Le trek d’exception des « 5 cols de l’Annapurna » a pris fin ce mardi 9 mai vers midi à Jomosom après quelques 30 jours de marche pour la majorité d’entre elles au-dessus de 4500m. Une seule déception partagée par le groupe des 5 trekkers-alpinistes (Françoise, Nicolas, Martial, Jacques et moi) que nous étions a été de devoir renoncer au franchissement du Namun La au pied du Lamjung himal en tout début de parcours pour cause de conditions météo incroyablement mauvaises. De dépit (et après avoir pris quelques « rincées » mémorables sur la crête de la Karpu danda), nous avions dû alors descendre à regret vers Khudi au point de départ du Tour des Annapurnas et abandonner notre idée de traverser les solitudes glacées de ce col très peu parcouru (l’automne est semble-t-il la meilleure période). Pour la petite histoire, c’est en nous repliant vers Bhujung que nous avons été cueillis à froid par une incroyable averse de grêle dispensant des morceaux de glace de 1, 2 voire 3 cm de diamètre cognant sur la tête et sans aucune possibilité de se protéger… Et le régime « cailloux sur la tête » a duré plus de deux heures dispersant porteurs, staff de cuisine et touristes au gré de la pente à la recherche d’une hypothétique protection contre le déchaînement des cieux. Je passe sous silence le franchissement ultérieur des torrents charriant plaques de boue, rondins de bois au-delà du lit habituel des rivières : quelques traversées épiques s’il en fut jusqu’à l’entrée du village sous un déluge que Noé ne renierait pas sous les éclairs incessants en équilibre sur des bambous joints utilisés comme « ponts » au-dessus des flots déchaînés…
Vous avez apprécié les topos de Mustang à Phu et de Mustang secret ainsi que le récit qu'à pu commettre Paulo Grobel suite l'exploration d'un itinéraire hors des sentiers battus le long de la frontière chinoise depuis les lacs du Damodar jusqu'à Samdzong ? Eh bien voici la concaténation de ces trois itinéraires dans un seul programme que j'ai appelé Le Grand Tour du Mustang avec en prime le passage à la fameuse Chhujung gompa qui a fait l'objet d'une édition papier. Bénéficiant également des dernières recherches d'Etienne Principaud, spécialiste du bouddhisme si particulier de cette région-là et décryptant d'un oeil éclairé les sentiers confidentiels qu'il découvre jour après jour sur Google Earth en analysant les flux migratoires des nomades, j'ai concocté un itinéraire original que l'agence népalaise A.R.T encadrera. La réalisation de cet itinéraire exceptionnel est planifiée à l'automne 2012 : 1 mois sur place à arpenter les chemins du Mustang, à la découverte des paysages, des villages, des habitants, de leurs coutumes, des campements de nomades, etc. Et pour couronner le tout, vous aurez l'opportunité de vous mesurer à l'ascension (optionnelle) du Saribung Peak qui culmine à 6328m ! Un programme d'exception vous disais-je... Le groupe ne dépassera pas 5 ou 6 personnes, motivées il va de soi mais sans caractère hyper-sportif (une bonne condition physique et une accoutumance à l'altitude sont toutefois nécessaires).
Pour télécharger le programme :
Le Grand Tour du Mustang
A N N U L E E
Allez ! Je me lance... Dans la lignée des topos du site et des nombreuses demandes de renseignements qu'ils suscitent, je vais initialiser des soirées trek à l'instar de ce qui s'est créé sur VoyageForum (forum auquel je participe sous le pseudo pierre8).
Résidant sur Marne-la-Vallée dans l'est parisien, mon ami Benoit de la Crêperie Brocéliance à Collégien (77090) me permet de disposer de la salle de restaurant pendant la journée hebdomadaire de fermeture. L'espace, d'une contenance de 30 personnes, est de ce fait intégralement dédié à la soirée trek.
L’idée de cette première rencontre est de partager sur la région du Mustang au Népal et d’apporter les renseignements nécessaires aux personnes désireuses d’y aller prochainement (ou tout simplement régaler les curieux…). Je mettrai à disposition de nombreux documents papier et cartes topographiques qui pourront être consultés sur place.
Pour agrémenter la soirée, je dispose de deux, voire trois montages numériques d’1h sur cette région. Je prévois de projeter deux diaporamas (je possède un videoprojecteur) que j’agrémenterai de commentaires ciblés sur l’intérêt de l’auditoire. Cette soirée est prévue le :
lundi 26 mars 2012 à partir de 19h30
Côté pratique :
- la participation à la soirée sous-entend l’acquittement d’une somme de 15€ par personne correspondant à un menu composé d’1 galette salée, de 2 crêpes sucrées et une bouteille de cidre (ou jus de pomme) pour deux.
- le nombre de places est limité à la capacité théorique de la pièce : l'inscription préalable à cet évènement est obligatoire.
- l'inscription ne peut être effectuée qu'en utilisant la rubrique Contact du site Trekkings hors des sentiers battus. Vous indiquerez le nombre de personnes que vous inscrivez.
- et si d'aventure une fois que vous avez réservé vous avez un quelconque empêchement, revenez sur la rubrique Contact pour libérer des places... Merci d'avance !
A tout de suite.
Pierre
Ce printemps 2012, dans la lignée des treks découverte « hors des sentiers battus » et dans ma recherche d’un circuit alternatif au Tour des Annapurnas dévalorisé par le tourisme et la réalisation de la piste, j’organise un périple d’une trentaine de jours dans la région des Annapurnas aux confins des vallées de Naar-Phu et du Mustang. Ce trek revêt un caractère engagé (altitude, froid nocturne, marche sur sentier et très occasionnellement sur des pentes enneigées à déclivité modérée avec crampons, mais absolument pas hyper sportif…) avec l’ambition de franchir cinq cols qui s’inscrivent entre 5000 et 5500m et l’ascension facultative d’un sommet de 6000m. Bien entendu, il n’y a pas que la montagne : une large place sera laissée aux moments de découverte des populations qui vivent dans les vallées reculées que nous allons traverser.
Bref descriptif :
- La première partie traverse les campagnes du piémont du Lamjung Himal avant de basculer sur le tour des Annapurnas en franchissant le Namun La très confidentiel. Puis, après une grosse journée sur « l’autoroute », on s’échappe vers Upper Pisang et le village de Naar que l’on rejoindra en passant par le camp de base des Chulus (incroyable vue panoramique sur la chaîne des Annapurnas).
- La deuxième partie remonte la vallée glaciaire de la Labse khola jusqu’au Teri La, très très peu franchi par les touristes, où nous tenterons l’ascension d’un 6000m facile (facultatif). De l’autre côté du Teri La, on pénètrera dans le Mustang pour s’en aller défricher une nouvelle route transversale d’altitude (solution de repli par un autre passage si chemin impraticable ou absent…).
- On retrouvera le tour des Annapurnas à Muktinath pour démarrer la troisième partie du trek avec au programme l’ascension à contre courant du fameux Thorong La et la longue descente sur Manang.
- La quatrième partie consistera en la remontée de la vallée glaciaire de la haute Marsyangdi khola pour s’en aller tutoyer une dernière fois les cimes glacées au niveau du lac de Tilicho avant de descendre sur Jomosom en franchissant notre cinquième col d’importance, celui du Mesokanto La.
- Et pourquoi pas, si votre emploi du temps le permet et histoire de terminer en beauté (et en douceur) ce trek d’exception, ne pas rentrer à pieds en 4 jours sur Pokhara par Ghorepani ? (en option depuis Jomosom au lieu de prendre l’avion).
Le top départ est fixé le 5 avril 2012. Le groupe sera composé au maximum de 4 ou 5 personnes, motivées, désirant partager une expérience très forte en émotions et ayant déjà accompli un trek en haute altitude. L'intendance népalaise est assurée par l'agence Altitude Randonnée Trekking de mon ami Chhetup Tamang avec laquelle j'ai réalisé à l'automne dernier Mustang secret. Le sirdar et le cook de l'expédition seront les mêmes que pour le précédent circuit (Niragan Ghising Tamang et Ram Bahadur Tamang) et nous aurons le renfort d'un guide assistant pour faciliter la progression du groupe dans des passages délicats (neige, éboulis, traversée de rivières).
Les tarifs sont aujourd’hui encore estimatifs (à 10% près) :
- le voyage aérien international tourne autour de 700€ (plusieurs compagnies),
- le visa de 3 mois à 80€ (à moins que vous choisissiez l’option de bas de page --> visa = 32€)
- les vols intérieurs entre 200 et 250€,
- la partie trek et hébergements au Népal entre 2000 et 2500€/pers (selon le nombre de personnes composant le groupe et le circuit effectué).
soit une somme totale inférieure à 3600€/pers en incluant les pourboires.
- une assurance individuelle spéciale montagne (CAF ou FFRP avec extension haute montagne, pays lointains et rapatriement hélicoptère) de 75€.
Comme il n’est pas aisé pour tout le monde de pouvoir s’absenter 5 semaines, j’ai concocté trois circuits alternatifs, l’un en 21 jours Paris – Paris et les deux autres 28 jours. On se sert de ce circuit comme fil conducteur :
- les programmes en 28 jours suppriment le 1er col ou le dernier
- le programme en 21 jours supprime le 1er col et le dernier.
Le programme très synthétique est joint en annexe. N’hésitez pas à me poser des questions complémentaires si vous êtes intéressés.
Télécharger le programme :
les 5 cols de l'annapurna-v2
Si on commençait à parler du programme de l’année ? Certes, il y a eu la virgule réconfortante de l’Anti-Atlas en mars dernier au sortir de l’hiver avec la randonnée d’Ait Abdallah à Tafraoute et ses paysages de regs et de canyons au creux desquels survivent avec difficulté quelques oasis bien verdoyants. Puis ce sont mars, avril et mai qui passent et au cours desquels Marie et moi nous sommes plus concentrés sur le boulot que sur les randonnées. Tout de même quelques réponses aux interrogations de quelques lecteurs assidus du site ou sur Voyage Forum, on ne peut pas s’en détacher si facilement que cela… Comment ne pas rendre service ? Et puis j’ai commencé à concrétiser sur le papier les quelques projets de voyages qui me trottaient dans le crâne depuis la fin de l’incommensurable traversée De Mustang à Phu. Mais qu’y avait-il donc de caché ?
Je vous livre le premier opus du topo présentant le trek réalisé à l'automne 2010 et reliant le Mustang aux vallées de Naar et Phu en franchissant le col glaciaire du Saribung La, point de "faiblesse" de plus de 6000m dans la chaîne de montagnes du Damodar himal. Vous trouverez :
- le texte du topo illustré de quelques photos (les diaporamas arriveront au fur et à mesure de jours, les photos, c'est un véritable travail de titan...),
- la sous-rubrique Préparatifs qui vous donne des pistes de lecture en matière de documentation, la cartographie et l'équipement indispensable pour votre confort,
- la sous-rubrique Sur Place exposant les bons plans (transports, permis de trek, logement, nourriture, etc.),
- le Dossier de voyage dans lequel vous y trouverez cartes et topo en pdf (impression plus facile),
- la Fiche-Pays renvoyant sur le site de Trekmag.com (pourquoi réinventer l'eau tiède ?)
Je n'avais pas pu attendre plus longtemps (la cocotte-minute allait exploser...) pour lancer mon "coup de gueule" sur le chantier de la piste qui massacre la vallée de la Marsyangdi, aujourd'hui cantonné dans la partie basse de la vallée mais semblant progresser vers la haute vallée alors qu'il ne paraît y avoir beaucoup de travailleurs sur les chantiers... Depuis la parution du billet de blog la semaine dernière, je suis parti à la recherche des arguments des promoteurs de cette incongruité (vue de notre fenêtre de randonneur contemplateur amoureux des beaux espaces bien entendu...). J'ai inséré quelques liens vers des sites d'organisations internationales qui pourront (éventuellement) vous aider à "comprendre". En tous les cas, le plan de développement durable de Manang ou Sustainable Development Plan MANANG (2008 - 2013) ne me convainc pas tout à fait...
Mais ces trois jours d'horreur à la fin du trek ne doivent pas occulter le plaisir que vous pourrez connaître à parcourir pendant les 23 premiers jours du périple les vastes espaces du Mustang et les bassins glaciaires méconnus du Damodar himal. En espérant que ce topo de trek exceptionnel retiendra votre attention et qu'il vous conduira, vous aussi, à vous lancer dans cette incroyable aventure. Une confidence ? Le circuit est déjà proposé pour l'autome 2011 sur le catalogue Allibert... On en reparle à votre retour ?
Eh bien mes amis, pesons bien les mots, faisons bien attention à ne pas tomber dans l'excès, comment qualifier ce qui vient de se passer ? Il n'y a qu'un mot : ce fut GIGANTESQUE ! Nous l'avons faite et bien faite cette traversée le long de la frontière tibéto-népalaise du Mustang à la vallée de Naar-Phu dont je vous parlais à la mi-septembre.
A cette réussite, je tiens tout d'abord à complimenter l'organisatrice de cette expédition, Martine Marsigny de l'agence Allibert, qui a su mettre à notre disposition toute sa compétence acquise au fil des années à parcourir nombre de sentiers au Népal comme ailleurs... Dans sa tâche, elle a été idéalement épaulée par François, son mari. Le groupe de 8 "touristes" que nous étions a pu profiter de son expérience de guide de (très...) haute montagne. Un immense merci à tous les deux pour les précieux conseils qu'ils nous ont distillés ! A ces satisfecits, il faut y associer bien évidemment l'agence népalaise Thamserku et en priorité Khansa, notre omniprésent sirdar, et ses deux sherpas d'altitude, Ang Babu et Sang (dit Forrest...), qui se sont mis pleinement au service du groupe et se sont dépensés sans compter les heures et les efforts. L'équipe de cuisine a été en tout point remarquable côté support logistique (il faut bien alimenter la "machine" pour qu'elle avance...) et point notable, il n'y a eu pendant ces 26 jours aucun incident gastrique quelconque dans le groupe. Un seul bémol à ce panégyrique : les porteurs recrutés à Katmandu se sont révélés pour moitié d'entre eux un peu "tendres" (sauf du côté de l'ingestion de rakshi...) dès qu'il s'est agi d'attaquer la partie montagne de l'itinéraire. Seule exception : les 3 ou 4 jeunes étudiants népalais dont c'était leur premier trek et qui nous ont impressionné par la qualité de leur prestation même en très haute altitude. Un personnage incroyable a épaulé sans relâche son équipe de porteurs, le fameux Naiké (chef de l'équipe de plus de 20 porteurs) : il s'est constamment investi dans le portage (parfois en double charge...) lorsque qu'il fallait pallier une défaillance momentanée de l'un ou de l'autre de ses "ouailles". Il a donné à tous une grande leçon d'abnégation ! Et puis, la réussite d'un projet passe aussi par la tolérance, le respect de chacun et l'entraide : notre groupe de 8 "touristes" s'est constamment investi dans notre projet commun et a composé une équipe performante et solidaire avec le but affiché de la réussite de notre entreprise. Merci donc à mes compagnons de voyage : Florence (dite Laurence) et Alain, Dominique, Joseph, Jean-Michel, Pierrot et Bernard (dit Babar) pour ce grand moment d'humanité que nous avons vécu, tout là-bas, au fin fond d'un des nombreux TDC du Monde, mais si beau qu'on a déjà envie d'y retourner...
Pourtant cela n'a pas été facile tous les jours : si l'acclimatation dans le royaume du Mustang entre 3 et 4000m a été une formalité (dix jours à enchaîner les sites historiques à nuls autres pareils au Népal), cela a commencé à se corser lorsque nous commençâmes à nous diriger vers l'E pour rejoindre le camp de base avancé au pied du col du Saribung. Nous sommes passés par 3 cols à plus de 5200m avant de remonter pendant 2 jours une moraine himalayenne de roche et de glace et nous poser à 5700m, assurément dans un tiroir d'un congélateur professionnel... La seule 1/2 journée de mauvais temps que nous avions connue en début de séjour alors que nous arrivions à Lo Manthang et qui avait blanchi les collines alentours, s'est révélée funeste pour l'ascension du Saribung Peak qui culmine à 6328m : la marche dans une neige fraîche d'une quarantaine de centimètres d'épaisseur a été exténuante par la constante nécessité de faire la trace du camp de base avancé jusqu'au col à 6022m (un peu moins de 4 heures de galère...). Il n'était bien sûr plus question de tenter le sommet, recouvert lui aussi de ce manteau immaculé... Las, nous avons encouragé et aidé les porteurs à passer le col afin que cette aventure commune se conclue de la meilleure des manières, tous ensemble, tous ensemble, avant comme après...
Je vous l'avais promis, il est là, tout chaud, tout beau... Ca donne envie d'y retourner tout de suite, c'est si beau ! N'est-ce pas Paul ?
Bon, ça y est ! La 4eme fois aura été la bonne. Ce n’est pas que je courrais après, mais les 3 tentatives avortées me faisaient penser qu’il devait y avoir un signe indien caché derrière ça… Georges m’avait proposé, dès la mi-juillet, de faire la course ensemble, non pas l’aller-retour voie normale mais la traversée dite des 3 Monts (Tacul, Maudit et Mont-Blanc proprement dit), d’un niveau d’endurance un tant soit peu supérieur. La préparation prévue pour l’été devait m’amener au pied du géant alpin dans les conditions optimales, pensez-vous donc, passer tout le mois d’août à plus de 4000m au Ladakh, peut-on envisager une meilleure préparation ? Donc, banco ! Entre temps, le trek du Ladakh s’est annulé du fait des conditions atmosphériques et ce n’est pas la semaine de randonnée itinérante dans le Vercors qui a pu remplacer cette adaptation à l’altitude prévue. C’est donc avec une préparation quasi nulle que je me trouve ce samedi 12 septembre au lieu de rendez-vous que nous a donné l’agence Allibert, à Chamonix devant la gare du téléphérique de l’Aiguille du Midi. Pas spécifiquement préparé mais rempli d’une tonne de bonne volonté…
Je vous propose de lire la suite dans la toute nouvelle catégorie Alpinisme : La traversée E-W du Mont-Blanc
Je courais après depuis 3 ans (voir l'article dans Trek Magazine n°118). Les stigmates de ces 8 jours de forçat (difficile de les appeler autrement...) m'ont rappelé pendant les 2 semaines qui viennent de s'écouler que la performance accomplie n'était pas si anodine que ça... Si, si ! Elles viennent tout juste de s'estomper, heureusement, mais que le parcours a été rude ! J'écrivais il y a quelques temps "Une chose est sûre : en dehors des sentiers, l'Atlas n'est qu'un gigantesque tas de cailloux, cailloux qui s'empilent au mépris des règles basiques de la gravité sur des pentes prononcées...". Eh bien, je ne peux pas le nier ! C'est exactement ça... Au milieu des éboulis friables, on est constamment à la recherche de roche dure pour rendre la progression moins pénible. Huit jours à rechercher des itinéraires bien aidés en cela par les traces de chèvres et de moutons que l'on trouve à tous les étages (jusque sous les sommets que l'on croit les plus inaccessibles...) mais à la clef, chaque jour, un enchaînement de crêtes et des sommets du haut desquels les panoramas offerts sont incroyablement beaux et rares (et calmes...). Et quand la météo y met du sien, alors, c'est un enchantement de tous les instants. Oui ! Il y a des voies d'alpinisme dans le massif du Toubkal, le guide Desnivel les décrit parfaitement, mais lorsque l'on s'aventure à la périphérie, les écrits se font plus rares, inexistants. Quelques indications sont données dans l'ouvrage "Trekking in the Atlas Mountains" de Karl Smith mais c'est quand même assez vague comme description : pas de carte, de photo, de descriptif un tant soit peu précis... Certes ce n'est pas la cible de cette publication (on est plutôt sur le randonneur expérimenté auquel on indique qu'il y a des sommets accessibles de part et d'autres des vallées et des cols qu'il emprunte...). Il manquait donc, à mon avis, une voie médiane entre alpinisme et randonnée, celle de la randonnée-alpinisme couvrant le massif du Toubkal dans son ensemble bien au-delà des seuls pics attenants. Eh bien, je vous la livre aujourd'hui. Elle a pour nom Alpi-Toubkal n°3 et elle vous attend. Avec Ahmed Aït Hammou, nous l'avons construite, puis avec Abdou Rhaïm, nous l'avons accomplie et maintenant, descriptif détaillé en main et photos à l'appui, n'hésitez pas à vous engager sur ce superbe itinéraire entre terre et ciel où l'on découvre une autre facette de ce massif de l'Atlas marocain. On comprend pourquoi nos prédécesseurs français et anglais se sont intéressés très tôt à cette chaîne de montagnes, il y a du potentiel que diable ! Merci à André Fougerolles, Jacques de Lépiney et Hamish Brown de m'avoir donné l'envie de découvrir puis de parcourir ce merveilleux terrain de "jeux". Sans oublier, bien entendu, mes compagnons de randonnée sans lesquels les journées auraient moins de saveur...