Entre les Cols secrets du Toubkal, itinéraire original circumbulatoire du massif se cantonnant aux sentiers muletiers, et les Alpi-Toubkal 1, 2 et 3 explorant les crêtes et sommets, il y avait la place pour la création d'un circuit "mi-chèvre mi-chou" alternant étapes de liaison sur sentier et escapades sur les crêtes et sommets. Si fait ! Cette mouture d'une quinzaine de jours que j'ai baptisée Cols et sommets du Toubkal s'inscrit dans la catégorie "hors des sentiers battus" qui m'est chère. Elle permettra à nombre d'entre vous de sortir des chemins habituels et de vous confronter à la traversée d'altitude en suivant des traces séculaires de bergers. C'est le moyen de vous faire partager des espaces très peu parcourus par les "touristes" (et même les locaux d'ailleurs...) qui vous révèlent des panoramas que l'on ne croirait accessibles qu'aux alpinistes. Les personnes sujettes au vertige ne doivent pas se sentir délaissées : j'ai pris un soin particulier à choisir des passages où justement le vide n'était pas présent, même aux plus hauts points. Côté technicité, je n'ai pas recensé d'emplacement qui durant cette quinzaine nécessiteraient de poser les mains... Et pourtant, vous allez gambader en plein wilderness avec des dénivelées conséquentes mais toujours sac léger puisque votre intendance sera gérée par le "couple" mule-muletier que vous retrouverez chaque soir au campement prévu. Vous vous amuserez toute la journée à batifoler sur les crêtes avec votre accompagnateur marocain pour qui il n'était qu'hérésie que ces itinéraires puissent accueillir un jour autre chose que des quadrupèdes ovins et caprins. Et pourtant vous y êtes, là-haut, à tutoyer le ciel, à dominer cette région creusée de profondes vallées et si attirante par son caractère sauvage dès que vous quittez l'axe direct Imlil - Toubkal. Amusez-vous bien et ramenez dans vos bagages tous les souvenirs que vous collecterez patiemment jour après jour...
Le douar d’Ait Souka : un petit village à ¼ h à pieds d’Imlil. Un peu à l’écart de la piste, ses habitants qui vivent principalement des récoltes de blé, d’orge, de noix et de pommes sans oublier l’élevage d’une cinquantaine de vaches. Tourné vers l’agriculture, le village ne possède pas d’école. Alors, les enfants doivent descendre deux fois par jour dans le bas de la vallée pour rejoindre par la piste l’école primaire d’Imlil. Et deux fois par jour aussi ils remontent à pieds pour revenir à la maison, midi et soir. Que de temps perdu ! La même problématique se pose pour le village de Tamatert, 20mn plus haut avec sa noria d’enfants qui descendent sur Imlil chaque jour. Ceci dit, le terme « noria » est un peu galvaudé car les enfants ne descendent pas forcément à l’école tous les jours, accaparés qu’ils le sont par les tâches familiales de berger… Plus l’école est lointaine, moins les parents sont tentés de « gâcher » une journée de leurs enfants et préfèrent les envoyer garder les bêtes dans les pâquis. Une salle de classe dotée d’un(e) enseignant(e) à proximité pourrait être une non-raison d’y échapper surtout si la pub est bien faite quant à ce qu’on peut en tirer plus tard à l’âge adulte. Hors des périodes scolaires, on pourrait aussi créer localement des "cours de rattrapage" pour la population féminine qui n'a pas eu la chance de pouvoir disposer d'une école. L'analphabétisme dans la montagne marocaine, c'est un énorme sujet à traîter.
C'est pour cette raison que s'est créée en Haute-Savoie une association qui commence à obtenir de beaux résultats, à la fois en récoltant des fonds en France, mais aussi en s'investissant sur place pour trouver des financements complémentaires locaux, gages de la pérennité des infrastructures.
"Les petites rivières font les grands fleuves...", un peu de chacun et il y aura un résultat tangible !
Vous pouvez, vous aussi, participer à ces actions caritatives partagées, suivez ce lien où le programme des années à venir est détaillé. Un grand merci par avance.