leh

Les dagues rituelles de Himalaya

Je vais faire un peu de pub pour un beau livre traitant d'un sujet rare, les dagues rituelles en Himalaya, dont l'un des auteurs, Nicole Grimaud, est une "copine de classe" du temps (il n'y a pas si longtemps que ça...) où je fréquentais les bancs de l'INALCO à Paris. C'est ici que, grâce au (con)cours des professeurs (Sushila Manandhar, Ram Panday, Rémi Bordes mais aussi quelques intervenants du CNRS comme Joëlle Smadja, Rachel Guidoni, Marie Lecomte-Tilouine, Olivia Aubriot et Philippe Ramirez), j'ai pu acquérir les bases de la langue népalie et mieux comprendre l'histoire, la géographie, l'ethnologie et bien d'autres aspects indispensables de la civilisation du sous-continent indien. J'ai croisé Nicole, à cette période en classe de tibétain, lors des cours magistraux réunissant les classes de tibétain et de népali.

Livre dagues rituelles

Il y a une offre de souscription en avant-première valable jusqu'à la fin juin 2017. Ne la ratez pas !

Bon souscription livre

Infos Ladakh été 2015

De retour du Ladakh - Zangskar, Christophe Aebi me communique les informations suivantes [après les coulées de boue de la fin du printemps 2015 consécutives à la libération de l'eau contenue dans le barrage sur la Tsarap chu et qui a (presque) tout raviné sur son passage -voir http://ladak.free.fr/commun/html/tripnews.htm]. Merci à lui !

"Je rentre du Ladakh et du Zanskar. Nous avons réalisé à deux en autonomie le trek de Kanji à Darsha. Je peux vous transmettre les infos suivantes concernant l'état des routes, des itinéraires et des ponts. Sengge-La : depuis le Nord, la piste est coupée dans la montée vers Manechan, pont emporté l'hiver passé. Donc pas de circulation au col. Pas de tea-shop non plus. Il n'y a plus de pont à Nyerog. Traversée possible à pied (nacelle suspendue aux câbles), mais pas possible avec les mules. Pont à Pidmo : réparé. Pont à Pishu : emporté. Route de Padum à Reru : Ok Passerelle à Reru sur la la Zangspo : refait à neuf, très beau. Passerelles de Spang, Dordzong, Tsetang: détruits, emportés. Passerelle à Cha : praticable à pied. Passerelle à Phugtal Gompa : refait à neuf, praticable à pied, mais pas pour les mulets. Guest House de Phugtal Gompa : fermé pour raison inconnue. Pour d'autres infos, vous pouvez m'écrire : aebichris(at)bluewin.ch"

Depuis l'alignement de chortens, vue plongeante sur la gompa de Phuktal

Au Ladakh, un itinéraire d'exception est né...

Bonjour,

J’en rêvais depuis quelques années de ce Grand Tour du Ladakh… Vraiment « hors des sentiers battus », il n’avait pour vocation qu’à imaginer un itinéraire qui fasse le tour d’un massif. En Europe, on a bien les tours du Mont-Blanc, de la Vanoise, des Ecrins, du Mont-Rose, etc. Et pourquoi donc le Ladakh n’aurait-il pas non plus le droit à son tour, hein… ? C’est avec Sonam Dawa, directeur de l’agence Adventure Travel Mark de Leh et fin connaisseur de l’Himalaya indien, qu’à l’été 2012, juste avant de partir pour la traversée des plateaux du Rupshu, nous avons imaginé une circambulation (certains parleraient d’une kora…) qui aurait pour barycentre l’épine dorsale de la Zangskar Range, une chaîne de montagne qui s’étend du NW au SE, enserrée entre la Ladakh Range au N et la Great Himalayan Range au S. Nous avons donc tracé sur la carte des croix correspondant aux étapes probables et nous en étions arrivé à 44. En ajoutant 3 jours de repos disséminés tout au long du parcours pour reposer hommes et bêtes (je n’envisageais pas ce tour autrement qu’accompagné d’une caravane de mules) et permettre le ravitaillement à des points où la route venait affleurer le circuit, on comptabilisait 47 jours ! Afin de faire profiter de cet itinéraire à un maximum de personnes, j’avais proposé des points d’entrée-sortie pour rejoindre ou quitter le groupe, comprenant bien que l’on ne puisse pas envisager 47 jours de marche ou s’absenter sur une aussi longue période… J’avais segmenté la boucle en plusieurs sous-ensembles d’une durée de marche de 10 à 47 jours (voir le billet de blog d’annonce du trek en partance).

Notre caravane traverse le plateau de Kharnag

Ce Tour a donc été effectué au cours de l’été 2013 et, en fonction des conditions que nous avons rencontrées sur le chemin (sentiers détruits demandant plus de temps du fait des incessantes traversées de rivières, ou carrément impraticables nécessitant une modification d’itinéraire, ou bien encore l’interprétation des innombrables erreurs de tracé des cartes topographiques en notre possession), je propose in fine la segmentation de ce Grand Tour du Ladakh en 3 parties qui, en les aboutant, permet de recréer l’itinéraire complet :

- la première en 13 jours partant de Sangtha au SE du massif et se terminant à Chilling,
- la seconde en 19 jours de Chilling à Zangla (Padum) via Wanla et Kanji,
- la troisième en 11 jours de Zangla (Padum) à Sangtha.

Ce que je n’avais pas imaginé, c’est que les deuxième et troisième parties allaient sous peu (dans les très prochaines années) être appelées à devenir les seules véritables alternatives à la mort annoncée de l’emblématique Grande Traversée du Zanskar connue des trekkers du monde entier. Celle-ci vit en effet ses dernières années du fait de la réalisation de la piste, réduisant à peau de chagrin l’espace piétonnier sur sentier. On est passé de 20 jours autrefois à seulement 6 jours hors piste aujourd’hui et demain plus rien (voir article de blog à ce sujet).

Un aigle au-dessus du Tarti La (Ladakh)

D’un intérêt majeur au niveau des paysages et caractérisé par son caractère « hors des sentiers battus » affirmé voire à de nombreux moments wilderness total, cette randonnée plus ou moins au long cours (selon la ou les portions sur lesquelles vous vous engagerez…) ne revêt pas plus de difficultés qu’une autre réalisée dans le périmètre himalayen (bien sûr…). Voici quelques chiffres, histoire de ne pas se prendre au sérieux :

- 43 jours de marche (13 + 19 + 11),
- 3 jours de repos,
- 24 cols dont 17 au-dessus de 4800m et 10 au-dessus de 5000m,
- 5300m, l’altitude maximale atteinte au Marang La (41eme jour),
- 183 heures de marche (58 + 72 + 53),
- entre 600 et 800 kms (impossible à comptabiliser en montagne),
- 27000m de dénivelées positive et négative (7330m/8425m + 12060m/11725m + 7750m/6755m),
- 50 guirlandes de drapeaux à prières déposées dans les cols (« Ki ki So so La Gyalo ! »),
- 1 paire de chaussures tige basse à 49,90€ de chez Quechua (Arpenaz 500) photo,
- 4000 photos,
- et seulement 3 jours de viande…

Je vous invite à découvrir cet itinéraire d'exception en cliquant sur le lien suivant Grand Tour du Ladakh. Les aspects pratiques seront comme d'hab' traités dans les rubriques Préparatifs ou Sur place. Bonne lecture et faîtes de beaux rêves... de voyages au Ladakh !

Amicalement.

Pierre

Et pour ceux qui étaient de la fête, un petit diaporama de ces deux mois de trek :

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Ladakh, la G.T.Z, c'est fini...?

Cet été 2013, les pistes poursuivent leur pénétration dans le cœur du Ladakh et au Zangskar. Certes, elles vont heureusement permettre à de nombreux villages de sortir de leur isolement, permettre l’accès « rapide » aux soins et autoriser les ravitaillements en produits de première nécessité à un coût peu onéreux…, faire en sorte que les adolescents scolarisés à Leh, la capitale du Ladakh, ne passent pas les trois-quarts de leurs quinze jours de vacances scolaires sur les sentiers de liaison pour revenir de leur village et retourner au collège… Tout cela c’est du tout bon ! Mais pour nous, les randonneurs, avides d’espaces vierges de civilisation (même si une bonne bière a toujours eu « bonne presse » après une journée de crapahut), il va falloir que nous composions avec cette nouvelle donne, à moins que vous soyez des aficionados de la marche sur piste poussiéreuse… Auquel cas, la GTZ ou Grande Traversée du Zanskar version 2014 est faite pour vous…!

La G.T.Z. en 2013

légende
en   rouge    la GTZ depuis Kanji,
             en   vert   la "variante" depuis Lamayuru,
  en   noir    les pistes et les routes

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Ki ki So so La Gyalo...

Et les dieux seront contents... Il n'y a pas qu'eux d'ailleurs ! Retour vendredi soir dernier de la Grande Traversée du Zanskar en Inde du Nord, diagonale Nord - Sud d'une partie de la chaîne himalayenne, là où elle est la plus fournie en épaisseur. Nous nous étions habitués au Népal à n'avoir qu'un col à franchir pour nous retrouver de l'autre côté de l'Himalaya après avoir remonté pendant une quinzaine de jours un profonde vallée creusée par une rivière... Eh bien, les provinces du Ladakh et le l'Himachal Pradesh situées à un petit millier de kilomètres au N de Delhi et coincées entre Chine et Pakistan ne sont pas faites de ce moule. Un petit coup d'oeil sur Google Earth vous convaincra de ce que je vous annonce. Et sur le terrain, ce n'est pas du gâteau ! Cette traversée d'une vingtaine de jours franchit pas moins de 12 cols dont l'altitude s'inscrit entre 4500 et 5100m. Excusez du peu... Et arrivés à la fin du périple, sur le chemin du retour vers la civilisation, encore et encore des dizaines de pics glacés qui se dressent vers le ciel... Ca n'en finira donc jamais ? Et ce fameux col du Rothang La qui culmine à 4000m nous présente toujours d'autres vues panoramiques où sommets enneigés et glaciers sont légion. Bien peu connues des trekkeurs, ces régions montagneuses à l'extrême sont d'une beauté à couper le souffle (il n'y a pas que l'altitude...). Peu de temps de répit au cours de ce périple très prenant. Juste au milieu, un havre de paix : le gros bourg de Padum. On en rêve lorsqu'on est en train d'oeuvrer dans la première partie, on y arrive enfin pour ne vouloir que le quitter de suite tant il rebute (on y trouve le juste nécessaire, pas de fioritures...) et que la réalité des faits est à des années lumières de ce que l'on s'était imaginé...

Affluence au Shingo La...

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Ladakh, l'amertume...

Je n’ai pas pour habitude sur ce site de vous raconter ma vie. Je mets à votre disposition des topos de randonnées que j’ai construits et exécutés sur le terrain afin de vous proposer le meilleur niveau de détail et que vous puissiez randonner avec des informations les plus précises possibles. Tout le monde n’a pas la chance ou simplement le temps de pouvoir préparer avec autant de minutie ses vacances et sur le genre de destinations couvertes, il n’y a pas de place pour l’à peu près… Les topos vous apportent toutes « les billes » pour que vous puissiez monter vos propres itinéraires « hors des sentiers battus ». Le blog était jusqu’à ce jour uniquement utilisé comme lettre d’information : des nouveaux topos qui sortent, des diaporamas qui viennent illustrer des topos existants, le programme de randonnées à venir ou bien les bons plans que j’avais pu glaner sur le web, ou transmis par des amis, et que je voulais vous faire partager. Je vous avais donc annoncé dans un précédent billet de blog que Marie et moi avions décidé de partir cet été pour l’Inde du Nord. Paysages splendides, cols de haute altitude, air pur, il n’en fallait pas plus pour que nous rejoignions les nombreux trekkeurs de tous pays qui s’y rendent chaque été s’adonner à leur passion. Cette région a pour nom le Ladakh. Elle se situe dans la province du Jammu-Kashmir en Inde du Nord, coincée entre le Pakistan à l’W et la Chine (Province du Tibet) à l’E. La capitale s’appelle Leh. Même si le drame vécu au Pakistan a souvent monopolisé (à raison) les bulletins d’information pendant l’été, l’Inde du Nord ne doit pas vous être totalement inconnue côté faits divers. Rappelez-vous…

Revenons quelques mois en arrière : au printemps, Marie et moi cherchions donc une destination pour notre grand voyage de l’année, destination qui puisse concilier nos impératifs d’emplois du temps bien différents. Une chose était sûre : il lui serait impossible de se libérer comme à l’habitude soit en novembre pour le Népal soit en décembre pour la Réunion à cause du programme chargé de cours qu’elle suit à l’université. Comme les voyages c’est plus sympa à deux… je n’envisageais pas non plus de partir seul faire un trek techniquement « dans ses cordes ». Nous tombâmes d’accord que la seule période envisageable était le mois d’août et, pour randonner dans la chaîne de l’Himalaya, la destination du Ladakh s’imposait d’elle-même. Cette région désertique d’altitude présente des paysages désolés et se caractérise par un climat sec de juin à septembre, une particularité dans la chaîne de l’Himalaya à cette époque, puisque la mousson reste cantonnée sur la plaine indienne, bloquée qu’elle est par les premiers contreforts montagneux (il ne tombe que 100mm d’eau par an dans la région…). Marie avait déjà expérimenté cette destination en 1995 pour une randonnée du village d’Hémis au lac Tsomoriri. Elle en gardait un souvenir ému. Quant à moi, cette région m’était inconnue et, bien évidemment, je souhaitais ardemment la découvrir. Si fait ! Nous recherchons comme à notre habitude une agence locale pour nous aider à monter notre trek et décidons de partir avec Shanti Travels, agence franco-indienne installée à Delhi, présentant un large panel de treks sur son site web. Contact hyper rapide, très professionnel, devis dans les deux jours qui suivent, réponse immédiate aux demandes d’explications, bref, de la belle ouvrage… Les premiers contacts par mail semblent vraiment très prometteurs. Qui plus est, les prix annoncés sont dans nos cordes. Tout baigne ! Date est prise pour le circuit de la Grande Traversée du Zanskar et une extension vers Agra et Jaïpur en fin de séjour pour un prix total de 3000€ pour deux, hors voyages aériens internationaux, entre le 1er et le 29 août 2010. A fond la forme comme disent certains… On se prépare du feu de dieu sur la GTAM3 au Maroc en juin que je complète d’un Alpi-Toubkal3 début juillet. Plus affiné tu meurs !

Voici donc le jour par jour de ce voyage merveilleux qui s’est malheureusement transformé en voyage au bout de l’enfer… Si je n’écris ce billet qu’aujourd’hui, c’est que nous en sommes revenus profondément touchés de ce que nous avons vécu sur place. Il nous a été impossible de coucher les mots plus tôt bien que rentrés sur Paris depuis la mi-août. Il fallait d’abord se reconstruire…

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