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Les dagues rituelles de Himalaya

Je vais faire un peu de pub pour un beau livre traitant d'un sujet rare, les dagues rituelles en Himalaya, dont l'un des auteurs, Nicole Grimaud, est une "copine de classe" du temps (il n'y a pas si longtemps que ça...) où je fréquentais les bancs de l'INALCO à Paris. C'est ici que, grâce au (con)cours des professeurs (Sushila Manandhar, Ram Panday, Rémi Bordes mais aussi quelques intervenants du CNRS comme Joëlle Smadja, Rachel Guidoni, Marie Lecomte-Tilouine, Olivia Aubriot et Philippe Ramirez), j'ai pu acquérir les bases de la langue népalie et mieux comprendre l'histoire, la géographie, l'ethnologie et bien d'autres aspects indispensables de la civilisation du sous-continent indien. J'ai croisé Nicole, à cette période en classe de tibétain, lors des cours magistraux réunissant les classes de tibétain et de népali.

Livre dagues rituelles

Il y a une offre de souscription en avant-première valable jusqu'à la fin juin 2017. Ne la ratez pas !

Bon souscription livre

Le dernier roi du Mustang s'est éteint

Le dernier roi du Mustang (officiel depuis l'abolition de la royauté au Népal en 2008), Jigme Dorje Palbar Bista, s'est éteint dans sa résidence de Katmandou le 16 décembre 2016. Il avait 86 ans. Ci-dessous, une photo prise en 2011 dans son palais lors de l'étape à Lo Manthang (trek Mustang secret). Le groupe que je conduisais l'avait rencontré en audience. Je ne savais pas que ce serait la dernière fois... En 2012, à l'occasion de Tiji, j'avais rencontré son fils, le Prince Jigme Singi Palbar Bista. Celui-ci présidait la cérémonie à sa place du fait que son père souffrait d'asthme chronique. Il ne lui était pas conseillé de se déplacer à une altitude trop importante (la capitale du Mustang se trouve pratiquement à 4000m). Ceci dit, être asthmatique à Katmandou, ce n'est pas le pied non plus...! Je pense que tous les lopas sont tristes de cette disparition, Jigme Dorje Palbar Bista ayant toujours été très proche de ses concitoyens. Je m'associe à leur peine...

Audience chez le roi du Mustang, Jigme Palbar Bista          Roi du Mustang dans les champs (Photo : Th. Laird - In the land of Mustang (ed. Timeless Books)

Ouverture de Chudzong gompa (Mustang - Népal)

Depuis novembre 2011, moment où j'ai découvert l'emplacement de Chudzong gompa (autres dénominations : Chhuchhu, Chhujung, Sao) et dont le compte-rendu du voyage avait à l'époque fait l'objet d'une publication en beau livre Mustang secret, je n'ai eu de cesse, à chaque fois que je passais par cet endroit mythique perdu au fond des vallées de l'Est du Mustang, de désirer en visiter l'intérieur. Mais, jusqu'à présent, je n'en n'avais jamais eu l'occasion : les lopas souhaitaient garder cet endroit caché et même pour ceux qui en connaissaient l'emplacement il devait rester fermé aux touristes. A chacune de mes visites, j'avais pu me rendre dans la gompa troglodyte toujours ouverte et située 30m au-dessus du bâtiment principal. Mais peintures murales et statues résidaient en bas...

Chudzong gompa

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Mustang - Le chaînon manquant documenté !

Au collet à 4905m, on tient le bon bout !

Exploré et réalisé au printemps 2015 par Anthony Nicolazzi dans le sens Gayu kharka - Damodar kunda, il manquait sur le Net la documentation commentée de cet itinéraire d'exception alternatif au chemin des pélerins qui emprunte depuis Yara crêtes et plateaux en rive droite de la Dhechyang khola. Parcouru en sens inverse, de Damodar kunda à Gayu kharka à la fin du mois d'octobre 2016 (aidé en cela par les repérages et les quelques cairns laissés par Tonio...) dans le cadre du Grand Tour du Mustang, une collaboration Tamera et A.R.T guidée par Bibi..., je vous livre les explications, la carte et les photos commentées de cette liaison pédestre un tantinet sauvage à ne pas mettre entre toutes les mains : même si nous avons renforcé la signalétique sur le terrain, il s'agit, en attendant d'éventuels travaux de viabilisation opérés par les équipes népalaises de l'A.C.A.P, d'un itinéraire REELLEMENT sauvage à suivre avec toute l'attention désirée ! Info de dernière minute : pour 2017, Tamera le propose à nouveau à son catalogue.

Pour clore ce billet de blog, je tiens sincèrement à remercier mes compagnons de route Anne-Marie, Dominique, Eric, Marinus et Martial côté "touristes" qui m'ont fait confiance tout au long de ce trek d'exploration, Bhoras, Thirta, les deux Bhim et Lakpa, mes trois assistants de route, ainsi que la totalité du staff népalais, porteurs et kitchen-boys, qui, par leur travail et leur abnégation de tous les instants, ont permis que ce Grand Tour du Mustang de 26 jours de marche soit une réussite totale. Merci aussi à Chhetup Tamang, directeur d'A.R.T, de m'avoir confié une aussi belle équipe !

Et, à tout seigneur tout honneur, dédicace spéciale à destination de ce baroudeur-découvreur de Paulo Grobel pour la somme de ses repérages au Mustang depuis plus de 10 ans et sa judicieuse idée de "Chaînon manquant" ;-)
Un immense merci !

Pierre

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Semaine népalaise à Beaufort-sur-Gervanne

Pour ceux qui habitent dans la Drôme ou les départements voisins, je vous donne rendez-vous pour cet évènement qui se tiendra dans le charmant village de Beaufort-sur-Gervanne situé au sud du Parc naturel du Vercors entre le 11 et le 14 février 2016. Etant président de l'association Reconstruction Bolde Phediche montée il y 6 mois pour venir en aide au village de mon ami Chhetup Tamang et disposant dans mon nouveau village d'adoption une salle d'animation "flambant" neuve, je n'ai pas perdu de temps et ai demandé à Mme la Maire de bien vouloir me réserver un petit créneau pour présenter mon expo-vente de photos mais également pour organiser à l'aide de diaporamas, de films, de beaux livres, de magazines, de cartes, d'artisanat et bien d'autres moyens divers, une découverte de ce petit pays d'Asie enclavé humainement entre l'Inde et la Chine mais aussi géographiquement entre les plaines surchauffées et les sommets glaciaires les plus hauts de la planète. Et aux habitants si attachants...

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Népal : les monuments sont au coeur de la vie de la cité

Josiane continue de me transmettre des articles choisis sur les médias népalais. Dans le prolongement du précédent billet de blog, on aborde aujourd'hui en profondeur la notion de guthi qui ordonnance la vie quotidienne des Néwars, le groupe ethnique qui peuple en grande majorité la vallée de Katmandou. On comprendra mieux le pourquoi de la nécessité de reconstruire au plus vite les temples qui ne sont pas que des "ornements" ou des "monuments historiques à touristes".

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Tangible and Intangible Heritages of Kathmandu
Posted: 25 Sep 2015 05:00 PM PDT on ecs.com.np

By Shreeansh Agrawal

Although the April 25th earthquake might have caused wide-spread damage to the tangible heritages of Nepal, the intangible heritages are still intact and thriving.

Much has been said about the destruction of cultural heritage sites brought on by the 2015 earthquake. Preservation efforts are underway and various bodies have been involved in restoring damaged structures. This aspect of our heritage - the tangible, palpable part - has been paid ample attention to but the intangible sense of culture attached to it has been an elusive topic in public debates and discussions. It is casually addressed as being at risk due to the destruction of its physical counterpart, but what exactly intangible heritage is, especially in the context of Kathmandu Valley, and what it means to try and preserve it, is a conversation that has not been given the light it deserves.

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Népal : quid de la reconstruction des monuments ?

Mon amie Josiane, avec laquelle j'ai usé mes fonds de culottes pendant trois ans à l'INALCO en cours de népali et qui se trouve actuellement à Katmandou hébergée dans une famille Néwar me transmet cet article. Je vous invite à en prendre connaissance si vous vous posez des questions sur la problématique de la reconstruction des monuments détruits par le séisme du 25 avril 2015. Vous apprendrez, si vous ne le saviez pas déjà, l'importance de ces temples dans la vie de quartier autour desquels s'organise la vie communautaire. Gérad Toffin, l'ethnologue français spécialiste de l'ethnie Néwar, a abondamment parlé de ces guthis. L'article de presse est rédigé en anglais mais vous pouvez le faire traduire en français par Google (même si le résultat ressemble à du "petit nègre" -quelle horrible expression !-, vous pourrez appréhender une grande partie de cette problématique.

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A Monumental Rebuild
Posted: 21 Sep 2015 05:00 PM PDT on ecs.com.np

By Iona Liddell
A few of the world heritage sites in Kathmandu valley were damaged by the Spring 2015 earthquakes and aftershocks, but a rebuild plan is in place, giving visitors and locals alike a unique opportunity over the next six years to see exactly how such wondrous buildings are made, whilst enjoying the living cultures that exist around these sites. Kathmandu Valley is reknowned for its cultural heritage, most famously rendered in its sacred sites - the Buddhist centres of Swyambhu and Boudha, the Hindu temple complexes of Pasupathinath and Changu Narayan, and the Durbar Squares of Patan, Bhaktapur and Hanuman Dhoka. In 1979 these seven groups of monuments were officially recognized as World Heritage Sites by UNESCO, meeting the criteria of demonstrating significant stages in human history, being a unique testimony to living cultural traditions and being directly associated with events, living traditions, ideas, beliefs and artistic and literary works. 
In Spring 2015 earthquakes, these proud monuments and the communities around them suffered a reeling blow, but they are slowly bouncing back. Three months on, archaeologists, architects and artisans are taking stock. The rush to rescue pieces, create inventories of what was found and secure temples before the monsoon rains could wreak a second layer of damage. These experts have turned to planning the years ahead, in order to stabilize and rebuild the valley’s cultural heart. This throws up interesting issues, which will need to be grappled with and overcome, but all experts are unanimous in their support for visitors to come, enjoy watching the building process and perhaps even get more involved. 

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Népal 2015, tempête sous un crâne...

J'ai extrait de mon journal personnel quatre journées qui me paraissent, à la relecture, avoir un sens pour que je les partage. Ces considérations qui n'engagent que moi (et la vision du monde qui m'entoure) ont été couchées sur le papier alors que vient de se produire un tremblement de terre... (Népal - printemps 2015)

J'y étais, oui, j'y étais... Et qui plus est, à une infime distance de l'épicentre, moins de 80 kms à vol d'oiseau, un rien à l'échelle de la Terre. A peu de choses près, à la même distance de Kathmandou, mais dans la direction opposée et avec un "mur" entre lui et moi : la chaîne des Annapurna. Pour mon bonheur, cette fois-ci, je n'étais pas dans une des régions situées à l'est de la capitale (Helambu, Ramechhap, Solu Khumbu), ni au camp de base de l'Everest, ni même dans la région du Manaslu et de Gorkha, non, tout simplement au nord de la chaîne de l'Himalaya, au Mustang. J'ai eu la chance de me trouver "du bon côté", mais quelle bonne idée j'ai eue d'avoir décidé ce printemps-là de retourner arpenter cette région assurément protégée des Dieux, ce secteur désertique dont le sous-sol s'est formé il y a plus de 40 millions d'années quand le sous-continent indien est venu percuter l'Asie en créant la chaîne de l'Himalaya. Cette dernière, au moment de la surrection, a propulsé les fonds marins de la mer de Téthys à une hauteur de plus de 3500m au-dessus du niveau de la Terre, créant par là-même un désert d'altitude d'une épaisseur telle que les ondes sismiques, même les plus violentes (comme celles qui ont ravagé le Népal il y a quelques jours avec un rare coefficient de 7.8 sur l'échelle de Richter) se sont trouvées atténuées au niveau d'un simple effet de frémissement comme lors du passage d'un camion sur un pont en béton... Incroyable mais vrai ! Autour de nous, quelques cailloux ont dévalé d'un couloir abrupt et puis c'est tout. Vraiment tout !

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12e Fête du Népal

Comme chaque année à cette période, la Maison Culturelle du Népal (dont je fais partie) vous invite à sa fête à la pagode du Bois de Vincennes à Paris XIIe. Beaucoup d'animations, de danses, de stands d'associations qui vous mettront dans l'ambiance de là-bas, ou presque... Car cette année un sujet sera présent dans toutes les discussions : l'état dans lequel se trouve le pays après avoir "essuyé" il y a un mois deux tremblements de terre de puissances assez peu communes (7.9 et 7.4) qui ont laissé exangue une grande partie de la vallée de Kathmandou et la région orientale des collines du pays, en gros de Gorkha, une grosse bourgade située au pied du Manaslu jusqu'à Taplejung du côté du Kangchenjunga. A l'occasion, ce sont près de 10000 morts et 20000 blessés qui ont été comptés. L'aide internationale a répondu "présent" pour les interventions d'urgence post-séisme. Mais qu'en sera-t-il pour mener à bien la reconstruction des nombreuses zonnes touchées ?

Plusieurs débats seront organisés au cours desquels vous pourrez prendre conscience de ce que le peuple népalais est en train d'endurer. Et malheureusement, il est à penser que ce n'est pas terminé ! Etait-ce le séisme du "Grand Jour" ou bien le premier d'une série en cours ? Quelles sont les mesures à prendre pour que les épidémies ne se propagent pas alors que la mousson commence à pointer "le bout de son nez" dans l'E du pays ? Peut-on vivre des mois ou des années (pour les plus démunis) sous une tente de fortune ? Que reconstruire et comment ? Que décider pour le patrimoine historique atteint à plus de 50% ?

Le programme de conférences gratuites qui est proposé traitera de sujets variés (géographie, ethnologie, civilisation, reconstruction, etc.). Nous vous y attendons très nombreux !

Cliquez sur ce lien pour obtenir le programme des conférences : Carte générale GTAM1 mcn-conferences2015.pdf

Affiche festival du nepal 2015

Le fil d'Ariane, quelle foutaise !

Ariane, ce "merveilleux" service opérationnel depuis quelques années, est proposé par le Ministère des Affaires étrangères français. Annoncé à grand renfort de communication par notre cher ministre de l'époque David Douillet, eh bien, j'en suis revenu... Avant chaque voyage lointain, je fais l'effort de déclarer sur le site le programme du voyage (même si je suis obligé de faire concis car 240 caractères pour décrire un voyage de 2 mois ça fait un peu court...), les gens qui m'accompagnent, les personnes à prévenir en cas d'urgence, les numéros de téléphone auxquels on peut me joindre en cas de besoin urgent, téléphone GSM mais aussi téléphone satellite sur lequel on peut même déposer des messages en SMS. Par exemple "Tremblement de Terre de 7.9 au Népal, veuillez rassurer vos proches". C'est concis, clair, et comme je me connecte au moins une fois tous les deux jours, il n'y a aucun problème pour que je récupère à tout coup les messages. Il y a même une messagerie vocale, payante elle, d'où l'utilité du logiciel gratuit Satway qui permet d'envoyer gratuitement des SMS depuis un smartphone. Un autre moyen ? Le mail adressé au numéro de l'utilisateur numero@message.inmarsat.com.

Ariane pageaccueil

Eh bien, Ariane, c'est de la foutaise ! Lors de la cellule de crise qui s'est montée au Ministère des Affaires étrangères lors du tremblement de Terre au Népal ce 25 avril dernier, les données rentrées dans le logiciel Ariane ont été analysées, certes, pour en extraire deux informations : le fait que j'étais au Népal à cette date et mon adresse mail. Ma femme, restée à la maison et que j'avais déclarée sur Ariane comme personne à prévenir en cas d'urgence n'a pas été appelée, et elle a dû spontanément faire la démarche de joindre la cellule de crise pour déclarer qu'elle n'avait pas de nouvelles de moi. "Mais dans quelle région était-il ?" "Ben, c'est écrit sur le serveur Ariane" "C'est quoi...?" "Ah ! Excusez-moi"... En fait, une alerte m'a bien été envoyée. Youpee ! Pas sur l'un des téléphones déclarés mais tout simplement par mail... Oui, oui, j'ai reçu un mail, vous avez bien lu un mail, évidemment dont j'ai pris connaissance lorsque j'ai pu de nouveau joindre mon serveur de messagerie (la seule condition était d'avoir accès à internet...), c'est à dire 28 jours après que l'évènement se soit produit...

C'est bien connu (au moins par les concepteurs du système Ariane et par ceux qui utilisent éventuellement les données...), le mail est VRAIMENT le meilleur vecteur pour toucher une population de personnes délocalisée dans un pays où les communications internet sont inexistantes en dehors des grandes villes, éventuellement ravagé par un séisme dévastateur des moyens de communication de données... Mais quelle idée ! A croire que ces gens du Ministère qui sont payés à construire ou utiliser des systèmes faits pour garantir notre sécurité ne se sont jamais retrouvés en pleine nature à l'autre bout du Monde. Ceci dit, sans aller jusqu'au Népal ou autres, il n'ont simplement qu'à se déplacer dans les zones blanches du territoire français pour tester leur produit d'alerte (il y en a forcément une pas loin de chez eux si on prend en compte le "programme de développement de la couverture en 3G" de ces zones blanches annoncé pour 2016 - 2017).

Envoyer un mail, quelle aberration... Quand on dit que le peuple est déconnecté de ses représentants (ou de ceux qui assurent le service de la Nation), je suis d'accord ! En fin de compte, ce serait plutôt l'inverse : nos représentants déconnectés de la réalité... Pour moi, Ariane, c'est fini ! Le fil est coupé.

Pierre MARTIN (de retour du Népal - fin mai 2015).