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Infos Ladakh été 2015

De retour du Ladakh - Zangskar, Christophe Aebi me communique les informations suivantes [après les coulées de boue de la fin du printemps 2015 consécutives à la libération de l'eau contenue dans le barrage sur la Tsarap chu et qui a (presque) tout raviné sur son passage -voir http://ladak.free.fr/commun/html/tripnews.htm]. Merci à lui !

"Je rentre du Ladakh et du Zanskar. Nous avons réalisé à deux en autonomie le trek de Kanji à Darsha. Je peux vous transmettre les infos suivantes concernant l'état des routes, des itinéraires et des ponts. Sengge-La : depuis le Nord, la piste est coupée dans la montée vers Manechan, pont emporté l'hiver passé. Donc pas de circulation au col. Pas de tea-shop non plus. Il n'y a plus de pont à Nyerog. Traversée possible à pied (nacelle suspendue aux câbles), mais pas possible avec les mules. Pont à Pidmo : réparé. Pont à Pishu : emporté. Route de Padum à Reru : Ok Passerelle à Reru sur la la Zangspo : refait à neuf, très beau. Passerelles de Spang, Dordzong, Tsetang: détruits, emportés. Passerelle à Cha : praticable à pied. Passerelle à Phugtal Gompa : refait à neuf, praticable à pied, mais pas pour les mulets. Guest House de Phugtal Gompa : fermé pour raison inconnue. Pour d'autres infos, vous pouvez m'écrire : aebichris(at)bluewin.ch"

Depuis l'alignement de chortens, vue plongeante sur la gompa de Phuktal

Du Mera peak à l'Everest, le plus beau trek de montagne ?

Au retour de ce trek d'exception, une mini-expédition, on peut raisonnablement se poser la question... Avoir pu réaliser cette "balade" au coeur du massif du Khumbu me laisse encore des frissons tant elle se propose de nous immerger dans un coin du Népal dont on a l'impression d'être à mille lieues d'un coin civilisé alors que l'on se trouve dans les vallées voisines de celles où passent des milliers de touristes chaque année, je fais référence à celles qui conduisent au camp de base de l'Everest. Certes, durant ce trek et bien que les ascensions étaient prévues au programme, j'ai été contraint de laisser de côté des deux trekking peaks qui dépassent largement les 6000m. Je ne me suis pas senti la force, le mot le plus approprié serait motivation, de me rendre si bien au sommet du Mera peak qu'à celui de l'Island peak. Passer des cols, même à 6000m et plus, afin de poursuivre de l'autre côté un périple en itinérance, "aller voir ce qu'il y a derrière"... est vraiment ma motivation, mais "faire" un sommet pour l'accrocher "à mon tableau de chasse", non ce n'est pas ma "tasse de thé" ! Trekkeur (engagé) je suis, summiter je ne suis pas et (je crois...) ne le serai jamais. Surtout quand les panoramas obtenus depuis les cols, ou même depuis les camps avancés, ont pleinement assouvi mon désir de contempler des espaces naturels que je ne connaissais pas auparavant. Pourtant, le reportage web qu'Anthony avait mis en ligne sur trekmag.com avait été le déclencheur pour m'inscrire sur le programme d'Atalante, mais sur place, bien que parfaitement acclimaté après les deux treks Indigenous People Trek et La route des kharkas (lire aussi le billet de blog sur la première partie de la saison 2014), j'ai connu, comme souvent à l'approche de ce genre de performance à réaliser, "un coup de moins bien..."

Mera peak BC (Mera La)

Ce trek d'une grosse quinzaine de jours permet d'explorer les vallées de l'Hinku, de l'Hunku et de l'Imja, trois vallées himalayennes dans lesquelles les touristes ne se rendent que très rarement. Pourquoi donc ? Eh bien, il y a un "os" juste au milieu du périple : c'est l'Amphu Lapsa, un col à 5800m que l'on rejoint en louvoyant entre les séracs d'un glacier et duquel on descend en face N par un "sentier" souvent enneigé et glacé sur lequel on est quasiment obligé de poser des cordes fixes et faire un petit rappel. Et quand la queue d'un typhon comme Hudhud le 14 octobre 2014 s'en vient déposer une couche de neige fraîche de 40 à 50cm en une nuit, neige qui gèle immédiatement derrière sous l'effet du froid (il y a un peu beaucoup de glaciers tout autour...) et des rafales de vent, on peut s'inquiéter sur la manière de désescalader une telle pente... Oh ! Il n'y a juste "que" 200m de dénivelée, comparés aux 15 jours de trek, ce ne sont que 2 heures de galère, mais... Alors, pour profiter des exceptionnels paysages que propose cette circumambulation, autant bien s'entourer : il y a suffisamment d'agences népalaises qui sont capables de vous accompagner pour sécuriser votre expédition dans les passages glaciaires et qui connaissent parfaitement LEURS montagnes (je ne parle pas des 1500 "agences" qui pullulent dans Thamel mais des 4 ou 5 vraies agences de qualité dont vous saurez débusquer des références en parcourant les sous-rubriques Préparatifs attachées à chaque topo de trek mis en ligne sur ce site.

Un des deux guides sherpas de l'agence Khumbi Ila qui ont encadré le groupe sur ce périple (dans la montée vers le Mera La avec en face le Charpote himal)

Le départ de Lukla est rude : face W et brouillard, on ne doit pas voir souvent le soleil dans le coin en cette saison. En plus, il fait froid et humide. Quand on lève les yeux et que les nuages nous laissent voir les pentes qui conduisent au Zatr Og, le col qui permet de passer dans la vallée de l'Hinku khola, on s'aperçoit de suite que dès demain, toute l'équipe, staff népalais compris bien évidemment..., sera "dans le dur" car Hudhud nous a laissé sur 400m de dénivelée une belle couche de neige qui assurément sera bien glacée. Crampons aux pieds ? On se prépare... Le lendemain, le plus dur n'est pas de remonter sur une pente glacée surtout quand on dispose du matériel et qu'on l'utilise (je suis désolé mais il n'y a pas plus c... que de mourir d'une glissade sur un chemin glacé alors que le piolet et les crampons sont accrochés au sac à dos !). Pour les porteurs c'est un peu plus délicat car, bien entendu, les agences ne les dotent pas de crampons pour affronter avec leur charge ce genre de terrain. Le "crampon" népalais des porteurs c'est une cordelette nouée plusieurs fois autour de la basket chinoise et qui permet de "moins glisser" en montée. Par contre, en descente, c'est aussi casse-gueule que de ne rien avoir...

Crampons népalais...          Montée de Chutanga au Zatr Og alors que le soleil est revenu

Et pourtant, une simple paire de crampons forestiers (ça se positionne autour des chaussures avec un caoutchouc et les petites pointes accrochent bien même sur de la glace à contition que la pente ne soit pas trop relevée quand même... à Thamel, on peut acheter des modèles chinois à moins de 15€ la paire, chez nous, au Vieux Campeur par exemple, ça vient de Chine, de Corée ou d'Italie et selon les modèles on est entre 20 et 40€). C'est ce que j'utilise sur les terrains non techniques et je peux vous dire que "l'essayer c'est l'adopter !", ça se positionne sur n'importe quel type de chaussures, même les basses, c'est léger à transporter en permanence au fond du sac à dos et c'est vraiment solide. Plutôt que de jouer "la fille de l'air" dans des figures improvisées typées "Lac des Cygnes" et tomber ou de se faire un tour de reins, n'hésitez plus, adoptez-en une paire !

La bhatti de Kharkateng

Avec le retour du soleil, dès le deuxième jour, on se doutait bien que le trek risquait d'être beau, en tout cas moi j'étais venu pour ça..., mais qu'il allait demander d'être en bonne forme... On commence à voir que le peuple sherpa a "humanisé" cet axe très couru que les alpinistes parcourent en aller-retour (je le rappelle, le Mera peak est avec ses 6470m l'un des deux plus hauts trekking peaks du Népal avec le Tharpu chuli du côté de l'Annapurna) en assurant tout au long du chemin un service de buvette, la bhatti (souvent 4 murs recouverts d'une bâche en plastique de couleur flashy, identifiable même par temps de brouillard...) qui fait aussi mini-boutique où l'on peut se faire servir un repas local avant de pouvoir s'allonger sur un bon lit (de branchages séchés... ne rêvez pas !) à l'abri du vent et à proximité d'un poêle à bois ou plus simplement d'un âtre. Et jusqu'au pied du Mera peak, vous en trouverez à peu près toutes les 2 heures de marche. Sympa non ? Dans les structures fermées (dans les vraies maisons en pierre), on vous sollicitera entre Rs200 à plus de Rs2000 par personne pour "participer" à une petite chauffe dans le poêle central de l'unique pièce à vivre, poêle très vite phagocyté par la troupe népalaise présente. Pourquoi de tels écarts de prix ? Parce qu'à partir de 4000m, il n'y a plus de forêt et que les propriétaires des lodges doivent organiser des coupes de bois en aval et les faire convoyer parfois sur 2 ou 3 jours à dos de yack. Quelques photos suivent des différents types d'habitation qui "équipent" la montagne.

La bhatti du Zatrwa La     Le lodge de Thuli kharka     La bhatti de Taktor

Après le Zatr Og et son compère le Zatrwa La qui suit, on descend dans la vallée de l'Hinku khola et on découvre le massif du Mera peak juste avant de se retrouver immergé dans une forêt quasi primaire et dans les nuages qui en cette saison remontent les vallées de l'Himalaya chaque début d'après-midi. En gros, tant que l'on se trouve en dessous de 4500m, il est préférable de marcher d'une traite le matin sous les rayons du soleil, d'arriver à l'étape en tout début d'après-midi, de manger au chaud avant d'aller se payer une petite sieste réparatrice au fond du duvet et revenir pour le repas alors que la température intérieure du lodge se réchauffe un peu. A partir de Khote, le matin de 4e jour, le minéral devient le lot commun et on se dirige plein N en direction du Cervin local, le Kyashar. C'est qu'il a de la gueule ! Le Zermatt local se dénomme Thangnag mais le train n'arrive pas jusqu'ici... On peut s'élever à pieds jusqu'à une crête qui s'inscrit 700 à 800m au-dessus du village, le Thangnag Ri, et qui a le mérite d'offrir un superbe panorama à 360° sur le cirque de montagnes jusqu'au Mera La, le col qu'il est prévu de franchir dans deux jours. Par contre, pas de Mera peak, juste les contreforts W, en gros une falaise verticale "abomi-freuse" de près de 2000m, juste le double de celle hyper connue de l'Eiger en Suisse... On peut contempler à loisir cette face austère "qui fait froid dans le dos" depuis le belvédère du Thangnag Ri jusqu'au moment où les nuages vont décider d'envelopper la vallée. Et là, c'est "clap de fin"...

Depuis le Thangnag Ri, les contreforts W du Mera peak

Maintenant que l'on est bien acclimaté, on poursuit en direction du Mera La jusqu'au village de lodges de Khare, un endroit assez incroyable de modernité que l'on n'attend pas trouver ici même : à 5000m d'altitude, il y a tout pour passer un bon séjour qui plus est avec un niveau de services proposés au clients : d'abord les technologies de la communication, du téléphone satellite au WiFi, de l'électricité fournie par une "batterie" de panneaux photovoltaïques, une boutique bien achalandée à des prix qui restent corrects, des chambres proprettes équipées de fenêtres à double vitrage (mais le courant d'air passe sous la porte...), un poêle à bois dans lequel on peut enfourner du bois, certes c'est fait pour cela, mais les branches doivent être serties de pierres précieuses au prix demandé... Il y a même en bas et en haut du village deux DZ pour hélicoptère (hélicoptère qui a malheureusement été appelé pour un de mes camarades de cordée qui avait contracté une mauvaise bronchite, altitude et bronchite ne font vraiment pas bon ménage...).

Le village de Khare, camp de base technologique de la région du Mera peak

La montée vers le Mera La est assez aisée si on ne tient pas compte de l'altitude, juste 400m sur un bon sentier puis une grimpette dans une moraine détritique "dré dans la pente" avant de rejoindre le large col sur un glacier débonnaire. Une petite descente d'une vingtaine de mètres sur de la glace vive dans laquelle sont fichés des petits cailloux pour rejoindre l'emplacement du camp de base du Mera peak. Ah, la vue est exceptionnelle sur ce beau massif entièrement recouvert de glace aux plusieurs sommets qui s'inscrivent entre 6000 et 6500m. Recouvert de glace certes, à l'exception d'un béquet rocheux au pied duquel les gens du coin ont aménagé un camp avancé sur lequel on peut y dresser plusieurs tentes. C'est d'ailleurs là que nous nous rendons avec Rémi le lendemain, un "saut de puce" de 400m de dénivelée, pour atteindre 5800m. Mais le parcours, très facile techniquement (c'est une pente entre 20 et 30° sur de la neige bien tassée), se révèlera être pour moi une épreuve titanesque en devant lutter de face contre un vent glacial de 100km/h. Trois heures dans ces conditions-là m'ont laissé exangue et sans force jusqu'au lendemain matin (minuit trente le départ prévu vers le sommet...). 45mn après le départ du camp, il m'a été impossible de suivre le rythme. Et pourtant, il ne restait que 500m pour atteindre le sommet... Mon camarade de cordée connaîtra la même mésaventure moins d'une heure plus tard. Même pas question de se reposer une journée et de re-tenter le sommet le lendemain. Nous n'avons qu'une idée en tête : descendre retrouver un peu de verdure sur les pelouses alpines. C'est ce que nous ferons en cours de matinée en revenant au camp de base où la quasi totalité du staff était restée et en descendant jusqu'à Kongme dingma. On est 1000m plus bas et ça change tout ! Et en plus avec une météo revenue au beau qui va nous offrir une descente de toute beauté avec le livre d'images du Khumbu ouvert devant les yeux. Les quatre 8000 du coin : Makalu, Lhotse, Sagarmatha et Cho Oyu en face de nous... Et, pour compléter, en tournant un peu la tête sur la droite, le cinquième 8000 qui n'est autre que le lointain Kangchenjunga. Vision régérénatrice !

Les quatre 8000 en arrière-plan de G à D : l'arête sommitale du Cho Oyu, Sagarmatha, Lhotse et Makalu (au milieu le Peak 41 et à droite du Makalu le Chamlang)

La suite de l'itinéraire remonte la vallée de l'Hunku khola (ne pas confondre avec la précédente !) et le seigneur des lieux va se trouver être le Chamlang, un massif assez complexe avec plein de vallons morainiques et des lacs bleu pétrole tout autour. A proximité du Kali himal, notre itinéraire partira sur la gauche rejoindre une immense cuvette caillouteuse qui héberge les lacs de Panch pokhari. Là, c'est un peu beau ! On est au pied de l'Amphu Lapsa, ce col qui va nous permettre de "sortir par le haut" de cette vallée plutôt profonde puisque l'endroit où l'on va passer la nuit se trouve à plus de 100kms à vol d'oiseau (mais qu'est-ce qu'il viendrait f... ici, le piaf !) si l'on suit la Hunku khola vers l'aval jusqu'à Kharbari, le plus haut village relié au réseau routier népalais... Aux Panch pokhari, le seigneur des lieux, maintenant que Sagarmatha et les Lhotse ont été occultés par le Kali himal, c'est le Baruntse et c'est un sacré morceau. Au fait, juste sur sa droite, il y a le West col à travers lequel passe l'itinéraire du Great Himalayan Trail, eh bien, il ne parait pas vraiment sympa, sympa...

Depuis la montée aux Panch pokhari, de G à D, Kali himal, Baruntse et West col

Nous, on va se mesurer à l'Amphu Lapsa. On doit être le dernier groupe de la saison à vouloir le franchir : la trace est bien tassée, impossible de se tromper ou de tomber dans une crevasse... C'est au moins ça de gagné. Sur une neige comme celle-là et une pente en fin de compte assez peu relevée, les crampons forestiers font merveille (au cas où, j'ai quand même en réserve les "officiels" dans le sac...). On atteint le col sans difficulté notable si ce n'est que nous revoilà à 5800m. Il n'y a plus que 50% d'O² dans l'air. D'ailleurs les anglophones parlent de breathtaking pour qualifier un paysage "stupéfiant de beauté" ou mieux "à couper le souffle"... Là c'est au premier degré qu'il faut le comprendre : on a doublement le souffle coupé, suite à la grimpette assurément, mais lorsque l'on va découvrir la beauté de ce qui se présente de l'autre côté du col, on ne respire plus : c'est exceptionnel ! On domine un bassin minéral où de multiples glaciers convergent pour partir vers la gauche sous les pentes S des Lhotse. Une petite photo souvenir pour illustrer "ce dont je vous cause..."

Depuis l'Amphu Lapsa

Je ne m'en suis pas encore remis, tant c'est beau ! Juste une petite inquiétude toutefois, le gars en se retournant cherche vainement l'itinéraire de descente... et ne trouve vraiment pas grand chose comme solution ! "Damned, mais où c'est t'y donc ?" C'est bien d'être arrivé jusque là, mais encore faudrait-il que l'on puisse en descendre, et du côté opposé à la montée si possible, non ? Le "sentier" suit une petite vire et on reprend confiance avant de voir que toute l'équipe est affairée en contrebas, qui les guides en train de poser des cordes fixes, qui deux porteurs en train de faire glisser les paniers à l'aide d'une corde jusqu'à une plateforme 30m plus bas, qui d'autres désescaladant un goulet rocailleux gelé en moulinette... Ca ressemble de loin à une armée mexicaine mais, en fin de compte, si l'on s'intéresse à l'ordonnancement des tâches, pas du tout : c'est super bien organisé et le "chantier" avance positivement. Bon ! C'est vrai, on n'a pas envie d'y rester trop longtemps car on se trouve en contrebas de l'arête côté N et le soleil, c'est prévu le midi pour être au S... Donc, il fait frisquet pour ne pas dire plus ! En se penchant un peu sur le vide, on peut constater que le  "cher" typhon Hudhud nous a laissé une belle couche de neige que le vent s'est empressé de façonner jusqu'à devenir une glace bien lisse et casse-gu... Mais positivons ! Il fait grand beau, les paysages sont splendides, nos guides ont sécurisé le passage pour tout le monde, un travail de qualité. C'est quand même impressionnant ce que peut contenir un sac de guide : on dénombre sur le terrain 2 cordes fixes de 100m, une corde en 8mm de 80m (peut-être même un peu plus longue...) et des pieux à neige "en veux-tu, en voilà..." + toute la quincaillerie mousquetons, sangles, broches à glace, etc. Avec tout ça, l'équipe en totalité va se retrouver en sécurité, moins de deux heures après, sur le plateau morainique 400m en dessous. Maintenant commence la descente sur le fil de la moraine pour un long long (long) chemin jusqu'à Chukhung que l'on espère atteindre pas trop tard... Heureusement qu'il y a de la matière à voir sur le chemin parce qu'on pourrait finir par trouver le temps longuet : la découverte s'initialise au détour d'un virage où se dévoile le fameux lac de l'Imja Tsho que tous les analystes prédisent qu'il va faire exploser sa moraine frontale un de ces jours et commettre un massacre en aval (il est vrai qu'il y a 20 ans, il n'existait pas, alors je peux comprendre qu'il puisse faire peur quand on constate la masse qu'il représente aujourd'hui...). Puis c'est le passage au pied des faces S des Lhotse, impressionnantes de verticalité. Encore inviolées à ce jour... Après, c'est côté gauche que cela se passe avec le passage au pied d'un bassin glaciaire de taille gigantesque, celui qui se trouve au pied de l'Ombigaichan. Et pour finir, c'est la découverte de l'Ama Dablam, pas sous son plus beau profil, en contre-jour (on a failli la rater...), mais bon, c'est ma montagne préférée... A Chukhung que l'on finit par atteindre quelques minutes avant que la nuit ne tombe (c'est brutal ici...), Rémi et moi devisons dans la salle du lodge sur la suite du programme et avons le sentiment commun de ne pas "avoir envie" de remonter la vallée pour faire l'ascension de l'Island peak alors qu'il nous semble que l'on a eu accès aux plus beaux panoramas sur ce bassin de l'Imja glacier. Il reste 6 jours avant le rendez-vous avec notre avion à Lukla. Seulement 3 sont nécessaires pour rejoindre l'altiport. "के गर्ने‍‍‌" (Ke garne ?) diraient des népalais ?

L'Ama-Dablam depuis le sommet du Chukhung Ri

Je propose que nous allions le lendemain escalader le sommet du Chukhung Ri qui s'élève directement au-dessus du village et dont le panorama sur l'Ama Dablam doit "valoir le coup" puis sur les deux jours qui suivent de lui faire découvrir le Khumbu glacier et le sommet de Sagarmatha depuis le Kalapattar. On traversera le massif sous le Pokalde en franchissant le Kongma La (que je ne connais pas), un col un peu délaissé au profit des deux autres Cho La et Renjo La, mais le Kongma La va se révéler le plus spectaculaire des trois cols du Khumbu (j'avais franchi Cho La et Renjo La en 2008 lors du trek Du Khumbu au Rolwaling passant par le Tesi Lapsa). A plus de 5500m, le chemin d'accès au Kongma La traverse de nombreuses moraines aux cuvettes lacustres du plus bel effet lorsque que l'on se retourne et que l'on a sous les yeux des larges panoramas vers le S et le SE. Du col, rejoindre Lobuche est aussi une partie de "plaisir" avec la traversée en toute fin de journée du glacier du Khumbu (alors que la nuit est en train de tomber...), ce gigantesque fleuve de glace recouvert de blocs morairiques arrachés aux pentes des plus hauts sommets du Monde et sur lequel, comme sur l'Imja glacier du côté de Chukhung ou le Ngozumpa glacier de la vallée de Gokyo, des lacs glaciaires occupent les cuvettes qui se sont creusées au milieu des séracs.

Traversée du Khumbu glacier au soleil couchant. Vite, vite...!

On retrouve l'"autoroute de l'Everest" à Lobuche, c'en est fini de notre tranquillité mais il reste quand même un "truc" superbe à voir : le triptyque Lho La - Sagarmatha - Nuptse depuis le sommet de la bosse du Kalapattar. On est début décembre, il y a (un peu) moins de touristes qu'en haute saison et on termine ce trek "Du Mera peak à l'Everest" par ce petit aller-retour panoramique qui me fascine toujours autant. Une nuit à Gorakshep, un lieu que j'ai découvert il y a 16 ans lors de mon premier trek et où il n'y avait qu'un seul lodge, qui aujourd'hui est devenu un endroit hyper connecté (3G+ et WiFi), qui dispose d'une impressionnante capacité de logement, etc. Enfin... De là-haut, 400m au-dessus de Gorakshep, au pied de l'arête S du Pumori, c'est très sympa surtout en fin d'après-midi où l'ensoleillement est parfait (on se demande pourquoi 80% des touristes y vont tôt le matin alors que l'on est à contre-jour...), et puis comme cela, j'ai pu enfin disposer de photos numériques (en 98, j'étais en diapos et les diapos scannées, c'est pas tout-à-fait ça...)

Depuis le Kalapattar, le somptueux triptyque Lho La, Sagarmatha et Nuptse

De Gorakshep, la descente jusqu'à Lukla via Namche est loin d'être passionnante : ce ne sont qu'enfilades de lodges et de commerces et à partir de Namche on retrouve les caravanes de mules qui nous laissent cet olfactif souvenir de leur passage. C'est absolument dégoûtant mais il faut bien faire manger tout ce beau monde de touristes en convoyant depuis Jiri les tonnes de ravitaillement et les bouteilles de bière... Mais où sont donc mes petits sentiers de la Route des kharkas et dans une moindre mesure ceux que j'ai pu fouler durant ce merveilleux trek Du Mera peak à l'Everest dont je viens de vous conter (seulement) quelques anecdotes ? Il ne vous reste plus qu'à vous y rendre pour vivre les mêmes aventures en suivant le jour par jour que j'ai eu grand plaisir à vous décrire dans le topo que j'ai mis en ligne sur le site ici. Bonne lecture, beaux diaporamas à faire défiler (juste après que j'ai eu le temps de les ordonnancer...) et faites de beaux rêves ! Du rêve à la réalité, il ne faut des fois que quelques clics de souris sur un ordinateur et on se retrouve avec un billet d'avion aller-retour pour Kathmandou, un contact avec une agence népalaise qui va vous organiser ce qui deviendra le "voyage de votre vie" avant de se transformer l'année suivante en "c'était mon premier voyage dans l'Himalaya népalais" alors que vous êtes en train de vous engager sur le deuxième... Je peux en attester après mon seizième voyage cette année... : Le Népal, ça vous gagne (vraiment) !

Népal 2014, c'est bien fini...

Le Népal pour cette année 2014 c'est terminé ! Pratiquement, ces 2 mois à arpenter la campagne et la montagne m'ont donné l'occasion de perfectionner mes rudiments de népali (je l'étudie à l'INALCO à Paris depuis un peu plus de 2 ans), surtout que j'avais implicitement demandé à mon ami Chhetup Tamang, le directeur de l'agence ART, de me confier une équipe de porteurs, kitchen-boys, cuisinier et sirdar qui s'exprimait en V.O... Comme ça, pas de tentation à vouloir dériver vers l'anglais (bon, au cas où, mon sirdar, Boras Tamang, s'exprimait aussi en anglais mais à ma grande surprise je ne me suis vraiment que très peu servi de l'anglais...). Le programme de cette année devait commencer par une semaine de traversée expresse du Namun La dans la région des Annapurnas ; c'est le col que je n'avais pas pu franchir au printemps 2012 en prélude au trek des 5 cols de l'Annapurna à cause des monceaux de neige accumulés et je m'étais dit qu'en automne il y aurait moins de neige... Cette année, en automne, cela aurait pu être le bon moment si... Hudhud ne s'était pas manifesté et avait déposé ce 14 octobre dernier un mètre de neige fraîche sur le massif des Annapurnas. Ayant programmé le début du trek le 19 octobre, je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre, sinon à des galères éventuelles... donc prudence et changement de programme, de région et d'altitude aussi.

Sur la Timal danda     Sur la Timal danda     Sur la Timal danda

J'ai cherché dans ma liste de treks en attente ce qui pourrait se réaliser sans grosse programmation et ai trouvé ce mini-trek campagnard de l'Indigenous People Trek créé par le Tourism board népalais en 2011 et dont j'avais acheté une carte à cette époque. Il durait pile-poil une semaine et, qui plus est, se terminait à l'endroit où commençait le deuxième... Charikot. Banco ! Et c'est parti pour une semaine de campagne à la recherche des purano bato, "anciens sentiers" en népali. Ils perdurent bien que les collines soient parcourues de nombreuses pistes. Tracées il y a quelques années, elles sont aujourd'hui désaffectées pour la plupart d'entre elles par manque d'entretien : il a suffi d'attendre deux ou trois saisons de mousson (éboulements, glissement de terrain, ravinements importants, etc.) pour qu'elles retournent à l'état "sauvage"... Déjà, chez nous, en Europe, on trouve de l'argent pour construire mais il est malvenu de budgetter pour la maintenance. Alors ici au Népal... Les villageois continuent donc à faire l'aller-retour au bazar de la vallée en suivant les purano bato construits et empruntés par leurs ancêtres...

Les rizières de Lubughat

Quant à la création de l'Indigenous People Trek, il ne faut pas se leurrer, le Tourism board a fait au plus simple : il a dessiné cet itinéraire en suivant 80% du temps les pistes... Alors, dès que l'on a constaté cet état de fait sur le terrain, chaque jour, on a recherché sur le terrain, interrogé les villageois, les bergers, évalué les points de passage potentiellement intéressants et le résultat, c'est que l'on a réussi à composer un itinéraire vraiment sympa. Scènes de campagne et de village, traversée de belles vallées fluviales encaissées, quelques impressionnants cumuls de dénivelées pour aller franchir, depuis le fond des vallées, des cols disposant de panoramas de premier choix sur la chaîne himalayenne, et pour finir une température pour marcher plutôt sympa, dans les 25 à 30°, le tout dans une ambiance tropicale. Parfois je me serais cru dans les cirques de Cilaos ou de Salazie sur l'île de la Réunion, c'est dire... Le jour par jour de cet itinéraire qui peut s'effectuer toute l'année (éventuellement à l'exception de juillet, août et septembre à cause de la mousson) est disponible ici.

Une fois à Charikot, c'est donc le moment de s'engager sur le programme de La route des kharkas. Tous mes treks ont une histoire : celui-ci ne déroge pas à la règle. L'idée avait germé dans mon esprit la première fois en 2008 lors de la traversée du Tesi Lapsa et la découverte du Rolwaling en compagnie de Marie. Puis elle s'était affirmée l'année suivante au moment du périple que j'avais organisé dans le Rolwaling des campagnes : "il doit bien y avoir possibilité de suivre la base de ces montagnes côté sud, non ?" m'étais-je dit. C'est alors que j'avais déplié la carte et couché sur le papier un jour par jour pour rallier Lukla en une quinzaine de jours de marche. L'itinéraire projeté composait une transversale ouest-est, parallèle à la mythique Route de l'Everest que j'avais suivie en 1998 lors de mon trek initiatique au Népal, mais cette fois-ci en suivant au plus près la base méridionale des montagnes du Rolwaling et du Solu-Khumbu. Pour cela, j'avais prévu de marcher beaucoup plus en altitude en suivant les crêtes et en empruntant des chemins de bergers qui devaient bien évidemment exister entre les kharkas (ce sont les alpages où les villageois viennent faire paître leur cheptel en été).

Lever de soleil à Baramji phedi, l'Himalaya du Langtang au Gaurishankar

Sans connaître a priori si je serais à même de réussir ce pari, à savoir explorer le fond de toutes les vallées glaciaires depuis le Ramdung jusqu'au pied du Karyolung en passant par celles du Numbur et du Khatung, je me doutais bien qu'il me faudrait emprunter quelques sentiers mi-chèvre mi-homme, peu utilisés par les villageois. En effet, ces derniers remontent les vallées et ne les traversent qu'occasionnellement de manière horizontale, les kharkas dépendant "administrativement" de tel ou tel village situé en bas de la chaque vallée. L'itinéraire prévisionnel me conduirait même, je l'avais envisagé, jusqu'au camp de base du Kwonde situé aux sources de la Lumding khola avant de débarquer à Lukla mais... tout ne marche pas "comme sur des roulettes" à chaque fois : l'année dernière c'était la météo très capricieuse qui m'avait empêché de partir à la découverte du haut-Dolpo (lire le billet de blog), eh bien, cette année ce sera un éboulement de terrain, à 4 heures de temps d'une bonne bière à Lukla, qui va me condamner à rebrousser chemin et transformer les heures restant à parcourir en jours de marche ! C'était la seule possibilité qu'il nous restait parce que l'option première "camp de base du Kwonde" avait été juste avant anihilée par ce même gardien de la bhatti de Saharsbeni quand il nous avait annoncé que le sentier d'altitude n'existait plus depuis un bon moment, ayant été détruit en de nombreux endroits ces dernières années...

Descente du Gyajo La face au Numbur

Et pourtant, on avait surmonté quelques épreuves auparavant :
- on avait réussi à trouver un guide-porteur à Chankhu pour nous aider à décrypter le terrain jusqu'aux Panch pokhari (plus que nécessaire d'être accompagné par ce Dal Bahadur Gurung et son fidèle couteau népalais à lame recourbée, le khukuri, bien utile dans le wilderness)
- à Chankhu également, les deux brûleurs à pétrole de la cuisine étaient tombés en panne en même temps. Bien heureusement ici, d'ailleurs, ce qui a permis à deux des kitchen-boys de descendre à la ville faire réparer le premier (qui est retombé en panne tout de suite...) et en acheter un nouveau, alors que le reste de l'équipe s'accordait une journée de repos forcé...
- on avait aussi réussi à traverser le Gyajo La pour l'ascension duquel on avait dû effectuer 200m de dénivelée dans de la poudreuse jusqu'à mi-cuisse,
- on avait évité de "mourir de faim" en respectant l'estimatif du nombre de jours de marche entre Singati et Lachhewar, le seul village que l'on rencontrerait lors du périple et où il serait possible de se ravitailler en riz et en pétrole,
- de crête en crête, on était bien arrivé sans encombre à Saharsbeni au pied du Dudh Kund avant de manquer de se faire écraser par les concurrents d'un trail qui descendaient sur le sentier "à toute berzingue", enfin surtout le candidat népalais tout de fluo vêtu qui caracolait en tête, alors que le reste des participants, au moins une bonne centaine et en majorité des français, s'étirait en longueur sur toute la descente...
- et avec l'aide du gardien de la bhatti de Saharsbeni on avait bien suivi l'itinéraire "hors des sentiers battus" qu'il nous avait conseillé et qui permettait de rejoindre Luza via le col aux chortens, et plus loin au-dessus de Thanga on avait bien trouvé le col dans la Shagmanan Ragpo danda...
- de ce col où se trouve la plus belle "cabine téléphonique" de tout l'Himalaya car disposant d'une vue étendue du Cho Oyu au Naulekh en passant par Sagarmatha (oui, oui, l'Everest en vrai...), on avait même trouvé le départ du sentier de descente qui commence par le franchissement de la "porte de l'Enfer"...

Descente dans la Lumding khola     Descente dans la Lumding khola (la porte de l'Enfer)     Descente dans la Lumding khola (l'Enfer vert bien sûr...)

... juste avant que notre caravane ne se transforme en exploration de type "Indiana Jones" : des rhododendrons aux chênes-verts au-dessus de 3500m (ça c'est cool...), on entre juste après dans l'Enfer vert des bambous et des calumets, un peu envahissants mais bien utiles pour sécuriser quelques descentes pentues et glissantes (à l'exception des vieux bambous, peu recommandables car cassants comme du verre...). Mais la "cerise sur le gâteau" ce sera pour après le bivouac improvisé à mi-pente au pied de la seule falaise (heureusement qu'il ne faisait pas froid...), bivouac sans eau, donc sans manger, conditionné par la nuit tombante (ici, à 17h il fait jour, à 17h20 c'est nuit noire...). Nous avions estimé que la descente des 1200m de dénivelée nous prendrait en gros 1h30 et que nous n'en étions qu'au 1/3 ! Le lendemain, nous voici empétrés dans des amas de ronces qui s'accrochent à tout ce qu'elles trouvent et surtout griffent tout ce qui n'est pas protégé : on sortira de cette épreuve 2h30 plus tard avec des stigmates bien marquées sur les avant-bras. Et heureusement que Dal Bahadur nous avait ouvert le chemin à l'aide de son khukuri-machette ! Mais on était content quand même car on avait tous en tête : "ça y est on a passé le plus dur, il ne reste plus qu'à traverser la rivière et remonter le coteau en face, on passe le Ngotung La et demain soir on est à Lukla..." La Lumding khola, c'est une grosse rivière qui concentre la fonte de nombreux glaciers du massif du Kwonde, du Karyolung et du Numbur, rien que ça ! Le courant peut y être très important. Heureusement qu'à l'endroit choisi pour traverser on se trouvait dans une zone de gros éboulis. Il ne restait plus qu'à construire un pont (ah oui, celui indiqué sur la carte n'existe plus depuis longtemps, voire même qu'il n'a peut-être jamais existé...). Voici la manière de construire un pont en se servant des madriers charriés par la rivière :

Comment construire un pont pour traverser la Lumding khola  Comment construire un pont pour traverser la Lumding khola  Comment construire un pont pour traverser la Lumding khola  Comment construire un pont pour traverser la Lumding khola  Comment construire un pont pour traverser la Lumding khola  Comment construire un pont pour traverser la Lumding khola  Comment construire un pont pour traverser la Lumding khola

Une fois de l'autre côté, on se pose pour un vrai camp et se restaurer. Après le repas, les porteurs décident d'aller apprécier la viabilité du chemin, histoire de ne pas avoir la même surprise en montée que pour la descente, ou du moins d'y être préparé psychologiquement... Après 300m de grimpette sur un bon sentier (on voit que les habitants des villages de la RD de la Dudh kosi viennent ici chercher du bois...), ils s'en viennent buter sur un éboulement d'une trentaine de mètres de large mais surtout qui s'est déclenché dans une pente à 70°. Impossible de le traverser, impossible non plus de le contourner, par le haut ou par le bas... Tout un pan de la montagne s'est effondré, au printemps dernier tant cela paraît frais. L'idée de débarquer demain à Lukla est plus que compromis... Gros coup au moral pour toute l'équipe ! Tout le monde sait qu'il n'y a pas d'autre échappatoire et surtout qu'il va falloir refaire en sens inverse le "chemin" suivi hier. Retour au camp avec le moral dans les chaussures et pendant la nuit des rêves de film d'Indiana Jones. Le lendemain, la remontée nous prendra 5 heures de temps sur un sentier démaquisé a minima mais les ronces, ça doit repousser pendant la nuit... Le khukuri a encore été de sortie. On devra rebrousser chemin jusqu'au col des chortens après la kharka de Luza avant d'en profiter pour découvrir la crête de Kamo et la descente jusqu'à Tragsindo. A l'"échangeur autoroutier", celui de la Route de l'Everest..., je laisserai le staff retourner sur Kathmandou à l'exception d'un porteur, Chamar, celui qui porte les madriers sur les photos au-dessus, et nous rejoindrons ensemble Lukla en deux longues journées de marche.

Sur la carte ci-dessous, le tracé rouge correspond au projet initial, le bleu en pointillé l'extension souhaitée vers le camp de base du Kwonde alors que le jaune représente le circuit effectué. On n'est pas loin, non ? C'est juste la fin qui "déraille"... mais bon, je suis encore en vie pour vous la conter !

Carte de aa route des kharkas

En tout cas, un immense merci, les gars, pour le travail que vous avez accompli dans des conditions pas si faciles que ça ! Que ce soient les porteurs, les kitchen-boys, le cook ou le sirdar, ils ont répondu présent à tout instant. A leur demande (c'est pas si souvent qu'ils ont l'occasion d'accompagner un bideshi qui peut parler avec eux...), ils ont déjà réservé leur place pour  m'assister dans mes prochains treks. C'est donc cette équipe-là que je vais retrouver au printemps prochain sur les Balcons de l'Annapurna et sur le Grand tour du Mustang. Si vous souhaitez les connaître d'un peu plus près, n'hésitez pas à m'accompagner sur place ! Je vous attends... En attendant, pour vous faire saliver, j'ai mis en ligne le topo de La Route des kharkas. Un véritable programme de trek bien dans la lignée "hors des sentiers battus", non ?

L'équipe A.R.T au Gyajo La

Au lieu des 4 jours de repos escomptés avant de m'atteler au dernier trek de l'année, Du Mera peak à l'Everest, un programme typé trek-expédition proposé par l'agence Atalante et auquel je m'étais inscrit, je ne disposerai finalement que d'une nuit de repos... On est le 15 novembre, c'est la fin de l'après-midi et mes camarades de randonnée, Pierre et Rémi, arrivent demain à l'aube par avion. Et le départ vers Chutanga est prévu dans la foulée...La suite de l'histoire dans un nouveau billet de blog. A suivre...

Le Vercors, c'est chouette...!

A peine de retour du Ladakh, me voici de nouveau sur les sentiers, ceux du Parc naturel du Vercors, au moment du 15 août. Le Vercors, Marie et moi l'avions découvert en 2004 lors de notre première bambée sur les Hauts-Plateaux. Les 10 jours passés là-haut nous avaient enchantés si bien que quelques années plus tard, en 2010, alors qu'il fallait évacuer de notre esprit ce que nous avions "subi" au Ladakh lors des coulées de boue de la début août, le choix s'était immédiatement porté sur ce massif que nous avions identifié comme un splendide terrain de jeu aux innombrables ressources et qui allait pouvoir captiver notre esprit pour estomper le ressenti a posteriori. Nous étions partis fissa découvrir le nord et l'ouest du massif, la région des Coulmes. Encore une fois, pas déçus par les nouveaux espaces et les types de paysages au milieu desquels nous avions marché, je rédige le topo Vercors N et Tour des Coulmes pour inciter notre communauté de trekkeurs à se pencher un peu plus sur cet espace naturel de premier ordre. Chacun de ces deux circuits durait une dizaine de jours. Le nord, l'ouest, les Hauts-plateaux, la montagne du Glandasse, le cirque d'Archiane, un peu du piémont oriental autour du Mont-Aiguille, que nous restait-il donc à découvrir ? Eh bien, à l'occasion d'un week-end prolongé en juillet de l'année suivante, nous décidons de construire une boucle dans le sud, d'une durée réduite, 4 jours seulement, mais dense. On enchaînera ainsi depuis le village de Rousset la quasi totalité des sommets qui bordent le plateau du Vercors au sud (on les appelle ici les puys, les têtes, les buts...). Là encore, nouveau topo Vercors Sud.

Le GR93 du côté du col du Rousset

Là, quand même, on commence à couvrir une bonne partie du massif, non ? En fait, oui et non... Le constat est que l'on a souvent suivi les sentiers de randonnée en omettant de traverser les riantes vallées de l'intérieur : on ne connaît pas Autrans et Méaudre, Saint-Julien, Saint-Martin et La-Chapelle-en-Vercors, et très superficiellement le plateau de Saint-Nizier... Ce sont les endroits habités. Les villages et leurs alentours doivent aussi être sympas, non ? Et puis, avec tout ça, si on allait découvrir le balcon E ? Sur ce côté du massif où l'on a pour panorama sur la droite quand on remonte vers Grenoble les massifs de Belledonne, de l'Oisans, du Taillefer et du Dévoluy, alors que l'on chemine sur un petit sentier à flanc de pierriers parfois pentus issus des murailles calcaires qui dominent le Trièves, il se pourrait que l'on complète notre exploration vercusienne par la découverte de nouveaux coins sympas. C'est donc le projet de 9 jours de randonnée que j'ai proposé à Georges et à Marie (seulement pour 4 jours pour elle malheureusement, boulot oblige...), que nous avons réalisé avec une météo plutôt contrastée (du très beau, très chaud, au mitigé, voire au franchement dégueu...) et dont je vous livre à présent le topo Vercors centre et balcon E. Une petite merveille, je ne vous en dis pas plus, lisez donc...

Avis de mauvais temps sur le Mont-Aiguille

Et la suite ? Parce qu'il ne peut y avoir qu'une suite, bien sûr... Vous croyiez que j'en aurais fini avec le Vercors après ça ? Les grandes bambées que l'on s'est payées ne nous ont pas rassasié et cette randonnée itinérante, hébergements mi-gîtes, mi-cabanes, nous a ouvert de nouvelles opportunités pour concocter les opus des prochaines années... Peut-être avec un sac un peu moins imposant pour être plus à l'aise dans le franchissement de cols pentus et la grimpette sur quelques sommets, on essaiera sûrement de jouer à saute-crêtes entre le balcon E et le GR91. Le site web de Marielle me donne plein d'idées avec Grande et Petite Moucherolle et aussi Rochers du Ranc des Agnelons. Sinon il y a aussi cet excellent livre de Pascal Sombardier chez Glénat sur les Randonnées du vertige.

Une autre fois, il serait sympa d'effectuer une transversale du massif d'W en E, je ne sais pas, de Saillans à la Mure par exemple, en traversant la Gervanne (les gorges de l'Omblèze) et le sud du plateau du Vercors, puis descendre par le vallon de Combeau, traverser le Jocou et finir en beauté en se mesurant à la Tête de l'Obiou... De beaux programmes, non ? C'est que le Vercors et ses satellites sont si attachants qu'on est bien obligé d'y revenir...

Font d'Urle

Au Ladakh, un itinéraire d'exception est né...

Bonjour,

J’en rêvais depuis quelques années de ce Grand Tour du Ladakh… Vraiment « hors des sentiers battus », il n’avait pour vocation qu’à imaginer un itinéraire qui fasse le tour d’un massif. En Europe, on a bien les tours du Mont-Blanc, de la Vanoise, des Ecrins, du Mont-Rose, etc. Et pourquoi donc le Ladakh n’aurait-il pas non plus le droit à son tour, hein… ? C’est avec Sonam Dawa, directeur de l’agence Adventure Travel Mark de Leh et fin connaisseur de l’Himalaya indien, qu’à l’été 2012, juste avant de partir pour la traversée des plateaux du Rupshu, nous avons imaginé une circambulation (certains parleraient d’une kora…) qui aurait pour barycentre l’épine dorsale de la Zangskar Range, une chaîne de montagne qui s’étend du NW au SE, enserrée entre la Ladakh Range au N et la Great Himalayan Range au S. Nous avons donc tracé sur la carte des croix correspondant aux étapes probables et nous en étions arrivé à 44. En ajoutant 3 jours de repos disséminés tout au long du parcours pour reposer hommes et bêtes (je n’envisageais pas ce tour autrement qu’accompagné d’une caravane de mules) et permettre le ravitaillement à des points où la route venait affleurer le circuit, on comptabilisait 47 jours ! Afin de faire profiter de cet itinéraire à un maximum de personnes, j’avais proposé des points d’entrée-sortie pour rejoindre ou quitter le groupe, comprenant bien que l’on ne puisse pas envisager 47 jours de marche ou s’absenter sur une aussi longue période… J’avais segmenté la boucle en plusieurs sous-ensembles d’une durée de marche de 10 à 47 jours (voir le billet de blog d’annonce du trek en partance).

Notre caravane traverse le plateau de Kharnag

Ce Tour a donc été effectué au cours de l’été 2013 et, en fonction des conditions que nous avons rencontrées sur le chemin (sentiers détruits demandant plus de temps du fait des incessantes traversées de rivières, ou carrément impraticables nécessitant une modification d’itinéraire, ou bien encore l’interprétation des innombrables erreurs de tracé des cartes topographiques en notre possession), je propose in fine la segmentation de ce Grand Tour du Ladakh en 3 parties qui, en les aboutant, permet de recréer l’itinéraire complet :

- la première en 13 jours partant de Sangtha au SE du massif et se terminant à Chilling,
- la seconde en 19 jours de Chilling à Zangla (Padum) via Wanla et Kanji,
- la troisième en 11 jours de Zangla (Padum) à Sangtha.

Ce que je n’avais pas imaginé, c’est que les deuxième et troisième parties allaient sous peu (dans les très prochaines années) être appelées à devenir les seules véritables alternatives à la mort annoncée de l’emblématique Grande Traversée du Zanskar connue des trekkers du monde entier. Celle-ci vit en effet ses dernières années du fait de la réalisation de la piste, réduisant à peau de chagrin l’espace piétonnier sur sentier. On est passé de 20 jours autrefois à seulement 6 jours hors piste aujourd’hui et demain plus rien (voir article de blog à ce sujet).

Un aigle au-dessus du Tarti La (Ladakh)

D’un intérêt majeur au niveau des paysages et caractérisé par son caractère « hors des sentiers battus » affirmé voire à de nombreux moments wilderness total, cette randonnée plus ou moins au long cours (selon la ou les portions sur lesquelles vous vous engagerez…) ne revêt pas plus de difficultés qu’une autre réalisée dans le périmètre himalayen (bien sûr…). Voici quelques chiffres, histoire de ne pas se prendre au sérieux :

- 43 jours de marche (13 + 19 + 11),
- 3 jours de repos,
- 24 cols dont 17 au-dessus de 4800m et 10 au-dessus de 5000m,
- 5300m, l’altitude maximale atteinte au Marang La (41eme jour),
- 183 heures de marche (58 + 72 + 53),
- entre 600 et 800 kms (impossible à comptabiliser en montagne),
- 27000m de dénivelées positive et négative (7330m/8425m + 12060m/11725m + 7750m/6755m),
- 50 guirlandes de drapeaux à prières déposées dans les cols (« Ki ki So so La Gyalo ! »),
- 1 paire de chaussures tige basse à 49,90€ de chez Quechua (Arpenaz 500) photo,
- 4000 photos,
- et seulement 3 jours de viande…

Je vous invite à découvrir cet itinéraire d'exception en cliquant sur le lien suivant Grand Tour du Ladakh. Les aspects pratiques seront comme d'hab' traités dans les rubriques Préparatifs ou Sur place. Bonne lecture et faîtes de beaux rêves... de voyages au Ladakh !

Amicalement.

Pierre

Et pour ceux qui étaient de la fête, un petit diaporama de ces deux mois de trek :

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Le topo Mustang secret est fini...

Ca y est ! Fini, F.I.N.I... Le jour par jour de ce trek d'exception au Mustang est proposé avec au moins un diaporama par jour faisant défiler des clichés qui ne devraient pas vous laisser insensible. C'est d'ailleurs en arrangeant les photos que j'ai eu l'idée de composer le livre "Mustang secret" dont je vous ai parlé il y a quelques jours. Maintenant, une dernière tâche m'attend car je vais m'atteler à créer quelques montages numériques qui serviront de support à des présentations-conférences occasionnelles.

Rigzum Gönpo au-dessus du village de Tetang (Mustang)

La GTAM 4 se met en route...

Pas encore de topo précis pour cette randonnée au long cours dans l'Atlas marocain, je crois bien qu'il ne le sera qu'une fois arrivé à la mer... Le but est de terminer la GTAM (ou Grande Traversée de l'Atlas) par l'accomplissement du tronçon Toubkal - Atlantique. J'envisage un périple de 20 à 25 jours en compagnie d'un ou plusieurs muletiers selon la taille du groupe. Lorsque je suis allé rendre visite à Michael Peyron l'été dernier, c'est le "papa" de la GTAM, il m'a confié les "clefs" de cet itinéraire qu'il avait ouvert dans les années 70 et bien mis à mal par les tour opérateurs qui dans leur grande majorité réduisent le parcours à une liaison du M'Goun au Toubkal avec parfois un grande partie motorisée... alors que la GTAM initiale part de Taza au SE de Fès et se conclut une bonne centaine de jours plus tard sur la côte Atlantique entre Essaouira et Agadir (Cap Rhir ou Sidi Kaouki)

Dans la lignée des précédents tronçons que Marie et moi avons parcourus, GTAM n°1 (d'Agouti à Imlil), GTAM n°2 (d'Imilchil à Hdida) et GTAM n°3 (de Midelt à Bou Taghar), la GTAM quatrième du nom sera effectuée dans le même esprit de découverte de beaux coins méconnus (alors là, comme il n'y a rien d'écrit sur le sujet depuis plus de 20 ans au moins, cela va être facile...) et pas dans la recherche de l'itinéraire le plus direct (sinon on passe par la route...).

Je vais m'appuyer sur les cartes topographiques en ma possession ainsi que les écrits de Michael Peyron (il m'a confié un exemplaire de son livre "La Grande Traversée de l'Atlas marocain" écrit en 1984) et ceux de Hamish Brown, impétueux découvreur de ces contrées depuis plus de 20 ans et qui a consigné ses impressions de voyages (qui a dit nombrilo-centriques ?) dans un livre relatant son épopée "The mountains look on Marrakech".

GTAM4 dans les grandes lignes

Même sans topo formalisé à ce jour, il n'empêche que le pragmatisme (et l'envie d'en découdre avec ce coin de l'Atlas...) m'a fait acheter dès à présent les billets d'avion : je vole donc sur Easyjet avec un départ le 10/06/2012 à 15h55 de Paris pour Marrakech, et un retour le 04/07/2012 à 9h00 d'Agadir pour Paris.

Le départ du trek d'Imlil (60 kms au sud de Marrakech) s'effectura le 11 juin au matin pour une fin de trek dans la banlieue d'Agadir le 3 juillet au plus tard... Des amplitudes de marche de 6h sont prévues (en gros 4h30 à 5h effectives épisodiquement un peu plus lors de l'ascension d'un des trois ou quatre sommets envisagés), des dénivelées conséquentes puisque l'on traverse l'Atlas de manière longitudinale (on "se fait" tous les fonds de thalwegs) avec une altitude moyenne de l'ordre de 2000m et des extrêmes s'inscrivant entre 3615m (le Djbel Igdet) et 0m, le jour de l'arrivée au bord de l'océan avec hommes et bêtes à la mer...!

Côté prix, hors transport aérien (à la charge de chaque participant, prix et dates) et selon la taille du groupe, on devrait s'inscrire aux alentours de 1100€/pers pour une prestation de l'aéroport de Marrakech à l'aéroport d'Agadir. Tout est compris, vous n'avez juste qu'à prendre vos affaires de marche (chaud et froid) ainsi qu'un duvet. Petit sac de 30 à 40 litres pour la journée et un sac baluchon de 100 litres (ou moins) que vous retrouverez chaque soir au camp.

Au tizi n'Ourai

Début février, le groupe était constitué de 5 personnes : 2 muletiers-cuisiniers de la vallée d'Imlil, M'hamed el Omary (le guide qui officie dans l'Anti-Atlas et qui a soif de nouveaux espaces de découverte), Jean-Marc mon fidèle compagnon des traversées au long cours au Maroc et moi-même. Une sixième personne qui se prénomme Véronique s'est jointe à notre mini-groupe et a décidé de nous accompagner dans cette virée exploratoire, soif d'espaces nouveaux, de découverte et de beauté rare. Il ne reste donc plus que 2 places.

Vous pouvez télécharger la carte estimative du trek ainsi que quelques conseils :

Carte GTAM n°4.pdf Carte GTAM n°4.pdf                            Infos complementaires sur la GTAM n°4.pdf Infos complementaires sur la GTAM n°4.pdf

Ki ki So so La Gyalo...

Et les dieux seront contents... Il n'y a pas qu'eux d'ailleurs ! Retour vendredi soir dernier de la Grande Traversée du Zanskar en Inde du Nord, diagonale Nord - Sud d'une partie de la chaîne himalayenne, là où elle est la plus fournie en épaisseur. Nous nous étions habitués au Népal à n'avoir qu'un col à franchir pour nous retrouver de l'autre côté de l'Himalaya après avoir remonté pendant une quinzaine de jours un profonde vallée creusée par une rivière... Eh bien, les provinces du Ladakh et le l'Himachal Pradesh situées à un petit millier de kilomètres au N de Delhi et coincées entre Chine et Pakistan ne sont pas faites de ce moule. Un petit coup d'oeil sur Google Earth vous convaincra de ce que je vous annonce. Et sur le terrain, ce n'est pas du gâteau ! Cette traversée d'une vingtaine de jours franchit pas moins de 12 cols dont l'altitude s'inscrit entre 4500 et 5100m. Excusez du peu... Et arrivés à la fin du périple, sur le chemin du retour vers la civilisation, encore et encore des dizaines de pics glacés qui se dressent vers le ciel... Ca n'en finira donc jamais ? Et ce fameux col du Rothang La qui culmine à 4000m nous présente toujours d'autres vues panoramiques où sommets enneigés et glaciers sont légion. Bien peu connues des trekkeurs, ces régions montagneuses à l'extrême sont d'une beauté à couper le souffle (il n'y a pas que l'altitude...). Peu de temps de répit au cours de ce périple très prenant. Juste au milieu, un havre de paix : le gros bourg de Padum. On en rêve lorsqu'on est en train d'oeuvrer dans la première partie, on y arrive enfin pour ne vouloir que le quitter de suite tant il rebute (on y trouve le juste nécessaire, pas de fioritures...) et que la réalité des faits est à des années lumières de ce que l'on s'était imaginé...

Affluence au Shingo La...

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Les Alpes en juillet...

On y croyait fort ! Marie me rejoint à la gare TGV de Valence cette veille de 14 juillet et nous voilà bloqués à Pont-en-Royans, contraints que nous sommes de nous replier en hôtel tant la pluie d'orage est dense. Ca promet : nous avons prévu quatre jours pour explorer le Vercors sud à jouer à rase bordure de falaise entre Pré Peyret et Bouvante-le-Haut. Espérons que la fenêtre météo va s'entrouvir :

Jour 1 : Du village de Rousset plein E en direction des Hauts-Plateaux puis S jusqu'à Pré Peyret avant de partir vers l'W pour initialiser le parcours sur le fil de l'arête S des plateaux du Vercors. Etape au col du Rousset (ville morte...).
Jour 2 : Tiens le temps semble vouloir se mettre au beau... Méfiance quand même, mais le Mistral qui a déjà soufflé toute la journée d'hier recommence à nous glacer le visage et le reste... Ciel bleu certes, mais Brrrr ! But de l'Aiglette, Col de Vassieux, But Saint Genix, nous voici bientôt au col de Font Payanne pour attaquer la dernière montée de la journée vers Font d'Urle. Et puis là-haut, sublime découverte : un causse aussi dépouillé que dans le Massif Central et tout au bout du bout, après avoir fait un large détour circumbulatoire, la "station" de Font d'Urle (ville quasiment morte là aussi...).
Jour 3 : Mais, c'est qu'il fait très beau ? On n'ose à peine le croire tant cela paraît irréel en cette saison. Vite fait, on grimpe vers le Pas de l'Infernet puis on s'engage sur la lèvre orientale du plateau d'Ambel avec comme point visé la Tête de la Dame. Beau panorama sur le Diois et la vallée de la Gervanne. Au loin les Baronnies nous narguent mais le Ventoux reste caché dans la brume. Il va bien falloir que l'on se décide à fouler ce sentier entre Vercors et Luberon, un jour... Descente du plateau par le Saut de la Truite jusqu'à Bouvante-le-Haut, bien en bas... En gros 1100 mètres de dénivelée négative et un petit village un peu moins mort que les deux places précédentes et l'accueil de Joëlle et René Faure à nul autre pareil. Belle soirée de partage.
Jour 4 : Il a venté toute la nuit si bien que les nuages sont réapparus dès potron-minet. A peine avons-nous mis le nez dehors que les premières gouttes de pluie apparaissent alors que nous nous employons à escalader le coteau pentu jusqu'au col de Rioupeysson. Et puis c'est le déluge : impossible de voir le chemin tant il est recouvert de torrents de boue qui dévalent alentours. A la ferme de Lente, nous decidons de suivre la route goudronnée. Bien nous en a pris : le débonnaire ruisseau du Brudour se déchaîne et s'étale en forêt sur une vingtaine de mètres de large emportant arbres, buissons et chemin. Le GR95 nécessitera quelques travaux de réhabilitation... Quatre heures de marche et de glissades, les chaussures saturées d'eau, et ça fait floc, splash et encore floc... Nous nous arrêtons peu avant le col de la Chau et appelons un taxi. Rando, oui, mais avec du plaisir ! Descente en voiture sur Grenoble avec la halte roborative à Villard-de-Lans, déserté. Un petit coup d'oeil au bulletin météo pour me rassurer que la semaine prochaine en Vanoise s'effectuera bien sous les meilleurs auspices. Prévisions mitigées mais plutôt engageantes. Col alpins, gardez-vous bien, j'arrive !

Sur la bordure E du plateau d'Ambel

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Vercors N et Coulmes en ligne...

Il fallait rebondir après les "péripéties" du début du mois d'août... Une fois revenus à Paris (voir le précédent billet de blog Ladakh, l'amertume...), comment se remettre dans le sens de la marche ? Un peu de rangement dans la maison après les travaux, mais ça n'occupe pas un tandem de voyageurs frustrés par la queue de poisson qu'il a subie... Décision est prise de s'aérer l'esprit et de sortir de la léthargie post-évènements en se faisant violence : on part marcher ! Où ? Là où il fait beau, où l'on va pouvoir se remplir l'esprit de beaux paysages, où les rencontres sympathiques nous permettront de mettre de côté notre spleen... Les Alpes du Sud du côté de Réallon ou plutôt le Vercors ? Revenus du vendredi d'avant, on compose à l'arrache un circuit en autonome (tente + cabanes + popote + bouffe à porter...), on réserve l'aller-retour en TGV Paris-Grenoble et hop nous voilà partis en deux temps trois mouvements vers cette région superbe dont nous avions déjà exploré les contreforts Est quelques années en arrière. Ce coup-ci, c'est la volonté de découvrir le Nord et l'Ouest de ce massif qui nous donne une ébauche de circuit : on partira d'Engins, on suivra la bordure Nord du massif avant de rejoindre Choranche et ses fabuleuses grottes avant de se diriger vers le col du Rousset et revenir sur le Grand-Veymont. Au départ d'Engins, le sac est lourd. Le lendemain, le GR9 se révèle ardu lorsque l'on doit franchir des zones de lapiaz rendues glissantes par les pluies d'orage des jours précédents. Les 6 heures de marche avec une charge dorsale très lourde sont épuisantes à cause de l'attention que l'on doit porter à chaque pas. Le soir, grosse difficulté pour trouver un point d'eau (merci à la sympathique VTTiste qui nous a indiqué la fontaine de Font-Renard alors que nous semblions désespérés de ne pas savoir où nous poser du côté de Font-Scellier). Après une nuit humide dans les sous-bois, la montée au Pas de Pertuson, avec ses pentes démoniaques en forêt au départ d'Autrans, nous décide à trouver une autre alternative afin de poursuivre le voyage pédestre avec la composante "plaisir". Nous entrons dans Rencurel aux alentours de midi trente et passons devant une maison. Nous nous enquerrons auprès d'une personne qui nous salue sur le pas de sa porte de la présence d'un gîte d'étape dans le village. Et puis là, tout s'enchaîne : nous faisons la connaissance d'Anne-Marie et Bernard qui vont remuer pendant tout l'après-midi le microcosme rencurellois afin de nous trouver un point de chute pour la nuit. Nous passerons un long moment ensemble à mieux nous connaître et à échanger sur de nombreux sujets communs. Ils connaissent bien le pays dans lequel ils vivent. Nous leur exposons notre déplaisir et nous orientent sur un itinéraire de substitution : l'exploration d'un massif forestier en bordure Nord-Ouest du Vercors à mi-hauteur, dans la montagne au-dessus de St Marcellin. Ce lieu d'exception se nomme les Coulmes. Plutôt que de nous casser le dos, nous irons de gîte en gîte et repasserons à Rencurel pour récupérer le matos que nous leur laissons en dépôt. Un bonjour, un sourire, un échange, et cette heureuse rencontre va nous conduire à découvrir, cette fois-ci avec le grand plaisir de porter un sac moins chargé, une région sensationnelle et bien peu parcourue. Et pourtant, elle ne laisse pas insensible. Les gens de rencontre que nous croiserons sont à l'image des paysages dans lesquels ils vivent : accueillants, doux, bons,... Ce coin de paradis, je vais vous dire, on en est tombé amoureux... Jetez un coup d'oeil sur ce topo de randonnée d'une semaine, lancez les diaporamas et inscrivez d'ores et déjà sur votre agenda, au programme de l'année prochaine entre les mois de juin et octobre : "Vercors Nord et Tour des Coulmes, penser à poser une semaine de vacances et réserver les places de TGV...". Merci à la FFRP d'avoir cru en ce massif et de nous proposer ce circuit. Je n'oublie pas non plus les agents du Parc du Vercors qui font un travail sensationnel sur le terrain : à l'instar de la Suisse et de l'Ile de la Réunion, le balisage et le repérage des sentiers est top !

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