Pas encore de topo précis pour cette randonnée au long cours dans l'Atlas marocain, je crois bien qu'il ne le sera qu'une fois arrivé à la mer... Le but est de terminer la GTAM (ou Grande Traversée de l'Atlas) par l'accomplissement du tronçon Toubkal - Atlantique. J'envisage un périple de 20 à 25 jours en compagnie d'un ou plusieurs muletiers selon la taille du groupe. Lorsque je suis allé rendre visite à Michael Peyron l'été dernier, c'est le "papa" de la GTAM, il m'a confié les "clefs" de cet itinéraire qu'il avait ouvert dans les années 70 et bien mis à mal par les tour opérateurs qui dans leur grande majorité réduisent le parcours à une liaison du M'Goun au Toubkal avec parfois un grande partie motorisée... alors que la GTAM initiale part de Taza au SE de Fès et se conclut une bonne centaine de jours plus tard sur la côte Atlantique entre Essaouira et Agadir (Cap Rhir ou Sidi Kaouki)
Dans la lignée des précédents tronçons que Marie et moi avons parcourus, GTAM n°1 (d'Agouti à Imlil), GTAM n°2 (d'Imilchil à Hdida) et GTAM n°3 (de Midelt à Bou Taghar), la GTAM quatrième du nom sera effectuée dans le même esprit de découverte de beaux coins méconnus (alors là, comme il n'y a rien d'écrit sur le sujet depuis plus de 20 ans au moins, cela va être facile...) et pas dans la recherche de l'itinéraire le plus direct (sinon on passe par la route...).
Je vais m'appuyer sur les cartes topographiques en ma possession ainsi que les écrits de Michael Peyron (il m'a confié un exemplaire de son livre "La Grande Traversée de l'Atlas marocain" écrit en 1984) et ceux de Hamish Brown, impétueux découvreur de ces contrées depuis plus de 20 ans et qui a consigné ses impressions de voyages (qui a dit nombrilo-centriques ?) dans un livre relatant son épopée "The mountains look on Marrakech".
Même sans topo formalisé à ce jour, il n'empêche que le pragmatisme (et l'envie d'en découdre avec ce coin de l'Atlas...) m'a fait acheter dès à présent les billets d'avion : je vole donc sur Easyjet avec un départ le 10/06/2012 à 15h55 de Paris pour Marrakech, et un retour le 04/07/2012 à 9h00 d'Agadir pour Paris.
Le départ du trek d'Imlil (60 kms au sud de Marrakech) s'effectura le 11 juin au matin pour une fin de trek dans la banlieue d'Agadir le 3 juillet au plus tard... Des amplitudes de marche de 6h sont prévues (en gros 4h30 à 5h effectives épisodiquement un peu plus lors de l'ascension d'un des trois ou quatre sommets envisagés), des dénivelées conséquentes puisque l'on traverse l'Atlas de manière longitudinale (on "se fait" tous les fonds de thalwegs) avec une altitude moyenne de l'ordre de 2000m et des extrêmes s'inscrivant entre 3615m (le Djbel Igdet) et 0m, le jour de l'arrivée au bord de l'océan avec hommes et bêtes à la mer...!
Côté prix, hors transport aérien (à la charge de chaque participant, prix et dates) et selon la taille du groupe, on devrait s'inscrire aux alentours de 1100€/pers pour une prestation de l'aéroport de Marrakech à l'aéroport d'Agadir. Tout est compris, vous n'avez juste qu'à prendre vos affaires de marche (chaud et froid) ainsi qu'un duvet. Petit sac de 30 à 40 litres pour la journée et un sac baluchon de 100 litres (ou moins) que vous retrouverez chaque soir au camp.
Début février, le groupe était constitué de 5 personnes : 2 muletiers-cuisiniers de la vallée d'Imlil, M'hamed el Omary (le guide qui officie dans l'Anti-Atlas et qui a soif de nouveaux espaces de découverte), Jean-Marc mon fidèle compagnon des traversées au long cours au Maroc et moi-même. Une sixième personne qui se prénomme Véronique s'est jointe à notre mini-groupe et a décidé de nous accompagner dans cette virée exploratoire, soif d'espaces nouveaux, de découverte et de beauté rare. Il ne reste donc plus que 2 places.
Vous pouvez télécharger la carte estimative du trek ainsi que quelques conseils :
Carte GTAM n°4.pdf
Infos complementaires sur la GTAM n°4.pdf
Guy Rebois, président de l'association "Les Amis d'Ait Souka" vient de m'annoncer la bonne nouvelle : l'école d'Ait Souka, projet phare de l'association, est à présent opérationnelle ! Ce n'a pas été sans d'énormes difficultés entre les institutions locales qui ne tiennent pas forcément leurs promesses, les règlementations d'usage au Maroc qui peuvent paraître peu compréhensibles à nous européens et tant d'autres choses... Guy pourrait écrire un roman tant il a pu souffrir à mener ce projet à bon port. Quelques écueils de dernière minute restaient à contourner :
- le matériel scolaire (tables et chaises) qui devait être fourni par la Délégation locale à l'Enseignement a dû être acheté par l'association du fait d'un soudain trou de mémoire du Délégué,
- la présence d'un enseignant de la région dont le financement ne pouvait pas être obtenu ; une partie de la rémunération sera bien prise en charge par la Province mais il reste encore à trouver un moyen de combler le complément manquant (parents, association locale,...?).
Plus que jamais nous avons besoin de vos dons pour qu'une fois la structure créée elle puisse servir efficacement à combler ce vide éducatif dans les campagnes marocaines. Vous avez les coordonnées bancaires de l'association sur ce document.
Enfin, elle est là ! N'est-elle pas belle ? C'est assurément une belle réussite de l'association locale d'Ait Souka qui a su choisir le bon entrepreneur, a suivi de près l'avancement des travaux et surtout ne s'est pas découragée. Tout vient pour qui sait attendre, ou forcer les portes qui se referment devant soi... Vivement les premiers cris d'enfants dans la cour de récréation et des silences studieux de temps en temps, quand même...
Entre les Cols secrets du Toubkal, itinéraire original circumbulatoire du massif se cantonnant aux sentiers muletiers, et les Alpi-Toubkal 1, 2 et 3 explorant les crêtes et sommets, il y avait la place pour la création d'un circuit "mi-chèvre mi-chou" alternant étapes de liaison sur sentier et escapades sur les crêtes et sommets. Si fait ! Cette mouture d'une quinzaine de jours que j'ai baptisée Cols et sommets du Toubkal s'inscrit dans la catégorie "hors des sentiers battus" qui m'est chère. Elle permettra à nombre d'entre vous de sortir des chemins habituels et de vous confronter à la traversée d'altitude en suivant des traces séculaires de bergers. C'est le moyen de vous faire partager des espaces très peu parcourus par les "touristes" (et même les locaux d'ailleurs...) qui vous révèlent des panoramas que l'on ne croirait accessibles qu'aux alpinistes. Les personnes sujettes au vertige ne doivent pas se sentir délaissées : j'ai pris un soin particulier à choisir des passages où justement le vide n'était pas présent, même aux plus hauts points. Côté technicité, je n'ai pas recensé d'emplacement qui durant cette quinzaine nécessiteraient de poser les mains... Et pourtant, vous allez gambader en plein wilderness avec des dénivelées conséquentes mais toujours sac léger puisque votre intendance sera gérée par le "couple" mule-muletier que vous retrouverez chaque soir au campement prévu. Vous vous amuserez toute la journée à batifoler sur les crêtes avec votre accompagnateur marocain pour qui il n'était qu'hérésie que ces itinéraires puissent accueillir un jour autre chose que des quadrupèdes ovins et caprins. Et pourtant vous y êtes, là-haut, à tutoyer le ciel, à dominer cette région creusée de profondes vallées et si attirante par son caractère sauvage dès que vous quittez l'axe direct Imlil - Toubkal. Amusez-vous bien et ramenez dans vos bagages tous les souvenirs que vous collecterez patiemment jour après jour...
Mon dernier billet de blog sur Ait Souka datait de l’été dernier et pas mal de choses se sont passées depuis.
Tout d’abord l’école : Ça y est ! Les travaux ont commencé à l’automne 2010. Une fois les galets et le sable acheminés (à dos de mule, ne l'oublions pas !), le terre-plein a été ouvert pour installer les piliers qui doivent reposer sur le "bon sol". Jour après jour, on voit les murs en parpaings s’élever vers le ciel. Les travaux vont bon train : la salle de classe est maintenant hors d'eau, une série de fenêtres a d’ores et déjà été posée et on a commencé la construction des toilettes. Juste à côté, le studio de 30m² prévu pour héberger l’enseignant(e) va pouvoir maintenant venir se poser sur le socle de béton tout juste coulé. Encore quelques efforts de notre valeureuse équipe de maçons et Ait Souka disposera de sa salle de classe. Diaporama.
Quant au réservoir d’eau potable du village, Phil Mulvaney m’avait annoncé la bonne nouvelle depuis un petit moment. Le projet d’extension de sa capacité a été retenu par la Hilbre High School (GB) et ce sont quelques 3000£ qui ont été versées à l’association pour procéder aux travaux dont je ne manquerai pas de vous tenir au courant de l’avancement.
D’autres projets de développement sont dans le tuyau et entre autres la construction d’une passerelle entre la route de Tamatert et le bas du village, franchissant de manière sécuritaire l’oued qui descend de la montagne. Pour les projets de développement de ce petit village de l’Atlas marocain proche d’Imlil, le vous renvoie vers l’article que j’avais rédigé l’année dernière. Et si vous souhaitez aider l’association « Les Amis d’Ait Souka », nous accepterons avec grand plaisir tous les dons que vous pourrez effectuer. Je vous rappelle les coordonnées bancaires :
Banque populaire des Alpes
74160 Saint Julien en Genevois
Association les Amis d’Aït Souka compte 31653274195
Ca y est ! Guy Rebois m'a annoncé la bonne nouvelle : la construction de l'école d'Aït Souka va pouvoir commencer. Le maçon va recevoir dans les tous prochains jours le premier acompte de 20000Dh (2000€) pour acquérir les matériaux et commencer les travaux de la salle de classe. Certes, l'association "Les Amis d'Aït Souka" n'a pas encore eu la réponse de la Déléguée à l'Education quant à la dotation d'un instituteur pour cette classe mais nous faisons le premier pas... Inch' Allah ! Tout va bien se passer. Une fois la salle de classe construite, l'association financera la construction du logement de fonction de l'instituteur. Cela devrait pouvoir être opérationnel avant la fin de l'année 2010. Dans le cas où l'administration mettrait un peu de temps à débloquer le poste d'instituteur, il resterait la possibilité de doter la classe d'une étudiante possédant le BAC et capable de donner les rudiments d'éducation aux gamins et gamines de ce petit village. Ce serait déjà un bon début. Le financement serait privé mais relativement peu onéreux (de l'ordre de 180€/mois) et il devrait être assurément possible de trouver un financeur bénévole.
D'autre part, j'étais au gîte d'Ahmed à Aït Souka la semaine dernière et j'ai participé à une réunion d'initialisation de financement d'un projet d'agrandissement du bassin d'alimentation en eau potable du village par une école du second degré anglaise basée au NW du côté de Liverpool. J'attends prochainement un mail de Phil, le professeur principal, pour engager un rapprochement positif entre l'association "Les Amis d'Aït Souka" et leur collectif scolaire pour dégager les synergies. Au cours des deux jours où nous nous sommes croisés, j'ai pu apprécier la qualité de l'encadrement scolaire britannique fait de participatif et de respect mutuel (quelque soit l'âge, élèves ou encadrants...) et la qualité des échanges avec leur entourage. Vraiment sympa ! D'autres nouvelles d'ici quelques jours...
Le douar d’Ait Souka : un petit village à ¼ h à pieds d’Imlil. Un peu à l’écart de la piste, ses habitants qui vivent principalement des récoltes de blé, d’orge, de noix et de pommes sans oublier l’élevage d’une cinquantaine de vaches. Tourné vers l’agriculture, le village ne possède pas d’école. Alors, les enfants doivent descendre deux fois par jour dans le bas de la vallée pour rejoindre par la piste l’école primaire d’Imlil. Et deux fois par jour aussi ils remontent à pieds pour revenir à la maison, midi et soir. Que de temps perdu ! La même problématique se pose pour le village de Tamatert, 20mn plus haut avec sa noria d’enfants qui descendent sur Imlil chaque jour. Ceci dit, le terme « noria » est un peu galvaudé car les enfants ne descendent pas forcément à l’école tous les jours, accaparés qu’ils le sont par les tâches familiales de berger… Plus l’école est lointaine, moins les parents sont tentés de « gâcher » une journée de leurs enfants et préfèrent les envoyer garder les bêtes dans les pâquis. Une salle de classe dotée d’un(e) enseignant(e) à proximité pourrait être une non-raison d’y échapper surtout si la pub est bien faite quant à ce qu’on peut en tirer plus tard à l’âge adulte. Hors des périodes scolaires, on pourrait aussi créer localement des "cours de rattrapage" pour la population féminine qui n'a pas eu la chance de pouvoir disposer d'une école. L'analphabétisme dans la montagne marocaine, c'est un énorme sujet à traîter.
C'est pour cette raison que s'est créée en Haute-Savoie une association qui commence à obtenir de beaux résultats, à la fois en récoltant des fonds en France, mais aussi en s'investissant sur place pour trouver des financements complémentaires locaux, gages de la pérennité des infrastructures.
"Les petites rivières font les grands fleuves...", un peu de chacun et il y aura un résultat tangible !
Vous pouvez, vous aussi, participer à ces actions caritatives partagées, suivez ce lien où le programme des années à venir est détaillé. Un grand merci par avance.