveur Ariane" "C'est quoi...?" "Ah ! Excusez-moi"... En fait, une alerte m'a bien été envoyée. Youpee ! Pas sur l'un des téléphones déclarés mais tout simplement par mail... Oui, oui, j'ai reçu un mail, vous avez bien lu un mail, évidemment dont j'ai pris connaissance lorsque j'ai pu de nouveau joindre mon serveur de messagerie (la seule condition était d'avoir accès à internet...), c'est à dire 28 jours après que l'évènement se soit produit...

C'est bien connu (au moins par les concepteurs du système Ariane et par ceux qui utilisent éventuellement les données...), le mail est VRAIMENT le meilleur vecteur pour toucher une population de personnes délocalisée dans un pays où les communications internet sont inexistantes en dehors des grandes villes, éventuellement ravagé par un séisme dévastateur des moyens de communication de données... Mais quelle idée ! A croire que ces gens du Ministère qui sont payés à construire ou utiliser des systèmes faits pour garantir notre sécurité ne se sont jamais retrouvés en pleine nature à l'autre bout du Monde. Ceci dit, sans aller jusqu'au Népal ou autres, il n'ont simplement qu'à se déplacer dans les zones blanches du territoire français pour tester leur produit d'alerte (il y en a forcément une pas loin de chez eux si on prend en compte le "programme de développement de la couverture en 3G" de ces zones blanches annoncé pour 2016 - 2017).

Envoyer un mail, quelle aberration... Quand on dit que le peuple est déconnecté de ses représentants (ou de ceux qui assurent le service de la Nation), je suis d'accord ! En fin de compte, ce serait plutôt l'inverse : nos représentants déconnectés de la réalité... Pour moi, Ariane, c'est fini ! Le fil est coupé.

Pierre MARTIN (de retour du Népal - fin mai 2015).

Salon du Randonneur 2015 à Lyon

Salon randonneur lyon 2

Bonjour à tous mes fidèles lecteurs,

Je serai présent au Salon du Randonneur à Lyon, évènement qui se tient chaque année dans la "capitale des Gaules". En 2015, il se déroule du 20 au 22 mars au Palais des Congrès (à proximité du Parc de la Tête d’or). L'Office du Tourisme marocain m'a gentiment proposé de compléter leur équipe d'accueil sur place. Si vous désirez me rencontrer, j'ai prévu d'être présent toute la journée du dimanche 22 mars mais il est bien possible que j'y aille faire un tour le vendredi ou le samedi aussi, tout dépendra de la météo lyonnaise : s'il fait beau, je partirai à la découverte des sympathiques quartiers entre Saône et Rhône, sinon, je viendrai me mettre à l'abri...

N'hésitez pas à venir me rencontrer sur place (c'est encore mieux si vous me passez un petit mail avant, histoire de réserver un créneau). Vous pourrez me trouver sur le stand du Maroc et cela pourra être une excellente occasion d'échanger sur vos projets de treks, au Maroc bien évidemment, mais pas seulement : je répondrai volontiers à toutes vos questions sur le Népal, le Ladakh, l'île de la Réunion ou même l'Europe...

Enfin, je pourrai dédicacer sur place l'exemplaire de l'ouvrage "Grandes traversées GTAM - Haut-Atlas marocain" que vous aurez préalablement acquis en librairie (voir le précédent billet de blog sur le sujet). Au cas où vous n'en posséderiez pas déjà un, je disposerai de quelques exemplaires avec moi que je pourrai vous céder à un prix spécial salon, 25€ au lieu de 29€70.

A très bientôt !

Pierre

Salon rando lyon 2015 bq2

Du Mera peak à l'Everest, le plus beau trek de montagne ?

Au retour de ce trek d'exception, une mini-expédition, on peut raisonnablement se poser la question... Avoir pu réaliser cette "balade" au coeur du massif du Khumbu me laisse encore des frissons tant elle se propose de nous immerger dans un coin du Népal dont on a l'impression d'être à mille lieues d'un coin civilisé alors que l'on se trouve dans les vallées voisines de celles où passent des milliers de touristes chaque année, je fais référence à celles qui conduisent au camp de base de l'Everest. Certes, durant ce trek et bien que les ascensions étaient prévues au programme, j'ai été contraint de laisser de côté des deux trekking peaks qui dépassent largement les 6000m. Je ne me suis pas senti la force, le mot le plus approprié serait motivation, de me rendre si bien au sommet du Mera peak qu'à celui de l'Island peak. Passer des cols, même à 6000m et plus, afin de poursuivre de l'autre côté un périple en itinérance, "aller voir ce qu'il y a derrière"... est vraiment ma motivation, mais "faire" un sommet pour l'accrocher "à mon tableau de chasse", non ce n'est pas ma "tasse de thé" ! Trekkeur (engagé) je suis, summiter je ne suis pas et (je crois...) ne le serai jamais. Surtout quand les panoramas obtenus depuis les cols, ou même depuis les camps avancés, ont pleinement assouvi mon désir de contempler des espaces naturels que je ne connaissais pas auparavant. Pourtant, le reportage web qu'Anthony avait mis en ligne sur trekmag.com avait été le déclencheur pour m'inscrire sur le programme d'Atalante, mais sur place, bien que parfaitement acclimaté après les deux treks Indigenous People Trek et La route des kharkas (lire aussi le billet de blog sur la première partie de la saison 2014), j'ai connu, comme souvent à l'approche de ce genre de performance à réaliser, "un coup de moins bien..."

Mera peak BC (Mera La)

Ce trek d'une grosse quinzaine de jours permet d'explorer les vallées de l'Hinku, de l'Hunku et de l'Imja, trois vallées himalayennes dans lesquelles les touristes ne se rendent que très rarement. Pourquoi donc ? Eh bien, il y a un "os" juste au milieu du périple : c'est l'Amphu Lapsa, un col à 5800m que l'on rejoint en louvoyant entre les séracs d'un glacier et duquel on descend en face N par un "sentier" souvent enneigé et glacé sur lequel on est quasiment obligé de poser des cordes fixes et faire un petit rappel. Et quand la queue d'un typhon comme Hudhud le 14 octobre 2014 s'en vient déposer une couche de neige fraîche de 40 à 50cm en une nuit, neige qui gèle immédiatement derrière sous l'effet du froid (il y a un peu beaucoup de glaciers tout autour...) et des rafales de vent, on peut s'inquiéter sur la manière de désescalader une telle pente... Oh ! Il n'y a juste "que" 200m de dénivelée, comparés aux 15 jours de trek, ce ne sont que 2 heures de galère, mais... Alors, pour profiter des exceptionnels paysages que propose cette circumambulation, autant bien s'entourer : il y a suffisamment d'agences népalaises qui sont capables de vous accompagner pour sécuriser votre expédition dans les passages glaciaires et qui connaissent parfaitement LEURS montagnes (je ne parle pas des 1500 "agences" qui pullulent dans Thamel mais des 4 ou 5 vraies agences de qualité dont vous saurez débusquer des références en parcourant les sous-rubriques Préparatifs attachées à chaque topo de trek mis en ligne sur ce site.

Un des deux guides sherpas de l'agence Khumbi Ila qui ont encadré le groupe sur ce périple (dans la montée vers le Mera La avec en face le Charpote himal)

Le départ de Lukla est rude : face W et brouillard, on ne doit pas voir souvent le soleil dans le coin en cette saison. En plus, il fait froid et humide. Quand on lève les yeux et que les nuages nous laissent voir les pentes qui conduisent au Zatr Og, le col qui permet de passer dans la vallée de l'Hinku khola, on s'aperçoit de suite que dès demain, toute l'équipe, staff népalais compris bien évidemment..., sera "dans le dur" car Hudhud nous a laissé sur 400m de dénivelée une belle couche de neige qui assurément sera bien glacée. Crampons aux pieds ? On se prépare... Le lendemain, le plus dur n'est pas de remonter sur une pente glacée surtout quand on dispose du matériel et qu'on l'utilise (je suis désolé mais il n'y a pas plus c... que de mourir d'une glissade sur un chemin glacé alors que le piolet et les crampons sont accrochés au sac à dos !). Pour les porteurs c'est un peu plus délicat car, bien entendu, les agences ne les dotent pas de crampons pour affronter avec leur charge ce genre de terrain. Le "crampon" népalais des porteurs c'est une cordelette nouée plusieurs fois autour de la basket chinoise et qui permet de "moins glisser" en montée. Par contre, en descente, c'est aussi casse-gueule que de ne rien avoir...

Crampons népalais...          Montée de Chutanga au Zatr Og alors que le soleil est revenu

Et pourtant, une simple paire de crampons forestiers (ça se positionne autour des chaussures avec un caoutchouc et les petites pointes accrochent bien même sur de la glace à contition que la pente ne soit pas trop relevée quand même... à Thamel, on peut acheter des modèles chinois à moins de 15€ la paire, chez nous, au Vieux Campeur par exemple, ça vient de Chine, de Corée ou d'Italie et selon les modèles on est entre 20 et 40€). C'est ce que j'utilise sur les terrains non techniques et je peux vous dire que "l'essayer c'est l'adopter !", ça se positionne sur n'importe quel type de chaussures, même les basses, c'est léger à transporter en permanence au fond du sac à dos et c'est vraiment solide. Plutôt que de jouer "la fille de l'air" dans des figures improvisées typées "Lac des Cygnes" et tomber ou de se faire un tour de reins, n'hésitez plus, adoptez-en une paire !

La bhatti de Kharkateng

Avec le retour du soleil, dès le deuxième jour, on se doutait bien que le trek risquait d'être beau, en tout cas moi j'étais venu pour ça..., mais qu'il allait demander d'être en bonne forme... On commence à voir que le peuple sherpa a "humanisé" cet axe très couru que les alpinistes parcourent en aller-retour (je le rappelle, le Mera peak est avec ses 6470m l'un des deux plus hauts trekking peaks du Népal avec le Tharpu chuli du côté de l'Annapurna) en assurant tout au long du chemin un service de buvette, la bhatti (souvent 4 murs recouverts d'une bâche en plastique de couleur flashy, identifiable même par temps de brouillard...) qui fait aussi mini-boutique où l'on peut se faire servir un repas local avant de pouvoir s'allonger sur un bon lit (de branchages séchés... ne rêvez pas !) à l'abri du vent et à proximité d'un poêle à bois ou plus simplement d'un âtre. Et jusqu'au pied du Mera peak, vous en trouverez à peu près toutes les 2 heures de marche. Sympa non ? Dans les structures fermées (dans les vraies maisons en pierre), on vous sollicitera entre Rs200 à plus de Rs2000 par personne pour "participer" à une petite chauffe dans le poêle central de l'unique pièce à vivre, poêle très vite phagocyté par la troupe népalaise présente. Pourquoi de tels écarts de prix ? Parce qu'à partir de 4000m, il n'y a plus de forêt et que les propriétaires des lodges doivent organiser des coupes de bois en aval et les faire convoyer parfois sur 2 ou 3 jours à dos de yack. Quelques photos suivent des différents types d'habitation qui "équipent" la montagne.

La bhatti du Zatrwa La     Le lodge de Thuli kharka     La bhatti de Taktor

Après le Zatr Og et son compère le Zatrwa La qui suit, on descend dans la vallée de l'Hinku khola et on découvre le massif du Mera peak juste avant de se retrouver immergé dans une forêt quasi primaire et dans les nuages qui en cette saison remontent les vallées de l'Himalaya chaque début d'après-midi. En gros, tant que l'on se trouve en dessous de 4500m, il est préférable de marcher d'une traite le matin sous les rayons du soleil, d'arriver à l'étape en tout début d'après-midi, de manger au chaud avant d'aller se payer une petite sieste réparatrice au fond du duvet et revenir pour le repas alors que la température intérieure du lodge se réchauffe un peu. A partir de Khote, le matin de 4e jour, le minéral devient le lot commun et on se dirige plein N en direction du Cervin local, le Kyashar. C'est qu'il a de la gueule ! Le Zermatt local se dénomme Thangnag mais le train n'arrive pas jusqu'ici... On peut s'élever à pieds jusqu'à une crête qui s'inscrit 700 à 800m au-dessus du village, le Thangnag Ri, et qui a le mérite d'offrir un superbe panorama à 360° sur le cirque de montagnes jusqu'au Mera La, le col qu'il est prévu de franchir dans deux jours. Par contre, pas de Mera peak, juste les contreforts W, en gros une falaise verticale "abomi-freuse" de près de 2000m, juste le double de celle hyper connue de l'Eiger en Suisse... On peut contempler à loisir cette face austère "qui fait froid dans le dos" depuis le belvédère du Thangnag Ri jusqu'au moment où les nuages vont décider d'envelopper la vallée. Et là, c'est "clap de fin"...

Depuis le Thangnag Ri, les contreforts W du Mera peak

Maintenant que l'on est bien acclimaté, on poursuit en direction du Mera La jusqu'au village de lodges de Khare, un endroit assez incroyable de modernité que l'on n'attend pas trouver ici même : à 5000m d'altitude, il y a tout pour passer un bon séjour qui plus est avec un niveau de services proposés au clients : d'abord les technologies de la communication, du téléphone satellite au WiFi, de l'électricité fournie par une "batterie" de panneaux photovoltaïques, une boutique bien achalandée à des prix qui restent corrects, des chambres proprettes équipées de fenêtres à double vitrage (mais le courant d'air passe sous la porte...), un poêle à bois dans lequel on peut enfourner du bois, certes c'est fait pour cela, mais les branches doivent être serties de pierres précieuses au prix demandé... Il y a même en bas et en haut du village deux DZ pour hélicoptère (hélicoptère qui a malheureusement été appelé pour un de mes camarades de cordée qui avait contracté une mauvaise bronchite, altitude et bronchite ne font vraiment pas bon ménage...).

Le village de Khare, camp de base technologique de la région du Mera peak

La montée vers le Mera La est assez aisée si on ne tient pas compte de l'altitude, juste 400m sur un bon sentier puis une grimpette dans une moraine détritique "dré dans la pente" avant de rejoindre le large col sur un glacier débonnaire. Une petite descente d'une vingtaine de mètres sur de la glace vive dans laquelle sont fichés des petits cailloux pour rejoindre l'emplacement du camp de base du Mera peak. Ah, la vue est exceptionnelle sur ce beau massif entièrement recouvert de glace aux plusieurs sommets qui s'inscrivent entre 6000 et 6500m. Recouvert de glace certes, à l'exception d'un béquet rocheux au pied duquel les gens du coin ont aménagé un camp avancé sur lequel on peut y dresser plusieurs tentes. C'est d'ailleurs là que nous nous rendons avec Rémi le lendemain, un "saut de puce" de 400m de dénivelée, pour atteindre 5800m. Mais le parcours, très facile techniquement (c'est une pente entre 20 et 30° sur de la neige bien tassée), se révèlera être pour moi une épreuve titanesque en devant lutter de face contre un vent glacial de 100km/h. Trois heures dans ces conditions-là m'ont laissé exangue et sans force jusqu'au lendemain matin (minuit trente le départ prévu vers le sommet...). 45mn après le départ du camp, il m'a été impossible de suivre le rythme. Et pourtant, il ne restait que 500m pour atteindre le sommet... Mon camarade de cordée connaîtra la même mésaventure moins d'une heure plus tard. Même pas question de se reposer une journée et de re-tenter le sommet le lendemain. Nous n'avons qu'une idée en tête : descendre retrouver un peu de verdure sur les pelouses alpines. C'est ce que nous ferons en cours de matinée en revenant au camp de base où la quasi totalité du staff était restée et en descendant jusqu'à Kongme dingma. On est 1000m plus bas et ça change tout ! Et en plus avec une météo revenue au beau qui va nous offrir une descente de toute beauté avec le livre d'images du Khumbu ouvert devant les yeux. Les quatre 8000 du coin : Makalu, Lhotse, Sagarmatha et Cho Oyu en face de nous... Et, pour compléter, en tournant un peu la tête sur la droite, le cinquième 8000 qui n'est autre que le lointain Kangchenjunga. Vision régérénatrice !

Les quatre 8000 en arrière-plan de G à D : l'arête sommitale du Cho Oyu, Sagarmatha, Lhotse et Makalu (au milieu le Peak 41 et à droite du Makalu le Chamlang)

La suite de l'itinéraire remonte la vallée de l'Hunku khola (ne pas confondre avec la précédente !) et le seigneur des lieux va se trouver être le Chamlang, un massif assez complexe avec plein de vallons morainiques et des lacs bleu pétrole tout autour. A proximité du Kali himal, notre itinéraire partira sur la gauche rejoindre une immense cuvette caillouteuse qui héberge les lacs de Panch pokhari. Là, c'est un peu beau ! On est au pied de l'Amphu Lapsa, ce col qui va nous permettre de "sortir par le haut" de cette vallée plutôt profonde puisque l'endroit où l'on va passer la nuit se trouve à plus de 100kms à vol d'oiseau (mais qu'est-ce qu'il viendrait f... ici, le piaf !) si l'on suit la Hunku khola vers l'aval jusqu'à Kharbari, le plus haut village relié au réseau routier népalais... Aux Panch pokhari, le seigneur des lieux, maintenant que Sagarmatha et les Lhotse ont été occultés par le Kali himal, c'est le Baruntse et c'est un sacré morceau. Au fait, juste sur sa droite, il y a le West col à travers lequel passe l'itinéraire du Great Himalayan Trail, eh bien, il ne parait pas vraiment sympa, sympa...

Depuis la montée aux Panch pokhari, de G à D, Kali himal, Baruntse et West col

Nous, on va se mesurer à l'Amphu Lapsa. On doit être le dernier groupe de la saison à vouloir le franchir : la trace est bien tassée, impossible de se tromper ou de tomber dans une crevasse... C'est au moins ça de gagné. Sur une neige comme celle-là et une pente en fin de compte assez peu relevée, les crampons forestiers font merveille (au cas où, j'ai quand même en réserve les "officiels" dans le sac...). On atteint le col sans difficulté notable si ce n'est que nous revoilà à 5800m. Il n'y a plus que 50% d'O² dans l'air. D'ailleurs les anglophones parlent de breathtaking pour qualifier un paysage "stupéfiant de beauté" ou mieux "à couper le souffle"... Là c'est au premier degré qu'il faut le comprendre : on a doublement le souffle coupé, suite à la grimpette assurément, mais lorsque l'on va découvrir la beauté de ce qui se présente de l'autre côté du col, on ne respire plus : c'est exceptionnel ! On domine un bassin minéral où de multiples glaciers convergent pour partir vers la gauche sous les pentes S des Lhotse. Une petite photo souvenir pour illustrer "ce dont je vous cause..."

Depuis l'Amphu Lapsa

Je ne m'en suis pas encore remis, tant c'est beau ! Juste une petite inquiétude toutefois, le gars en se retournant cherche vainement l'itinéraire de descente... et ne trouve vraiment pas grand chose comme solution ! "Damned, mais où c'est t'y donc ?" C'est bien d'être arrivé jusque là, mais encore faudrait-il que l'on puisse en descendre, et du côté opposé à la montée si possible, non ? Le "sentier" suit une petite vire et on reprend confiance avant de voir que toute l'équipe est affairée en contrebas, qui les guides en train de poser des cordes fixes, qui deux porteurs en train de faire glisser les paniers à l'aide d'une corde jusqu'à une plateforme 30m plus bas, qui d'autres désescaladant un goulet rocailleux gelé en moulinette... Ca ressemble de loin à une armée mexicaine mais, en fin de compte, si l'on s'intéresse à l'ordonnancement des tâches, pas du tout : c'est super bien organisé et le "chantier" avance positivement. Bon ! C'est vrai, on n'a pas envie d'y rester trop longtemps car on se trouve en contrebas de l'arête côté N et le soleil, c'est prévu le midi pour être au S... Donc, il fait frisquet pour ne pas dire plus ! En se penchant un peu sur le vide, on peut constater que le  "cher" typhon Hudhud nous a laissé une belle couche de neige que le vent s'est empressé de façonner jusqu'à devenir une glace bien lisse et casse-gu... Mais positivons ! Il fait grand beau, les paysages sont splendides, nos guides ont sécurisé le passage pour tout le monde, un travail de qualité. C'est quand même impressionnant ce que peut contenir un sac de guide : on dénombre sur le terrain 2 cordes fixes de 100m, une corde en 8mm de 80m (peut-être même un peu plus longue...) et des pieux à neige "en veux-tu, en voilà..." + toute la quincaillerie mousquetons, sangles, broches à glace, etc. Avec tout ça, l'équipe en totalité va se retrouver en sécurité, moins de deux heures après, sur le plateau morainique 400m en dessous. Maintenant commence la descente sur le fil de la moraine pour un long long (long) chemin jusqu'à Chukhung que l'on espère atteindre pas trop tard... Heureusement qu'il y a de la matière à voir sur le chemin parce qu'on pourrait finir par trouver le temps longuet : la découverte s'initialise au détour d'un virage où se dévoile le fameux lac de l'Imja Tsho que tous les analystes prédisent qu'il va faire exploser sa moraine frontale un de ces jours et commettre un massacre en aval (il est vrai qu'il y a 20 ans, il n'existait pas, alors je peux comprendre qu'il puisse faire peur quand on constate la masse qu'il représente aujourd'hui...). Puis c'est le passage au pied des faces S des Lhotse, impressionnantes de verticalité. Encore inviolées à ce jour... Après, c'est côté gauche que cela se passe avec le passage au pied d'un bassin glaciaire de taille gigantesque, celui qui se trouve au pied de l'Ombigaichan. Et pour finir, c'est la découverte de l'Ama Dablam, pas sous son plus beau profil, en contre-jour (on a failli la rater...), mais bon, c'est ma montagne préférée... A Chukhung que l'on finit par atteindre quelques minutes avant que la nuit ne tombe (c'est brutal ici...), Rémi et moi devisons dans la salle du lodge sur la suite du programme et avons le sentiment commun de ne pas "avoir envie" de remonter la vallée pour faire l'ascension de l'Island peak alors qu'il nous semble que l'on a eu accès aux plus beaux panoramas sur ce bassin de l'Imja glacier. Il reste 6 jours avant le rendez-vous avec notre avion à Lukla. Seulement 3 sont nécessaires pour rejoindre l'altiport. "के गर्ने‍‍‌" (Ke garne ?) diraient des népalais ?

L'Ama-Dablam depuis le sommet du Chukhung Ri

Je propose que nous allions le lendemain escalader le sommet du Chukhung Ri qui s'élève directement au-dessus du village et dont le panorama sur l'Ama Dablam doit "valoir le coup" puis sur les deux jours qui suivent de lui faire découvrir le Khumbu glacier et le sommet de Sagarmatha depuis le Kalapattar. On traversera le massif sous le Pokalde en franchissant le Kongma La (que je ne connais pas), un col un peu délaissé au profit des deux autres Cho La et Renjo La, mais le Kongma La va se révéler le plus spectaculaire des trois cols du Khumbu (j'avais franchi Cho La et Renjo La en 2008 lors du trek Du Khumbu au Rolwaling passant par le Tesi Lapsa). A plus de 5500m, le chemin d'accès au Kongma La traverse de nombreuses moraines aux cuvettes lacustres du plus bel effet lorsque que l'on se retourne et que l'on a sous les yeux des larges panoramas vers le S et le SE. Du col, rejoindre Lobuche est aussi une partie de "plaisir" avec la traversée en toute fin de journée du glacier du Khumbu (alors que la nuit est en train de tomber...), ce gigantesque fleuve de glace recouvert de blocs morairiques arrachés aux pentes des plus hauts sommets du Monde et sur lequel, comme sur l'Imja glacier du côté de Chukhung ou le Ngozumpa glacier de la vallée de Gokyo, des lacs glaciaires occupent les cuvettes qui se sont creusées au milieu des séracs.

Traversée du Khumbu glacier au soleil couchant. Vite, vite...!

On retrouve l'"autoroute de l'Everest" à Lobuche, c'en est fini de notre tranquillité mais il reste quand même un "truc" superbe à voir : le triptyque Lho La - Sagarmatha - Nuptse depuis le sommet de la bosse du Kalapattar. On est début décembre, il y a (un peu) moins de touristes qu'en haute saison et on termine ce trek "Du Mera peak à l'Everest" par ce petit aller-retour panoramique qui me fascine toujours autant. Une nuit à Gorakshep, un lieu que j'ai découvert il y a 16 ans lors de mon premier trek et où il n'y avait qu'un seul lodge, qui aujourd'hui est devenu un endroit hyper connecté (3G+ et WiFi), qui dispose d'une impressionnante capacité de logement, etc. Enfin... De là-haut, 400m au-dessus de Gorakshep, au pied de l'arête S du Pumori, c'est très sympa surtout en fin d'après-midi où l'ensoleillement est parfait (on se demande pourquoi 80% des touristes y vont tôt le matin alors que l'on est à contre-jour...), et puis comme cela, j'ai pu enfin disposer de photos numériques (en 98, j'étais en diapos et les diapos scannées, c'est pas tout-à-fait ça...)

Depuis le Kalapattar, le somptueux triptyque Lho La, Sagarmatha et Nuptse

De Gorakshep, la descente jusqu'à Lukla via Namche est loin d'être passionnante : ce ne sont qu'enfilades de lodges et de commerces et à partir de Namche on retrouve les caravanes de mules qui nous laissent cet olfactif souvenir de leur passage. C'est absolument dégoûtant mais il faut bien faire manger tout ce beau monde de touristes en convoyant depuis Jiri les tonnes de ravitaillement et les bouteilles de bière... Mais où sont donc mes petits sentiers de la Route des kharkas et dans une moindre mesure ceux que j'ai pu fouler durant ce merveilleux trek Du Mera peak à l'Everest dont je viens de vous conter (seulement) quelques anecdotes ? Il ne vous reste plus qu'à vous y rendre pour vivre les mêmes aventures en suivant le jour par jour que j'ai eu grand plaisir à vous décrire dans le topo que j'ai mis en ligne sur le site ici. Bonne lecture, beaux diaporamas à faire défiler (juste après que j'ai eu le temps de les ordonnancer...) et faites de beaux rêves ! Du rêve à la réalité, il ne faut des fois que quelques clics de souris sur un ordinateur et on se retrouve avec un billet d'avion aller-retour pour Kathmandou, un contact avec une agence népalaise qui va vous organiser ce qui deviendra le "voyage de votre vie" avant de se transformer l'année suivante en "c'était mon premier voyage dans l'Himalaya népalais" alors que vous êtes en train de vous engager sur le deuxième... Je peux en attester après mon seizième voyage cette année... : Le Népal, ça vous gagne (vraiment) !

Népal 2014, c'est bien fini...

Le Népal pour cette année 2014 c'est terminé ! Pratiquement, ces 2 mois à arpenter la campagne et la montagne m'ont donné l'occasion de perfectionner mes rudiments de népali (je l'étudie à l'INALCO à Paris depuis un peu plus de 2 ans), surtout que j'avais implicitement demandé à mon ami Chhetup Tamang, le directeur de l'agence ART, de me confier une équipe de porteurs, kitchen-boys, cuisinier et sirdar qui s'exprimait en V.O... Comme ça, pas de tentation à vouloir dériver vers l'anglais (bon, au cas où, mon sirdar, Boras Tamang, s'exprimait aussi en anglais mais à ma grande surprise je ne me suis vraiment que très peu servi de l'anglais...). Le programme de cette année devait commencer par une semaine de traversée expresse du Namun La dans la région des Annapurnas ; c'est le col que je n'avais pas pu franchir au printemps 2012 en prélude au trek des 5 cols de l'Annapurna à cause des monceaux de neige accumulés et je m'étais dit qu'en automne il y aurait moins de neige... Cette année, en automne, cela aurait pu être le bon moment si... Hudhud ne s'était pas manifesté et avait déposé ce 14 octobre dernier un mètre de neige fraîche sur le massif des Annapurnas. Ayant programmé le début du trek le 19 octobre, je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre, sinon à des galères éventuelles... donc prudence et changement de programme, de région et d'altitude aussi.

Sur la Timal danda     Sur la Timal danda     Sur la Timal danda

J'ai cherché dans ma liste de treks en attente ce qui pourrait se réaliser sans grosse programmation et ai trouvé ce mini-trek campagnard de l'Indigenous People Trek créé par le Tourism board népalais en 2011 et dont j'avais acheté une carte à cette époque. Il durait pile-poil une semaine et, qui plus est, se terminait à l'endroit où commençait le deuxième... Charikot. Banco ! Et c'est parti pour une semaine de campagne à la recherche des purano bato, "anciens sentiers" en népali. Ils perdurent bien que les collines soient parcourues de nombreuses pistes. Tracées il y a quelques années, elles sont aujourd'hui désaffectées pour la plupart d'entre elles par manque d'entretien : il a suffi d'attendre deux ou trois saisons de mousson (éboulements, glissement de terrain, ravinements importants, etc.) pour qu'elles retournent à l'état "sauvage"... Déjà, chez nous, en Europe, on trouve de l'argent pour construire mais il est malvenu de budgetter pour la maintenance. Alors ici au Népal... Les villageois continuent donc à faire l'aller-retour au bazar de la vallée en suivant les purano bato construits et empruntés par leurs ancêtres...

Les rizières de Lubughat

Quant à la création de l'Indigenous People Trek, il ne faut pas se leurrer, le Tourism board a fait au plus simple : il a dessiné cet itinéraire en suivant 80% du temps les pistes... Alors, dès que l'on a constaté cet état de fait sur le terrain, chaque jour, on a recherché sur le terrain, interrogé les villageois, les bergers, évalué les points de passage potentiellement intéressants et le résultat, c'est que l'on a réussi à composer un itinéraire vraiment sympa. Scènes de campagne et de village, traversée de belles vallées fluviales encaissées, quelques impressionnants cumuls de dénivelées pour aller franchir, depuis le fond des vallées, des cols disposant de panoramas de premier choix sur la chaîne himalayenne, et pour finir une température pour marcher plutôt sympa, dans les 25 à 30°, le tout dans une ambiance tropicale. Parfois je me serais cru dans les cirques de Cilaos ou de Salazie sur l'île de la Réunion, c'est dire... Le jour par jour de cet itinéraire qui peut s'effectuer toute l'année (éventuellement à l'exception de juillet, août et septembre à cause de la mousson) est disponible ici.

Une fois à Charikot, c'est donc le moment de s'engager sur le programme de La route des kharkas. Tous mes treks ont une histoire : celui-ci ne déroge pas à la règle. L'idée avait germé dans mon esprit la première fois en 2008 lors de la traversée du Tesi Lapsa et la découverte du Rolwaling en compagnie de Marie. Puis elle s'était affirmée l'année suivante au moment du périple que j'avais organisé dans le Rolwaling des campagnes : "il doit bien y avoir possibilité de suivre la base de ces montagnes côté sud, non ?" m'étais-je dit. C'est alors que j'avais déplié la carte et couché sur le papier un jour par jour pour rallier Lukla en une quinzaine de jours de marche. L'itinéraire projeté composait une transversale ouest-est, parallèle à la mythique Route de l'Everest que j'avais suivie en 1998 lors de mon trek initiatique au Népal, mais cette fois-ci en suivant au plus près la base méridionale des montagnes du Rolwaling et du Solu-Khumbu. Pour cela, j'avais prévu de marcher beaucoup plus en altitude en suivant les crêtes et en empruntant des chemins de bergers qui devaient bien évidemment exister entre les kharkas (ce sont les alpages où les villageois viennent faire paître leur cheptel en été).

Lever de soleil à Baramji phedi, l'Himalaya du Langtang au Gaurishankar

Sans connaître a priori si je serais à même de réussir ce pari, à savoir explorer le fond de toutes les vallées glaciaires depuis le Ramdung jusqu'au pied du Karyolung en passant par celles du Numbur et du Khatung, je me doutais bien qu'il me faudrait emprunter quelques sentiers mi-chèvre mi-homme, peu utilisés par les villageois. En effet, ces derniers remontent les vallées et ne les traversent qu'occasionnellement de manière horizontale, les kharkas dépendant "administrativement" de tel ou tel village situé en bas de la chaque vallée. L'itinéraire prévisionnel me conduirait même, je l'avais envisagé, jusqu'au camp de base du Kwonde situé aux sources de la Lumding khola avant de débarquer à Lukla mais... tout ne marche pas "comme sur des roulettes" à chaque fois : l'année dernière c'était la météo très capricieuse qui m'avait empêché de partir à la découverte du haut-Dolpo (lire le billet de blog), eh bien, cette année ce sera un éboulement de terrain, à 4 heures de temps d'une bonne bière à Lukla, qui va me condamner à rebrousser chemin et transformer les heures restant à parcourir en jours de marche ! C'était la seule possibilité qu'il nous restait parce que l'option première "camp de base du Kwonde" avait été juste avant anihilée par ce même gardien de la bhatti de Saharsbeni quand il nous avait annoncé que le sentier d'altitude n'existait plus depuis un bon moment, ayant été détruit en de nombreux endroits ces dernières années...

Descente du Gyajo La face au Numbur

Et pourtant, on avait surmonté quelques épreuves auparavant :
- on avait réussi à trouver un guide-porteur à Chankhu pour nous aider à décrypter le terrain jusqu'aux Panch pokhari (plus que nécessaire d'être accompagné par ce Dal Bahadur Gurung et son fidèle couteau népalais à lame recourbée, le khukuri, bien utile dans le wilderness)
- à Chankhu également, les deux brûleurs à pétrole de la cuisine étaient tombés en panne en même temps. Bien heureusement ici, d'ailleurs, ce qui a permis à deux des kitchen-boys de descendre à la ville faire réparer le premier (qui est retombé en panne tout de suite...) et en acheter un nouveau, alors que le reste de l'équipe s'accordait une journée de repos forcé...
- on avait aussi réussi à traverser le Gyajo La pour l'ascension duquel on avait dû effectuer 200m de dénivelée dans de la poudreuse jusqu'à mi-cuisse,
- on avait évité de "mourir de faim" en respectant l'estimatif du nombre de jours de marche entre Singati et Lachhewar, le seul village que l'on rencontrerait lors du périple et où il serait possible de se ravitailler en riz et en pétrole,
- de crête en crête, on était bien arrivé sans encombre à Saharsbeni au pied du Dudh Kund avant de manquer de se faire écraser par les concurrents d'un trail qui descendaient sur le sentier "à toute berzingue", enfin surtout le candidat népalais tout de fluo vêtu qui caracolait en tête, alors que le reste des participants, au moins une bonne centaine et en majorité des français, s'étirait en longueur sur toute la descente...
- et avec l'aide du gardien de la bhatti de Saharsbeni on avait bien suivi l'itinéraire "hors des sentiers battus" qu'il nous avait conseillé et qui permettait de rejoindre Luza via le col aux chortens, et plus loin au-dessus de Thanga on avait bien trouvé le col dans la Shagmanan Ragpo danda...
- de ce col où se trouve la plus belle "cabine téléphonique" de tout l'Himalaya car disposant d'une vue étendue du Cho Oyu au Naulekh en passant par Sagarmatha (oui, oui, l'Everest en vrai...), on avait même trouvé le départ du sentier de descente qui commence par le franchissement de la "porte de l'Enfer"...

Descente dans la Lumding khola     Descente dans la Lumding khola (la porte de l'Enfer)     Descente dans la Lumding khola (l'Enfer vert bien sûr...)

... juste avant que notre caravane ne se transforme en exploration de type "Indiana Jones" : des rhododendrons aux chênes-verts au-dessus de 3500m (ça c'est cool...), on entre juste après dans l'Enfer vert des bambous et des calumets, un peu envahissants mais bien utiles pour sécuriser quelques descentes pentues et glissantes (à l'exception des vieux bambous, peu recommandables car cassants comme du verre...). Mais la "cerise sur le gâteau" ce sera pour après le bivouac improvisé à mi-pente au pied de la seule falaise (heureusement qu'il ne faisait pas froid...), bivouac sans eau, donc sans manger, conditionné par la nuit tombante (ici, à 17h il fait jour, à 17h20 c'est nuit noire...). Nous avions estimé que la descente des 1200m de dénivelée nous prendrait en gros 1h30 et que nous n'en étions qu'au 1/3 ! Le lendemain, nous voici empétrés dans des amas de ronces qui s'accrochent à tout ce qu'elles trouvent et surtout griffent tout ce qui n'est pas protégé : on sortira de cette épreuve 2h30 plus tard avec des stigmates bien marquées sur les avant-bras. Et heureusement que Dal Bahadur nous avait ouvert le chemin à l'aide de son khukuri-machette ! Mais on était content quand même car on avait tous en tête : "ça y est on a passé le plus dur, il ne reste plus qu'à traverser la rivière et remonter le coteau en face, on passe le Ngotung La et demain soir on est à Lukla..." La Lumding khola, c'est une grosse rivière qui concentre la fonte de nombreux glaciers du massif du Kwonde, du Karyolung et du Numbur, rien que ça ! Le courant peut y être très important. Heureusement qu'à l'endroit choisi pour traverser on se trouvait dans une zone de gros éboulis. Il ne restait plus qu'à construire un pont (ah oui, celui indiqué sur la carte n'existe plus depuis longtemps, voire même qu'il n'a peut-être jamais existé...). Voici la manière de construire un pont en se servant des madriers charriés par la rivière :

Comment construire un pont pour traverser la Lumding khola  Comment construire un pont pour traverser la Lumding khola  Comment construire un pont pour traverser la Lumding khola  Comment construire un pont pour traverser la Lumding khola  Comment construire un pont pour traverser la Lumding khola  Comment construire un pont pour traverser la Lumding khola  Comment construire un pont pour traverser la Lumding khola

Une fois de l'autre côté, on se pose pour un vrai camp et se restaurer. Après le repas, les porteurs décident d'aller apprécier la viabilité du chemin, histoire de ne pas avoir la même surprise en montée que pour la descente, ou du moins d'y être préparé psychologiquement... Après 300m de grimpette sur un bon sentier (on voit que les habitants des villages de la RD de la Dudh kosi viennent ici chercher du bois...), ils s'en viennent buter sur un éboulement d'une trentaine de mètres de large mais surtout qui s'est déclenché dans une pente à 70°. Impossible de le traverser, impossible non plus de le contourner, par le haut ou par le bas... Tout un pan de la montagne s'est effondré, au printemps dernier tant cela paraît frais. L'idée de débarquer demain à Lukla est plus que compromis... Gros coup au moral pour toute l'équipe ! Tout le monde sait qu'il n'y a pas d'autre échappatoire et surtout qu'il va falloir refaire en sens inverse le "chemin" suivi hier. Retour au camp avec le moral dans les chaussures et pendant la nuit des rêves de film d'Indiana Jones. Le lendemain, la remontée nous prendra 5 heures de temps sur un sentier démaquisé a minima mais les ronces, ça doit repousser pendant la nuit... Le khukuri a encore été de sortie. On devra rebrousser chemin jusqu'au col des chortens après la kharka de Luza avant d'en profiter pour découvrir la crête de Kamo et la descente jusqu'à Tragsindo. A l'"échangeur autoroutier", celui de la Route de l'Everest..., je laisserai le staff retourner sur Kathmandou à l'exception d'un porteur, Chamar, celui qui porte les madriers sur les photos au-dessus, et nous rejoindrons ensemble Lukla en deux longues journées de marche.

Sur la carte ci-dessous, le tracé rouge correspond au projet initial, le bleu en pointillé l'extension souhaitée vers le camp de base du Kwonde alors que le jaune représente le circuit effectué. On n'est pas loin, non ? C'est juste la fin qui "déraille"... mais bon, je suis encore en vie pour vous la conter !

Carte de aa route des kharkas

En tout cas, un immense merci, les gars, pour le travail que vous avez accompli dans des conditions pas si faciles que ça ! Que ce soient les porteurs, les kitchen-boys, le cook ou le sirdar, ils ont répondu présent à tout instant. A leur demande (c'est pas si souvent qu'ils ont l'occasion d'accompagner un bideshi qui peut parler avec eux...), ils ont déjà réservé leur place pour  m'assister dans mes prochains treks. C'est donc cette équipe-là que je vais retrouver au printemps prochain sur les Balcons de l'Annapurna et sur le Grand tour du Mustang. Si vous souhaitez les connaître d'un peu plus près, n'hésitez pas à m'accompagner sur place ! Je vous attends... En attendant, pour vous faire saliver, j'ai mis en ligne le topo de La Route des kharkas. Un véritable programme de trek bien dans la lignée "hors des sentiers battus", non ?

L'équipe A.R.T au Gyajo La

Au lieu des 4 jours de repos escomptés avant de m'atteler au dernier trek de l'année, Du Mera peak à l'Everest, un programme typé trek-expédition proposé par l'agence Atalante et auquel je m'étais inscrit, je ne disposerai finalement que d'une nuit de repos... On est le 15 novembre, c'est la fin de l'après-midi et mes camarades de randonnée, Pierre et Rémi, arrivent demain à l'aube par avion. Et le départ vers Chutanga est prévu dans la foulée...La suite de l'histoire dans un nouveau billet de blog. A suivre...

Grandes traversées GTAM

Grandes traversées GTAM (Persée éditions)

Il est sorti ! Et en librairie s'il vous plaît... Dans une version au format guide de trekking à glisser dans son sac à dos pour une utilisation sur le terrain, il dispose par rapport à la version précédente des dernières corrections sur les itinéraires et de la présence du dernier opus, la GTAM n°5 de Talmakant à Imlil, qui s'en va explorer crêtes et sommets et remonte la vallée de l'assif Tafklast pour rejoindre le Toubkal par un itinéraire totalement abandonné aujourd'hui par les touristes, je veux parler du tizi n'Ouagane. Le jour par jour de chacune des GTAM est illustré de cartes topographiques qui seront, à n'en point douter, d'une aide précieuse sur le terrain (non, non, c'est vrai...).

L’ouvrage que vous aurez entre les mains une fois que vous vous le serez procuré se propose de vous faire découvrir le haut-Atlas marocain au travers de 5 circuits de trekking d’un niveau technique modéré et d’une durée de 20 jours chacun. Ils parcourent la montagne en empruntant les sentiers historiques inter-villages et parfois quelques traces de chèvres sur des crêtes débonnaires. Entre Midelt et l’Atlantique, soit la traversée intégrale du haut-Atlas marocain, ce sont plus de 1000 kms d’itinéraires qui sont décrits représentant de l’ordre de 500 heures de marche, chacune des portions pouvant être réalisée indépendamment l’une de l’autre, en autonomie ou en accompagnement muletier (et c’est vraiment ce qu’il y a de plus sympa !). Je vous y emmène. Alors, bon voyage !

Vous pouvez commander le livre directement sur le site de l'éditeur Persée. Vous n'avez qu'à cliquer sur le bandeau ci-dessous :

Commander l'album

Il est disponible sur les plateformes d'achats en ligne comme la Fnac, Amazon.fr, Decitre, Gibert Joseph, Chapitre.com, Un Monde-montagnes, etc. et aussi disponible dans votre librairie de voyages préférée que ce soit le Vieux-Campeur à Paris ou en province, ou La librairie du Voyage à Rennes.

Attention En relisant le livre, bien des mois après sa création, j'ai pu constater que mon alimètre s'était dérèglé d'une centaine de mètres vers le haut lors de l'exécution de la GTAM n°5 entre Ijoukak et le tizi n'Ouagane. Si j'ai pu corriger le texte sur le site web, il en va tout autrement sur le papier ("verba volant, scripta manent" disaient les Romains...). Vous pouvez par vous-même effectuer les corrections à la main en minorant toutes les altitudes de 100 mètres. Autrement, vous pouvez télécharger le correctif en PDF ici : Carte GTAM5 de Talmakant à Imlil corrections.pdf et l'insérer en lieu et place dans le livre. Merci de votre compréhension.

Pour ceux qui sont plus attachés aux photos bien mises en valeur car reproduites sur un papier glacé de haute qualité, la version album reste toujours disponible, mais uniquement ici.

Le Vercors, c'est chouette...!

A peine de retour du Ladakh, me voici de nouveau sur les sentiers, ceux du Parc naturel du Vercors, au moment du 15 août. Le Vercors, Marie et moi l'avions découvert en 2004 lors de notre première bambée sur les Hauts-Plateaux. Les 10 jours passés là-haut nous avaient enchantés si bien que quelques années plus tard, en 2010, alors qu'il fallait évacuer de notre esprit ce que nous avions "subi" au Ladakh lors des coulées de boue de la début août, le choix s'était immédiatement porté sur ce massif que nous avions identifié comme un splendide terrain de jeu aux innombrables ressources et qui allait pouvoir captiver notre esprit pour estomper le ressenti a posteriori. Nous étions partis fissa découvrir le nord et l'ouest du massif, la région des Coulmes. Encore une fois, pas déçus par les nouveaux espaces et les types de paysages au milieu desquels nous avions marché, je rédige le topo Vercors N et Tour des Coulmes pour inciter notre communauté de trekkeurs à se pencher un peu plus sur cet espace naturel de premier ordre. Chacun de ces deux circuits durait une dizaine de jours. Le nord, l'ouest, les Hauts-plateaux, la montagne du Glandasse, le cirque d'Archiane, un peu du piémont oriental autour du Mont-Aiguille, que nous restait-il donc à découvrir ? Eh bien, à l'occasion d'un week-end prolongé en juillet de l'année suivante, nous décidons de construire une boucle dans le sud, d'une durée réduite, 4 jours seulement, mais dense. On enchaînera ainsi depuis le village de Rousset la quasi totalité des sommets qui bordent le plateau du Vercors au sud (on les appelle ici les puys, les têtes, les buts...). Là encore, nouveau topo Vercors Sud.

Le GR93 du côté du col du Rousset

Là, quand même, on commence à couvrir une bonne partie du massif, non ? En fait, oui et non... Le constat est que l'on a souvent suivi les sentiers de randonnée en omettant de traverser les riantes vallées de l'intérieur : on ne connaît pas Autrans et Méaudre, Saint-Julien, Saint-Martin et La-Chapelle-en-Vercors, et très superficiellement le plateau de Saint-Nizier... Ce sont les endroits habités. Les villages et leurs alentours doivent aussi être sympas, non ? Et puis, avec tout ça, si on allait découvrir le balcon E ? Sur ce côté du massif où l'on a pour panorama sur la droite quand on remonte vers Grenoble les massifs de Belledonne, de l'Oisans, du Taillefer et du Dévoluy, alors que l'on chemine sur un petit sentier à flanc de pierriers parfois pentus issus des murailles calcaires qui dominent le Trièves, il se pourrait que l'on complète notre exploration vercusienne par la découverte de nouveaux coins sympas. C'est donc le projet de 9 jours de randonnée que j'ai proposé à Georges et à Marie (seulement pour 4 jours pour elle malheureusement, boulot oblige...), que nous avons réalisé avec une météo plutôt contrastée (du très beau, très chaud, au mitigé, voire au franchement dégueu...) et dont je vous livre à présent le topo Vercors centre et balcon E. Une petite merveille, je ne vous en dis pas plus, lisez donc...

Avis de mauvais temps sur le Mont-Aiguille

Et la suite ? Parce qu'il ne peut y avoir qu'une suite, bien sûr... Vous croyiez que j'en aurais fini avec le Vercors après ça ? Les grandes bambées que l'on s'est payées ne nous ont pas rassasié et cette randonnée itinérante, hébergements mi-gîtes, mi-cabanes, nous a ouvert de nouvelles opportunités pour concocter les opus des prochaines années... Peut-être avec un sac un peu moins imposant pour être plus à l'aise dans le franchissement de cols pentus et la grimpette sur quelques sommets, on essaiera sûrement de jouer à saute-crêtes entre le balcon E et le GR91. Le site web de Marielle me donne plein d'idées avec Grande et Petite Moucherolle et aussi Rochers du Ranc des Agnelons. Sinon il y a aussi cet excellent livre de Pascal Sombardier chez Glénat sur les Randonnées du vertige.

Une autre fois, il serait sympa d'effectuer une transversale du massif d'W en E, je ne sais pas, de Saillans à la Mure par exemple, en traversant la Gervanne (les gorges de l'Omblèze) et le sud du plateau du Vercors, puis descendre par le vallon de Combeau, traverser le Jocou et finir en beauté en se mesurant à la Tête de l'Obiou... De beaux programmes, non ? C'est que le Vercors et ses satellites sont si attachants qu'on est bien obligé d'y revenir...

Font d'Urle